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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 14:57

 

Agordo, Trentino / Alto-Adige. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Trois vies dans la vie d'Heinz M.

 

 

II

Hölderlin à Tübingen

 



L’Alpe souabe au loin,
le tremblement du cœur auprès,
j’ai voulu rester seul
pour aller à la maison.
Parquets cirés, vitrines,
une poignée de livres et de manuscrits.
Rien ; sinon la graphie par sa main.
Dehors, le jardinet à ras d’eau ombreuse,
roulant l’ocre jaune de son bassin-versant.
Deux passereaux communs, seuls,
m’ont donné le chant.
Hölderlin,
où es-tu,
chien tapageur,
preneur de fibre sensible,
vieux tapeur de lyre ?
Viens !
Peut-être est-ce déjà là,
Au plus en dedans.

***

A Tübingen,
Jardin et saules devant le Neckar boueux,
où Hölderlin brisait son chant…
Les oiseaux chantent-ils là mieux qu’ailleurs ?
Goethe dormit aussi dans une de ces maisons.
Un souffle de seule mythologie passe
pour les petites têtes révérantes de la poésie.
Je dois rompre avec toi,
trop jeune et trop vieil Hölderlin,
te cracher au talon s’il le faut,
et dans un lieu où tu ne peux être,
parler ma langue.

***

Cher et fol Hölderlin,
Rilke est-il allé voir ta maison ?
Jardinet vide,
saules et leur ombre
sur la lumière de l’eau
(grasse, gonflée de l’orage de la veille).
Il semble que peut me parler encore
une voix,
toute de moi,
mais aussi de ce jardin.
Les choses parlent, dit le poème…
Sentirais-je quelque chose à Duino,
A Rien-sur Rivière,
à Lieucomunville ?

***

Aller chercher le Tübingen d’un poète,
des siècles et rêves de retard,
même dans son présent.
Un jardin cultivé d’illusion près du Neckar,
perdu loin derrière l’agroalimentaire.
Une main fugace à ticket,
un mark pour un halo de parquet,
un ami à Tübingen
fut-il mort et enterré.
Futile…

***

Tübingen, lâche-moi,
vieille urne de la poésie,
ville belle où je pourrais vivre,
où coulent eau fluviale et bière,
où circulent libraires et jeunes filles,
ville-égout de l’onde démodée beauté,
ville piège à rage
pour qui nomme par le poème.

***

L’orage en gris de la veille sur Tübingen,
comme le ciel de la poésie
éclaboussé, sali par les vivants
par leur lie de vie et de mort sur le monde,
il s’abattait sur moi
qui comptait sur le beau langage
pour empêcher l’orage.
De mon vêtement
pissait la soupe du poète…
sans nourrir un homme.

***

Du poème, vieil Hölder,
on ne fait que bateau de papier sur le chaos du Neckar.
Et, comme chacun sait,
le fleuve du temps,
comme il est violent, secoué, guerre, famine, peste et sida,
avant et depuis l’ère Hölderlin.
A moins qu’un souffle venu des dieux improbables,
d’un homme ou d’une femme,
le change en papier-avion pour l’étranger,
le secret lecteur dans le temps,
en alouette au chant de poème.

***

Plutôt Marine, Myriel ou Mathilde
que me nourrir de la bouche de tes vers,
vieil Hölder,
de tes lèvres noires et bleues
de révolte de poème.
Plus simple de courir l’Hölder,
Son illusion des dieux agitée vers moi…
Tandis que toi, M. et M…
ta chair de rire,
ta bouche inconnue et difficile d’aimer
qui ne salive pas
de mon vers d’illusion.

***

Quoi, Hölderlin,
Je succombe avec toi à l’idéalisateur poème !
Devant ta vieille tour,
je crèverais de désir
pour l’au-delà du vieux temps fané des rêves ?
Non, c’est le mouvement du vivre
sur la façade nuageuse, verre et acier,
pure de tout sentiment humain,
pleine et vide tour à tour
d’ombre, ciels, couleurs, brume,
fragment de ville et de vivants répétés,
vaste panneau d’images
qu’un seul orage volatile, de mode ou de guerre,
fera tomber,
sans même la mémoire
des mots d’une image.

***

Et les autres,
les habitants de Tübingen,
les autre êtres humains,
plus divers que les feuilles du hêtre,
parlent-ils, sentent-ils
ce que je parle, ce que je sens ?
Près, une différence,
loin, une connivence.
J’écoute, je saisis des bribes,
nous n’avons tous qu’un fragment de monde,
leur vie de cuisine, de commerce et de bureaux,
leur langue blanche ou marronasse…
où trouver
dans cette ville
dans ce pays de bois jardinés sans loups,
celui ou celle dont la langue rose
aurait couleur de poème ?

 

 

***

Ah, me débarrasser du poème !
Comme l’aiguillon d’or
d’une seringue à venin drogue dans le flot du caniveau de Tübingen,
une autre sensation de vivre et de monde possible,
non pas abolir les contraires,
mais s’écouter, se regarder calmes
dans l’utopie stupide
du poème universel sur la terre…
Mais qui fait mal à la cuisse
comme l’ivresse d’avoir trop marché,
la subsistance assurée,
dans le poème de l’espace.

***

Quand retrouver le calme,
le raisonnable de la prose,
où tout n’est pourtant pas entendu,
moins suractivé et tendu
(certes une corde sympathique à Hölderlin vibre)
que le rythme fou aisé du poème…
Quand retrouver le travail reposant
sur le réel le plus commun,
le travail du professeur ou du menuisier,
avec qui tu n’as fait que semblant,
Hölderlin,
de pactiser.

***

Les dieux,
des spectres,
des fictifs,
séduisants et magnifiques,
le sein rond d’Aphrodite,
le fil sourire de Bouddha,
le profil d’Hölderlin aussi en médaillon…
Pas même une lectrice
à qui envoyer
cette carte postale.

***

A Tübingen,
malgré moi dévolu au poème ;
faire sens n’est plus un problème,
scènes et facettes,
instants et rencontres
ont le gout mobile et nourricier,
le vert translucide
des feuilles penchées au Neckar.
Ai-je quelque chose à vivre à Tübingen,
un autre moi,
amande au-dedans de moi
qu’il suffirait de jeter en terre,
en celle-là seule,
même si je n’ai pour moi
que la vitre molle des mots.

***

Même à Tübingen,
que peut-on faire du poème ?
A-t-il promis de nous sauver des morts ?
Ils riront,
ceux qui vivent là,
d’entendre poser
mes brodequins de poèmes
derrière la poussière effacée
(un siècle et demi plus tard)
des pieds nus d’Hölderlin.

***

Hölderlin, je te hais.
Toi, et si peu de pareils,
tu me pousses à la poésie,
la position sociale à peu près morte de la poésie,
pendant que le monde est à vivre.
Qu’y a-t-il
dans ton ciel de poèmes
sinon l’impossible lyre du sensible et des pensées
à chaque instant d’être ?

***

Parmi les réalités,
jusqu’à Tübingen j’ai marché,
le pistolet mental de la poésie sur la tempe,
jusqu’à toi, Hölderlin,
abattu, crevé, pourri,
sec sous terre,
jusqu’à ton paysage d’amitié,
tes feuilles de pleurs sur le Neckar
que j’ai reconnues.

***

Pourtant, cher Hölderlin,
je te rencontrerais au bord d’une route,
Que je ne te reconnaîtrais pas,
hirsute,
que je ne saurais ni ne voudrais te parler,
un ballot de poèmes sur ta folle épaule,
à travers ton Massif central vers Bordeaux.
Ah, tu n’es pas un modèle,
un crane mort sous le sol
qui n’a jamais embrassé le sexe de sa Diotima,
pendant que dans tes collines de Tübingen
je bavasse de poèmes
sans toucher d’un instant de vivant
la chair et la voix
d’une femme.

***

Croiserais-je un dieu,
Que de mon poème il chancèlerait.
Pareil pour toi, Hölderlin.
Non des muscles de mes bras et de mes plumes,
à moins de mes mollets de marcheur
et des pieds boiteux de mes vers
arc-boutés sur l’Alpe souabe entier.
Simplement,
du souffle,
je le ramènerais
à la poussière d’esprit humain d’où il vient.
Poussière d’homme en homme transmise
qui, fumier toujours chaud,
laisse lever fleurs et légumes oubliés…

***

Jazzant la pure spéculation lyrique,
La fanfaronnade
Et la poigne imaginaire,
Les pattes sur mon globe,
comme ce peuple de plantes pourries et vertes
piétinées au hasard
sur un pré de Tübingen,
je me change en bousier pousseur de poème,
en mouche du coche sur la terre…
L’Indien au front peint
de bleu adorable
et de noir montagne.

 

                                (...)

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Sierra de Partacua, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 22:16

 

Cabane de Banious, Campan, Hautes-Pyrénées. Photo T. Guinhut.

 

 

 

 

Trois vies dans la vie d’Heinz M.

 

III

 

Elégies à Liesel.

 

 

 

 

Heinz M., maintenant tu enseignes à Tübingen

et tu as mis longtemps avant d’aimer.

Elle enseigne la botanique,

quand tu enseignes le poème que tu ne sais pas.

Préparant pour elle un cours sur la poésie

que tu ne pourras dire,

tu enseignes et tu ne sais pas comment aimer.

Déchiffrant les casiers pour savoir son nom,

Liesel, lis-tu, comme si elle avait écrit avec un lichen orangé,

sans que tu aies su le lire dans son œil couleur d’amour,

sur sa bouche restée lisse.

 

***

 

Heinz M., tu veux perdre ton nom,

pour t’appeler en toi Liesel,

pour écrire qu’écrire est une ombre

et te faire lumière d’elle…

Pour approcher la beauté visible

jusqu’à ce qu’elle te boive de près le cœur,

le pétale de sa joue

où un seul baiser permis

te laisserais mourir de la mort des roses.

Heinz M., seul, tu te racontes,

joueur d’inaccessible,

tu ne lui parles que séparé.

 

***

 

Heinz M. aime,

c’est le secret de son nom,

une femme aux yeux pervenche,

nez droit, cheveux courts,

aux ongles digitale pourpre.

Il ne sait même pas danser le rock synthétique des post-adolescentes,

ni ne connait les Fondements de la botanique de Linné.

Il cogite sur ses croquenots partis avec elle

dans des montagnes intérieures

dont elle n’a peut-être que faire de rire,

y compris de ses métaphores idiotes et botaniques…

 

***

 

Heinz M., doux dingue d’aimer,

craindrait-il, de ses brodequins de marche,

d’écraser la poussière de plus féminins escarpins ?

Pauvre Heinz M.,

couillon au jus de roses,

quel poème ou pollen

veux-tu distiller dans sa bouche aimée,

que tu te laisses faire croire à l’amour ?

 

***

 

Ce fut le jour, Liesel,

Où ma bouche prit de tes yeux feu et eau,

Jour où la chasse d’Amour

Me coursa dans ses champs déserts

Pour m’ôter toi,

Corps dessiné d’amour perdu dès que gagné.

Sûr, rêvais-je,

Si j’ai cru voir la première syllabe d’aimer sur tes yeux ;

Sûr rirais-tu, si tu me savais dans le poème

Que peut-être on a voulu t’enseigner à coups d’ennui dans les oreilles…

 

***

 

Qui es-tu, Liesel ?

Dont je ne sais qu’imaginer l’être flou,

et dessiner la plénitude du corps ?

On t’aurait cru tout à fait nue sous ton tee-shirt de fil blanc,

plus nue ton âme, fragment du mot amour,

âme rêvée nue sur tes yeux…

Sot Hölderlin je suis,

si je te prends pour Diotima !

Puis-je écrire à tes yeux jusqu’au centre amour noir de la pupille aimée,

jusqu’au brun des cheveux,

au rouge de la robe mobile,

aux lèvres pleines du babil aimé d’aimer…

 

***

 

La mûre claire soleillée à la bouche,

pour la boire et la mordre sensible

dans le fondu doux de nous deux,

belle inosée qui marche sans fleurs dans les mains,

qui affiche un silence d’églantine sur la lèvre supérieure,

dans un Tübingen qui n’est pas

l’élastique support

d’une femme toi vers moi.

La sale couleur des larmes sèches sur le temps,

la plate couleur du poème sans l’érogène toucher

de tes phalanges approchées

quand tu me regarderais…

 

***

 

Liesel…

Où est ma bouche ?

Où est ton oreille ?

Quel vent sur Tübingen les sépare ?

Assez de heurts dans ma voix,

dans ces mots qui me font et ne me font pas l’amour,

pour rêver toucher les coins du monde,

les muets leviers de la physique et des dieux,

ou l’intime cyprine et salive du plaisir dans ta voix…

Lecteur,

Ou Liesel,

lectrice qui touche mon livre,

toi dont l’éros et l’être

babilleraient devant le temps,

dans mon poème.

 

***

 

Le silence parlé entre les corps…

« C’est beau, c’est simple, c’est pur, c’est moi »,

projeté entendu intérieur

dans une pause de tes yeux, de tes seins.

Je ne te connais

que par l’à côté visible de ton corps.

autant dire rien,

l’image chair et beauté au filtre de mes pupilles.

Que te donner ?

Sinon l’amour du poème,

le soupçon, la force éparse d’un vécu,

Le secret lecteur dans le temps…

Ailleurs, loin du désir,

la lyrique de ton corps…

Toi, est-ce toi, Liesel ?

Aimée.

 

***

 

J’avoue, j’ai peur,

de la beauté

de son masque,

du masque de banalité qui la couvrirait,

comme aujourd’hui la poussière démodée du poème.

Sous tes cils baissés,

sous tes jeans bleus lavés clairs

et tee-shirts de garçon,

il faudrait te parler, comme si plus tard

tu trouvais le vif de ton prénom

mêlé à la poussière de mon nom,

à la poussière d’un vieux poème,

soudain vivant.

 

***

 

Que te donner ?

Une enveloppe aux fleurs séchées glissées,

avec la carte et le nom d’Heinz M.,

dans le désert de ton casier,

suffira-t-elle ?

Séchées pour fleurir dans tes mains,

Dans tes yeux adressés aux miens…

Suffiront-elles ?

Pour le balbutiement de l’amour…

 

***

 

Liesel,

je ne sais même pas si tu es morte

ou nue dans les bras d’un homme.

Où es-tu ?

Le silence alentour aurait toi

pour se changer en parler de poème…

Qui es-tu ?

Poème qui ne sait même pas dire

la plastique de ton corps,

l’intelligence des sens perceptible

où tu regardes

celui que tu ne sais pas

se croire vanité de poème,

dans le contemporain.

 

***

 

Moi aussi,

lans le silence tendre, étonné, de tes yeux,

j’étais en Arcadie de Tübingen.

Liesel,

sais-tu lire aimer

ces fleurs séchées qui ont déserté ton casier ?

Est-ce ta main : pour les aimer ?

L’amour fait et fou,

en se pensant,

en se fleurant.

 

***

 

Heinz M. Plus même moi.

Autre : à Lisel.

Il quitte la défroque faite et pleine de lui.

Qui est-il ce « je »

Posé en tas d’os défait sur le trottoir de Tübingen ?

Il abandonne sa vie,

ou la reprend,

pour le drame minuscule du poème amour,

pour un beau corps

aux yeux froids pleins de doux intérieurs.

Il cherche une agate d’eau du Neckar

pour contenir l’or des sens et des pensées,

une boite lumineuse où se tient une larme.

 

***

 

Liesel,

Au creux du ventre vide de sens,

la main féminine du poème

aurait l’éclair,

si tu venais,

délicieux et ravageur

du sperme couleur de pollen

pour toi montant…

Vanité.

 

***

 

Cherchant le fin amor du poème

en une lointaine Liesel entraperçue,

l’harmonie pure tombée sur moi,

le sensuel amoureux madrigal enveloppant…

Sûrement,

je me trompe

et préfère-t-elle

le rock psychédélique ou le bruyant disco sucré…

Ou, qui sait,

le seul mot amour qui l’éveillerait,

comme un bourgeon né sur une feuille séchée,

serait-il si imprononçable,

parmi les habitants de Tübingen,

qui n’hébergent plus de poète fol,

dans le contemporain.

 

***

 

Des fleurs inconnues séchées pour Heinz M.

Une enveloppe à son nom dans le verger de son casier,

Des fleurs qu’il ne sait pas nommer.

Heinz a tout un feuillage vibrant de fleurs dans la poitrine.

Il quitte le retrait de la poésie

-la pure détestation extinction de la poésie-

l’art insensé, puéril et trompeur,

celle qui bêle amour,

devant le réel enfin ouvert

ou la trouvant enfin.

Et Liesel, près de lui, a le souffle parfumé du poème

En un bisou de pétales sur l’oreille.

Syllabe épelée amour du poème de la peau touchée sentie..

« Liesel », lui parles-tu…

« Heinz M. », répond-elle…

 

***

 

Liesel poursuivie,

Une vie d’à-coups sensuels.

Peu de mots avec elle,

La chair des bras au soleil,

Les mains caressées, les doigts enlacés,

Les « approche-moi »,

Les mots superflus,

Toucher de papilles gustatives,

La peau, les bouches…

Il coule, le jus translucide de la poésie

Qui a le goût translucide de ta langue…

 

***

 

Liesel a des mains de pétales,

une langue de pistil,

elle prend la sève d’Heinz M.,

asséchant ses métaphores filées.

Les marches avec elle dans les jardins et les forêts de Tübingen…

elle m’épelle sa botanique,

je suis sa tige et sa dispersion de pollen,

nos nus se roulent dans les herbes sèches,

parmi nos corps terreux et feuillus

Où se collent les mots du poème.

 

***

 

Calmerais-tu,

avec le corps, avec la langue enfin,

l’arc bandé d’amour en moi furieux…

Oui, vivante, tu reçois, tu es

le souffle sensuel du poème,

en ton ventre sa sève liquide,

en nous la suavité extrême des peaux, des muqueuses,

qui n’est bonheur que par Liesel éblouie.

Dans la forêt des draps,

Liesel sait être le silence botanique des corps.

 

***

 

Le jeu vif et léger,

le tee-shirt de fil blanc tombé

et le goût rouge des seins

dans l’oreille interne des sens,

et de la langue

fondue dans le nu de ton corps…

Tu effeuilles ton peu de mots essentiels.

Où sommes-nous ?

Sinon dans le nous sans nom

comme au ciel des muqueuses de la déesse et du dieu,

montée sur moi,

jouant à cheval sur le corps vivant du poète

le lent galop dans le temps,

le cri mortel et joui

contre la peau étoilée partagée du ciel…

 

***

 

Mériteras-tu, lue, plus que nue, d’être

plus que les lettres que je trace ?

Liesel nue,

admise de beauté,

nos sens gavés avec la parcimonie juste des dieux,

ces dieux qui ont pillé Hölderlin à Tübingen,

celle énamourée jusqu’au feuillage du temps…

 

(…)

1989-1993


Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Trois vies dans la vie d'Heinz M, vers libres

 


Sankt Gertraud / San Gertrude, Südtirol / Trentino Alto-Adige.

Photo : T. Guinhut.

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 21:34

 

Sankt Valentin, Versasco / Vierschach, Trentino Alto-Adide / Südtirol.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Juan Francisco Ferré :

 

Providence du lecteur et Karnaval capitaliste ?

 

Suivi par Juan Filloy : Op Oloop.

 

 

 

Juan Francisco Ferré : Providence,

traduit de l’espagnol par François Monti,

Passage du Nord-Ouest, 640 p, 25 €.

 

Juan Francisco Ferré : Karnaval,

traduit de l’espagnol par Inés Introcaso et Brigitte Jensen,

Passage du Nord-Ouest, 621 p, 24 €.

 

Juan Filloy : Op Oloop, traduit de l’espagnol (Argentine) par Céleste Desoille,

Monsieur Toussaint Louverture, 256 p, 18,50 €.


 

 

 

 

 

 

      Comment faire son Grand Roman ? Sinon en projetant sur la trajectoire d’un alter ego le retable baroque de nombre d’images du monde et de fantasmes universels. La recette parait simple ; au risque du narcissisme et de l’explosion désordonné des thèmes et des strates culturelles. Nous avons cru ainsi nommer la tentative esthétique de Juan Franscisco Ferré (né à Malaga en 1962), fantasmant le roman total avec son Providence et brassant la satire dans Karnaval ; dont le burlesque n’est pas loin de celui d’un autre romancier de langue espagnole, cette fois argentin : Juan Filloy, détenteur de l’ambitieux et dérisoire Op Oloop.

 

     Providence est très vite un livre intrigant, bavard autant que riche, comme une sorte de météore de poids, plutôt bien ficelé. Car ce ne sont pas les ficelles qui manquent : allusions souterraines à un grand écrivain culte et occulte -Lovecraft pour ne pas le nommer- histoire de se donner un parrainage édifiant, ironie haute en couleurs envers les « vertus du capitalisme béni » histoire de se poser en trop facile moraliste économique, mythe faustien pour la caution profondément philosophique, et satire du cinéma hollywoodien pour l’inscription mode dans l’air du temps, sans compter les épices érotico-pornographiques pour se la jouer coquin et transgressiste… On hésite alors entre le défi au Grand Roman Américain brillamment relevé par un écrivain espagnol et la pantalonnade bourrée de clichés mis en scène avec art. Le fourre-tout parait parfois somptueusement réussi, parfois aussi flapi qu’un collage qui se décolle…

      Pour peut-être y réaliser une projection biaisée de son auteur, et comme pour exorciser son homonyme politique, le narrateur se nomme, Alex Franco. Cinéaste plus ou moins d’avant-garde, il voit son film sélectionné puis dédaigné à Cannes où il rencontre une superbe sexagénaire qui lui ouvre autant son lit que la parfaite réplique artificielle du corps de ses vingt ans, en lui proposant un contrat cinématographique prometteur et mystérieux. Jusque-là, malgré le ton -un peu trop jeune frimeur- et des scènes superfétatoires avec des entraîneuses louches, et en passant par la rencontre d’un étrange tentateur nommé El-Razed qui lui propose -en une scène splendide- de changer sa vie grâce à « des opportunités exclusives », puis « le succès », le roman parait plus que prometteur. D’autant que le scénario qu’il se doit de mener à bien postule l’existence d’un jeu vidéo nommé « Providence » qui serait plus addictif et plus dangereux que le terrorisme du 11 septembre. L'on a compris les nombreuses allusions à l'écrivain Lovecraft[1]

 

 

      Le principal reproche que l’on peut légitiment faire à cet opus est la disproportion entre les ambitions parfois hautement relevées du roman gothique, du roman total et celles de la pauvrette satire à peine convenue du milieu cinématographique et surtout du roman universitaire (ou campus novel). Dans la ville américaine de Providence, entre quelques cours sur l’histoire du cinéma et sur Les Dents de la mer, un brin prétentieux et prétendument provocateurs, qui lui valent l’inimitié de ses étudiants, notre Alex Franco, professeur invité par le biais de ces méphistophélétiques commanditaires, passe son temps à vaguement brasser son ennui. Dans sa maison de location couverte de posters procommunistes, il consomme une drogue nommé « Blue moon » qui lui est mystérieusement fournie, couche avec toute jeune femelle qui bouge à sa portée, en un puéril sex movie. Les scènes sexuelles sont hélas d’une platitude à faire bailler un érotomane : des dizaines de pages alignées de coucheries de hasard et sordides, sans intérêt aucun, que (non par pudibonderie) l’on se refuse à cautionner ; même s’il appelle sans nécessité ses vulgaires partenaires des « muses » En cette piètre satire des moeurs, jusqu’à une sodomie vexatoire, il n’y a aucune extase, aucune nécessité dramatique, à moins que les Noires et Noirs puissent être associés à la résurgence d’un racisme venu de Lovecraft et dépassé…

      En oublie-t-il le projet de film qui lui a été confié, à partir d’un scénario à retravailler, autour d’un écrivain russe, auteur de « Cristal liquide » et d’un jeu vidéo justement nommé « Providence », comme la ville où Resnais tourna son film, comme la ville où écrivit Lovecraft, comme celle où il doit enseigner pour préparer sa création et servir d’on ne sait quelle tête de pont pour une organisation secrète complotant dans l’ombre : « une conspiration pour imposer le monde virtuel au monde réel ». D’où l’impression un peu facile de se trouver aux lisières des théories du complot les plus poisseuses de ridicule ainsi que des romans paranoïdes, mais autrement complexes de Pynchon.

 

     Le conglomérat romanesque prend de l’épaisseur avec les lettres d’un mystérieux Jack Daniels qui l’entretien d’une « Eglise écarlate » et de son « application rigoureuse du sentiment orgiastique vital », sans que notre anti-héros en prenne de la graine avant qu’il ne soit trop tard. Et lorsqu’un de ces étudiants lui confie un manuscrit déjanté, évidente mise en abyme du roman : « une constellation d’histoires reliées par des personnages, des éléments ou des images». Qui sait si ce fragment fantasmatique mettant en scène un Lovecraft meurtrier en série en fait partie ? A moins qu’il s’agisse d’une « biographie filée et irrévérencieuse » fomentée par notre velléitaire Alex…

      Entre science-fiction et fantastique, ce capharnaüm fascinant peut être compris comme les étapes hallucinées et souvent déceptives d’un jeu, dont les « niveaux » sont ceux du roman : « une monstrueuse page web, un jeu vidéo maléfique », qui devient parfois « Providenz », comme pour faire écho à eXistenZ, cet excellent film de Cronenberg. Providence est une ville, un film qui ne verra peut-être jamais la lumière, un jeu-vidéo sournois et apocalyptique, un être-là, un désir, une peur. Les divers niveaux de lectures parviennent à multiplier l’intérêt pour cet étrange habitant de la borgesienne bibliothèque de Babel. Ce dont la préface du grand Julian Rios se fait l’écho, quoique en paraissant un peu manquer et hyperboliser son objet. Le postmodernisme de Ferré est bien sûr flagrant, jouant avec les références métafictionnelles, les récritures renégates des grands mythes, depuis celui de Faust au petit pied jusqu’à celui de Cthulhu, le dieu plus qu’ancien de Lovecraft, prêt à ravager un gratte-ciel par le feu, avant de ravager le monde entier, en s’infiltrant dans une « Confrérie des amis du crime organisé » et dans un jeu vidéo : « Le nom secret de la Jérusalem du futur (…) est PROVIDENCE. Ce paradis de l’esprit a un prix élevé : le corps. Le condamner afin de sauver l’esprit est un des objectifs les plus élevés du jeu. » L’initiation aux démons de l’Amérique, à la grotesque quincaillerie apocalyptique cinématographique -parodique ou désirée ?- est finalement sans pitié.

         Quel est alors le degré de réalité où évolue Alex Franco ? Tout cela n’est-il qu’un artefact dû à sa drogue, que les facettes éclatées du diamant de la création littéraire, qu’une collection de fantasmes, qui vont de la haute dignité faustienne au bas prurit adolescent entre coucheries et jeu-vidéo ultime ? A moins qu’il devienne un « réseau neuronal artificiel »… Le roman est alors comme un cerveau réalisé, exposé en ses pages excellentes et médiocres, assurant après le long orgasme de la création, la survie science-fictionnelle de son créateur. Si Providence est un échec, une allégorie de la condition humaine et de ses ambitions frustrées, il est de toute évidence plus exaltant que cent réussites.

 

 

      À moins que son Karnaval, dans lequel « DK », ex-directeur du Fonds monétaire international (on aura compris l'allusion) prépare son Grand Soir, soit la satire explosive attendue... « Le dieu K », qui n’a pas grand-chose de kafkaïen, est bouffi de toute-puissance, y-compris sexuelle, y-compris jusqu’à la certitude de son impunité astronomique. Las, la rencontre avec une modeste femme de chambre dans laquelle son sexe se serait faufilé en toute innocence, signe sa descente aux enfers de l’impuissance sexuelle et politique. C’est farfelu en diable, comme lorsque son épouse, Nicole, lui propose, en guise de soin physique et psychologique, une cérémonie d’exorcisme se soldant par une anale excrétion d’œufs multicolores. L’économiste socio-démocrate, alias « Dionysos K », s’imagine être le héros d’une tragédie grecque (d’où vient le mot carnaval via les dionysies), fantasme l’abolition de la propriété privée, écrit aux grands de ce monde, Obama, Sarkozy, Lady Gaga, Chomsky et autres économistes. Scènes homosexuelles, zoophiles, parodies de divers écrivains, entre Sollers et Houellebecq, le fourre-tout du tout contemporain fait rire et cependant fatigue rapidement son lecteur. La concision n’étant pas le péché mignon de Ferré, le monstre, qui se veut « orgie effrénée » et « Theatrum Philosophicum », accouche d’une poignée de lubriques souris, d’autant que le roman use et abuse avec inconscience de la caricature d’un « capitalisme totalitaire » honni et cependant précieux lorsqu’il est libéral[2].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Totalement loufoque ce Op Oloop… Le titre de l’Argentin Juan Filloy tient on ne peut mieux sa promesse : avec un nom pareil, le personnage éponyme est excentrique à souhait, à son corps défendant. En effet, il brille d’abord par sa mesure, sa rigueur, sa « méthode » par lui réputées infaillibles pour bien conduire sa vie vers « l’art supérieur d’être un homme ». En bon statisticien finnois, il mesure au millimètre son temps et ses actes, épouvanté par le moindre accroc. Hélas, des irritations inopinées, un modeste incident de la route, le font déjanter. Jusqu’à faillir être assassiné, jusqu’à entraîner sa fiancée Franziska malgré l’opposition de son père qui « préfère la voir se morfondre, hâve et languissante, dans les souffrances du délire virginal, que de laisser s’épanouir les fleurs du désir ancestral sur ses joues et ses seins ». Conduit par un style baroque époustouflant, ce roman hors normes est animé d’une écriture ampoulée, alambiquée et néanmoins entraînante, riche d’allusions culturelles, voire mythologiques. La langue de Filloy et de son personnage, un rien désuète, est absolument désopilante, pétrie d’ironie surréaliste, sinon d’un zeste de jeu oulipien. L’acmé du suicide de cet anti-héros aux prétentions hyperboliques est une satire des ambitions humaines, puisqu’il constate « l’échec retentissant de l’amour » et découvre « la face cachée de la vanité ». Une fois de plus les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous révèlent une œuvre singulière, un roman philosophique et ludique interdit en 1934 pour pornographie. Ce journal testamentaire d’un excentrique intellectuel passablement libidineux a été commis par un auteur lui-même plus qu’insolite. Juan Filloy fut arbitre de boxe et centenaire (1894-2000), juge et polyglotte, ami de Borges et auteur de vingt-sept romans aux titres de sept lettres qui impressionnèrent Cortazar. Vite, que l’on traduise encore de ces bijoux étonnants !

Thierry Guinhut

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 20:07

 

 Port du Goisil, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

Hermann Melville ou le tourment de Billy Budd,

 

par Olivier Rey

 

et Christophe Averlan.

 

 

Olivier Rey : Le Testament de Melville. Penser le bien et le mal avec Billy Budd.

Gallimard, Bibliothèque des idées, 256 p, 24,50 €.

 

Christophe Averlan : Billy Budd, Libairie théâtrale, 108 p, 7,50 €.

 

 

 

 

       Il est des livres que les délices de la dynamique narrative n’empêchent pas de recueillir les plus prégnantes interrogations sur le monde, sur le mal et sur la nature humaine. Assurément les romans d’Herman Melville sont de ces baleines blanches. Mais, au-delà de Moby Dick et de Bartleby le scribe, on connait peut-être moins Billy Budd, œuvre testamentaire de Melville, puisque écrite en 1891, l’année de sa mort.

 

      Oubliée dans une boite en fer blanc, elle faillit ne jamais paraître, avant de devenir une icône secrète de la littérature mondiale et de la culture gay, aux côtés de La Mort à Venise de Thomas Mann. Le jeune, pur et beau marin est conjointement l’objet de l’admiration du capitaine et de la haine du maître d’armes. Jusqu’à ce que ce dernier l’accuse de fomenter une mutinerie. Ce à quoi Billy, incapable de s’exprimer, réplique par un coup de poing, hélas mortel. Cette mort sans intention de la donner le mènera à la pendaison, selon les lois de la marine du XVIII°. Comme le jeune marin de La Vareuse blanche, que la blancheur étrange (annonciatrice de la baleine blanche) de son vêtement place au centre de la curiosité générale, la beauté de Billy est une marque de fatalité.

     C’est avec autant de clarté que d’intelligence qu’Alain Rey éclaire dans son essai les interrogations qui fourmillent autour de ce bref roman, de cette mise à mort d’un ange... Où est l’origine du mal ? Jusqu’où les protagonistes ont-ils conscience de cet amour idéalisé ou ravageur qu’ils ne peuvent en aucun cas réaliser ? Les interprétations psychanalytiques viennent alors au secours du lecteur pour éclairer les zones d’ombres d’une homosexualité non dite. La lecture d’Hannah Arendt, elle, propose Billy comme « une réponse aux révolutionnaires français », en présentant notre marin en homme naturel et pur, germe d’une société parfaite, pourtant révolté contre la hiérarchie injuste, alors que l’on sait que la Terreur révolutionnaire est pire que la mort d’un innocent. Ainsi, s’affrontent « loi du cœur » contre « ordre social», et les culpabilités, depuis la méchanceté vulgaire jusqu’à celles de l’indulgence puis de l’intransigeance du capitaine, sont partagées. A moins que le jeune Billy soit l’image d’une beauté platonicienne équivalente au bien essentiel et justicier, ou de la « beauté comme scandale »… Ce qui autorise Olivier Rey à oser des comparaisons avec le Tonio Kröger de Thomas Mann, avec Mishima (dans Le Temple de l’aube) qui imagine un « Pays des grenades » où les jeunes « Aimés » sont destinés à des « amants-meurtriers-remembrants », avec le jeune Querelle de Genet… Mais aussi avec l’opéra que Britten a tiré de Billy Budd, dont le livret de Forster exploite la fibre de la beauté destinée à être détruite par ceux qui la décèlent.

 

 

       Il faut attirer l’attention sur une curieuse réécriture théâtrale de Billy Bud par Christophe Averlan, dont c’est la sixième œuvre pour la scène. Certes, il y eut, sans compter le film de Peter Ustinov, un drame de Louis O. Coxe pour adapter ce roman. Si les réécritures ne peuvent épuiser les chefs-d’œuvre, ces derniers s’en trouvent parfois vivifiés. Il en est ainsi avec la pièce de Christophe Averlin, qui, en vingt-quatre tableaux, comme pour ancrer son œuvre dans l’unité de temps de la tragédie classique, commence par un « chant de marin » et se développe au travers de la vie à bord et de l’épisode judiciaire, dans un climat tendu, chargé d’érotisme. L’on peut trouver ce dernier superfétatoire, trop explicite ; peut-être… Ce que Melville n’avait fait que suggérer, époque oblige, notre dramaturge le rend dangereusement lisible : « Quand tu dormiras, je viendrai dans ton hamac pour te mordre et ça te réveillera mais tu te laisseras faire ». Mieux, l’ensemble se conclue par une scène hallucinante, une acmé fantasmatique, monologue au cours duquel l’aumônier du navire conte la dévoration du corps du jeune et beau Billy Bud par ses camarades. Peut-être n’est-il pas indu de ranger cette adaptation théâtrale fascinante, où s’affrontent les démons du désir, parmi la bibliothèque melvillienne…

 

        Hermann Melville, d’abord narrateur à succès d’aventures maritimes, puis génie férocement incompris, avait ce don incroyable pour imaginer des œuvres autant captivantes que fascinant la perplexité des lecteurs, tout en donnant force grain à moudre à de talentueux critiques, philosophes et dramaturges. Quand le déroutant scribe Bartleby incarne la démission totale du monde (« I would prefer not to », répète-il jusqu’à la disparition), quand Moby Dick, cette charnelle et mystique baleine blanche, incarne l’invaincu métaphysique au-devant laquelle tente de lutter la quête vengeresse du Capitaine Achab, ce Billy Budd, dont l’icône tourmentait l’écrivain vieillissant, incarne la belle innocence humaine. Trois incarnations en butte avec l’impérissable envie, le ressentiment, l’incompréhension, mais aussi la fascination d’une trop basse humanité pour ce qui la dépasse souverainement.

 

 Thierry Guinhut

Article publié (et ici augmenté) dans Le Matricule des Anges, octobre 2011

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 14:15

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Isaac Babel ou l’écriture rouge.

 

Isaac Babel : Œuvres complètes, traduit du russe par Sophie Benech,

Le Bruit du temps, 1312 p, 39 €.

 

 

      Voici une découverte de poids, de charme et d’horreur rouge, qui n’est pas sans laisser planer une grave interrogation éthique. Certes, nous connaissions déjà Cavalerie rouge[1] et les Récits d’Odessa[2], mais les mérites de cette édition, dont le papier ivoire et le format soigneusement relié écartent tout danger de concurrence par la lecture sur IPad ou Kindle, sont sa dimension encyclopédique, enrichie de préface et de notes, sans compter sa traductrice fervente. Isaac Babel (né en 1894) n’est pas un romancier, mais un prolixe et néanmoins perfectionniste polygraphe, un styliste fabuleux au cœur de la démesure bolchevique et stalinienne.

 

      Dès le cycle autobiographique, jusque-là éparpillé chez divers éditeurs en français, nous voilà pris par le charme de sa prose, qu’il s’agisse de L’histoire de mon pigeonnier  ou du Journal pétersbourgeois, par ses souvenirs d’enfance, comme lors d’un voyage sur la Volga : « nous revenions chez nous dans cet état d’âme attendri et exalté que peuvent susciter cette contrée extraordinaire, le jeunesse, la nuit, et les anneaux de feu se liquéfiant sur le fleuve » (p 124). Outre le scénariste prolifique (pour Eisenstein), le dramaturge et l’essayiste, ce sont bien sûr les qualités stylistiques qui emportent l’adhésion. La forme brève et son bonheur culminent dans les choses vues des Récits d’Odessa et des Récits odessistes, pleins d’humanité, à l’écoute du petit peuple, et surtout dans cette juxtaposition des tableaux qu’est Cavalerie rouge : éclats journalistiques, narratifs et descriptifs, qui prennent la dimension de l’épopée. Où le styliste amoureux des mots et des images frappantes, charmeuses, insolites, brille sans cesse, épiçant ses textes d’expressions populaires ukrainiennes ou venues du yiddish (Babel était Juif) et de néologismes, d’où le défi relevé par la traductrice.

     Mais l’on sait que l’épopée, semée de crimes, a souvent tendance à exalter les héros -ici « rouges »-, une nation, une idéologie. D’où l’interrogation du lecteur devant ce qui est une adhésion passionnée de la part de notre prosateur qui probablement travailla comme traducteur pour la Tcheka, cette délicieuse police politique qui, à partir de décembre 1917, permit à 140 000 personnes de périr sous la Terreur rouge[3] : « Et nous sommes partis en direction du crépuscule héroïque. Ses rivières bouillonnantes se déversaient sur les serviettes brodées des champs de paysans. » (p 531). Rivières bucoliques ou rivières de sang ? Ne reculant pas devant l’exposition des violences sordides, inhérentes à toute guerre revancharde et impérialiste, comme l’exécution d’un moine profiteur et espion, la prose poétique de Babel est aussi suggestive qu’au fond désespérée, voire empreinte de sadisme, « en proie à une exaltation morbide » (p 537). Etre un observateur aussi précis, est-ce prendre plaisir aux exécutions sommaires abondantes où les dénoncer sans pathos ? Car il confie : « La chronique des crimes quotidiens m’oppresse sans répit comme une malformation du cœur. » (p 530). Au-delà des lieux communs de la littérature de guerre, les instantanés sur les croyances et les exactions religieuses du peuple, sur la vigueur cruelle de la soldatesque et sur la certitude tyrannique de la hiérarchie militaire, sont nombreux. Passionné qu’il était de Flaubert et de Maupassant, Babel fait preuve d’un réalisme inattaquable et d’une acuité sans pareille de la notation. On sort de cette prose, si talentueuse pourtant, écœuré par la violence et la vilénie de la race humaine que la révolution et la guerre permettent de laisser jaillir jusqu’à l’absolu quotidien du mal. Ce qui ne manqua pas de susciter de violentes critiques : était-ce là une façon correcte de présenter l’héroïsme rouge ?

 

 

      Quant aux Récits d’Odessa, ils révèlent la curiosité de leur auteur, voire sa passion pour les brigands, pour les aventuriers de la démence politique qui se jouait depuis la révolution de 1917, et dont il se sentait solidaire : des ouvriers occupent un monastère, des Anglais viennent commémorer le souvenir de Lénine… On y trouve bien sûr la dénonciation des pogroms, les marques de l’antisémitisme récurrent. L’écriture sensuelle est d’un esthétisme qui peut paraître déplacé devant de telles scènes qui pourtant révulsent l’écrivain.

      On ne peut que se demander comment Babel put survivre aussi longtemps dans le régime communiste, entre les monstres léninistes et staliniens de la Tcheka. La façon réaliste et colorée dont il décrit les exactions de l’armée soviétique au cours de la campagne de Pologne de 1920 dans Cavalerie rouge aurait pu lui valoir aussitôt condamnation. Que l’on se rassure, l’erreur sera bientôt réparée : c’est en 1940 que le NKVD l’arrêta, le tortura, l’assassina, confisquant ses manuscrits depuis disparus où l’on lirait peut-être son intime conviction, d’où des Œuvres complètes toujours incomplètes…

        Ses livres eurent du succès dans les années vingt. L’écriture de Babel est en effet fascinante, explosives d’images. On se surprend à être ravi par la sensualité visuelle de son style aux phrases souvent brèves, y compris dans les pires moments de la guerre civile entre Rouges et Blancs, qu’il met en scène avec une apparente légèreté, d’autant plus efficace et inquiétante. Ecriture très colorée, très rouge, d’une esthétique envoûtante : « un ruisseau écumant d’un rouge corail a jailli de sa gorge ». (p 590) Rouge éthique sûrement bien reçue en ce havre du communisme, mais bien moins envoûtante pour le lecteur que nous sommes…

     Que pensait vraiment Babel du régime communiste ? L’on sait qu’il fut un admirateur romantique de la révolution de 1917. En était-il un propagandiste infatigable ? Dans son Journal pétersbourgeois, autour de 1918, il dénonce la paresse des soldats de l’armée rouge ou l’état du chômage, laissant transparaitre d’indulgentes critiques : « La justice est arrivée. Elle a été mal instaurée. » (p 159) Ce au sujet d’une usine d’acier. Mais sur le régime lui-même, qui ne dit mot, au moins consent. Dans les années trente, il commence d’écrire un ouvrage sur la « collectivisation » : « Avec la guerre civile, c’est l’un des plus grands monuments de notre révolution » (p 1270). Merci de cette allégeance à la collection des tyrannies totalitaires ! Mais qui sait si ses manuscrits disparus lui rendraient justice ? En effet, le seul récit paru (en 1931) dresse un tableau peu flatteur, même si le pouvoir a pu -ou non- le lire comme un rapport sur la stupidité des paysans : « il a collectivisé Voronko en vingt-quatre heures… Il a mis neuf fermiers à l’ombre… Le matin, ils devaient partir pour Sakhaline. » (p 921) On les retrouve pendus plutôt que de rejoindre le goulag… Babel, prenait bien conscience du désastre. Mais un peu tard. On ne s’étonne guère qu’ils ne fusse plus en odeur de sainteté auprès des sbires de Staline.

        Ses convictions, son amour immodéré pour la Russie et pour la langue russe l’empêchèrent de prendre le chemin de l’exil, alors qu’il put voyager à l’étranger, dont la France. Sous Staline, se taisait-il pour continuer à vivre, à écrire en secret, louvoyant comme le compositeur Chostakovitch entre son intégrité créatrice, son instinct de survie et son quand à soi moral, voire son fatalisme ? Au lecteur de s’interroger sur une éthique politique qu’à la place de l’écrivain il eût bien eu du mal à affirmer au péril de sa vie. Babel ne critique pas le régime, au contraire, même s’il n’en semble pas non plus un absolu panégyriste. En témoigne en 1934 son « Discours au 1er Congrès des écrivains Soviétiques » (p 1031) où les écrivains doivent être des « ingénieurs des âmes ». Malgré l’humour, c’est un éloge obligé de Staline : « Regardez comment Staline travaille ses discours, comment sont forgés ses mots peu nombreux, combien ils sont musclés ». Ce à quoi répondait dès 1933 Mandelstam dans son « Ode à Staline[4] »: « Il a des doigts épais et gras comme des vers / Et des mots d’un quintal précis comme des fers ». Malgré l’allégeance que l’on espère forcée au « goût bolchevique », Babel parvient peut-être à affirmer son esthétique en passant sous les fourches caudines du réalisme socialiste : « la vulgarité c’est la contre-révolution » ou « notre tâche c’est d’ennoblir les mots ». Etait-ce une façon voilée d’émettre des doutes et de mettre la puce à l’oreille de son auditeur complice ? A la veille de son exécution, se demandait-il si le stalinisme avait tué les promesses du communisme, ou s’il résidait in nucleo dans cette idéologie mortifère ?

 

        Dans sa « Lettre ouverte aux écrivains soviétiques[5]», Mandelstam, en 1929, fulminait : « la Fédération des Ecrivains soviétiques s’est révélée être un poste de police ». Il allait être bientôt écrasé, suite à son poème satirique contre Staline. Babel, plus prudent, n’en fut pas moins la même victime de cette orwellienne « Police de la Pensée[6] » qui sous des formes sans cesse renouvelées n’a hélas pas fini de nous menacer.

 

 Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

L'auteur remercie la traductrice Sophie Benech de ses judicieuses

remarques qui lui ont permis (espérons-le) d'affiner sa réflexion.

 


[1] Rieder, 1928.

[2] Actes sud, 1996.

[3] Selon l’estimation de Nicolas Werth dans Le Livre noir du communisme, Robert Laffont, 1997.

[4] Ossip Mandelstam : Les cahiers de Voronej, Circé, 1999.

[5] Ossip Mandelstam : La Quatrième prose, p 141, Christian Bourgois, 1993.

[6] Georges Orwell : 1984, p 13, Club des Libraires de France, 1956.

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 10:08

 

Cañon de Balces y Monte Perdido, Sierra de Guara, Alto Aragon.

Photo T. Guinhut.

 

 

 

 

Le Passage des sierras

 

et autres récits pyrénéens et espagnols.

 

Prologue.

I Un état libre en Pyrénées.

II Vihuet, une disparition.

III Le Passage des sierras.

IV Une mort en Cotiella.

 

 

III

 

Le Passage des sierras.

 

 

      Coupant le cordon ombilical du pays maternel, je m’élançai dans le névé glacé de la pente espagnole. Vers quelles aventures de la vision, de la pensée ? Vers des plateaux gonflés de bubons, ravagés de lits d’érosion, vers des falaises cannelées, des gorges rainurées, des scintillements de lointains sud. Peu de marcheurs avaient choisi ce côté. Parmi des pentes rocheuses, des alpages désertiques, je trouvais des vagues et des flèches de calcaire étranges, d’une beauté lunaire, où je n’osai poser la main tellement elles étaient acérées. Des ruisseaux naissaient et s’interrompaient. Des chardons faméliques se desséchaient parmi une herbe d’anémie. En début d’après-midi, je débouchai à l’aplomb du canyon d’Ordesa. Au bord duquel un troupeau de brebis et son berger paraissaient un semis de pollen blanc sur l’herbage. Je ne m’arrêtais qu’un instant au refuge de Goritz, pour boire une boite sucrée et demander renseignement quant à une certaine cabane que j’avais surprise sur ma carte. Bientôt je vis s’élargir la courbe du canyon qu’alimente la cascade de la Colla de caballo. Et, méprisant le sentier boulevard du fond du cirque, je glissai sur le côté pour m’aventurer entre deux étages de falaises, sur la Faja de Pelay.

      Très vite, d’animée de promeneurs, la Faja se fit austère et théâtrale, étonnante cage de résonnance entre les colosses des parois et les profondeurs des sapinières. Sur ce balcon piqueté de points noirs, parmi le fil d’un sentier perché entre deux immenses tabliers rocheux, troué d’aplombs vertigineux, bruns et verts, je me faisais peu à peu une image de femme qui, à ma rencontre courait la montagne.

      Je la voyais grande, un short chamois au-dessus de ses longues jambes, une poitrine aussi forte qu’émouvante sous la chemise scout. Et surtout, à l’aplomb magnétique du visage, cette lèvre supérieure bombée qui légendairement traversait mes songes et ma biographie… Je lui dessinais et gonflais de longs cheveux bruns, moussus et attaché sur la nuque. Sans compter un nez légèrement retroussé sur le frémissement des narines, une peau de suave pain d’épice, des yeux piquants et noirs, souvent inquiets, agités, cherchant, à la mesure de leur quête ardente, des objets passionnés, de grands projets sauvages et doux…

      Evidemment, je ne croisais rien de tel sur le sentier de la Faja, parmi les flammes blanches de ses falaises, les verts de ses gouffres et les bois torturés de ses pins. Aurais-je croisé la silhouette qu’avait peinte mon rêve que je n’aurais eu ni le temps ni l’adresse de la retenir. C’était bien le fruit d’une insondable et ridicule idéalisation romantique, à peine digne du plus conventionnel roman rose de cinéma. Car si peu crédible. Pas à mon aspiration, pas à mon désir, pourtant. De bonne foi, en une compensatoire séquence, je la voyais fouler les rocs de la Faja, et me rencontrer. A ses yeux, j’aurais pu offrir ce nid d’édelweiss dans le dévers caillouteux…

      Sous un dévalement d’eau claire, je pus remplir ma gourde. Et marcher encore une heure attentive avant de toucher les rondins dont ma cabane était faite. Ce n’était pour deux ou trois personnes accroupies qu’un fruste abri, largement ouvert sur une clairière de conifères et sorbiers des oiseleurs aux baies rouges penchés sur l’abîme du canyon. Ce serait bien suffisant pour coucher un solitaire qui dormirait avec le respiration des fossiles d’oursins et de mollusques pris dans les roches rousses et claires des cirques  et des gradins environnants jusqu’au Mont Perdu. Sur le gazon du songe d’une nuit d’été, j’attendis que les cuivres montent aux couleurs de la Fraucata, rugueuse et verticale falaise séparée de mon belvédère par la gorge cendreuse  et comme vue de parachute.

      La nuit venue, je me couchai sous l’écorce de mes rondins et contre ma naïve fiction. Dans un souffle qui happait, en même temps que le sommeil de tant d’enjambées, la jambe subtile et la lèvre supérieure bombée du fantôme de mes pensées, je la nommais Karina. Sous les deux mille étoiles violemment visibles, je croyais ingérer aux yeux de Karina une aspiration à d’autres mondes. Ces yeux agités de l’inquiétude de la passion, de l’appétit de la connaissance et d’une farouche liberté. Sûrement, avec elle, que je créais étrangement idéale, ma semblable, même à mes dépens, ma double, ma sœur sensuelle et solitaire, sensible et curieuse, cependant si différente, si irréductiblement elle-même pour justifier l’allant et la poursuite de ma passion autant intellectuelle qu’érotique, j’aurais pu marcher pendant des années, que dis-je des ères géologiques entières, parmi le renouvellement des sierras.

      Je ne me réveillai pas avec le corps satisfait de mes rêves près de moi. Mon lecteur -ou ma lectrice qui peut-être en Karina se reconnaîtrait- me fera justice en m’accordant d’être resté raisonnablement serein devant ce peu de porosité que nous connaissons entre le rêve et la réalité.

      Cependant, la réalité du matin n’avait rien d’indigne : canyon d’ombre, hauteurs poreuses d’avec la matière claire et bleue du ciel, isards soudain venu visiter mon campement, tourelles de calcaire ivoire et velours des sapinières insondables dans l’ombre encore. Face à ma contemplation, là-bas, la lumière du jour traversait pour les rendre presque transparentes les parois de la Brèche de Roland qui, hier, avaient consenti à me laisser passer sans tempête.

      Sur la Faja, une fois jeté le sac sur mon dos, les marcheurs commencèrent d’affluer, jusqu’au refuge, vitres brisées sur le sol, son mirador ouvert sur les pointes bleues et ocres du massif de la Tendenera. Mais une fois rejoint la gouttière pierreuse et ascendante du sentier des chasseurs, parmi les squelettes dansants des pins morts, les raides traces pierreuses, éprouvantes, les à-pics et éboulis mêlés, j’eus la sensation de retrouver cette fureur de découverte personnelle qui me guidait aux premières sierras. Irrésistiblement, Karina était mentalement et fantastiquement en ma compagnie lorsque je pris pied sur la crête de Diazas. D’où un autre panorama de vallées et de monts indigo m’attirait dans l’orbite tournoyante des sierras giflées de lumière.

      Ce fut une longue descente de larges lacets poussiéreux où pour la première fois je me frottais à ces genets épineux que l’on nomme ici « erizon » et dont le coussinet est gonflé des cruelles défenses de l’animal rétracté sur lui-même. Passé une chapelle dans une éclaircie des forêts, puis un pont rugissant, je pus observer à une terrasse de bar de Torla qu’un groupe de gamines espagnoles n’allait pas jusqu’à compter le visage de Karina. Je n’en avais pas moins d’application à observer les formes du village, ses ruelles, son clocher rustique contre l’arrière-plan massif des falaises d’Ordesa. Mais, me dis-je, je n’étais pas là pour faire du tourisme. Et enfiler des perles mollement pittoresques, avec une midinette fictionnelle au bas du cervelet ! La courbe de la route, qui n’échappais de la banalité que par ce que je collais d’hispanité aux verts des prés de la vallée, me fit glisser jusqu’au bourg de Broto où l’hôtel Pradas me fournit l’antithèse de l’abri de rondins : lambris vernis, tentures et courtepointe fleuries composaient une chambre où j’aurais tremblé de frôler le bleu des veines sous les seins de Karina.

      L’inconnu des cartes commençait là. Des traits reliaient des points nommés sur des ombres. Comme sur le délicat dessin veineux où j’aurais voulu lire le battement de mon destin, je devais me confier à une manifeste imprécision, à un flou filigrané de vagues et minces cours d’eau, peints de verts poussiéreux et ponctués de villages aux noms musicaux, mais ne me renseignant en rien sur leurs qualités, importance ou ravitaillement. Sans compter une présence humaine à mettre en doute.

 

Canyon de Balces, Sierra de Guara, Alto Aragon. Photo T. Guinhut.

 

 

      Vers le sud, puis vers le sud-est, je marchais toute la journée, d’abord sur la route. De son clocher, neuf et sans grâce, Sarvise témoignait que nombre de ses murs avaient été détruits lors de la guerre civile par l’avancée des troupes du Général Franco. Derrière moi, au-dessus d’un petit oratoire à Saint-Georges tuant le dragon -sûrement ce dernier avait-il été parmi les Républicains puisque ceux-ci avaient décimé des religieux et exhibé des cadavres de bonnes sœurs- la montagne d’Ordesa se couvrait de nuages écroulés et lumineux. J’avais échappé à des bandes temporelles ; soixante ans plus tôt, sous le feu franquiste et aujourd’hui sous le brouillard de là-haut, je n’avais pas été. En vertu de quel hasard ?

      Cependant, dans le couloir de la vallée, les sierras m’étaient cachées, hors à droite et à gauche, leurs contreforts boisés de chênes verts et de pins. Fâché de me traîner sur l’anonymat du goudron, je piquai au travers des graminées sauvages et passai le rio Ara par un gué instable et bouillonnant. Sur une piste de pollens, tour à tour claire et ombrée de feuillages mobiles, je retrouvais l’allant du marcheur, l’allant de qui conquiert le jour et les volets ouverts des paysages. Par des raccords de sentes discontinues et des embrouillaminis végétaux où je dus me frayer un passage en brassant des bras et des jambes, je me branchai sur une autre piste qui me conduisit -il n’y avait aucune difficulté d’orientation- à Fiscal dont le bar me fournit la conversation d’un ramasseur de champignons. Il détailla sous mon odorat ses cèpes et ses lactaires délicieux, sans qu’une omelette s’en suive…

      Etait-ce le peu d’effort de ce trajet, sa lumière de vallée spectacle qui me faisait cultiver encore plus l’évocation de Karina ? Je me laissais imaginer que, travaillant dans la publicité, elle allait fait faire à mes livres et à ma personne -excusez du peu- justement de la publicité, que nous poursuivions ensemble les chemins adjacents de l’amour et du succès, selon des modes intimes et théâtraux inédits… Doué d’une puérilité inavouable, je me laissais aller à de charmants et étonnants châteaux en Espagne. Pourquoi développons-nous ces fictions de midinettes en en connaissant la naïveté ? L’attrait de l’éros et de la beauté, des destinées clinquantes et hors-pair est-il donc si puissant qu’il passe ainsi les barrières du surmoi, des banales, médiocres et courantes vies, des conventions sociales et réalistes ? Je ne me conformais qu’à une autre convention, celle des clichés de magazines de stars de cinéma et romans roses de supermarché. Où les personnages brillent du miroir aux alouettes des valeurs vulgaires d’une société habile à projeter un rêve éveillé compensatoire par-delà ses déboires. En une narration qui renouvelait et répétait sans cesse ses moyens pour toujours parvenir au même but, je me nourrissais du désir de sucer ce symbole du succès, de l’élite et de l’amour comblé : la lèvre supérieure bombée de la haute et belle Karina en l’intime responsabilité de ma fiction. Désir qui prenait un tour métaphysique et incomblable, comme celui de saisir une galaxie spirale à mains nues, ou de fixer au firmament, avec le sperme qu’avec tendresse elle m’arracherait, au moins l’éternité d’une nouvelle constellation signifiante à laquelle je donnerais son nom.

      A ce point de mon délire, la vallée s’était considérablement élargie, me rendant visibles les contours bleutés de sierras. L’intérêt du marcheur allait pouvoir se tourner vers autre chose que d’inconsistantes bulles de savon mentales. Le village duquel je m’approchais sous la chaleur vibrante n’avait rien de vivant, ni même de l’émotion sensible des vieilles pierres polies et envahies par le temps naturel. Les maisons de Janovas étaient des cadavres, pans de murs ocres et noirs, dépecés de leur poutres, de la moindre apparence de mobilier et de menuiserie, conspués de graffitis et bombages : « Bandido Barbastro », « Pantano, no ! » et autres têtes de morts de goudron et drapeaux noirs, tandis que le « Viva la muerte » du Caudillo Franco avait visiblement recouvert une faucille et un marteau rouge de sang.

      Je compris en observant au bout de la rue vide le verrou d’arides sierras barrer la vallée en ne laissant se faufiler que les flots du rio. Comme un peu plus au sud, où plusieurs vallées des pré-Pyrénées avaient été noyées par de vastes barrages, l’on avait ici projeté depuis des décennies un monument d’hydroélectricité qui n’avait pas été construit, mais restait au programme. C’était un de ces maillons encore manquant de la politique des grands travaux franquistes pour lequel on n’avait pas hésité à dynamiter le village de Janovas après l’expropriation. Fallait-il désapprouver le légitime besoin d’énergie et de réserves d’irrigation du bassin de Saragosse ? Imaginer une alternative nucléaire ? Et déplorer que la vie d’une vallée disparaisse sous les eaux, laissant par exception apparaître la pointe ruiniforme d’un clocher…

      Je ne me voyais pas passer la nuit dans de tels ossements du passé rural. J’aurais au moins rêvé ici de bombardements, de guerre civile où communistes et fascistes purifiaient également par le feu, les balles, les geôles et les tortures. Il me restait encore suffisamment d’heures de jour pour m’éviter ce cauchemar et marcher libre sur le sol d’une démocratie qui avait su, sous l’égide discrète d’un roi, pacifier l’après-Franco. Je ne me voyais pas non plus, dans des ruines qui mimaient celles de la guerre civile, partout ailleurs rebâties, déposer la vivante impulsion d’une  Karina que sa liberté de mœurs aurait, sous le franquisme, condamnée.

      En cette région enclavée de Sobrarbe, la poche républicaine de 1938 se vit augmentée de groupuscules anarchistes incontrôlés qui saccagèrent des églises et donc une grande partie du patrimoine artistique local. Bielsa et Sarvise furent bombardées, les colonnes de fuyards vers les cols français mitraillées. Une répression sauvage suivit la victoire des troupes franquistes qui durent encore lutter une dizaine d’années contre d’idéalistes, têtus et parfois criminels maquisards tapis dans les sierras. Me trompais-je si je croyais voir des traces de mitrailles sur une pierre d’angle de Janovas détruite ?

    Quittant cette désolation qui m’avait semblé une image encore chaude des exactions franquistes, je découvris sur la rive d’un ravin une délicieuse fontaine où deux serpents étaient taillés dans la pierre. Devais-je y voir ces deux monstres ennemis : fascisme et communisme, qui, une fois changés en pierre historiques pour les conjurer, laissaient au voyageur la jouissance d’une eau libre…

       A l’entrée des gorges, je négligeai une passerelle de câbles et de planches qui conduisait à la route, puisqu’une sente sinuait et tressautait parmi les rochers du défilé. Au-delà, dans le bruit montant du rio, s’élevaient les ossatures calcaires de l’anticlinal de Boltana, comme les dents démesurées d’un peigne courbe au front de la sierra vaporisée par l’altitude et la chaleur. La gorge se fit plus étroite, torturée, à tel point que l’écho de mes pas sur la roche me parut renvoyé par les plis raides et également broussailleux de l’autre versant. Sous une famélique cascade, je me laissais rafraîchir avant de louvoyer encore dans la rocaille chaude. Sur une piste je débouchai enfin pour voir la vallée s’adoucir et descendre vers un pont routier. Ce qui me permit de claquer mes semelles endolories sur un dernier goudron avant d’atteindre le bourg de Boltana : j’avais fait aujourd’hui plus de trente kilomètres.

      La chambre de tourisme rural, où la maîtresse de maison restait laconique devant mes velléités de conversation, était d’une désarmante banalité. Des deux lits jumeaux, je ne pouvais utiliser qu’un seul. Et je ne pouvais imaginer y recorporer la fade serveuse dont la liste de desserts était si longue et si rapide que j’y perdis mon espagnol. Quant au dessin de la pensée pure, il n’avait pas plus le pouvoir d’y matérialiser les odeurs intimes de dentelle, de peau mûre et de brune toison qui feraient de Karina les prémisses d’une femme réelle. On se demande d’ailleurs comment une intrépide marcheuse pouvait tirer de son sac à dos et d’une salle de bains sans chichis de telles fragrances, à moins d’un seul et noir soutien-gorge finement brodé… Je n’eus pas le temps de résoudre une si cardinale question, assommé par la fatigue de la journée.

      Sous la ruine d’un château médiéval où les sorcières passaient pour se réunir les samedis soirs, je quittai Boltana, où aucune visite vénéneuse et femelle n’était venue troubler ma nuit. Et, renouant avec le pont de la veille au soir, je me lançai à l’assaut des sierras, à l’aide du ruban ascendant d’une route méchamment déserte. Passeur de sierras solitaire, j’avais toujours avec moi mon interlocutrice mentale. Et j’en avais bien besoin, au vu de la longueur et de la roideur des courbes et des lacets goudronnés sous le solide soleil du matin. Bien sûr, ma Karina ressemblait moins à une sorcière qu’à une poupée Barbie sur laquelle mon désir aurait soufflé pour lui donner la chair spéciale et personnelle de la vie. Vie que je ne voulais pas assimiler à un Prince charmant féminin, dont la fade joliesse et la contradiction m’écœure. Je la voulais, dû-t-il m’en coûter, libre, capable d’opposition, passablement féministe, cultivée et critique, peut-être sauvagement indépendante.

 

Thierry Guinhut

Extrait de Le Passage des sierras et autres récits pyrénéens et espagnols (A paraître)

Une vie d'écriture et de photographie

 

Rio Vero, Sierra de Guara, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 18:45

 

Iglesia de El Pueyo de Morcat, Serrablo, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

José Maria Arguedas ou « l’utopie archaïque » :

 

Awar Fiesta, El Sexto lus Par Mario Vargas Llosa.

 

 

 

José Maria Arguedas : Yawar Fiesta (La fête du sang),

traduit de l’espagnol (Pérou) par Cécilia Hare et Domninique Jaccottet,

Métailié 2001, 204 p, 16,24 €.

 

El Sexto, traduit par Eve-Marie Fell, Métailié, 2011, 192 p, 18 €.

 

Mario Vargas Llosa : L’Utopie archaïque. Jose Maria Arguedas et les fictions de l’indigénisme,

traduit par Albert Bensoussan, Gallimard, 1999, 408 p, 160 F.

 

 

 

 

      On ne cherchera pas chez Arguedas, universitaire et militant, de virevoltantes  métaphores ou de vastes mises en abyme narratives, mais d’universels problèmes de civilisation, intéressant autant l’anthropologue spécialisé que le modeste humaniste, au point que Mario Vargas llosa lui ait consacré un essai. Yawar fiesta se présente comme un roman documentaire sagement construit, une histoire qui, par son caractère symbolique et le sacrifice sanglant de la bestialité, acquiert soudain un relief extrême. El Sexto quant à lui est un roman autobiographique dont le réalisme scrupuleux n’est pas sans rejoindre la dimension de L’Enfer de Dante.

 

     Dans un village perdu des Andes péruviennes, une lutte contre le taureau d’Yawar fiesta (publié en 1941 à Lima) va cristalliser toutes les tensions sociales. Sur le ton de la légende, mais une légende triste, un narrateur anonyme conte la progressive invasion des hauts plateaux par les colons espagnols, leurs exactions, leur appropriation des terres, chassant toujours plus haut, vers les solitudes des herbes rases et des glaciers, des indiens réduits à la famine ou à de bas emplois s’ils se résignent à redescendre parmi la civilisation nouvelle… Bientôt, le reportage se pare des prestiges de la fiction romanesque. Lorsque résonne le leitmotiv de la corne annonçant l’arrivée d’un fabuleux taureau sauvage: « le Misitu », que les indiens affronteront à la dynamite, non sans se faire encorner. Mais cette fois, progrès oblige, le sous-préfet décide, avec l’aval de Lima, de substituer au carnage « l’art de la corrida civilisée ». On devine aussitôt le conflit, le choc culturel, entre les tenants d’une archaïque tradition locale et ceux d’une civilisation plus évoluée et prédatrice. Roman prévisible, mais haut en couleurs, qui évite de justesse le manichéisme en se gardant d’idéaliser l’indigène. Cependant, comme aux plus beaux jours du réalisme socialiste, le sentiment des vertus locales pousse le chroniqueur à glorifier les milliers d’indiens et de métis qui fendent la montagne pour construire une route transandine, puis migrent vers la capitale pour concourir à son développement. Indubitablement, Arguedas écrit son ode à la nation, défendant « les droits des communautés contre les abus des propriétaires terriens, des autorités et des curés ». 

      Pour un premier roman, publié en 1941 et obéissant aux canons d’un réalisme documentaire lyrique et coloré, ce fut une réussite. Plus tard vint le succès avec Les Fleuves profonds[1] qui narre un voyage de découverte ébloui du Pérou et la difficile initiation d’un collégien, puis Tous les sangs[2], ambitieux et truculent tableau de société où les composantes de la population péruvienne s’agitent dans une apocalyptique lutte des classes bien représentative de l’idéologie marxiste. En plus d’un manichéisme caricatural où les blancs sont les méchants et les Indiens les bons (tandis que le métis est le traître patenté) ce roman véhicule une vision de la femme, vierge pure ou putain, révélatrice d’une mentalité sexiste traditionnelle autant que des traumatismes subis par Arguedas jeune.

 

 

      C’est à 27 ans, qu’Arguedas vécut une de ses pires expériences. Après avoir manifesté contre l’arrivée d’un représentant de Mussolini en 1938, il fut arrêté par la police politique péruvienne et fut enfourné en prison. Cette expérience est le terreau d’El Sexto, publié en 1961, relevant de la littérature carcérale. Quoique l’on puisse se demander, au vu de sa puissance, de son acuité, et de l’arbitraire de la condamnation, ni formulée, ni venue d’un quelconque procès, ni balisée dans le temps, s’il ne s’agit pas là de littérature concentrationnaire. « El Sexto », nom du pénitencier de Lima, est un bâtiment de trois étages, peuplé de voleurs célèbres, de délinquants sexuels, d’assassins, de trafics divers, d’insultes et de violences sanglantes.

      Au moyen d’un réalisme saisissant, ce sont non seulement les conditions de vie des prisonniers qui sont peintes par le jeune Gabriel, mais aussi la permanence du mal dans la nature humaine. L’Enfer de Dante et ses spirales n’ont plus ici la justification morale de la Divinité : pêcheurs ou non, on est maître ou victime de la lutte pour un pouvoir infâme, jusqu’à ce que l’assassinat d’un « géant noir » cruellement nommé « Estafilade » déclenche une répression que l’autorité pourtant légale ne prendra sur elle ni de légitimer, ni de modérer. Les idéalismes et dogmatismes des « Apristes » (Alliance Populaire Révolutionnaire Américaine) et des communistes (depuis condamnés par le jugement de l’Histoire), leur juste dénonciation des oppressions politiques et économiques n’a de cesse : « Là, dans ma poitrine, brille l’amour des malheureux et des opprimés ». Le tableau de la vie politique contrariée du Tiers-monde est édifiant, à travers des personnages hauts en couleurs, des dialogues percutants, où dominent Camac, le syndicaliste communiste, l’un des rares à être un peu honnête et amical, mais aussi Maravi, Rosita et Estafilade, rivaux sans pitié dans la guerre pour le pouvoir sur cette fosse ignoble qu’est la prison, « pire qu’une nécropole ». Occupés par leurs éternelles et bavardes querelles idéologiques, les militants incarcérés ne parviennent pas à être doués d’une humanité que les droits communs du premier étage et les assassins du bas n’approchent jamais. La satire est alors sans concession, dénonçant la propension des gauchistes à l’étripage pseudo-intellectuel, et ne donne pas cher ni de leur capacité à renverser le fascisme, ni de leurs promesses politiques qui ne sont que du bla-bla dogmatique, avant de devenir, s’ils en ont les moyens, les formules de leur totalitarisme. Seul le narrateur, Gabriel, héros peut-être un peu idéalisé, en sa projection de l’auteur, fait preuve de générosité, et tente de se révolter contre les hiérarchies, les tyrannies que les gardiens, presque absents, ne veulent pas voir, à moins qu’elles leurs profitent, qu’ils s’en amusent. Car personne ne tente de porter remède à cette société qui survit dans une immonde et sadique promiscuité, les amours homosexuels se mêlant aux humiliations, les drogues à la prostitution, les meurtres aux suicides, parmi lesquels se détache le calvaire du « Pianiste », violé, devenu fou, puis tué… Ce bref roman initiatique est, en même temps qu’une épreuve pour le lecteur, un témoignage affolant, où l’apprend les rouages du vice et l’hypocrisie de l’idéologie. Si le récit s’achève sans apparence de sortie pour Gabriel, sur une acmé de meurtres sordides, Arguedas, lui, put n’effectuer là qu’un assez court séjour, bien suffisant pour le marquer à jamais. Que le destin nous épargne de telles expériences, à nous qui pouvons les lire dans la sécurité du documentaire et de la fiction…

 

 

      José Maria Arguedas n’aurait pas paru à ce point remarquable si Mario Vargas Llosa ne lui avait consacré un essai pertinent: L’Utopie archaïque. José Maria Arguedas et les fictions de l’indigénisme . Le régionalisme de Yawar fiesta devient universel si on considère ce livre, à l’instar de Vargas Llosa, comme « un plaidoyer contre la modernisation du peuple andin, une défense subtile et vigoureuse de ce qu’on appelle aujourd’hui le multiculturalisme ». Selon Arguedas, l’identité indigène, même apparemment barbare, ne doit souffrir aucune altération. Tout apport étranger, occidental et colonialiste est néfaste et ne vise qu’à dégrader le paradis perdu de la collectivité altruiste quechua… Hélas, ici pointe « l’utopie archaïque », bel oxymore qui oppose à une projection vers un avenir supposé meilleur la régression dans un passé brutal. La « fête du sang », symbole de la valeur d’une culture indigène qui s’est approprié la course de taureaux, n’est qu’un rituel machiste : bravoure, alcool, sang et mort. Certes, la corrida, reliquat du culte antique de Mithra, est de même nature, quoique raffinée par les siècles, par l’élégance des toréadors et la passion des aficionados. Mais à vouloir camper sur les champs barbelés de son identité culturelle, ne risque-t-on pas de refuser toute évolution, tout accroissement du capital technique et humain ? Si « désindianiser les Indiens » est le crime suprême, vouloir les confiner dans leur identité et les exclure de la modernité n’en est-il pas un autre ? Quant aux femmes, elles sont tellement absentes des romans, sauf pour être battues, humiliées, que la question de leur identité humaine est bien sûr superflue… « Peut-on imaginer une fiction qui, malgré sa dénonciation et son indignation devant les iniquités qu’infligent les « Mitsis » (blancs et notables) aux Indiens, soit plus conservatrice que Yawar Fiesta ? » conclut Vargas Llosa.

      A une lecture sociale par la lutte des classes se superpose une lecture culturelle par le choix de l’indigénisme. C’est ainsi que l’individu est réifié par des notions qui l’enferment. Peut-on voir là une des sources du malaise d’Arguedas ? Fils de blancs aisés, c’est parce qu’enfant il fut relégué parmi les serviteurs indiens et traité comme tel par sa marâtre, qu’il épousa la cause de l’indigène. Ethnologue, folkloriste, militant révolutionnaire, intellectuel anti-impérialiste, il devint au fil de ses livres, l’homme du « rejet de la civilisation urbaine, du marché, du monde industriel ». Il conspue « l’individualisme égoïste » comme un « phénomène de la ville ». Où donc l’universitaire Arguedas, pouvait-il trouver sa place si la nature et le collectivisme animiste sont des valeurs sine qua non ? Pour lui, même l’idéologie marxiste devint l’ennemie de cette magie andine qu’il idéalisait. Ce qu’il ressentait comme une trahison vis à vis d’un idéal de solidarité idéologique internationale. Même si, peut-être, le tableau idyllique perpétré par la propagande n’empêchait plus de voir sous le vernis idéologique les béances d’une répression que l’ampleur du Livre noir du communisme[3] n’avait pas encore révélé… Et sans doute, la situation politique complexe du Pérou, pétri d’oppressions, de fascisme et de barrières à la liberté d’entreprendre, ne laissait pas espérer de miracle…

 

 

    A ces contradictions, il faut ajouter l’équilibre psychique et affectif souvent compromis d’Arguedas, ses difficultés conjugales, sa conviction d’être « fini comme écrivain ». Parmi les lettres qu’il laissa survivre à son suicide, celle à son éditeur est significative : « Comme je suis sûr que mes facultés et armes de créateur, professeur et directeur de recherche se sont affaiblies au point d’être nulles et qu’il ne reste que celles qui me relègueraient à la condition de spectateur passif et impuissant de la formidable lutte que livre l’humanité dans le Pérou et partout, il ne me serait pas possible de tolérer ce destin. » Destin encore plus intolérable si Arguedas avait su que sa veuve, Sybilla Arredondo serait plus tard condamnée à la prison à vie pour avoir été l’une des dirigeantes du terroriste Sentier Lumineux…

     Ce sont, parmi une oeuvre riche d’une vingtaine de volumes, les seuls livres d’Arguedas publiés en français. Sans doute faudrait-il traduire El zorro de arriba y el zorro de abajo qui, bien qu’inachevé, tente de représenter le Pérou côtier et celui d’en haut, le Pérou d’aujourd’hui et celui d’un utopique archaïsme indien, non sans intégrer d’étranges « journaux » où l’auteur livre quelques-uns de ces démons intérieurs. Qui pouvait imaginer que, ligoté par ces aspirations, ses contradictions idéologiques, l’auteur, né en 1911, allait en 1969 se tirer une balle dans la tête, devant un miroir, dans les toilettes de son université ?

 

      Lire Arguedas, c’est au-delà du destin d’un homme et de celui du Pérou, s’interroger sur le difficile chemin vers la démocratie libérale de l’Amérique latine dont l’Histoire fut tiraillée entre fascisme et socialisme. Si certains états, le Chili, le Brésil, s’en tirent mieux, le Venezuela délire avec le caudillo gauchiste Chavez, admirateur de Fidel Castro, le Pérou peine à sortir de ses ornières, après avoir omis d’élire en 1990 le libéral Mario Vargas Llosa à la présidence…

 

Thierry Guinhut

Les parties sur Hawar fiesta et sur Vargas Llosa ont été publiées

dans La Revue des deux mondes, mai 2001

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

[1] Gallimard, 1966.

[2] Gallimard, 1970.

[3] Robert Laffont, 1997 

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 08:58

 

Sepvret, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

  Paul Celan et Ingeborg Bachmann :

 

fragiles Lettres amoureuses.

 

 

Ingeborg Bachmann Paul Celan : Le Temps du cœur, Correspondance,

traduit de l’allemand par Bertrand Badiou, Seuil, 464 p, 30 €.

 

Ingeborg Bachmann : Journal de guerre,

traduit par Françoise Rétif, Actes Sud, 128 p, 16 €.

 

 

      Pourquoi publier la fragile correspondance, absolument intime, de deux écrivains ? Est-ce voyeurisme obscène que de chercher à surprendre leurs secrets, mais aussi la trace créatrice de leurs amours dans leurs œuvres… Pourtant, combien émouvants, exaltants peuvent être les échanges poétiques, amoureux et épistolaires de deux grands poètes ! Même aussi lacunaires, marqués d’angoisses… Derrière les poèmes indépassables, qu’il s’agisse de la poignante « Invocation à la grande ourse[1] » d’Ingeborg Bachmann (1926-1973) ou de la saisissante évocation d’Auschwitz, cette « Fugue de mort[2] », de Paul Celan (1920-1970), il n’est pas inutile d’aller soulever le voile des lettres et des journaux pour tenter d’approcher des personnalités rocailleuses et fragiles à la fois.

 

       Il faut imaginer la distance irréductible qui éloigne l’Autrichienne dont le père s’inscrivit au parti nazi avant qu’Hitler soit élu et le Juif du nord de la Roumanie dont les parents périrent dans les camps… Pourtant, seuls la langue allemande, leur inquiète furia poétique et l’amour -excusez du peu- les réunirent. Leur correspondance, passionnée, trouée de longs silences, ne peut qu’en partie permettre de reconstituer le récit de leur liaison, des corps, lyrique et spirituelle, et bien sûr de la savante alchimie des vers qui se répondent. Mais, y compris dans la tension des silences et des non-dits, une vibration passe, au-delà même, parmi dix-neuf ans d’échanges, du mariage de l’un avec Gisèle Lestrange[3] et des quatre ans de vie commune de l’autre avec Max Frish. L’une se met au service de la publication de l’œuvre de son alter égo, l’autre est d’abord plein d’attentions, d’attentes. Hélas, le langage qui les réunit les éloigne avec la même insistance : malentendus, incommunicabilité, incapacité expressive, mutisme révolté, guerre contre les mots et leur brisure intime entre dire et ne pas être, tout cela creuse une fosse temporelle, psychique et affective difficile à combler. Sans compter des personnalités difficiles, dépressives parfois, au point que Celan finit par se jeter dans la Seine en 1970, que Bachmann brûla dans son lit d’hôtel dans des circonstances restées mystérieuses. L’un périt par l’eau, l’autre par le feu…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      A tous deux, il leur faut laver les mots allemands du nazisme, à elle de les décaper de la prise de pouvoir de la masculinité. Sans empêcher que la dimension métaphysique de leurs vers soit époustouflante. De plus leurs lyrismes se sont entre-nourris, au particulier autour de la thématique de l’obscur et de l’orphisme. Mais, s’ils se dédient longtemps des textes, la fêlure entre la poésie et l’amour se fait de plus en plus vive, les métaphores minérales et géologiques abondent chez Celan, les pierres ne fleurissent plus : « nous nous aimons comme pavot et mémoire (…) Il est temps que la pierre veuille fleurir[4] », disait-il en 1948… Ingeborg semble croire en la capacité du désir à rapprocher les êtres, Paul est trop vite écartelé entre la béance de son moi et l’autre. Leur échange est tissé pour elle de « Je t’aime et je ne veux pas t’aimer. C’est trop et trop dur. » Et des « nombreuses étreintes que tu ne peux pas accueillir » (p 43). Lui est plus réticent, empêché par lui-même, par la parole ; il lui redemande sa bague. Devant la déception, il demande pardon, se défausse : « les mots risquent de se figer » (p 53). Dans les années cinquante, s’il ne reste qu’ « amitié » (p 61), elle est sans cesse au service de sa carrière poétique ; pourtant, marié avec Gisèle Lestrange, il répond à peine. Il doute : « A quoi bon celui qui a fait entrer sa vie dans l’écriture » (p 144). Ou se fait exigence, lui offrant des textes intenses : « Les deux parlent avec la culpabilité de l’amour » (p 84). Cette relation bouleversante et distendue semble alors résonner au loin, sinon au centre, de maints de leurs poèmes : « tu étais, quand je t’ai rencontrée, les deux pour moi : le sensuel et le spirituel. C’est à jamais inséparable, Ingeborg. Pense à « In Ägypten ». Chaque fois que je le lis, je te vois entrer dans ce poème » (p 88). Plus tard, elle épouse Max Frish avec qui Paul peut devenir ami. Ils échangent leurs livres, leurs projets et traductions, ils s’offusquent du « manquement politique » d’Heidegger (p 149), et de l’immonde accusation de « maître plagiaire » (p 181) infligée par Claire Goll.  Pourtant, ils restent jusqu’en 1961 conscients de leurs difficultés : « avec toutes ces blessures que nous sommes infligées » (p 162). Les appels épistolaires se raréfient dans les années soixante, alors que Paul devient violent envers son épouse, avant de confier ses tourments à la Seine. Dans une stupéfiante lettre non envoyée, Ingeborg dresse un réquisitoire : « Tu veux être la victime, mais il dépend de toi de ne pas l’être » (p191). A ces documents capitaux, complétés par un riche appareil de notes, s’ajoutent les lettres complétant le quatuor, avec Max Frish, avec Gisèle. Ainsi le sentiment de voyeurisme devant les cassures des couples voisine en nous avec une intime connaissance des ressorts d’un lyrisme entravé dans l’œuvre poétique…

 

 

      La poésie intimidante, complexe, et néanmoins d’un intellect infiniment sensuel, de Paul Celan, est une sorte de Minotaure au fond du labyrinthe de tout accomplissement poétique contemporain. Lapidaire, elliptique, comme faite d’éclats, hermétique, pétrie d’allusions à la culture juive, d’un appel à Heidegger qui ne répond pas de son identité nazie, malgré l’« arnica », cette initiale étoile jaune de « Todtnauberg »[5], elle est comme celle d’un homme qui tente de construire son souffle jusqu’à une transcendance difficilement atteignable : « Décapé par / la bise irradiante de ton langage / le bavardage bariolé du Mon- / vécu –le Mien- / poème aux cent bouches, / le rien-poème. »[6]

      Celle d’Ingeborg Bachmann parait d’un lyrisme qui confie plus aisément son exaltation et sa blessure et à l’ampleur du vers. Elle évolue (faut-il dire hélas ?) vers un tragique poignant : « En toutes langues se taisent / Les morts contre moi serrés / Personne ne m’aime et pour moi / N’a de lampe balancé ! »[7]. Avant que l’abandon de la poésie ne la conduise à n’être plus qu’une grande prosatrice.

      C’est à la fin de la seconde guerre mondiale que la si jeune poétesse tint un Journal de guerre, aussi concis que coloré, peignant avec puissance Klagenfurt bombardée, mais aussi avec bonheur son amour utopique pour un soldat anglais, Jack Hamesh, dont peut lire ici les lettres avant qu’il rejoigne la Palestine, puis dresse pour elle un âpre tableau de cette démocratie en construction. La fille de nazi aime un jeune Juif cultivé qui quitta l’Autriche en 1938 pour l’Angleterre (ce qui n’est pas sans préparer son amour pour Celan). On apprend comment on vivait sous l’acharnement jusqu’au-boutiste des Hitleriens (« dans ma tête, j’ai fait mon testament », p 22), comment elle dut se préparer à enseigner à des enfants, s’engager à abandonner les études pour échapper à la conscription nazie. La Libération est pour elle à comprendre dans tous les sens du terme, comme le plus beau moment de sa déjà amoureuse vie, l’épisode qui joua un rôle séminal pour son roman Franza[8].

 

 

      C’est grâce à ce bref journal, découvert vingt-cinq ans après sa mort prématurée, dans ses draps enflammés à Rome (« mes pensées sont lugubres (…) je crains (…) de m’y brûler » p 77) que l’on put imaginer que les Lettres à Felician[9] étaient peut-être destinées à Jack. Ecrites en effet en 1946, d’abord pour « aucun nom » (p 60), elles sont lumineuses. A dix-huit ans, il s’agit moins d’une expansion amoureuse naïve que nourrie par déjà tant de lectures et d’écritures lyriques. Elles sont prose et vers, offertes à « Mon ami, mon maître » (p 78), celui qui toujours a quelque chose de fictif, celui qui est un miroir projeté, car le seul ami (ou seule amie) du poète n’est peut-être que lui-même en gestation (il en est de même pour le maître) : « juste un désir artificiel qui tâche d’évoquer les images de ce qui m’est le plus cher en substitut de tout ce qui me manque » (p 80). Ingeborg « cherche (…) les mots pour toi qui me jetteraient de nouveau dans tes bras », une « bouche qui essaie de boire à moi » (p 53). Au-delà de l’art des lettres, ce sont de purs emportements lyriques : « Je t’aime comme le plus radieux des jours, comme les nuits les plus joyeuses de la pensée. » (p 56). « Aussi n’ai-je qu’un vœu, pour Toi, être « Je. » »  (p 77). Est-il possible d’aller criant à travers le monde sans jamais être entendu ? »… Ainsi ce Felician rêvé et radieux s’oppose à l’immense poète réel, au karst de création et de dépression, à l’homme poétiquement créateur et psychiquement destructeur que fut Paul Celan…

 

      Nous ne sommes pas sûrs que la question du destinataire des Lettres à Felician soit primordiale. Peut-être est-elle contre-productive. Qu’importe en effet qui sont le jeune homme blond et la dame brune des Sonnets[10] de Shakespeare dont l’énigme irrésolue a rempli des bibliothèques. Résoudre la curiosité vulgaire du lecteur et du critique en nommant un homme ou une femme ne fait que détourner des véritables dimensions de l’œuvre, d’autant que les personnages aimés par les lettres ou les poèmes ont quelque chose de composite, cristallisés par l’imaginaire et la nécessité de la polysémie de l’art. Ainsi ce Felician est moins le Jack Hamesh aimé par la jeune Ingeborg que l’heureuse (pour reprendre l’étymologie du prénom fictif) concrétion du désir amoureux avec toute son aura de création poétique. Toutes ces précieuses productions épistolaires ne sont pourtant, aussi bien pour Celan que pour Bachmann, que le terreau, l’humus, ou l’écume humaine, trop humaine, de la poésie qui seule importe. A moins que les lettres des poètes s’adressent définitivement aux mots, à la poésie elle-même : « Devrais-je (…) sonder la libido d’une voyelle, / établir la valeur amoureuse de nos consonnes[11] ? »

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Voir : Paul Celan, minotaure de la poésie : John E. Jackson, contre-parole et absolu poétique

 


[1] Poèmes,p 81, Actes Sud, traduits par François-René Daillie, 1989.

[2] Pavot et mémoire, p 85, Christian Bourgois, traduit par Valérie Briet, 1987.

[3] Paul Celan Gisèle Lestrange : Correspondance, Seuil, 2001.

[4] « Corona », Pavot et mémoire, Christian Bourgois, 1987, p 79.

[5] Voir « Todtnauberg », Contrainte de lumière, traduit par Bertrand Badiou et Jean-Claude Rambach, p 53, Belin, 1989.

[6] Paul Celan : Renverse du souffle, traduit par Jean-Pierre Lefebvre, Seuil, 2003, p 29.

[7] Ingeborg Bachmann : Poèmes, p 139, Actes Sud, 1989

[8] Actes Sud, 1985.

[9] Actes Sud, 2006.

[10] On préférera les traductions d’Armel Guerne, Desclée de Brouwer, 1964,  et d’Henri Thomas, Club Français du Livre, 1968.

[11] Ingeborg Bachmann : Poèmes, p 172, Actes Sud, 1989.

 

Photo : T. Guinhut.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 17:59

 

Ostia antica, Latium. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

De quelques libertés libérales :

 

Homosexualité, drogues, prostitution,

 

immigration en question.

 

Suivi d'un Projet d'amendements à la Constitution.

 

 

 

 

      Au-delà de la liberté d’entreprendre,  grâce aux vertus de la propriété, de la libre concurrence et de la clarté des contrats, qui est la première liberté fondamentale, le libéralisme se doit non seulement d’être économique mais humaniste, afin d’écraser toutes les hydres qui veulent régenter nos mœurs. Ce dans le cadre d’une démocratie qui n'a de validité que si elle est libérale, au sens où elle doit permettre et protéger les libertés. N’oublions pas en effet que notre chère démocratie, au moyen des suffrages accordés par une majorité, peut accoucher d'une tyrannie. Il suffit de penser à l’Allemagne des années trente et aux risques inhérents aux « printemps arabes » capables de couver en leur sein une glaciation islamiste. Sans compter les pesanteurs fonctionnarisées et interventionnistes des divers socialismes et colbertismes qui gangrènent la « main invisible[1] » des marchés et ratatinent la création de richesses… C'est pourquoi la constitution doit limiter autant les pouvoirs des gouvernements que les pouvoirs de la majorité[2], sinon rester méfiante devant ceux des minorités bruyantes qui occupent en professionnelles les espaces des rues des médias... Une fois muselés les pouvoirs de l’état et des majorités qui pavent les routes de la servitude[3] des socialismes, des fascismes et des théocraties, jusqu’où peuvent aller nos libertés individuelles ? Nous tenterons ici, sans prosélytisme aucun, quelques modestes propositions, y compris d'amendements à la Constitution, que l’on pourra enrichir et réfuter. Ainsi les questions controversées de l’homosexualité, des drogues, de la prostitution, de l’immigration et de la censure méritent d’être pensées avec libéralité, suivant l’injonction de Kant : « Agis extérieurement de telle sorte que le libre usage de ton arbitre puisse coexister avec la liberté de chacun suivant une loi universelle[4]. ».

 

      La question de l’homosexualité parait la plus simple. En quoi nous brimerait celle ou celui qui choisit du même sexe le partenaire de ses pensées et de ses ébats ? Tant qu’il ne nous contraint à partager ses goûts et ses comportements, il lui est légitime de copuler et de vivre avec l’élu, de lui léguer ses biens aux mêmes conditions qu’un couple traditionnel. Seul bémol peut-être, lorsqu’il s’agit d’union devant la loi, faut-il parler de mariage, mot réservé au mari et à l’épouse ? Ou ne pas rester fétichiste du vocabulaire tant que le mariage civil ne s’impose pas à la liberté religieuse qui reste maître de ses prérogatives, tant qu’elles ne contraignent que ceux qui y consentent. Reste la question de l’homoparentalité, pas si choquante, puisqu’à bien des couples hétérosexuels le privilège naturel de la procréation ne pousse pas toujours au respect de l’enfant. Serait-ce forcément pire avec deux homosexuels ?

      Pourquoi empêcher l’individu de se choisir sa drogue comme il le fait déjà avec l’alcool et le tabac ? Même si aucune drogue, y compris le cannabis qui ajoute à la dangerosité du tabac la dimension plus ou moins hallucinogène (sans compter leurs puanteurs et autres productions de dioxyde de carbone dont ne s’émeuvent pas les écologistes) n'est bonne pour la santé, il faut légaliser : au moins le cannabis, production, commercialisation, consommation comprises. Ainsi, au-delà d’une prohibition dont on a vu à la fois l’inefficacité et l’incitation à la délinquance mafieuse aux Etats-Unis quant à l’alcool, non seulement on utilisera les moyens policiers pour des délits et crimes réels, mais on permettra la création d'emplois commerciaux et agricoles (coffee shop et culture en champs) en coupant l'herbe sous le pied des dealers, de leurs mafias, de leur économie souterraine, sans compter l'apport d'une TVA à définir qui ne sera qu’un impôt volontaire et non imposé à tous. Reste à voir si les autres drogues doivent suivre ce chemin et être vendues en pharmacie, étiquetées, avec les mêmes informations sur les compositions et les effets que les médicaments… Il ne s’agit pas là d’une liberté accordée de gaieté de cœur. Laisser en vente libre des poisons divers et parfois mortels n’est guère altruiste, voire vicieux. Hélas, vu l’échec de toutes les politiques répressives, de surcroît couteuses, on ne peut qu’accorder à chacun le droit de se développer, de se divertir en toute modération, ou de se détruire. Surtout lorsque l’on sait que la France est la championne d’Europe de consommation du cannabis. Mais que l’on sache, la disponibilité de l’alcool en grandes surfaces n’a pas éradiqué toute une population qui peut bénéficier par l’éducation de tous les avertissements et soins nécessaires.

 

 

      La prostitution non plus n’est pas une vertu. Hélas, ce qu’on appelle « le plus vieux métier du monde », ne s’éteindra pas tant qu’il y aura un désir sexuel et son cortège de non-réciprocité, tant qu’aucun communisme érotique n’est possible. Il est entendu que l’immense majorité des prostituées soit exploitée voire battue, par des souteneurs, des mafias, d’autant plus que l’exercice de leur art est illégal… Ce n’est pas révulser un juste féminisme que de suggérer là encore une légalisation des maisons closes qui auraient le double privilège de protéger leur personnel contractuel évidemment majeur, féminin ou masculin, et de reverser une TVA et des charges sociales. D’autant que nous sommes entourés de pays qui fonctionnent en ce sens. La liberté des clients et des prestataires de services n’entraîne alors pas de facto un jugement moral positif sur ces activités. Ajoutons qu’il resterait assez de travail à la police pour pourchasser les proxénètes sauvages et leurs violences…

      Surtout l’on ne confondra pas ces recommandations libérales avec les goûts et les pratique de l’auteur de cet article qui ne veut en rien engager qui que se soit sur le chemin des drogues et de la prostitution, ni faire de son éthique personnelle une tyrannie à tous imposée. Ce qui est trop souvent, sans compter le retour de leurs frustrations inavouées, la motivation prétendument altruiste des despotes de la vertu qui se complaisent à maintenir autrui sous leur sujétion et ne supportent pas que l’on puisse agir et penser différemment de soi, hors du champ étroit de sa compréhension. Tant que ces pratiques, addictives et sexuelles, ne nuisent pas concrètement à la liberté et à la sécurité d’autrui, où est le réel souci ? A moins que le prosélytisme (ce que nous ne pratiquons pas ici) de ces comportements peu vertueux, voire criminogènes, lorsqu’il s’agit de la santé publique, puisse en mis en question… Cependant n’y-a-t-il pas de plus graves crimes et délits qui sont hélas loin d’être réglés, gangs violents, crimes de prétendu honneur à l’encontre de la liberté féminine par exemple ?

       Il devrait sembler qu’au vrai libéral l’immigration soit une vraie liberté digne d’être protégée. Du moment que l’on n’enfreindrait pas la loi, où serait le problème ? Nous aimerions qu’il puisse en être ainsi. Hélas un égoïsme nécessaire nous contraint à limiter notre générosité si elle est aux dépens de notre sécurité et de nos libertés. De plus, la réciprocité n’existe pas toujours. Il est plus que douteux que nous serions accueillis avec autant d’humanité (même si la nôtre peut laisser à désirer) de l’autre côté de frontières que nous allons laisser ici imaginer… Nos libéralités ne peuvent qu’être tempérées par la cruauté du réel, par la mégalomanie de l’état-providence, ce grand confiscateur et grand redistributeur dispendieux, quoique nous puissions respecter la charité privée et associative. La nationalité du pays d’accueil qui doit corréler travail et permis de séjour peut rester une porte ouverte à celui qui veut s’intégrer dans le cadre d’une européanité des Lumières, mais doit fermer toutes ses tolérances à qui veut opposer aux valeurs de la démocratie libérale les tyrannies théocratiques publiques qui menacent nos acquis humanistes et féministes. La libéralité doit s’arrêter aux frontières qui la violent. Admettons ici que notre réflexion n’atteint pas la maturité souhaitable pour proposer une juste éthique de l’immigration, hors les concepts de protection de la propriété matérielle aussi bien qu’intellectuelle. En effet, l’aire culturelle qui reçoit le flot d’immigrants doit pouvoir conserver l’intégrité de ses libertés et non se voir imposer des contraintes morales et physiques venues de quelque code, livre ou foi…

      De fait, écriture, caricature et arts divers, leur liberté d’expression ne doivent pas, dans une société nécessairement ouverte[5], être frôlés par la censure. Qu’il s’agisse d’un théâtre frondeur avec le christianisme ou d’un journal satirique caricaturant les descendants du Mahomet ou le fanatisme[6] de Voltaire, il est de notre dignité de défendre autant la liberté des convictions que celles de la critique et de l’ironie. Nous ne pouvons qu’être révoltés par les récents autodafés hongrois (venus de l’extrême droite) contre les livres du Juif et Prix Nobel Imre Kertész, qui connut en son enfance l’enfer des camps nazis[7], ou par les Frères Musulmans égyptiens décidés à interdire un des chefs-d’œuvre préférés de Borges : ces merveilleuses Mille et une nuits[8]. En dépit de ces récurrents retours à un atavisme barbare de l’humanité, « la liberté est un produit de civilisation[9] » au même titre que les poèmes, les opéras, les nouvelles technologies, les romans et les essais philosophiques dont la multiplicité et le rayonnement ne vont pas un instant sans elle. A l’idée selon laquelle « L’absence du crime de diffamation séditieuse contre l’état est le véritable test pragmatique de la liberté d’expression[10] », il faudrait ajouter l’absence du crime de blasphème contre une religion et ses icônes (dont nous croyions être débarrassés) pour assurer la pérennité de nos libertés individuelles et créatrices.

 

       Si le socialisme est notre menace pour nos libertés économiques, de par l’état-providence, sa surfiscalité, sa suradministration et son impéritie budgétaire via la course à la dette dictée par la démagogie distributive (ce à quoi n’ont guère remédié les droites au pouvoir) l’islamisation active et rampante est aujourd’hui notre pire menace pour nos libertés féminines et humaines. Ecraser les hydres des despotismes économiques, religieux, politiques et moraux va de pair avec le laisser vivre des mœurs, dans la mesure où, nous déplaisant, ces derniers ne nous nuisent pas. « Car la liberté consiste à être exempt de gêne et de violence, de la part d’autrui[11] ». A la pensée de Locke, ajoutons celle de Kant qui dessine « les limites de cette liberté afin qu’elle puisse coexister avec celle des autres[12] ». N’est-ce pas tracer là aussi le devoir de l’amant du libéralisme ?

 

 

 

Projet d’amendements à la Constitution

et autres modestes propositions pour la France.

 

 

De la Règle d’Or Budgétaire :

      L’état et les collectivités locales  doivent ne plus voter aucun budget en déficit et ne plus recourir à l’emprunt, donc à la dette.

     Aucun prélèvement obligatoire ne devra nuire à la propriété et à la liberté d’entreprendre au point de dépasser vingt pour cent des biens personnels et professionnels, des revenus et des bénéfices privés et entrepreneuriaux.

      Pour délivrer la France de la dette, de la récession et du chômage, le Persée du libéralisme doit vaincre le monstre dévorant de l’état français, à qui 56% du PIB (un record !) sont dévolus, et l’assainir ; ce au moyen de ces modestes propositions :

 

I Economies

 

      Diminuer le poids de l’état, en particulier les fonctionnaires (il y a plus de fonctionnaires au ministère de l’agriculture que d’agriculteurs par exemple).

      Supprimer tout impôt sur la fortune qui ne rapporte guère plus que ce qu’il coûte à percevoir, et par conséquent ses fonctionnaires.

      Remplacer l’impôt sur le revenu par une flat tax unique.

      Supprimer la Contribution Sociale Généralisée, la taxe carbone et autres prélèvements.

      Ramener tous les impôts et taxes sur les entreprises à un taux unique, sans niches fiscales. La TVA sera de 20%, hors les livres, la presse et les produits alimentaires de première nécessité qui en seront exemptés.

      Fermer des ambassades dans des petits pays et diminuer les dépenses somptuaires.

      Cesser les subventions aux entreprises, aux associations, aux syndicats…

      Cesser de rembourser les frais des partis politiques suite aux élections, qui doivent, comme les syndicats, vivre des cotisations, des dons (non limités, mais dont le montant sera publié) de leurs adhérents et sympathisants.

      Cesser les allocations aux étrangers sans papiers, supprimer le statut de la Couverture Maladie Universelle et de l’Aide Médicale aux Etrangers.

      Diminuer le personnel administratif dans l’Education nationale (3 fois supérieur en France par rapport à l’Allemagne) permettre aux profs d’enseigner plusieurs matières, d’augmenter leurs horaires.

      Ramener la retraite à 67 ans pour tous, sans aucuns régimes spéciaux.

      Supprimer les départements, regrouper les communes.

      Cesser les gaspillages.

      Diminuer de moitié le nombre de parlementaires, voire supprimer le Sénat, interdire le cumul des mandats.

      Ne pas laisser les rapports de la Cours des comptes sans suite exécutive.

 

II Croissance

 

      La baisse des impôts et taxes contribuera à inverser la fuite des capitaux et du travail, et doper l’initiative et l’investissement, donc l’emploi, la croissance et la richesse productive ; il faudra de plus :

       Simplifier drastiquement le code du travail et le maquis de ses 3300 pages.

      Adopter la flexisécurité à la Danoise.

      Baisser le coût du travail.

      Autoriser tous les commerces à choisir leurs jours et heures d’ouverture.

      Libérer le numérus clausus professionnel, pour les médecins et les taxis par exemple.

      Simplifier et fluidifier les permis de construire, réduire la tyrannie des normes.

      Lever les barrières à la concurrence, y compris pour la sécurité sociale, EDF GDF, etc.

      Modifier le code minier pour que les produits du sous-sol rapportent des revenus aux propriétaires.

      Exploiter judicieusement le gaz de schiste et le pétrole.

      L'état devant se concentrer sur ses missions régaliennes, police, justice et défense, de façon à protéger les personnes et les biens, leur liberté et leur prospérité, et cesser son interventionnisme économique...

 

      Ces modestes propositions n’ont pas l’ironie de celles de Swift[11]. Sinon l’indifférence générale, hors l’adhésion de quelques happy fews libéraux, elles ne rencontreront que l’effroi digne de la swiftienne proposition de manger les bébés pour contrer la famine irlandaise au XVIII° siècle. Ne leurs sera opposée qu’une fin de non-recevoir, condamnant tout espoir de moralisation et de prospérité. C’est pourtant ce qu’en partie fit Margaret Thatcher, redressant au bord du gouffre de l’Etat-providence le Royaume-Uni, ce que fit en partie la Suède, avec la même heureuse conséquence. Et que pour notre malheur, nous ne ferons pas.

Thiery Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Adam Smith : Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations, IV 2, PUF, 1995, p 513.

[2] Au sujet de la « tyrannie de la majorité », voir Tocqueville : De la Démocratie en Amérique, I, II, VII, Pléiade, Gallimard, 1992.

[3] J’emprunte ici le titre de Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 1985.

[4] Kant : Introduction à la doctrine du droit, Œuvres philosophiques, Pléiade, tome 3, p 479.

[5] Selon le concept de Popper dans La Société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979.

[6] Voltaire : Mahomet ou le fanatisme, Théâtre, Garnier sans date, tome 1.

[7] Voir Etre sans destin Actes Sud, 1998.

[8] Par exemple dans la traduction de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, La Pléiade, Gallimard, 2005.

[9] Hayek : Droit, législation et liberté, tome 3, p 195, PUF, 1989.

[10] Kalven : The Negro and the First Amendment, cité par John Rawls: Libéralisme politique, PUF, 1995, p 404.

[11] Locke : Traité du gouvernement civil, VI 57, GF Flammarion, 1992, p 185.

[12] Kant : Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, Œuvres philosophiques, Pléiade, tome 2, p 194.

[13] Jonathan Swift : "Modestes propositions", Instruction aux domestiques, Le Club Français du Livre, 1966.

 

Photo : T. Guinhut.

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 16:28

 

Au jardin. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Ingar Sletten Kolloen : Knut Hamsun,

 

rêveur et conquérant du nazisme.

 

Ingar Sletter Kolloen : Knut Hamsun, rêveur et conquérant,

traduit du norvégien par Eric Eydoux, Gaïa éditeur, 766 p, 28 €.

 

 

 

      Pourquoi un si grand romancier est-il devenu pronazi ? Révélé en 1890 par La Faim, roman autobiographique d’un jeune homme aux aspirations d’écrivain tourmentées confronté à de terribles difficultés pécuniaires, le Norvégien Knut Hamsun est un véritable démiurge. A travers quelques dizaines d’ouvrages, romanesques, mais aussi théâtraux et poétiques, c’est un créateur d’univers, aux personnages fouillés et attachants, le chantre d’une littérature psychologique aux histoires d’amours passionnées entre jeunes rêveurs et filles de bourgeois commerçants… Grâce à une écriture évocatrice et émouvante (Henry Miller appréciait Vagabonds) il dépeint la société norvégienne de son temps, entre ruralité traditionnelle et révolution industrielle.

 

    La biographe, en un ouvrage aussi encyclopédique qu’agréablement lisible, nous permet d’entrer au cœur des affres de cet auteur instable, qui eut du mal à trouver sa place dans le milieu littéraire scandinave, avant que son succès soit fêté. Prodigue, il gaspilla ses droits d’auteur considérables, eut autant de mal à se fixer en amour que pour sa résidence. Deux épouses trompées, Bergljot puis Marie, soumises à un caractère possessif, égoïste, témoignent d’une personnalité difficile et d’une contradiction flagrante avec ses héros aux aspirations amoureuses idéales. Pour Hamsun, la création artistique légitime les tyrannies domestiques.

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      De là à adorer d’autres tyrannies, il y a qu’un pas. Cependant, malgré l’intérêt de ses romans, pour lesquels il obtint le prix Nobel en 1920, on ne peut qu’y déceler une fixation sur le monde rural, sur un passé idéalement proche de la nature, en un mot une pensée réactionnaire face aux évolutions de la civilisation. Si l’on ajoute qu’adulé par le lectorat allemand et boudé par les Anglais, il en vint à devenir anglophobe, on comprend son attrait pour la « germanité », puis sa passion délirante envers Hitler à qui il finit par rendre visite. Jugé malgré son grand âge pour trahison envers la Norvège, qui, rappelons le, fut occupée par la botte nazie, il reste un auteur controversé.

 

      Outre la richesse du récit, cette biographie intime et politique a le mérite de poser un problème récurrent : comme dans le cas de Céline, un artiste peut-il rester un grand créateur humaniste si la bête totalitaire l’a séduit ?

 

Thierry Guinhut

Article paru dans Le Matricule des Anges, mai 2010

Une vie d'écriture et de photographie

 

Hamsun-Mysteres-Poche.jpg

Hamsun-Vagabond.gif

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L'art brut, exclusion et couronnement

Hans Belting : Faces

Piss Christ une icone chrétienne par Serrano

 

 

 

 

 

 

Attar

Le Cantique des oiseaux

 

 

 

 

 

 

Atwood

De la Servante écarlate à Consilience

Contes réalistes et gothiques d'Alphinland

Graine de sorcière, réécriture de La Tempête

 

 

 

 

 

 

Averroès

La caduque opposition Averroès Ghazali

 

 

 

 

 

 

Babel

Isaac Babel ou l’écriture rouge

 

 

 

 

 

 

 

Bachmann

Celan Bachmann : Lettres amoureuses

Toute personne qui tombe a des ailes, poèmes

 

 

 

 

 

 

 

Bakounine

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

L'anarchisme : tyrannie ou liberté ?

 

 

 

 

 

 

Ballard

Le romancier philosophe de Crash et Millenium people

Nouvelles : un artiste de la science-fiction

 

 

 

 

 

 

 

Bande dessinée

Roman graphique et bande-dessinée

 

 

 

 

 

 

Barcelo

Cahiers d'Himalaya, Nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Barrett Browning

E. Barrett Browning et autres sonnettistes

 

 

 

 

 

 

Bashô

Bashô : L'intégrale des haikus

 

 

 

 

 

 

Basile

Le conte des contes, merveilleux rabelaisien

 

 

 

 

 

 

Bastiat

Le libéralisme contre l'illusion de l'Etat

 

 

 

 

 

 

Baudelaire

Les Fleurs du mal : « Une charogne »

"L'homme et la mer", romantisme noir

Vanité et génie du dandysme

Baudelaire de Walter Benjamin

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Beauté

Faillite et universalité de la beauté, de Platon à l’art contemporain

 

 

 

 

 

 

Beckett 

En attendant Godot : le dénouement

 

 

 

 

 

 

Benjamin

Baudelaire par Walter Benjamin

Conscience morale et littérature

Critique de la violence et vices politiques

Flâneurs et voyageurs

Paris capitale des chiffonniers du XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Bennet

La Reine des lectrices ou de l'horrible danger de la lecture

 

 

 

 

 

 

Benni

Toutes les richesses, Grammaire de Dieu

 

 

 

 

 

 

 

Bernhard

Goethe se mheurt et autres vérités

 

 

 

 

 

 

 

Bibliothèques

Bibliophilie : Nodier, Eco, Apollinaire

Eloges des librairies et des libraires

Babel des routes de la traduction

Des jardins & des livres, Fondation Bodmer

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Bibliothèques vaticane et militaires

L'ardeur des livres et des manuscrits de Saint-Jérôme au contemporain

La Haine de la littérature

Rabie : La Bibliothèque enchantée

Des prestigieuses bibliothèques du monde à l'or des manuscrits

Du papyrus à Google-books : Darnton, Eco

De la bibliothèque perdue aux bibliothèques fictionnelles : Mehring, Ménager, Stark

Livres perdus : Straten,  Schlanger, Olender

Manguel, Uniques Fondation Bodmer

Diane de Selliers : Dit du Gengi, Shakespeare

Eloge de l'Atelier contemporain

 

 

 

 

 

 

Blake

Chesterton, Jordis : William Blake ou l’infini

Le Mariage du ciel et de l’enfer

 

 

 

 

 

 

Blasphème

Eloge du blasphème : Thomas-d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

 

 

 

 

 

 

Blog

Du Blog comme œuvre d’art

Pour une éthique de la critique littéraire

 

 

 

 

 

 

Bloom

Amour, amitié et culture générale

 

 

 

 

 

 

Bloy

Le désespéré enlumineur de haines

 

 

 

 

 

 

 

Bolaño

L’artiste et le mal : 2666, Nocturne du Chili

Les parenthèses du chien romantique

Poète métaphysique et romancier politique

 

 

 

 

 

 

 

Bonnefoy

La poésie du legs : Ensemble encore

 

Borel

Pétrus Borel lycanthrope du romantisme noir

 

 

 

 

 

 

Borges

Un Borges idéal, équivalent de l'univers

Géographies des bibliothèques enchantées

Poèmes d’amour, une anthologie

 

 

 

 

 

 

 

Bounine

Coup de soleil, nouvelles élégiaques

 

 

 

 

 

 

Brague

Légitimité de l'humanisme et de l'Histoire

 

 

 

 

 

 

Brésil

Poésie, arts primitifs et populaires du Brésil

 

 

 

 

 

 

Bruckner

La Sagesse de l'argent

 

Brume et brouillard

Science, littérature et art du brouillard

 

 

 

 

 

 

Burgess

Folle semence de L'Orange mécanique

 

 

 

 

 

 

Burnside

De la maison muette à l'Eté des noyés

 

 

 

 

 

 

Butor

Butor poète et imagier du Temps qui court

Butor Barcelo : Une nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Cabré

Confiteor : devant le mystère du mal

 

 

 

 

 

 

 

Canetti

Des Années anglaises à L’Amant sans adresse

 

 

 

 

 

 

Capek

La Guerre totalitaire des salamandres

 

 

 

 

 

 

Capitalisme

Eloge des péchés capitaux du capitalisme

De l'argument spécieux des inégalités

La sagesse de l'argent : Pascal Bruckner

Vers le paradis fiscal français ?

 

 

 

 

 

 

Carrion

Les orphelins du futur post-nucléaire

Eloges des librairies et des libraires

 

 

 

 

 

 

Cartarescu

La trilogie roumaine d'Orbitor, Solénoïde ; Manea : La Tanière

 

 

 

 

 

 

Catton

La Répétition, Les Luminaires

 

 

 

 

 

 

Cavazzoni

Les Géants imbéciles et autres Idiots

 

 

 

 

 

 

 

Celan

Paul Celan minotaure de la poésie

Celan et Bachmann : Lettres amoureuses

 

 

 

 

 

 

Céline

Voyage au bout des pamphlets antisémites

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

 

Censure et autodafé

Requiem pour la liberté d’expression : entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Incendie des livres et des bibliothèques : Polastron, Baez, Steiner, Canetti, Bradbury

Le totalitarisme pas à pas : du renseignement comme sécurité sociale

 

 

 

 

 

 

Cervantès

Don Quichotte et le problème de la réalité

Don Quichotte par Pietro Citati et Avellaneda

 

 

 

 

 

 

Chesterton

William Blake ou l'infini

Le fantaisiste du roman policier catholique

 

Chevalier

La Dernière fugitive, À l'orée du verger

Le Nouveau, rééecriture d'Othello

Chevalier-la-derniere-fugitive

 

Chine

Chen Ming : Les Nuages noirs de Mao

Du Gène du garde rouge aux Confessions d'un traître à la patrie

Anthologie de la poésie chinoise en Pléiade

 

 

 

 

 

 

Civilisation

Petit précis de civilisations comparées

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

 

 

 

 

 

 

Climat

Histoire du climat et idéologie écologiste

Tyrannie écologiste et suicide économique

 

 

 

 

 

 

Coe

Peines politiques anglaises perdues

 

 

 

 

 

 

 

Colonialisme

De Bartolomé de Las Casas à Jules Verne

Métamorphoses du colonialisme

Mario Vargas Llosa : Le rêve du Celte

Histoire amérindienne

 

 

 

 

 

 

 

Colonomos

Politique des oracles, responsabilité du futur

 

 

 

 

 

 

Communisme

"Hommage à la culture communiste"

Karl Marx théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

 

 

 

 

 

 

Constant Benjamin

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Corbin

Fraicheur de l'herbe et de la pluie

Histoire du silence et des odeurs

 

 

 

 

 

 

Cosmos

Cosmos de littérature, de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Couleurs
Couleurs de l'Occident : Fischer, Alberti

Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


Crime et délinquance

Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

Cronenberg

Science-fiction biotechnologique : de Consumés à Existenz

 

 

 

 

 

 

Dandysme

Brummell, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire

 

 

 

 

 

 

Danielewski

La Maison des feuilles, labyrinthe

 

 

 

 

 

 

Dante

Traduire et vivre La Divine comédie

Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

De la Vita nuova à la sagesse du Banquet

Manguel : la curiosité dantesque

 

 

 

 

 

 

Daoud

Meursault contre-enquête, Zabor

Le Peintre dévorant la femme

 

 

 

 

 

 

 

Darger

Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

Darnton

Requiem pour la liberté d’expression

Destins du livre et des bibliothèques

Un Tour de France littéraire au XVIII°

 

 

 

 

 

 

 

Defoe

Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

Démocratie

Démocratie libérale versus constructivisme

De l'humiliation électorale

 

 

 

 

 

 

Derrida

Faut-il pardonner Derrida ?

Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

Dillard

Eloge de la nature : Une enfance américaine, Pèlerinage à Tinker Creek

 

 

 

 

 

 

Diogène

Chien cynique et animaux philosophiques

 

 

 

 

 

 

Dostoïevski

Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

Eco

Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Masques romanesque espagnols face à l'Histoire du franquisme

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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