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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 16:41

 

Pas des Radias, Ars-en-Ré.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Emeutes urbaines,

 

entre naïveté irénique et guerre hobbesienne

 

de chacun contre chacun.

 


 

 

 

 

À en croire nos chers commentateurs, les émeutes urbaines, qu’elles soient londoniennes ou parisiennes, passées, présentes ou à venir, ne seraient dues qu’à la pauvreté, qu’au mépris dans lequel nos gouvernements et nos capitalistes égoïstes tiendraient ce peuple des banlieues, ghettoïsé, rejeté dans le chômage et le racisme, voire à quelques troublions d'extrême droite ostracisés. Sans compter la tyrannie de la police… Grave erreur ! Oublierait-on ces qualités proprement humaines : la passion de la violence et l’appât du pillage ? Il faut alors tenter de départager la naïveté irénique de la guerre hobbesienne de chacun contre chacun...

 

On arguera d’une nécessaire vengeance qui serait la conséquence d’une injustice commise par la police. Qu’il s’agisse de banlieue parisienne ou de quartier londonien, on trouve à l’origine de ces violences la mort accidentelle ou par balle d’un jeune, d’un homme poursuivis par ceux qu’ils doivent nommer non pas forces de l’ordre, mais du désordre. Ainsi la tyrannie policière serait justement conspuée et affaiblie… Que ces délinquants plus ou moins professionnels portent ou non la responsabilité de leur mort ne vient pas à l’esprit des « indignés » (concept aussi creux qu’à la mode), encore moins la question de s’en remettre à la dignité de la justice pour établir les faits et punir selon la loi si nécessité il y a.

C’est avec ce qu’il faut d’ironie que l’on remarquera que nos gangs d’émeutiers ont encore -jusqu’à quand ?- besoin d’un événement déclencheur et d’un prétexte moral pour assurer leurs exactions. Soyons réalistes. Qui sont ces héros des guérillas urbaines qui donnent un faux air de Somalie à nos capitales de la civilisation ? Des jeunes encapuchonnés, aux facies aussi bien colorés que grêlés de taches de rousseurs, immigrés musulmans halal ou hooligans encalminés de bière qui se livrent aux joies de la violence et du pillage. Tout en revenant en-deçà de la loi du talion puisqu’ils vengent mille fois ce que l’un des leurs aurait subi. Bientôt, la seule occasion d'un événement festif, la victoire d'un club de foot, cette passion vulgaire, suffit à ajouter à la fête ses corollaires indispensables : alcool, drogues, voitures brûlées, vitres éclatées, magasins pillés, policiers couverts pour le moins d'ecchymoses, vengeant une prétendue injustice de la société...

 

Ce serait folie que d’oublier cette passion fondamentalement humaine, trop humaine, celle de la violence et de la guerre. A l’angélisme béat qui laisserait croire que l’humanité n’aspire naturellement qu’à la paix, à la non-violence et à l’amour, il faut opposer cette pérennité des conflits sur notre planète, malgré les incontestables progrès acquis en ce domaine grâce aux démocraties libérales issues des Lumières, aux traités de libre-échange, à la multiplication des richesses et des classes moyennes, et à des institutions comme l’Union Européenne. Quoique l’homme soit un animal naturellement civilisable, même s’il n’est pas aussi naturellement bon que Rousseau aurait pu le souhaiter, Hobbes sait que « l’homme est un loup pour l’homme », et que  « l'état naturel des hommes, avant qu'ils eussent formé des sociétés, était une guerre perpétuelle, et non seulement cela, une guerre perpétuelle de tous contre tous[1] ». Le plaisir de mordre et d’ensanglanter, d’exercer sa force, sa pulsion de prédation et de tyrannie sur autrui et sur l’espace qui nous entoure est irrésistible, sans compter la testostérone qui contribue au machisme de ces émeutiers rarement féminins. Ainsi ces poussées d’hormones des mâles adolescents, que ne consent plus à réprimer la lâcheté de nos états qui n’ont plus suffisamment foi en leurs valeurs de civilisation, ne sont que de rituelles vagues de primitivismes sanguins et orgasmiques assumées avec joie, amplifiés par l’excitation décérébrée du groupe et de la foule, mafias informelles bientôt prises en mains par des meneurs, des despotes de quartiers…

 

Peut-être y-a-t-il parmi les émeutiers quelque malheureux Jean Valjean, sorti  tout droit des Misérables, quelque mère célibataire méritante qui vole un pain pour nourrir ceux que les prestations sociales insuffisantes laissent de côté. Hélas l’idéalisme et le misérabilisme hugolien, dénoncé par Chalomov dans son Essai sur le monde du crime[2], lui qui a côtoyé la nature peu altruiste des criminels et des délinquants de droit commun au goulag, a fait long feu. Nos jeunes exclus du paradis capitaliste occidental en ses banlieues misérables sont, parmi les plus efficaces en terme d’émeute et les moins efficaces en terme de travail et d’esprit d’entreprendre, déjà bien aguerris dans le deal de drogues, dans le vol et le racket. Ces explosions urbaines venues d’une barbarie couvée en nos murs faute de volonté d’intolérance à l’intolérable, d’accueil trop généreux d’incontrôlées populations exogènes et de capacité d’éducation et de juste répression sont à la fois le prétexte et l’aubaine pour se livrer à un pillage ciblé : ce sont les boutiques d’alcool, de vêtements aux marques à la mode, de portables, d’écrans plasma et autres technologies de luxe qui sont mises à contribution jusque par des enfants, lors de cet immense jeu de destroy shopping. Ce pillage où l’on redouble de concurrence spectaculaire sur smartphones et médias nationaux et internationaux est très majoritairement celui de désœuvrés intéressés par le superflu. Sans compter ce plaisir raffiné qui consiste à fracasser les vitrines de courageux et inconscients commerçants, ou à brûler les entrepôts de Sony Music et autres labels plus modestes. Il est bien connu que détruire est une œuvre facile, au résultat immédiat, que la pyromanie est un plaisir paroxystique, bien supérieurs à celui plus long, plus pensé, plus énergivore, de la création, qu’il s’agisse d’une architecture, d’un atelier de production, d’une clinique ou d’une symphonie de psaumes…

Sommes-nous en présence d’une récurrence des jacqueries ? Oui et non. Un populaire inculte, vulgaire et fort mal dégrossi, pour le moins indifférent aux lois de sécurité et de propriété, se rue à l’assaut des représentations du pouvoir et de l’argent et réclame cette justice sociale dont Hayek[3] a montré l’irréalité dangereuse. Mais ce qui était sous l’ancien régime révolte des malheureux et affamés -quoique-, ne tient pas un instant la route devant les hordes de jeunes qui font main basse en toute impunité sur des richesses à la mode et superflues, tout en contribuant à la paupérisation et au chômage des quartiers qu’ils vandalisent en invalidant la viabilité des activités commerciales et industrielles, en sapant tous les efforts d’une politique de la ville dont les deniers glissent en avalanche dans le tonneau des Danaïdes de la contre-productivité. Il ne faut pas prendre la cause pour la conséquence : la délinquance produit le chômage et non l’inverse. En ce sens, ce sont les populations modestes, y compris d’origine immigrées, qui souffrent le plus de ces guérillas urbaines, jusque dans leurs aspirations à la quiétude, au travail et à l’intégration.

 

 

Certes, le coût exorbitant du logement et de l’immobilier britannique (un secteur qu’hélas Margaret Tatcher a omis de libéraliser) ou l’augmentation des droits d’inscription dans les universités peuvent être mis au banc des accusés. Mais on doute que parmi ces casseurs vaquent des affamés de culture, à moins que quelques-uns soient assoiffés de sharia devant ces Babylone de dépravation luxueuse que sont nos capitales occidentales. Il est tristement amusant d’apprendre que, dans un quartier anglais particulièrement dévasté, le seul magasin épargné fut une librairie.

L’on peut également compter, pour une part des responsabilités, sur l’impéritie de la police britannique, souvent non armée, démotivée par les coupes budgétaires, sur l’irrésolution qui a présidé à l’absence d’utilisation des canons à eau, voire de l’armée. Et sur la crainte venue du syndrome Malik Oussekine : que la police blesse ou tue un jeune innocent, manifestant ou activiste -pour utiliser des euphémismes- ou un guerillero barbare et c’en est fini de son devoir d’humanité. Mais jusqu’au le devoir d’humanité protège-t-il l’humanité ? Que faut-il préférer : la mort d’un policier vertueux (il faut croire que cela existe) ou celle d’un criminel en pleine action ? La démission des ainés, des gouvernements, des élites devant leur devoir de protection et de refondation de la civilisation fondée sur la démocratie libérale, même partiellement injuste, est aussi flagrante que déroutante, en un mot : honteuse.

Car nos délinquants, surtout s’ils sont mineurs, sont assurés d’une presque impunité. De par leur nombre d’abord, devant la pusillanimité de la police et de l’autorité ensuite, enfin de l’impéritie de la justice. En effet, le trop peu de juges confrontés à une tâche pléthorique encourage à différer le jugement, détruisant le lien entre le délit et sa punition dans l’esprit du coupable, à classer des affaires sans suite, à l’amnistie, au laxisme pour des voyous à la puissance dix qui n’écopent que d’admonestations risibles pour la dix-huitième fois, et ne sont que des « individus connus des services de police » pour employer l’euphémisme lui aussi connu. Sans compter l’inadaptation des prisons[4], mais aussi l’indépendance de la Justice, guère indépendante des idéologies, qui a trop souvent tendance à penser, dans une perspective rousseauiste et marxiste, que l’homme est naturellement bon et que c’est la société, surtout si elle est capitaliste, raciste et inégalitaire, qui le corrompt…

 

Ne s’agit-il, de la part du spectre des commentateurs, du Figaro à L’Humanité, que de naïveté, lorsque pauvreté et déshérence sociale paraissent être les seuls responsables ? Ou de la chape cotonneuse de ce politiquement correct socialiste et multiculturel qui ne veut attribuer aucun vice à une jeunesse d’origine immigrée, du Maghreb au Sahel, agitée par l'islamisme qui y trouve prétexte pour proposer la sécurité liberticide de la charia, voire de souche locale, paupérisée comme l’on sait par les méchants spéculateurs de Wall Street et du CAC 40, et dont la déficience d’éducation ne viendrait que du manque de moyens récurrent qui accable le service public ? Jamais fermer les yeux n’a éteint l’incendie qui nous brûle. Aussi la répression ne doit pas être le seul apanage des totalitarismes et de l’ivresse des tyrans, ni d’un fascisme fantasmé par la gauche pour mieux assoir son chantage idéologique. La force, vertu hélas oubliée au profit de celle de l’état de nature et de la « guerre de chacun contre chacun », doit revenir à la main armée du droit et de l’état civil, au service de la protection des libertés, car, disait Hobbes, « les conventions, sans l’épée, ne sont que des mots et sont sans force aucune pour mettre qui que ce soit en sécurité[5] ».

 

      On évitera évidemment la généralisation abusive qui qui consisterait à mettre toute la jeunesse dans le même sac délinquant. Une toute autre jeunesse préfère œuvrer dans les arts du commerce et des sciences, y compris dans celui de la philosophie politique. En lisant Rousseau par exemple, qui répondait à Hobbes dans son Discours sur l’inégalité et dans son Emile, désirant que ce dernier « sache que l’homme est naturellement bon […], mais qu’il voit comment la société déprave et pervertit les hommes[6] ». La naïveté rousseauiste et son argumentation spécieuse ignorent comment une société composée d’hommes bons peut-être méchante. L’Arioste, au XV° siècle, le disait tout net, quoique avec un brin d’irénisme et un peu trop de déterminisme : « Un cœur généreux, dans quelque lieu, dans quelque circonstance qu’il se trouve, fait toujours éclater la noblesse de ses sentiments. La nature et l’habitude l’ont mis dans l’heureuse impossibilité de se comporter autrement ; de même une âme basse prouve sans cesse sa turpitude par de nouvelles infamies[7] ». De fait, distribuées de manière inégale parmi les hommes, bonté et méchanceté viennent d’abord de notre biochimie. Certes un contexte sociétal et culturel peut encourager l’une ou l’autre, mais il faut se souvenir combien la charpente et le vernis éducatifs de la civilisation sont fragiles.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] Thomas Hobbes : Les Fondements de la politique, Du Citoyen, Oeuvres, Société typographique, Neufchatel, 1787, p 17-18. 

[2] Dans Récits de la Kolyma, Verdier, 2003, p 857. 

[3] Voir Friedrich A. Haek : « Le mirage de la justice sociale », Droit, législation et liberté, PUF, 2007.

[5] Thomas Hobbes : Léviathan, Folio, Gallimard, 2007, p 224 et 282.

[6] Jean-Jacques Rousseau : Emile, Œuvres complètes IV, La Pléiade, Gallimard, 1999, p 525.

[7] L’Arioste : Roland furieux, XXXVI, Laporte 1783, t IV, p 5.   

 

Athanasius Kircher : Mundus subterraneus, 1655,

Fonds Ancien, Bibliothèque Universitaire, Poitiers.

Photo : T. Guinhut.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 15:07

 

Port du Goisil, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Stevenson, aventure et utopie :

 

La Malle en cuir ou la société idéale.

 

 

Robert-louis Stevenson : La Malle en cuir ou la société idéale,

traduit par Isabelle Chapman et achevé par Michel Le Bris,

Gallimard, 304 p, 21 €.

 

 

 

Est-ce possible ? Un roman  inédit d’un des plus grands auteurs anglais du XIX° peut-il avoir été retrouvé ? Eh bien Michel Le Bris l’a fait. Mieux encore, à ce bel inachevé, ce dernier a bouclé l’écriture de la troisième et dernière partie pour tenter de lui rendre son intégrité. Comme enfermé dans une « malle  en cuir » qui a failli être définitive, ce manuscrit méritait-il l’oubli dans lequel l’auteur, ses héritiers et critiques l’ont maintenu ? Quant à Michel Le Bris, a-t-il bien su rendre justice à l’auteur de L’Etrange cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde ?

 

C’est à une véritable chasse au trésor que s’est livré ce passionné qui connaît à merveille son idole littéraire, à laquelle il a consacré les prémisses d’une monumentale biographie[1] et un Cahier de l’Herne[2]. En passant par un catalogue de vente aux enchères, il finit par dénicher dans une bibliothèque américaine, la Huntington Library de Pasadena, le précieux manuscrit.

On ne sera pas étonné d’apprendre qu’il s’agit d’un roman d’aventures. Entamé en 1877, cette écriture sans plan préconçu (de l’aveu même de l’auteur) fut abandonnée, à l’orée pourtant du couronnement de l’expédition narrée. Pourquoi ? Nous n’en saurons rien. Est-ce parce qu’il se reconnaissait mieux dans la rédaction des Nouvelles Mille et une nuits ? Il faut admettre, qu’entre « Le diamant du radjah » ou « Le club du suicide », il y a de fières pépites en ce recueil. Ou parce qu’il partait rejoindre sa chère Fanny Osborne ? Ou encore parce que cette fantaisie qui met en scène de jeunes bohêmes lui parut trop légère, voire puérile ?

Il faut admettre que le tableau initial de ces étudiants de Cambridge, quoique peint avec vigueur et non sans ironie, n’est pas aussitôt excitant. Ce sont six jeunes écervelés et désœuvrés, à l’exception d’Hardy qui a réussi à devenir major en mathématiques. L’un n’a « que deux amours au monde : la Bière et le Tabac », l’autre est « d’une rare banalité », un autre « a des crises de tout ». Mais, lorsqu’ils lancent le projet de partir à la recherche du « Bonheur tout fait sur les îles des Navigateurs » et d’y fonder une « Société idéale », l’intérêt du lecteur bondit. Même s’il faut en passer par la moins brillante « île d’Urquart », celui qui incarne parmi le sextuor « le seul naufrage complet de la bande ». C’est après le vol nocturne et rocambolesque de la fameuse « malle en cuir » que la bande imagine d’affréter un navire pour s’exercer à l’art de la navigation et rejoindre cette île écossaise et tempêtueuse. Où Stevenson ne nous emmènera pas ; et moins encore parmi l’île parfaite des mers du Sud…

 

 

Puisque « la Civilisation est un échec », l’utopie nécessiterait de « combiner l’extraordinaire puissance productive de la civilisation avec la liberté et la pureté de la barbarie ». On s’aperçoit bien vite que la réflexion politique est d’une intense qualité intellectuelle, que la maturité de l’écrivain de vingt-sept ans est à cet égard étonnante. La critique de la société victorienne, des « erreurs des phalanstères », le projet de « Redistribution des sexes » n’en aboutissent pas moins à ce que leur « petite utopie » puisse faire « le lit des bourreaux ». Et quoique nos héros pensent aller « dans un pays où les bienfaits de la nature rendent l’argent inutile », que l’un soit « contre la doctrine de la propriété », les lingots de la « malle en cuir » ne sont pas à dédaigner. Les « désenchantements romanesques » sont également politiques. Ainsi, le roman flirte avec le genre du dialogue philosophique, avec quelque chose des impromptus excentriques du Neveu de Rameau

C’est avec opiniâtreté que Stevenson creuse son sillon marin. Les aventures maritimes constituent l’un des fils d’Ariane de son œuvre, entre le célébrissime L’Ile au trésor et Le Trafiquant d’épaves. Non sans renier la tradition née avec Robinson Crusoé, il lui ajoute une dimension romantique : l’attraction pour des espaces exotiques et des utopies que les au-delàs de l’espace et de l’humain pourraient receler… Comme le laisse entendre Michel Le Bris à la fin de sa réécriture, seul Stevenson réalisera ce que ses personnages, ou alter-egos, n’ont pu faire : rejoindre les îles Samoa. Loin d’être une œuvre mineure, cet fulgurant inachevé peut voisiner sans honte avec le contenu des deux volumes de La Pléiade[3] consacrés à notre écrivain.

C’est alors que Michel Le Bris a su se tirer d’affaire avec une réelle ingéniosité. Il résout l’énigme du jeune Hugo Lemesurier qui croit défendre la malle de sa mère, il échafaude avec un brio digne du romancier Wilkie Collins une histoire de mélancolique fils illégitime qui récupère son héritage… On se demande cependant s’il était bien utile d’introduire un prologue à cette suite, assurant l’écriture d’un narrateur parmi la bande des aventuriers, s’il était nécessaire de faire aussi long que son devancier, si des développements lyriques et descriptifs ne nuisent pas à la concision, si les propos sur les « personnages de roman » ne sont pas un peu oiseux. Finalement, le pastiche du roman d’aventure, avec farouche île écossaise, abordage et naufrage, avec l’histoire d’amour d’Hardy et de la blonde et salvatrice Mary, reste assez réussi, quoique sans la puissance, l’acuité philosophique et psychologique de Stevenson.

 

Célèbre initiateur du festival « Etonnants voyageurs » de Saint-Malo, Michel Le Bris a ici trouvé son « île au trésor ». Certes, se mesurer avec un tel géant en prétendant tenir sa meilleure plume pour achever en une centaine de pages un chef-d’œuvre, a quelque chose d’outrecuidant ; même si, avec autodérision, il se compare à ceux qui « en des lieux médicalisés, se croient Napoléon ou Jules César ». Mais en ce défi colossal, notre découvreur et continuateur a répondu avec les honneurs. Quoique en déflorant le mystère qui peut-être présidait à la volonté de Stevenson. Ce qui ne nous empêchera pas, bien au contraire, de rêver à notre propre fin et d’amener les aventuriers jusqu’au miroir aux alouettes des îles bienheureuses…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Michel Le Bris : Robert-Louis Stevenson : Les Années bohémiennes, Nil, 1994.

[2] Paru en 1995.

[3] Stevenson : Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, tomes 1 et 2, 2001 et 2005.

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 14:42

 

Casa-Museo Federico Garcia Lorca,

Fuente Vaqueros, Andalucia. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Poétique homosexuelle et surréaliste

de Federico Garcia Lorca.

Ian Gibson : Le Cheval bleu de ma folie ;

Une Colombe si cruelle.

 

 

Ian Gibson : Le Cheval bleu de ma folie, Federico Garcia Lorca et le monde homosexuel,

traduit de l’espagnol par Gabriel Iaculli, Seuil, 2011, 448 p, 24,50 €.

 

Federico Garcia Lorca : Une Colombe si cruelle. Poèmes en proses et autres textes,

Bruno Doucey, traduit par Carole Fillière, 2020, 144 p, 16 €.

 

 

Il y a des vérités qui ont longtemps dérangé en Espagne. Non seulement Federico Garcia Lorca était homosexuel, mais son œuvre, plus précisément sa poésie, est illisible sans ce prisme de lecture. C’est la thèse d’Ian Gibson, qui fut son biographe[1], passant outre les difficultés à obtenir des informations, tant les mentalités furent corsetées par le franquisme. La cécité volontaire de la critique, la famille interdisant à qui voulait aborder le scabreux sujet d’accéder aux manuscrits équivalaient à une réelle censure. L’on sait aujourd’hui que traité de « pédé », le poète de Grenade fut « torturé, surtout dans le cul » (selon un témoin) et assassiné en 1936 par les milices franquistes, essentiellement par le soin d’une infâme homophobie. Cette réhabilitation de la vérité poétique homosexuelle de Federico Garcia Lorca ne va pas sans la poétique surréaliste d’Une Colombe si cruelle.

 

C’est bien après sa mort, en 1983, que Garcia Lorca aurait pu voir publiés, hors commerce et en petit nombre, ses Sonnets de l’amour obscur. Il n’aurait pas manqué d’être stupéfait, lorsqu’en 1984 le grand quotidien de droite traditionnelle ABC les reprit. Hélas, l’adjectif « obscur » avait disparu. La critique souligna l’allusion à la « nuit obscure de l’âme » du mystique Saint Jean de la Croix. Rien de la connotation de la marginalité homosexuelle obscure. Ian Gibson s’attache alors à rétablir la validité de l’éros de Garcia Lorca. Non pas seulement pour des raisons anecdotiques, historiques, mais pour rendre à l’œuvre poétique toute sa sensualité, toute son acuité, sans préjugé. Il n’y a rien d’attentatoire à l’hispanité que d’accepter que l’un des plus grands poètes espagnol eût fait de l’amour homosexuel un thème privilégié. Il s’agit bien, disait Luis Cernuda, de « radieux garçons ». L’on sait que Rafael Rodriguez Rapun, son secrétaire et ami, fut le destinataire de ces « onze sonnets si longtemps séquestrés ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du jeune Garcia Lorca, lycéen accablé par les quolibets pointant sa féminité, adressant des poèmes amoureux à une jeune pianiste blonde, ressort une personnalité complexe. Depuis une passion pour les seins, en passant par la souffrance de la masturbation alors vilipendée, jusqu’aux passions pour les garçons, l’ardeur sensuelle et lyrique ne se dément pas. Il fut l’ami et l’amoureux de Salvador Dali auquel il consacra « une « Ode » splendide, vantant sa  « voix olivine » et l’apostrophant : « ton cœur astronomique et tendre ». Mais sans bénéficier de la réciprocité sodomite qu’il espérait… Lui qui avait, nous dit-on, de « terribles besoins sexuels », fut l’amant heureux et malheureux d’un sculpteur, de bien d’autres, surtout lorsque charisme et génie reconnus lui attirèrent tant d’opportunités. Y compris lors de ses voyages à New-York et Cuba où il trouva liberté et « orgies ».

Comment exprimer dans l’œuvre ce désir des « invertis », pour reprendre le terme proustien qu’il connaissait ? Par des allusions à Saint-Sébastien percé de flèches, à la « splendeur adolescente » et aux « cuisses d’Apollon virginal » de l’antiquité grecque, au « cheval bleu de ma folie », symbole de puissance sexuelle. Ou par des vers religieux offerts à « Saint-Michel couvert de dentelles » qui « montre ses belles cuisses ». La « morale de la liberté entière » et la « sexualité plurielle » qu’il réclamait dans des conversations privées s’exprimaient à mots couverts, quand la répression franquiste allait s’intensifier. Pourtant, dans la pièce Le Public, le coït anal est très nettement suggéré : « pénombre et fleurs dans le cul du mort ». Et l’évidence de l’amour qui ne peut pas dire son nom éclate dans l’ « Ode à Walt Whitman », avec l’éloge de la « veine de corail » et la satire des « tapettes ».

Par-delà la mort du républicain Garcia Lorca, surnommé « Loca » (la folle) par une revue fasciste, Ian Gibson a su rendre justice et vérité à celui qui de son temps était un « classique vivant ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par-delà les pièces de théâtre, dont Noces de sang est peut-être la plus emblématique, par-delà les recueils fondateurs, comme Le Romancero gitan, écrit en vers, et à la suite duquel Lorca rejetait l’étiquette de poète gitan qui lui fut longuement attribuée, l’on a tendance à oublier les proses, comme celles, jusque-là à demi inédites en français, d’Une Colombe si cruelle, car seulement douze textes sur vingt-six figurent dans l’édition de La Pléiade[2]. Pourtant, quoique son auteur n’ait jamais pu lui faire voir le jour, voici un recueil composé à partir de 1920, dont le surréalisme est flamboyant, sans cesse vivant, animant l’écriture d’images surprenantes et colorées.

D’abord inspiré par le symbolisme de Juan Jamon Jiménez qui prisait infiniment ce genre, Federico Garcia Lorca se découvre un maître du poème en prose, entre écriture ludique et quête de sens, de façon à peindre un univers infiniment singulier. La rencontre avec Salvador Dali est à cet égard fulgurante. Au point que, comme le révèle la préfacière Zoraida Carandell, « Nageuse engloutie » et « Suicide à Alexandrie » aient été publiées dans la revue dalinienne : L’Amic de les arts, et que « Poétique », qui referme le recueil ait pu être écrit à quatre mains. Il ne s’agit pas seulement d’une série de cabrioles esthétiques, fondées sur l’écriture moderniste en « cadavre exquis » hors de tout lien logique, mais d’une réflexion élevée sur l’art et le théâtre, jusqu’à une dimension métaphysique, à l’instar de l’ « Histoire de ce coq ». Mais, plongeant dans l’univers médiéval, des contes, comme « Jeu de dames », voire des paraboles, comme « Sainte Liria » entraînent le lecteur dans le merveilleux. L’on y trouve en outre de nombreuses allusions à la peinture, en particulier baroque, avec « Sainte Lucie et Saint Lazare ». À la lisière de l’ekphrasis, cette description de l’œuvre d’art, la poésie de Federico Garcia Lorca rutile de couleurs, voire de correspondances baudelairiennes. Le spectre est très étendu, de la mythologie grecque en une ode à « Psyché », jusqu’au cinéma, au travers de méditations sur « La mort de la mère de Charlot », en passant par la mystique chrétienne avec « La décollation des Innocents »…

En quelque sorte, la poésie est cette « petite colombe qui pulse entre mes doigts ». Elle est musique : « l’aubergiste et sa femme chantaient un duo d’aubépine et de violette » ; elle est érotisme : « Dans la rose d’encre était mon amour ». Mieux peut-être : « Tu dois emplir de nuages tes poèmes pour que la pluie parfois tombe sur eux et qu’ils ne se dessèchent guère », un verset à la lisière de l’aphorisme.

 

Cette Colombe si cruelle est un beau livre, qui jongle avec bonheur entre apologues et tableaux vivants, prestidigitation des métaphores et art poétique. D’autant qu’il est traduit avec ardeur et commenté avec intelligence par Carole Fillière. Il est certes bien à sa place dans le catalogue des éditions Bruno Doucey, dont il est le cent-soixante-quinzième titre, parmi tant de pages précieuses de Margaret Atwood, Herman Hesse, Pierre Seghers et bien d’autres, du haikai japonais à la Beat Attitude, celle des femmes poètes de la Beat Generation… L’on retiendra de Federico Garcia Lorca et de son « grand oignon d'idées », entre le tableau tragique d’une existence vaincue par le franquisme et l’efflorescence poétique, que la liberté poétique rime avec liberté politique.

 

Thierry Guinhut

La partie sur Ian Gibson a été publiée dans Le Matricule des Anges, juillet/août 2011

Une vie d'écriture et de photographie


[1] Ian Gibson : Federico Garcia Lorca, une vie, Seghers, 1990.

[2] Federico Garcia Lorca : Œuvres complètes I, Gallimard, La Pléiade, 1986.

 

 

Photo : T. Guinhut.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:58

 

Marais de Basse-Lasse, Loix-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Thierry Guinhut

 

Ré une île en paradis,

 

essai et photographies.

 

Editions Patrimoines & médias, 1995,

140 p, 158 photographies couleur.

 

 

 

 

 

 

        Merveilleux abécédaire photographique, cet album déploie d'est en ouest une découverte jamais vue de l'île de Ré. Parmi les dix communes rétaises, lumières et couleurs, rumeurs d'arrière-saisons, quotidien des "paysans de la mer", vignes et architectures, marais et Fier d'Ars, falaises et dunes, pins maritimes et chênes verts alternent pour notre plus grand plaisir dans une quête du réel autant que de la beauté. Dans son texte, tour à tour lyrique et abondamment documenté, l'auteur interroge l'identité de cette utopie du tourisme, en convoquant mythes, histoire et mode de vie locale. Lucide, mais sans polémique, il pointe également les enjeux économiques et écologiques de la sauvegarde du paradis rétais.

 

 

Plage des Gollandières, Le Bois-plage-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

Anse du Martray, La Couarde-sur-mer. Photo : T. Guinhut.

 

 

Marais des Habitants, Ars-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

Banches des Radias, Ars-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

Les Portes-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

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Ré Rivedoux

 

 

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Ce volume, ayant vu son tirage de 4000 exemplaires épuisé, est à la disposition d'un éditeur qui souhaiterait en publier une version augmentée, améliorée et réactualisée.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Marais de Basse-Lasse, Loix-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 18:54

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Enfer et Paradis communistes.

 

Chen Ming :

 

Les Nuages noirs de Mao s'amoncellent ;

 

Sheng Keyi : Un Paradis.

 

 

 

Chen Ming : Les Nuages noirs s'amoncellent,

traduit du chinois par Camille Loivier, Zulma, 224 p, 15 €.

 

Sheng Keyi : Un Paradis,

traduit du chinois par Brigitte Duzan, Philippe Picquier, 178 p, 17 €.

 

 

 

          Sous l'euphémisme ou l'antiphrase du titre, sous leur douce qualité poétique bien chinoise, se cache l'horreur. À l'enfer des Nuages noirs s'amoncellent de Chen Ming, Sheng Keyi prétend préférer Un Paradis.

       Deux parties composent ce récit autobiographique simplement écrit, sans afféteries stylistiques : Les Nuages s'amoncellent. L'une consacrée à l'ascension sociale d'un pauvre, l'autre à la machine à broyer du communisme chinois dans laquelle tombe et tourne le malheureux Chen Ming, en compagnie de milliers de semblables qui n'auront pu comme lui survivre et être libérés, puis réhabilités. D'autres, s'ils ont écrit, ne verront jamais leur livre ; ce genre de révélation sur la réalité d'un demi-siècle de tyrannie est évidemment interdit. Seul le hasard de la rencontre avec une étudiante française lui permit d'espérer une publication grâce à sa traduction, mais après la mort de Chen Ming en 1996. Chen Ming connut le pire des années Mao : le goulag et le harcèlement. Un récit inoubliable.

      Né dans la Chine des Empereurs, en 1908, il voit passer la république, la guerre sino-japonaise. Par des prodiges de courage, de labeur, d'étude, il s'arrache de la dégradante pauvreté familiale jusqu'à devenir professeur. En 1949, Mao instaure le communisme et son cortège de répressions : « mon corps serait moulu comme du grain et mon esprit cuit à petit feu par les interrogatoires répétés. Je ne pouvais non plus imaginer que ce cauchemar allait durer plus de trente ans. »  Intégré au laogai (le goulag chinois), il pourrit dans des prisons collectives infectes, avant de participer à des chantiers où l'on fend à mains nues la montagne pour creuser des canaux. Autour, on meurt, on dénonce ses camarades en mendiant un recours auprès des autorités, on se suicide ; les gardiens rivalisent de sadisme. Il est littéralement « transformé en homme-merde ».

      Les détenus doivent « chanter les chants maoïstes, puis faire leur autocritique ». Libéré, il lui faut, comme un intouchable, rester balayeur, alors que les jeunes gardes rouges, dont le régime encourage la délinquance, répriment les « péchés bourgeois » de « l'intello puant », harcelant sa femme, pillant leur maison. Il fallait alors « trouver 900 000 vermines droitières ». « Un de mes amis qui avait simplement dit que les produits américains étaient de bonne qualité fut condamné à dix ans de camp ». Chen Ming démonte ainsi l'idéologie et ses perversions, pointant du coup les aberrations économiques : « l'idéal de vie communautaire » du Grand Bond en avant : « la multiplication de campagnes absurdes en vue de l'amélioration de la production réduisirent bientôt villes et campagnes à la misère et au désarroi »... Il ne s’agit pas là, admet l’auteur, d’ « une œuvre  littéraire » impérissable, elle est certes bien moins diffusée que le livre rouge (« il n'y avait que ça dans les librairies ») mais le récit-témoignage, bien monté, efficace, est inoubliable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Cette fois c’est la satire qui vise avec Sheng Keyi la Chine communiste. Evidemment le titre paradisiaque est une antiphrase. Car une telle clinique, illégale de surcroît, à la lisière de la détention militaire et du bordel, n’a rien du Paradis. C’est grâce à une narratrice plutôt idiote que le tableau est peint, non sans un réalisme crû. Elle s’appelle Wenshui ou « Pêche », elle n’est pourtant qu’un numéro parmi ses camarades aux yeux de l’institution et du chef Niu, dont la corpulence lui vaut le surnom de « Boulette de Bœuf ». Les pensionnaires, apparemment gâtées, ne manquent de rien, sauf de liberté. Aussi « Clémentine », « Fraise »  bavardent, complotent, se chamaillent, se soutiennent…

      Pour l’une ce n’est que « louer son utérus », pour Niu elles n’offrent « qu’un hébergement ». L’on ne s’embarrasse pas de viols en guise de sélection génétique. Il est « interdit de parler de sentiments et d’amour maternel ». Néanmoins tout ne se déroulera pas comme prévu, car la production capitaliste, « avec le corps comme capital », ne sera pas aussi juteuse que prévu ; il fallait s’y attendre : « Boulette de bœuf a révisé la ligne politique ».

      Malgré son apparence parfois burlesque, un tel récit vigoureusement satirique ne peut manquer d’apporter une lourde pierre parmi les débats autour de la Gestation Pour Autrui. Il n’est pas impossible que dans une bibliothèque féministe il puisse être posé non loin de La Servante écarlate de Margaret Atwood.

      Sheng Keyi est une romancière confirmée, née en 1973 dans le Hunan, puisque l’on connait d’elle La Fille du Nord, en partie autobiographique, dans lequel elle prend fait et cause pour la condition féminine chinoise. Car la femme ne pouvant avoir plus de deux enfants, elle est opprimée. L’on se doute que la censure a œuvré, la contraignant à publier Death fugue à Tai Wan et en Australie. Ce Paradis, qui n’honore pas la Chine communiste, est également illustré par les aquarelles de l’auteure.

 

         On a beau penser avoir été vacciné par la lecture de Si c'est un homme de Primo Levi, de L'Archipel du goulag de Soljenitsyne et des immenses Récits de la Kolyma de Chalamov (publiés chez Verdier), on est saisi de frisson à l'idée que chacun d'entre nous aurait été à la place de Chen Ming, que notre sens de l'individualité, notre innocence, notre intellect auraient été à ce point bafoués, humiliés, martyrisés. Une fois de plus la littérature concentrationnaire voit s'allonger son catalogue. Nous savions, grâce aux 100 pages (sur 850) de la somme incontournable du Livre noir du Communisme (Robert Laffont) consacrées à la Chine, que des dizaines de millions de gens avaient été sacrifiés par le totalitarisme communiste, qu’aujourd’hui encore, dans des centaines de laogai, des esclaves fabriquent des produits que l'Occident achète à bas prix... mais le lire sous la plume tremblante et si digne de qui l'a vécu dans sa chair reste une épreuve émouvante. C'est avec une humilité sans borne que nos anciens maoïstes des années 68 doivent lire Chen Ming, mais aussi Sheng Keyi. Quelle que soit notre sensibilité politique, rabattons notre enthousiasme devant tout régime, tout mouvement, qui paraîtrait promettre l'utopie sur terre.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Article paru dans Le Matricule des Anges, janvier 2004

 

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 06:23

 

Plage des Prises, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Les fantaisies joyciennes et babéliennes

 

de Julian Rios :

 

Nouveaux chapeaux pour Alice et Chez Ulysse.

 

 

 

 

 

Julian Rios : Nouveaux chapeaux pour Alice,

traduit de l’espagnol par Geneviève Duchêne, Tristram, 128 p, 15 €.

 

Julian Rios : Chez Ulysse,

traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan, et 256 p, 21 €.

 

 

 

 

 

 

          C’est avec un respect poli confinant à l’indifférence que nombre de lecteurs effleureront les pages de Julian Rios. Ecrivant dans le sillage de Joyce et qualifié par Carlos Fuentes d’ « écrivain le plus créatif de la langue espagnole », son aura d’intellectualisme, de difficulté linguistique, repousserait le lecteur de bonne volonté comme au toucher des épines du chapeau-cactus qui figure sur la couverture des Nouveaux chapeaux pour Alice

 

      L'on aurait pourtant gravement tort d’avoir peur. De ne pas céder à l’humour frais de ce vert couvre-chef, à cette porte ouverte de temple entre les tranches des livres… On appréciera au passage le talent du graphiste qui accompagne ainsi l’arrivée de Rios chez Tristram, après que José Corti ait publié huit autres volumes, pourtant non des moindres, entre Album de Babel et Larva, son « opus magnum ». La logique de cette entrée au catalogue n’étonnera pas ceux qui connaissent l’attention de l’éditeur amoureux de Sterne aux expérimentateurs les plus divers, d’Arno Schmidt à Ballard. Mais, comme par magie, cette nouvelle branche éditoriale fait fleurir deux parmi les textes les plus lisibles, les plus délicieusement fantaisistes d’un Julian Rios qui a l’incroyable talent de rendre limpide de nouvelles aventures d’Alice au pays des merveilles autant que la lecture du monstrueux Ulysse de Joyce.

 

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        À sa manière, Julian Rios remet en selle l’art peut-être décrié, oublié, des réécritures. Loin de nous de penser qu’il puisse manquer de créativité personnelle en devenant ainsi l’épigone, le copieur des plus grandes plumes, qu’il coiffe pour acquérir une gloire usurpée. Comme la Fontaine reprenait Esope, il s’approprie Lewis Carroll et James Joyce, Babel et Don Quichotte, soit les plus grands mythes littéraires, pour les malaxer, leur faire rendre un nouveau jus, non seulement digne des modèles, mais encore aussi nouveau qu’indispensablement excitant.

Au moyen de nouveaux « quichottextes » le Chapelier Fou propose à son Alice préférée une trentaine de chapeaux qui sont autant d’histoires à perdre la tête. Ces voyages mentaux offerts par le prestidigitateur emportent Alice et le lecteur dans une spirale baroque de micromondes sans cesse changeants. Une « mitre dentelée » lui montre un « albinos obèse » qui se fait appeler Moby Dick, un « fez huppé » la plonge dans d’étranges Mille et une nuits rouges de roses et de sang, un « béret jaune orné de thermomètre » la fait infirmière de nuit et de délires, un « casque/casquette » lui permet de changer de sexe à volonté… Elle coiffera une girouette fléchée pour Guillaume Tell, un serpent à sonnettes venu du jardin d’éden, un béret parisien, un chapeau de mousquetaires… On l’a compris, cette pochette surprise de poèmes en proses fondants et à la dynamique narrative inénarrable sont autant d’images kaléidoscopiques des pouvoirs de la littérature : en quelques mots, Julian Rios déclenche une vision explosante fixe de l’homme et du monde et un bouquet d’allusions à la bibliothèque universelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant Julian Rios excelle également à déplier la massive somme joycienne. Car avec son aide, chez Joyce, nous sommes chez nous. C’est à la fois un plan de visite, un jeu de pastiches, et un commentaire. Il reprend, comme autant de salles joyciennes, les dix-huit parties homériques sur lesquelles s’est appuyé le créateur irlandais. Rappelant, ce faisant, combien lui-même n’est qu’un maillon d’une longue chaîne de réécritures. Un « Cicérone » allonge « sa baguette en direction de l’ordinateur papillotant » pour orienter son public, puis ouvre chaque fenêtre pour une paraphrase dialoguée qui bruit de fantaisie et d’intelligence, sans compter les jeux de mots qui n’ont rien d’« Ulysible ». On suit Stéphen-Télémaque et Bloom-Ulysse comme des amis intimes, y compris dans le « labyrinthe d’excreta » : ils « défèquent, urinent et crachent comme tout être humain ». Sans tomber dans cette méchanceté qui peut salir une parodie, Julian Rios, circule dans le roman avec un humour et une légèreté toute pédagogique qui permet de donner beaucoup d’air à un chef-d’œuvre que l’on trouve souvent bien renfermé. Ce faisant, il laisse prise à un risque majeur : peut-être préférera-t-on lire Chez Ulysse qu’Ulysse lui-même !

 

Qui sait si Julian Rios balise à la perfection le chemin entre le lisible et l'illisible, bat James Joyce tel qu'en lui-même sur son propre terrain... Larva, que d'aucun comptent pour son chef-d'oeuvre, sous-titré Babel d'une nuit de la Saint-Jean, joue sur les mots, les allusions, les notes face à chaque page. N'est-ce qu'une une billevesée de 600 pages, traduite par Denis Fernandez-Recatala, avec le concours et l'obligeance de l'auteur ? En leurs  « experditions » , deux amants se prennent pour des personnages de roman : Mille et une nuits londoniennes ? cosmopolistisme d'une Babel au bord de la Tamise ? Tout cela à la fois, sans compter le souvenir d'un Ulysse joycien, d'une Alice au pays réjouissant du postmodernisme...

 

Thierry Guinhut

Article, ici augmenté, publié en 2007 dans la revue Europe

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:03

 

Coupole du Salon des Ambassadeurs,

Arte mudéjar, Alcazar, Sevilla, Andalucia. Photo : T. Guinhut. 

 

 

 

 

 

 

Sommes-nous islamophobes ?

 

 

 

           Péché capital selon les uns, refuge identitaire selon les autres, l’islamophobie est la bombe sans retardement qui agite nos mentalités, notre quotidien et notre avenir. Sommes-nous d’affreux islamophobes ? Peur irrationnelle, haine et rejet a priori, ou justes raisons de craindre et de dire non… Le personnage de Phobos, fils d’Arès et d’Aphrodite, est, dans L’Iliade, « l’Effroi [1]», l’incarnation de la peur panique. Mais aussi, dans Les Métamorphoses d’Ovide, « Phobetor[2] » est l’un des fils, avec Morphée et Fantasos, du dieu du Sommeil ; il a la capacité de se changer en bête sauvage, en serpent, incarnant ainsi le cauchemar… Avoir peur de l’islam relèverait alors du simple rêve panique et névrotique, en rien fondé sur la moindre réalité, une forme de xénophobie de plus, uniquement pétrie d’ignorance, de méfiance et de barrière d’incompréhension opposée à l’autre, à la différence… En ce sens être atteint de phobie simple, l’arachnophobie par exemple, est une souffrance psychique, une angoisse liée à un objet bénin, et donc digne souvent du ridicule, ou, mieux, de la thérapie. Quant à l’islamophobie, elle relèverait plus exactement des phobies sociales. Ne sommes-nous bouleversés que par Phobos, ou par l’Islam lui-même, qui a bien des raisons d'effrayer ?

 

Sans doute l’islamophobie est un concept discutable, truffé de pièges. Permet-il de retourner la culpabilité sur le malheureux qui aurait l’ingénuité de prononcer un jugement critique, du plus grossier au plus fondé et argumenté, sur cette religion et civilisation ? Barre-t-il l’accès à la possibilité du débat et de la réflexion ? Au point que l’Islam devienne intouchable par le moindre débat, la moindre critique, le moindre jugement de valeur sous peine d’être accusé de racisme… Une pensée rigoureuse devrait alors lui opposer le concept de christianophobie qui hélas pour les mœurs et heureusement pour l’équité du dictionnaire et de la pensée commence à se faire jour, ne serait-ce qu’à la suite des attentats, meurtres, expulsions et affronts de toutes sortes qui jaillissent sur de pacifiques Chrétiens, de la Turquie à l’Indonésie, en passant par l’Irak, le Pakistan, le Soudan et la plupart des nations musulmanes, tous pays plus ou moins gangrenés par un fascisme vert qui n’a rien à envier aux fascismes rouges et bruns qui leurs sont consubstantiellement voisins, voire complices, car également anti-libéraux.

      Que l’on y prenne garde, l’Islam ne signifie pas les Musulmans. Une idéologie religieuse et politique dans laquelle l’oumma, ou communauté des croyants, corsète le libre-arbitre de chacun ne signifie pourtant pas qu’il faille identifier le corps religieux avec ses membres. Les Musulmans peuvent être des individus, dignes pourquoi pas de pensée propre, de recul, de choix intellectuels et moraux, au point peut être de pouvoir envisager de choisir sa foi, de la quitter pour une autre, voire pour aucune. Auquel cas cependant ils sont considérés comme apostats et passibles de la peine de mort; ce qui montre l'inadéquation de l'Islam aux libertés.

Il ne s’agira pas alors de confondre rejet des principes politiques d’une religion et de ses pires imams et séides avec le rejet discriminatoire de ceux qui la pratiquent, d’autant qu’il ne manque pas de croyants musulmans pacifiques et tolérants qui respectent en Occident cette laïcité qui leur permet la tranquillité. Redisons-le, s’il en était besoin, que nombre de Musulmans européens ne veulent pas d’une Eurabia où établir l’horreur de la charia et qui les priveraient des libertés acquises en Europe. Ils ne veulent que prier en paix dans le secret de leurs cœurs, de leurs maisons, de leurs mosquées, comme tout Chrétien ou Juif également respectables, que s’intégrer, jouir des fruits de leur travail et de leur liberté, voir leurs filles décider de leurs vêtements, de leurs études, de leur mariage et de leurs enfants…

 

Hélas, c’est au nom de l’Islam, du Coran, de la charia, dont il existe des dizaines de tribunaux officiels en Grande-Bretagne, que sont perpétrés les attentats du 11 septembre, les terrorismes kamikazes de l’Irak, de Moscou, de Madrid et d’ailleurs, que sont lapidées des femmes adultères, que sont condamnés à mort des convertis au christianisme, que sont menacés d’une infâme fatwa un écrivain comme Salman Rushdie, un caricaturiste comme Kurt Westergaard, un agrégé de philosophie comme Robert Redeker…

      Interrogeons alors le Coran, ses sourates et ses versets, que nous ne pouvons qualifier autrement que de manuel génocidaire : V 33 : « La récompense de ceux qui combattent contre Dieu et son prophète et qui s'efforcent d'étendre la corruption sur la terre, sera la mort, le supplice et la croix ». VI 45 : « Quant au peuple qui s’est révélé injuste, il fut anéanti. Louange à Allah, le maître des mondes ». VI 49 : « Ceux qui blasphèment contre l'islamisme recevront la peine de leur impiété ». VII 4 : « Combien de cités nous avons détruites, lorsque notre colère s’est abattue sur elles la nuit et au milieu du jour ! » VIII 39 : Combattez-les jusqu’à ce que la dissension soit anéantie et que le culte soit entièrement consacré à Allah. Mais, s’ils s’arrêtent, Allah voit parfaitement ce qu’ils font. IX 5 : « mettez à mort les idolâtres partout où vous les rencontrerez ». X 13 : « Nous anéantîmes en effet des générations entières avant vous, lorsqu’elles se montrèrent iniques et dès lorsqu’elles reçurent sans les croire leurs envoyés avec des signes explicites. C’est de la sorte que nous rétribuons le peuple des mécréants ». XXV 52 : N’obéis surtout pas aux incroyants et, grâce au Coran combat-les de manière ferme ». Sans oublier les sourates « Les femmes », IV 19 : « Si quelqu’une de vos femmes a commis l’adultère, appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elle, enfermez-la dans votre maison, jusqu’à ce que la mort termine sa carrière », 38 : « Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit, et même les frapper » ; « Le butin » VIII 12 : « Encouragez les croyants ; j’épouvanterai les impies, appesantissez vos bras sur leurs têtes, frappez-le sur le nuques et sur les mains » ; et « Le combat » XLVII 4 : « Si vous rencontrez des infidèles, combattez-les jusqu’à ce que vous ayez fait un grand carnage », Ainsi l’on a pu compter environ 400 versets coraniques haineux, sexistes, homophobes, belliqueux, esclavagistes, anti-chrétiens, anti-juifs, appelant sans détour à tuer les apostats et les infidèles.

Il nous appartient bien de juger si le livre sacré des Musulmans, divers et contradictoire qu’il est, livre d’amour et de paix selon la dissimulation des prosélytes, contient bien la matière de telles indignités, pétri qu'il est d'encouragements à la violence et au meurtre contre les mécréants. Un livre, qu’il soit Bible, Coran ou Popol Vuh[3], historiquement contextualisé, écrit par des hommes, inspirés ou non, ne doit pas être le support d’une doxa tyrannique. Sur ce point, l’Occident a acquis une supériorité éthique fragile : la Bible, quoique plus objectivement pétrie d’amour, en particulier dans les Evangiles, ne fait pas loi, la séparation des pouvoirs spirituel et temporel est effective. Ne serait-ce que depuis le « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu[4] » du Christ.

La critique de l’Islam, au même titre que celle du Christianisme, du Judaïsme et du Bouddhisme, relève de la liberté de pensée et d’expression, durement acquise depuis surtout les Lumières et Voltaire qui n’hésita pas à écrire en 1741 une tragédie (d’ailleurs habilement dédiée au Pape Benoit XIV) intitulée Le Fanatisme ou Mahomet le prophète[5]), tragédie hélas irreprésentable aujourd’hui. Notons que le personnage théâtral qui mania le poignard criminel sous l’instigation du prophète a donné, par antonomase, son nom, Séide, à tout fanatique aveuglement dévoué à un chef politique ou religieux.

 

Voltaire : Théâtre, 1764. Photo : T. Guinhut.

 

C’est à de telles difficultés que l’on mesure l’état de nos libertés occidentales. D’autant qu’en France des lois et des associations peuvent attaquer en justice tout auteur de propos prétendus islamophobes. Tel le journaliste Eric Zemmour qui a dit sur un plateau de télé que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait. [6]» Il est loisible de ne pas éprouver de sympathie envers les opinions controversées du personnage. Mais, à lui seul, il est le garant de nos libertés (comme peut l’être par exemple un Finkielkraut); et sa condamnation est une honte incalculable. Sans compter que le sociologue Hugues Lagrange[7] a établi les causes de la surreprésentation des « jeunes issus de l’Afrique sahélienne » dans la délinquance. Les facteurs culturels et ethniques relevés (notons qu’il passe un peu trop sous silence des facteurs sociaux liés à la condition de l’immigration en France) ne font pas pour autant de l’auteur de cet essai un irrécupérable islamophobe. De plus, la « surdélinquance des personnes issues de l’immigration » est corroborée par le sociologue Sabastian Roché que l’on peut retrouver dans un rapport d’enquête du Sénat de 2002[8], même si lui aussi doit tenir compte des conditions de vie de ces nouvelles génération tiraillées entre deux mondes et à l’adaptation délicate.

Quant à ceux qui voudraient nier les faits pour se réfugier dans un angélisme tiers-mondisme, un « angélisme exterminateur » pour reprendre le titre d’Alain-Gérard Slama[9], ceux qui font les autruches, s’ils ne sont pas islamophobes, les voilà en quelque sorte francophobes et europhobes, voire, si l’on veut user d’un néologisme, réelophobes, ce qui est peut-être pire !

Il s’agit de tolérer des croyances, fussent-elles erronées, mais à condition que cette tolérance ne fasse pas le lit de l'intolérable, et non sans respecter le droit et le devoir de la critique argumentée, de la caricature et de la parodie… En effet, n’oublions pas qu’Islam ne veut pas dire liberté, mais soumission. A tous ceux qui se targuent, face au capitalisme, à Sarkozy, aux lois républicaines, d’êtres des insoumis, il faut leur rétorquer que leur est acquise ici la liberté d’expression et d’élire un Parlement qui saurait modifier ce qu’ils contestent. Or dans l’Islam théocratique, il est hors de question de faire paraître de quelque manière que ce soit la moindre insoumission : représentation par l’image, qui plus est par la caricature, velléité de conversion à une autre religion, pratiquer un athéisme discret ou l’affirmer, rien de tout cela n’est imaginable. Au Pakistan, blasphème et apostasie peuvent être punis de mort, et cela avec l’aval d’une grande partie de la population. La religion chrétienne fut certes parfois sanglante et meurtrière (entre inquisitions et croisades), mais en s’éloignant de ses textes fondateurs et du message du Christ, tandis que l’Islam le fut en étant fidèle à ses concepts originels, en particulier le jihad qui, ne l’oublions pas, est à l’origine d’une croisade bien plus virulente puisqu’elle parvint à soumettre jusqu’à la conversion forcée et au sang les deux tiers du pourtour méditerranéen…

Faut-il appeler de nos vœux un Islam des Lumières ? Si l’on entend cette expression au sens kantien, il serait : « Sapere aude ! Aies le courage de te servir de ton propre entendement ! (…) Pour répandre ces lumières, il n’est rien requis d’autre que la liberté (…) à savoir faire un usage public de sa raison dans tous les domaines. »[10] C’est ainsi que semblent le penser Abdelwahab Meddeb, pour qui l’Islam doit se séculariser[11], ou Malek Chebel[12], quoique ce dernier paraisse vouloir abandonner voile ou lapidation parce que le Coran ne les prescrit pas et non au nom de la raison. Cette conciliation avec les valeurs de la République est-elle une amitié pour la tolérance et la justice ou s’agit-il d’une modération musulmane qui ainsi s’avancerait masquée pour cacher de moins altruistes desseins, sinon des velléités de conquêtes ravageuses ? Est-ce le cas du très controversé Tariq Ramadan ? Reste que Malek Chebel a eu le bon goût de publier un Dictionnaire amoureux des Mille et une nuits[13], ce merveilleux livre que les Frères musulmans égyptiens veulent interdire. Les Lumières, au sens de Kant et de l’ironie critique de Voltaire, restent le garant de nos libertés, face à tous les totalitarismes, qu’ils soient religieux ou politiques ; ou pire : religieux et politiques à la fois.

 

La prière est parfois publique dans nos rues, nos cantines deviennent sans porc sous la pression communautariste ; l’alcool est diabolisé ; les mini-jupes impossibles dans certaines banlieues ; la mixité est invalidée ; l’enseignement en ces mêmes enclaves interdit d’aborder les sujets musulmano-incorrects, sans compter insultes et agressions contre les professeurs ; le darwinisme et la science sont rejetés dans des établissements scolaires ; le texte du Coran, tout sauf féministe, commande de frapper les femmes, d’enfermer l’adultère « jusqu’à ce que la mort termine sa carrière »[14] ; les mosquées aux muezzins, parfois bénéficiant de financements publics des collectivités locales au mépris de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’état, ne menacent pas que les paysages suisses ; la charia est enseignée dans des officines pseudo-éducatives ; des écoles coraniques forment des récitants du Coran ; la France est méprisée, insultée comme source de l’esclavage alors que l’Afrique noire et arabe n’a pas eu besoin d’elle pour pratiquer esclavage et piraterie ; la racisme anti-blanc chasse les habitants ; les racailles du rap et du deal de drogue mettent les quartiers en coupe réglée, brûlent les voitures et les écoles de la République, fomentent des émeutes, des guérillas urbaines (même si des bien blancs ne sont pas innocents) ; l’homophobie et l’antiféminisme sont de règle ; les burqas cachent les femmes battues ; le ramadan devient en certains lieux une dictature ; l’Islam est la première religion dans les prisons ; la violence et le jihad sont des fondements religieux au détriment d’une religion d’amour et de paix… Que se passera-t-il si, la démographie et l’immigration aidant, délinquance tribale et fondamentalisme islamique prennent le pas sur les Républicains intimidés, sinon complices ? 

 S’il est légitime que les authentiques démocrates et libéraux se posent cette avalanche de problématiques, d’autant plus criantes pour ceux qui vivent dans les quartiers dits par euphémisme « sensibles », il est nécessaire de tempérer notre appréciation. Non, les guerres tribales et fondamentalistes ne sont pas à l’ordre du jour, voire d’un jour à venir. Le multiculturalisme décrié est plus exactement en France un multiconfessionalisme, c’est-à-dire la possibilité nécessaire de la liberté religieuse. Deux phénomènes illustrent la capacité des croyants musulmans à entrer dans une laïcité des Lumières : d’une part l’aspiration aux libertés individuelles, tant économiques que politiques, sensible au travers des révolutions tunisienne, égyptienne, lybienne… qui échappent -du moins faut-il l’espérer- aux diktats archéo-religieux, et d’autre part l’entrée de nombre de post-immigrés de l’aire arabo-musulmane parmi la classe moyenne française. Ces « beurgeois », comme on les appelle parfois avec un inqualifiable mépris pour les deux composantes de ce néologisme, sont aussi l’avenir de la démocratie libérale.

 

 

Le retour d’un roman qui fit quelques remous -diabolique selon les uns, visionnaire selon les autres- à sa sortie en 1973, vient à point pour tester les enjeux islamophobiques, ainsi que l’état de nos libertés. Jean Raspail en effet persiste et signe aujourd’hui en rééditant Le Camp des Saints[15]. Le fantasme de l’invasion de l’Occident prend une dimension apocalyptique : en une nuit, « cent navires se sont échoués, chargé d’un million d’immigrants ». C’est peut-être une lourde uchronie qui joue avec nos peurs… Sans compter l’abus du mot « race » par des personnages parfois caricaturaux et les références à l’apocalypse et à un christianisme passablement traditionnaliste… Ce n’est peut-être pas aussi subtil que du Ballard dont nous ne sommes pas si loin, mais un souffle épique impressionnant anime cette narration qui évidemment grossit le trait en imaginant l’Occident entier balayé par les pauvres du Tiers-Monde, vidé de sa substance, malgré la résistance des blancs natifs…

On ne s’est pas choqué de la nouvelle de Ballard dans laquelle la horde (terme joliment dépréciatif) de touristes préfère rester dans le sud de l’Europe plutôt que de retourner travailler, puis se met à piller pour assurer sa survie et son confort[16], pourquoi se choquerait-on de cette autre anticipation ? Parce qu’un politiquement correct absurde et suicidaire veut paraître ne rien dire de déplaisant à l’égard des hordes (terme soudain infamant) d’Arabo-musulmans qui viendrait souiller et piller notre patrimoine. Si Raspail est un peu trop lourdement attaché aux valeurs et racines chrétiennes de l’Occident, il n’en reste pas moins que les racines arabo-musulmanes de ce dernier sont maigres, mis à part en al-Andalus, dans le lexique espagnol et dans le Don Quichotte auquel Cervantès attribue un auteur qu’il nomme « Cid Hamet Ben-Engeli »[17].

Reste que l’apport de Raspail à notre réflexion est fort pertinent , grâce à sa préface nouvelle et bien actuelle : « Big Other », (On aura compris l’allusion au « Big Brother » d’Orwell[18]): il est l’image de la surveillance de cette incorrecte pensée qui ne se résout pas au métissage obligé, à la perte des fondamentaux libéraux de notre civilisation. Mieux encore, en fin de volume, il ajoute une liste des passages de son roman qui aujourd’hui tomberaient sous le coup des « lois Pleven, Gayssot, Lellouche et Perben ». Ces lois mémorielles et qui permettent à des associations comme SOS Racisme de jeter devant les tribunaux ceux que la liberté d’expression chatouillerait… Sous la chape de ce « Big Other », sommes-nous libertophobes lorsqu’un Zemmour ne peut émettre d’opinions ?

Le problème n’est évidemment pas la couleur de peau ou l’origine géographique et culturelle, mais la non adhésion aux valeurs de la démocratie libérale. Le multiculturalisme n’est pas qu’un échec en France, à condition de ne pas transiger sur les fondamentaux venus des Lumières, de la laïcité, de l’égalité homme-femme et du respect des libertés de culte, sans compter l’indispensable respect de l’individualisme (à ne pas confondre avec l’égoïsme), c’est-à-dire la possibilité laissée à chaque individu de se développer par lui-même dans une société de libertés.

 

Si notre islamophobie n’est que racisme et xénophobie, elle est moralement condamnable, quoique pas au sens des tribunaux censeurs, qui ont mieux à faire que de s’occuper de ces délits d’opinions dont le traitement devrait nous mettre sur la liste grise d’Amnesty International. Si elle fait une lecture critique des dogmes religieux de l’Islam et des armes idéologiques qu’il fournit à ceux qui s’en emparent pour commettre des crimes et assurer leur totalitarisme, elle est une liberté nécessaire, salutaire. En ce sens, qu’on l’appelle Phobos ou Phobetor, ce dieu venu d’Homère et d’Ovide, mais aussi d’un sursaut des Lumières, elle peut être aussi bien un avertisseur, un protecteur. Car il y a bien un devoir d’islamophobie libérale.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Homère : L’Iliade, chant XIII, vers 299.

[2] Ovide : Les Métamorphoses, Livre XI, vers 640.

[3] Popol Vuh, Bible américaine des Maya-Quichés, Le Castor Astral, 1987.

[4] Evangile selon Saint- Matthieu, 21/21.

[5] Voltaire : Théâtre, Garnier, sans date.

[6] Le 6 mars 2010 sur Canal Plus.

[7] Hugues Lagrange : Le Déni des cultures, Seuil, 2010.

[8] Voir : http://www.senat.fr/rap/r01-340-1/r01-340-117.html

[9] Alain-Gérard Slama : L’Angélisme exterminateur, Essai sur l’ordre moral contemporain, Grasset, 1993.

[10] Kant : Qu’est-ce que les lumières ? Œuvres, tome 2, Gallimard, Collection de la Pléiade, 1985.

[11] Voir son entretien du 4 octobre 2010, sur France Culture.

[12] Malek Chebel : Manifeste pour un islam des Lumières, Hachette Littérature, 2004.

[13] Plon, 2010.

[14] Coran, « Sur les femmes », IV, 19.

[15] Jean Raspail : Le Camp des Saints, Robert Laffont, 2011.

[16] J. G. Ballard : « Le Plus grand parc d’attractions du monde », in Nouvelles Complètes, volume III, Tristram, 2010.

[17] Dans le chapitre III de la seconde partie.

[18] Georges Orwell : 1984, Gallimard.

 

Nota bene : les traductions du Coran utilisées sont celles de Savary, Garnier, 1958,

et d'André Chouraqui, Robert Laffont, 1990.

 

Photo : T. Guinhut.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 12:52

 

Photo : T Guinhut.

 

 

 

 

 

Stalker,

 

entre catastrophe nucléaire

 

& science-fiction métaphysique,

 

par les frères Strougaski.

 

 

 

Arkadi et Boris Strougatski : Stalker,

traduit du russe par Svetlana Delmotte et Jacqueline Lahana,

Denoël, 240 p, 18 €.

 

Arkadi et Boris Strougatski : L’Ile habitée,

traduit du russe par Svetlana Delmotte et Jacqueline Lahana,

Denoël, 444 p, 24 €.

 

 

Qui ne connaît Stalker, le film d’Andreï Tarkovski, sorti en 1979 ? Des hommes rampent dans un espace informe, encombré d’objets morts, de présences prometteuses ou mortelles ; ils sont écrivain et professeur de physique, et suivent précautionneusement leur « stalker », chasseur en approche, guide et passeur, jusqu’à une chambre où tous les souhaits pourraient être réalisés. On s’aperçoit assez vite que ce sont moins les lieux qui sont explorés, que les personnalités et les motivations secrètes des protagonistes, en une angoissante quête initiatique… On ignore cependant trop souvent que ce film soviétique qui fascina les esprits est l’adaptation biaisée d’un roman qu’enfin nous pouvons lire en version intégrale ; que dis-je indispensable. Et dans lequel il n’y a ni professeur ni écrivain… La « Zone » est enfin restituée dans toute sa pureté dangereuse. Alors que, bien moins connue, celle de L’Ile habitée est une implacable dictature.

 

Le personnage de Redrick Shouhart, successivement 23 ans, 28 ans, puis 31 ans, est, hors des expéditions officielles,  un « stalker » aux activités souvent illégales. Il œuvre dans la « Zone », ce « trou dans l’avenir », interdit et gardé par l’armée, où l’on ne sait quels « Visiteurs » ont abandonné, comme les détritus de leur pique-nique, des objets aberrants, des « creuses », des « batteries etak », et, peut-être, une « Boule d’or » mythique qui exaucerait tous les vœux, et qu’il s’agit d’aller chercher au risque de sa vie, de sa santé mentale, au travers d’un parcours semé de « gels de sorcières », de brûlures, de disparitions, d’épidémies inqualifiables qui se transmettent aux enfants, à d’autres populations qu’un émigré aurait infectées… Ces objets, achetés et revendus au prix d’impressionnantes liasses de billets et d’alcools omniprésents, feront la perplexité des savants chargés de les étudier. Ce dont témoignent les déclarations du Prix Nobel de physique Valentin Pilman qui, d'une part attribue les anomalies de la zone à une visite d'extraterrestres, et, d'autre part, en arrive à mettre en doute la science humaine autant que ses limites avec l’irrationnel. Les trouvailles de ce no man's land post-apocalyptique sont des objets miraculeux ou des bombes meurtrières aux effets imprévisibles : « bracelets qui stimulent les processus vitaux » ou « éclaboussures noires », ils sont « capables de modifier tout le cours de notre histoire [et] des réponses tombées du ciel à des questions que nous ne savons pas encore poser. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S’agit-il d’une science-fiction qui dirait la hantise d’une explosion nucléaire meurtrière à l’occasion d’un accident incontrôlable ou au cours d’une orwellienne guerre froide qui fait long feu? Ou encore, au-delà du trop évident ensemencement d’un espace par une contamination post-atomique, par des extraterrestres aux pouvoirs incongrus, magiques et malsains, il se peut que nous ne trouvions dans la « Zone » que l’image fantastique de notre perception et de notre inconnaissance du monde, avec tout ce qu’elle peut avoir de fantasmatique, d’hallucinatoire. S’il y a « Visiteurs » extraterrestres, ils sont hors de tout anthropomorphisme… En tous cas, l’empreinte du roman des deux frères n’a pas fini de nous marquer, de suggérer à la littérature des pistes et des inquiétudes nouvelles.

Les travailleurs qui étouffèrent le réacteur de Tchernobyl ont été nommés des stalkers. Rien de surprenant qu’un jeu vidéo S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Tchernobyl, sorti en 2007, emprunte quelques éléments de ce roman initiatique, aux parcours bourrés de dangers et de promesses. Hollywood prépare une nouvelle version filmique sous le titre de Roadside picnic, ce qui est d’ailleurs la traduction du titre original du roman écrit à quatre mains par les frères Strougatski, soit Pique-nique au bord du chemin, initialement paru en trois livraisons dans la revue Avrora en 1972.

Il peut paraître fort étonnant qu’un livre ainsi confidentiellement publié, qu’un film sorti sept ans plus tard, aient pu durablement alerter les consciences, venus qu’ils étaient de l’étouffante tyrannie rouge ; et ce sans guère en subir la censure. D’autant qu’ils peuvent être perçus comme une métaphore secrète de cette autre « Zone » dangereuse et morbide, l’Union soviétique elle-même, où les essais nucléaires se firent au mépris de la population, où l’on creusa un lac à coup de bombe atomique, où la « Boule d’or » inatteignable et délétère serait ce communisme qui pourrait combler tous les souhaits… Car même si la quête de Redrick aboutit auprès d’elle, le « bonheur pour tout le monde » se révèle être « plutôt en cuivre ». Mystérieux univers satirique crypté de dissidence au soviétisme, les romans des frères Strougatski explorent également de troublants espaces inaccessibles à la science et à la pensée humaines. Plus qu’une catastrophe utopique et écologique, la « Zone » est une catastrophe métaphysique, une énigme jetée à la face de la pensée, qu’elle soit raisonnable, poétique, idéologique ou scientifique. L’incommunicabilité entre d’éventuels extraterrestres, un Dieu négligent, pervers, ou le hasard incompréhensible de la création d’une part et la pauvre humanité qui se débat sur la terre et en ses délires politiques d’autre part, est flagrante.

 

 

 

      Une cohérence insinuante peut alors se nouer avec L’Ile habitée, roman plus modestement novateur, redevable qu’il est des traditions interplanétaires de la science-fiction, depuis La Guerre des mondes de Wells. Cette fois, nous ne sommes plus sur terre, mais sur une lointaine planète où s’échoue un jeune homme. Maxime est le « Robinson » de cette Ile habitée sur laquelle il avait espéré trouver « une civilisation puissante, antique, sage ». Hélas, sur une terre radioactive et sale, son vaisseau est détruit par on ne sait quel projectile et la rencontre d’un autochtone laisse à désirer : « On voyait aussitôt que l’homme armé n’avait jamais entendu parler de la valeur suprême de la vie humaine, de la Déclaration des droits de l’homme, des merveilleuses et simples inventions de l’humanisme ». En effet règne ici une infecte dictature militaire, nantie de « tours radio » qui chapeautent toute la population. Etrangement, Maxime est insensible aux ondes de contrôle. Serait-il le seul à pouvoir être apte à la résistance ? Parmi une guerre perpétuelle et les colonnes de blindés, le personnage charismatique de « Pèlerin » lutte aux côtés de Maxime devenu « Mak », contre les « dégénérés, contre « l’Empire insulaire », la « dégénérescence de la biosphère », les « fascistes de l’Etat-major », qui pourrait tout aussi bien être communistes, si la censure soviétique ne veillait sur l’épaule des écrivains… La fin ouverte laisse peu d’espoir. Certes moins mythique que Stalker, L’Ile habitée est cependant un de ces phares de cette science-fiction intelligente qui rime avec dystopie (ou anti-utopie) en pensant peut-être au précurseur russe de ce dernier genre : Zamiatine[1]. Et en gardant l’œil sur nos nécessaires libertés individuelles et sur les portée de la connaissance, toujours trop menacées.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Article, ici augmenté, publié dans Le Matricules des Anges, mai 2010.


 

Marais de La Cricq, Les Portes-en-Ré. Photo : T Guinhut.

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 07:48

Claustro de Villanuova, Cangas de Onis, Asturias. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

Eloge discuté de la vie divine de Philippe Sollers

 

& de sa « Guerre du goût ».

 

 

 

 

La « vie divine » de Philippe Sollers exige d'être reconnue à sa haute et juste valeur : « Le préjugé veut sans cesse trouver un homme derrière un auteur: dans mon cas, il faudra s'habituer au contraire ». « Il sera lu », dit-il de lui-même. Eh bien, bravo ! Ne vaut-il pas mieux être Sollers, en afficher l'ambition et gagner  « la guerre du goût », plutôt que de jouer « le très bas[1] » Volontiers cabotin, le pape de Tel quel, le stratège de l’establishment des Lettres, le démiurge de L'Infini, mérite-t-il sa réputation, voire sa splendeur auto-octroyée ?

 

Qui est Philippe Sollers ? Grâce à sa consécration par la collection Les contemporains des éditions du Seuil en 1992, il serait devenu au moins l'égal de Claude Simon, de Ponge, de Handke et de Bernhard, de Gracq et de Duras, de Blanchot et Borges... Pour qui, comme votre serviteur, à vingt ans, a découvert Sollers avec le feuilleton en sept années de Paradis dans la revue Tel Quel, il est moins l'idéologue, le pape du « Telquelisme », le maoïste aux enthousiasmes pour le moins erronés, celui qui a tourné sept fois sa veste, que l'écrivain. Si l'on souligne encore les débuts fêtés tant par Mauriac qu'Aragon, la théorie absconse et tranchante, entre structuralisme et sémiologie, le voyage officiel dans la Chine de Mao (mais aussi son intérêt éclairé pour la culture chinoise ancienne), le catholicisme au parfum de scandale ou l'habileté des best-sellers, reconnaissons-lui un certain génie de stratégie de la connaissance et de la traversée du monde contemporain. Sans compter une réelle passion investigatrice pour des œuvres majeures qu’il n’a cessé de défendre et d’analyser, de Joyce à Sade, en passant par Dante et Casanova.

 

 

Les polémiques apaisées, pourrons-nous aborder « l'œuvre » en toute sérénité ? L'œuvre : miroir aux facettes nombreuses, réservoir de langues et de styles. Qu'on en juge: le presque proustien et rigoureux petit roman d'apprentissage d'Une curieuse solitude, l'aventure de l'écriture plutôt que l'écriture d'une aventure dans Nombres en marge du Nouveau roman, le fantasme d'encyclopédie historique critique et joycienne dans Lois, massif touffu sans ponctuation, terriblement abscons, qui se voulait intimidant d’intelligence, à peu près illisible…  Enfin  Paradis vint : opéra fabuleux, poème épique et lyrique, roman éclaté sans cesse rebondissant, examen clinique du monde contemporain, du moi et de la mystique, joyeux fatras où musicalité du langage et rigueur compositionnelle apparaissent tour à tour dans le massif compact d'un seul mouvement non ponctué. Cette assomption dans une écriture expérimentale aussi unique que pétillante et d’une richesse prodigieuse[2] risquait d’isoler Sollers. Alors le fin stratège conçut Femmes. Ce roman à thèses et à clés, un rien célinien, fragmenté, voire désordonné, en prise sur l'immédiat contemporain, fut soudain plébiscité par le grand public. Provocation qui associait les femmes à la mort, casanovisme affirmé, narration souvent classique, parfois autobiographique, autofiction, portraits d’amis et d’intellectuels, dont celui à peine masqué de Roland Barthes, si émouvant hommage, permirent de sauver cet opus de l’impression qu’un fatras bavard phagocytait le champ romanesque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais pour qui ne serait pas encore convaincu de la maîtrise et de la sincérité affichée dans le roman autobiographique Le Cœur absolu, il y eut la prose supérieurement classique, concise, elliptique et succulente, à la Fragonard, dans Les folies françaises, la passion mystique et l'érotisme subtil de cette légende de l'écrivain amoureux qu'est Le Lys d'or. Il y a quelque chose de mystique chez ce romancier qui adule, voire idéalise les femmes qu’il choisit d’aimer, y compris au moyen d’une sexualité mi coquine mi bourgeoise. Même si l’examen des dérives du féminisme castrateur dans Femmes et l’intérêt passionné pour Sade laissent rêveur. C'est alors que nous relirons Sade contre l'être suprême, plaquette prétendument « censurée », selon le fantasme de son auteur. Identification suspecte au philosophe cruel des boudoirs? Ou essai critique plein de finesse ? Mais il est de bon ton d’aimer et de discourir de Sade. Est-il encore nécessaire de faire la « guerre du goût » pour défendre la légitimité de Sade qui, certes n’a pas à être censuré, mais à être remis à sa place : grand écrivain, analyste des ressorts de l’inhumanité de l’humanité, et cependant thuriféraire de l’inhumanité, de la torture…

Pourtant la Guerre du goût menée par Sollers est continue, toujours à reprendre, il faut sans cesse élever des stèles écrites à ses batailles et escarmouches puis les rassembler dans le jardin monumental (et à la française) d'un beau livre. Outre d'ardentes préfaces ou essais pour des éditions d'art, de Fragonard à Céline, de Rodin à De Kooning, de Sévigné à Genêt, ce sont des petits essais, des articles donnés au journal Le Monde. Le mot « article » paraît alors trop circonstanciel, déjà dépassé, sinon péjoratif. Mais là, Sollers excelle, il fait mouche, grâce peut-être à l'avarice de l'espace imparti. C'est une pensée en marche, une pensée d'éclaireur et d'avant-poste, d'attaque plutôt que de défense. Il suffit pour s'en convaincre de relire sa piquante et élogieuse préface aux Photos licencieuses de la Belle époque. Pêle-mêle, on va de Bordeaux à New York, de Mozart à Miles Davies, de Gongora à Nabokov, de Proust à Nietzsche... Compagnie fabuleuse, curiosité des lumières... Où justement les lumières sont souvent celles de leur siècle, et françaises. Sollers est complice de Voltaire, amoureux de Laclos, voluptueux du monde avec Casanova, philosophe avec Sade. Mots clés ? « Désir », « luxure », « paradis », « feu », « religion », « esprit »... La grande inquiétude de Sollers est que l'esprit des Lumières s'éteigne, que les grands livres disparaissent, soient confisqués par les loisirs programmés, qu'on les brûle comme des Rushdie, que ce soit par intégrisme économique ou religieux, ce en quoi on ne peut que partager sa foi militante. Il craint et pourfend le « politiquement correct », les lieux communs et les tyrannies de la « société du spectacle » dénoncée par Guy Debord, tout cela certes non sans user et abuser du cliché consensuel.

Ainsi, ces biographies subjectives et romancées de Vivant Denon, de Casanova, de Mozart, ou dernièrement de Nietzsche dans Une Vie divine, sont autant un examen du créateur emblématique qu’il n’est plus guère besoin de défendre, qu’une rêverie entraînante, qu’un autoportrait impressionniste au miroir du génie. On y trouvera moins ces grandes figures que Sollers lui-même, en un délicieux exercice de narcissisme, qui est autant d’une intelligence supérieure qu’ampoulé, creux, bavard, bourré de clichés sucrés. Nietzsche, se demande-t-il, approcherait-il Dieu ? Et Sollers, parmi tant de femmes qui sont ses personnages charmants, trop complaisants peut-être, utilisables à satiété pour les plaisirs d’un maître un rien sexiste, serait-il ce divin artiste de la langue?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais de L’Etoile des amants jusqu’à Trésor d’amour (son dernier roman paru), Sollers continue de cultiver un hédonisme enchanteur qui a quelque chose de stendhalien. On pourrait lui reprocher de se réfugier dans la rose tour d’ivoire des plaisirs charnels et intellectuels. Mais, outre sa critique bien sentie, quoique un peu trop redevable de la réduction facile au pétainisme, de « La France moisie », ses allusions aux libertés nécessaires de l’écrivain en font, quoique moins directement engagé que l’on aurait pu l’attendre, le signe de la préservation indispensable du goût de l’égotisme et des plaisirs raffinés dans un monde qui voudrait trop souvent les blâmer, sinon les éradiquer au moyens d’idéologies, politiques ou religieuses, délétères…

Certes, il a été l’objet, comme tout auteur parvenu à une certaine position dominante, à la fois commerciale, intellectuelle et éditoriale (chez Gallimard) de critiques, voire de pamphlets. Il suffit de penser au livre bien vigoureux de Pierre Jourde : La Littérature sans estomac[3]. C’est en tête de ce talentueux et nécessaire brûlot que figure Sollers sous le titre ainsi conçu : « L’Organe officiel du Combattant Majeur : Le Monde des livres et Philippe Sollers ». Cette dénonciation virulente d’une suspecte collusion éditoriale et journalistique a pris aujourd’hui quelque ride, puisque notre auteur n’est plus un pilier du supplément hebdomadaire du journal. Mais il faut avouer que la direction de la collection « L’infini » chez Gallimard n’a toujours pas permis l’éclosion de chefs d’œuvre infinis (ce dont hélas ne peut guère se targuer l’ensemble de la production romanesque française).

 

 

Pierre Jourde attaque non sans pertinence l’autopromotion permanente (mais on n’est jamais mieux servi que par soi-même et ses affidés) du maître, la propension à abuser d’une pensée « sans cesse annoncée » mais jamais réellement explicitée. Paraître poser les grandes questions sur le génie des écrivains et des artistes ne suffisant pas à y répondre. La pose du penseur se boursouflerait sans que le lecteur ait le moindre fin mot à se mettre sous l’intellect. « Edulcorer », « pages verbeuses », voilà quelques perles de la non pensée consensuelle et cultivée de Sollers selon Jourde… Jugez-en à travers cette perfidie : « Il est déjà, en soi, assez amusant de voir un notable des lettres et un homme de pouvoir se réclamer à tout bout de champ de marginaux et de poètes maudits ». Notons que notre époque française n’aime rien tant que la rebellitude confortable et institutionnalisée et que Sollers prend le soin de paraître loin au-dessus de l’arène politique en affichant une dédaigneuse et amusée (et encore une fois consensuelle) pose centre gauche. Pire, Jourde accuse : « Ce verbiage périmé fait de Sollers un écrivain définitivement daté. Vieilles mythologies, mots d’ordre, folklore intellectuel, propagande simplificatrice, obsession du complot : tout l’arsenal culturel, en somme, des dictatures ». Diantre, rien que ça ! La réjouissance pertinence de Jourde s’est-elle légèrement laissé aller à s’emporter dans les attendus de son exercice de style ? Il faut reconnaître que les génies encensés par le critique des guerres du goût et de l’Eloge de l’Infini, sont tous parfaitement reconnus, et qu’il n’a découvert personne dans le contemporain, malgré son intérêt pour Philip Roth, sinon lui-même.

 

Reste que Sollers (en parlerions-nous s’il n’en valait pas la peine ?) a du goût, la grande classe du goût. Il faut à ce polygraphe amoureux de Venise, reconnaître une voix, une musicalité personnelle et somptueuse parmi ses monologues d’esthète, ses douceurs romanesques, que d’aucuns qualifieront, au choix, de sublime ou de désuète. Il aime les plaisirs de l'intelligence et du sexe (comme ils peuvent aller bien ensemble!), des grands Bordeaux et du style. Sans nul doute, ce prosateur absolument virtuose de Paradis, ce fin commentateur du Paradis de Dante, sûr de sa valeur ou pétri d’une pathétique présomption, sait écrire un Discours parfait, il a une Vie divine. Vie au cours de laquelle il aura passé du culte de Mao, à celui du Pape, jusqu'à celui du moi, servitude volontaire, sous l'autorité d'un maître, de moins en moins dangereuse. Prodigieusement cultivé, il restera, malgré ses détracteurs, une énigme, semblable à nulle autre. Nous ne pourrons lui reprocher de compter parmi ses élus un écrivain du XXe siècle après J-C nommé Sollers : voilà qui est du meilleur goût.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Etude revue et augmentée à partir d’un article sur La guerre du goût

paru dans La République des lettres, décembre 1994

 

[1] Pour faire allusion à un titre faussement modeste de Christian Bobin : Le Très bas, consacré à Saint-François d’Assise, Gallimard, 1992.

[2] Voir la thèse de doctorat de Thierry Sudour soutenue en 2008 : « Paradis » de Philippe Sollers : Édition critique et commentée.

[3] L’Esprit des péninsules, 2002.

 

Claustro de Villanuova, Cangas de Onis, Asturias. Photo : T. Guinhut.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:13

 

Sankt Niklaus / San Nicolo, Südtirol / Trentino-Alto Adige. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

"Piss Christ",

 

une icône chrétienne d'Andres Serrano.

 

 

 

 

Le Christ a été giflé, souillé. Ce n’était pas en Palestine, au premier siècle de notre ère, mais à Avignon, autrefois « Cité des Papes », le dimanche jour du Seigneur 17 avril 2011… Fut-ce du fait d’un artiste insultant, ou de la part du public, du moins d’un groupuscule qui s’évertua à frapper une photographie sous verre ? Alors qu'il s'agit dans le cas de ce Piss Christ d'un surgeon de la tradition du Christ aux outrages...

 

L’artiste s’appelle Andres Serrano et l’objet du délit, si l’on en croit les agresseurs, est une photographie représentant un crucifix. Le jeune homme aux bras tendus par les clous penche sa tête probablement couronnée d’épines, exsudant une intense lumière ivoirine et jaune. Alors qu’autour de la croix une aura rougeoyante, rubescente, inonde tout le format, parfois parcourue de petites bulles, comme de champagne. Indubitablement, c’est très beau, totalement extatique et mystique… Hélas, il s’agit d’un bocal d'urine. Car l’on s’est penché sur le titre : « Piss Christ ».

Qui est ce photographe ? Andres Serrano, d’origine hondurienne et afro-cubaine, est né en 1950 à New-York. Ses séries photographiques incarnent des problématiques autour du corps, du sexe et de la religion. « The Morgue », par exemple, montre des cadavres, comme des gisants, des cercueils aux contenus exhibés comme venus de la peinture des retables baroques. D’autres exhibent des sexes vieillis, des auto-fellations, des giclées de sperme, des excréments… Le « Piss Christ » voisine avec des Madones et des sculptures grecques elles-mêmes immergées dans ces luminosités orangées qu’il paraît réserver aux figures de la transcendance.

Il y a une réelle cohérence dans ce travail, autour des sécrétions, des liquides et des matières corporels : sang, voire sang menstruel, lait maternel, sperme et merde, par exemple lorsqu’il propose en ce dernier matériau son autoportrait… Tout ce qui nous nourrit, nous fait vivre, nous permet de se reproduire et de jouir, tout ce résultat du cycle vital que nous rejetons, en d’autres termes nos fondamentaux animaux qui, hors, hélas peut-être, le sale de la merde et l’obscène du sperme, ont été sacralisés chacun à leur manière dans les mythes, les religions, les sacrifices, les icônes de l’art et de l’éros, jusque dans la pornographie qui est une anti-sacralisation, ou, si elle se fait art raffiné, extase voisine de celle de Sainte-Thérèse statufiée par Le Bernin.

Que l’on soit choqué par de telles recherches esthétiques, pourquoi pas. Que l’on refuse de les acheter, d’aller les regarder, soit. Mais peut-on impunément détruire une œuvre d’art, même jugée grotesque, infâme ?

Un commando catholique est donc venu dans les locaux de la collection d’art contemporain Yvon Lambert à Avignon ce dimanche 17 avril pour marteler la photographie « Immersion Piss Christ » ainsi qu’un autre cliché, « Sœur Jeanne Myriam ». Deux visiteurs armés d’un marteau et d’une sorte de pic à glace les ont attaqués, brisant les vitres protectrices. Trois gardiens qui tentaient de s’interposer ont été menacés et molestés, avant que les agresseurs parviennent à s’enfuir du musée. La direction a porté plainte, tout en assurant que les œuvres seraient montrées dans cet état désastreux.

 

Andres Serrano : Piss Christ.

 

Selon l’AFP, ces censeurs intégristes autoproclamés proviendraient de « l’Institut Civitas », qui se veut sur son site internet « une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France », militant pour « l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples », et pétitionnant contre le travail d’Andres Serrano. Samedi déjà, une manifestation de « 800 ultra-conservateurs et jeunes intégristes » contraignit le musée à fermer. L’évêque d’Avignon, Monseigneur Cattenoz, qui avait demandé le retrait de la photographie, parla d’un cliché « odieux » qui « bafoue l’image du Christ sur la croix, cœur de notre foi chrétienne ». Rien que ça ! Ceci rappelant la polémique qui avait eu lieu aux Etats-Unis dans les milieux traditionnalistes au moment de sa première monstration, il y a trente-cinq ans… Il y eut bien sûr des cas semblables, comme la « Nona Ora » de Maurizio Cattelan représentant Jean-Paul II écrasé par un rocher, qui suscita l’ire des intégristes chrétiens… Tout cela au motif que ce « Piss Christ » est insultant envers les croyants, envers la foi chrétienne, envers le Christ. Ils se trompent. Plus lourdement que le rocher.

L’on sait qu’Andres Serrano fut élevé dans une stricte éducation catholique, qu’il se dit « chrétien », que sa maison est une véritable église avec lutrin et sculptures sacrées, que l’une de ses plus prestigieuses expositions eut lieu dans l’« Episcopal Cathedral of Saint John the Divine » de New-York. Sans même lui imaginer une vocation personnelle religieuse, l’on peut plaider la cause chrétienne de cette œuvre, même si, assénons-le, elle n’a pas besoin d’être ainsi défendue pour avoir le droit et le devoir d’exister en tant que liberté créatrice et interrogatrice…

Car dans quelle tradition s’inscrit ce « Piss Christ », sinon dans celle du « Christ aux outrages » ? Nos intégristes sont-ils si incultes en histoire de l’art et en théologie ? Nombre en effet d’œuvres picturales et mêmes musicales relèvent de cette dimension, dans laquelle les blessures infligées au corps du fils de Dieu, les instruments de la Passion (de l’éponge imbibée de vinaigre, à la lance, en passant par les clous…) sont listées et vénérées. Pensons au retable d’Issenheim (entre 1512 et 1515) de Matthias Grunewald, qui peignit par ailleurs un « Christ outragé », dans lequel le Christ en croix voit son corps entier percé d’épines, ses mains crispés par le clou, ses pieds sanglants, sinon pourrissants, sa bouche tordue par un filet de salive… Pensons à la cantate de Buxtehude (1637-1707) « Membra Jesu nostri » qui en sept parties pour solistes, chœur et orchestre se consacre successivement à la déploration et la gloire des pieds, des genoux, des mains, des côtés, de la poitrine, du cœur et de la face du Seigneur insultés depuis le jugement de Pilate jusqu’au Mont des Oliviers.

Ainsi, avec sa chrétienne icône, Andres Serrano œuvre dans la tradition. Le croyant comme l’agnostique pourront méditer sur la souffrance et la cruauté qui sont le lot de l’humaine condition. Sur celui que Dieu a envoyé parmi les hommes pour incarner, ressentir et porter nos blessures. Mépris, châtiment et pardon pour les tortionnaires, compassion pour la victime, voilà ce que doit inspirer ce sang qui rougeoie, cette urine jetée à la face du fils de l’homme qui vaut bien le vinaigre offert par les soldats romains… En une sorte de catharsis, l’œuvre d’art purge nos passions violentes, nos sadismes et nos provocations puériles. Enfin l’amour du Christ, par lui, en lui et pour lui, est sous la vitre, intacte ou saccagée, de cette photographie qui relève de l’art sacré autant que du scepticisme.

Cette œuvre serait-elle insultante qu’elle aurait le droit d’exister au motif que nombre de religions qui proclament chacune détenir la vérité et le seul Dieu, voire plusieurs, sont obligées, nolens volens, de coexister, d’accéder à l’œcuménisme, à la tolérance universelle. Sans compter que le blasphème, si blasphème il y a, ne peut en aucune manière entrer dans le droit des démocraties libérales et de la République où les pouvoirs spirituel, le religieux, et temporel, le politique, sont radicalement séparés. Implicitement, le droit au blasphème, qu’il s’agisse d’art, de caricature, de liberté de pensée et d’expression, est donc reconnu, à la seule réserve que le devoir de discrétion et de respect s’arrête à la porte des lieux saints et de culte. Faute de quoi la charia, qu’elle soit musulmane ou catholique, devrait ici s’appliquer, comme dans l’horreur pakistanaise… Même si l’on peut mieux comprendre, -cependant, entendons-nous bien, ni excuser ni permettre- l’iconoclasme de l’Islam puisque cette religion interdit la représentation humaine et divine. Alors que la Chrétienté a presque toujours favorisé et compris la création des images christiques, et que l’art contemporain, ici explicitement honni par ces séides de l’intégrisme probablement proche du Front National, retrouve un intérêt réel, et controversé, pour le sacré et la question de la transcendance.

  Le rôle de l’artiste, de l’écrivain, de l’intellectuel, dignes de ce nom doit être, au-détriment d’une directe provocation adressée dans leur espace privé et cultuel aux croyants qui n’ont rien demandé, de provoquer la réflexion, de lutter contre les préjugés, de proposer des alternatives à des systèmes de pensée, si riches et raffinés soient-ils. C’est ainsi que leur liberté esthétique, conceptuelle et d’expression devient la garante de nos libertés à tous. Sans liberté, le respect n’aurait plus ni sens ni valeur…

 

Une fois de plus, hélas, voici le Christ figurant au Musée des scandales[1], conspué, frappé, martelé… Mais par ses troupes, par les catholiques extrémistes, minorité minuscule certes, mais qui n’a guère à envier à des talibans au petit pied… Qu’en toute modestie, ils fassent pénitence. Le Christ saura les pardonner. L’artiste les sauverait-il de la honte ?

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Fresques XVI° de Mont, Haute-Garonne. Photo : T. Guinhut.     

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Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable, Nouvelles de jour et nuit

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'intégrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

George Steiner, tragédie et réelles présences

Vocabulaire européen des philosophies et autobiographie par Barbara Cassin

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lorca

Federico Garcia Lorca par Ian Gibson ; Une Colombe si cruelle

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Lumière de L'Esprit des lois

 

 

 

 

 

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Populisme

Populisme, complotisme et doxa

 

 

 

 

 

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

De Jésus aux chrétiennes uchronies

Le Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

Science et guerre : Volpi, Labatut

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie ; No Smoking

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare et la traduction des Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

 

 

 

 

 

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

Temps de Chronos et politique des oracles

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Hayes : Je suis Pilgrim ; Tejpal

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

À la recherche des années Trump : G Millière

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

Volpi : Klingsor. Labatut : Lumières aveugles

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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