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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 17:45

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Un Borges idéal, équivalent de l’univers :

 

 

Anthologie personnelle ou de l’Art de poésie

 

 

 

Jorge Luis Borges : Anthologie personnelle,

divers traducteurs de l’espagnol (Argentine), L’Imaginaire, Gallimard, 294 p, 9 €.

 

Jorge Luis Borges : L’Art de poésie,

Arcades, traduit de l’anglais par André Zavriew, Arcades, Gallimard, 140 p, 13 €.

 

 

 

      Pour qui serait perplexe devant la torrentielle immensité des deux tomes de la Pléiade consacrés à Borges, Borges lui-même a pensé à faciliter la tâche. Cette Anthologie personnelle illustre à merveille l’adage selon lequel on n’est jamais mieux servi que par soi-même. N’en déplaise à qui regretterait tel texte manquant, où que concoctée en 1961 elle fasse forcément l’impasse sur une intense création postérieure, dont La Rose de sable ou Atlas, il peut s’agir là d’un Borges idéal. Reste alors à se demander quel miroir l’auteur des Fictions envisage de donner à son lecteur ; car c’est en ce miroir, en cet « art de poésie », que nous trouvons l’impossible pourquoi de la nécessité de Borges.

 

      L’imaginaire du bibliothécaire de Buenos Aires est le nôtre, du moins si nous consentons à percevoir pourquoi il nous fascine, nous importe et nous change. Il s’agit en effet d’un imaginaire proliférant, dont la démarche est à la fois celle du rêve nocturne, de la rêverie consciente et de la spéculation intellectuelle, que l’on dirait animé de perspectives jamais pensées à ce point avant lui : jusqu’à risquer un équivalent de l’univers. À cet égard, il peut paraître stupéfiant de constater que le maître des labyrinthes n’ait pas inclus en cette anthologie « La bibliothèque de Babel ». Choix trop évident peut-être. À moins que cette dernière soit ici implicite.

      Scrutant « la secrète morphologie de la sombre série » des crimes, l’écrivain n’agite les reflets de ses personnages que pour somptueusement illustrer une thèse : ils se répètent et répètent une histoire emblématique, un mythe, qu’ils soient chrétiens ou juifs, qu’ils soient de pauvres gauchos rejouant sans le savoir l’assassinat de Jules César, ou d’obscurs rebelles meurtriers éprouvant l’interchangeabilité des identités. Mieux encore, ils sont à la recherche des lettres du nom de Dieu, qui donnerait accès à « l’éternité -c’est-à-dire la connaissance immédiate de toutes les choses qui sont, qui seront et qui ont été dans l’univers. » C’est l’objet de « la Mort et la boussole », conte métaphysique et policier qui ouvre le recueil. Quoique, en une construction presque circulaire, labyrinthe où git le minotaure de son propre destin, la fin de ce recueil réanime les vengeances, les morts brutales, de gauchos, ou de victimes de la gestapo.

      En cet anthologie dont l’ordre n’est pas celui des recueils, mais à peu près thématique, histoires de crimes, de détectives, et déroulements fantastiques se succèdent. D’abord la fascination pour les ambitions et les combats de gauchos, cette « mythologie de poignards », de tango et de milonga, comme une conséquence d’une enfantine fascination pour des westerns argentins élevés au rang de l’Iliade. Ainsi, les limites au réalisme latino-américain, craquent sous la pression de l’épopée et du songe…

      Ensuite la mémoire et le temps, réfuté par une sorte de néoplatonisme issu de Berkeley ; ce que confirme Carlos Fuentes : « Borges, dans toutes ses histoires, observe un temps et un espace totaux qui, à première vue, peuvent seulement être approchés au moyen d’une connaissance totale. Borges, cependant, n’est pas un platoniste, sinon une sorte de néoplatoniste pervers. Il postule d’abord une totalité. Ensuite, il en démontre l’impossibilité[1] ». La preuve, l’hypermnésique Funes, surchargé de détails, « était presque incapable d’idées générales, platoniques ». Cependant un empereur chinois, dans « La muraille et les livres », brûle ces derniers pour « que l’histoire commençât avec lui », pour relancer les dés et « recréer le commencement du temps »… Plus loin et pendant le temps du « miracle secret », un Juif praguois se voit accorder une année pour achever son drame dans l’instant où il est fusillé par la soldatesque allemande…

      Bientôt les vertigineuses plaines argentines cèdent la place à d’autres vertiges : déserts et fleuves, mythiques et érémitiques, dans « Les ruines circulaires », où il s’agit pour un voyageur de venir « rêver un homme » et « l’imposer à la réalité », enfin « participer à l’univers ». Hélas, il faut se résoudre à n’être que « la projection du rêve d’un autre homme ». Une fois de plus le rêve est supérieur à la réalité faillible et manquante de l’individu.

 

 

      Qui contrôle les pièces d’échecs que nous sommes, les noms que nous sommes ? Les poèmes avivent cette inquiétude. À moins que nous servions à la naissance de quelques vers, comme le « léopard d’ « Inferno », qui « aura donné un mot au poème » ; comme « L’autre tigre », celui qui est « le tigre vocatif de mes vers » et « fiction de l’art ». D’un seul mot, le poète vole la totalité du « palais » de « l’Empereur Jaune », donc l’univers, ce pourquoi il mérite la mort…

      De l’emboitement des rêves on passe à la transmigration des âmes, comme celle du poète Omar al-Khayyami en celle de son traducteur Fitzgerald. Ce qui permet de corroborer la fascination borgésienne pour les savants et philosophes de Perse et de l’Orient, comme Averroès, « qui, prisonnier de la culture de l’Islam, ne put jamais savoir la signification des mots tragédie et comédie », alors qu’il tentait de lire Aristote. Cette quête, toujours incomplète, est une variante de celles qui s’adressent à Dieu et à ses noms, aux « Formes d’une légende » -celles des quatre formes de la vanité révélée à Bouddha- et par-dessus tout à la totalité éternelle et idéelle. C’est celle-là que tentent d’approcher les écrivains tutélaires, l’Arioste, Cervantès ou Shakespeare, ce dernier double de Borges, qu’il soit « l’Auteur », effrayé de devenir aveugle ou de n’être « comme moi, personne ».

      Au-delà du « zahir », cet objet qui obsède vainement la mémoire, « l’Aleph », du nom de la nouvelle centrale du recueil, offre à l’anti-héros Borges, sur la dix-neuvième marche de la cave (bientôt démolie), la révélation de la totalité de l’univers, occasion d’une affolante et somptueuse énumération, parmi laquelle la Béatriz disparue aimée par le narrateur révèle les lettres « obscènes, incroyables, précises » écrites à son cousin. Là, ce dernier, poète hautement ridicule, puise l’inspiration nécessaire à son projet de « versifier toute la planète ». Ce poème, évidemment fragmentaire, « qui semblait reculer à l’infini les possibilités de la cacophonie et du chaos », obtient pourtant le « Second Prix National de Littérature ». Celui que le narrateur nomme Borges en conçoit une humiliation qui vaut son pesant d’ironie. Cette nouvelle est bien l’une des plus subtiles, l’une des plus palpitantes, émouvantes et métaphysique du tigre des bibliothèques argentines.

      Partout, en toute son œuvre, Borges a eu l’ambition de nous confronter à l’équivalent de l’univers. Ce pourquoi, ce ne sont que contes, nouvelles, poèmes ; jamais de vastes romans, de système philosophique aux yeux plus gros que le ventre. « L’Aleph » est bien le grain de sable littéraire, l’agate fossile et lumineuse que son maître nous a évité d’avoir à longuement chercher parmi les milliards de livres improbables de « La bibliothèque de Babel ».

      Outre la vertigineuse richesse thématique et intellectuelle -même si le lyrisme amoureux[2] est ici, par pudeur, absent, sauf avec cette Béatriz peu dantesque- qui ne sacrifie ni le suspense ni la couleur locale, l’art de Borges est un art de l’écriture. Son style, caressant, parfois abrupt, prenant, enveloppant et d’une rare précision, même dans les arcanes et incertitudes du fantastique, s’orne de personnifications bien aptes à signifier que tout est parlant en son monde : « un ruisseau aveugle aux eaux fangeuses, outragé de tanneries et d’ordures », par exemple. Nous avons déjà noté les énumérations, comme dans « L’Aleph » : « Je vis la mer populeuse, je vis l’aube et le soir, je vis les foules d’Amérique, une toile d’araignée argentée au centre d’une noire pyramide, je vis un labyrinthe brisé (c’était Londres)… ». Mais à cet équivalent délicieusement artificiel, littéraire, de l’univers, il manque « La lune », constatent les quatrains du même nom…

      À feuilleter d’une main distraite ce volume, l’on ne peut pourtant manquer d’apprécier que les contes ou nouvelles en prose alternent avec les poèmes, d’ailleurs souvent bellement traduits en alexandrins, parfois même rimés : n’en doutons pas, chacun des deux ont autant d’importance, autant d’ « art de poésie », ont partie liée pour le maître de Buenos Aires.

 

 

      Quand le poète (1899-1986) voit que l’art est cette Ithaque / De verte éternité », l’essayiste et réunit six conférences prononcées à Harvard en 1967, dans la langue de Shakespeare, du moins de manière posthume, car retrouvées et publiées en 2000 (donc absentes en Pléiade) sous le titre L’Art de poésie, dont on ne sait s’il est apocryphe.

      « La poésie est l’expression de la beauté par l’intermédiaire de mots combinés avec art ». Cette juste définition parait sèche à notre conférencier. De même qu’une explication par le moi subliminal et l’inconscient de « L’énigme de la poésie » ; ce qu’il taxe de « termes plutôt frustes si on les compare au Saint Esprit et à la Muse ».

      Elle est aussi le siège de la métaphore, à condition qu’elle ne soit pas qu’une morte répétition, mais que vivante elle charme et emporte son lecteur. On la trouve à l’envi dans les trois plus grands poèmes narratifs de l’humanité, ces épopées élues par Borges : « celle de Troie, celle d’Ulysse et celle de Jésus ». Elle permet de recourir « à des mots de la langue de tous les jours et à faire en sorte qu’ils cessent de l’être, à en tirer des effets magiques », à moins de travailler avec des figures plus recherchées.

      Il est alors évident, parlant en anglais, que Borges devait aborder l’épineux problème de la traduction poétique. Le traducteur oscille entre une transposition littérale (qui ne l’est jamais tout à fait) est « la musique des mots ». En ce sens, il faut comprendre le poème « non avec la seule raison, mais avec une faculté plus profonde, l’imagination ». On devine que de nombreux exemples sont empruntés à Homère et Stevenson, aux Sonnets de Shakespeare[3], à Coleridge, Rossetti ou Chesterton, sans omettre Les Mille et une nuits.

      Certainement la dernière conférence, non sans auto-ironie un brin cabotine, est la plus savoureuse : « Le credo d’un poète ». Ce credo, « plutôt chancelant » n’est autre que celui de Borges lui-même, pas un instant pontifiant et parlant plus de ses erreurs (en particulier son manque de simplicité dans le conte « L’immortel ») que de ses réussites. Sa modestie lui permet de bien plus insister sur ses lectures, depuis l’enfance, que sur son œuvre : « Je pense que vous avez tort d’admirer mes écrits […] mais je trouve votre erreur généreuse ». Comptons néanmoins la grâce qu’il fait à ses auditeurs, quoique en espagnol d’autant plus musical, lorsqu’il conclue en lisant un stupéfiant sonnet sur Spinoza, qu’il dût polir comme les miroirs du philosophe : « Labra un arduo o cristal : el infinito / Mapa de Aquél que es todas Sus estrellas », ou « Il polit le cristal : carte infinie / De Celui qui est toutes Ses étoiles ».

      À propos d’erreur, on restera cependant fâché, non pas contre Borges, mais contre une note qui traduit de manière erronée le fameux hypallage de Virgile : « Ibant obscur isola sub nocte per umbram[4] ». Ce n’est pas, vous l’aurez reconnu, « Ils allaient solitaires dans la nuit obscure », mais « Ils marchaient obscurs sous la nuit solitaire » !

 

      Borges « tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change[5] », celui à qui Dieu, « avec sa magnifique ironie / [Lui] fit don à la fois des livres et de la nuit », imaginait « le Paradis / Sous l’espèce d’une bibliothèque ». Il nous suffit de constater qu’un paradis est enclos, prêt à être sans cesse déplié, entre les pages de cette Anthologie personnelle. Loin d’être un exercice narcissique de son auteur, elle devient « personnelle » et idéale à chaque lecteur de bonne volonté, invitation à se plonger enfin dans les promesses populeuses des deux tomes de La Pléiade. En cette anthologie, en cet art de poésie, et pour paraphraser une citation caressée par l’aveugle miroir des bibliothèques, là où tant de choses de beauté sont une joie éternelle : « A thing of beauty is a joy forever[6] »…

 

Thierry Guinhut

Une vie-d'écriture et de photographie

 

 

[1] Carlos Fuentes : La Gran novella latinoamericana, Alfaguara, 2011, p 155, traduit par mes soins.

[4] Virgile : Enéide, VI, 268.

[5] Stéphane Mallarmé : « Le tombeau d’Edgar Poe », Œuvres complètes, Gallimard, La Pléiade, 1974, p 189.

[6] John Keats : Endymion, vers premier ; Poèmes, Imprimerie Nationale, 2000, p 102.

 

 

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 15:38

 

Rio de Naval, sierra de Guara, Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

César Aira, fantaisiste sérieux

 

des congrès de littérature et de magie.

 

 

César Aira : Le Congrès de littérature,

traduit de l’espagnol (Argentine) par Marta Martinèz Valls,

Christian Bourgois, 112 p, 14 €.

 

 

 

      Quel adolescent n’a pas rêvé de ramener un trésor introuvable du fond des mers ? De dissoudre les pires créatures qui menacent l’humanité ? Retrouvons alors l’imaginaire bondissant de nos treize ans, mais pour l’associer à notre esprit critique d’âge mûr, en liant le dernier roman d’un Argentin facétieux. Car fantômes et super-héros, magicien et petite filles, s’amusent à nous piéger parmi l’œuvre de César Aira, qui est tout entière un Congrès de littérature, aussi fantaisiste que sérieux. Depuis Les Fantômes, jusqu’à son Anniversaire, écrit à l’occasion de son demi-siècle, alors qu’il a aujourd’hui soixante-sept ans, l’argentin César Aira est sans conteste un Magicien de la littérature, un burlesque grave, voire un parodiste patenté du postmodernisme.

 

      Un écrivain argentin, certainement un double de son auteur, est invité au Venezuela à un « congrès de littérature ». Ce qui n’intéressera guère cette sorte de potache un rien flemmard. Tout juste consent-il à assister à la création d’une de ces pièces, « une saleté » autour du mythe d’Adam et Eve, ce qui ressortit à une sorte de mise en abyme de l’œuvre, non seulement de l’écrivain, mais du héros, bien plus passionné par son premier exploit (résoudre l’énigme du « fil de Macuto » et retirer de la mer un trésor fabuleux) et son entreprise scientifique science-fictionnelle et loufoque. Il s’agit pour lui de jouer au « savant fou », d’utiliser son invention, une « guêpe génétiquement bricolée » pour aller prélever l’ADN d’un « génie », rien moins que l’écrivain mexicain Carlos Fuentes[1], ce qui devrait permettre de générer nombre de clones de ce dernier. Las, l’entreprise, déjà parodique, tourne au burlesque à grand spectacle : c’est la cravate de l’auteur de Terra nostra qui fait l’objet d’un prélèvement et génère des larves de soie « titanesques » qui s’écroulent en avalanche sur la ville et la menacent d’apocalypse. Bien sûr, notre héros saura, grâce à son « « Exoscope », parer au pire et susciter une fois de plus l’admiration générale, y compris d’une jeune étudiante…

 

 

      L’utilisation des lieux communs des comics (larves géantes et superpouvoirs) ne va pas sans une constante ironie, qui est celle du postmodernisme. L’on sait combien l’anti-héros qu’est au fond de lui le narrateur se projette dans le fantasme consolateur. Au-delà de sa propre invitation à ce « congrès de littérature », apparaissent nombre de lieux communs caressés par un personnage, voire un écrivain, de surcroit encore petit garçon dans l’âme, qui rêve de résoudre les plus grandes énigmes des romans d’aventure et de science-fiction. Fantasmes également de l’écrivain d’âge bien mûr qui se voit adulé par la foule et embrassé par une jeune étudiante pulpeuse. Les ficelles de la littérature fantasmatique et consolatrice sont alors exhibées à plaisir : « Ceci n’arriverait jamais dans la vie réelle ; c’est l’émanation d’une imagination fébrile, dans ce cas la mienne, et revient vers elle comme la métaphore de ma vie intime ». Au point que commentant son entreprise de clonage d’un « homme supérieur », il précise son esthétique littéraire : « Sous ma loupe intérieure, dans son anamorphose rhétorique, chaque pensée prend la forme d’un clone, une identité surdéterminée ». Il faut en effet lire César Aira en deux étages -au moins-, celui d’une narration aux divertissantes péripéties à ne pas prendre trop au sérieux, et celui d’une méta-littérature qui a plus que conscience d’emprunter à divers codes du roman, du feuilleton populaire, et des œuvres savantes, tout en jouant sur les deux tableaux pour le plus grand plaisir du lecteur lambada autant que du spécialiste gourmand. Ainsi le mythe populaire entre tous du jardin d’Eden est révélateur d’une telle lecture : « Au fond, les noces d’Adam et Eve étaient le mythe de la contiguïté absolue, le sexe précédé et rendu possible par le clonage ». De même, écrire pour César Aira, c’est un peu cloner, avec la part de risque et d’improbable nécessaire : « rien d’autre que de la duplication de cellules de style ».

      Décidément, César Aira aime beaucoup les congrès. Pour s’y sentir au mieux parmi ses confrères, ou pour s’en moquer, s’en distancier pour le moins. Après Le Congrès de littérature, c’est à un « symposium d’illusionnistes » qu’est invité le héros autant qu’anti-héros dont le seul nom est Le Magicien[2]. N’en doutons pas d’ailleurs, littérature et déballage d’illusions, c’est du pareil au même.

      Hélas notre Magicien, bien que le plus réellement du monde doté de pouvoirs surnaturels, car il peut « annuler à sa guise les lois du monde physique », a le plus grand mal avec le quotidien : la preuve, trouver ne serait-ce que le programme du congrès est une gageure ! Pire, il ne sait et ne saura jamais quand est programmé son « numéro », en une sorte de redite kafkaïenne infinie. L’inquiétude « pousse comme une plante transparente, jusqu’au moindre recoin de son esprit ». Pourtant notre Magicien se « méfie des écrivains qui embellissent les choses. Pour [lui] le réalisme est une condition sine qua non ». On admirera l’auto-ironie de César Aira en écrivain distancié et moqué par sa propre œuvre. Sans négliger la satire, lorsque l’on apprend que ce congrès est organisé par l’Etat et divers sponsors, capables de « faire entrer la magie dans le domaine de la Culture », selon l’aveu du Ministre qui avoue que « tout le monde vole » et que « la vraie magie, on la trouve dans les finances, pas au fond des chapeaux hauts-de-forme » ! Mieux encore, les imprimeurs du programme qui n’arrive jamais sont également éditeurs, mais « pirates ». Ils ne visent que la « quantité » et proposent à notre pauvre égaré d’écrire un livre : « Il vous vient une idée pour écrire un livre, vous dites « abracadabra », et le livre est écrit ». Vertige existentiel, satire de notre temps et rires ne sont jamais loin l’un de l’autre.

   

      La métaphore du congrès n’est pas inopérante dans le cas du roman Les Fantômes[3]. Un immeuble en construction réunit en effet les copropriétaires en visite d’inspection des travaux et en veine de projets –sinon de fantasmes- en termes de décoration. Le réalisme bouillonnant se fendille bientôt, grâce à « la légère absurdité de toute chose ». Il ne devient plus qu’une « touche de réalisme puéril et familial ». En effet, la famille Vinas, en cet immeuble en devenir, voit des fantômes, et tout particulièrement la fille, Patri, qui s’acoquine avec eux. Etranges fantômes en vérité, qui sont peut-être « un fiasco total en matière de virilité ». Leur sourire mystérieux est « une espèce de fatalité qui surgissait du fond d’elle-même, de son scepticisme ». En fait, cet immeuble est « la ville mentale, comme celle de Dublin pour Joyce ». Ce qui montre bien que, aussi aimable, rusée, prête à basculer dans le fantastique qu’elle soit, l’écriture de César Aira n’est jamais au service d’une narration innocente, mais sans cesse animée d’une dimension métalittéraire…

 

     

      Bien qu’Argentin, bien que situant la plupart de ses récits en Argentine, entre Coronel Pringels dont il est natif et le quartier de Fores à Buenos Aires, hors quelques exception au Venezuela et au Panama pour Le Congrès de littérature et Le Magicien, l’œuvre de César Aira n’a rien du provincialisme. Il s’agit plutôt de détecter et de mettre en scène des fantaisies troublantes, des fantasmes universels, pour jouer sur son titre Los Fantasmas, traduit en français par Les Fantômes.

    Œuvre argentine encore, lorsqu’Un Episode dans la vie du peintre voyageur[4] vient du XIXème siècle. Ce dernier, en quelque sorte un roman historique, conte la quête d’un peintre, Johan Moritz Rugendas, portraitiste de la nature, qui parvient à acquérir « l’aspect de ses choses qu’on ne voit jamais, comme les organes de la reproduction vus de l’intérieur ». Il s’agit ici d’un art, l’écriture, qui joue à approcher un autre art : « On se fracasse contre les mots, et sans le savoir, on est passé de l’autre côté, dans le corps à corps avec la pensée d’autrui. Il arrive la même chose à un peintre, mutatis mutandis, avec le monde visible. Elle arrivait au peintre voyageur. Ce que disait le monde était le monde ».

      L’art divertissant et spéculatif de César Aira, n’aimant rien tant que jouer et surjouer avec des arts plus populaires, comme la magie, la telenovela, les arcanes des sous-littératures, que ce soient les comics, les romans d’aventure désuets, la science-fiction puérile, décorative aux effets spectaculaires, les récits d’horreur grandiloquents, le conte et la fantasy (dont J’étais une petite fille de sept ans[5] est le plus engagé dans le merveilleux) fait preuve d’une qualité éminemment postmoderne. Son mépris de la logique rationnelle a volontairement quelque chose d’aimablement puéril, son goût pour un fantastique échevelé n’est pas sans parenté avec le surréalisme. Une synthèse encyclopédique et parodique des littératures, non sans la toute personnelle touche d’humour, est bien la réalisation du vœu formulé dans ce qui est à la lisière fantomatique du récit et de l’essai : Anniversaire[6], cet objet qui est peut-être le centre caché de l’œuvre de l’argentin, lui qui, plus léger que Borges, en est néanmoins une sorte de neveu spirituel…

     

      Né en 1949, ce narrateur fantaisiste, voire frivole, cependant nanti de plus de tiroirs secrets qu’un illusionniste prodige, sait aussi le langage de la critique et de l’analyse, à l’occasion de la poésie d’Alejandra Pizarnik[7], ou de son Diccionario de los autores latinoamericanos[8]. Avec plus de 80 volumes publiés, souvent assez brefs -accordons-lui cette élégance- mais surtout un sens de l’étrangeté prodigieux et malicieux hors du commun, César Aira est un grand oublié de ce côté-ci de l’Atlantique, malgré bien des traductions. Arturo Bolano le reconnaissait comme un excentrique d’exception : ne nous en étonnons pas si nous comparons leurs écritures, apparemment d’une limpide simplicité, quoiqu’ouvrant soudain sur des abîmes de perplexité, des vertiges de l’imagination. Voilà bien en César Aira un « congrès de littérature » à soi seul, un « magicien » du récit, qui se demande, lors de l’Anniversaire de ses cinquante ans, comment prendre un nouveau départ, et imagine d’écrire en une seule nuit son œuvre entière, voire son « Encyclopédie générale qui contiendrait tout ». Moins par immodestie, que par jeu, et en réponse humoristique à l’angoisse d’exister pour ne bientôt plus exister. Sauf dans le paradis de nos bibliothèques…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[2] César Aira : Le Magicien, traduit par Michel Lafon, 2006.

[3] César Aira : Les Fantômes, traduit par Serge Mestre, Christian Bourgois, 2013.

[4] César Aira : Un Episode dans la vie du peintre voyageur, traduit par Michel Lafon, André Dimanche, 2001. 

[5] César Aira : J’étais une petite fille de sept ans, traduit par Michel Lafon, Christian Bourgois, 2008.

[6] César Aira : Anniversaire, traduit par Serge Mestre, Christian Bourgois, 2011.

[8] César Aira : Diccionario de los autores latinoamericanos Emece, 2001.

 

 

 

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 08:24

 

Eclipses du XVI° siècle, Museu Diocesa, La Seu d'Urgell, Catalunya.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

Le crescendo du temps

 

et de l’amour faustien :

 

Carlos Fuentes : L'Instinct d'Inez.

 

 

Carlos Fuentes : L’Instinct d’Inez,

traduit de l’espagnol par Céline Zins, Gallimard, 208 p, 17,50 €.

 

 

 

 

      Certes, les premières pages n’ont pas d’instinct cette vitesse éblouissante de la narration qui anime Diane ou la chasseresse solitaire[1], ni ce bouillonnement qui contribue à faire de Christophe et son œuf[2] une œuvre-monde. Ce roman aux dimensions modestes paraît d’abord ne nous intéresser qu’à la destinée finissante et lasse d’un chef d’orchestre, Gabriel Atlan Ferrara, quoiqu’un étrange « sceau de cristal », pupille d’une nouvelle vision, révéré et bientôt rageusement détruit, ouvre de faustiennes et hallucinantes perspectives…

 

      Grâce aux vertus narratives d’un vaste retour en arrière, notre jeune chef, lors d’une représentation londonienne de La Damnation de Faust, ce flamboyant opéra d’Hector Berlioz, se pique d’amour pour une cantatrice qui chante le rôle de Marguerite : Inez Prada. La reverra-t-il ailleurs que sur la scène de la communion et de l’affrontement artistique ?

      Il faudra attendre soixante pages pour basculer dans un retour en arrière bien  plus gigantesque. Lorsque notre diva paraît habitée par une femme de l’ère paléolithique des grandes glaciations, et porteuse d’une ancestrale tragédie : amours que l’on ne sait pas incestueuses dans une grotte aux peintures, vie tribale secouée par le parricide puis le fratricide du chef… Un immense crescendo lyrique unit les passages alternés consacrés à la préhistoire et aux représentations, de vingt ans en vingt ans, à Londres, Mexico, Salzbourg… Et ce jusqu’à l’acmé de cette mise en scène de La Damnation de Faust où apparaît nue la femme venue d’un âge primal et révolu, portant, comme la Marguerite aimée par le Docteur Faust, la petite fille sacrifiée ; ce en echo du chef-d’œuvre bien connu de Goethe. C’est ainsi que « vous aurez donné un autre temps à l’instant que vous vivez, vous aurez bouleversé les temps, vous aurez ouvert un champ interdit à ce que vous avez déjà vécu dans le passé ». L’instinct d’Inez est là. Plus loin que sa vie, que son histoire, l’aventure primordiale de l’humanité nous innerve, en un ancestral atavisme, malgré les artifices de la civilisation, et recommence, grâce à l’origine magique de la musique et grâce aux pouvoirs de l’œuvre d’art.

 

 

       Plutôt que de parler de métempsycose, de vies antérieures, il faudrait invoquer la génétique des populations et le pouvoir d’une fiction qui ranimerait une lointaine et tellurique mémoire. Comme avec Terra nostra[3], qui fait coexister un apocalyptique an 2000, l’antiquité romaine et le siècle d’or espagnol, c’est avec L’instinct d’Inez, que nous percevons le mieux l’ambition du projet du mexicain Carlos Fuentes, projet digne de La Comédie humaine de Balzac, quoique plus fou encore : disposer sa trentaine de romans, dont sept restant à écrire, dans un cycle appelé « L’Âge du temps ». En ce sens, un pacte faustien est signé avec la durée d’une vie humaine, avec l’Histoire, grâce aux pouvoirs de la fiction… On pense à l’ « éternel retour » nietzschéen, mais également au cubain Alejo Carpentier qui, dans Guerre du temps[4] imagina une nouvelle (« Retour aux sources ») où l’on vit à rebours de la chronologie usuelle, plus exactement de sa morbide vieillesse à sa naissance…

 

 

      C’est un grand roman d’amour, entre érotisme et esthétique, d’amour rarement comblé, différé, à la recherche d’une pureté originelle et animale, soudain explosif, et cependant délivré de la damnation : « je n’ai pas péché, vous les anges vous le savez, vous m’emportez au paradis à contrecœur,  mais vous ne pouvez qu’accepter ma joie sensuelle dans les bras de mon amant »… Ce qui ne paraissait pas, lors des premières pages, devoir être un livre fabuleux finit par nous emporter dans un irrésistible courant fantastique digne du plus grand réalisme magique. La relecture du mythe de Faust, la passion effrénée pour la musique et l’opéra, la fantasmatique amoureuse, l’initiation aux mystères du temps, tout concourt à multiplier les dimensions de la perception, de l’imaginaire et de l’œuvre d’art romanesque.

 

      L’Instinct d’Inez est bien à compter parmi les plus denses des œuvres narratives de Carlos Fuentes (1928-2012), peut-être l’un des plus grands, avec le péruvien Mario Vargas Llosa[5], des écrivains latino-américains. Tout deux ont pris en écharpe les destinées de leur continent, tous deux portraiturent et dénoncent les dictateurs et les révolutionnaires, tous deux construisent d’entraînants et persuasifs espaces romanesques, et si leurs convictions politiques divergent -Vargas Llosa vers le libéralisme et Fuentes vers le socialisme- le premier l’emporte grâce à sa maturité politique quand ce dernier l’emporte par ses qualités de styliste virtuose -trop virtuose disent ses détracteurs aigris…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[2] Carlos Fuentes : Christophe et son œuf, Gallimard, 1990.

[3] Carlos Fuentes : Terra nostra, Gallimard, 1979.

[4] Alejo Carpentier : Guerre du temps, Gallimard, 1980.

[5] Voir : Mario Vargas Llosa romancier des libertés

 

Amann Jobst : Allégorie du Temps,

Ecole allemande, 1557.

 

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 09:35

 

 

 

 

 

 

Mario Vargas Llosa, le héros discret

 

de la culture :

 

La civilisation de la littérature contre

 

la civilisation du spectacle.

 

 

 

Mario Vargas Llosa : La civilisation du spectacle,

traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan, Gallimard, 240 p, 20 € ;

Le Héros discret ; Conversation a la Catedral,

traduits par Anne-Marie Casès et Albert Bensoussan,

Gallimard, 482 p, 23,90 €, 640 p, 26 €.

 

 

 

      Entre le miroir aux alouettes télévisées du divertissement et le roman balzacien, Mario Vargas Llosa a définitivement fait son choix. S’il adresse au premier un pamphlet bien senti, il offre au second un avatar bien contemporain. Du prix Nobel 2010, un essai rassemble, sous le titre La Civilisation du spectacle, une douzaine d’articles parus dans la presse hispanophone (El Pais essentiellement), alors qu’un roman est « un beau livre nous rapproche de l’abîme de l’expérience humaine et de ses mystères effervescents » : Le Héros discret.

 

      Notre essayiste spectaculaire ne fait pas mine d’ignorer ces prédécesseurs en la matière. Ne serait-ce que le titre presque homonyme de Guy Debord, qui, en 1971, dénonçait « l’hégémonie du spectacle », « la négation et la consommation dans la culture[1] » et le fétichisme des marchandises, sans penser que l’on restait libre de les choisir ou non. Mais à cet essai, daté de la pensée 68, forcément anticapitaliste et antilibéral, dogmatique et verbeux, finalement assez creux, Mario Vargas Llosa répond aujourd’hui par une argumentation plus élégante et plus nourrie. La vidéosphère et le divertissement ont selon ce dernier bousculé la culture au sens noble, littéraire, philosophique et scientifique du terme. Seule la vie culturelle, au sens des modes de vie et des comportements, ne cesse de se remplacer elle-même, par le biais de la mode, du buzz et du spectacle, de ses images bruyantes et superficielles.

      La permanence de la culture étant menacée par l’éphéméride permanente du spectacle, Mario Vargas Llosa plaide la cause de la première, de « ses valeurs esthétiques et éthiques ». Hélas les livres où l’on pense le monde voient s’amenuiser leur visibilité, au contraire de la consommation de masse de scènes sportives, rock and pop, de jeux vidéo, de films, de productions télévisuelles et de performances et autres billevesées de youtubeurs. Ce qui a paru devenir la démocratisation de la culture est de fait éclipsée par la montée en puissance d’une population de consommateurs événementiels, car ell a le nombre pour elle, et à laquelle les élites offrent le crédit de la démagogie, préférant ainsi la médiocrité du sensationnel à la profondeur de la réflexion, aux dépens du travail intellectuel : le coupable n’est autre que « la banalisation ludique de la culture dominante, où la valeur suprême est maintenant de se divertir et de divertir, par-dessus tout autre forme de connaissance et d’idéal ».

      Quand « une société libérale et démocratique avait l’obligation morale de mettre la culture à la portée de tous », on a au contraire vulgarisé la vie culturelle : alors que tout se vaut, « qui lit ces paladins solitaires essayant d’établir un ordre hiérarchique dans l’offre culturelle de nos jours » ? Leur autorité morale se voit balayée par la suspicion envers toute autorité instituée, forcément « fasciste », comme la langue selon Roland Barthes[2]. Ce contre quoi, sans oublier la déconstruction des humanités par Jacques Derrida[3], s’insurge notre essayiste péruvien. Et de la même manière, il conspue « ce mépris actuel de la loi » qui est celui « de la piraterie de livres, disques, vidéos »…

      Entre la faiblesse conventionnelle de la plupart des « best-sellers » de l’édition et les « illusionnistes » de l’art contemporain » qui, obsédés par la provocation, « dissimulent leur indigence et leur vide derrière la fumisterie et la prétendue insolence », le cœur de la société branchée balance. À l’encontre de l’esbroufe et la vulgarité de la sexualité exhibée, il fait l’éloge de l’érotisme qui « représente un moment élevé de la civilisation », comme lorsqu’il le mit en scène dans son beau roman aux récits emboités : Les Cahiers de Don Rigoberto.

      Reste à considérer et affirmer ce sur quoi repose la culture de nos sociétés, ce que Mario Vargas Llosa affirme à l’occasion du voile et de l’islamisation : « Toutes les cultures, croyances et coutumes doivent trouver leur place dans une société ouverte, à la condition expresse de ne pas entrer en collision frontale avec ces droits de l’homme et ces principes de tolérance et de liberté qui constituent l’essence de la démocratie ». Que voici un essai salutaire lorsque « la culture devrait remplir ce vide qu’occupait jadis la religion » ! Car mieux que « l’opium du peuple », la laïcité, le respect de la liberté féminine et le libéralisme économique doivent coexister avec une vie spirituelle « intense » ; quoique les religions, malgré leur tendance « potentiellement intolérante, monopolistique de vocation », doivent permettre leur vie spirituelle et leur morale à qui en a besoin…

      Pêle-mêle, il approuve la suppression des crucifix dans les écoles publiques par le tribunal de Karlsruhe, il plaide pour la « défense des sectes », mais « avec pour seule exigence qu’elles agissent dans le respect de la loi ». Il faudra trouver la cohérence de cette pensée dans la protection des libertés.

      En écho à la banalisation de la culture déjà constatée par Hannah Arendt[4], l’écrivain péruvien fustige la culture de notre temps, « sans valeurs esthétique », où les humanités « sont devenus des formes secondaires du divertissement ». La pente savonneuse est-elle inéluctable ? La « civilisation du spectacle » va-t-elle s’effondrer sous le poids de son « insignifiance », le livre papier, et son « érotisme du corps caressé », disparaîtront-ils au profit du numérique ? « Quelque chose de l’immatérialité du livre électronique passera dans le contenu », s’inquiète Mario Vargas Llosa. Au point qu’il adhère avec la thèse de Nicholas Carr, qui, dans Internet rend-il bête ?[5], révèle qu’à force d’exercer son expertise parmi les écrans de la communication et de picorer parmi le web il avait cessé d’être un bon lecteur, voire un lecteur tout court. Aussi prit-il la décision de se réfugier dans une cabane du Colorado, afin de lire, et d’écrire son essai alarmant… Non, y compris au  surfeur expérimenté, les livres ne sont pas superflus, pense Mario Vargas Llosa avec sagesse.

      Ainsi, au-delà de la mode d’une « littérature light », l’écrivain garde une responsabilité : aider à « comprendre le labyrinthe de la psychologie humaine », « promouvoir la culture démocratique » et contribuer, comme Karl Popper avec la Société ouverte et ses ennemis[6], à la « lutte contre le totalitarisme ». Notre auteur garde la « conviction que les grandes œuvres littéraires enrichissent la vie, améliorent les hommes et nourrissent la civilisation » ; ce pourquoi, il est un « héros discret » de cette dernière…

 

 

      Divertir et instruire restent les piliers de l’éthique du romancier dans son dernier ouvrage, Le Héros discret. Deux histoires parallèles s’enchaînent et se répondent, celles de Felicito Yanaqué et d’Ismael Carrera, le premier étant un modeste entrepreneur de transports de Piura, le second un prospère patron d’assurances de Lima. L’un est sommé de verser des fonds régulier pour être protégé par une mafia qui ne néglige pas la menace, le second est lui menacé par ses deux jumeaux de fils indignes, fripouilles délinquantes surnommées « les hyènes », qui font plus que rêver de sa mort afin de s’approprier la fortune paternelle. Car -quelle mouche l’a piqué ?- le vieillard  épouse sa servante, une « cholita », qui a quarante ans de moins. Ainsi deux Péruviens parmi bien d’autres, mais emblématiques, prennent en main leur propre destin.

      Les chapitres aux intrigues alternées, animés par le suspense et des rebondissements dignes du roman-feuilleton, se succèdent avec une rare efficacité. Il faut suivre la piste d’un petit dessin d’araignée en guise de signature. Puis celle des méchants fils qui trahissent, à moins que bien meilleurs ils  inquiètent ou épaulent leurs pères attentifs. Sans omettre les femmes, épouses et maîtresses aux destinées contrastées. Nous laisserons alors le lecteur découvrir comment les deux intrigues se rejoignent, pour assurer l’harmonieuse  cohérence romanesque.

      Tout un tableau de société se déploie sous nos yeux, grâce à des personnages taillés dans le vif : marchands, délinquants, la voyante Adelaida, qui a des « inspirations » salutaires pour Felicito, mais surtout acteurs économiques dans un Pérou en expansion… Celui qui résiste au chantage de la mafia, malgré ses bureaux incendiés, et publie dans le journal sa détermination, celui qui a fait de son entreprise d’assurances une florissante société au service du pays sont, au creux d’un réel éloge du travail, deux modestes héros. De quelle cause ? Mais de la justice, de la liberté d’entreprendre, du libéralisme économique. Ce en quoi le roman est cohérent avec la pensée politique de l’auteur, qui se présenta aux élections présidentielles de son pays en 1990 et qui failli être élu, et dont les perspectives et les arguments sont au cœur de son essai Les Enjeux de la liberté[7].

      Non sans ironie, le romancier prend ses distances avec son récit : « Mon Dieu, quelles histoires organisaient la vie quotidienne ; ce n’étaient pas des chefs-d’œuvre, elles étaient plus proches des feuilletons vénézuéliens, colombiens et mexicains que de Cervantès et Tolstoï, sans doute. Mais pas si loin d’Alexandre Dumas, Emile Zola, Dickens ou Pérez Galdos ». Si le ton et la succession des péripéties paraissent légers, non sans humour, c’est néanmoins, entre roman policier et roman de mœurs, dans une perspective réaliste balzacienne qu’écrit Mario Vargas Llosa. Ce dont témoigne la citation de Balzac en exergue du roman Conversation à la Catedral, ce splendide roman de société originellement publié en 1969, qui vient de ressusciter en une nouvelle traduction : « Il faut avoir fouillé toute la vie sociale pour être un vrai romancier, vu que le roman est l’histoire privée des nations ».  Et, comme Balzac, qui, à l’occasion de son Père Goriot, inventa le principe des personnages récurrents parmi ce qui devenait La Comédie humaine, Mario Vargas Llosa, voit réapparaitre, parmi les pages de son Héros discret, des personnages venus de ses précédents romans : le sergent Lituma, revenu de Lituma dans les Andes, mais aussi Don Rigoberto, dona Lucrecia et Fonchito, qui ont fait le déplacement depuis Les Cahiers de Don Rigoberto, et nous font de nouveau le bonheur de nous offrir leurs émois érotiques. Tout en y insérant l’histoire de « Fonfon », victime d’un étrange séducteur qui est peut-être le diable, ou d’une hallucination. Quant au bureau de Don Rigoberto, nourri de livres et d’œuvres d’art, il est son « espace de civilisation ». Peut-il croire « qu’il le défendrait contre l’inculture, la frivolité, la bêtise et le vide » ?

 

      Un essai polémique et nourrissant, un roman plein de vie, d’intrigues et de substantifique moelle humaniste et libérale… Pourquoi bouder notre plaisir ? Si à la « civilisation du spectacle », nous préférons celle de la vision du monde et de la pensée, Mario Vargas Llosa, une fois de plus, est notre homme. Depuis un demi-siècle, de La Guerre de la fin du monde en passant par l’étonnant portrait de dictateur que fut La Fête au bouc, l’écrivain péruvien parcourt l’universel[8]. Quoique fêté pour son prix Nobel de littérature, on est loin de toujours rendre justice à ce héros discret de la littérature, car son éthique libérale, tant politique qu’économique, ne lui vaut hélas pas que des amitiés. Sinon la nôtre !

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Guy Debord : La Société du spectacle, Champ Libre, 1971, p 141.

[2] Roland Barthes : Leçon, Œuvres complètes, t 3, Seuil, 1995, p 803.

[5] Nicholas Carr : Internet rend-il bête ? Réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté, Robert Laffont, 2011.

[6] Karl Popper : La Société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979.

[7] Mario Vargas Llosa : Les Enjeux de la liberté, Gallimard, 1997.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:37

 

Sous le cerisier, en Poitou. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Alejandra Pizarnik,

la comtesse aux poèmes de sang et de silence.

 

 

Alejandra Pizarnik : Journaux 1959, 1971,

traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard, José Corti, 370 p, 24 €.

 

Les Travaux et les nuits, La Comtesse sanglante,

traduits par Jacques Ancet, Ypsilon, 80 p et 76 p, 17 € chaque.

 

César Aira : Alejandra Pizarnik, un pur métier de poète,

traduit par Susana Penalva, Revue Nunc / Editions de Corlevour, 112 p, 19 €.

 

 

 

      Dépressive jusqu’au suicide, poète jusqu’à l’exigence de concision et de perfection, telle fut Alejandra Pizarnik. Elle tint son nom étrange d’une famille juive polonaise qui eut la chance d’émigrer en Argentine avant l’arrivée au pouvoir du nazisme, et son prénom d’une involontaire éviction administrative, alors qu’elle était née Flora en 1936. Jusqu’à sa mort volontaire en 1972, elle n’eût de cesse de vivre en poète, uniquement en poète, et seules les morsures d’une dépressive mélancolie l’empêchaient de réaliser pleinement cette assomption. Comme sa Comtesse sanglante, « elle vivait devant son grand miroir sombre, le fameux miroir dont elle avait elle-même dessiné le modèle ». Infailliblement, ses amples récits, ses brefs poèmes, ses Journaux d’études et d’angoisses, renvoient pour nous, en leur miroir sombre, le destin et l’acuité métaphorique de son écriture.

 

« Je réunissais des mots très purs

Pour créer de nouveaux silences »

      Si seulement les mots de ses vers et de ses phrases avaient pu avoir la fonction thérapeutique définitive, hélas si provisoire, qu’elle avait rêvée. Trente-six années seulement pour tenter de dresser devant la mort, sa mort désirée, sa « comtesse sanglante » fascinatrice, un mur de poésie suffisamment pur… Plaintes, hantise de l’amour refusé, souffrances remâchées, accelerando tragique courent avec une lente vélocité parmi les pages des Journaux, vers un dénouement annoncé : « Ne pas oublier de se suicider », note-t-elle en 1962. Mais c’est dans la « forêt d’images » de la poésie que ces plaintes trouvent leur antidote, leur quintessence, que le réel et le vide qui la cernaient ne trouvèrent pourtant pas assez persuasive.

      En ces Journaux qui ne sont qu’un choix parmi une vingtaine de cahiers, sa « solitude est faite de chimères amoureuses, d’hallucinations ». La folie la guette ; à moins qu’il s’agisse d’un souhait : « Ne plus jamais sortir des rêves ». Elle se voit « laide », elle est « une incarnation de tous les péchés capitaux ». Maniaco-dépressive, elle se nourrit de sa douleur et cultive sa morbidité : « Je sais que je naitrai morte ». Son irrépressible besoin d’amour est celui d’une petite fille autant que celui d’une sexualité vorace et vaine, parfois bisexuelle. Une fin psychiatrique l’attendait, avant de s’administrer un psychotrope massif et définitif. Un an avant sa disparition, elle écrivit : « Mon besoin de tendresse est une longue caravane ».

 

 

La pose littéraire colle à la peau de l’auto-clinique psychologique. Quand le contrepoison, ou le supplément d’addiction, sera l’écriture : « Je pressens un langage à moi, un style qui n’a jamais existé. » Pourtant, elle déchire tant de ses textes, déchirée entre son peu de prise et sa maîtrise : « Je le possède, oui, mais je ne suis pas ce langage ». Ces poèmes en prose sont sans cesse amendés, sa tentative d’écrire un roman sera un échec : « Ma méthode de correction débouche sur la poésie pure, sèche et aride. » Elle se sent séparée de ses œuvres les meilleures : « Je ne peux pas croire que c’est moi qui ai écrit la prose sur la comtesse ».

Etrange comme ces pages de Journaux sont prenantes, intenses, émouvantes, de par et malgré les tourments d’un esprit qui se débat dans un corps et parmi les autres, dans sa solitude, quoiqu’elle n’eût pas manqué d’amis. Une intensité adamantine et violacée explose de jour en jour ; jusqu’à la combustion prévisible de la locutrice. Son art est « terriblement bref et intense comme la mort ». Curieusement, elle fut intensément éditée, admirée en Argentine, alors que la France, où elle passa quatre années, devenant amie avec Breton, Paz, Cortazar, Mandiargues et Michaux, lui reste passablement imperméable, ce malgré bien des éditeurs courageux. Quant à ses lectures abondantes, elles oscillent entre rejet (Don Quichotte) et identification (Pavese). Artaud, surtout Le Pèse nerfs, Les Frères Karamazov la fascinent. La psychanalyse la dévore avant qu’elle l’abandonne. Si philosophie, journalisme et peinture firent le lit de ses études et de ses modestes emplois, seule la tension vers le sang de la métaphore la porte vers une autre dimension intérieure.

 

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Elle n’est évidemment pas qu’un épigone du surréalisme. Au point qu’elle disciplina l’écriture automatique, pour en contrôler le résultat, et le tailler en ses vers. Au travers du drame du langage, il s’agit de se trouver autant que de trouver sa plus pure expression. En ce sens chaque poème des Travaux et les jours est un éclat d’autoportrait :

« Du combat avec les mots cache-moi,

éteins la fureur de mon corps élémentaire. »

À moins qu’il s’agisse d’un vertige autobiographique :

« Tu as fait de ma vie un conte pour enfants

dans lequel naufrages et morts

sont prétextes à des cérémonies adorables »

Le flamboiement des images, vigoureuses dans leur concision, s’associe à des antithèses surprenantes, à des paradoxes. L’amour, l’autre, fantasmé ou vécu, imprime son sceau incisif ; car il est « Embusqué dans [son] écriture ». Cependant, elle ne cesse de se risquer sur la falaise extrême du poème, auprès de son vide :

« je réunissais des mots très purs

pour créer de nouveaux silences »

Cette exigence de pureté se heurte à son contraire, à son impossibilité :

« une tribu de mots mutilés

cherche asile dans ma gorge »

La confrontation tragique atteint alors la fulgurance :

« ne me livre pas

très triste minuit

au midi impur et blanc »

À la lisière de la poésie philosophique et du haïkaï, l’ « Horloge » devient une allégorie :

« Dame toute petite

logée dans le cœur d’un oiseau

elle sort à l’aube et prononce une syllabe

NON »

Faute de lire une édition bilingue de ces miniatures, on aura du mal à juger de l’exactitude de la traduction. Pourtant la restitution de Jacques Ancet possède une évidence et une fulgurance remarquables qui augurent merveilleusement de la beauté de l’écriture originelle de notre Alejandra. Qui serait une petite sœur poétique d’Octavio Paz, mais beaucoup plus resserrée sur elle-même, sur l’os de son intériorité torturée qui tente de trouver son cristal lyrique, à la limite de l’aphonie.

 

Maladivement et extatiquement fascinée par les tentations et les figures de la mort, Alejandra Pizarnik se réincarne-t-elle littérairement dans sa Comtesse sanglante ? S’il est risqué d’engager une lecture biographique à la Sainte-Beuve, il est loisible de tenter une lecture fantasmatique : repoussoir fascinant ou désir inassumé ; à moins qu’il ne s’agisse de la part de la poète que d’une posture esthétique assumée. Elle fut stupéfiée par le livre, aussi érudit que poétique, de Valentine Penrose[1] sur la fameuse Hongroise Erzsébet Bathory (1560-1614), qui, selon la légende, assassina 650 jeunes filles. De suite, elle va pratiquer l’art de la réécriture, dégageant la substance fantasmatique pour aboutir à un poème en prose, par tableaux successifs, dangereux et sensuels, comme en une épure baroque : « la comtesse la mord frénétiquement et la transperce d’aiguilles […] on verse l’eau sur son corps et l’eau se change en glace ». Les tortures se succèdent en une anthologie digne de Sade[2], qui donnerait envie de lâcher un livre si inutile, si complaisant, s’il n’avait été écrit que par ce dernier, s’il n’était relevé par l’esthétisme glacé de l’écriture d’Alejandra, impassible et colorée : la comtesse ne se baignait-elle pas, encore une fois selon la légende, dans le sang de ses pauvres victimes, dont personne ne parait avoir pitié, pas même notre poète. Ce en quoi l’héroïne abjecte de cette œuvre d’art paradoxale -au sens où toute éthique l’a abandonnée à jamais- apparait comme un précurseur de Dracula[3]. Elle ne fut que condamnée « à la prison perpétuelle en son château »…

Alejandra Pizarnik pratique-t-elle le masochisme en écrivant de telles pages ? Essaie-t-elle de recueillir la jouissance rouge de la tortionnaire « en transes » ? Garder en sa distanciation plastique l’apparente indifférence du rapport factuel et judiciaire n’empêche pas d’imaginer une fantasmatique identification, grâce à laquelle la littérature devient peinture et pertinence psychologique : « la pamoison sexuelle nous pousse à des gestes, des pamoisons de mort ». Cette comtesse était « mélancolique » et probablement « épileptique », à cause d’une généalogie consanguine ; elle traitait ses migraines avec « une colombe blessée mais vivante sur le front ». On devine que ces images aussi fastueuses que terribles faisaient palpiter Alejandra, comme en son miroir, ou son contre-miroir. Que cette créature maléfique lui offrait une aura de magie noire et rouge : « pour un instant -soit du fait d’une musique sauvage, d’une drogue ou de l’acte sexuel à son maximum de violence-, le rythme très lent du mélancolique non seulement parvient à s’accorder au monde extérieur, mais à l’excéder en une démesure, un bonheur indicible ; et le moi vibre, traversé d’énergies délirantes. » En ces poèmes en proses stylisés, ne parlait-elle pas d’expérience, non au sens criminel, mais au regard de la mélancolie ? Reste qu’Alejandra sait conclure en jugeant son personnage : « Elle est une preuve de plus que la liberté absolue de la créature humaine est horrible ». À moins que l’on puisse y lire, comme Jacques Ancet en sa postface, une préfiguration de la dictature sanglante argentine à partir de 1976…

 

 

Une synthèse essentielle sur l’œuvre d’Alejandra Pizarnik nous est obligeamment fournie par César Aira qui éclaire son « pur métier de poète » au moyen de quatre conférences. On se souvient de César Aira, narrateur de voyages de peintre et peintre de montagnes[4]. Sa plume d’essayiste est tout aussi précise, évocatrice et analytique. Même si Alejandra « a toujours manqué de l’élan narratif », il observe que « le moi critique [est] aux commandes de l’écriture automatique », ce qui lui permet de dépasser les facilités du surréalisme. Il n’y a chez elle « aucun déguisement utopique ou idéologique, mais un objectif unique et explicite : écrire de bons poèmes ».

Pour qui veut caresser de près l’esthétique scripturale d’Alejandra Pizarnick, le propos de César Aira est essentiel, observant combien « sa poésie s’est exclusivement nourrie de termes soutenus ou nobles », combien un lexique aussi peu nombreux que prestigieux irrigue sa pensée et ses images. Son « minimalisme » n’en est pas moins chatoyant, car « c’est la configuration des éléments qui fait l’art, et non pas les éléments en soi. » Avec une rare efficacité, il ausculte son art de la brièveté, « son sens » audible « dans la confession et le pathétique », sa « volonté de pureté », la « dislocation du sujet », « la négativité et le nocturne », comme dans Les Travaux et les nuits ; sans compter le rappel de la folie de ses écrivains favoris : Hölderlin, Nerval, Artaud…

 On sera cependant moins enthousiaste envers César Aira lorsqu’il clame qu’ « avec elle la poésie est morte » : l’on sait combien les grandes annonces de clôtures apocalyptiques en art sont aussi péremptoire que rapidement démenties, même s’il faut avec lui prendre en compte l’ironie postmoderne qui affecte la noblesse de la poésie du passé...

 

Fatale Princesse de sa propre vie, Alejandra Pizarnik, a quitté les désordres et les tortures mentales pour ne nous en laisser que la substantifique essence, ces proses colorées, ces poèmes épurés ; et cependant d’une intensité qui nous touchera encore longtemps.  La comtesse de la poésie, dernier « poète maudit », entre noire mélancolie et blancheur du silence, entre sang de ses poèmes en prose et spiritualité sans dieu de sa pensée, reste néanmoins un universel mystère : comment peut-on vivre une telle vie d’angoisses et la clarifier avec tant de netteté dans l’insolent diamant noir de la poésie ?

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut : une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Valentine Penrose : Erzsébet Bathory, la comtesse sanglante, L’Imaginaire, Gallimard, 1984.

[4] César Aira : Un Episode dans la vie du peintre voyageur, André Dimanche, 2001.

 

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 12:42

 

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Borges amoureux :

lecture des Poèmes d'amour,

une anthologie magnifique et discutable.

 

Jorge Luis Borges : Poèmes d’amour, traduit par Silvia Baron-Supervielle,

Gallimard, 144 p, 15,90 €.

 

 

Parmi tous les dieux et les mythologies qui fécondent l’œuvre du poète de Genève et Buenos Aires, Eros semble absent. Jamais Borges n’a écrit de recueil amoureux. Aucun des récits des Fictions ou de L’Aleph n’est, malgré leur complétude cosmique, réellement tenté par l’amour, qu’il soit tendresse spirituelle ou sexualité invasive. Ce manque cruel est-il rude pudeur ou chasteté, ou peur de souiller ses récits par une facilité ? Pourtant le chasseur sentimental, une chasseresse en l’occurrence, puisqu’il s’agit de Sylvia baron-Supervielle, peut avec patience et minutie, trouver les traces sensibles du sentiment d’Eros parmi les poèmes de l’Argentin qui règne sur les bibliothèques de l’éternité. D’où le prix, pourtant discutable, de ces Poèmes d’amour, heureusement bilingues, quand ne le sont pas les volumes de la Pléiade qui fondent la Babel du maître.

 

Presque chaque recueil de Borges, de Ferveur de Buenos Aires en 1923, en passant par L’Or des tigres en 1972, jusqu’à Atlas en 1984, cache quelques vers amoureux. Souvent, de manière surprenante, à la fin, en une chute révélatrice, douloureuse, parfois heureuse : « un visage qui ne veut pas de mon souvenir »… Que ce soit dans des sonnets ou des poèmes en prose, surgit un « toi » inattendu, inexpliqué, cependant chargé d’émotion : « Être avec toi ou ne pas être avec toi est la mesure de mon temps ». Un « toi » élégiaque innomé, qui est la marque d’un manque fondamental : « Ton absence m’entoure / comme la corde autour de la gorge. » La solitude rôde autour de celui qui se peint en « spectateur de ta beauté ».

 

 

Qui est-elle ? Question vaine et grotesque. Changeante ou la même. Elle est cependant « définitive comme un marbre », son « front clair comme une fête » n’empêche pas qu’il reste au poète « le goût d’être triste ». Celui qui a « vieilli dans tant de miroirs » se confie : « Une voix attendue m’attendrait / Dans la dégradation de chaque jour / Et dans la paix de la nuit amoureuse ». Cependant seul il reste, dans « l’abus de la littérature », là où l’amour réciproque est fiction : il est « L’amour qui n’espère pas être aimé. » L’écriture s’élève alors aux plus hautes lueurs de la métaphore et de la pensée :

« Dans l’ombre de l’autre on cherche notre ombre ;

Dans le cristal de l’autre, notre réciproque cristal. »

Parmi tant de textes aux accents cosmiques ou épiques, le lyrisme amoureux, en sa brièveté, apparait comme une respiration humaine indispensable, trop souvent refusée, évidemment sans la moindre velléité de niaiserie : « C’est l’amour avec ses vaines mythologies, ses vaines petites magies ».

 

 

Le plus émouvant témoignage d’amour est peut-être, plutôt que de poursuivre grâce au souffle des vers de belles inaccessibles, de poser parmi ses grands recueils le nom de celle qui partagea la fin de sa vie : Maria Kodama, nommée à neuf reprises, à qui il dédicaça, en conclusion d’une de ces énumérations fabuleuses aux savoirs millénaires dont il a le secret, Histoire de la nuit, en 1977, puis Le Chiffre, en 1981. Car « la dédicace d’un livre est une opération magique ». Plus tard, en 1984, dans Atlas, elle est présente au point d’en avoir réalisé les photographies, souvent parmi la Grèce. Il s’agit là bien plus qu’une dédicace, le témoignage d’une création complice et partagée, d’une reconnaissance intellectuelle et affective : « Maria Kodama et moi nous avons partagé avec joie et surprise la trouvaille des sons, de langues, de crépuscules, de villes, de jardins et de personnes toujours distinctes et uniques. Ces pages voudraient être des monuments de cette longue aventure qui se poursuit. »

On connait la légataire universelle, la veuve intraitable et procédurière, réputée pour ses manipulations jalouses, en particulier lors de son conflit avec Jean-Pierre Bernès, méritant maître d’œuvre des deux volumes de La Pléiade, et dont le mariage tardif alarma le microcosme borgesien. Est-ce grâce à ce recueil qu’elle retrouvera la vérité de l’amour que vouait l’écrivain à sa dernière lectrice et secrétaire ? Au point qu’elle écrivît presque comme lui, dans l’épilogue d’Atlas. Hélas, l’ « Avant-propos » offert à cette anthologie n’est pas sans naïveté ni orgueil : « je me transforme en protagoniste et en amour de cette vie splendide et merveilleuse ».

 

Qui sait si Borges eût apprécié ce volume inquisiteur, en un florilège inédit qui exhibe ce qui était discrètement disséminé… Cette création d’un recueil artificiel que son auteur n’a jamais voulu, à moins qu’il l’eût médité en secret, nous est pourtant précieuse. Le génie tutélaire des labyrinthes et des bibliothèques millénaires avait cette humanité qui est profondément la nôtre : des Aphrodite fuyaient sa tendresse, quand l’une d’entre elles, Maria Kodama, consentit à s’égarer avec lui « dans le temps, cet autre labyrinthe ». Est-ce Eros qui parle lorsque le poète enseigne : « Celui qui lit mes mots les invente à mesure »…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Voir : Christian Garcin : Borges, de loin

Voir : Un Borges idéal équivalent de l'univers : Anthologie personnelle ou de l'Art de poésie

 

Pompeo Girolamo Batoni : Eros, Diane et Cupidon, détail, 1761.

 

 

 

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 10:29

 

Santo Domingo, Huesca, photo T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Santiago Gamboa : Prières nocturnes,

un roman baroque d’amour contrarié

 

Santiago Gamboa : Prières nocturnes,

traduit de l’espagnol (Colombie), Métailié, 312 p, 20 €.

 

 

Il n’y a pas de tourbillons de saints, d’anges ni de Saint-Esprit lumineux en ces Prières nocturnes ; pourtant leur composition est fondamentalement baroque. Cosmopolite est ce roman, entre Colombie, Inde et Thaïlande où le nœud de l’action se déroule. Santiago Gamboa, né en 1965, dont on a ici traduit une demi-douzaine de livres, joue avec brio des récits alternés. D’une part ceux, autobiographiques, de Manuel et de sa sœur Juana, d’autre part celui du Consul colombien à New Delhi qui se voit chargé d’une triste affaire : veiller au destin du premier héros qui, soupçonné à Bangkok d’un lourd trafic de drogue, risque la peine de mort, au mieux trente ans de prison. Mais au-delà de l’intrigue policière exotique, satire politique et poétique romanesque jouent un feu d’artifice troublant…

 

Rien de religieux en ces Prières nocturnes. Tout y est profane ; y compris les « prières » adressées à une vie espérée meilleure par les protagonistes. Brossé avec allant, vigueur et réalisme sans apprêt, le portrait du jeune Manuel est éblouissant : de la tyrannie familiale aux esprits étriqués (« droite minable, mesquine et patriotarde ») de son enfance à la philosophie de Deleuze dont il devient un spécialiste, il se déploie entre les plaisirs précieux de la lecture, du cinéma d’auteur, la peinture de graffs sur des murs de béton, qui est son « art d’évasion » ; et l’amour protecteur de sa sœur Juana au point de travailler pour lui, par tous les moyens, à préparer son avenir, son évasion hors d’un pays dangereux et étriqué. C’est ainsi qu’en sa prison il confie son histoire au Consul écrivain et « chasseur d’histoires », lui promettant, non « un roman noir », mais « plutôt un roman d’amour ». Où la disparition de Juana est l’élément déclencheur. Disparition volontaire, dans le cadre d’une lucrative agence d’escort-girls, vers le Japon. C’est alors que Manuel se lance dans la piteuse aventure pour tenter de la retrouver, et convoyer une valise qui sera sa perte. Jusqu’à ce que le Consul et narrataire se lance à son tour dans la quête…

 

 

On trouve en ce roman existentiel et psychologique, quoiqu’à demi policier, des facettes parfois déjantées. Au choix, une autre narratrice, transsexuelle spirituelle, et bien des personnages hauts en couleur dont l’un se prend pour « un Rastignac créole ». Mais aussi, parmi cette composition transgenres littéraires, un colloque à Tokyo sur la littérature colombienne, un chapitre en forme d’éloge du gin et des alcools, parmi lesquels « le martini était la seule invention nord-américaine aussi parfaite que la forme du sonnet ». Plusieurs pays sont également portraiturés avec les dents de l’impitoyable satire : la Colombie déchirée entre dictatures nationalistes, crimes d’état, mafia friquée et sans la moindre dimension intellectuelle, préjugés réactionnaires, corruptions et guérilleros des FARC ; la Thaïlande, croupie de chaleur, de pollution et de prostitution. Plus indulgente est la radiographie du Japon, malgré le luxe sévère de son milieu prostitutionnel. Les tableaux de mœurs font mouche, même si le lecteur peut se sentir étourdi de la fureur et de la vanité de ces mondes où drogue et sexe tiennent lieu de vraie vie.

Santiago Gamboa mène son intrigue bien rocambolesque avec feu, maîtrisant les points de vue complémentaires des personnages qui livrent leurs versants de l’histoire. Parfois avec humour pour des sujets graves, comme lorsque Juana fait sa confession, s’adressant à sa « chère Inter-Nette ». Entre fuite à Téhéran auprès d’un mari jaloux, puis évasion par les soins du Consul, Juana, dont la beauté est une arme fatale, nous révèle les rouages de la prostitution internationale. Malgré sa détermination d’amasser une fortune pour pourvoir à l’éducation et au destin de son frère tant aimé, elle dit son « mal aux articulations et aux lobes de l’amour ». Avant de livrer au lecteur son corps aux tatouages venus de vagues et de naufrages célèbres, dont « La grande vague » d’Hokusai, corps devenu une œuvre d’art splendide et cruelle, figurant une mise en abîme du roman.

Le réalisme est vigoureux, oscillant entre vie contemporaine, tour à tour sordide et clinquante, et intrusion des allusions passionnées à la littérature, comme si l’on était autant en pays de roman que de métalittérature. L’écriture est évocatrice, rapide et sensuelle, aussi riche qu’efficace ; on y trouve des « glaçons comme rapportés de la caverne de Platon », des touches de roman-feuilleton et de haïku. De par et malgré les mondes traversés, paisibles, chaotiques, terribles, une certaine mélancolie, une inquiétude métaphysique sourdent inévitablement. De plus -et ce n’est pas une moindre qualité- les lieux communs familiaux et politiques sont pourfendus par les maximes du mentor de Juana, le vieux Monsieur Echenoz…: « Le pire pour une jeune fille c’est de se marier avec un jeune homme, c’est l’union de deux stupidités », ou « Sais-tu quel est le nom contemporain de la démocratie ? La perversité. Si un chimpanzé avec un tambour devenait populaire et amusant, il pourrait être élu président », ou encore : « Je déteste les écrivains qui défendent de nobles causes ». En ce sens, Prières nocturnes, ode à l’amour contrarié entre frère et sœur -mais sans rien d’incestueux- initiation à la richesse financière et intellectuelle, à l’effroi et à la sagesse vaut bien un vade-mecum, hélas bien douloureux.

 

Homme-orchestre dans le parc d’attraction de la littérature baroque latino-américaine, Santiago Gamboa n’écrit pas sans grave sérieux, entre roman d’initiation psychologique et politique, ni sans ironie envers les clichés de l’aventure et du policier. Si, comme pour un de ces personnages, « être écrivain était le maximum de ce que pouvait espérer un être humain », nul doute que Gamboa, et le Consul son double, atteignent ce maximum : celui d’un édifiant divertissement haut en couleurs, aux qualités sociologiques, poétiques et tragiques…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:53

 

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Apocalypse de Liebana, vers 1180

 

 

 

 

Jorge Volpi : A la recherche de Klingsor,

science physique, histoire nazie et quête romanesque…


Jorge Volpi : A la recherche de Klingsor, traduit de l’espagnol (Mexique)

par Gabriel Iaculli, Plon, 2001, 444 p. 21,19 €, Points, 8,10 €.

 

 

 


Et si l’apocalypse nucléaire avait été nazie ? C’est l’hypothèse que met en scène un écrivain mexicain u rien démiurge : « Jorge Volpi sera l’une des étoiles de la littérature en langue espagnole du siècle qui vient »… Ainsi Carlos Fuentes salua A la recherche de Klingsor. De quarante ans son cadet, Jorge Volpi, né en 1968, est le chef de file de cette  « Génération du Crack » qui publia un manifeste. Avec Ignacio Padilla, Pedro Angel Palon, Ricardo Chavez Castaneda, Eloy Hurroz et Vicente Herrasti, rencontrés en 1989 grâce à des thématiques communes, dont la fin du monde, il rejette les « lectures éphémères », le nationalisme, l’engagement politique et le réalisme magique, ces mamelles sacrées de la littérature hispano-américaine qui, n’en déplaise aux imitateurs de Gabriel Garcia Marquez, sont devenues de scolaires poncifs. Cinq romans, dont Jours de colère, sur le démon et le mal, Le Temps des cendres[1], qui est celui de la catastrophe de Tchernobyl, et El temperamento melancolico, dans lequel un réalisateur allemand tourne avant de mourir d’un cancer son dernier film à Mexico : neuf acteurs novices, choisis pour leurs types psychologiques, incarnent le microcosme des derniers hommes et leur démesure criminelle, lors d’un jugement dernier. Et un essai : La Imaginacion y el poder. Una historia intelectual de 1968, qui exalte l’imagination créatrice de ce 1968 mexicain qui culmina lors du massacre de la place des Trois Cultures. Titres alléchants dont nous espérons la traduction… C’est à la suite du prestigieux prix Biblioteca Breve de 1999, avant lui attribué à Carlos Fuentes et Mario Vargas Llosa, que nous sommes pris dans un ambitieux « roman-fusion » : A la recherche de Klingsor.

 

Hors le méchant magicien du Parsifal de Wagner, qui est Klingsor ? Cette éminence grise de la science nazie existe-t-elle ? Il aurait eu l’oreille d’Hitler et des connaissances en mathématiques et physique au point d’imaginer achever ce siècle -qui commença en 1905 avec la relativité d’Einstein- dans une apothéose nucléaire allemande. Le procès de Nuremberg, qui juge les criminels nazis, ne peut que constater l’absence du responsable secret du projet atomique du IIIème Reich. C’est lors que le jeune Américain Francis Bacon, moqué pour son homonymie avec le philosophe qui pensait pouvoir décrire toute la nature, aura pour mission, après un scandale amoureux qui lui ferme les portes d’une chaire de physique, de sillonner l’Allemagne vaincue à la recherche de cet homme, de ce « Faust » du XXème siècle, de ce mythe peut-être. A moins qu’il soit « l’un d’entre nous », suggère-t-on parmi les physiciens plus ou moins nazis. Enquêtant entre Einstein et Schrödinger, entre Gödel et Heisenberg, le théorème de l’indécidabilité et le principe d’incertitude sèment des mines de doute sous les pas d’un Bacon assisté d’une sensuelle maîtresse gagnée aux Soviétiques. Le narrateur est-il fiable ? Si c’était lui ? Les soupçons se portent longtemps sur Werner Heisenberg qui use du patriotisme pour masquer son adhésion à une science qui sauverait le « Reich de mille ans ». Au lecteur appartient une décision finale peut-être décevante : « Grâce à Gödel, la vérité était devenue plus fuyante et capricieuse que jamais ».

Ce pourrait être un simple polar au décor historico-scientifique. Mais une vraie jubilation conceptuelle emporte le lecteur. N’est-ce pas la Théorie des jeux qui mène l’enquête, plus que Bacon? Comme pour le célèbre chat de Schrödinger, enfermé sans que l’on sache s’il est mort ou vivant, le lecteur doit sans cesse émettre des hypothèses.  Klingsor est-il une onde dans le milieu scientifique ou une corpuscule dans le vivier nazi ? Ou les deux? La structure romanesque, son avancée dans la connaissance, mime l’expansion de la science. Physique, mathématiques, Histoire, suspense, biographie subjective et passionnelle concourent à faire de ce questionnement sur la vérité une œuvre totale, qu’aucune Théorie du Tout ne fermera. Ce que Guillermo Cabrera Infante appelle « science-fusion ». Le roman d’investigation se double alors d’une volonté encyclopédique.

Pour qui possède un vernis de culture scientifique et humaniste, ce livre est un régal. Il suffit de penser à la dernière phrase de Goethe mourant après le Siècle des Lumières (« Plus de lumière ! ») pour lire l’incipit, « Eteignez moi ces lumières », prononcé par Hitler, comme une métaphore d’un crépuscule des dieux qui obscurcit la civilisation européenne. Quant au 1989 qui conclut le trouble devoir de mémoire du narrateur confiné dans un asile psychiatrique en R.D.A., c’est la seconde chute de Berlin : du mur et de l’utopie communiste. Deux totalitarismes auxquels il a heureusement manqué d’être les premiers à avoir la bombe atomique ; quoique la démocratie américaine ne puisse être indemne de la culpabilité d’Hiroshima.  La science dans ses rapports avec le mal est donc le véritable et terrible sujet de Volpi. Le créateur, dans un tel roman, joue aux dés, et l’un d’eux, électron libre de l’incertitude, est une bombe nucléaire nazie. La conviction  d’Einstein (« Dieu ne joue pas aux dés ») est ici saccagée. « La naissance de la physique quantique et de l’incomplétude des mathématiques coïncide avec cette époque de terrible incertitude politique, sociale et morale qu’est le début du XX siècle ».

 

Klingsor

Jürgen Rose : Costume de Klingsor pour Parsifal de Wagner, 1973, BNF


C’est ainsi que dans son flux romanesque, Volpi fait se répondre les « Lois de la mécanique narrative », celles « de la physique quantique » et celles « de la mécanique criminelle ». Il va jusqu’à oser une analyse non sans fondement « de la théorie des ensembles au totalitarisme ». S’agitait-il d’un indigeste salmigondis dans lequel les dialogues concourent aux développements scientifiques ? Ou plutôt d’une heureuse prise de risque intellectuel ? Nous répondrons par la seconde hypothèse, alors que « le cercle de l’uranium » est l’un des « univers parallèles » à cette « quête du Graal » de la physique atomique. Où l’on croise l’écho des personnages du Parsifal de Wagner : la séductrice Kundry et le personnage éponyme, ce dangereux Klinsor, dont la vengeance est annoncée. Mythe, histoire et enjeux de la physique moderne confluent dans les bras d’une somme ambitieuse, entre roman policier et roman philosophique. Ce pourquoi on n’hésita pas à comparer ce livre au Nom de la rose[2], d’Umberto Eco, qui, avec le talent et le succès que l’on sait, appliqua Sherlock Holmes à la philosophie médiévale…

 

Rares sont les écrivains qui convoquent la science et la physique à la barre du roman. Il faut alors penser au monstrueux et polymorphe L’Arc en ciel de la gravité[3] de Thomas Pynchon, qui vacille autour des V2 allemands et du « casino Hermann Goering ». Et, si l’on reste dans le cadre de l’archétype de la quête histotique, plus modestement, au Chien galeux[4] de Don De Lillo, où l’on chasse un film porno représentant Hitler… Le vieux narrateur d’A la Recherche de Klingsor, Links, dont le nom fait allusion aux « liens » du web, rappelle celui du Docteur Faustus[5] de Thomas Mann, qui écrit sous les bombes alliées pour dresser l’histoire d’un double pacte faustien, ceux de Leverkuhn le musicien et du peuple allemand avec le nazisme. Le roman d’éducation (ce bildungsroman de Goethe à Mann) fournit à Bacon un alibi. Ces romans inscrivent Volpi dans une famille littéraire plus allemande et américaine que mexicaine, en un mot : cosmopolite. Parler de littératures nationales n’a plus grand sens. Un peu complaisant lorsqu’il commente son propre roman, parfois plat quand son ainé Carlos Fuentes[6] est un styliste plus fabuleux, et suivant de plus près le schéma du best-seller anglo-saxon que son maître, Volpi a cependant gagné son pari : entrelacer avec brio science physique, Histoire nazie et quête romanesque. Au-delà du Temps des cendres, qui respire le roman à thèse, A la recherche de Klingsor reste le roman le plus impressionnant de Jorge Volpi. Aurait-il trouvé son double dans le personnage de Wagner ? Ce terrible magicien Klingsor qui se sert des Filles-Fleurs de la séduction romanesque…

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie



[1] Jorge Volpi : Le Temps des cendres, Seuil, 2008.

[2] Umberto Eco : Le Nom de la rose, Grasset, 1982.

[3] Thomas Pynchon : L’Arc en ciel de la gravité, Seuil, 1988.

[4] Don de Lillo : Chien galeux, Actes Sud, 1991.

[5] Thomas Mann : Le Docteur Faustus, Albin Michel, 1956.

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 16:43

 

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Roberto Ampuero : Quand nous étions révolutionnaires,

 

ou la faillite du communisme cubain

 

Roberto Ampuero : Quand nous étions révolutionnaires,

traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet, JC Lattès, 496 p, 22,90 €.

 

 

 

Trop souvent, on a présenté le castrisme comme une espérance opprimée par le blocus des Etats-Unis. Voici une charge irréfutable et bienvenue contre le communisme cubain, un rare document, efficace, édifiant. En un double « désenchantement », amoureux et politique, le second domine et rend irremplaçables ces pages autobiographiques.

 

Jeune Chilien communiste balayé par la dictature infecte de Pinochet -qui d’ailleurs n’a fait que remplacer celle déjà bien mûre d’Allende- il parvient à fuir son pays. Pour l’Allemagne de l’est d’abord, où quelques doutes au-devant de l’autre côté du mur de Berlin commencent à effleurer sa foi idéologique. Soudain amoureux de Margarita, belle Cubaine aux yeux verts, il la suit dans son île caraïbe pour l’épouser. Sous les yeux protecteurs de son beau-père, Cienfuegos, grand officier de Castro et assassin sans remords d’opposants et de traitres, il est sommé de participer à la construction du socialisme. Ce en quoi Margarita n’a aucun doute : « A ses yeux de fonctionnaire, la Révolution était parfaite, sans tâche, et elle était persuadée qu’elle habitait le meilleur des mondes possibles, attribuant les limites du processus à l’embargo américain. » Mais au contraire de sa femme qui devient un pilier du régime, il découvre censure et médiocrité intellectuelle, mensonge, pauvreté, terreur, sans compter les privilèges éhontés des dignitaires castristes.

Cuba, grâce à Fidel et ses sbires, est en effet devenue terre de rationnement, de geôles immondes et d’absence de toute liberté politique. « La pauvreté dans laquelle se débattaient les gens depuis le triomphe de la Révolution était inexplicable et parfois effrayante », dit-il, avant d’en avoir découvert l’explication, qui tient en un seul concept : une économie dirigée par les idéologues incultes du parti communiste, en un mot, par Castro lui-même. Ce qui n’est pas sans contribuer au déboulonnage du mythe Che Guevara, meurtrier sanguinaire de surcroit.

Rejeté, divorcé de force et privé de son fils, le narrateur, remué par sa vocation d’écrivain, devient l’ami d’un poète dissident menacé d’être condamné pour l’ « avoir détourné du chemin révolutionnaire ». Les travaux alimentaires de traduction, mais aussi agricoles et collectifs harassants, les péripéties idéologiques et picaresques s’enchaînent avec le soin d’un réel conteur, aux notations aussi précises que colorées, qui n’omet pas les aventures érotiques : « Un spasme profond nous unit dans la pénombre parfumée de la forêt de La Havane ». Ainsi, l’écriture est sensuelle, contrastée, à l’image des touffeurs de la politique et de la nature, de ses habitants, tyranniques ou tyrannisés. Désabusé, lisant cependant « les romans interdits », il travaille à fuir cette île-prison qu’il est obligé de comparer sans ambigüité avec la dictature de Pinochet : rêvant des Etats-Unis, y parviendra-t-il grâce à une barque cachée, ou en retrouvant officiellement, quoiqu’en rusant, l’Allemagne de l’Est ?

 

Autobiographie, ou « roman autobiographique » (où « tout souvenir est fiction »), ce « genre le plus subversif qui soit, et le plus détesté par les dictatures », tel que le qualifie son auteur ? S’il lui a été nécessaire de changer les noms des personnages pour raison de sécurité, dissuadant ainsi de « brutales représailles », le parcours de ce narrateur nostalgique de la démocratie chilienne est bien le sien, précieux témoignage personnel et tableau exemplaire de la tyrannie castriste, d’ailleurs salué à sa juste valeur par Mario Vargas Llosa qui se fait  son préfacier. En ce récit aux riches péripéties, à l’exacte observation et analyse, presque sans faute, Roberto Ampuero, « interdit de séjour à Cuba », ne va cependant pas au bout de son raisonnement : alors qu’il n’a pas pensé à remettre en question le communisme d’Allende, lui faut-il ou non préférer le capitalisme libéral ?

 

Thierry Guinhut

A partir d'un article (ici augmenté) paru dans Le Matricule des anges, septembre 2013

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 10:12

 

Hotel Tierra de Biescas, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Carlos Fuentes : La Volonté et la fortune,

 

réalisme magique et roman philosophique.

 

 

Carlos Fuentes : La Volonté et la fortune,

traduit de l’espagnol (Mexique) par Vanessa Capieu, Gallimard, 528 p, 24,90 €.

 

 

 

 

Choisir son narrateur parait aller de soi. Il ou je s’impose, venu d’une évidence inconsciente ou fermement déterminée. Narrateur interne au récit ou vague déité plus ou moins en retrait, il n’est guère courant qu’il soit posthume, pourtant ainsi parfaitement apte à dérouler une vie. Mieux, Carlos Fuentes (1928-2012) a élu, en son roman La Volonté et la fortune, une tête coupée flottant sur les eaux du Pacifique pour narratrice. Elle appartint à Josué qui, au moyen de cette bouche irréparablement séparée de son corps, raconte toute son existence, brève, et néanmoins d’autant plus riche qu’elle est le miroir des destins et du Mexique.

 

C’est à vingt-sept ans, à la suite de coups de machette, que Josué Nadal est devenu une tête d’Orphée parlant sur les eaux. Comme le bon millier de décapités par an que compte un Mexique violent et criminel, il est le chantre et le témoin de son pays autant que de sa propre biographie, à la lisière du réalisme le plus cru et d’un fantastique halluciné. Ce en quoi nous retrouvons ce réalisme magique qui fit les grandes heures de deux des romans les plus vastes, les plus ébouriffants de Carlos Fuentes : Terra Nostra et Christophe et son œuf.

Les allusions mythologiques et bibliques parcourent et structurent le récit. Non par artifice gratuit, mais parce ces dernières sont parmi les invariants signifiants de nos destins. Ainsi, Josué forme avec son ami Jéricho un duo surnommé « Castor et Pollux », avant de devenir des « Caïn et Abel ». Pourquoi ? Ils sont lycéens, unis dans leur passion pour la culture, ils lisent tous les deux Saint-Augustin et Nietzsche, sous la bienveillante tutelle du Père Philopater, substitut paternel et professeur de philosophie, mais aussi tous deux orphelins venus de familles absentes, quoique tutélaires. Josué, par exemple, vit sous la garde d’une autoritaire servante, qui laisse sa place à une infirmière venue soigner par le repos les premières éjaculations de son « caleçon », avant de lui offrir l’éducation de son beau corps et de disparaitre. Le roman-feuilleton, à la marge du thriller, laisse dans une ombre mystérieuse son ascendance alors qu’elle commet un laconique homme de loi pour lui verser de suffisants émoluments…

Deux frères spirituels, autant en lectures qu’en bordel, peuvent-ils devenir des frères ennemis ? Josué étudie le droit, sous l’autorité initiatique d’un autre père spirituel, le professeur de droit international Sanginés. Son stage pratique a lieu parmi la sordide et effrayante prison de San Juan de Aragon, occasion de dénoncer les effarantes conditions de détention, dont des enfants. Plus tard, Jéricho, nommé assistant présidentiel, ira découvrir les ors du palais de l’état, quand Josué deviendra un proche collaborateur de Max Monroy, magnat des télécommunications. En deux miroirs opposés, si pour Jéricho « la politique est l’ultime recours de l’intelligence », Josué choisit avec Max Monroy l’économie, le développement des télécommunications au service du peuple des pauvres ; ou, plus exactement, Sanginés choisit pour eux.

Des personnages fascinants et effrayants balisent le récit : Miguel Aparecido, un assassin qui se refuse à sortir du cachot, de peur de se laisser aller au parricide ; Lucha Zapata est une « polytoxicomane », dont le nom programmatique montre bien que la lutte révolutionnaire est une drogue addictive, hallucinatoire et meurtrière. Ainsi, frayant parmi les sphères du pouvoir, Jéricho fomente bientôt la cause clandestine et risquée de la révolution. Illusion que ne partage pas Josué. Le couple désassemblé est alors le reflet des fractures internes et politiques de la population et de l’Amérique latine.

 

 

Sans cesse, les structures et motifs binaires structurent, innervent et opposent le puzzle du roman et le Mexique. La « volonté » est celle du personnage volontaire et libre, croit-il, de son destin, quand la « fortune » est à entendre en ses deux sens : hasard et  chance, mais aussi abondance d’argent, comme ces chèques anonymes que reçoivent les deux protagonistes, dont l’origine est, qui sait, bénéfique ou maléfique. Comme le père d’Errol, un camarade des deux compères, qui tira sa fortune, certes des meubles qu’il fabriqua, mais surtout des bordels qu’il exploita. Plus loin, c’est une splendide et dangereuse femme de pouvoir -et pivot de l’intrigue- Asunta Jordan, qui, aiguisant les convoitises amoureuses et sexuelles des deux jeunes gens, contribue à leur bifurcation inéluctable et délétère. « Volonté » politique et « fortune » économique sont les deux faces jumelles des sociétés, quand l’autoritaire Saint-Augustin et Nietzsche, chantre de la liberté intellectuelle et morale, figurent les deux extrêmes de la pensée. De même, la prison est un enfer « dantesque » opposée à l’utopie d’un pouvoir politique et économique juste.

 

Faute de suffisante liberté économique et de réelle autorité de l’état régalien, le Mexique, cette « Narconation », navigue entre tyrannie étatique (on connait son Parti Révolutionnaire Institutionnel, longtemps au pouvoir), clientélisme et pléthore de corruption et de criminalité. Faussement généreux, « l’Etat est un monstre philanthropique ». En conséquence, « l’état est une œuvre d’art jalouse, ennemie de l’individu libre et du pouvoir économique ». Ce pourquoi les deux héros d’abord presque jumeaux du roman bifurquent l’un vers la traitrise et le délire révolutionnaire avorté, pour Jéricho, l’autre vers la confiance dans un libéralisme économique prometteur, pour Josué. On ne peut alors qu’être surpris par la perspicacité de l’analyse d’un auteur au crépuscule de sa vie, qui, à quatre-vingts ans, balayant l’impéritie du pouvoir présidentiel, brosse des perspectives de consommation, d’éducation et d’entreprenariat, grâce, entre autres, au portable destiné aux pauvres, créé et diffusé par Max Monroy.

Nous laisserons au lecteur découvrir comment et pourquoi Josué fut décapité, quelle toile d’araignée bienveillante fut tressée par Sanginés, quel rôle vilainement machiavélique joue enfin la belle héritière Asunta, « Médée jalouse » et « Gorgone du pouvoir ». Pourtant, quand le Mexique va sans tête pensante, sans éthique, seul le romancier a toute sa tête…

 

La dimension fantastique transparait puis s’expose avec pétulence. Lorsque Philopater parle de Spinoza observant une toile d’araignée, ses combats et ses proies, ne s’agit-il pas d’une mise en abyme du roman et du Mexique ? Lorsque le prophète Ezéchiel s’adresse à Josué, lorsqu’ « Ancienne Conception », la mère de Max Monroy, s’adresse au même en toute franchise depuis l’outre-tombe, lorsque Machiavel (sur lequel Josué écrit sa thèse) et Piranèse prennent la parole, le réalisme magique n’est en rien futile ornementation : il est au service à la fois d’une argumentation de philosophie politique serrée et d’une esthétique baroque immensément efficace. Là où Carlos Fuentes à l’acmé de sa vie, pensait avoir écrit son meilleur roman, il faut non seulement en convenir mais l’en remercier. Il rejoint ici la force de construction, la beauté, l’acuité stylistique et d’idées, la séduction narrative et intellectuelle de ces retables romanesques que sont Terra Nostra et Christophe et son œuf. Une fois de plus, l’immense romancier mexicain, rival et complice du péruvien Mario Vargas Llosa, offre un de ces rares livres qui rendent leur lecteur plus intelligent.

 

A mille et une lieux de l’anorexie romanesque et intellectuelle de la plupart des auteurs français, ce roman de Carlos Fuentes, malgré un pardonnable manque de concision sur la fin, dégage une puissance narrative, analytique et métaphorique stupéfiante. Une langue vive, « d’un dramatisme confinant à l’opéra lyrique », tranchante, évocatrice et jamais à court d’éclairante pensée innerve l’espace narratif et le parcours exemplaire, quoique souvent déceptif des personnages. Le chatoiement des métaphores est sans cesse signifiant : comme «  Estrellita, qui avait un cadenas psychique entre les jambes », ou, pour rester dans le champ érotique, les sous-vêtements d’Asunta « bien rangés, telle une petite armée de la libido, dans leurs casiers respectifs ». Poétique romanesque, dialogue philosophique, tout concourt à une excitante réussite. De la volonté et de la fortune de deux amis devenus ennemis, notre auteur tutélaire tire un vaste chant épique au service d’une nation acéphale, au service de la juste volonté et de la bonne fortune de la littérature.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

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Numéro zéro, pamphlet des médias

Baudolino ou les merveilles du moyen-âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

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Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

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Révolutions vertes et libérales : Manier

Christian Gérondeau : Ecologie, la fin

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

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Education d'Achille, Pompeo Batoni, 1746 Offices Florence

 

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eluard dali

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

Emerson

 

Erasme

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Erasme Adages coffret

 

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Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Tardif-Perroux : La France, son territoire

Patriotisme et patriotisme économique

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Allégorie de la Paix et de la Justice, 1753, Corrado Giaqu

 

Etats-Unis romans divers

De la Pava : Une Singularité nue

Hallberg : City on fire, ode à New-York

Franzen : Freedom, libertés entravées

Pessl : La Physique des catastrophes

Démonologies de Rick Moody

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Lauren Groff : Les Furies

Gary Shteyngart : Super triste histoire d'amour

 

 

 

 

 

 

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Le bouffon interdit

2025, l’animale utopie, fable politique

De l’animal mariage pour tous

L'Ânesse et la Sangsue

L'Etat-providence à l'assaut des lions

De l’alternance en Démocratie Animale

Les chats menacés par la religion des rats

La Fable des porcs et de la Dette

Fables 1

 

Facebook

Facebook, perversion ou libertés ?

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Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

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Lectures du mythe de Frankenstein

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

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Lettre à une jeune femme politique, socialisme et islamisme

Humanisme et civilisation devant le viol

Alain Testart : L’Amazone et la cuisinière

Federici : Caliban et la Sorcière

La révolution du féminin

 

 

 

 

 

 

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Filloy

 

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Averroès et Porphyre

 

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Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et théorie du genre

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

Foucault L'Herne

 

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Le Tigre de la pédophilie

Fragoso

 

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Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

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Diane ou la Chasseresse solitaire

Le Bonheur des familles, Inquiétante compagnie

Temps et amour faustien : L'Instinct d'Inez

Le Siège de l’aigle politique

Fuentes Aigle

 

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III Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

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IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

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Pyrénées Anie Aneto

 

Guinhut

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Montagne noire triptyque Quelque chose dans la montagne

 

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Synopsis et Traversées

Le recours à la montagne

Cantal

 

Guinhut

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La République des rêves, roman

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II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

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IV Eros à Sauvages, Les belles inconnues

VII Le Testament de Job

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VIII De natura rerum, Euro Urba

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Prologue

II Greenbomber, écoterroriste

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I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

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A une jeune Aphrodite de marbre

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Sonnet autobiographique

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I Une année sabbatique

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III Elégies à Liesel

Ein Jahr im Leben des Heinz M.

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passsage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

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Ré une île en paradis

Ré paradis

 

Guinhut

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Hayek

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Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Hayek

 

Histoire

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Eloge et blâme de l'Histoire mondiale de la France

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Jules Verne

Corbin : Histoire du silence, Le miasme et la jonquille

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Hattemer Higgins : le troisième Reich

 

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Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

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Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

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Garcia Lorca : homosexualité et création

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Amos Oz : un Judas anti-fanatique

Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

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Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Battle royale : téléréalité politique

Murakami Ryû : Chansons populaires

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

Otsuka : Certaines n'avaient jamais vu la mer

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

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Jünger

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Kafk Procès GF

 

Kant

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

Kant Obscur

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

Sirènes -1817-copie-1

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. D Wagner : En-vie, F Maï : Divino sacrum, F Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

Chansons populaires de l’ère Showa

1969, Les Bébés de la consigne automatique

Murakami bébés

 

Musique

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Musique savante contre musique populaire

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Bonheurs et trahisons du Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Mysterieux Monsieur Kidder

Oates Kidder

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

Powers Générosité

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schlanger

Présences des œuvres perdues

presence-oeuvres-perdues

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Allégorie de la science Cherubino Alberti

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

Ilium

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

Sloterdijk Essai d'intoxication

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnet des montagnes

Sonnet à l'élève

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Voltaire Jean Huber Le lever de Voltaire

 

Vote

De la révocation du droit de vote

De l’humiliation électorale

De l’alternance en Démocratie Animale

Front Socialiste National et antilibéralisme

allegorie du bon gouvernement

 

Wagner

Tristan und Isolde

Céline et Wagner : l'indignité du génie ?

Wagner Isolde by Aubrey Beardsley. Illustration in Pan, Ber

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux le voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

Wordsworth.jpg

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

Zimler 1

 

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