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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 14:51

 

Grand'Rue, Poitiers, Vienne. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant

Roman. IV.

 

Deuxième métamorphose :

 

Francastel, frontnationaliste.

 

 

 

 

      Je me lève. J'ai soif, suant toute eau. Soif de sang. Non... Plutôt grenadine, jus de cerise et de tomate. Mais où est passé le mini-bar ? Et cette porte de salle de bains bloquée dont le chambranle se secoue comme une ruine... Ou j'ouvre mon cahier sur cette table et sous mon nom de plume, « Vivant d’Iseye » artistement calligraphié, j'écris ce qui me vient au fil de la vidéo qui défile, ou j'ouvre une porte sur une aventure, à la recherche de ce qui pourrait étancher ma soif de sensations chaudes et de terreurs glacées…

      Je serais un vampire que je me sentirais l'évidence d'aller ouvrir la première gorge de jeune fille venue dans le blanc d'une chambre, pour étancher de sang ma soif de vie. J'écrirais la fin de son histoire en entrefilets rouges sur la double page ouverte de ses seins blancs. Et c'est ainsi que je commencerais la mienne en votre serviteur à cravate rouge, gilet de peau et crâne rose.

      Quelle potion de soif m'a-t-on fait boire pour que j'aie si soif?  Je ne reconnais pas cet escalier. Comme s'il avait subi des siècles de réparations et dégradations. Comme si des immigrés clandestins l'avaient squatté. D'ailleurs ça pue à outrance le couscous rance et le chevelu crépu, la coiffure rasta ensuiffée de shit...

      Mais qu’est-ce que je raconte ? Que j’écris la main prise dans une autre main ? Des invectives contre l’humanité indignes d’un Vivant d’Iseye…

      J'ai dû tomber sans m'en apercevoir sur un escalier de service. Voire un toboggan désaffecté entre deux cloisons oubliées. Est-il possible qu'on dégringole dans un tel merdier à l'Hôtel Royal Monceau ? De tels monceaux de planches, marches contremarches, gravats, poubelles déglinguées contre le béton nu et cloqué ? Un tas de couvertures pourries sur le palier ironise la forme humaine, ou de la chrysalide avec ses plis, manches et capuche dans un estuaire d'ordures, pelures, boites de conserves et leur jus répandu... Encore un de ces vieux juifs venus des Balkans et fuyant la guerre arabo-serbe. Sont-ce les bas-fonds qui supportent le luxe du Grand Hôtel ? Qu'est-ce que c'est que cette porte de tôle ? Il faut la brusquer à coup d'épaules, lui défoncer le cul pour la faire céder... Quoi ! Une rue pareille pour l’Hôtel Royal-Monceau ! Où suis-je ? Qui m'a versé au compte-goutte du LSD sur la pupille pour voir l'Hôtel Royal en monceaux se disloquer en gueule de bunker déchiqueté ? A moins que j'aie un casque vidéo sur les tempes pour me passer le film d'un arrière-quartier en béton sale et détritus... Mon Hôtel a disparu !

      La lune commence à se fendiller dans la tranchée du territoire. C’est le signal de l'infiltration nocturne des foncés ! L'heure du nettoyage. Méticuleusement, j’enfile doigt par doigt les deux gants de cuir blanc. Quoi, encore une ampoule de réverbère pétée ! Et qu'est-ce que c'est que cet éclat lumineux, ce reflet fugitif ? Gaffe. Encore une saloperie de caméra-espion, un relais vidéo-surveillance de la police démocratique, un de leurs journalistes valets qui aimerait bien avoir vent de notre organisation...

      Calme noir. La nuit est fétide. Ça sent le juif maghrébin et le bourgeois franc-maçon. Un coup de rangers dans leurs gueules, leurs caméras. Pour leur foutre la raie au beur noir. Ah, ah, ah... On y verra bientôt plus que des faces propres et nettes comme le cirage clair et poli de mes guêtres. On pourra enfin être fier de se regarder dans la pureté polie de mon crâne de parfait blanc occidental. Vêtements au carré, blazer bleu-marine sur la chemise brune, ceinturon blanc et cravate rouge sur un coffre de mangeur de viande ! Paré.

      Qu'est-ce que c'est que ce costume de clown? Quand il respire comme ça j'ai comme les tuyaux d'une marche militaire dans les bronches. Pourquoi me fait-il cadencer et raidir tous les muscles? Comme sifflant par le nez une sonnerie aux morts pour la patrie. Non... Me voilà encre le mental dans la tête d'une espèce de monstre qui ne me laisse même pas penser. Seulement vivre à mon cœur défendant sa démarche, son déguisement et son théâtre vulgaire qui me censure la réflexion. Et une fois de plus je ne peux pas m'échapper d'entre ces bajoues qui battent la mesure.

      J'espère qu'il ne va pas lui venir l'idée de nous regarder dans un miroir. J'en vois et j'en sais assez comme ça sans m'ajouter aux cinq sens la vision d'un faciès qui n'est pas le mien et dont me suffit amplement ce que je sens du cubique des mâchoires... C’est parce qu'il ne pense pas en se coltinant son pas militaire de bande dessinée que je peux...

      Stop! Ça sent le complot... Affirmatif ! Il y a des yeux noirs de tiers monde qui photocopient la ville pour se la cloner à l'usage de leur pillage et ne nous laisser que la trame de nos papiers d'identités aux empreintes effacées. Au rapport avant la levée du secret ! Je ne veux avec moi et mes sbires que la caméra de l'Hawks. Uniquement cette démone. La seule qui laissera voir toute la vérité nécessaire de notre mouvement. Et l'Hawks l'aura dans l'os. C'est l'heure de grande écoute nocturne pour le Mouvement Uni de Libération de la Race Blanche. Et quand nous n'aurons plus besoin de son sens de l'information... Clic ! Permis de pellicule coupé, bande son noyée, internet dératisé, neurones au détergent, réseau câblé passé à la voix blanche. Défense de dépasser la ligne blanche.

      Attention! Cachons nous dans la rencoignure de cette porte cochère, contre le tableau d'entrée à code digital de sécurité. Oui. C'est elle. L'Hawks entre dans le bar « Au Français ». L'épieuse épiée. Ce bar qu'entre initiés nous appelons « Le Bleu Blanc Rouge ». Le bleu pour l'uniforme horizon, le blanc pour la pureté de la race, et le rouge pour le sang répandu des envahisseurs. Bien drivée cette Hawks pourrait faire une excellente voix populaire. À condition de lui laver sévèrement le cerveau aussi blanc que le blanc bleu de ses yeux... Pas un bouton de guêtre ne me manque. J'y vais. Par la porte de côté et le cagibi aux deux placards. Changer rapidement mon uniforme d'action pour un vêtement politique. Costume bleu-France croisé, cravate passe-partout, souliers vernis noirs. Bien au chaud dans mes sous-vêtements bleu blanc rouge et noir invisibles contre mon cœur. En piste...

      - Benoit-Adolphe Francostal, qui êtes-vous? Un obscur militant, l'éminence grise d'un parti non encore homologué, ou le leader absolu d'une force montante que la marée des urnes populaires plébiscite?

      - Vous savez bien qui je suis, Mademoiselle Hawks. Vous devez savoir qui je suis. Vous saurez bientôt qui je suis.

      - Mais encore...

     - Je suis la France pure ! Le peuple national. La revanche des travailleurs. Des exclus du capitalisme mondialiste. Des victimes de l'immigration sauvage.

      - D'abord, dites à nos showsectateurs si ce nom, Benoit-Adolphe Francostal, est votre nom en vertu de l'état civil ou si ce n'est qu'un grotesque pseudonyme?

      - Pourquoi grotesque ? Alors que dans ce nom coule le sang de mon père, de nos pères et aïeux. De nos ancêtres les Gaulois. Alors que ces prénoms sont la langue de ma mère, le b a ba de mes initiales... Ce nom venu des Francs, porteur du sceptre de la pure lignée des Français. Enfin vous savez que l'écrivain français Henry de Montherlant appela Costals le fin héros d'un de ses meilleurs romans...

       - Un héros misogyne. ..

      - Car la femme n'est que le passé de l'homme. Dans le rôle sacré de la mère, la femme française se réalise pleinement et uniquement.

      - Délicate perspective... Pourquoi toujours « Français » ? Qu'y a-t-il de plus à être né par hasard Basque, Breton ou salade niçoise, plutôt qu'Américain, Letton, Malien ou Coréen?

      - Je suis Xénophobos le Grand, le viriloïde français, qui pue bon la France sous aisselles, Madame ! Moi et mes Français, nous aimons la France, la vraie, celle de race blanche et fraçouaise, nous détestons le négroïde et le jaunoïde, nous haïssons l’espingouin et le baragoin, le boche et l’italoche, l’english et le polish, le bicot et le noirpiot ! Et les valeurs, l'histoire, Mademoiselle Hawks! L'esprit français, cartésien et classique, Lully et Vauban, Louis XIV et Napoléon, Charles-Martel et Clémenceau, Pascal et Gobineau, Barrès et sa « colline inspirée »…

      - Beurk et rebeurk, Monsieur Francostal ; même les meilleurs noms prennent dans votre bouche une odeur de crocs cariés. Voulez-vous ma liste ? Non... La voici : Goethe et Martin Luther King, Madonna et Mère Thérèsa, Rossini et Jim Morrison, Gandhi et Bashô ; Diderot comme encyclopédiste et érotique, Octavio Paz et Matisse...

      - Je veux bien prendre ce déballage de métèques immoraux, Mademoiselle Hawks, pour une légère provocation à l'usage des quelques puérils intellectuels qu'il faut bien retenir parmi vos showspectateurs friands de linge sale. Napoléon, vous dis-je, et sa grande France absorbant l'Europe. Charles Martel repoussant ces arabes que nous laissons aujourd'hui entrer par la porte de la lâcheté. Mussolini et sa restauration de la grande Rome... Le peuple a besoin d'admirer. Non de mépriser ses élites, ses institutions et sa police. Le peuple est méprisable s'il vénère un tennisman, un chanteur de jerk, un présentateur de télé, au lieu d'être inspiré par le charisme et l'idéal d'un grand leader. ..

      - Que le peuple soit aussi méprisable qu'un match de foot sans arbitre, je suis payé pour le savoir. Et pour savoir qu'un Mozart, qu'un Fragonard y peuvent naître si vous ne les empêchez pas.

      - Ôtez, Mademoiselle Hawks, votre pseudonyme digne du plus charognard impérialisme américain, et rejoignez-nous. Vous serez, Arielle, notre nouvelle liberté jaillissant des barricades de la France pour jeter à bas les complots de l'intérieur et la peste métissée des envahisseurs ! Vous écraserez l'hydre du cancer mondialiste et économique, à côté des pires impérialismes que sont et ont été l'Islam et le communisme.

      - Joli fantasme ! Un : l'impérialisme américain n'est qu'un mythe, certes doué de surappétit. Deux: je ne suis pas à vendre. On ne me paie que libre. Trois : voulez-vous en prime time mes seconds prénoms? Kyoto et Parvati. J'ai une grand-tante née noire et esclave à New-Orléans et du sang hopi coule sous l'apparence de ma peau de White Anglo Saxon Protestant.

      - Voilà ce qui vous empêche d'être naturelle, d'être authentiquement vous-même et spontanée, Mademoiselle Arielle. Ce sang cosmopolite, cette bâtardise transgénique. Qu'êtes-vous devenue? Une créature hybride. Une cybermétisse dont les identités originelles sont diluées, empoisonnées... Non, le vrai peuple, tout peuple, veut et doit garder ses racines, sinon il ne sait plus qui il est. Le vrai Français ne s'enracine que dans un sol non colonisé par les mauvaises herbes étrangères. Chaque peuple a droit à sa pureté ethnique. Chaque individu doit savoir dans quelle identité il a sa place, son nom, ses droits et ses devoirs !

      - Alors, entre l'Occitan et le Tourangeau, entre le Tzigane et le Berbère, entre le Dogon et le Pygmée, il faut dresser des barbelés...

      - Seulement entre le Français et l'étranger. Pour que chacun conserve son territoire et sa fierté.

      - Et clouer sur ces barbelés de sang ceux qui s'aviseraient de les franchir?

      - Bien gardés, ils ne les franchiraient pas.

      - Et que ferez-vous de ceux qui sont nés d'une union interethnique?

      - Ils sont innocents du crime de leurs parents. Ils seront éduqués et parqués d'un côté ou de l'autre de la Méditerranée selon leurs facteurs raciaux dominants. Bien sûr, ils seront priés de ne pas se reproduire pour éviter de propager sur la planète ce drame qui scie en deux leur chair et leur sang. Tout cela bien sûr dans le respect de la personne morale.

      - Et celui qui, hors son délit de faciès, aura assimilé la culture française et occidentale au point de ne pouvoir se reconnaître au royaume d'Allah?

      - Ne compliquez pas les choses, Mademoiselle Hawks, Cela ne doit ni ne peut se produire. On n'acquiert une culture que si elle est drainée par le sang pur de l'origine.

      - Vous avouez donc que certaines personnes n'ont pour vous pas droit à l’existence ? Je suis sûre que vos électeurs du Bâtiment Travaux Publics seront heureux d'apprendre qu'ils vont échapper au chômage grâce à vos chantiers d'Auschwitz sur Seine et de Goulag en Provence...

      - Comment osez-vous ! Chienne télévisuelle ! Catin cosmopolite ! Insulter ainsi la mémoire de mon père qui, résistant contre l'oppression nazie, passa trois ans dans un camp de concentration allemand. .. Il n'y a donc aucune valeur que vous respectiez?

      - On dit que votre père respecté, et communiste de surcroît, fut parmi les premiers volontaires du travail obligatoire dans une usine d'armement à Dusseldorf, en vertu du pacte germano-soviétique. Qu'il n'a rejoint la résistance à l’automne 44 qu'en vertu d'une permission exceptionnelle pour bons et loyaux services.

      - Sale souris ! Bête à charniers ! Si je ne me retenais pas... Non. Raclure de médias, pure calomnie, vous dis-je...

      - Regardez-le, chers showsectateurs ! Non, ce n'est pas l'écume de la bière qui s'éructe ainsi, mais la bave de la fureur blanche qui coule des crocs jaunes de Benoit-Adolphe Francostal, notre dogue des valeurs morales...

      - Riez, riez, Miss Médias... Plus vous m'insultez, plus vous bafouez le flot montant du peuple. Plus vous me crucifiez sur l'autel des marchandises télévisuelles, plus je pérore, plus je gagne des voix. Et vous ne pouvez pas vous passer, personne ne peut se passer du spectacle de nos militants et de son chef charismatique jetés aux hyènes des médias. Ces médias vendus à l'idéologie socialo-immigrée.

      - Monsieur Francostal. Vous êtes au centre d'un soupçon... Celui du meurtre d'un jeune Malien retrouvé dans la Loire. Un insigne métallique a profondément marqué sa nuque.

 

Bibliothèque A. R. Photo : T. Guinhut.

 

      - Quel insigne ? Que pouvez-vous prouver, sinon la perfidie concertée du complot libéral ?

      - Eh bien, la chair a été visiblement massacrée à cet endroit pour en rendre la lecture impossible. Mais sûrement savez-vous quelque chose...

      - Pas le moins du monde. Il y a bien des groupuscules, des sectes, sinon des psychopathes solitaires que la police devrait inquiéter au lieu de notre mouvement des valeurs nationales. Et nettoyer ainsi la France de ses dégénérés sexuels.

      - Allons... Les extrémités sont lisiblement celles de la svastika nazie, Mais le centre de l'objet, lui, reste, dans le torturé, incompréhensible.

      - À nous également, cet objet reste inconnu, soyez-en persuadée, Mademoiselle Hawks.

      - Revenons à votre mouvement politique et à ses valeurs morales.

      - Voilà qui vous honore, Mademoiselle Hawks. Notre parti sera le seul à pouvoir poser sur la pureté de la France un préservatif étanche contre le sida de l'immigration. Pour que les couples français puissent retrouver une saine monogamie fondée sur la virginité, la fidélité, la reproduction. Vous connaissez déjà notre ligne sur l'immigration. Voici notre second point de programme. Création d'une ligue anti-pornographique d'intérêt national. Epuration des librairies, des cinémas, des télévisions, des vidéos et d'internet. Traque de la prostitution, professionnelles et des clients, par des comités de santé publique. L'amour sera sous le voile de la pudeur ou ne sera pas. C'est la pornographie, le sexe facile dans la publicité, dans les kiosques et les mœurs, qui est responsable de la dépression économique et de la généralisation des crimes sexuels sur les enfants.

      - Ne devenez pas tout rouge comme ça. On dirait à vous voir que vous succombez à cette lubricité que vous dénoncez. Que le seul rempart à votre sang chaud de brute est cette armure morale qu'en bon sadomasochiste vous désirez imposer.

      - De telles insinuations sont aussi perverses que cette pseudo science juive et dégénérée connue sous le nom de « psychanalyse ». Et votre entregorge, Mademoiselle Hawks, si palpitante qu'elle soit, dans la soie de votre soutien-gorge demi-découvert, ne m'impressionne pas.

      - « Cachez ce sein que je ne saurais voir » !

      - Seul l'enfant saurait voir la mamelle de sa mère sans danger. Chaque objet sexuel, chaque image lubrique entrevus contribuent à faire avorter les valeurs de Travail, Famille, Patrie.

      - Refrain connu. Allons, Monsieur le Censeur, savez-vous qu'il y avait bien plus encore de cuissages, viols et meurtres sadiques aux époques où ni l'imprimerie ni le cinéma ne pouvaient encore divulguer la moindre imagerie et pensée coupables ? Savez-vous que sous l'ancien régime le viol n'avait même pas d'existence légale à moins que la victime ne fût une personne de condition? Les rapports de pouvoir phallocrates tenaient lieu de morale sexuelle. La femme n'avait qu'à être vierge, mère ou femme perdue. Sans compter les enfants qui n'avaient pas droit à la parole.

      - Auriez-vous l'audace, vous, l'apatride égérie des ondes versatiles, l'audace de me faire un cours d'Histoire de France? Et tendancieux, qui plus est! Que faites-vous des barrières de la religion ? Cette religion aujourd'hui bafouée par le scandale de ce livre dans lequel Jésus est traité d'homosexuel ! Et par ce film où Marie-Madeleine copule avec le Christ ! La santé morale publique exige qu'on pilonne ce livre, qu'on éventre au soleil ces bobines de pellicules, qu'on en brûle les ulcères maudits !

      - Il me semble que le livre et le film dont vous parlez ne sont qu'à peine de légères provocations, pour reprendre votre expression. Ils ne visent qu'à donner à l'amour du Christ pour ses créatures une visibilité sensuelle supplémentaire. De plus, ces œuvres, que personne n'est obligé de lire ou d'aller voir, et dont les affiches urbaines ne peuvent choquer aucune sensibilité, restent du domaine de la liberté privé du lecteur et du spectateur. Le cardinal Sanzini lui-même, qui pourrait être le prochain Pape, a dit à ce propos que Dieu appartenait tout autant à la Bible qu'à la conscience de chacun et que les poèmes érotiques du Cantique des cantiques étaient une image de l'amour universel.

      - Mais la pornographie, sœur infâme de l’avortement ! Sale, vulgaire ! Vous qui êtes une femme, ne vous sentez vous pas insultée par cet exposition de vos parties, par l'étalage de vos fonctions organiques conspuées?

      - Que savez-vous de la pudeur, Monsieur Francostal ? Chacun choisit la pornographie qui lui convient. Vous avez la vôtre. La mienne peut être belle, délicate, raffinée, extatique.

      - Malgré tout le respect que je dois à une femme, vous êtes aussi pernicieuse que satanique...

      - Dans votre bouche, Monsieur Francostal, je prendrais cela comme une flatterie. Ou comme un geste de concupiscence…

      - Ne perdons pas de vue, je vous prie, notre programme. C'est ce qui intéresse d'abord les Français. Après l'immigration et la pornographie, mon troisième point : l'Insécurité! Et dans insécurité, il y a « jeunesse »...

      - Et en quoi ces enfants innocents...

      - Mais que vous, forces de l'argent et des médias, corrompez sans cesse! L'enfant est naturellement bon. Seuls votre société et vos télés le corrompent.

      - Comment, nous qui étions ces purs enfants, serions-nous devenus des corrupteurs sans que notre enfance possède les germes de la violence?

      - Si nos enfants volent, pillent et brûlent, si leurs bandes rivales s'estropient, s'ils vont jusqu'au meurtre de policiers, c'est parce que la répression parentale ne les a pas saisi dès la première incartade. Dès qu'un parent se révèlera incapable d'assurer l'exercice de son autorité, il sera privé de sa progéniture, privé de ses allocations nourricières, privé de son droit de vote. Un impôt-amende de solidarité nationale sera exigé pour toute désertion parentale. Quant au fruit de ses entrailles, il sera rééduqué aux frais de l'Etat dans des internats pénitentiaires, au moyen du travail manuel, de la prière et des châtiments corporels réguliers. Moi-même, pour l'exemple, je me chargerais d'élever le jonc sur leurs fesses délinquantes...

      - Comment votre bouche, Monsieur le Président Francostal, peut-elle contenir sans dégorger tant de salive au moment d'exalter vos vertus pédagogiques ?

      - Laissez-moi ignorer vos sarcasmes misérables. Parlons justement de pédagogie. Pour retrouver une jeunesse saine, il faut nettoyer leur environnement. Plus un bruit de rock, de rap, de techno. Plus une musique nègre ou beur. A la place, un austère et viril chant grégorien. Le retour aux folklores régionaux, aux danses du terroir. Accordéon, Harmonie Municipale, Orchestre Militaire. Plus de cheveux savonnés, punks, iroquois, plus de tresses africaines qui sentent le suint et le cannabis. Plus un seul vêtement grunge, mini ou maxi, plus un seul jean importé, plus un seul déguisement d'origine étrangère. Boule à zéro pour les garçons, front haut, oreilles dégagées... Uniforme scout couleur sable et chaussures de marche. Coupe au carré, nœud rose pour les filles. Uniforme bleu-nuit, souliers noirs. Une guerre absolue contre les drogues et le tabagisme sera déclarée. Chaque jeune sera fouillé jusqu'à la peau nue à l’entrée de tous les centres d'apprentissage et de travail. Pas de lectures malsaines. Censure et mise à l'index scrupuleux. Une télévision d'Etat exclusivement. Education idéologique, formation aux métiers traditionnels et divertissement collectif dans des créneaux horaires adaptés aux rythmes naturels. C'est ainsi que les hooligans, les voyous, les dealers, les coupe-bourses, les traîne-savates, sans compter les homosexuels, seront éradiqués. La liberté, dans ses cadres préétablis, ne sera accordée que sur preuve de comportement idéologiquement correct. Le monde occidental décadent, fade et putrescent retrouvera enfin ses héros de grand style, ses croisés, ses chevaliers teutoniques, ses condottières. Vous riez, Mademoiselle Hawks?

      - Vous n'aurez jamais assez de miliciens pour ça, Monsieur Francostal. Vos frontières seront aussi poreuses que les esprits.

      - Vous ignorez que le Réveil a partout commencé. En Allemagne: le Furherarium. En Italie, la Ligue Mussovaticane. En Espagne : l'Opus Castillan. Aux Etats-Unis : le Ku Klux Kan. En Russie: la Tsarléninia... Il est évident que, l'Union Européenne dénoncée, l'étanchéité de nos frontières sera renforcée par les mouvements alliés des pays limitrophes. Ce qui nous permettra, dans un second temps, de viser l'autarcie économique et culturelle grâce à un contrôle strict des moyens et des objectifs par des entreprises et des associations nationalisées.

      - Je crains que nos showsectateurs se lassent, Monsieur Francostal... Qu'ils quittent notre chaîne pour une autre.

      - Veuillez, m'excuser, Mademoiselle Arielle et chers showsectateurs, mon attaché de corps me…

      - Showsectateurs aimés, pendant que notre invité se laisse susurrer des messages par son lieutenant en âme damnée, nous avons le plaisir, sans quitter l'antenne, ni vous priver du visage concentré de Maître Francostal, de vous proposer en incrustation sur votre écran Sony Very large Visual, des publicités dont les espaces sont achetables et programmables démocratiquement et en temps réel par Immediat Internet Respons Televisor System Data. Espaces vendus au plus offrant qui assurera l'efficacité de son message grâce à son adéquation avec le masssacrentretien diffusé en direct. Comme vous pouvez le voir, défilent, quoique privées de leur son optionnel, des gemmes à mobilité visuelle avancée consacrées à des sites de militaria, collections d'insignes, médailles, objets et armes de toutes guerres, produits artisanaux, gastronomiques et culturels nationaux et régionaux, livre et vidéos révisionnistes rétablissant la vérité sur le suicide de six millions de juifs apatrides qui ont choisi, comme chacun sait, de rejoindre le royaume de leur Dieu par la voie du gaz et de la fumée, en maquillant leur sacrifice rituel en crime aryen pour salir les peuples germain, celte, slave et latin, ourdissant le plus satanique complot de toute l'histoire de l'humanité, toutes productions récompensées par le Prix Vérité fondé par Benoit-AdoIphe Francostal. Leur succède aussitôt le défilé du célèbre couturier Musso Phalangio, de Milan, dont les modèles d'uniformes aux couleurs terres et marines, aux lignes aussi strictes pour la rectitude morale qu'élastiss pour l'aisance de tout exercice corporel, font déjà un malheur parmi la jeunesse dorée des banlieues délinquantes de Londres et de Strasbourg.

      - Quoi... Adolphe-Benoit Francostal s'éclipse ! Nous quitte avant la fin du massacrentretien... Et dix huit gros bras me barrent la porte qui l'a aspiré ! Pas d'autre issue pour notre Hawks chérie, chers showsectateurs, que d'user de son don d'ubiquité bien connu. Paraître par corporeité rester dans ce fauteuil, à cette table ronde, provisoirement veuve de son mentor  - on me confirme son retour imminent d'un signe ganté - et filer par cristaux numériques photonisés à travers les culs de bouteille de cette vitre, dans la rue, poursuivant l'objet désiré de notre adhésion médiatique, seul dans son nouvel imperméable brique pour se confondre avec les murs, intimement suivi par le don de visualisation nécessaire à la pure et distincte transmission des images...

      - Que fait-il, s'aventurant dans les ruelles fétides et vides, sauf de leurs ordures, du quartier Franc ! Ce quartier malfamé d'immigrés indo-européens qui souillent de leur barbaritude le pur terroir de la civilisation celto-romaine dont l'architecture s'enorgueillit de découvertes aussi avancées que le menhir à tête corinthienne... Masqué d'un sévère incognito, le Conductor Francostal rase les murs lépreux, louvoie parmi les décombres de plastiques, de parpaings et d’huiles usagées, jusqu'à surprendre un camp retranché :

      - Tudieu, le magnifique trou de cul à rats ! Une tente en polycarbonate de poubellium au-dessus d'un feu de braises volées. La famille Chienlit fait son camping urbain. Le chef de tribu a garé sa caravane de chameaux carrossés Porsche et motorisés Rolls Royce. Les domestiques dorment d'un sommeil de bêtes abruties au qat. Les sept, huit, treize enfants grandissent dans leurs berceaux avant d'être assez forts pour enculer la France en pleine face de leurs utérus populeux et de leur sperme colonisateur. Le voilà enfin, ce Farid Al Mékouil, couché sur sa parcelle de trottoir public généreusement allouée par l'Etat démocratique, sur son grabat de faux chômeur, qui se réchauffe les testicules avec un sac de couchage gracieusement fourni par les associations de secours caritatif aux sans-papiers. Regardez-le qui prépare son regroupement familial pour ses cinq femmes, ses dix-huit chamelles enceintes, sans compter sa horde de bougnouls enjuivés, cachant entre ses doigts de pieds qui puent le bouc sa carte platine American Express. Ce Farid Al Mekouil qui s'est vanté sur TévéArabTroisSatellite.com, d'être le fer de lance de l'humanité polyraciale et polygame... Chien ! Réveille-toi ! Bâtard de fils de pute. Sale juif éthiopien converti à l'Islam. Sale bourgeois nomade. Accapareur planétaire infiltré. Réveille-toi, te dis-je, pour que tu me voies te crever les couilles. Pour que tu t'imprimes dans la carte à puces de ta sale barbe la vision de tes spermatozoïdes agonisant dans le caniveau. Je vais te saigner l'enflure de ta race ! Toi le chantre de l'antiracisme républicain, je vais te châtrer le chancre qui te pend entre les pattes !

      - Arrêtez ! Vous êtes dingue ! Je ne sais pas qui vous êtes. Mais je vous ai vu à la télé ! Au secours! Non... Argh…

      - Ah, charogne! Bête à génocide ! Lâche-moi, desserre tes griffes de furet... Te débat pas comme ça. Arrête-moi ces convulsions... Vipère! Tuerie... Ough…

 

Bibliothèque A. R. Photo : T. Guinhut.

 

      - Quelle douleur... Qu'est-ce que j'ai dans le haut de la nuque ? Qui résonne comme un gong ? Je ne peux pas relever mon corps... Ce corps écroulé contre un fauteuil-poubelle en tôle et toile de tente. Mais... Qu'est-ce que c'est que ce type cassé par terre, dans son duvet crasseux, la tête ébouillée contre un braséro à marrons ? Un coup de chance si dans son drôle de sommeil il ne prend pas feu par les cheveux et le pardessus. Il regarde vers la nuit comme aucun être humain ne peut le faire. Il y a quelque chose de saillant dans la viande rouge de son cou... Non... C'est moi qui l'ai dévissé comme ça ? Moi, Vivant d'Iseye, si doux, si discret, si pleutre... C'est insoutenable... J'ai des grosses mains sales de sang... C'est moi.

      - Qu'est-ce ? Un éclair de lune ? Ou de flash ? Le clin d'œil d'une caméra impossible... Non, je me souviens ! Me voilà complètement secoué par un drôle de sbire qui veut me ranimer, alors que je suis réveillé au dedans de l'inconscience de... Non! L'infect Francostal, je suis dans sa peau, annihilé dans sa volonté… Si je déraisonne aussi clairement, c'est qu'il est out, complètement groggy. Sûrement s'est-il, et moi avec lui, cogné contre le bras ébréché de ce fauteuil de camping zonard. Et si je suis pris devant cet éclat de vertèbres cervicales d'un pauvre homme vêtu de chiffons, est-ce que je suis responsable ? Coupable par omission ou par intention? Comment ai-je pu ne pas retenir la force démente qu'il a fallu à ce Francostal qui m'emprisonne pour démonter la bobine de ce Malien, ce Sahélien, ce Maghrébin, sûrement sans papiers, je ne sais pas avec la nuit. Comme le coup du lapin sur une tortue. Beurk, j'en vomirais le bleu de mes intestins dans mes genoux si je n'étais pas Francostal... Attention, il se ranime et je perds conscience, non, à mesure qu'il…

      - Monsieur Francostal, Maître, venez... Vite, partons, levez-vous, je vous aide...

      - Ah, la saloperie... Ouh, ma tête... Il a failli me tuer sur son fichu mobilier de nomade en se débattant. Marque-lui la nuque à ma place. Tiens, je ne peux pas... Non, la nuque de cette raclure est inutilisable. Fais lui sur le front. Voilà. Démonte le manche et donne-moi la broche. Bien. Décampons. Aide-moi... La voirie passera au petit jour pour nettoyer tout ça. Dire que nos frontières sont poreuses de ces petites frappes illégales... Cest tout des bougnouls aux poubelles. Ils feront la part dégueulasse du nettoyage. Ça ira dans l'incinérateur à ordures collectives. Décampons... Ça va? Je suis propre sur moi ? Merci, Numéro 2. Décampons. La petite Hawks n'a pas eu le temps de s'impatienter. Bien gardée comme elle est. Retournons sous sa caméra peaufiner notre moralité. Elle a été bien sage, l'Hawks. Ni vu ni connu. Tu jetteras mes gants rougis dans les égouts. Dire que ce cloporte était à deux rues de notre bistro. Le sang dans mes cheveux ne se voit pas? Bien. Laisse-moi maintenant. J'y revais.

      - Ah, notre héros du soir... Nous allons pouvoir terminer cette mise en lumière qui passionne notre fan-club et soulève un délicieux maelstrom de controverses. Cette entrée dans le cortex langagier de Francostal, sera-t-elle assez édifiante? Attention! Notre applaudimètre à correction en temps réel ne vous donne que 51 pour cent d'encore...

      - Excusez-moi. Un message finalement sans importance. Je vois que vous filmez nos bérets rouges et notre décor. Souvenirs d'Indochine, d'Algérie et de mai 68. Carte des opérations, pavés. Je vois que vous commencez à vous passionner, Mademoiselle Hawks...

      - Revenons à votre mouvement politique, à sa structure. Vous êtes un groupuscule d'extrême droite et...

      - Pas d'extrême droite. La vraie droite. L'extrême droiture du collectif.

      - Vous déviez donc de toute droite officielle. Pourquoi?

      - Nous récusons leur défense de l'individualisme, du corporatisme, pour une vision globale de la politique et du parti dans la communauté de la société. Nous récusons également leurs actes de violence sporadiques et désordonnées contre les minorités ethniques immigrées, qui, dans le cadre d'une solution globale, doivent être traités...

      - Comme du bétail pour abattoir de cordon sanitaire.

      - Vous tenez décidément, Mademoiselle Hawks, à nous coller une étiquette de bourreau…

      - Non. Doivent être traités avec tout le respect dû à leurs racines éthniques dévoyées dont ils doivent retrouver la pureté sur leur sol originel. Notre programme rétromigratoire est un devoir humanitaire sacré.

      - Qu'avez-vous derrière la tête, Monsieur Francostal ? Dans les cheveux...

      - Oh... Rien. Ce n'est rien... J'ai dû me cogner. Oui, je me suis heurté sous l'escalier de la cave.

      - Cave, caveau, tombeau... C'est là que le Barbe Bleue de la politique suspend ses victimes ?

      - Je ne vous permets pas!

      - Je vous permets de vous laver les mains sous le flot de mes caméras, Monsieur Francostal. Voyons si vos mains sont malades du complexe de Lady Macbeth, si vos mains se séparent des marques indélébiles du sang.

      - Vous déraisonnez. Vous ne me ferez pas avoir honte de mon sang, du sang de la France, Mademoiselle l'Apatride.

      - Notre caméra numéro deux nous confirme par analyse à cristal photonnique ADN que c'est bien votre sang qui tache le haut de votre nuque. Revenons à votre profil intellectuel et psychologique. On vous a surnommé l'Interdicteur. Vous avez en effet déclaré vouloir prohiber les danses rock et techno, les drogues, le tabac, le préservatif, la pilule, l'alcool, internet...

      - Vous oubliez l'apparence génitale qui doit être évincée des feuilles et des écrans. Seule a droit de cité la pilosité du torse mâle dans l'effort public. Le sexe n'existe pas dans un corps et un esprit sain.

      - Que vous a fait votre zizi pour que vous le…

       - Question nulle et non avenue.

      - Et les livres ? Pourquoi les condamnez-vous tous ?

      - Pour isolement schizophrénique.

      - On a dit que vous étiez un délirant obsessionnel. Comme Mussolini le syphilitique.

      - Je veux bien vous absoudre, Mademoiselle Hawks, de vos allégations téléguidées et calomnieuses. Justement, voilà un de ceux que nous admirons : ces hommes à poigne. J'ai nommé: Mussolini, Castro, Hitler, Staline, Franco, Pol Pot… Je réussirai où ils ont échoué. J'orienterais le sens de l'histoire vers plus d'efficacité et de pureté, vers plus de splendeur collective et de vérité. Seul un destin fort peut sortir le pays de la crise identitaire, économique et morale. Seul un homme déterminé peut sortir nos concitoyens de l'ornière des délinquances urbaines. Seul un garant de la solidarité collective peut nous libérer de l'exploitation par un patronat qui secrète l'exclusion au lieu de rassembler.

      - Benoit-Adolphe Francostal, il est bientôt l'instant de rendre l'antenne à nos concurrents. Il vous faut conclure, Maintenez-vous votre programme économique aberrant ?

      - Protectionnisme national. Collectivisation des terres, des ressources, des moyens de production sous l'autorité d'un Etat fort. Nationalistes de tous les pays, unissez-vous ! Nettoyez et déplacez de toutes parts les minorités ethniques et les sangs mêlés. Otez leurs richesses indues des poches des bourgeois juifs mondialistes. Coupez les ailes de ces libéraux qui prostituent le peuple dans leurs temples d'une consommation à l'américaine. Une politique fiscale d’effort national et de confiscation des richesses capitalistes prendra en charge les couches paupérisées de la population de souche et leur rendra leur dignité outragée. Voilà mon mot d'ordre final: rendez chaque étranger à son état national, planifiez les économies au service des purs travailleurs nationaux !

      - Allez- vous enfin, Monsieur Francostal, nous révéler - vous m'aviez promis ce scoop - le nom de votre parti?

      - Le Front Communiste National !

      - Merci. Sur cette bienfaisante révélation qui fera couler beaucoup de pixels, nous allons d'un coup fondre au noir toutes nos caméras. Vous aurez bientôt, Monsieur Francostal, le plaisir de recevoir - et la surprise de visionner - la vidéo montée de notre charmant entretien.

      - Bisous et suçons de sang à tous nos nombreux showsectateurs que nous bordons dans la bonne conscience de leurs lits bien chauds...

       - Quoi... La minuterie s'éteint dans ce couloir... Je tâtonne, groggy. En pyjama rayé glacial dans un escalier désaffecté du côté du local à poubelles. Ah, c'est une porte enfin... Je reconnais mon couloir du Royal Monceau avec ses veilleuses et son tapis sous mes pieds nus. Je ferais des crises de somnambulisme? C’est du jamais vu dans ma vie sans histoires. Tranquillisons-nous. C’est anodin, en fait. La porte de ma chambre s'ouvre comme un lit. Et mes draps n'y sont pas plus ouverts que si j'y dormais encore. Oh, qu'est-ce que c'est ce truc contre mon téton droit ? Dans une poche de pyjama. C’est métallique. Rond. Légèrement bombé. Aï! La saloperie. C’est truffé d'arêtes coupantes. Mon pouce ; je vais saigner dans les draps comme une femme qu'on viole. J'espère que personne ne verra ça. Allumons. Nom de Dieu! C'est quoi cette quincaillerie? D'où je tiens ça? Une sorte de broche comme en avait mon arrière-grand-mère pour attacher ses châles... Avec son aiguille. Mais jamais avec un motif pareil en laques de couleur. C'est pas dicible un machin pareil. Immonde : c'est une croix gammée noire dans laquelle sont incrustés une faucille et son marteau. Tout ça dans un cercle blanc. Quelle horreur ! C'est même pas propre. Crasseux de particules élémentaires brunâtres. Avec une odeur de viande fade...  Ça pue comme l'inconscient de Sade, de Trotski et de Goebbels réunis ! Francostal ! J'y suis. Ou plutôt je n'y suis plus. Le pauvre immigré. Il faudra regarder les informations à la télé au matin. Je dois me débarrasser de cet objet compromettant. Un Francostal, ça ne peut pas exister. Mais un désaxé mental qui fait des crises de somnambulisme à travers la ville, pourquoi pas. Et qui va tuer un homme? Est-ce possible? Vite. Dans les wécés. J'espère qu'une fois la chasse d’eau tirée, la lunette ne viendra pas à déborder de sang et d'intestins maigres et longs comme d'ici au Sahel. Ouf. Retournons au lit. Je suppose que ça traînait dans le pyjama fourni par l'hôtel. Voilà ce que c'est d'être un écrivain. On rêve qu'on est n'importe quoi. Sommeil calme et cathartique. Surtout le vide du repos. La page blanche.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et photographie

Voir : Les Métamorphoses de Vivant, roman

 

Bibliothèque A. R. Photo : T. Guinhut.

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 16:39

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant.

Roman. III.

 

Première métamorphose :

 

La Princesse de Monthluc-Parme.

 

 

 

 

      Tremblement. Remuements. Est-il possible que dans une chambre de cette classe, j'ai froid dans le dos de la nuit ? Et que le projecteur-caméra d’Arielle Hawks ne me réchauffe pas ? Sous la couverture et les draps qu'on m'a enlevés, j'ai froid et chaud entre les jambes. L'entrecuisse brûlante et distendue. Le ventre bourrelé. J'ai pourtant si peu mangé. Un air de champagne rendu exotique par Rossini, c'est tout. J'aimerais bien me tourner le dos. Impossible. Je suis arqué. Sont-ce les étriers du cauchemar qui poussent leur créature ? Impossible qu’une cuisine de Grand-hôtel aussi méticuleuse que les stérilisations au bain-marie d'une clinique soit déflorée par l'annonce d'une intoxication alimentaire dans ses murs vierges. Je ne me vois pas perdre les eaux et lâcher mes selles avec une fièvre de cheval, comme une jument poussant sa pouliche de fantasme.

      Assez la lumière ! Moi, Vivant d'Iseye, je ne suis coupable de rien pour qu'on m'interroge sous le feu des médias. Non, c'est mon bas-ventre qu'on soumet à la question à plein watts... Avec le coude sur la sueur de mes yeux et l'abdomen en fleur, bourgeonnant comme un chou. On dit que les garçons naissent dans les choux. Et je ne me sens pas fraîche comme une rose. Je n'entends rien des grandes mousses vertes, des ombres en vert qui tournent à l'affut autour de moi. Je ne me souvenais pas que j'avais un tel nombril sorti. Mon ventre-ballon si serein, il faut maintenant accompagner ses contractions... Ça va être long.

      - Princesse, comment vous sentez-vous?

      Ouaté. C’est la personne de ma conscience ? L'œuf remue. Qui suis-je ? J'ai le ventre qui bouge en anneaux... Qu'est-ce qu'elle me demande ? J'essaie un peu de pousser et je lui réponds. Elle en aura pour sa pellicule.

      - Princesse Diane de Monthluc-Parme, dites-nous ce que vous sentez. Parlez-nous, je vous en prie...

      - Des vagues... Je ne pensais pas que ce serait si difficile de pousser son enfant et sa parole, en même temps. Ouf...

      - Elle commence à bien s'ouvrir, Mesdames et Messieurs...

      - Est-ce qu'on va bientôt apercevoir la tête, les cheveux peut-être ?

      Qu'est-ce que c'est que ces voix dans ma chambre ? Comment sont-ils entrés avec les fantômes de leurs blouses vertes que je ne vois pas dans le blanc du soleil ? Déjà le jour ? Ou suis-je mort et les draps verts des âmes se sont levés pour que je passe un soupirail d'éblouissement?

      - Princesse, ne vous laissez pas aller. Revenez à vous. Vous avez les moyens d'être parfaitement consciente d'un si bel événement.

      - N’oubliez pas, Princesse, qu'Arielle Hawks, la grande Arielle Hawks, est là pour vous.

      Que fait-elle, la belle Arielle, à mon chevet ? Est-ce elle qui me tient la main ? Ouch... Contraction ! C'est un spasme qui me vrille et me soulève tout le dos. Elles se rapprochent de plus en plus. Mon petit être s'engage-t-il bien ? Et s'il lui arrivait du mal, à mon chéri-bébé. Ouch... une autre, longue. On dirait que ça se calme. La chair de ma chair ; dans les entrailles...

      - Oui, je vous entends. Pardonnez-moi si... Je ne peux pas toujours vous parler. C'est plus clair. C'est comme si parfois, il y avait un autre qui au-dedans de moi prenait ma place. Et je ne suis plus là...

      - Princesse, votre enfant va naître dans quelques minutes. Maintenant vous pouvez révéler à nos showsectateurs les prénom que vous avez choisis.

      Comment? « Naître » ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Quelle est cette peau où je me débats ? Je suis une femme ! Cuisses écartées ! Quelle horreur... L'entrejambe vulnérable et ouvert... Non, mais je suis là vivant ! Ils n'entendent rien. Les monstres. JE HURLEEEEE... Ils m'ont lié le creux des genoux dans les étriers. Ils sont tous là à me regarder dans la faille. Pour me voir relâcher mes sphincters... leurs eaux, leurs matières. Et j'en ai gros sur le ventre ; un poids vivant et tremblant, un ballon de boxeur spasmodique. Je sens comme un tire-bouchon intérieur qui veut sortir par le goulot. Je suis une femelle en train de pousser ! D'accoucher ! Une parturiente. Qu'est-ce que j'ai fait au film pour être dedans ? Pour sentir des coups de peton dans la tripe à vomir... Je sens et pense ce qu'elle sent et ce qu'elle dit. Mais qu'on l'arrête, qu'on m'éteigne. Quelle honte! Et elle / je leur parle dans cette situation indue...

      - Princesse, les prénoms ? Vos admirateurs ont le droit de savoir. Le moment est venu. Vous aviez promis. Il ne faudrait pas que l'enfant naisse avant d'avoir donné les deux prénoms. Cela tuerait le suspense. Il ne lui faudrait pas naître sans ses deux sexes possibles. Princesse, je vous prie...

      - Oui, Arielle. Si c'est un garçon, il s'appellera, hum, ça fait mal... Charles.

      Il y erreur sur la personne; ils me prennent pour une grosse prune trop mûre et fendue en deux... Qu'est-ce-que j'ai fait sans pouvoir parler à l'extérieur de ma langue haletante pour sentir ma viande s'ouvrir comme pour saillir son noyau en amande dure et hérissée de mouvements en boules. Quel est ce corps étrange et purulent qui m'entoure la peau pour que sente toutes ces douleurs qui ne sont, non, pas les miennes. Je ne suis même plus Vivant d'Iseye ! Je suis donc bien malade, pour qu'on mobilise tant de blouses vertes. Et ce corps étranger, monstrueux, au dedans, ce fibrome, cette tumeur en forme de femme aux cuisses intérieures écartelées qui vibre des tendons...

      - Princesse, ne vous concentrez pas, s'il vous plait, sur vos douleurs. Vous n'avez pas voulu de péridurale. Eh bien, assumez maintenant. Ne vous contractez pas. Lâchez votre volonté contre et détendez-vous avec les mouvements naturels de votre corps. Accompagnez et laissez se courber l'onde de contraction... Allons, c'est rentré, il faudra bien que ça sorte... Oh, pardon, Princesse...

      - S'il vous plait, un peu de respect !

      - Et le second prénom, Princesse ? Si c'est une fille... Vos supporters ont le droit de savoir. Pour mieux accompagner votre effort.

      - Oh, tenez-moi la tête, les tempes. Essuyez-moi les cheveux, mouillez mes lèvres, s'il vous plait... Je ne pensais pas que ce serait si dur. Ouh... Je dois être laide. Ne regardez pas... Je demande pardon à mes fans...

      - Non, Princesse. Rassurez-vous. Vous êtes superbe dans l'effort. Vous êtes une héroïne si réussie. Vous assurez parfaitement le challenge. Vous faites participer nos showsectateurs à la naissance d'un événement médiatique inouï !

      - Merci, Arielle. Vous, si bonne. Grâce à vous, ce moment est sacré d'un tel sens... Ouh. Ça vient plus fort. Mon dos ! J'ai si mal au dos... Pourquoi ?

      - Ouverture pré-maximale.

      - Princesse, vite, avant qu'il soit trop tard pour évoquer le second prénom virtuel. Et si c'est une fille?

      - Emilie...

      - Emilie jolie ! Quelle belle idée, Princesse...

      - Tension : 12,2. Pouls : 104. Attention.

      - Echographie indirecte: tête engagée. Col de l'utérus pré et post-fermé,

      - Qui, Princesse, de Charles ou d'Emilie va nous arriver ? Ce sexe encore indéterminé nous offre depuis longtemps un suspense devenu cette nuit haletant. Princesse, vers lequel se porte votre désir ? Quel est votre pronostic ?

      - Je ne sais pas ! Oh, Arielle, laissez-moi...

      Oui qu'on me laisse, qu'on me vide de cette position obscène. Comme si elle me filmait l'œil aux paupières béantes entre les fesses, la pondaison de l'œuf lors de la plus torturante constipation, le spectacle de qui se conchie de sang et de jus... Non ! Qu'est-ce que j'ai fait au ciel des médias pour qu’on m'écarte et m’appuie dessus pour faire saillir ma créature comme un gros point noir ? Au secours, en moi, à qui ne m'entend visiblement, pas ! Je ne suis même plus un homme. On m'a châtré, et les lèvres de la plaie n'arrivent pas à éjecter l'abcès. Et celle qui me couvre l'esprit et la peau parle presque tranquillement à ma place, trouvant ça naturel, exhibant sa salle de travail ; qu'elle se taise, elle est comme si c'était moi qui parlait à partir de pas moi, je ne m'entends plus...

      - Oh, Arielle, je veux... qu'il, qu'elle, ça n'a pas d'importance, sorte enfin ; je veux sentir, je sens mon dos comme un vaste boa dont la gueule s'écarte mal, je veux sentir... le petit corps vagissant, contre mon sein, de mon enfant. Oh, Arielle, aidez-moi...

      - Tranquillisez-vous, Princesse. Je suis là. Il ne peut rien vous arriver de mal. Là, prête à enregistrer son premier cri pour la postérité, sa première risette pour l'accrocher à l'arbre de la dynastie...

      - Ouverture maximale.

      - Le voilà bientôt. Tenez-vous prêt à le recevoir...

- La tête va-t-elle, chers showsectateurs, être déjà couronnée de cheveux ? Sera-ce Charles de Monthluc-Parme ? Quel sexe s'assiéra sur le trône de cette Principauté de Monthluc-Parme qui, à la charnière luxueuse des pays anglo-saxons et méditerranéens, fait rêver la ménagère au panier vide et le quidam planétaire? Quel sexe assurera la pérennité des Princes et Princes ses pendant le prochain siècle et du même coup au cours du prochain millénaire ? Faites encore vos jeux, Mesdames et Messieurs, sur notre site internet: http://princip. ch. Seul ce film annonce à la terre, voir même aux autres planètes via notre réseau satellite, le sexe de l'enfant. Aussi faites vos jeux jusqu'à la seconde qui précèdera la révélation... Que personne n'oublie le merveilleux prix pour le couple vainqueur tiré au sort, chers showsectateurs : un week-end dans la Principauté comprenant l'invitation dans la loge royale lors du baptême...

      - Princesse, il faut pousser !

      - Je ne peux pas. Ouh...

      - Oui, courage, Princesse, Comptez trois et poussez. Comptez encore...

Je pousse, je pousse, oui, un cauchemar... Avec toute la chair de mes cinq douleurs... Voir cette salle d'opération avec cette lampe énorme qui m'aveugle l'entrecuisse ouvert. Entendre leurs bavardages ineptes. Pourquoi se pressent-ils autour de moi, sont-ils si vrais ces bavardages de télépoubelle ? Odeurs infectes je suis, de je ne sais quoi, éther, métal, ordures sur cotons usagés, formol ? Toucher ces draps verts, ces étriers me sciant le creux des genoux, ce bouchon de mauvais champagne qui m'engrosse le ventre changé en goulot d’étranglement... Un goût infâme sur une langue gourde que je ne peux remuer à ma guise. Qu'est-ce qu'est devenu Vivant d'Iseye ? Qui c'est celui-là prisonnier de cette couenne de femme enceinte de ça et de moi ? Je me devine, reflétée obèse dans la courbe parfaitement poncée de mes ongles ovales, laqués de rose laiteux... Elle sera bientôt délivrée. Mais moi ? Comment pousser ces créatures pour retrouver la créature moi ? Je n'ai pas de corps, je suis l'âme damnée de cette Monthluc-Parme ! Ah, si cette cervelle, cette dure-mère de princesse qui m'enveloppe et m'embrume l'esprit se met à penser, elle m'efface...

 

Biennale di Venezia. Photo : T. Guinhut.

 

 

      - Aidez-moi ! Tenez-moi, Monsieur le chef de clinique, tenez-moi les mains... Non, pas comme ça. Non, pas les mains, sous les bras, le dos...

      - Sages-femmes, soulevez la Princesse sous les aisselles. Sans trop la relever, surtout !

      - Oh, Arielle, heureusement que vous êtes là. Avec votre caméra. C'est elle, c'est vous qui m'aidez à tenir... Devant la ferveur de mes fans...

      - Merci, Princesse Diane de Monthluc-Parme... Nous sommes de tout cœur - et de tout corps pour les femmes - avec vous. Vous seule qui sachez engager la nécessité de cette aventure intime jusqu'aux plus hautes extrémités de votre responsabilité publique.

      - Ne la faites pas trop parler, Mademoiselle Hawks, s'il vous plait !

      - Souvenez-vous, Princesse, de vos leçons d'accouchement sans douleur... Respiration... Respiration... Poussez ! Respiration...

      - Oui, le rythme. Accompagnez le mouvement des contractions, c'est l'essentiel !

      - Oh, c'est dur! Je ne savais pas... C'est dur... C'est beau... Ouh...

      - Princesse, vous êtes magnifique ! La sueur et l'effort couronnent votre front... Vous êtes, si je puis m'exprimer ainsi, une bête de race de télévision. Vous maintenez si bien la tension et l'attention pour nos showsectateurs dont c'est la dernière poignée de minutes, les dernières occasions de rejoindre notre grand jeu et sa Principauté virtuelle. Pensez au Te Deum de baptême, bientôt, avec vous, en vous, sur le meilleur banc de la cathédrale Saint-Titien que sa sainteté le Pape des Trois Religions illuminera pour vous, chers showsectateurs, de son charisme...

      - Arielle... Pardon... Ouh... Je ne peux plus vous parler... Ouh... Il faut que je pense fort.

      - Que vous poussiez fort, oui, Princesse.

      - Ça va mieux... J'ai l'impression d'avoir avalé un trône par le dos. Je ne suis pas dans mon état normal. J'ai l'impression d’être deux personnes à la fois…

       - Princesse, ne gâtez pas, voulez-vous, vos forces à parler. Comme cela, parfait.

      - Charles, ou Emilie, venez vers nous... Sortez de votre terre, de votre eau. Nagez et poussez à quatre pattes dans le rouge conduit de votre grotte fœtale pour sortir à la lumière et à l'air... Enfant de Prince, venez, vous êtes attendu. Vous serez nourri au sein princier. Avec du lait de race pour le petit roi. Les plus délicats oreillers et bavoirs caresseront vos atours, les plus douces peluches, chats, nounours et éléphants roses chatouilleront le duvet mignon de votre peau, les plus affectueux câlins paternels protégeront votre précieuse destinée. Les plus purs biberons, les plus suaves sucettes physiologiques s'imprimeront sur vos lèvres. Les couches les plus douillettes protègeront vos fesses, merveilles technologiques de pointe que les plus grandes marques - Doddy, Pampers and co - s'offrent à vous fournir le plus gracieusement du monde. Landeaux et poussettes - Bébéconfort, MacLaren & co - promèneront votre digestion heureuse et mille jeux d'éveil - Playschool, Fisher Price & co - allumeront vos petits yeux flottant et amuseront vos petites mains potelées...

      - Merci, Arielle. Ouh, ça recommence...

      -  Ouverture maximale.

      - Phase terminale de travail.

      - Ouh... C'est dur...

      - Caméra deux, attention. Ne gênez pas la caméra, s'il vous plait, Messieurs les obstétriciens !

      - Chère Princesse, et chers showsectateurs, cette petite tête blonde, ou brune, encore invisible, qui joue avec nous à se faire attendre et désirer, naitra-t-elle coiffée? Regardez l'orifice de la Princesse s'ouvrir comme une fleur nuptiale, s'écarter comme les vantaux d'un royal portail pour laisser passer l'enfançon. Chers et aimés showsectateurs, vous assistez, ainsi que vous en avez le droit et le devoir à l'un des plus intenses événement de l'année planétaire, à son suspense le plus émouvant...

      - C'est le moment, Princesse, Poussez ! Donnez-vous ! A fond...

      - Souvenez-vous, Princesse, de nos séances de pédagogie prénatale.

      - Oui, Princesse, poussez. Vous êtes admirable dans l'effort, la tête posée sur le côté, le halètement de votre boucle d'oreille de rubis bien visible sur l'oreille en sueur, les cheveux collés, soutenue et doucement tamponnée par deux sages-femmes en bleu et rose qui veillent corme des anges gardiens sur votre accouchement. Il faut que chacun sache que vous avez refusé la péridurale, que vous avez volontiers consenti à mettre bas naturellement. Mêmes si des équipes sophistiquées sont prêtes à côté pour intervenir à la moindre et toujours possible urgence, vous mettez au monde à l'état de nature, dans une grande solidarité écologique avec toutes les femelles de la nature, brebis, vache et panthères, ce en accord bien sûr avec le credo de votre fondation, le Nature Found for Universal Life bien connu, dans une grande solidarité avec toutes les femmes, avec les réalités de la condition féminine...

       - Le bébé !

      - Ça y est, on devine la tête. !

      - Bravo, Princesse... L'enfant a des cheveux!

      - Poussez encore... Bien. Très vite vous serez délivrée, maintenant.

      - C'est d'une main experte que l'obstétricien officiel saisit la tête et tire délicatement mais fermement. On n'entend plus la Princesse, sauf son souffle profond... Oh, écoutez là râler comme une perdue...

      - Princesse, l'ultime effort, s'il vous plait, le passage des petites épaules. Poussez donc! Poussez ferme, nom de Dieu !

      - Et voilà, l'enfant glisse, couvert de mucus blanc et rose. Un véritable obus, une motte de beurre glissant dans des mains professionnelles qui ne le laissent pas tomber... Oh, chers showsectateurs, quel moment parfait nous vous offrons là! Il me semble, oui ! gagné, c'est un garçon ! NOUS avons tous vu très distinctement le petit robinet. Bravo, Princesse! Et bravo à tous ceux qui, d'après notre dernier top-sondage, ont voté à soixante-treize pour cent pour le sexe masculin, pour Charles de Monthluc-Parme...

      - Il crie ! Il crie...

      - Il a crié enfin, il respire, il est vivant ! Vivant ! Regardez comme déjà il serre avec émotion de son petit poing le doigt, l'annulaire de son père tout vêtu de champs stériles verts, le Prince Benoit-Joseph de Monthluc-Parme, pendant qu'on sectionne le rouge cordon qui le reliait à sa mère interne...

      - C'est fini... Ouh... Ouf... Est-il beau ? A-t-il tout ce qu'il faut ?

      - Princesse, un dernier effort, il reste le placenta...

      - Non, je croyais que j'étais, ouh, tranquille...

      - Voyez surgir, cher et hypocrite showsectateur, mon semblable, mon frère, ce placenta brillant qui coule et frappe une bassine d'argent. Il a fait l'objet d'enchères auprès des plus grandes marques cosmétiques. Bientôt, nous saurons quelle marque prestigieuse - Chanel, Yves Saint-Laurent, Avène, Nina Ricci- pourra livrer au public sa nouvelle gamme de lotions de crèmes rajeunissantes au placenta princier, en flacon de cristal à tirage limité...

      - Montrez le moi... Mon bébé, mon enfant...

      - Nous vous l'apportons, Princesse.

      - Donnez-le moi. Oh mon bébé, mon bébé dodu... Comme il geint doucement... Qu'il est beau, qu'il est doux !

      - Oh, Princesse, mes showsectateurs chéris, quel magnifique spectacle inédit ! Ce petit corps aux fesses nues trémoussantes sur la poitrine de sa mère. On dirait un petit chinois, tout plissé... Mais, dirait-on que c'est un blondinet ? Oh, ses petites narines mignonnes frémissent... Il arrête de pleurer contre sa maman. Il entrouve, avec peine, ses minuscules paupières. La lumière lui fait mal, sûrement, pauvre chouchou... Mais, son œil, il nous semble, oui, il est bleu! Bleu profond... Un blond aux yeux bleus... Qu'il est beau! Fait au moule... Chère Princesse, vous avez fait là œuvre magnifique dont des générations et des générations de showsectateurs se souviendront. Nous aurions pu assister à la naissance d'un monstre à quatre doigts, aux pieds palmés, ou tout simplement privé d'avant-bras comme ces jeunes victimes des pollutions soviétiques, mais non! Tout est normal, rassurez-vous. Charles de Monthluc-Parme est un modèle de perfection s'il en est. D'ailleurs, la Princesse avait, il y a peu de mois, subi une amniosvnthèse, nous pouvons maintenant vous le révéler, qui confirma la normalité absolue du produit commandé et à venir, sa pureté génétique, sans que soit révélé, même à la Princesse sa mère, le sexe de l'enfançon. Vous comprendrez, showsectateurs aimés, que la discrétion fût de mise, qu'il y a des choses qui ne doivent pas céder au devoir d'information.

      - Nous devons vous le reprendre, Princesse. Pardonnez-nous.

      - Oui, il nous faut le peser, le mesurer, ce petit ange...

      - Oh, comme ces mains diligentes s'affairent autour de lui, l'une piquant son mignon talon pour la prise du précieux sang. L'autre l'étendant sur le mètre étalon. Oh, il braille ! Puis on le pose se tortillant sur la balance...

      - Charles de Monthluc-Parme, quarante-deux centimètres, trois kilos deux cents tout rond, tout nu, né à huit mois, trois semaines et un jour, à zéroheure trente et une, ce lundi dix.

      - Oh, le voilà déjà couvert d'une couche petit format, puis de son body de coton blanc Petit Bateau, pyjama bleu-mousse Jacadi et brassière de laine assortie tricoté par les mains tremblantes de son arrière grand-mère la Princesse de Guise-Lichtenstein, en son château de Vaduz, ses petites patounnes s'agitant de menues convulsions. Comme ces sages-femmes ont la main maternelle... Le voilà couché dans son berceau-coquille transparent, dans un nid d'ange bleu-maritime Bébéconfort pour commencer sa traversée de la vie, et entre des draps miniatures brodés aux armes princières des Monthluc-Parme... Princesse, il est à vous. Comme il est chou, contemplons le ensemble, attendrissons-nous...

      - Merci, Arielle. Vous faites de la naissance de Charles, mon fils, un vrai conte de fée. Mais pourquoi ai-je encore l'impression d'avoir quelque chose, quelqu'un en dedans de moi ?

      - Un jumeau ? Un second enfant qui n'est pas encore sorti ?

      - Allons, mademoiselle Hawks ! Après l'expulsion du placenta ? Impossible. Ne dites pas de bêtises...

      - Princesse, êtes-vous comblée que ce soit un garçon? Auriez-vous préféré une fille?

      - J'attendais... Pour aimer qui viendrait. Mais penser que moi, mon corps de femme, j'aie pu faire un garçon! C'est étrange, merveilleux, quand on y pense... Un garçon dans mon corps... Comme si je l'avais rêvé et qu'il s'était fait. Je suis ravie... Mais fatiguée, Arielle...

      Oui je suis ce garçon dans son corps, cet intrus dont je me passerais bien. Les jambes ramenées à l'horizontale du repos peut-être, je flotte, abasourdi, sans réaction, décervelé, niais... Sa peau, ses tendons, ses terminaisons nerveuses, ses neurones par-dessus les miens les enveloppant, les ouatant, parlant à l'extérieur par sa seule voix et conscience malgré moi. Moi changé en elle elle mélangé. Comme une huile qui se fait mayonnaise tournée... Qu'est-ce que j'ai fait, bu et mangé pour sentir ce que je sens avec un dos et des pattes de princesse qui s'agitent su le lit ? Il v a moins d'ombres en vert autour de moi. Ou de nous. Ou d'elle, cette niaise... Comment ça se fait que je ne m'en sente pas plus malade, pas plus fou d'angoisse ? Est-ce qu'on nous a injecté quelque chose ? Où est-ce son épuisement, sa sérénité, son sommeil post-partum qui me drogue l'esprit ? J'ai disparu dans quelqu'un d'autre. Qui va me retrouver dans une princesse accouchée. Quelle horreur! Et devant la caméra de l'Hawks encore ! Comment puis-je voir par des veux qui ne sont pas les miens ? Et si j'essayais des mouvements ? Soulever une main. Déplacer une jambe. Au moins bouger la langue. Non, Ça ne marche pas. Je suis coincé. Je parle seulement dans un cortex qui est est dans un esprit que sens autour palpiter, penser des ruisseaux immangeables que je ne peux empêcher de voir défiler comme un texte à séquences d'images. Eurk, elle se repasse son accouplement. Je ne sais même pas avec qui... Et je suis oblige' de diapositiver de son point de vue... Heureusement que je ne suis pas tombé dans cette princesse au moment où elle faisait ça. Quelle horreur ! Est-ce que ça va durer longtemps? Je vais rester là encore combien de temps, jusqu'à un autre coït, jusqu'à ses nouvelles règles, jusqu'à sa mort, dans cette position humiliante de chair de bête dans la bête... Devrais-je accomplir avec elle toutes ses obligations, cet esclavage de mère, d'épouse et de Princesse de Mothluc-Parme? Pourquoi suis-je son otage ? Qui m'a jeté dans ce corps, comme un boyau dans un pneu. Hep là ! On dirait que l'Hawks éteint toutes ses caméras! Sauf une...

      - Je l'entends pleurer!

      - Vous dormiez, Princesse? Non. Il s'est paisiblement assoupi dans sa nurserie.

      - C'était lui... J'en suis sûre. L'instinct d'une mère ne doit se tromper.

      - Non. Certainement vous rêviez. Reposez-vous, sans crainte...

Je suis une femme, j'ai conscience de mes seins qui montent, et je ne suis pas elle. La personne coupée en deux, mais pas pour elle dont je ne suis qu'une demi-moitié. Collé avec elle dans une marionnette qui vit sans mon contrôle. Une poupée dangereusement vivante dont je ne veux pas. Que je hais. Apparemment si elle dort, si elle relâche son attention, je ne disparais pas, je ne naufrage pas dans ses tissus... Je peux penser. Est-ce que c'est mieux ? Qui m'a changé en Princesse que je ne suis pas? Peut-être si l'Hawks m'embrassait je redeviendrais crapaud ? Qui a oublié de me débrancher en m'introduisant en elle? Et je sens par ses doigts! Elle se pince son ventre mou, adipeux ! Je sens encore la dilatation et la brûlure entre mes cuisses qui sont les siennes et les miennes. En fait, elle ne dort pas. Elle gamberge faiblement. Et si elle dormait vraiment, sans rêve, je m'échapperais? Accoucher, c'est vraiment un viandeux cauchemar pour un homme, traître, et violant les lois de la nature... Comment s'évanouir, m'évader de cette prison épidermique, ces barreaux d'os qui me ligaturent? Je veux sortir. Sortez-moi ! Ils ne m'écoutent pas. Hep là! Arielle, hep, ohé ! Ohé... Personne ne m'entend. Pas plus que lorsqu'on songe et pense. Elle, ils l'entendent. Peut-être qu'en m'endormant je m'exhalerais hors d'elle ? Peut-être que je me réveillerais hors de ce cauchemar en cinq dimensions trop tactile pour être un rêve... Pourquoi pas moi ?

      - Dormez, Princesse, dormez. Donnez-moi la main.

      - Je veux mon Mozart. Mon Cosi fan tutte. Arielle, s'il vous plait…

      - Oui, Princesse, voilà votre casque. Passez-le.

      - La caméra va s'éteindre avec moi. Je vous laisse. Cosi fan tutte... C'est parti. Bonne nuit, Princesse.

      Oh, je n'aime pas cet opéra, ce Mozart là. Trop triste, perfide et désabusé... C'est trop contre le tympan intérieur du cœur. Oh, Arielle s'en va... Arielle Hawks, ne me laissez pas tomber! Emportez-moi si vous pouvez dans la mémoire de votre caméra. « Caméra », ce mot qui en italien signifie chambre. Quelle chambre ? Les draps n'ont plus la même consistance moite. La chambre noire. Je ne dors jamais dans le noir. Il me faut me lever pour ouvrir un volet sur la rue...

      Et je me levai. Mal assuré, me frottant les poings de mes veux. Mes mains, des mains tirèrent le cordon qui fit un peu remonter l'écran noir de la fenêtre, ouvrant une bande de nuit urbaine, de rue d'hiver pluvieux, une petite rue passante. Mes mains d'homme, aux tendons saillants… Je compris que j'avais mes mains au bout des bras, mon corps d'Iseve au bout du vivant, que j'étais emberlificoté dans ma veste de pyjama avec un nœud dans le dos, les deux manches passées malgré ce tordion entre les deux reins. Un rêve vénéneux, tout simplement. Beurk... J'avais mes quatre pattes de Vivant d'Iseve, sa gueule déjà mal rasée, et l'esprit livré avec, au-dessus des lampadaires, leurs cônes jaunes, le double vitrage rayé de phares et de pluie d'apocalypse. La chambre n'était plus noire. Seulement une pénombre animée d'éclats furtifs venus du dehors. Le format granitique de la télévision, comme une tombe, restait sage. Je sortis du frigo un jus de tomate verte, le bus lentement. Ç’avait été stupide cauchemar, voilà tout. Il y en avait de pires. Ça se balayait de la tête comme on se mouche un peu bruyamment, voilà tout. J'avais été trop épuisé, impressionné, au sortir de mon entrevue avec l'Hawks. Ça allait mieux. Très mieux. Quel délice, ce pyjama et ces draps, finalement... Je les lissai d'une main mienne et me détendis. Je n'eus pas le temps de cultiver la moindre aiguille de paix ni guerre dans la spirale qui navigua le rapide de mon sommeil.

 

 

Thierry Guinhut

Extrait d'un roman à venir : Les Métamorphoses de Vivant

 

 

Photo : T. Guinhut.

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 11:05

 

Sestiere Cannaregio, Venezia. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant,

 

roman. I.

 

Synopsis, sommaire et prologue.

 

Bonae Artis Cultorem Habeas

 

 

Soudain, Vivant d’Iseye, écrivain cloîtré dans son modeste incognito, se voit propulsé dans l’excitation des médias. Comment cet homme secret va-t-il affronter son rendez-vous inespéré avec la fascinante Arielle Hawks ? A quelle sauce, bouillon de poule ou piment, la prêtresse des télénoctambules va-t-elle le servir à ses showsectateurs affamés de situations médiatiques extrêmes ?

A travers une nouvelle série d’entretiens, à mi-chemin de la télé-ordure et du dialogue philosophique, des spots de communication de masse et des performances de l’art-punch, Vivant se verra infliger sept métamorphoses traumatiques et initiatiques. S’agit-il seulement d’un prélude à sa propre mise sur le grill par la douce et perverse Arielle ? A moins que les figures de son imaginaire soient stripteasées par la caméra scalpel de la célèbre vivisectrice des folies et des mœurs contemporaines…

Fantastique et critique sociale, satire et provocation s’unissent pour animer un récit à plusieurs voix où chaque métamorphose, chaque « massacrentretien », nous expose aux démons de nos sociétés. Une vivacité parfois démente électrise les déclarations de la Princesse de Monthluc-Parme, de l’écoterroriste Greenbomber, du délinquant Franck-Abdel Bloqué, du protofasciste Francastel, de Lou-Hyde Motion, de Clarissa Virago, jusqu’à l’ultime et éclairante métamorphose…

 

 

I Synopsis, sommaire et prologue : Rendez-vous au Royal Monceaux

II  Pré-entretien avec Arielle Hawks, prêtresse des médias

 

III   Première métamorphose : Vivant en Princesse de Monthluc-Parme

 

IV  Seconde métamorphose : Vivant en Francastel, frontnationaliste

 

V Troisième métamorphose : Vivant en Greenbomber, écoterroriste

 

VI Quatrième métamorphose : Vivant en Frank-Abdel Bloqué, racaille.

 

VII Cinquième métamorphose : Vivant en Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

VIII  Sixième métamorphose : Vivant en Clarissa Virago, féministe.

 

IX Epilogue : Entretien Vivant Arielle Hawks.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Abbatiale de Saint-Maixent-L'Ecole, Deux-Sèvres.
Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant.

 

Roman

 

 

Prologue.

 

 

 

      C’est en montant l’escalier du Jardin des Plantes que je butai sur une métamorphose insolite. En lourds champignons concentriques -vert-moutarde à l’estragon dans la nuit- la mousse vomissait sur les marches. Je ne pouvais espérer quitter ces lieux où la chute du jour avait surpris mes rêveries bucoliques sans piétiner une aussi précieuse, effroyable et vivante matière. Etait-ce l’effet d’un thé vert prétendument anti-cancérigène et particulièrement corsé, de la vision monstrueuse du cuir gris des éléphants, des muqueuses immenses, gluantes et roses d’un hippopotame gueule ouverte ? Je me sentais patraque, déconnecté. Quatre heures du souffle du TGV sur l’oreille interne, ce rendez-vous proprement inespéré, déphasé, délirant, à tout prendre effrayant, avec cette journaliste furieusement à la mode… Je devais souper à l’hôtel Royal Monceaux et j’étais en retard.

      Pourquoi m’étais-je attardé dans la Grande Galerie de l’Evolution ? Comme sur la touche tachée de sang d’un clavier d’ordinateur… Pour poser mon squelette peu charnu à côté de ceux du règne animal ? Être à peine plus que le rat, l’iguane et le bouc… Me menacer d’extinction sous les os aux tiges de fer des êtres paléontologiques… Et ce thé vert hallucinatoire que j’avais voulu boire à pleines amphores pour me garder l’esprit au vif et l’uriner à deux reprises dans les buissons déjà noirs… J’étais resté comme un couillon à méditer de la supériorité de l’espèce humaine, du tremblement devant une femme inaperçue, laissant passer l’heure raisonnable de quitter cette confortable terrasse dominant le jardin, me prenant pour la copie en mousse d’un laid Balzac en forme de sac non loin d’un autre jardin parisien… Parfait acte manqué. Sans compter mes égarements voluptueux et romantiques parmi les courbes des allées, les creux des bosquets. En fait, je le reconnais, la réputation et l’image d’Arielle Hawks, journaliste vedette, lolitesque et carnassière, me donnait la chair de poule. Bref, je finis par me retrouver enfermé dans le Jardin des Plantes avec l’écrasement du jour sur la terre urbaine. Aux plus hautes grilles, j’agrippai mes mains inutiles. Après avoir couru, haletant l’air comme un chien par la langue, je finis par trouver une grille qui me parut moins acérée, moins élevée. Avec les contorsions grotesques du grimpeur inexpert, je parvins à franchir, sans dommage pour mes génitoires crispés, l’obstacle hérissé. Non sans laisser le misérable trophée de la poche droite de ma veste accroché aux pointes de métal vert. Je tombai rue Cuvier.

      L’heure de mon prestigieux rendez-vous - vingt heures - s’affichait à ma montre-gousset, et j’étais rue Cuvier ! Je me souvins soudain que c’était jour de grève des taxis. L’un d’eux s’était fait agresser l’avant-veille par un groupe de crânes roses armés de dogues. Ils réclamaient la liberté du port d’armes. Et j’allais devoir prendre le métro, faute de connaître la complexité du réseau de bus, d’ailleurs paralysé par les barrages filtrants de ces mêmes taxis encolérés.

      Je ferai grâce au lecteur du parcours somnambulique que je dus m’imposer. La rue Geoffroy Saint-Hilaire, où, une fois de plus, me narguèrent du haut de leur resserre vitrée, bizarrement encore éclairée, les files torses et épineuses de vertèbres des hauts dinosaures disparus… La descente dans l’enfer puant des escaliers et couloirs métropolitains… L’épreuve de la promiscuité collante, chaude, étouffante, transpiration et bousculade, orteils écrasés, trépidation et panne fugitive d’électricité, arrêt noir de quelques dizaines de secondes dans les wagons matelassés d’humains plus ou moins usagés. Moi, Vivant d’Iseye, si éloigné de la foule, secret jusqu’à l’auto-séquestration bucolique… J’aurais voulu pouvoir courir au travers des marches pour dépasser l’exaspérante lenteur des escaliers roulants. Mais, outre que mes performances sportives n’ont jamais rien eu d’olympique, sinon pour le dégingandé blafard, toutes les issues étaient marrons de monde, pardessus, blousons, vestes, imperméables et chaussures me coinçant le pied gauche. Comment tant de gens peuvent-ils ne pas être des individualités pour nous ? C’est le flux lourd de l’humain et malodorant troupeau qui me poussa soudain vers la gifle soudaine de l’air libre. Glacial.

      Pourtant, la nuit d’hiver pinçait moins que ma fatigue, que mon stress, ma crainte de paraître ridicule, grossier, plouc précieux, et moins que rien devant « l’Hawks » ; Arielle Hawks, jeune prêtresse des médias nocturnes. Par quel caprice voulait-elle une interview de ma personne ? Alors qu’il lui aurait suffi de filmer les pages silencieuses de mes livres. Elle avait faux sur toute la ligne avec moi. A moins qu’elle veuille me faire concourir pour le titre de l’auteur le moins vivant, le moins télégénique, avec ma tête de céleri-branche, mon visage aux traits effacés par la pudeur…

      Qu’est-ce que j’avais fait de mes gants de peau ? La sueur qui m’avait imbibé alors que je ne pouvais penser à retirer mon manteau dans le bestial coude à coude, parut me saisir d’une nouvelle glaciation quaternaire, des omoplates au coccyx. Il me sembla que lorsque j’allais paraître en veston à la poche pendante devant l’égérie des télénoctambules, devant la dompteuse des situations extrêmes, j’allais dégager un parfum entêtant d’aisselles avariées. Alors que j’aurais voulu lui apparaître vêtu d’un pur et anonyme smoking au-dessus de la plus immatérielle chair. Sur une telle viande en voie de putréfaction, l’Hawks allait sûrement se jeter bec et ongles, actionnant les serres cruelles de son ironie, digérant rapidement mon peu de créature pour assurer la perfection post-adolescente de ses traits à l’angélisme calculé.

      Vingt et une heures. Cela signifiait pour le moins une heure de retard. Peut-être serait-elle déjà partie, définitivement furieuse, vers des sujets autrement plus passionnants que moi. Après tout, tant mieux. N’était-ce pas ce que j’avais secrètement voulu ? Venir et la rater à mon corps défendant. Me et lui prouver mon peu de valeur. Moi, Vivant d’Iseye, si peu de choses, la discrétion, la sensibilité classique en personne, en quoi allait-elle me changer ? Je dus demander le célèbre hôtel à un passant qui leva une main lasse vers les lumières du bâtiment qui me clouait la vue. Décidément j’allais être obligé d’entrer. J’imaginai la belle Arielle, créature ectoplasmique bombée par l’écran, inspectant les dix reflets de son vernis à ongle et leur trouvant à cause de moi une écaille à la fine extrémité de l’annulaire. Horreur ! Voilà bien le motif de se venger sans faillir d’un auteur qui avait rêvé les sentiments démodés de l’amour dans son dernier livre, de peu d’épaisseur.

      Contre toute espérance, l’homme en livrée qui présidait à l’entrée du Royal Monceaux ne me plaqua pas sur le trottoir, malgré la dégaine lamentable de ma poche de veste dépassant du manteau, comme il l’aurait fait d’un de ces fades délinquants clochardiques qui tentent régulièrement d’ébrécher le monde des hommes et des femmes que le luxe avait abonné au bonheur. Dans la porte à tambour, je crus un instant ne pouvoir échapper au grotesque tournis continu des Chaplin et autres Marx Brothers. Débouchant dans le hall, je ne pus m’empêcher de sourire du prix que je tenais ainsi à remporter pendant mon concours de complexes. De toutes façons ce rendez-vous avec Arielle Hawks était sans importance ni conséquence sur mon réel travail, même si bien des demi-stars de la mode, du rock et de l’argent -ne parlons pas de l’écriture- me l’enviaient comme elles respiraient.

      Je ne sus d’abord où me diriger. Puis je pris un pas de cow-boy de banlieue à raser les murs pour entrer à droite dans un grand salon qu’un tunnel d’exotique verdure encadrait. Mon manteau recommença à me donner chaud. Je me sentais des hanches étroites de chimpanzé en traversant les tablées, fauteuils et canapés ouverts comme autant de cabinets particuliers. Où était-elle, celle dont on ne pouvait manquer de reconnaître enfin la silhouette, le visage ? Bien des femmes que mon imaginaire et ma petitesse auraient parées de toutes les grâces qu’elles avaient déjà, ne me renvoyèrent que le dédain de leur paupière, l’absence de leur regard pour lequel j’étais plus transparent qu’un hippopotame dans son glauque marais à nénuphars géants. Je suppose que, si le cœur de l’hippopotame en question eût battu comme le mien en cherchant Arielle Hawks, une marée du siècle aussi spasmodique que les plus terribles tsunamis eût ravagé les régions avoisinantes du marais et de l’hôtel. Il fallut bien me rendre à l’évidence du vide. Arielle Hawks, qui m’avait brièvement décrit ce salon sur un élégant bristol, n’était pas, ou n’était plus là. Un froid frisson me sabota la colonne vertébrale malgré mon tropical manteau. Stupide animal ! Une chance pareille ne se reproduirait pas.

      Penaud, agacé contre moi-même, j’allais quitter le champ des hostilités, lorsque je me ravisai. Je fonçai sur la réception. Au moins consommer ma défaite. Plus inexistant que la bassesse de mon humilité, tu désolidarises tes atomes aux yeux du goitre d’iguane de l’homme de la réception. Aussitôt que j’eus prononcé le sésame de mon nom, et plus exactement de celle par qui, pour qui et en qui j’existais ici, il appela un jeune chasseur.

      - William, veuillez décharger Monsieur Vivant d’Iseye du poids de son manteau et de sa sacoche.

      Apparemment satisfait de mon supplément d’aisance empruntée, il reprit, d’une voix de boa constrictor au moment de l’affut, penchant sa professionnelle discrétion vers l’orifice pleutrement complice de mon ouïe impatiente :

      - Mademoiselle Hawks a fait téléphoner de Londres où elle recueille les entretiens de Lady Golem et de son basketteur noir de fiancé, vous savez, le fameux Margar Jordansonn, avant qu’ils ne quittent le monde accessible aux médias pour leur suite privée… Bref, je ne vous ferai, Monsieur d’Iseye, pas languir plus avant… Elle n’est donc pas dans nos murs. Quoique la vidéothèque de l’hôtel conserve, si vous souhaitez les consulter, toutes les copies de ses célèbres entretiens nocturnes. Elle m’a prié de l’excuser auprès de vous. Mais rassurez-vous, Monsieur d’Iseye, nous ferons tout notre possible pour rendre votre attente agréable. Il n’y a pas de fantôme de l’hôtel. Sauf la délicate empreinte toujours ici présente de Mademoiselle Hawks qui espère que vous aurez la patience de lui pardonner trois heures de retard. Elle sera parmi nous à onze heures. Vous n’avez pas à vous soucier d’un retard qui n’en est plus et qu’ici personne n’ébruitera. Vous aurez la joie d’entendre la vraie voix vous parler à vous et à nul autre dans une heure trois quarts. William, donnez une veste convenable à Monsieur d’Iseye et conduisez le à sa chambre-suite. Il désirera indubitablement se rafraîchir et croquer un en-cas. Puis vous lui montrerez le petit boudoir vert.

(...)

 Lire la suite : Pré-entretien avec Arielle Hawks, prêtresse des médias

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Pinacoteca de Brera, Milano.
Photo : T. Guinhut.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 15:16

 

Sestiere Cannaregio, Venezia. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant.

Roman. II.

 

Pré-entretien avec Arielle Hawks,

 

prêtresse des médias.

 

 

 

 

      Avec ou sans sarcasme, me demandai-je, alors que sous la douche chaude d'une salle de bain illuminée comme une scène, je rafraîchissais un corps très moyennement sculptural qui trouvait une pureté venue de la seule propreté et que je n'osais imaginer offrir à une Arielle. L'Hawks, dont la présence prochaine, par la vertu de ces lieux, ne me paraissait plus aussi inaccessible. Certainement, elle n'avait qu'à palpiter d'un cil pour engager au garde-à-vous amoureux les plus beaux corps masculins, les plus beaux esprits, même acharnés de controverse, les plus platinées des cartes de crédit internationales, et, qui sait, féminins...

      Enfin couvert d'une veste intacte et neutre, d'une chemise aux plis parallèles et blancs, je me surcreusais ces réflexions dans le boudoir vert - à cause d'un Gobelin chargé de feuilles, herbes, mousses qui avaient pris au piège un lapin bistre - boudoir uniquement peuplé, à part moi, de roses nombreuses et intimidantes. Heureusement, je n'étais pas parfumé. Même l'odeur un peu énervante de l'attente serait gommée par l'atmosphère capiteuse qui me baignait. Le livre miniature que j'avais glissé dans ma poche (quelques Lettres à Lucilius de Sénèque) ne me servit pas. M'aurait-il servi à quelque chose dans ce monde? Je m'interdis de trop fatiguer ma montre. Sur le verre d'une table basse, étaient amoncelées, en une construction calculée, plusieurs années de Vogue. Avec précaution, je consultais les pages brillamment colorées dont le grain parfait glissait sous mes doigts. C'était donc le monde où, naturelle, Arielle évoluait ? Bijoux compliqués, haute-couture affolante, épaules nues et toujours jeunes, mâles ténébreux qu'éclaire la certitude des comptes bancaires influents et le plaisir de se savoir les objets des femmes... Je la trouvai au bout de trois ou quatre numéros : incendiaire et froide, le regard incisif, droit sur son spectateur, une robe bleu-électrique qui était, contre le torse et les seins, une entière caresse la voilant de nudité, un demi-sourire vainqueur au coin de la défense d'une canine, une perle d'or noir à la rigole du cou, l'obscure lueur d'un tatouage représentant l'attribut masculin en érection à l'ourlet de sa cuisse, un escarpin sauvage et tressé dont l'aiguille paraissait être le croc câlin d'un caïman... J'ai trouvé ! me dis-je, cette femme est un oxymore : secrète publicité sur fond de télévision élitiste, jour nocturne, brune platine, fantasme solitaire des foules, vierge auto-proclamée se livrant à tous les récits de l'écran, exhibitionniste réservée... Plus loin, une autre photographie la montrait frileusement emmitouflée de fourrures de panthère albinos, dans le cadre d'une campagne pour la protection des animaux synthétiques, et c'est à peine si la douce épée de son arête nasale apparaissait, un sourcil perceptible, une blondeur d'éclair...

      Elle eut cinq minutes d'avance. Elle ne ressemblait vraiment pas à ses doubles, figée qu'elle était devant moi qui ne savais comment cacher la revue grande ouverte sur mes genoux. Ce furent cinq secondes de vide. Pendant lesquelles je trouvais ses cheveux mouillés touchants, son vaste imper qui aurait dû flotter pendouillant, son jean banal, ses bottines qui auraient du paraître brûlantes comme l'organe du chant d'un rouge-gorge bonnes pour le teinturier, ses lèvres, son nez, son expression enfin, qui aurait dû être celle de l'implacable examinatrice du jury de l'Enfer, fondantes...

      - Mais vous êtes charmant ! Moi qui imaginais Vivant d'Iseye comme un ours à poil dur ! Son seul cœur impeccablement tendre par la vertu d'une écriture et d'une expérience savamment distillées sous le couvert d'un hirsutisme bougon... Que les diables des médias me fossilisent si je garde de vous l'image que je m'étais faite!

      - Merci...

      Je balbutiai d'abord, puis, rendu à la parole par l'échange, par l'incroyable sensation qu'elle était contre toute attente un être humain, je contrattaquai, tentant de masquer ma timidité sous une aisance affectée.

      - Vous n'êtes pas non plus tout à fait celle que j'attendais. Vous aussi vous vous mouillez sous la pluie, les parapluies n'ont pas été prévenus qu'il vous faudrait une haie d'honneur. L'écran lumineux des gouttes vous sied finalement aussi bien, voire mieux, que celui du tube à vulgarités.

      Sans doute, elle savait qu'elle était belle également avec l'ornement d'une sévère dépression atlantique nord.

      - Trêve de compliments mi-figue mi-raisin. Qui êtes-vous, Vivant d'Iseye?

      Pourquoi, malgré la réputation de votre dernier livre, vous êtes-vous jusque-là jalousement gardé de toute apparition publique, de tout photographe, de tout entretien? Pourquoi avec moi ? Que vaut cette concession au vulgaire ?

      - Appelons cela conseil de marketing de la part de mon éditeur.

      - Hum. Le papier d'un grand hebdomadaire eût été plus efficace, En premier lieu, du moins.

      - Parce que vous m'offrez un véritable entretien. Suffisamment long. Et que vous avez promis d'en négocier l'arrangement scénique avec moi.

      - C'est tout?

      - Et parce que vos sujets ont toujours été éloignés de la littérature et de l'art.

      - Voilà qui n'est guère galant. Et si c'était, disons, mon jardin secret...

      - Parce que vous avez suffisamment d'intelligence pour ne pas être fascinée par les rockers, golden boys, têtes couronnées, stars de cinéma, de la politique et de la promotion humanitaire que vous passez sous le scalpel de votre show. Parce qu'il me semble que la littérature peut se mesurer à vous et à ce que vous représentez.

      - Dois-je me radoucir ? Bien. Je suis trop affamée et fatiguée pour polémiquer. Il me semble qu'un souper nous est bientôt servi. Ah, voilà justement William...

       - Si Mademoiselle et Monsieur veulent bien passer à table...

      - William, conduisez mon cavalier. Il me permettra sûrement de jeter cet imper et de me pomponner en une minute record.

      En effet, j'eus tout juste le temps de lire les œuvres complètes des menus et de la carte des vins - je préférais éviter de penser alors que ma lecture était empêchée par un visage humide et incisif qui flottait au plus tremblé de mon cervelet - qu'Arielle Hawks réapparut, vêtue d'un chemisier aux bandes noires et ors, ayant associé à ce mouillé qu'elle avait visiblement cultivé un film imperceptible de poudre, empruntant au cliché de la texture des pétales de rose du boudoir leur douceur d'outre-vie. Sa blondeur me parut innocemment naturelle. A moins que cet à peine frisé venu de la pluie...

      Cependant, assise face à moi, le silence de ses yeux - le célèbre « bleu Hawks » qui n'était dû à aucune lentille colorée, qui, selon les commentateurs, était comparé à une lame, au claquement d'un cran d'arrêt, à une balle de fusil d'assaut, à la mort au soleil de midi dans une arène où les taureaux ont été changés en hommes, et en femmes - m'était tranquillement, méthodiquement consacré.

      - Vivant, vous permettez que je vous appelle Vivant, résumons-nous. Oh, William, donnez-nous votre Tournedos Rossini. Vous verrez, Vivant, c'est plus fondant que carnassier, pour ne pas parodier ma réputation de mangeuse de viande humaine. Oh, j'espère que je ne choque pas un végétarien? Bien. Alors, accompagnez-moi dans cette saveur. Et votre salade de fruits exotiques au gingembre, voulez-vous? Vivant, résumez-vous. Votre dernier livre, Un tremblement, a un succès inespéré.

      - Non. Une secrète reconnaissance, seulement.

      - Un succès, dis-je, puisque je le veux. Je ne promets rien que je ne tienne. Sur aucune de vos trois couvertures, vous n'avez permis de photographie. Aucun des articles de votre press-book dont j'ai eu copie, ne propose sur vous le moindre renseignement biographique. Pas même une année de naissance au bas d'un rabat. Des entretiens refusés aux journaux spécialisés, pourtant souvent confidentiels. Rien. Votre éditeur, bien que cuisiné, est muet comme une carpe noyée. Soit dit en passant, c'est un homme que je ne conseillerais à personne de se farcir. Il me reste en travers de la gorge comme une arête avec ses « je transmettrai » pseudo-mystérieux. Vous n'avez qu'une boite postale que vous n'avez pas visitée depuis un mois. J'ai un peu fouillé dans son bureau, faut-il le dire... Vivant d'Iseve est infailliblement un pseudonyme. Emprunté peut-être, c'est tout ce que j'ai pu trouver, à une montagne des Pyrénées Occidentales, et qui compte 2173 mètres d'altitude. Ce mystère suffit à faire de vous un personnage intéressant.

      - Indépendamment de l'œuvre ?

      - Oui. Qu'il s'ensuive déception ou surprise heureuse au vu du faciès découvert, c'est au talent du metteur en show de lui donner relief. Vous avez bien voulu vous livrer à notre Arielle Hawks préférée. Auriez-vous trop facilement cédé au chant de la sirène bleue des média ? Qui êtes-vous, Vivant?

      - Un tremblement.

- Voilà qui nous avance peu. Notez que c'est une passe à fleurets mouchetés. Puisque nous sommes ce soir dans une conversation strictement privée, absolutelv confidentielle. Non, il est trop tard pour les prises d'otage de la caméra. Mes assistants ont droit eux aussi à un peu de repos. L'arme de prise d'image repose donc au vestiaire. Nous engagerons le feu nourri des projecteurs demain en matinée, si vous voulez.

Je préfère en effet qu'il en soit ainsi. J'ai eu une dure journée.

       - Avez-vous été amoureux ? Etes-vous amoureux, Vivant ?

       - Eh bien Arielle, ce serait sûrement une terrible banalité de l’être de vous...

      - Cher Vivant, nous n'allons pas jouer toujours au chat et à la souris. Sous la cuisante carapace du bleu de mes yeux, il y a un autre bleu dont je puis réserver les moiteurs à quelques-uns. J'ai modérément parcouru vos deux précédents titres : Une Luciole, Les Draps du temps. Mais n'oubliez pas que j'ai lu, et aimé Un Tremblement.

      - Merci. J'aime croire que c'est un pli de l'âme et non un argument publicitaire.

      - Voulez-vous que nous commencions l'entretien, souvenez-vous qu'il me faut une mise en scène, des lieux, par quelque chose... comme un masque, par exemple ? « Le masque de fer de la littérature ». Qu'en dites-vous? On n'y verrait que vos yeux noisette, pour mieux vous croquer...

      - Parce que toute fiction est un masque ? Parce qu'il n’y a que l'anima de l'auteur pour avoir un souffle et un regard sous les masques qui ne sont pas lui ? Pourquoi pas.

      - Il vous faudra modérer les obscurités du discours... Vous me surprenez, Vivant. Je m'attendais à un refus. Nous n'allions tout de même pas recourir au cliché éculé de la silhouette dans l'ombre d'un contrejour... Ou des prismes de flou sur le visage. Non. J'imagine un masque de bois. Couvert de mousse verte...

      - Non, pas de mousse verte ! Lin parfaitement lisse et inoxydable. Légèrement brillant. Et pas une boite de conserve. Une mince façade. C'est tout.

      - N'oubliez pas qu'il vous faudra l'ôter. Lors d'un tournant décisif de l'entretien. Il serait dommage de ne pas révéler la chair qui a ce tremblement de fossette lorsqu'elle est émue.

      - Arielle, vous êtes une dangereuse et adorable troublionne de sentiments.

      - Pourquoi, comme Blanchot, Salinger et Pynchon, vous cachez vous de toute apparition, de tout détail ? Protection de la vie privée ? Sainte horreur du bruit toujours faux des média ?

      - Parce que je me refuse à jouer tout rôle. Je ne suis vivant, survivant, que lorsque j'écris, que lorsque je bouge, je sens et je pense dans l'arrière-bouche de mon lecteur. Lorsque mes personnages sont un autre.

      - Pourtant, vous vivez, sentez et vous déplacez dans la vie qui nous est commune avant de pouvoir écrire, animer vos personnages et transmettre leurs émotions...

      -Laissez-moi choisir. Proposer à autrui ce que j'estime juste. Filtrer dans le gravier grossier du quotidien et du télévisuel le peu d'or essentiel...

      - Pouh! Quittez cet habit de langage pompeux. Cela vous va si mal. Vivant, montrez-vous enfin nu.

      - Je parle mal. Et j'écris nu.

      - Alors, pourquoi ce revirement avec moi?

      - Parce que ce que vous faites est création.

      - Ouf, le merveilleux compliment ! A moins que le vil flatteur ait un but précis.

      - Vous avez promis. Vous apportez votre talent de metteur en show. Mais rien ne se fera, ne sera visible sans mon accord.

      - D'autres, plus célèbres, n'ont pas eu vos exigences. Vous avez un univers suffisamment riche pour que nous puissions le faire mousser. Mais il ne faudrait pas que nous nous retrouvions bloqués. Qui me prouve que vous jouerez le jeu ?

      - Rien. Mon envie d'entrer dans votre monde, votre imaginaire. De me métamorphoser. Par fiction. Cela doit vous suffire.

      - Attention, Vivant! Peut-être ne serez-vous plus ce que vous étiez.

      - Arielle, comme le génie homonyme, transformez moi...

      Nous avons ri dans notre champagne...

      - Ah, Vivant, j'oubliai, laisse- moi verser cette potion magique dans votre verre. Buvez cela ; je suis broyeuse d'herbes dans le secret de mon arrière-boudoir...

      - Qu'est-ce que c'est?

      - Rien, Ça donne seulement du peps, comme une démultiplication de personnalité.

       - Non.

      - Comment ? Dois-je battre des paupières, comme mon cœur a battu en lisant votre livre ?

      - Bien.

      - C'est goûteux, n'est-ce pas?

      - Houps, le breuvage prend à la gorge, comme si je mangeais l'intérieur d'un lys...

      - Tout juste, Vivant ! Le lys martagon entre en effet dans ma composition. On croyait au moyen-âge en son pouvoir de retenir l'être aimé. Vous allez être un homme, croyez-moi.

      - Eh bien pourquoi pas... Grâce à vous.

      - Oh, Vivant, il est bientôt minuit. Je dois être au lit avant les douze coups. Sinon je me changerai en citrouille de mocheté.

      Il me sembla au contraire que l'humidité résiduelle de ses cheveux s'était évaporée en animant quelques frisettes dorées au coin de sa tempe...

      - Pardonnez-moi, Vivant. Vous avez été parfait. Nous ferons mieux demain matin. Je serai toute à vous. Et peut-être passerons-nous aussitôt à la caméra.

      Tintant ses bracelets aux symboles polyglottes contre les boucles, les fermeture-éclairs, elle sortit de son vaste cabas un porte-document fauve.

      - Tenez, c'est pour vous : les vidéos de montage provisoire de mes derniers entretiens. C'est la série dont vous ferez partie. Ils sont d'un style, disons plus « punch », - certains fans, ou mes détracteurs, diraient « hard », « trash » - que ce que vous connaissez déjà. Il me semble simplement qu'ils sont d'une analyse plus pure, plus vive. Bonne nuit, Vivant.

      Disparaissant, elle posa, dans ce petit creux derrière et en bas de l'oreille, là où le cerveau est le plus proche, un baiser plus rapide encore que son départ vers ses appartements...

      Je réalisai soudain combien j'étais épuisé. Les plantes vertes moussaient autour de moi comme le champagne. Et comme le trouble que me laissait le bruit de fond d'Arielle Hawks. Aurais-je la même facilité, dans mon for intérieur, à l'appeler par son seul prénom? La pièce tournait de fatigue autour de moi. Il me sembla qu'en face de cette femme j'avais tenu grâce à la tension d'une parfaite corde vocale de diva au moment de l'air des clochettes de Lakmé, et que maintenant je me relâchais en chaos de bruits, en violoncelle éclaté sur un carrelage. Sur ce sol de pierres polies je m'appuyai pour traquer le couloir ouaté d'un labyrinthe hôtelier qui allait me conduire enfin à ma chambre. Ce n'était pas de champagne dont j’étais - quoique... - ivre. Derrière et au-delà des écrans cristallins et bombés des téléviseurs où je l'avais vue, comme on traverse les rideaux du mythe pour toucher Vénus ou Méduse, j'avais frôlé de mes doigts une phalange, pétri de mes yeux, approché malgré les roses ses fragrances de musc et d'amande brûlée, écouté la résonance directe de sa gorge sur mes tympans ; seul le goût m'avait manqué de sa peau, de l'ossature de ses pommettes sous le regard au bleu fameux qui m'avait été un moment consacré, d'Arielle Hawks elle-même...

      - Je délirais ! Etais-je fou au point de l'adorer, telle une idole de pierre mouillée par les sexes qui s'y frottent pour passer dans l'au-delà... Poussant dans l'œsophage tremblant de cet escalier interminable et rouge le vibrato turlupiné de phrases aussi peu correctes que démesurément enflées. N'importe quoi, m'ébrouai-je en tâtonnant la difficulté pénienne de ma clef dans un orifice de serrure inaccessible. Voilà pourquoi j'avais toujours refusé la moindre brèche biographique, la moindre exposition médiatique : par peur panique de ne pouvoir me maîtriser, de laisser déborder en tempête, vomi et passion ces émotions que je travaillais sans cesse à discipliner, épurer, dans mes livres. Comme encadrer de cadres sages passe-partout les tableaux où s'agitent mes démons, cadenassés et enjolivés par les vernis. Seul l'appel d'Arielle Hawks m'avait décidé à relever le défi, par désir, peut-être masochiste, d’autofiction démente. Tiendrai-je demain? A quelle sauce, bouillon de poule ou piment, allait-elle me servir sur le plat de son écran?

      Le lit me reçut comme  une femme lascive. Si tant est que toutes les femmes soient douces, sensuelles, enveloppantes et spirituelles comme le rêve qu'on en fait. J'avais toujours à la main ce porte-documents fauve contenant trois ou quatre cassettes vidéos. Six à dix heures de programme. Je fis l'effort surhumain de me lever, avant à demi-défait mes vêtements, pour soigneusement étaler les boitiers devant le grand écran noir extra-plat qui ne ressemblait plus à une fenêtre, mais à une porte de temple et d'initiation, quoique son  contenu soit plus souvent celui des supermarchés, et glisser le premier coffret à entretien dans la fente inaugurale du magnétoscope.

      Appuyai-je sur la touche de mise en route ? « Play », comme sur un lecteur d'opéras tragiques et splendides. Il est sûr en tous cas que j'avais poussé Arielle Hawks dans une boite vidéo mentale hermétiquement noire, où frappait le heurtoir léonin des métamorphoses. Sans quoi je n'aurais pu m'endormir si aussitôt, si efficacement...

 

Thierry Guinhut

Une-vie d'écriture et de photographie

Extrait d'un roman à paraître : Les Métamorphoses de Vivant

 

Sestiere San Marco, Venezia. Photo : T. Guinhut.

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 14:11

 

Pic de la Pique, Bagnères-de-Luchon, Haute-Garonne. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant

Roman. V.

 

Deuxième métamorphose :

Greenbomber, écoterroriste.

 

 

Mousse verte… Débris de tomate verte purulents, sur les murs, sur le sol, sur mes pantalons… Le crâne sanglé, la tête en cabane. A part ça, je suis couché à peu près tranquille. Enfin ! C’est une sécurité constamment inquiète dans le presque noir, mais ferme, avec un point fixe et sauvage dans le cerveau. Le jour se lève à travers les planches. C’est la toile verte de mes pantalons, de mes manches. Sales, terreux, herbeux ; une bonne saleté. Qu’est-ce que je fais avec cette cagoule déjà, crasseuse, collante sur la nuque ? Surtout ne pas l’ôter, la renfoncer. Des bouquins. Ouf ! Dans un piteux état, sur une étagère faite d’un tronc à peine équarri. C’est l’écorce neigeuse, argentée des bouleaux.

Ça va mieux. Je ne suis pas une créature qu’on dénoyaute nue. Je suis un homme ; c’est déjà ça. Je suis… Qu’est-ce que je fais dans ce corps bien trop dégingandé pour moi ? Maigre et dégueulasse, le fond de culotte à même un tas de graminées à peine sèches… Ça repose. Courbatures. Il faut que je me secoue. Elle doit être là dehors, sur la piste au bas du lever du jour. On y voit tout à fait clair maintenant dans la cabane, à travers la vitre de récupération. Même cette vitre, c’est une technologie en trop ! Il doit me rester de la soupe d’orties froide d’hier soir. Mais… Je suis un autre ! Je sens comme une tumeur maligne dans un cerveau malin qui me ronge. Le cervelas de cette viande sèche mal fringuée aux godillots de peau de bestiole. Quelle horreur ! Cohérent. Je dois être cohérent. Débarbouiller ma fumée. Je suis cohérent. Je m’assoie sur mon séant d’herbes naturelles, des « feuilles d’herbes » de mon cher Whitman…

Debout ! Chassons ce technorêve d’un autre, d’un individu complètement bouffé par la société industrielle et de consommation irraisonnée des ressources naturelles. La phase mondiale du plan est pour ce matin. Une chance pour elle qu’elle ait ce nom d’animal fier et sauvage, d’animal nettoyeur des pourrissures. Je suis tout à fait clair. Tout à fait net. Sûr.

Je pousse la porte. Dehors, le bois est calme, frais. Allons ! Une petite défécation purgative et fertilisante dans le coin du potager. Quel frémissement par vagues dans les feuilles agitées des bouleaux… Au-delà, après quelques dizaines de pas, la montagne élève sa lumière brune et pure. Voyons si plus bas… Oui. Il semble que l’abomination technologique d’un véhicule à moteur à explosion soit éteinte à l’angle de la piste défoncée par les pluies. C’est l’action, l’opération cagoule verte ! Visiblement elle est seule, comme convenu, avec sa grosse caméra sous le bras.

Quoi ! Je divague avec ces sensations de montagne sale, cette auto-mise en scène en homme des bois ! Suis-je, une fois de plus, prisonnier d’un corps, d’un comportement et d’un appareil mental qui ne sont pas les miens ? Changé en qui ? Et à l’intérieur desquels je conserve par éclats l’effroi de mes pensées qui ne sont pas celles de mes perceptions…

Mais tout ça, c’est des mauvaises bribes, des conneries, des tentations psychotiques précomportementalisées par la société d’en-dessous et d’en-deçà… Ça s’écrase comme une caméra jetée contre le granit quand on n’en a plus besoin. Il faut pourtant en passer par là, par cette quincaillerie technologique pour faire entendre raison naturelle à ces scienthumains qui squattent et empoisonnent notre planète mère. C’est comme ces puissantes jumelles militaires qui me permettent de l’épier, immobile, son joli cul en jean contre la tôle verte de sa caisse de luxe. Après l’élimination de tous ces technoprisonniers, plus besoin de ces faux yeux de surprédateur.

Elle attend mon signal. Il suffit que je sorte de ce bosquet de bouleaux. Que sur la pelouse à bruyère et myrtille, je brandisse et agite mon drapeau de toile verte. Tiens, il me reste une grosse pomme de terre froide d’hier soir. Je m’en mets plein la bouche, la peau avec entre les dents… Ça se mâche comme du pain. A la source d’abord. Elle peut faire piétiner son joli cul en jean et ceinture de croco en se demandant si je lui ai pas posé un lapin, si je me suis pas foutu de son minois à cosmétiques. Cette eau froide et pure entre deux touffes d’herbe. Toute la géologie, l’histoire de la création de la terre est là. Ah, la conne ! Elle se minaude dans son rétroviseur extérieur. La voilà qui filme un coup sa bagnole, la gadoue des ornières, la pente et le fouillis plongeant des hêtres ; et pour finir le nuage violet qui s’écrase sur les montagnes de l’est. Ah, tu peux le filmer : il a une gueule d’apocalypse…

Voilà, c’est lancé. Elle a enregistré mon signal. Elle commence à grimper dans le caillou et la bruyère. On voit qu’elle a pas l’habitude. Elle est sûrement plus forte en salle de gym avec vélo d’intérieur et tapis roulant de simulation de marche… Oh, la croquignolette ! Elle a de mignons brodequins de montagne en croute de cuir de poussin vert. Son jean est vert d’eau, sans ceinture, sa chemise de bucheron vert-sapin et son blouson matelassé vert-cyprès. La stupide opportuniste ! Charognarde et caméléon avec ça… Elle croit me prendre par les sentiments avec son écologisme vestimentaire de magazine de mode. Pour moi, elle n’est qu’un instrument. Oh, elle trébuche ! Elle est capable de péter sa caméra en dévirant sur les pierres… Non, elle tient le coup. Il lui faut bien encore dix minutes de montée.

Un dernier tour d’horizon : le ciel propre, ni hélicoptère, ni avion. Pas un mouvement suspect, pas un mouvement de lumière à travers les forêts et les vallées. Elle a bien fait de prendre ma menace au sérieux. A moins qu’ils soient parfaitement camouflés. Non, son éthique n’est pas celle de cette morale judéo-chrétienne qui fonda le capitalisme, mais celle de son business, uniquement. Je suis pour elle un contrat. Surtout ne pas le rater. Ça foutrait en l’air son suspense, sans compter son mythe, si elle me faisait coffrer par les flics, l’armée et tout le toutim… Il suffit que je m’asseye dans cette conque granitique pour me protéger de tous les regards possibles, sauf satellites, peut-être, et à l’abri du rayon de la caméra de l’Hawks…

Qu’est-ce que c’est que ce dingo que je suis ? Et je ne peux pas me défendre de dire de telles démantibulations du bulbe ? Je suis devenu trouffion de quelle secte ? Et pas moyen de se faire entendre de celui-là ! Il a la tête plus dure que son granit. Il a du faire du zen ou du yoga pour cesser de penser d’un coup comme ça. Si ça suffit pas d’être empaffé dans sa tête de bois d’arbre, je vais bientôt me retrouver en tôle et camisole en plus de ça ! Horreur, voilà que j’emploie son genre de vocabulaire. C’est un coriace qui va pas me lâcher au doigt et à l’œil, comme un cornichon dans son aigre bocal. J’ai ses mains de singe, ses dents cariés sous la langue, je peux même la bouger sous mon propre contrôle, trouver mes gencives croûteuses, mes incisives plâtrées de vieille boufffe salivée… Heurk… Et j’ai ses mots, ses phrases, je lui parle tout haut, tout seul, et ce sont mes lèvres que je sens s’ouvrir et se gercer dans le vent cisaillant de cette crête vide et pelée. Comment puis-je être un ténébreux pareil, avec ces mains couleur de thé usagé ? Qu’est-ce qu’il est parti pour me faire faire ? Avec son crâne dur de tortue malade et vénéneuse… Je suis changé en dément, et je ne peux pas m’en décoller de toutes mes fibres et de tous mes pores… Ah, l’horreur ; ça me passe partout quand nous parlons, comme la fuite d’un rat dans l’œsophage…

 

Bois de Lesponne, Baudéan, Hautes-Pyrénes. Photo : T. Guinhut.

 

 

- Arielle Hawks ?

-  Greenbomber ?

-Lui-même. En vert et en os. En vert et contre tous.

- Je doute que les plus élémentaires lois de l’hospitalité vous permettent de m’offrir un thé chaud…

- A moins que je laisse infuser mes mains dans l’eau de source glacée.

Je vis alors, à travers une pupille et un nerf optique qui n’étaient pas les miens et que je sentais pourtant s’animer d’influx comme étant partie intégrante de ma chair et de mes réactions, le visage d’Arielle Hawks cicatrisé par une moue de répugnance à la vue de mes ongles craquelés et jaunâtres, de leur quart de lune charbonneux, des plis nombreux et bruns de mes mains ensuifées, de mes manches cartonnées de crasse scintillante, sans compter la loque serrée de ma cagoule, dont la laine et le cuir sentaient la brebis chaude et le sanglier crouteux… Comment pouvais-je tenir ferme dans cet état immonde et devant l’Hawks, alors qu’un sixième sens venu d’on ne sait quel moi m’avertissait que le parfum de l’églantine, dans la vallée, l’avait frôlée ? Elle posa l’étui de cuir glacé de sa lourde caméra, s’accroupit et se mit à l’ouvrir. Puis elle braqua d’abord l’objectif vers le demi-cercle des montagnes bleues et voilées.

-Monsieur Greenbomber voit-il un inconvénient à ce que je prenne quelques plans du paysage ?

- Pas le moindre.

- Vous ne craignez pas qu’on reconnaisse les formes des sommets ? Le dessin des vallées ?

- Ils ne sont guère caractéristiques. Du moins pour qui ne sait pas les aimer.

- Et si on les identifiait ?

- Aucun problème, Mademoiselle Hawks. Cette cabane n’a aucune importance. Je n’ai pas le goût bourgeois de la propriété. Peut-être n’est-ce pas la bonne cabane. Et s’il faut effacer les traces, la brûler…

L’aisance de son coup d’épaule pour enfourcher la caméra me surprit. J’aurais voulu lui dire quelque chose alors que l’homme en quoi j’avais été changé prit ma place. Ou plutôt, une fois extériorisé, je devins, une fois de plus et sans cesse, lui.

- Greenbomber… Qui êtes-vous?

- Vous êtes une humoriste accomplie, Mademoiselle Hawks…

- Je ne vous demande pas d’ouvrir votre passeport. Ni votre sale cagoule.

- Quoi d’autre alors ?

- Vos motivations, votre stratégie. Votre sensibilité humaine, si vous en avez une.

- Je veux ça partout.

- Quoi ?

-Regardez. Tout ce qui s’étend sous le cercle de mes bras. Sous l’œil de votre satané bordel d’appareil qui s’obstine à rester braqué sur moi. Le bosquet de bouleaux. La source. La cabane de rondins. Ce serait mieux si elle avait été faite de pierres trouvées et de bois mort. Ciel et cirrus, montagnes, forêts et gorges rocheuses intouchées. Le vierge, le vivace, le bel aujourd’hui naturel. L’homme à l’orteil léger sur l’herbe aux mille espèces, du lichen à l’épicéa, de la bactérie au cerf, de la coccinelle à l’oiseau, des larves aux papillons. Le vent pur et libre.

- Résumons-nous, Greenbomber. Dix-huit attentats. Dont sept revendiqués. Onze légendairement attribués. Vous êtes un mythe pop. On vous consacre une cinquantaine de sites sur Internet. Une bibliographie dans la presse mondiale à faire couiner d’envie le Pape et le Dalaï-lama. Les philosophes Michel Foucault et Jean-François Revel vous ont chacun consacré un essai. Un éditeur de San-Francisco a imprimé vos libelles suivis d’une hagiographie avec du sang humain sur quatre-vingt feuilles d’érable reliées en écorce. Vos courriers sous papier recyclé ont tué à l’ouverture vingt-trois personnes, dont une fillette de trois ans, et blessé dix-sept autres aux Etats-Unis, Canada, Mexique, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni et Russie. Plus le Japon, Hong-Kong et l’Australie. L’une de vos victimes vit à Bilbao avec quatre membres artificiels et un convertisseur vocal sur le larynx. Avez-vous pitié ?

- Non.

- Quelques-unes de vos victimes sont innocentes de tout ce que vous reprochez à l’homme civilisé.

- Non. La fillette dont vous parliez, en tant que petite fille de l’industriel milanais de la chimie Gian Carlo Frescobaldi, n’avait aucune chance d’échapper au déterminisme éducationnel de son milieu.

- Et sa nourrice ?

- Idem. En tant que valet du capitalisme technologique, elle était sa prisonnière autant que sa complice et sa justification. Je l’ai délivrée.

-  Vous êtes abominable, Greenbomber ! Un monstre !

-Tout doux, l’Hawks… Allons, je vais vous consoler d’un scoop. Parmi les onze attentats au courrier piégés qui me sont attribués, huit sont de mon fait. Seulement trois ont été réalisés par des fans, des imitateurs quelconques.

- Lesquels ?

- Celui de Sydney. Bien que j’aurais pu m’en charger. Il est parfaitement en accord avec mes vues.

- Pourtant… Saül Dutchberger… Le directeur de l’Opéra ! On ne peut pas dire qu’il complotait contre la nature.

- Erreur, l’Hawks. Toute culture est une injure à la nature. Il régnait sur son architecture à coques de béton, contribuait à massacrer des arbres pour faire hurler Stradivarius et Amati, et, suprême trahison envers Gaïa sa mère, a fait jouer l’opéra de Constanz Walz : Technic voices, dont les voix ne sont restituées qu’après un passage par des filtres électro-acoustiques. Celui-là méritait également de crever d’un éclatement de l’estomac. Quant à ce Walz, il saura qu’il ne peut plus ouvrir la moindre lettre, le moindre colis, de sa courte vie.

- Et les deux autres ?

- Munich.

- Christa Hebbel. La Présidente du parti des Verts. Et son secrétaire. Je comprends.

- Vous ne comprenez rien ! Là encore celui qui a fait cela a mon entier soutien. On ne peut être vert sans être radical. Ses arrangements avec le pouvoir n’étaient qu’une stratégie de corrompute, de salope !

- Et sexiste avec ça !

- La forme de son cul ne change rien à l’affaire.

- Et le dernier ? L’approuvez-vous également ?

- Clermont-Ferrand ? Non.

- Là, j’avoue, je ne comprends pas… Le directeur de recherche du Centre de Transgénie Végétale. Cela doit être pour vous une évidence que de désapprouver les manipulations génétiques sur les plantes agricoles…

- Celui qui lui a arraché la tête avec le colis qu’il a déposé dans sa voiture électrique n’est qu’un amateur. A un second regard, cet apprenti-sorcier de Marc Olivenstein prépare la revanche de la nature. Ses plantes modifiées deviendront folles contre l’homme en obéissant à la raison inconnue de Mère Nature.

(…)

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Extrait d'un roman à venir : Les Métamorphoses de Vivant, roman : Synopsis et sommaire

 

Engstlensee, Innertkirchen, Schweiz. Photo : T. Guinhut.              

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 08:17

 

Villa Adriana, Tivoli, Latium, Italie. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Les Métamorphoses de Vivant.

 

roman. VI.

 

Cinquième métamorphose.

 

Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star.

 

 

 

 

Le flyer… Où est-il ? Où ai-je laissé flotter les sept reflets de son hologramme ? Dans la poche de mon pyjama ? Non, stupidos. Cette fente pectorale de pyjama est un sac à malices, une hotte de Père Noël, un inconscient post-freudien, un nid à fumier, une cave à chauve-souris, un tonneau des Danaïdes, un cul de basse-fosse, un Léviathan. Impossible, puisque je dors nu. Je ne porte même pas un string pour nuire à l’effet apaisant du talc Springyear sur mes testicules fatigués par la vénération de mes fans femelles. Qu’est-ce que je raconte ?

C’est quoi ces reflets dansants au plafond ? Ce chatoiement de golfes clairs et de bleus méditerranéens ? Ce jour n’est pas naturel. Une fois de plus je fantasme comme un personnage d’emprunt. J’y suis : le flyer de Magaly ! Pourquoi mes draps sont-ils soudain violets ? Pourquoi ma chambre est-elle pleine de micros sur pieds, de cédés jetés sur le sol, de synthétiseurs bleuâtres, de baffles immenses et noires comme des temples ? Me voilà encore embarqué dans la cabine de croisière d’un corps que je ne peux réveiller ni quitter à mon gré. La méduse de mon cerveau à l’ancre entre deux os pariétaux inconnus, sans pouvoir animer du moindre mouvement ces jambes en croix de Saint-André sur un lit dévasté de sueur…

Tiens… Il y a une fille métisse qui clignote des yeux inquiets au-dessus de la moquette de laine claire où elle a l’air d’avoir passé la nuit dans la mélancolie d’un drap violet déchiré. Une fille avec des cheveux tressés par centaines comme des tortellinis au henné et deux ananas de poumons qui roulent comme un paquet de soutien-gorge et de vêtements maladroitement tassés entre deux talons aiguilles dorés. Elle se lève, comme le bondissement du lynx, et s’éclipse, laissant derrière l’embrasure de la porte l’ombre Mururoa de son cul noir se dissoudre dans l’air vicié au musc et aux fumées refroidies de cannabis.

On dirait qu’une lumière sous-marine monte le long de ce socle de garnit soudain clair avec des serpents qui… Non ! Ils ont l’air… Ouf, sculptés dans le bronze et le vert-de-gris comme pour s’enlacer aux colonnes et aux drôles de chapiteaux corinthiens d’un temple dont le fronton en lévitation cache une statuaire incompréhensible. La luette éclatante de l’aube se lève peu à peu jusqu’au fond de la gorge oraculaire de cette chambre… Bientôt je pourrai lire dans l’étrange torsion de cette statue qui va dire où je suis et qui je suis. Paix, ce n’est qu’un Bouddha. Mais un Bouddha émacié, ravagé de barbe, aux yeux sirupeux… On dirait qu’il a six bras comme je ne sais quelle divinité hindouiste. Six bras pour l’amour et le crime. Avec un sacré cœur aux épines et croix catholique sur la poitrine. Qu’est-ce que c’est que ce dieu hybride ? Un Bouddha shivaïque et saint sulpicien ! Je suis tombé dans une secte. Il ne manquerait plus que ce corps où je suis fondu et dont je ne peux bouger le sommeil soit celui d’un gourou complètement à la masse…

Il frémit… une conscience glauque palpite entre les oreillers de ce corps décharné. Il fait complètement jour maintenant. A chaque queue de serpent pendent un soutien-gorge et une petite culotte saumon. Sûrement la mulâtresse troubalante dont la violente fragrance d’aisselle crépue hante encore la chambre comme une trace d’argent escargot nocturne sur la lourdeur de l’air. Ça sniffe la vieille fumée de marijuana et d’encens. S’il pouvait faire la grasse matinée, d’après beuverie, orgie et sauterie, ça m’arrangerait. C’est un rare moment de repos où je ne suis personne. Pas de moi à assumer, hors cet espèce de coup de tournevis qui me vrille le haut du lobe frontal droit à intervalles réguliers, comme le battement du sang, et qui s’enfle comme lors du sommeil paradoxal du corps qui m’abrite. Suis-je encore Vivant d’Iseye ? Est-ce mon karma ? Ma transmigration d’âmes de personnages en destinées pour achever de grimper l’échelle d’abomination de l’espèce humaine ? Des réincarnations successives en avance rapide ? Bizarre, c’est pas moi ce genre de théorie à la déboité du mental, cette acceptation ruminante et roucoulante.

Ah, il bouge… Fausse alerte, j’espère. Rester dans cet état de semi pur esprit me siérait bien, à flotter sans douleur ni désir… Quoi ? Un trépied ? Sans caméra encore. Je sens que la mise en scène est prête pour que ça recommence. Elle ne me laissera jamais donc en paix, à me bousculer dans les fosses septiques de l’humanité, à me faire des démons dans le dos… Je sens qu’il n’y en a plus pour longtemps avant que les engrenages du trip infernal se mettent à entraîner la piste numérique d’un film à mes dépens. Aïe, j’ai envie d’uriner en même temps qu’une érection du diable ! C’est lui ou c’est moi… Où est-elle passée cette grognasse qui n’a pu changer ma bite en ange ? Elle a tout de même pas pu me larguer comme un gueux ! Il n’y a plus que sur scène et dans l’envie de pisser du réveil que je bande… Chiottes, ma tête ! J’ai un mixer à légumes dans le caillou. Et branché sur un pylône à haute tension.

Qu’est-ce que c’est que cette feuille de pécul de bout de rêve que j’ai eu ? J’étais un plouc inconnu, un zéro social, à peine vivant, un néant médiatique ! Enfer… J’ai réussi mon retour à la scène et au disque, non ? Dans trente minutes l’incontournable Arielle Hawks vient. Pour moi. Star ! A fond les chants grégoriens accélérés sans changer les hauteurs. Cette pulsation poussée sur les graves à 135 BPM. Les derviches tourneuses de ces boucles sopranos extatiques… Je suis l’inventeur de la technomystique !

Une douche patchouli rapide, j’enfile un pyjama de soie indienne en grignotant une aille de caille, en buvant le jus d’un pruneau sec. Hélas, mes doigts sont toujours aussi jaunes de nicotine et mes narines blanches de cocaïne. J’aurais pu les ramener transfigurés du royaume des ombres ; mais non. Le Triomphe du Temps et de la Vérité, n’est-ce pas… Le squelette puant de la vérité dans les chairs. Est-ce que cette Hawks est une baiseuse ? Difficile de se prononcer. Un tel cul wonderbra gorge de pigeon monté sur des mollets d’altitude… Les tendons de ses cuisses doivent lui monter jusqu’à la vibration du pubis… Ah, ce désir à fouetter jusqu’à la disparition ! Joli fantasme d’Aphrodite child des médias. A moins qu’elle soit aussi frigide que les pantalons en aluminium de couverture de survie du défilé de mannequin de Murakami Nosaka ? On laisse tomber la soie indienne pour le tee-shirt noir Bouddha et le futal aubergine molle… C’est elle ! Prêt. Canapé lamé or, ouverture automatique du volet terrasse méditerranée, ciel. Lumière. Son :

-Lou-Hyde Motion, vous étiez le Rimbaud du Rock and Rap, vous êtes maintenant le Bouddha du Techno Roll. Pourquoi ?

-J’ai décidé de lever aujourd’hui le mystère de mes trois mois de disparition.

-Où étiez-vous ?

-Une sorte de retraite. Qui préparait ma révolution musicale.

-On a dit que vous mouriez du sida.

-Il était question de mort, en effet. Ma mort, ma pulsion de mort, est la plus belle créatrice.

-Alors, ce sida ?

Négatif. Je ne donne pas ce plaisir à ceux qui m’ont insulté, inculpé, incriminé. Toutes ces rumeurs sur mon prétendu sida étaient le produit des envieux, des ringards... Il n’y a pas eu une aiguille pour me contaminer, pas un sexe pour me rendre séropositif, pas un dieu pour me jeter la première pierre. J’en prends vos showsectateurs à témoin, Arielle, vous pouvez sans risque goûter ma salive, mon sang et mon sperme.

-Non merci.

-Faut-il vous verser le tout dans un verre à cocktail ?

Ni vin de messe noire, ni vin de messe blanche, merci. Revenons à votre disparition. Vous avez pris le risque d’être oublié. Ou d’être encore plus idolâtré par les prestiges posthumes du regret. D’être vomi par votre public, si votre retour ne collait pas au fantasme caressé par les partisans d’une résurrection.

-J’ai réussi, non ?

-Votre nouvelle manière ne fait pas l’unanimité parmi le public.

-Des nostalgiques. Qui voulaient me clouer nu immobile au poteau d’une étape révolue de ma carrière. Ils ne comptent pas au regard des fans nouveaux qui m’ont rejoint.

-Un autre soupçon de mort a couru pendant votre absence…

-Lequel ?

-N’oubliez pas la réprobation qu’ont soulevée les paroles trop célèbres de quelques-unes de vos chansons : « Le jus homosexuel de la mort », « Suicide, mode de jouir », et autres « Sex, drugs and drums ». Sans compter la chanson « Pères, meurtres rituels », dont le refrain vengeur et le rythme survolté ont révolté les associations de défense de la famille.

-Vous pensez à la thèse de l’autosacrifice ?

-Elle a en effet été avancée. Il me semble cependant que pour votre producteur la nouvelle d’un suicide eût été un excellent investissement médiatique auprès de votre jeune public. Il ne reste plus…

-En effet.

-Que la drogue.

-Ce « dérèglement de tous les sens »…

-Dans quel outremonde étiez-vous, Lou-Hyde Motion ?

-J’ai étreint l’enfer des paradis artificiels. Benzédrines, amphétamines, héroïne, ecstasy, champignons hallucinogènes mexicains et vosgiens, LSD, opium chinois, cannabis de Floride à 33% de tétrahydrocannabinol, vodka finlandaise, Prozac, Tranxène, Viagra, colle, éther, cocaïne, mescaline, et la liste exponentielle des drogues de synthèse qui n’ont même pas de nom, tout juste des numéros, comme les étoiles lointaines. J’ai tout essayé. Méthodiquement. Un par un, graduant les doses, puis en grappes, en séries… Parois, je jouais à la roulette russe en tentant un cocktail de hasard. Je pénétrais dans les souterrains de mon corps, nouant le contact avec des veines et des flux que je ne me connaissais pas, avec des flashs de jouissance généralisés jusqu’à la vibration de toutes les terminaisons nerveuses et oculaires, avec des tendons et des douleurs que personne n’avait catalogués, avec des neurones resurfacés par des bonheurs indicibles à notre pauvre altitude. Mon cerveau et mon corps tout entiers étaient un phallus explosé par l’orgasme-univers. Chaque substance ou nouvelle molécule née de la conjonction explosive des produits était un pouvoir me permettant de passer dans de nouveaux mondes, d’affronter des monstres d’angoisse et les caresses de princesses des plaisirs, comme dans un jeu vidéo où j’étais à la fois l’acteur, l’écran, les manettes et les logiciels interchangeables. J’épuisais dans mes voyages un nombre de vies considérables. Dans l’intérieur smatché de mes yeux je trouvais des galaxies, des éclipses totales et des pluies de météores. Des tornades secouaient mes globes oculaires au creux de mes orbites, distordant le monde alentour come fumées de couleurs. Alors que ma moelle épinière était branchée sur haute-tension, des éclairs de chaleur trouaient mes tempes. Pour y dérouler les bandes d’un film incontournable de sables d’orient et de fontaines de sperme. Pour abreuver la soif affective des princesses de harem de trottoir…

-C’est ce que vous avez célébré dans votre chanson « Xanadu ».

-Oui :

« Jardins d’encens et de poudres Guerlain,

Femmes se masturbant pour le démon qu’elles aiment,

Fontaines haletant des moiteurs du rut,

Free jazz acide et liqueur des voix…

Oui, c’était miracle d’un rare dessein,

Ce palais au soleil sur l’abîme de la mort,

Car ils ont bu le lait de Vénus,

Car elles ont mâché le muscle d’Hercule,

Ceux dont le paradis est l’héroïne ! »

 

-Chanson qui vous a valu d’être interpellé par le FBI lors de votre concert de Saint-Louis.

-Puis d’être relaxé, chère Arielle, par le juge Hoover de cette inculpation de prosélyte de la drogue au nom de la liberté d’expression poétique.

-Lou-Hyde Motion, combien d’adolescents cette chanson a-t-elle livré aux tortures du manque ?

(...)

Extrait d'un roman à venir : Les Métamorphoses de Vivant, roman : Prologue et synopsis

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Panillo, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

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Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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