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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 16:27

 

Sonnet peint. T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Sonnets autobiographiques.

 

 

 

 

            Sonnet autobiographique
 
 
Notre Thierry Guinhut, dont le nez aquilin,
La mèche vaniteuse ont banale apparence,
Est né en cinquante-six à Poitiers, en France,
Pour écrire sonnets, essais, romans, sans frein.
 
Marié, père de quatre enfants talentueux,
Il étudia d’abord le rêve adolescent,
Puis l’Histoire de l’art. Enfin, au fil des ans,
Il devint agrégé de Lettres : c’est bien mieux…
 
Il parcourt la photo, les montagnes sauvages,
Pyrénées et sierras, les marais et les îles,
Les musées, tout en montant sa bibliothèque.
 
Trop peu, il publia. Il travaille avec rage
Pour édifier une œuvre aux fondations fragiles
Que lectrice et lecteur paieront de peu de chèques.

 

 

            Sonnet des Enfers

 

 

Dans un siècle, j’écrirai de la poésie

Avec mes os maculés de ma cendre vive,

Je lirai mes poèmes à voix persuasive

À tous les morts d'Enfers aux yeux pleins d'ironie.

 

Personne ou tous m’écouteront, rongés d’envie,

Cacophonie universelle et crash revoir,

Les deux pieds collés dans le gluant de l’Histoire,

La langue noire affutée comme une Harpie.

 

On imprimera mes livres sur peaux d’Auschwitz,

Dont l’encre suave sera jus de cerise,

Les signets seront tresses des plus belles vamps.

 

Les Césars des siècles me jetteront la pierre,

Leurs couronnes de faux or et de gris lierre :

Et les amoureuses viendront baiser mes tempes.

 
 
            Sonnet de la liberté politique
 
 
Connais-tu le pays où richesse flétrit,
Où l’on flatte et grossit un déficit chronique,
Où l’on nourrit bien gras l’assistanat cynique…
O Père, partons-en, ce spectre nous détruit.
 
Connais-tu la maison de l’état déprimé,
Désarçonnée par un syndicalisme inique
Qui suce et pervertit le service public…
Là-bas, mon Protecteur, garde moi du bûcher.
 
Connais-tu la montagne outrée des fonctionnaires,
L’escalade fiscale et d'administration…
O Citoyens, rêvons, de ce pays, fuyons !
 
Là où libéralisme est vu comme exaction,
Liberté de son joug n’a pas pu se défaire.
Là-bas, ô mon amour, soyons les réfractaires !

 

Nota : Ce sonnet est une réécriture parodique d'un poème bien connu de Goethe :

"La Chanson de Mignon" ("Connais-tu le pays où les citroniers fleurissent...")

tiré des Années d'apprentissage de Willelm Meister.

 
 
            Sonnet du cabinet de curiosité
 
Coquillage marin, chair fossile du temps
Et serpent minéral dans la gangue d’avant,
Spirale d’ocre et stries, nacre et corail séchés ;
Muré sans pensée, je fus, ou lichen soufré.
 
J’étais chenille et papillon d’or et de nuit,
Mouche, araignée, vêtues de noirceur studieuse,
Poussière d’ocelles colorées, vert mante religieuse :
Ils sont insectes morts que parfois chat mordit.
 
Je me suis envolé aux ailes de mésanges,
Criant comme un geai, œuf de merle offrant son bien :
Corps pourri sous la plume et chantant comme un ange…
 
Quatre strophes je suis, en leur quatuor haydnien,
Volta et pointe au sonnet de l’Evolution :
Une Aphrodite au doigt, je vis mots et fictions…
 
 
            Sonnet des livres
           
Une bibliothèque aux doux génies nocturnes,
Des reliures pour Dante avec amour cirées,
A Goethe et Sterne un fer romantique doré,
Borges tapi en tigre aux métaphores diurnes…
 
L’illustré par Grandville ou édité chez Furne
Approche un curiosa, un Pynchon affolé,
Cervantès par Dubout lorgne Eisen enchanté,
Ovide et Nabokov, sortis vivants de l’urne.
 
Un refuge en montagne enneigé jusqu’aux pages,
Des poches malmenés, Fuentes en espagnol,
San Antonio et Proust au sac à dos du sage…
 
Car j’ai la connaissance et le rêve en orage
Dans les yeux, dans les mœurs, pour stimuler l’envol
De Kant et Baudelaire au bleu du paysage !

 

 

      Sonnet des montagnes
 
Labourant les gorges, collectionnant les crêtes,
Avalanche de bruns, sur le ciel un torrent…
J’ai pourtant sur le dos une tortue pesant
Quatre jours de bouffe et dix bouquins en sa tête.

 
Un raidillon sans vue pour le vide des sens,
Une brume grossière et le poids des chaussures,
Les aiguilles du vent et la feignasse allure…
Mon pas accouche d’un lac clair, turquoise intense.

 
Aux fumées du brouillard se déchire un sentier
Pour que s’ouvre un refuge aux grands yeux volontaires,
Un tapis enneigé sous sa porte précaire…

 
Enfin la courbature apaise ses enfers,
Un vieux loup dans le souffle aboie sa joie dansée :
En haut, la cabane à conscience, j’ai trouvé.
 

 

            Sonnet à l’Allemagne
 
                                               A Conny Doms
 
Filant sur l’autoroute, Coburg ou Nuremberg,
Montant au Staffelberg en petit Friedrich peint,
Souffleté par la neige, abrité aux lieux saints,
Baroques, protestants, de Weimar à Bamberg…

 
Connais-tu la maison où Goethe m’a salué,
Un poème à la main, pour orner mon carnet,
Non loin des harmonies nées du Ring de Wagner
Et des cris gutturaux du gnome brun Hitler ?

 
Le Buchenwald glacial, au dessus de Schiller,
Baraque rabotées, fumait des brumes noires,
Quand son Ode à la joie réenchantait l’Histoire

 
Sur l’Europe apaisée, au-delà de Luther,
Des bibles en gothique et des murs de Berlin,
Pour habiter encor l’amitié de demain.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

Pic de Sesques, vallée d'Aspe, Pyrénées Atlantiques. Photo : T. Guinhut.

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:43

 

Charles D'Orbigny : Atlas d'Histoire naturelle, Renard-Martinet, 1849.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

Le Phénix du sonnet :

 

Le Phénix renaissant de ses cendres,

 

The Phoenix Rising from the Ashes,

 

Anthologie de sonnets

 

du début troisième millénaire.

 

 

Sous la direction de Richard Vallance, Friesen Press,

Victoria, British Columbia, Canada, 252 p,

Hardcover 35,95 $, Paperback 21,99 $, Kindle 6,96 $. 

 

 

 

 

« On dit, à ce propos, qu’un jour ce dieu bizarre,

Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois,

Inventa du sonnet les rigoureuses lois.[1] »

Ironisant, Boileau, imagina au XVIIème qu’Apollon, dieu des poètes, allait faire le malheur de ses derniers s’il leur prenait la fantaisie de se soumettre aux contraintes des deux quatrains et des deux tercets. Ce qui n’empêcha pas que le sonnet, né au XIIIème des mains d’un inconnu en Sicile, popularisé par Pétrarque au siècle suivant, connût une vogue extraordinaire au siècle de la Pléiade, entre Ronsard, Du Bellay et Louise Labbé ; mais aussi Shakespeare, les Baroques italiens et espagnols… Depuis ces prestigieux ancêtres auxquels on revient avec bonheur, le sonnet parut une vieille lune formelle. Certes il eut des retours de flamme au XIXème, avec Nerval, Baudelaire, Hérédia ; mais le XXème, si l’on excepte Neruda ou Vikram Seth[2] , lui fut plutôt hostile, préférant les libertés et les inconséquences du vers libre et de la prose. Est-il étonnant que la Babel de notre nouveau millénaire permette au phénix du sonnet, comme une plume de mésange éteinte retrouvant sa lumière, de renaître de ses cendres ?

 

Venue d’outre-Atlantique, l’initiative est étonnante : construire et publier au Canada une Anthologie de sonnets du début du troisième millénaire : Le Phénix renaissant de ses cendres, The Phoenix Rising from the Ashes. Ce titre étant une allusion au sonnet XIX de Shakespeare, dans lequel le quatrième vers évoque le phénix : « And burn the long liv’d Phoenix in her blood », ou « Et brûle du phénix les jours longs dans son sang ».   Mieux encore, le tout est plurilingue : si la part belle revient à l’anglais, les sonnets français et espagnol pullulent. Sans compter ceux en chinois, et les ghazals, du nom d’une forme fixe persane, ces derniers heureusement traduits en anglais. Le livre parait mimer la nature polyglotte d’Internet qui a permis de susciter et rassembler des trouvailles, parfois publiées sur des sites, des blogs… Richard Vallance, le maître d’ouvrage et architecte de l’ensemble, en plus d’avoir traduit Shakespeare et son sonnet LIII, ou d’adapter un « aki-fuyu » japonais, contribue de sa plume à l’exercice avec une chute pour le moins pertinente, comme évoquant le pouvoir des sonnets : « If they run mad, though I may be God’s fool, / would poets foam for them where full moons rule ? »

La partie anglaise du recueil, qui commence avec le merveilleux « Ozymandias » de Shelley, est divisée en divers chapitres. « History », ou alternent visite aux marbres d’Elgin et au Musée du train, « Humour » avec un auteur qui signe « The Potato of Terror », « Life and death », « Nature », « Personnal Relationships », « Self-Perception », Sexuality », « Spirituality », « War and Peace ». Comme quoi le sonnet s’adapte à toutes les facettes de nos univers, sans oublier les « Sonnets on Poetry and the Sonnet ». Parmi lesquels Phlip Frey pratique l’autodérision : « This sonnet is ultra-modern, rhetoric free […] Its verbal polish resists / blurring, garbling, incoherency. » Mais au derniers vers d’Anna Evans, une charmante ironie affleure : « And that is where I stopped the verse to kiss you »…

C’est en français « que je garde le poème où c’est déjà froid », pour reprendre l’alexandrin d’Alin Anseeuw. Entre ceux que fascinent encore les velours, les roses des clichés de la poésie bien vieillote, et la suspicion envers tout élan lyrique et rhétorique, la place où faire confiance aux pouvoirs du poétique est restreinte et dangereuse. Laurent Desvoux fait des « Châteaux de mots », qu’il polie « pour le jeu du rimoir, du strophoir », dans les bus parisiens et parmi leur quotidienneté, comme sans trop y croire, « Pour la Sous-Préfecture - et la Surécriture ». Son talent un rien humoristique et doux amer de joueur de mots est symptomatique d’une grande partie de la poésie contemporaine qui se défie de toute transcendance, de tout lyrisme grandiloquent. Au risque de parler d’une voix trop modeste, quoique sa modestie l’honore…

Pourtant, apparemment également modeste, Abraham Lechaf réécrit le mythe d’Icare : « La cire fond mes ailes s’enflamment et je m’en fous ». Quand Joceyline Laurent ne faillit pas à la mission du poète : « Je dis les maux du monde, les beautés, ses fêlures. » Un auteur -dont nous tairons le nom- use d’un thème apparemment exagérément classique en s’adressant « A une jeune Aphrodite de marbre[3] ». Mais en lui écrivant « Pour que sonne en IPhone un sonnet qui soit toi », en y associant des métaphores résolument quotidiennes et modernes, comme « la ferveur d’une cuillère vide ». C’est peut-être là le secret de cette anthologie : associer aux formes canoniques une liberté et une modernité qui les subvertissent de l’intérieur tout en les justifiant.

Côté espagnol,  « desangrandose en semen, tiempo y poco mas », ou « se saignant en sperme, temps et à peine plus », Amparo Arrospide retrouve le champ tragique de la grande tradition baroque, quand José Antonio Pamies assure : « Toda la eternidad tiembla de frio ». Plus loin, Robin Ouzman Hislop demande : « Que es el velo / que ondula fascinante tras el limite ? » Ainsi la dimension métaphysique fait trembler le sonnet…

 

 

 « This poem will be silent », dit Daniel Langton, quand Francis-Etienne Sicard Lundquist écrit « Où se meurt un oiseau sans faire de vacarme ». La discrétion doit être une des qualités du sonnet. Certes il faut imaginer que nombre de vers en cette anthologie sont de qualité inégale ; et qu’il est vain de voisiner en cette anthologie avec ceux de Ronsard, Valéry, Nerval ou Rilke qui asseyent, dispersés en ces pages, l’incontestable légitimité du genre, comme un argument d’autorité qui placerait sous son patronage les divers contributeurs.

La liberté, thématique et stylistique, voire syntaxique, dans la contrainte, la concision, la charnière argumentative de la volta (entre quatrains et tercets), la chute, tout conspire au défi intellectuel, à la possible et indéfinissable explosion de l’écart poétique, grâce à l’union de l’idée originale, des images surprenantes et de la musicalité… Ainsi, après peut-être trop de facilité en le cours du vers libre et de la prose plus ou moins poétique, dont ont peut-être abusé nos poètes du XXème, le sonnet retrouve-t-il la confiance des plus récents poètes du troisième millénaire. Qu’il soit construit de deux quatrains et de deux tercets, ou compact en ses quatorze vers, voire gréé de trois quatrains et d’un distique, comme par Shakespeare. Car dans la petite et ancienne cage du sonnet, ce « reflet du cosmos » (dixit Richard Vallance) à ne pas considérer comme un vice formaliste, qui sait si l’ambition d’un chant moderne, décalé, cependant universel, de la « recherche de la langue parfaite », peut s’entendre pour dire le monde et notre comment vivre…

 

« Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème.[4] » professait Boileau qui s’est à peine essayé d’exercer ainsi ses talents. Tous les auteurs de cette anthologie aux trois cents poèmes avaient-ils cette maxime sous la langue, au moment de couler leur inspiration dans le bronze du papier et de l’écran où s’impriment et s’illuminent leurs sonnets ? Il y eut, à la fin du XIXème, un beau volume un peu oublié, intitulé Le Livre des sonnets[5], réunissant cent-soixante sonnets depuis le XVI°. L'on y trouve Ronsard, La Boétie, Molière et Voltaire, Musset, Gautier, Hérédia, et bien des inconnus aux noms moins épais que la poussière évanouie des tombes. Mais aussi Félix Arvers, qui réussit à acquérir une mince célébrité avec un seul sonnet : « Mon âme a son secret, mon cœur a son mystère »… L’avenir dira peut-être si, parmi Le Phénix renaissant de ses cendres, sont les Ronsard et les Arvers d’aujourd’hui, ou les déjà oubliés. Car si chaque lettre est un peu de cendre en ce volume publié dans la lointaine Colombie britannique, soudain si proche, en chacun de ses sonnets brûle, qui sait, un feu nouveau, pour éclairer les neurones de nos langues. Cette modeste Babel où les poètes s’entendent…

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Boileau : Œuvres I, L’Art poétique, chant II, Pourrat, 1837, p 283.

[4] Boileau, ibidem.

[5] Libraire Alphonse Lemerre, sans date.

 

Le Livre des sonnets, Lemerre, sans date. Photo : T. Guinhut.

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:55

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Sonnets des peintres :

 

Crivelli, Titien, Turner,

 

Rothko, Tàpies, Twombly.

 

 

 

 

I Carlo Crivelli

 

Se peut-il que du ciel le plus pur esprit saint

Darde son rayon sur une vierge aux traits fins ?

Que le peintre, dans une cité idéale,

Infuse à son modèle l’absence du mal ?

 

Saint Emidius offrant la ville d’Ascoli,

Gabriel archange vocalise l’infini.

Le paon si chatoyant n’est point la vanité,

Mais résurrection auprès de la déité.

 

Fiction consolatrice et foi d’annonciation,

Circulent dans le marbre orné des sensations,

Des fleurs, des fruits, des joies, des intellections vives,

 

Où les oiseaux fluides se jouent des perspectives,

Mimant la liberté et son juste avenir.

Devant tant de beauté, la mort devrait mourir.

Juillet 2021.

 

 

Pinacoteca de Brera, Milano. Photo : T. Guinhut.

 

 

II Le Titien

 

La Vierge marche sur les dallages du Beau,

Parmi d’immenses, transcendants cumulus clairs ;

Des Christs souffrent, des Amours et des angelots

Rient où flamboient des allégories sévères.

 

Vénus, l’amour sacré, l’amour profane nu,

La bacchanale des corps, les léopards émus

Elèvent le cristal rouge de la passion,

Parmi des bleus ciels d’orage et d’annonciation…

 

Violante au blonds de feu, splendeur en sentinelle,

Reste vibrante, méditative et sensuelle,

Un homme au gant regarde la pensée rêver,

 

Flora, les yeux soie, seins pudiques, lèvre ourlée,

Fleurs du toucher, vit en platonicien visage :

Peuple d’amis choisis de l’esthète et du sage.

 

 

Le Titien, Venezia. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

III Turner

 

Aux effluves mouillés, aux matins vaporeux,

Turner est aquarelle. Aux Tamises en feu,

Aux Venises sauvées, la couleur éblouie

Etreint un paysage et fait rugir la vie.

 

Les vaisseaux enflammés aux gloires du couchant,

Ciels sauvages,  lavis lunaires et orient

Lavent, torrentiels, un palais et le sublime :

Un vif orage d’or rose embrase les cimes.

 

L’alchimie des pigments, de l’huile et des lumières

Instille un brouillon d’infini dans le brouillard :

Latescence, iridescence, éclats sur la mer.

 

Caresser le tableau comme en une tempête

De calme. Transmuant la matière en quête.

La transcendance est fiction. Sinon dans cet art.

Juin 2021

 

 

Turner, Luzern. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

IV Mark Rothko

 

Je nage aux yeux pigmentés, poissonneux du rouge,

Etreignant sa vibration, fibrilles d’ocelles,

Son sang lavé de carmin, sa paix d’étincelles,

Sa matité de papillon où l’esprit bouge.

 

Ton jaune ! Miel et citron, œuf et pollen,

Dont je vêts mes deux paupières et ma peau nue,

Versant sur mon sexe et intellect ce soleil

D’eau, Ariel de joie, abeilles de paix ténues.

 

Tout un bleuté lointain, et proche en l’assomption,

Papilles et Alpes d’Iris, supplice du beau,

Couette de soins et transcendance, évasion…

 

Or peut-on s’oublier dans l’art, en nirvana,

Absent à soi, neurones poudrés en ses bras,

A moins d’être don, pleurs et couleurs de Rothko ?

                                                            2013

 

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

V Antoni Tàpies

 

Graffiti, fœtus, croix, linges d’ocre et de feu,

Corps lacérés dans la terre, viandes, vieux sang,

Flèches et doigts de pourpre, empreintes et pigments,

Sont autant de stèles aux absences des dieux.

 

Comme carte mentale et cerveau écrasé,

Tes toiles, vanités, tes thorax, sont linceuls,

Où marelles de lettres sont crayons abrasés,

Où brosses et pinceaux sont sauvage écureuil.

 

Tu es ta signature et ton autoportrait,

Cher Antoni brunâtre aux mains de goudron frais,

Crabouilleur insolent et poète hirondelle…

 

Comme calligraphiant tes trainées d’aquarelle,

Tes sables et ton bistre où sèche et pleut le roux,

Tu sais, Tàpies, l’art laid, sa délicieuse boue.

 

 

Joseph Beuys, Cy Twombly, Kunsthaus, Zurich, Schweiz. Photo : T. Guinhut.

 

 

VI Cy Twombly

 

Que vaut le crabouillis d’une main malhabile ?

Rien. Le rouge du sang mort est rabougri.

La menotte gamine ou le vieillard sénile

Font des brouillons de fleurs aux pétales pourris.

 

Poussières et coléoptères écrasés

Sont ennoyées par des coulures délavées.

Aux crayonnés des mots, perdus, calamiteux,

Les tremblotants graviers d’un art avalancheux…

 

Mais le pastel acide aux envols avortés,

Le presque rien du rose aux vortex exaltés,

Le je ne sais quoi de la course du dieu Pan

 

Emeuvent : coulures pourpres, joies en brouillon.

Le peintre aux cocons bleutés se fait papillon

Aux ailes secrètes d’une genèse enfant.

                                                          Avril 2021

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir : Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai

 

Luzern, Schweiz. Photo : T. Guinhut.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 17:58

 

Croda di lago, Cortina d'Ampezzo, Veneto. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

TROIS REQUIEM

 

SONNETS

 

 

 

 

I

 

A Selma Meerbraum, 1924-1942

 

Jamais n’ont caressé ta nuque les baisers,

Jamais tu n’as vu publiés tes vers humains,

Jamais ne fut confié, à tes yeux, un sonnet :

Ils ont jeté ton corps aux fosses pour les chiens.

 

Dans les atomes de l’air où ta langue dort,

J’offre rondeur, goût de campanule et d’aimer,

Pour ton nom et tes nuits, tes deux lèvres rimées,

Juive au front de noisette qui mangea la mort…

 

Tu bus une soupe de bactéries nazies,

On t’allongea nue sur une planche de faim,

Tu n’avais plus de mots à vomir au matin…

 

Selma, je ne sais : entends-tu la soif des larmes,

Le camp de travail blafard de la poésie,

Ou ses joues ravivées et son parfum de charme…

 

 

 

 

 

II

 

A Ossip Mandelstam, 1891-1938

 

Il ne reste que ton écorce, Ossip, levure

De vers et de vers, pauvre linge avorté d’os,

Sous les longues taïgas affligées du cosmos ;

Pour tous les Rouges, tu n’étais qu’une crevure.

 

Il y avait une douce Sibérie de lune

Dans tes doigts aux moufles de froid, pour nous écrire,

Une mince pelisse d’écorce et de lyre

Sur tes reins de gel où graver tes tristes runes.

 

Comme ceux d’Anna, virevoltants Requiem,

Tes codétenus gravèrent-ils tes poèmes

Sur l’écorce friable des bouleaux tombés ?

 

Ecorcé, ton corps, corné comme une page abandonnée,

Jamais, au Goulag, nous ne pourrons faire grâce,

Jamais l’écorce ne nie l’aubier de ta face.

 

 

 

 

III

 

A Malala Yousafzai, 1997-

 

Tu désirais seulement t’assoir sur le sol,

Même dur, poussiéreux et fienteux d’une école :

Pour écouter l’oiseau zen des lettres rebelles,

Entendre la fureur de Shakespeare et Babel.


Tu désirais la médecine du savoir,

Aux femmes la donner, maïeutique d’aimer,

Femmes violées par la charia voilée de noir :

Tu bloguais pour éduquer sage humanité.

 

Quand des balle-sourates gainées vert acier,

Au pétale de l’épaule de quatorze ans,

A l’oreille bijou, brisent crâne et pensée...

 

On a reconstruit ta boite crânienne en sang,

Vêtu ta tempe de titane et d’un tympan

De fée Titania. Pour enchanter Liberté.

 

 

Malala.jpg

 

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Nota : on trouvera quelques poèmes de Selma Meerbraum dans Norman Manea : La Cinquième impossibilité, Seuil, 2013, p 83 et suivantes.

Pour Ossip Mandelstam, voir : Pour Mandelstam ou de la poésie à Voronej

 

Voir également : Trois peintres, sonnets : Tàpies, Titien, Rohtko

 

 

Sentier de Cézy-Soussouéou, Vallée d'Ossau, Pyrénées Atlantiques.

Photo : T. Guinhut.

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:20

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Traduire et vivre

 

les Sonnets de Shakespeare,

 

suivi de quelques traductions.

 

William Shakespeare : Sonnets,

traduits de l’anglais par Jacques Darras, Grasset, 2013, 336 p, 20,90 €.

 

 

 

 

 

Où recueillir notre sentir amoureux sinon d’abord dans les Sonnets de Shakespeare ? Ils sont en effet la synthèse expressive de notre pulsion d’Eros, et, dès leur parution en 1609,  l’une des plus parfaites résolutions linguistiques de son énigme et de son souffle. Certes, il y eut au XIV° siècle Pétrarque, puis, peu d’années avant le maître de Stratford, en 1581, la ferveur ailée des 104 sonnets de Philip Sydney, parus sous le titre programmatique d’Astrophil et Stella[1]. Mais à l’éclat de ceux de Shakespeare, rien ne résiste. Qu’importe que l’élu de Will soit un jeune homme blond, puis une « dark lady » concurrente apparue au sonnet CXXVII, tout lecteur y plonge en une ductile et inévitable identification pour y aussitôt substituer celle, celui qu’il aime, pour y trouver l’aspiration, la perte et le sens de l’amour, sans compter sa rédemption par les vers… Mais qu’on ne s’y trompe pas. Loin de se résumer à une passion pour un beau corps, le poète embrasse tout autant les questions fondamentales de la fuite du temps, de la procréation et de la création artistique, du beau et du bien, de l’auto-analyse, entre esthétique et éthique… Ainsi, tout sonnettiste, tout lyrique sentimental écrit dans l’ombre des Sonnets de Shakespeare pour y trouver sa propre lumière[2], y compris noire… A fortiori si, comme Jacques Darras, il passe par le filtre combien risqué de la traduction. Ou par celui de notre fatuité, si l'on ose ici se proposer le sacrilège exquis, en quoi consiste le geste de traduire.

 

Depuis qu’en prose on nivela et mutila les Sonnets, comme au XIX° François-Victor Hugo, voire au XX° Pierre-Jean Jouve, des dizaines de passeurs ont osé l’aventure forcément autant qu’exaltante que décevante de rendre et transmuer le sens et la musicalité des décasyllabes rimés, quoique parfois par de seules allitérations ou assonances. « Traduttore, traditore », dit l’adage italien. La « poétique du dire » est alors une éthique de la traduction, un « mouvement herméneutique », qui passe par « la générosité du traducteur[3] ». Ramener à la limpidité ce qui dans la langue première est explosion de langue et de création, devient une effroyable et délicieuse responsabilité, un balancement entre fidélité littérale et figuration réussie, avec la certitude de trop souvent sacrifier les plusieurs sens d’un même mot que les langues de Babel ne savent pas respecter en passant de l’une à l’autre. Pensons au jeu de mots sur le prénom « Will » et « will » au sonnet CXLIII, absolument intransmissible en français ; au contraire de la trahison de ces deux vers du sonnet LXIII :

« His beauty shall in this black lines be seen,

And they shall live, and he in them still green.

Jacques Darras nous propose, non sans limpide élégance :

« Sa beauté se lira dans l’encre de mes lignes,

Qui vivront avec, jeune à jamais en elle, lui. »

Quand Yves Bonnefoy offre un final plus fade :

« Sa beauté paraîtra dans les vers que j’écris,

Ces signes, noirs vivront, ils le garderont jeunes.[4] »

Ce qui permet à Jacques Darras, un brin cruel envers on prestigieux ainé, de tacler «  la platitude musicale du vers libre et le rabotage de l’hyperbole ». Mais où est passée l’antithèse entre le noir et le vert, sans compter la polysémie, pourtant présente en français, de ce dernier mot, idéalement jeté à la chute, en un concetto baroque ? Seul Robert Ellrodt la conserva :

« Sa beauté se verra dans le noir de ces lignes

Qui vivront, et en elles il vivra toujours vert. [5]»

Le sens de l’ellipse de Shakespeare, la concision de l’anglais rendent la translation plus qu’ardue, et bien malin, y compris, cela va sans dire, le bien modeste auteur de ces lignes, qui saurait résoudre la quadrature du cercle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reste que Jacques Darras, choisissant l’alexandrin, s’autorisant la souplesse de faire entendre l’élision du « e » à l’intérieur du vers, et de ne garder de la rime qu’une « trace interne voire terminale », par instant d’ailleurs totalement imperceptible, arguant avec un aplomb bien senti, quoique discutable : « sa butée systématique étant devenue insurmontable à l’oreille moderne », parvient bien à ce qu’il appelle avec gourmandise « une virtuosité rhétorique nouvelle ». Peut-être, après avoir traduit Malcom Lowry et Walt Whitman entre-t-il dans l’orbe des grands shakespeariens, aux côtés de l’élan immense Armel Guerne[6] et des exacts alexandrins suggestifs d’Henri Thomas[7].

C’est au combien attendu sonnet CXXVII, consacrant l’apparition de la musicienne dame brune, avant que sa dimension sexuelle et tyrannique se fasse jour, que le traducteur fait merveille de fluidité et d’antithèses, malgré l’effacement d’ « every tongue says beauty » du dernier vers :

« Noir, dans les temps anciens, n’était pas jugé beau,

Ou du moins, s’il l’était, n’avait pas nom beauté ;

Or noir, dorénavant, est l’héritier légal

De l’ancienne beauté décriée comme bâtarde :

Car depuis que les mains ont pouvoir naturel

D’user de l’art du faux pour rendre beau le laid,

Beauté n’a plus de nom, n’a plus de temple sacré,

Car elle est profanée, voire survit en disgrâce.

Les yeux de ma maîtresse, eux, sont noir comme corbeau,

Ils s’accordent si bien qu’ils semblent porter le deuil

De celles dont la beauté n’étant pas naturelle

Diffame la création de toute leur fausseté.

Leur deuil s’harmonise tant à leur peine que partout

L’on dit qu’ils apparaissent un modèle de beauté. »

Le poète quitte alors une conception néoplatonicienne du beau pour, dans une perspective baroque et déjà romantique, flirter avec la beauté du laid. Un bond conceptuel semblable à celui à l’œuvre après les dix-sept premiers sonnets, plus conventionnels, malgré le « Tu vivras portraitiste de tes plus doux talents », qu’à lui-même il pourrait s’appliquer. Shakespeare dépasse alors le rose pétrarquisme pour atteindre une rare introspection angoissée, voire honteuse, qui reste profondément moderne. Au lyrisme s’ajoute le dramatisme, quand le jeune homme blond accorde ses douceurs au poète rival, quand l’idéalisation se déshabille des épaules de l’être faillible et défectueux. Pire, la dame brune se révèle infidèle, s’acoquinant avec notre blondinet, en un trio chargé de désir, de mensonge et de fiel… En cette théâtralité, la dimension éthique redouble la dimension métaphysique. Ce parcours de la sensibilité et de l’intellect serait-il parallèle à celui qui pousse le dramaturge vers les interrogations de ses plus époustouflantes tragédies…

Et parfois, Jacques Darras, en ce bréviaire d’amour soigneux, attentif, hyperbolique et infernal, et bien sûr bilingue, sait surprendre par des trouvailles. Voyons ce qu’au crucial sonnet CXLIV il sait faire de « Wich like two spirits do suggest me still », bien qu’inévitablement effaçant la suavité de l’allitération :

J’ai deux amours, mon réconfort mon désespoir,

Ce sont comme les deux anges de mon inspiration :

L’ange le meilleur des deux est un homme, tendre et blond,

L’ange le moins bénéfique, une femme fort colorée. »

C’est en quelque sorte l’acmé de son Adam et de son Eve que le poète démiurge anime, au moyen de cette « inspiration » qu’a su y insuffler son traducteur ami, et poète lui-même, comme il se doit. Ainsi ce dernier orne le sonnet CXXXV de cette pépite sonore, sémantique, érotique :

« Préfères-tu faire plutôt tes grâce à autrui

Que laisser mon outil s’éjouir dans ton oui ? »

La bibliographie sur les Sonnets en français reste hélas lacunaire. Qu’attend-on pour traduire le livre de Robert Matz[8] ? Dans lequel on saura tout, ou presque, sur les questions biographiques irrésolues (qui sont W. H., le jeune homme blond et la dame brune ?), sur le raffinement du langage et « le Miroir de Courtoisie » qui pourtant s’effrite avec la dame brune, sur la capacité d’écrire les Sonnets en étant ou non amoureux (car le « je » des vers n’est pas toujours celui du William qui tint la plume, ce en quoi Jacques Darras insiste en sa postface), sur les lieux communs de la littérature de la Renaissance, sur l’homosexualité qui unirait Shakespeare à Michel-Ange sonnettiste, sur la « science des sonnets »...

Ils sont en effet un monde que l’histoire de la littérature et la sensibilité contemporaine n’ont pas fini d’explorer : notre enrochement culturel et érotique, notre miroir, notre horizon. Même si Jacques Darras voit Shakespeare dépassé par un monde nouveau, celui de « l’homme de la City, le businessman, le négociant qui nie le repos (negans otium) », même si les « chevaliers poètes et autres condottières élisabéthains amoureux du sonnet », font « place aux Machiavel », avant « l’effondrement du mythe stellaire ou solaire de l’incomparable Dame Poésie », ne sommes-nous pas confrontés inexorablement, dans le cadre d’une atavique universalité, à la douce et violente tension d’Eros, que, peut-être seule, la forme parfaite des quatorze vers du sonnet saura concentrer, figurer et disposer dans une momentanée certitude du sens devant la mort ? Ce que les sonnettistes du XIX° surent retrouver, entre Nerval et Baudelaire, ce que ceux de demain ne manqueront pas de renouveler, de bouleverser…

 

 À qui dédier la poussière de ce minuscule article, qui aura la discrétion de ne pas encombrer la bibliothèque incommensurable entourant l’œuvre de Shakespeare ? Au toujours mystérieux « W. H. », peut-être objet ou protecteur de l’ardeur du Roméo élisabéthain ? Peut-être à E. D.[9] Mieux encore à « M », puisque qu’il s’agit d’abord d’aimer les Sonnets et d’aimer avec eux…

Thierry Guinhut

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Shakespeare : Sonnets

 

XVIII, XIX, LXXVI, LXXXVI, CXXVII et CXLIV.

 

 

 

XVIII

 

Dois-je te comparer à l’été, à son jour?

Ton art est plus d’amour et plus de tempérance :

De brutaux vents secouent les chers bourgeons de Mai,

Et le bail de l’été connaît tôt échéance :

 

Parfois trop de brillance en l’œil du ciel s’échauffe,

Et parfois son teint d’or voit ternir vénusté,

Et trop souvent la beauté de beauté décline,

Par sort ou nature changeante, dévastée :

 

Mais ton été sans fin ne pourra s’évanouir,

Ni perdre possession de beauté qui est tienne,

Ni la Mort ne prendra ton errance en son ombre

Lorsqu’aux vers éternels le temps t’aura grandi :

 

Si souffle à l’homme, aux yeux la vue, ne sont ravis,

Si loin que vit sonnet, sonnet te donne vie.

 

XIX

 

Temps dévorant, du lion arase la griffe,

Fais dévorer à la terre ses doux enfants ;

Arrache canine à la mâchoire du tigre,

Et brûle du phénix les jours longs dans son sang,

 

Réjouis et fais honte aux saisons quand tu t’enfuis,

Et fais ton bon vouloir, pieds si légers du Temps :

Au vaste monde, à toutes ses douceurs enfuies :

Mais à toi j’interdis odieux crime dément,

 

Ne grave pas ton heure en le beau front que j’aime

Ni ne dessine ligne de l’antique plume ;

Permets qu’en ta course il soit, sans tes exactions,

Modèle de beauté aux hommes succession.

 

Qu’importe l’outrage, vieux Temps, use du vice,

Mon amour en mes vers, jeune toujours, sait vivre.

 

 

LXXVI

 

Pourquoi mes vers sont-ils d’un neuf orgueil stérile,

Si loin de variation, ou de changer, rapides ?

Pourquoi ne pas, à la mode, jeter un œil

Aux alliages étranges, méthodes inouïes ?

 

Pourquoi écris-je uniment, toujours identique,

Mauvaise herbe connue, empêchant l’invention,

Au point que chaque mot, ou presque, dit mon nom,

Exhibant sa naissance et ascendant unique ?

 

Sachez-le, doux amour, j’écris toujours de vous

Et l’unique argument sera l’amour et vous ;

Le mieux que je dirai, c’est vêtir mots anciens,

Consumant à nouveau le déjà consumé ;

 

Car, tel soleil ancien et nouveau chaque jour,

Ainsi, ce qui fut dit est dit neuf par l’amour.

 

 

LXXXVI

 

Est-ce fière voilure d’un lyrisme fou,

Bondissant vers le prix de votre précieux vous,

Qui, dans mon cerveau, inhuma mes pensées mûres,

Enterrant l’utérus où elles ont mûri ?

 

A-t-il, esprit inspiré, appris à écrire,

Plus haut que les mortels, pour frapper et m’occire ?

Que non ; ni lui, non, ni ses complices nocturnes,

Ne lui donnant aide, n’ont horrifié mes vers.

 

Ni lui, ni son fantôme familier, affable,

Qui nuitamment vient le duper d’intelligence,

Ne pourront se vanter, vainqueurs, de mon silence,

Je n’ai pas souffert la crainte de par leur fable :

 

Mais quand ton approbation vint combler ses lignes,

Je manquais de matière ; et miennes en languirent.

 

 

CXXVII

 

Aux temps anciens, n’était pas jugé beau le noir,

Ou s’il l’était n’avait pas pour nom la beauté ;

Mais aujourd’hui lui succède noire beauté,

Pour beauté diffamer avec honte bâtarde.

 

Depuis que toute main prend pouvoir naturel,

Embellissant le laid, art d’emprunt, faux visage,

Suave beauté sans nom, sans plus de bois sacré,

Est profanée, si elle ne vit en disgrâce.

 

Cependant ma maîtresse a les yeux noir-corbeau,

Yeux s’accordant si bien qu’ils semblent deuil porter

De ceux nés sans blondeur, qui manquent de beauté,

Calomnient création avec estime fausse.

 

Ainsi leur deuil est tel, commençant leur malheur,

Que toute langue dit : beauté sera leur sœur.

 

 

                                  CXLIV

 

Deux amours j’ai, pour consolation, désespoir,

Qui sont les deux souffles de mon inspiration :

Le meilleur ange est homme aux blondes décisions,

Le pire esprit est femme et vénéneuse et noire.

 

La diablesse femelle en m’offrant damnation,

Veut tenter mon ange de quitter mon côté,

Veut corrompre mon saint pour en faire un démon,

De son orgueil infect poursuit sa pureté ;

 

Et sais-je si mon ange est devenu démon,

Je peux le supposer, sans pouvoir l’affirmer ;

Mais tous deux loin de moi, tous deux amis liés,

Je devine un bon ange aux fers de l’autre enfer.

 

Jamais je ne saurais, mais je vis dans le doute,

Si le pire ange incendia le bon en déroute.

 

Traduits de l’anglais par Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Orphée La Différence, traduit de l’anglais par Gérard Gacon, 1994.

[2] Comme j’ai tenté de le faire dans : À une jeune Aphrodite de marbre

[3] George Steiner : Après Babel. Une poétique du dire et de la traduction, Albin Michel, 1998,  p 403.

[4] William Shakespeare : Les Sonnets, précédé de Vénus et Adonis et du Viol de Lucrèce, présentation et traduction d’Yves Bonnefoy, Poésie Gallimard, 2007.

[5] William Shakespeare : Œuvres complètes, Laffont Bouquins, 2002.

[6] William Shakespeare : Poèmes et Sonnets, Desclée de Brouwer, 1964.

[7] William Shakespeare : Œuvres complètes, tome XII, Club Français du Livre, 1968.

[8] Robert Matz : An introduction. The World of Shakespeare’s Sonnets, McFarland & Company, 2008.

 

 Photo : T. Guinhut.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 12:50

 

Lugano, Suisse. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

À une jeune Aphrodite de marbre.

 

 

 

                        Prologue

 

C’était au pli du temps : ou ce marbre ou ta vue...
Tête blonde étudiant l’esprit d'agrégation,
Tu me troublas. Seuls des mots ourlés d’émotions
Embellirent tes traits, durant des mois diffus,

En mon ambre mémoire. Où je te revois mieux
En cette Aphrodite capitoline aimée
Qui fascine et trahit mon art et mes sonnets,
Emprunte ton visage et l'approche des dieux.

 

Transposant en l’IPhone aventure ténue,

Ces vers entre âge mûr et ta jeune étincelle
Où j’invente piano, amant et entrevues,

Le clavier court, s'enfuit, vers ta chair inconnue.
Marbre si pur du temps et Muse fictionnelle,
Où est la faille abrupte ? Au langage, au réel ?

 

 

                              I

L’ossature sensible aux tempes et au front,
Le crâne si mortel sous la diaphane peau,
Le regard hirondelle ont la pudeur du beau :
Caresser l’idéal, mes respects le sauront.

 

Praxitèlienne icône en blondeur incarnée,

Où charmer l’impossible, où les Moires calmer,

Pulpe d’ardeur sensuelle, hellénistique don,
Constante cosmologique et joie sans affront...


Or saurais-je, enthousiaste, à la sculpture absente,

Immobile, des seins, leur tendresse et frisson,

Mieux offrir que grise esquisse pour vie décente ?


Pour l’ourlet de ta lèvre et l’esprit de ton front,  

Au souffle d’intellect, à ce marbre plastique,

J’offre Amour distillé, sa promesse lyrique.
 

 

                               II

Amour t’a façonnée de ses mots emplumés,
Paumes utérines où grandissait ton front,
A mesure des os, des muscles et des dons,

Orchis contre le mal en tes yeux assoiffés.

Précieusement sensible et si marmoréenne,
Etrangement glacée, précise et malicieuse,
Classique agrégative et mésange sereine...
A ce puzzle effacé ma mémoire oublieuse

Rature et recompose angelot de tes lèvres,
Ce pastiche du peintre et sonnettiste, fièvre
D'hormones calmées au poème qui t’effleure...

Canzoniere du web, tu es ton avenir :
A ton front je confie devoir de réunir
Racine d’art et d’humanité la meilleure.

 


                            V

Toi qui me survivras, seras maturité
Après mon soir mortel, je te donne un sonnet
Afin que ta finesse aborde après ma mort
L’éternité enclose au sein du cadre d’or

Du tableau et de l’art. Quand la fosse des corps
Broiera tous les déchets de nos vies putréfiées,
Ces quatrains rediront le nom de ta beauté,
Ton ardeur au savoir et, de ta tresse, l’or.

Au lieu des vers fouisseurs, j’offre des vers charmeurs
A ton jardin secret, goût du rock et piano,
Du penser, des bijoux, des Rita Mitsouko...

Entends-tu le sursaut des tercets cajoleurs,
D’Amour qui
 sait te vêtir d’un miroir sans tain ?
Souffle sur IPhone et sons élisabéthains…

 

 

X

 

Toi qui lis Platon et Orphée en grec ancien,

Qui traduis et Virgile et Ovide chantant,

Vingt ans séparent tes jeunes talents des miens,

Plus proches de l’inquiétude de Paul Celan,

 

De Rilke et de Shelley. Je me dois d’échanger

Maturité moderne et jeunesse classique.

Pour que mes vers cendreux et leur sèche panique

Puissent toucher ta lèvre et s’y sentir parler,

 

Pour que l’universel Eros m’offre ossature,

Pour que la transcendance envole un corps mature

Jusqu’au vernis à ongle pourpré des baisers.

 

C’est moi qui suis élève aux pieds de ton savoir

Quand mentor je t’offre postmodernes pensées ;

Or l’inactuel sonnet est ton bijou miroir.

 

 

XI

 

Chère lettrée classique et piano romantique,

Comment ne pas m’éblouir de tes qualités,

De ta blondeur qui sait justifier l’art lyrique,

Où tenter de parler la langue qui t’es née

 

Il faut bien qu’un orgueil soit ton plumage d’ange,

Quand Messiaen, ses oiseaux, me séparent de toi,

Quand marbre de langage où mon verbe dérange

N’est que poussière de stuc devant ton sang froid.

 

Muse, t’ai-je méjugée, lorsque j’ai glissé

Mon imperfection au ventre du sonnet mièvre,

Pastiché mon Shakespeare en exaltant tes traits ?

 

L’inspiré clavier d’IPhone, à tes pieds si vrai,

Sculptera-t-il la fruition de nos longs baisers ?

Mes vers auraient la joie d’être gloss de tes lèvres…

 

 

                               XIX

Tu disparais ; tu me manques affreusement.
Si, rare, je te vois, et planètes et vents
Trouvent l’art de la fugue et le zen équilibre :
Je me délie soudain dans les liens de nos fibres...

Ton tendre maxillaire et tes cheveux tilleul,
La courbe de ta taille, chevilles et nombril
Sont chemin de vertu, gourmandise de l’œil,
Néoplatonisme et songe de Poliphile...

Qui sait si, dieux ou terre, au-delà de nos cendres,
Réuniront nos corps, nos atomes perdus
En un duetto de Bach, en un Amour plus nu

Que la salive aimée de ta langue charnue,
Mobile en mon désir, où je voudrais t’entendre,
Bavarde en mon poème, à ton art dévolu.

 

 

                               XXII

 

Exercice de style, hommage aux vrais sonnets

De Rilke et de Shakespeare, art futile et désuet

Où seul l’amour des vers, d’une blonde inconnue

Et d’un marbre sans corps a guidé ma main nue...

 

C’est toi que j’ai tenté de sculpter d’adjectifs,

D’élire dans le blanc et de peindre en couleurs :

Là est ma joie modeste et baume de douleur,

Là nos sens caressés et nos amours fictifs...

 

Camée blond mémoriel, comment ton élégance,

Tes neurones dansants peuvent-ils là entrer ?
En l’enveloppe de ce marbre aquarellé,

 

Nait ce visage aux yeux apolliniens qui pensent...

Je t’offris les sonnets de Pétrarque l’intense :

Que tu rendis, dans une boite de silence.

 

 

                            XXVI

Le blanc de l’oreiller, l’or lissé des cheveux,
Paupières reposées, belle aux draps endormie,
Je t’observe et te veille, au doigté de mes yeux,
Idéal esthétique, attendrissante nuit...

De l’inné du sommeil, marbre animé, revis !
Dis-nous combien nous devons changer notre vie,
L’insuffler de beauté, d’autorité de l’art,
Du savoir répandu par un plus neuf regard.

Ton tympan sculptural sur une aile de lin,
L’équilibre du cœur n’est pas sans émotion
Au balancement pur des vers alexandrins.

Que les seuls pouvoirs de l’amour et du poème
Glissent, sous l’oreiller où s’apaise ton front,
Ce sonnet pour gardien et pour eau de baptême.

 


                             XLVIII

Comment être amoureux, si l’on n’a plus d’image ?
L’iconophile attend pour te ressusciter.
Ne me reste qu’un blond flouté pour ton visage,
Faute du dessin pur de la réalité.

La mémoire n’a donc pas la hauteur de l’art,
Ni l’amour la puissance où susciter les corps ?
Il me faudrait pourtant cent tableaux pour rempart
A la disparition, mille photos encor

Pour approcher le choix d’individualités,
Les cent mille émotions sachant te composer :
Animée, chaleureuse et sensuelle, attentive,

Discrète ; ou hautaine Damoiselle gâtée,
Le sourire à fleur d’ironie, la pensée vive,
Beauté calme et posée... Temps, rends-moi son portrait !

 

 

LII

 

Si, attentif, je collectionne ton portrait,

J’obtiens blondeur soignée, tressée, yeux caramel,

De fines lunettes aux montures dorées

Pour un Pléiade à l’agrégative fidèle.

 

Souple altitude de la taille et front de marbre,

Bijoux de pacotille et pierres de couleurs,

Robes longues mobiles aux verts jade et fleurs :

Ravissement du modeste pinson des arbres

 

Que je suis, sonnettiste impénitent du beau.

Elégante syntaxe et sensible piano,

Intellect redoutable, ou sereine ou tempêtes :

 

Ce blason élogieux est à mon bras la plume

Avec quoi dessiner le destin que je hume,

En l’humaine contrainte et l’amour des planètes.

 


                               LIII

A la mort du soleil, même l’art s’éteindra.
Mes sonnets parés, donc. Pire, tu t’éteindras...
J’ai voulu protéger des moisissures grises
Du Temps, ton visage blond, pour que tu me lises

Au-delà du sommeil infini de nos os...
S’il existe des dieux, qu’ils aient pour nom Eros,
Ou l’éléphant Ganesh, ou Aphrodite innée,
Comme la grenouille en jade vert étonné

Qui veille aux Japonais de ma bibliothèque,
Peut-être pourraient-ils conserver en leur bec,
Comme une mésange bleue garde à ses enfants

La jaune cicindèle où brillent cent reflets,
Le cosmos de ton front, jeune futur charmant :
Ton immortalité, pour grenat du sonnet.

 

 

                                 LXX

Dans tous mes précieux livres, pas un qui soit toi ;
Pas une lyre qui ne résonne de toi...
Ainsi, j'ai cent cadeaux pour ton cœur dans mes bras :
Les notes de Schubert, les sables de Petra,

Les contes aux génies, les rares orchidées,
Les robes de Gucci, les nids de ton plaisir,
Les parfums chocolat et tilleul, les pensées
Des libéraux philosophes, de l’avenir...

A toi, ta liberté de m’aimer ou de fuir.
Je ne peux t’acheter, ni ne veux t’enfermer
Comme un pétale nu en vase de Gallé,

Comme en ta tresse le lien fol de mes soupirs.
Un fleuriste à ta porte a mission de sonner :

Ce sont, pour toi, cortège et bouquets, ces sonnets.

 


                            LXXIX

Tes ongles tu as peints comme Klimt en ses toiles,
Tes cheveux tu as noués comme des graminées
Au vent blond qui les plisse, au parfum nouveau-né,
Ta robe noire et nue n’attend plus que l’étoile

Où sa nuit se révèle, où sa chair étincelle...
Au duvet de ta tempe où je vois immortelle
La fragile roseur de l’univers entier,
Je veux prendre une plume, un pinceau raffiné.

Tes clavicules sont la branche où les oiseaux
De ma lèvre timide ont choisi nid d’affects.
Axones et neurones, en la vanité

Des bijoux de tes yeux, de ton crane bombé,
Sont le souffle où la Muse a tissé l’intellect :
Suavité de la voix et terrible du beau.

 

 

                             LXXXI

Te voir est un poison. Que j’aime ce poison
Qui m’abat dans les pleurs, qui tonifie mes veines,
Nourrit ma faim servile et réchauffe ma peine,
Comme une transfusion de groseille et citron,

De jus pressé d’étoile et vapeur de nuages,
De dentelle et de peau, de dents et de carnage,
D’intellect infini, d’ADN et de toi,
Ô ma sorcière exquise, ô il était une fois...

Me guérir et me tuer, hyperbole et beauté,
Je ne suis rien, sinon dire sous ta dictée
Le chiffre des quantas, les dieux des nébuleuses,

Les Muses acharnées, les Pléiades heureuses,
Ce duvet blond secret où je sais le plaisir
De te donner mourir, de te donner ravir.

 


                         LXXXV

Les rêves éveillés sans cesse me font fête,
Rocambolesques, radieux et virevoltants,
Imaginant te voir chaque demain du temps,
Jonglant péripéties d’aimer entre nos têtes...

Je t’écris sur IPhone où sonnet envoyé
Me revient, déserté, adresse non valide,
Sentiments sans échos, marbre blond invalide.
Car seule Perséphone en range les reflets

Dans sa boite envasée aux pires collections,
Dans sa corbeille noire où crient la destruction
Des rêves tous mort-nés, le désarroi des armes

D’amour. Cette stèle, et cristal, mouillée de larmes,
Cessera d’envoyer aux dieux Twitter et Ion,
Aux sites de rencontre, une palpitation...


                            LXXXVI

Des deux sœurs ennemies qui font un duel féroce
Dans mon cerveau, Concupiscence et Amitié,
La seconde a victoire. Quand l’une est véloce,
L’autre a toute endurance et tout savoir aimer.

Mais Amitié si tendre, aux tempes chaleureuses,
Délectation de toi, clémence généreuse :
Il me faut, avec discernement, t’estimer ;
Sans compter ce respect dû à ta liberté.

De Poros et Penia, je suis le fils ardent,
L’amoureux d’Aphrodite, en toi Dame interdite
Par ton jeune lointain et mon âge prudent.

Où sont partis les dieux ? Ne restent que redites,
Homme et femme acharnés à perpétuer l’amour,
Le sperme des sonnets et l’ovule du jour...


                           LXXXVII

Sur la carte de Tendre, où partager nos mains ?
Sommes-nous, au Banquet de Platon, deux moitiés ?
Suis-je affect sublimé ou intellect inné ?
Suis-je manque et désir, surabondance enfin...

Est-ce amour génital ou union avec Dieu ?
Suis-je Erato, élancée vers mon Aphrodite ?
Eros, dit-on, un jour, se blessa au milieu
De ce muscle cardiaque aux vertus inédites.

Il aima sans pouvoir contre autrui retourner
La flèche au doux poison. Que croyez-vous qu’il fît ?
Il mâcha jusqu’au sang et le cœur et l’acier.

De ce bourbier d’amour sur la terre craché,
De ce fiel liquoreux, ce champagne, naquit
Un lys blond qui est toi, le nom de mes sonnets.

 

 

                               CII

Narcisse en mes sonnets, je ne veux qu'un miroir :
Toi. Miroir incomplet où toute connaissance
N'est que fragment infime et facettes intenses
Où tu brises, effaces, ce que je crois voir.

Callipyge blondeur où respirer la vie,
Il me faudrait cent mystiques pour naviguer
En tes rêves, tes nuits et neurones bleutés,
Sans pouvoir concilier tes visages promis.

Je cherche une blondeur qui n'est autre que toi,
Une quête impossible et jamais achevée
Dans une multitude où seule la terreur

De te voir m'ignorer me blesse en majesté,
Où seule l'ironie égratigne ma foi :
Où je cultive encor ma compagne intérieure.

 


                         CXXV

Et pour être gâtée, quels cadeaux voudrais-tu ?
Non pas gâtée pourrie par sotte vanité,
Mais par une exigeante, attentive vertu :
Ces présents sont pour ta jeune maturité.

Certes, parfum cristal et fragrance rosée,
Disques et clairs bijoux, livres et partitions
Viennent emplir le nid blond de ton oreiller,
Là où ta tête repose ses émotions.

De mon crâne captive et libre en ton destin,
Tu as déjà trouvé un ruban à délier :
C'est le fil couleur marbre où vibrent ces sonnets.

Chacun tu les déplies, comme bonbons câlins,
Comme pensées philosophes, radieuses sciences :
A toi seule l'amour, à tous cette sapience.

 


                       CXXXVII

Ton front sur mon épaule ; et t’écouter parler...
La ligne de ta nuque et douceur de mes doigts,
Blond châtain sous ma main, enfin te révéler
Les secrets amoureux de ces vers dont tu bois

Eros et amitié, sapience et métaphore.
Appelle-moi Thierry, Silence que je sers,
Ou sonnet shakespearien et robe printanière...
C’est un rêve éveillé dont je sors comme mort.

Le poison fait effet : intacte je t’ai vue :
M’aurais-tu deviné ? Il y a si peu d’heures,
Tes lèvres répondaient à mes questions classiques,

Ton regard feu et soie me piégeait comme nu,
En folle gratitude où Bach dit le bonheur :
Le talisman perdu d’existence physique...

 

 

                             CXL

Je fais une retraite, en vue de te rêver,
De te penser, en ces montagnes enneigées,
Où les flocons ont vigueur glacée d’horizon,
De mots blancs, de la porcelaine de ton front.

Comme en un monastère, à son dieu consacré,
Je suis un vieil ascète à l’éros impossible
Qu’en mon for intérieur, au langage dicible,
Je cultive et affine aux sonnets envoyés

Par un IPhone noir, un Orange réseau,
Jusqu’à la suavité de la lèvre du beau.
En ma fruste cabane, en l’hôtel quatre étoiles,

Sur les sentiers poudrés, je souffle buée rebelle
De mon mythe tout blond dans l’air dur du réel,
Dans mon oreiller, confident des pleurs qu’il voile.

 

Aphrodite capitoline, Musée du Louvre.

 

                              CLV

J’évoque un trouble marbre en ces quatrains blessés,
Platonicienne illusion et chair évanouie,
Paradoxe de l’art et du désir parlé :
Papillonne classique aux vivantes envies…

Je veux un sonnet dément, calme à ton image,
Pour que coulure d’aimer à mon œsophage
S’envenime et guérisse au bonheur de te voir
En seuls mots versifiés, substituts de l’espoir...

Finesse et ductilité au marbre impossible :
Croiser, blonde seconde, tes cheveux lâchés
Rayonne sur l’absence où tu sais me laisser.

Plus disert que Shakespeare, et pourtant moins audible,
Je broie tercets, plume et clavier en déraison...
Combien eût-il écrit s’il avait su ton front ?

 

 

                           CLVIII

Au grège plumetis de l’écharpe légère,
Je n’ai pas reconnu l’immatériel profil ;
Quand, soudain, le Sonnet m’a dit d’un air sévère :
« C’est elle, c’est sa queue de cheval volatile ! »

Chère amour, ta présence est si fine, qu’au fil
Du sentiment, il faut affiner tous mes sens,
Aiguiser mes paupières nues. Malgré l’avril,
J’ai froid et je t’aime. Et pourtant quelle naissance,

A chaque vision, me façonne, quelle joie
A l’expression de ta peau, perspicacité
De sensibilité, intellect bondissant...

Si j’écris pour le manque, au rival qu’est le Temps,
Il me faut cette jubilation célébrer :
A toi, cet écrin de méditation, je dois.

 

 

                        CLXIII

Oui, tu es ma révolution copernicienne
Où les planètes de mes sens et du savoir
Ont une giration autour de ton revoir,
Ma baroque splendeur, ma blondeur cistercienne...

Tu es mon darwinisme et mon évolution,
Car je suis né poisson fœtal à ton regard,
Conscience à ton profil, créateur à ton art,
Quand à l’amour tu repris mon éducation.

Si femme, singulière, tu es l’universel,
Science des Lumières, histoire naturelle,
Tu es relativité, physique quantique :

Je n’ai pas assez lu et pensé tous les mondes
Pour t’être Montrachet en la nanoseconde...
Tu m’instruis aux sonnets, je t’entends aux mystiques.

 

 

                           CLXVII

Voudrais-tu devenir personnage et symbole ?
Tu l’es déjà. Ta capacité au bonheur
Et tes mélancolies t’ont conduite en douceur
Vers la vanité de mes vers et l’hyperbole

Juste. Comme est irremplaçable la fiction
D’Aphrodite et d’Eros, ces beaux philosophèmes
Qui figurent nos pulsions, nos peur et passions,
Ainsi que l’innocence perdue du poème,

 

Le territoire interdit de l’amour lyrique

Où te peindre avec la caresse d’émotion…

Comme tu es la mystique et la transcendance,
 

Tu es raison des Lumières, cette espérance,
Cette féminine liberté politique
Qui est robe fleurie autant qu’éducation.

 


                          CLXIX

Tu me manques exquisément. Non, cet adverbe
Ne permet pas que tu me laisses jouir d’absence,
De son cortège amer de monstre et de violence,
D’aimer sans retour un lointain qui n’est pas verbe

De création du monde. Un chaos, nuit aveugle,
Broie mes yeux intérieurs quand je veux te revoir
Au nid d’Arachnée étourdie de ma mémoire,
Où seule une mélancolie sans lune meugle

Comme un vieux minotaure qui ne peut mourir...
Fraîcheur de tes cheveux, tilleul de ton parfum,
Profondeur de ta voix et pudeur de tes seins ;

Un monstre au labyrinthe, en te voyant venir,
Eût aimé ta distinction, ta dure sentence,
Et se fût converti à ton intelligence.

 

 

                       CLXXI

A ta pléiade de visages inconnus,
En chignon, queue de cheval ou blondeur lâchée,
Je ne puis opposer que le soupir ténu
De ce vers volatile ou retenir l’aimée.

Il ne me reste qu’une œuvre d’art miniature
Pour remplacer les dieux et ton profil rosé,
Comme un blond champagne où le goût se dénature
Une fois l’explosion des bulles dispersée.

J’imagine sur ma langue le mot salé
De ta peau, de tes os, bonbon d’éternité.

Comment oublier la cause et la grâce encor
 

Des sonnets ? Le masque calcaire de la Mort

Ne résiste pas à tes yeux venus d’Etrange :

Nombre d’or, constante cosmologique et Ange…

 


                         CLXXIII

Beauté sophistiquée, jeune piano fragile,
Je t’offre l’équilibre au sonnet qui est toi :
Une perfection vers quoi tendre, si labile,
Cependant possible, en quoi sans cesse j’ai foi.

Qui sait si ton prénom, crypté comme le nom
De Bach, s’élève dans l’offrande poétique,
Dans la fugue en miroir du testament lyrique,
Dans l’indicible acrostiche où celer ton front,

Où décrire et chanter ton moi en vers vieillots,
Que murmures et cris sur IPhone éconduit
Changent en contemporain, en oreille ouverte.

Comme ce matin un œuf de merle a éclos,
Nouveau chanteur, bec jaune en sa coquille verte :
Son vocable est encor memento amori.

 

 

                         CLXXIV

Tu es ma jumelle. Comme nés d’un même œuf,
Mais séparés par une faille temporelle
Obscure, anachronique, où sont brisées les ailes
Qui devaient permettre de vivre d’un œil neuf

Ensemble. Et là où seuls une assomption des vers,
Le don des langues, m’amènent en solitaire,
Je ne trouve qu’un papillon mort aux couleurs
Poudrées, écrasées, comme boues de bonheur...

Je ne veux pas céder aux chenilles des larmes,
Mais au vert opalescent, au rouge chantant,
Au clair bleu Wedgwood, aux dentelles du blanc

Dont je veux vêtir les bijoux, les sérieux mets
Offerts à ton esprit, sa nymphose et son charme.
Au fond de la forêt, un arbre : pour pleurer.

 

 

                       CLXXXIII

Thanatos, vil salaud ! Ne pense pas à prendre
Ma belle... Prends-moi, si tu veux, avec retard,
Mais ne touche pas mon Aphrodite, mon art !
Je lâcherais foudre des sonnets pour t’entendre

Casser tes dents, pour étrangler tes yeux d’ébène...
Il nous faudrait alors sa fiction déflorer
Et du requiescat abuser sur la scène
Publique, en détruisant l’inutile sonnet.

Te voir mourir... Comme si l’œil avait perdu
Son iris en terre de Sienne, si l’oreille
Avait brisé son schubertien tympan, vêtue

De marbre fracassé, de gravats sans réveil.
Quand Mort a pris Shakespeare, a-t-elle, cette pute,

Elu ton visage pour arrêter sa lutte ?

 

 

                         CLXXXIX

Si ta brosse à cheveux conserve un or ductile,
Je deviendrais l’oiseau qui vient s’en emparer
Pour son nid attendrir. Ainsi j’aurais un fil
Pour suspendre mon cœur et lier les baisers,

Un fragile bijou, une consolation
Pour ma joue, un fil d’Ariane d’une collection
Où les perles parleraient en pleurs littéraires...
Quant au jais profond de ta broche, au songe vert

De ta robe où douze boutons d’or ont éclos
Sur tes épaules, ils sont musée du beau
Pour mon apollinien babil et goût courtois.

Aux niaiseries de la vie, j’éprouve par toi
Qualité du bonheur et joie métaphysique :
Sois caressée, amour, pour ces couleurs lyriques.

 


                            CCV

Précieux visage blond où je suis entravé,
Comme un Eros malade à des crocs de boucher,
Exquise mante religieuse aux ailes d’or
Qui s’envole aussitôt m’avoir touché à mort.

Je suis le seul auteur des tourments qui me blessent,
A moins qu’Aphrodite et ses aides Phéromones
M’aient transfusé à grande pluie de sang l’icône
Où je vois le front de trop humaine déesse,

Où je ne sais pas lire... Pourquoi Amour cruel
Est-il incapable de réciprocité ?
Où trouver l’argument pour enfin te convaincre

De m’aimer ? Un sonnet va-t-il te persuader ?
Ou l’odeur de ma peau, mon charme intellectuel ?
Dévore ton amant ; viens ensuite me vaincre.

 

 

                          CCXIII

Confier peine au sonnet est mon plus blond souci :
A la disparition de ta chair si précieuse,
De ton vif intellect et paupière boudeuse,
Je me dessèche et pleure une vanille amie...

La thérapie des vers est vénéneuse et rose,
Elle n’accouche rien du granit du passé,
Où le cynisme du temps castre vers et prose,
Où la ruine élégiaque est goudron craquelé.

Où retrouver tes yeux de lumière et de don,
Ta réserve affichée, ta distance plastique,
Ta force sans pardon, ton audace pudique ?

Sinon aux lèvres de tes syllabes, Sonnet,
Dont la noire impuissance et l’appel insensé
N’ont en rien su faire palpiter son prénom.

 

 

 

                            CCXX

 

Ton marbre est remisé, Aphrodite, aux dommages ;

Attendant que des vers qui plombent ta beauté

Soient poncés les poncifs et lissés les ravages

Qui ont ton visage trop souvent effrité.

 

Tu n’as plus en l’IPhone, en l’absence amendable,

Qu’un atelier obscur, qu’une blonde rumeur,

Où l’active écriture ose aimer ton bonheur

Et tente retrouver une éthique impeccable.

 

Ainsi l’artiste affronte un Ange redoutable,

Qu’il soit diktat du Temps ou du Réel rebelle

À l’Idéal pur, cette cuillère à fantasmes.

 

Reste à laver les mots, leur bouche d'enthousiasme.

Comme si j’étais amoureux d’une implacable

Dont j’ignore la langue impossible et sensuelle.

 

 

                 CCXXXVII

Cher marbre de peau, blondeur pourtant éphémère,
Je ne verrai pas pourrir tes torves viscères,
Ni éclater tes yeux, ou suppurer tes lèvres...
Praxitèle et Muses dépassent nos vies brèves.

Marbre vivant de l'art ou vivante blondeur,
Ton corps fait de minéraux et d'eau, jeune ardeur,
Peut-il nous dire la nécessité stellaire
De nos vies ? La chimie de ton esprit sévère

Libèrerait le sens si voulait dialoguer
La cétoine dorée de tes bagues sonores...
Puis-je aimer des atomes vides ? Comme un loup

Cherche au froid du cosmos neutrinos insonores...
Au bonheur des sonnets tu restes parfumée :
Je t'aime cent douze millions de fois beaucoup.

 

 

                         CCXXXIX

 

Tenir ton front précieux entre mes mains patientes,

Où vit la formule chimique de l’amour…

Mais au puzzle incomplet de l’intouchable amante,

Je ne suis pas l’espace où tu vis avec art.

 

J’ai arraché la plume d’ange pour t’écrire ;

Et c’est moi qui saigne, encre blonde où je t’admire.

Un Pétrarque fossile, un Celan dans la Seine,

Peut-il séculariser ta langue sereine ?

 

Les plumes caressantes et griffes mordantes

De la passion ; t’écrire et souffrir jusqu’à l’ange :

Au bouvreuil de peine, mésange évaporée.

 

Comment as-tu changé ? Sablier d’alphabet,

J’aime une inconnue qui n’existe à peine plus,

Loin et constellation d’Andromède perdue.

 

 

                             CCXLI

 

Un zen et blond silence est peint en ton visage,

Ou nostalgie de ce qui n’aura jamais lieu…

Moins que portrait d’un front sauvage aux fictions sages,

C’est mon autoportrait que vient marquer le dieu

 

Eros aux vifs crocs d’or. Plénitude, évidence,

Intellect poignant de ta discrétion dorée,

Comme la douce pression de tes doigts immenses

Sur l’ivoire des os et nerfs énamourés

 

Qui vibrent pour toi. Car les atomes du Temps

T’attendaient… Bousculés par ta rose splendeur,

Ressuscitant les braises mortes de Shakespeare

 

Sous les dés de ma plume et de l’IPhone pleurant

De joie sous les ailes mentales du désir…

Oui, chaque seconde est l’ombre de ta blondeur.

 

 

                          CCLIV

 

Quand, sur le clavecin, tes sensibles empreintes,

Pour un prudent prélude, osent et s’aventurent,

Lunettes attentives, fil d’or des montures,

Reflétant en mon foie la picturale étreinte

 

De ton portrait charnel, je mange un fol plaisir :

Du mascara pulpeux au cambré de tes mains,

A l’amande elliptique de ta lèvre et ton rire,

Je divorce soudain de tout inquiet chagrin.

 

De ce lyrisme usé, sauras-tu reconnaître

Son authenticité, extraire quintessence,

Cyprine spirituelle, émotive sapience

 

Pour que ma syntaxe embrasse ta langue à naître ?
Au-delà de la mortalité des idiomes,

Que nos mots enlacent leurs bouches, vifs rhizomes…

 

 

                        CCLXII

 

Suis-je responsable de t’aimer ? Chère engeance…

Culture impressionnante, épure, intelligence

Eblouissante sont tes sensuelles beautés.

Séparé de toi, je suis, de tes qualités.

 

Il faudrait conserver, intacte en ma pupille,

Ta vie, tes joues, jusqu’à l’argile de mes yeux,

Jusqu’à l’extinction des atomes et des dieux.

Je ne suis pas ta menace, adorée tranquille…

 

Tu es belle comme les pleurs cristallisés,

Comme l’or de Gucci et la pensée, l’aria,

Belle comme la canine de cruauté

 

Où je suis mordu. Comme fin amour courtois

Pour l’étoile dans le bleu vif, comme la soif

De la pierre où j’ai léché l’aura de tes pas.

                           

 

                            CCLXVIII

 

N’aie crainte, l’amour est une veille intérieure ;

Mes sonnets sont tissés par des claviers de fleurs,

Des bouquets de plumes et pollens pour tes reins.

J’aimerais dormir avec ton nom dans mes mains.

 

Pourtant tu es ma cécité, mon agraphie,

Ma surdité, ma mutité, mon agnosie

Où je tente d’aimer ta lame de beauté,

Parmi le cosmos organisé, incomplet.

 

Nul n’ignorera que d’être aimée tu mérites,

Même si ton marbre de papier clair s’effrite

Dans une seule bibliothèque où l’IPhone,

 

Dernière stèle d’une civilisation,

Rayée de sable, est promis à ton émotion.
J’aimerais mourir avec ton visage icône.

 

 

                         CCLXX

 

Basalte gris je suis, devant le cher séisme

De sphinge de beauté, jade rose et lyrisme…

Tu es l’énigme d’or, la plaie d’intranscendance :

Sens-tu mes yeux t’envelopper, ivresse où danse

 

L’intellect ? Toi, le fouet caressant de ma vue,

La fibule du Temps que Gucci sculpte nue

Au revers de ta veste ; où je connais le sens

Du mot aimer. Et ma fragile inconséquence…

 

Quand l’inquiétude de l’amour cessera-t-elle ?

Mélancolie menthe… Ou me propulsera-t-elle

Vers la soie de ton os temporal ? Là, vibrer…

 

Elizabeth Barrett Browning, Louise Labé

Ont écrit des sonnets. N’en es-tu pas capable ?

T’entendre et te lire ! Lyre et langue imparables…

 

 

                      CCLXXII

Tu es la lumière au miroir de ton IPhone,
Comme sainte éclairée par Georges de la Tour :
Le spectacle rieur des joues magnifiées trône
Dans la pupille de ma mémoire et du jour…

Cher orchis blond, je suis une syntaxe infime
Où sont tes ferveurs, soies et mésanges intimes ;
Toi, corolle de peau, esprit vif, monde ouvert.
Je. Souffle. Cendre et orchis noir de l’art sans terre.

Je suis bague vide dont tu es le doigt d’ange
Et d’âme. Tu es Joie d’où je suis arraché.
Je. Bonheur. Pétales de sonnets colorés.

Comme l’ambre conserve en son or les étranges
Coléoptères du temps, je suis ton rituel.
De l’amour, tu es la légende et le réel.

 

 

                    CCLXXIV

 

Se peut-il qu’un prénom soit blotti, au secret,

Dans le mot Aphrodite, ou marbre satiné ?

Chiffre, algorithme où espérer t’entendre naître…

Lis-tu mes vers sur IPhone pour me connaître ?

 

Connaître la pointure de tes escarpins,

Sonate de ton cœur, ton argumentation

Politique, de ta clavicule un parfum,

Le miroir de mon ridicule ; et tes passions…

 

Cher cosmos féminin, tu es cruel emblème

De tes grands yeux froncés et tendresse sensible :

L’innocence et la peur, finesse intelligible,

 

La racine du Mal et notre onction du Bien,

Les siècles de culture et l’ambre du divin,

Je caresse les oiseaux de tes doigts. Je t’aime.

 

 

                         CCLXXXIV

 

Quand, en manque d’amour, j’ai vu ravissement,

Ta sagesse et blondeur, j’ai, comme ange, implosé ;

De sa gueule vanille Eros m’a dessillé :

La pression de tes yeux offrit lyrisme au Temps.

 

Un fleuve d’exégèse ose être à ton service,

Une ascèse joie pleurs est mon cœur tellurique,

Eviscérant ma gorge où l’esprit est orphisme.

Ton doigté syntaxique et ton feu pianistique

 

Sur ma chair érogène ont jeté leur scalpel.

Je veux tisser le masque mortuaire des dieux

Avec les rimes de tes cheveux, de l’IPhone,

 

Pour qu’à mes deux lèvres ton cher front s’abandonne,

Offrir un sac Gucci entre tes mains rebelles,

Où choyer le recueil de nos sonnets précieux…

 

 

                     CCLXXXVIII

 

Voici un nouvel ambre au lyrisme amoureux,

Cristallisant les faillibles mésanges bleues

Des vocables, dont ta syntaxe aura pitié,

Que l’ombre des sonnets tente de préserver.

 

Aimé-je un souvenir plutôt que ton réel ?

Je te ravive, comme poursuivant une aile

D’ange érogène, don perdu de blonde aura.

Je ne saurai jamais le parfum de tes bras.

 

Je mets à tes pieds coléoptères du soir,

Le décalage vers le rouge d’un cœur sage

Et des astres, jusqu’à l’explosion du langage…

 

Visage de bonbon, rire et libre fierté,

Tu es le lichen de couleur de ma mémoire,

La théologie négative et le duende.

 

 

                           CCXCV

Quand les autres blondes sont ta caricature,
J’ai le regret tranchant de ne trouver peinture
De toi, exacte et mobile, ni dans Mémoire,
Ni dans l’art du Titien, ni dans le piètre espoir

De la valse des vers. Qui sait si le pouvoir,
De ces sonnets offerts à l'effacé miroir,
Leur torrentiel lyrisme, où l'éthique est sauvée,
Saura trouver l’or ravi d’une nuque aimée ?

Quand trois cents variations sur l’absence du nom
Auront trop peu séduit ta blondeur intouchable,
Quand le sang de mon crane et ton inattaquable

Marbre auront par instants pensé à l'unisson,
Quand ta disparition, Moire, est pour moi sévère,
Ne devrais-je pas abandonner l’art des vers ?

 

 

 

 

Epilogue

 

La trace de Zurich… Jamais je n’ai revu

Le Sienne incisif et pulpeux noir de tes yeux,

Ni ta chair, ni tes robes, sinon dans les vœux

De ces vibrants sonnets aux passables vertus.

 

Mais qui, sinon tes doigts, ont ce livre posté,

« Römische Elegien », aux gravures d’Eros,

Temples, draps, qui, sans carte ni nom, sur les os

Des mains repose, amputé de qui l’a donné…

Langue dont je ne connais que la traduction…
Car tu étais germaniste et Lettres classiques.

Moderne, j’ai rejoint l’Aphrodite lyrique

 

En ne palpant que gouge et ciseau des fictions,

Buées évaporées au toucher de l’IPhone.

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

 

 

                              Colophon

Dès l'adolescence entamée, jusqu'en décembre
Deux mille douze, comme illusoire relique,
Ecrite en l’état de lévitation lyrique,
L’œuvre de Thierry nous offre un réel fait ambre.

Il ne faut à l’Aimée chercher quelque semblance,
Où toute identité n’est que coïncidence,
Car idéal, fiction s’en vont ici de pair
Pour figurer nos purs désirs et nos travers.

Aphrodite mobile que j’ai statufiée,
Qu’à force d’encre si blonde j’ai rédimée,
Plus inconnue que défaillance de Mémoire,

 

Tu as su pardonner ces vers attentatoires
Où tes vertus intactes, dont je suis copiste,
Ont mon fidèle amour, malgré l’art solipsiste.

 

                                                                     

                                                          (c)Thierry Guinhut

Le sonnet CXCI est publié sur le site de Poetry Life & Time : link

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

Quatre autres sonnets ont été publiés par : Le Phénix renaissant de ses cendres, The Phoenix Rising from the Ashes, Anthologie de sonnets du début du troisième millénaire

 

Bibliothèque à la Vénus d'Ampurias.

Photo : T Guinhut.

 

 

 

To a young marble Aphrodite.

 

 

Prologue

 

It was ten years ago: either this marble or your sight ...
Fair head also studying the agrégation,
You moved me. Only emotion hemmed words
Lingered your features, during diffuse months,

 

Within my amber memory. Where I see you better
In this beloved Capitoline Aphrodite
Who enforces my art, who covers my sonnets,
Borrow your face and approach it to the gods.

 

Transposing in the iPhone a tenuous adventure,
These verses between middle age and your young spark,
Where I invent piano, lover and encounters,

 

The keyboard run, flee toward thy flesh unknown.
Marble so pure of time and fictional Muse,
Where is the steep fault ?  In language, in reality ?

 


I

 

The sensible frame at the temples and forehead,
The skull so deadly under diaphanous skin,
The swallow-like gaze have beauty’s modesty:
An ideal to caress, my respects will know how to.

 

Praxitelian icon in fairness embodied,
Where to charm the impossible, where to calm the Fates,
Pulp of sensual ardour, hellenistic gift,
Cosmological constant and joy without affront...

 

But could I enthusiastically to the missing sculpture,
Still, of breasts’ tenderness and quiver,
Offer better than grey sketch of decent life ?

 

For the hem of your lips and the spirit of your forehead,
To the breath of intellect, to this plastic marble
I offer distilled Love, its lyrical promise.

 



Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Translated from french by Jo-Elle

Traduction également publiée sur artvilla.com/ : link

 

Photo : T. Guinhut.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 20:48

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Le sonnet, un autoportrait d'amour :

 

Elizabeth Barrett Browning

 

et autres sonnétistes.

 

 

Elizabeth Barrett Browning : Sonnets portugais,

Traduits de l'anglais par Claire Malroux, Le Bruit du temps, 156 p, 13 €.

 

 

 

        Le sonnet amoureux, cet autoportrait, est-il une prérogative masculine ? Histoire de s’assurer la main sur la langue, le pouvoir de la persuasion sur la sensibilité et le corps féminins… Si l’on connaît ceux de Ronsard, adressés à Hélène, Marie ou Cassandre, ceux de Shakespeare qui virent s’affronter l’art et le temps, s’affronter l’amour et la bassesse du moi ; oublie-t-on les 23 sonnets de Louise Labbé (« Je vis, je meurs : je me brûle et me noye » [1]) ? Tous ceux que l’histoire littéraire a consacrés, en cet âge d’or du sonnet que fut le XVI°. Où il faudrait encore nommer Messieurs La Boétie, Du Bellay et Jean de Sponde. A moins que leur langage ne nous parle plus tout à fait autant qu’il le faudrait ; ou faute de notre modeste capacité d’empathie intellectuelle. C’est cependant avec une étonnante clarté, une fulgurante émotion que nous parlent amoureusement, quelques soient les siècles, Elizabeth Barret Browning, Silvina Ocampo, mais aussi Philip Sidney…

 

        Cette prise d’otage intérieure qu’est l’amour ne peut-elle s’exercer que par un homme ? Et faut-il la pardonner ? Mais à vouloir tenter le réquisitoire on en oublie le don, et cette œuvre d’art miniature qu’est le sonnet. Et qui n’est en rien une propriété masculine, comme l’a montré Louise Labbé, comme le montre Elizabeth Browning, dont une nouvelle traduction révèle les plis précieux. C’est une lettrée anglaise, née en 1806, déjà célèbre poétesse et essayiste, endeuillée, malade, cloîtrée par son père, lorsqu’en 1843, vint la voir Rober Browning, lui-même célèbre, dont elle admirait les vers. Non seulement l’amour masculin put avoir le bonheur de lui inspirer la réciproque, mais elle joignit grâce à lui le quasi-miracle de s’échapper de sa morbidité, de se marier, de partir avec lui en Italie. Mieux encore, dans son intime silence, elle écrivit 94 sonnets, que Robert proposa de titrer, sachant combien elle appréciait Camoens, Sonnets from the Portuguese, comme si l’apparente traduction permettait de masquer cette brûlante intimité.

       Lors de cette biographie intérieure, elle est soudain métamorphosée, sentant : « une Forme mystique bouger / dans mon dos, me tirer en arrière par les cheveux ; / Et une voix impérieuse dit, comme je luttais, / « Devine qui te tient ! » - « La Mort » dis-je – mais, alors, / Tinta la claire réponse… « Non, pas la Mort, l’Amour. » (p 23). Le journal d’une résurrection s’élance alors : « -Si tu m’y invites, / Je surmonterais mon abaissement, aussitôt. » (p 53). L’échange intérieur du je et du tu devient follement lyrisme, cet enthousiasme de la langue. Alors la fonction de la poésie est d’ « Eveiller ou éteindre la rumeur des mondes / Dans leur ruée, d’une mélodie pure » (p 55). Plus que romantisme, il s’agit d’intemporalité du souffle de la parole accomplie et de l’élan vers le vivre : « Deux âmes (…) / Jusqu’à ce que leurs ailes s’étirant prennent feu » (p 65). Si elle se qualifie, avec trop de modestie, de « viole usée / Jouant faux » (p 85), elle ne peut pas ne pas se savoir écrire « à neuf l’épigraphe de [son] avenir » (p 105) aussi bien avec Robert Browning qu’avec ses sonnets éblouissants… Qu’elle ne confia qu’une fois mariée, après l’offrande d’une boucle de cheveux, à son aimé. Passion, pudeur et engagement poétique sont ici associés pour ce qui est un trop rare exemple de la réciprocité. Car le sonnettiste amoureux se plaint trop souvent d’un amour impossible. Alors, pensons à poser dans la bibliothèque le recueil de celle qui, trop tôt, disparut en 1861, contre L’Anneau et le livre [2] de celui qui lui fut destiné…

 

Elizabeth Barrett-Browning et Robert Browning.

 

 

      Quoi de plus parfait que la forme ramassée du sonnet, cette exigeante stèle où se grave soudain une construction lyrique, élogieuse, élégiaque, dramatique, argumentative, jusqu’à l’acmé du dernier vers, cette chute obligée, brillante, surprenante… Dans et grâce à la contrainte formelle, « disposant délicieusement avec proportion des mots qui s’accompagnent de l’art enchanteur de la musique [3] », l’idée jaillit plus intense, que ce soit par le concours et l’empêchement de la rime, du choix du mètre, alexandrin le plus souvent, ou décasyllabe : « Si je n’avais pas adopté ce parti prosodique, quatorze vers distribués en deux quatrains et deux tercets, ces poèmes n’auraient pas existé (…), mais je n’aurais pas su ce que quelqu’un en moi avait à me dire. [4] » A cet égard, Elizabeth Barrett Browning prend des libertés avec la stricte euphonie des rimes, use de l’enjambement pour jouer de contrastes, de vitesses… Seule la talentueuse traductrice Claire Malroux, si familière par ailleurs avec Emily Dickinson, ose tenter de respecter la structure de chaque vers [5], de surprendre une musicalité :

 

XIII

« Et tu voudrais que je façonne en paroles,

Sans manquer de mots, l’amour que je te porte,

Que dans les vents violents je tienne haut la torche

Entre nos visages, pour chacun les éclairer ?...

Je la lâche à tes pieds. Je ne puis habituer

Ma main à tenir mon âme si loin de moi-même…

Moi… que je t’apporte la preuve en mots…

De l’amour en moi caché, hors d’atteinte.

Non, - laisse le silence de ma féminité

Confier mon amour de femme à ta foi, -

Voyant que courtisée, je reste inconquise,

Et déchire le vêtement de ma vie, en bref,

Avec la plus muette, résolue force d’âme,

De peur que touché, ce cœur n’exhale sa peine. [6] » (p 47)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        Gérard Gacon, lui, traducteur de Philip Sidney, sonnettiste anglais de la fin du XVI°, parvient avec une aisance redoutable à l’alexandrin rimé. Quelle injustice a fait qu’aux côtés des 154 indépassables Sonnets de Shakespeare, l’histoire littéraire fasse chez nous si peu de cas d’Astrophil et Stella [7] et de ses 108 bijoux élizabéthains ? Alors, nous sommes tous astrophiles et amoureux de cette Stella insensible : « sachant ces yeux dépositaires / D’Amour, elle leur fit cet habit de grand deuil, / Hommage aux morts que Stella saigne d’un coup d’œil ». Allant jusqu’à se moquer des rimailleurs, Sidney ne se contente pas du flot lyrique, il établit une esthétique poétique, une interrogation éthique et métaphysique, toute une sapience amoureuse, avec des accents très modernes : « J’écris donc, en doutant d’écrire, pour occire / Mes maux à perte d’encre. »

     S’il fallait trouver, au-delà des Sonnets à Orphée de Rilke, de bien d’autres à laisser à la liberté du lecteur, une correspondante féminine plus contemporaine, pourront-nous penser à Silvina Ocampo ? L’épouse de Bioy Casares, l’amie de Borges, mais d’abord nouvelliste et poète, publia ses Poèmes d’amour désespérés [8] en Argentine, en 1949, alors qu’elle avait quarante-six ans. Parmi lesquels les sonnets du même nom, mais aussi « du jardin ». Elle chante avec une sensibilité exacerbée, peut-être d’hyperbole, et néanmoins poignante : « Ah, comme les mains du vent / caressaient ma gorge pour me tuer ! » Ou encore, un peu pus loin : « Comme dans la nuit obscure d’un bordel / je cherche l’amour fallacieux par les ténèbres. / Dans une chambre, sans tes portraits, / je commets, te haïssant, des meurtres / ô régions de limbes et de brumes ! »…

 

        Le sonnet aujourd’hui n’est pas mort, loin s’en faut. Toujours renaissant de son ombre, il est pudeur néoclassique, richesse mythologique et pensée lyrique chez Yves Bonnefoy [9], il est jeu avec les tics et les mœurs du contemporain chez Valérie Rouzeau, dans Vrouz [10], un titre qui donne le ton. Certainement ce corset archaïsant peut-il susciter encore des libertés, mille victoires intimes sur soi et sur le monde…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Poètes du XVI° siècle, La Pléiade, Gallimard, 1969, p 283.

[2] Robert Browning : L’Anneau et le livre, Le Bruit du temps, 2009.

[3] Philip Sidney : « Défense de la poésie »,  Astrophil et Stella, Orphée La Différence, 1994, p 109.

[4] Yves Bonnefoy : L’Heure présente, Mercure de France, 2011,  p 119.

[5] Au contraire de Lauraine Jungelson : Poésie Gallimard, 1994.

[6] Le sonnet anglais, au contraire du sonnet français, ne sépare pas toujours  les strophes, sinon chez Shakespeare ; quand Philip Sidney se contente d’un alinéa devant chaque quatrain et tercet…

[7] Voir note 3.

[8] Silvana Ocampo : Poèmes désespérés, José Corti, 2010.

[9] Voir note 4.

[10] Valérie Rouzeau : Vrouz, La Table ronde, 2012.

 

Photo : T. Guinhut.

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 19:01

 

Peinture sur sachet de thé par Vinca Alba Minor pour le vers :

"D'un monde coloré, le pur sens caressé"

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Sonnets de l'Art poétique.

 

 

 

            Eloge du sonnet

 

Du cadavre poussif du sénescent sonnet
Descendent des vers gras et bientôt décharnés.
Car à trop se nourrir de rhétorique fiente
Les ors invertébrés vont à fatale pente…

 

Vieille armure craquée, ronde bosse ampoulée,
Ton bel hanneton sec, d’une mode éculée,
Déglingue et guenille, au vide-greniers déchante :
On n’en tirera pas de famélique rente.

 

Mais te trouver si bas, des siècles fatigués,
Te trouver vain d’amour, délaissé par l’orgueil
Du moderne infatué de ses mots aux bruits muets,

 

M’engage à me pencher sur ton corps ranimé,
Embrassant du souffle où je puise, sur le seuil
D’un monde coloré, le pur sens caressé.

 

 

            Sonnet à l’élève

 

Les cours tu entendras avec pleine attention
Des notes tu prendras, stimulant ton oral ;
Tu les décoreras avec soin amical :
Un cahier sans défaut vaut une révision.

 

N’attends pas de la Muse une autre inspiration,
Mais grâce à ton travail dépasse le banal,
En évitant le fer d’un paraphe fatal,
Pour accoucher idées et félicitations.

 

Enfin la connaissance est une tendre amie,
L’élitisme pour tous tu rejoins avec joie
Et la douce ironie du sage en modestie.

 

Que tu sois rap, rock, jazz ou fan du ballon roi,
Matheux ou amoureux, fou d’airs de Rossini,
Bientôt du maître envié tu passeras la voix.

 

 

            De l’art et autres démons

 

La poésie n’est pas un jeu de niaise enfance,
Ni un fantasme trop sucré d’adolescence,
Ni des confettis de roman rose, jetés
Dans les cheveux ébahis des nouveaux mariés.

 

En un monde d’adulte où construire le moi,
Lutter contre les monstres exquis de l’amour
Pour les pacifier, l’épouvante sans recours
De la mort aux têtes de pieuvres et de bois

 

Ne peut laisser que l’art après nos pas soufflés :
Qu’il s’agisse d’un pont, de libérale idée,
D’un état enrichi, d’un nichoir à mésanges.

 

Je n’ai que le sonnet pour massif romanesque
Pour symphonique grandiose ou peinture livresque ;
Il suffira peut-être à convaincre les anges

 

Paillassson : L'Art d'écrire, Encyclopédie, 1763 ;

Les Libraires associés, 1964.

Photo : T. Guinhut.

 

 

            Habiter le sonnet

 

Je veux, pour trouver sens, habiter un sonnet.
Comme un palais baroque, un refuge d’enfance,
Terrasse jardinée, bibliothèque immense,
Horizon de montagne et tremblé de forêt.

 

Ville aux mœurs policées et cité libérale,
Aussi bien structurée que l’arche du sonnet,
Cosmopolite et vive, aux images rimées,
Où converse la Muse, où l’Art est notre égal.

 

Mais sa taille modeste en aura-t-elle raison ?
Pas un instant, il ne faut le sentir prison.
L’utopie du poème : autisme ou bien démence…

 

Qui sait si le mystère où frétille le sens
N’a pas dans l’infini des quatrains et tercets
Trouvé la métaphore où soudain s’abriter.

 

 

            Sonnet des formes poétiques

 

Contraindre avec mesure une idée jaillissante
Dans la cage au rossignol doré du sonnet,
C’est arrimer réel et musicalité
Comme un parfait Ronsard chevauchant Rossinante.

 

Mais aux quatorze pieds d’une prison branlante,
Bientôt le vers est scié, la fenêtre éclatée,
La prose va briller en avalanche de fées,
Les barricades mystérieuses diront : chante !

 

Enfin Pétrarque emporte une Laure charmée
Dormir avec Michaux dans les draps fous du rêve,
Shakespeare enivre en vers un roman déjanté.

 

L’Hercule rhétorique est vainqueur du passé,
Baobab hugolien ou rap et slam sonnet,
Pour choquer en poème un monde qui se lève.

 

 

 

            Sonnet à Shakespeare

 

Un carnet fantaisie dont la reliure ornée
Porte du grand Shakespeare le fac-simile :
Une signature tremblante, légendaire…
Mes vers immatures s’y sont crus nécessaires.

 

Sonnet, fils de William, j’ouïs de ta langue un charme :
Ce chant vint caresser un fier jeune homme blond,
Une inconstante brune et d’amour l’horizon
Pour que de tragédies s’entempêtent tes larmes,

 

Que de tes comédies, les rires et les rêves
Postent le ciel humain sur l’île de Prospero
Pour que l’Histoire prenne sens en tes héros.

 

Mince ruban de mots, lilliputien élève,
Un sonnet d’apprenti, des siècles en écho,
L’éternité titube où cet Orphée s’élève !

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Photo : T. Guinhut.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:43

 

Bois Henri IV, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Robert Marteau : Ecritures,

 

ou le sonnet quotidien.

 

Robert Marteau : Ecritures, Champ Vallon, 304 p, 20 €.

 

 

 

        Bien avant l’ « Ode à un rossignol[1] » de John Keats, les poètes ont cru imiter de leur plume le chant des oiseaux, s’inspirer de leurs ailes pour animer leurs « écritures ». Celles de Robert Marteau, en contradiction avec l’apparent projet poétique contemporain, choisissent l’inactuel sonnet, quoique en conscience de l’exigence de quotidienneté, voire d’attention au banal qui croit aujourd’hui assurer sa légitimité. « Pour sa jubilation vocale », tenant sur le sol et vers le ciel un journal de bord et de promenades poitevines, ce diariste s’applique moins à la description qu’à la traduction du monde de feuillages et de présences qui l’entoure.

 

     Dans la continuité patiente, opiniâtre et assumée d’un précédent recueil, Le Temps ordinaire[2], Robert Marteau marche à l’écoute des oiseaux, tel un modeste Messiaen du sonnet, des arbres et des horizons de campagne. Mais si l’on pouvait craindre les clichés bucoliques, que l’on soit rassuré : l’inspiration se pose sur une herbe, sur une mousse, une salamandre, pour, « Consacrant ses loisirs à la métaphysique », prendre, comme Rilke, son envol en des thèmes cosmiques. Et prendre assise en des convictions chrétiennes : « Dans le jardin clos tu entends le rouge-gorge / Affirmer face au ciel le triomphe du verbe / Révélé. » Mais aussi en des instants satiriques (parfois un peu lourds -sinon viellots-) envers la civilisation contemporaine : « les positivistes / Sont devenus les négateurs ». Pourtant Marteau sait avec retrait cultiver le paysage, non pas dans le projet d’une écologie militante, régressive et hyperbolique, mais dans la simple et nécessaire attention à la nature qui l’entoure et le fait respirer, humainement et poétiquement, son carnet en main sur les chemins :

 

« Mêlée à la mélodie ouverte qu’expulse

La gorge du merle, un épanchement de l’âme

Humaine par le biais d’un piano : bois, cordes

Qu’un clavier meut sous les doigts de qui, interprète,

D’une partition chiffrée induit le souffle

Que contenait le cahier du poète mort,

Plus vif que le vivant le restitue aux sources,

Aux chemins infréquentés sans aucune trace

De qui que ce soit dont il nous arriverait

De côtoyer le corps. Gerbe accueillie où à

Satiété il y a de quoi se nourrir même

Si on sait que la moisson ne suffit pas à

Assouvir la faim quand d’abord on a goûté

Aux confitures dont les anges ont la clé. »

         Que devient le sonnet en cette démarche ? Certes, il a perdu la stricte noblesse de ses deux quatrains et de ses deux tercets séparés par une blanche ponctuation. De même pour ses rimes, comme souvenir d’un retour musical et rythmique obligé trop artificiel. Ne reste, excusez du peu, comme pour ne pas se faire ostensiblement remarquer en sonnet, que le bloc des quatorze vers, que le respect pour le juste alexandrin, vers noble adapté ici à l’humilité de l’écrivain, sans compter le scrupuleux usage de la diérèse. En outre, il n’hésite pas à terminer un vers par « c’est », « dans »  ou « qui », jouant avec un brin d’humour avec la trop régulière scansion. Faux ou vrais sonnets ? Sans oublier de dater chacun d’entre eux, nanti parfois d’un lieu, petite ville ou musée, où « Sonne le sens si les sons résonnent en si- / Lence. »

 

 

       Deux années, 560 sonnets, sans compter ceux des précédents recueils, puisqu’il s’agit du sixième volume d’une longue série : « Liturgie VI, 2001-2002 ». Les 154 de Shakespeare, les 336 de Pétrarque, dépassés, pulvérisés, et cependant fondateurs et inoubliables… Mais qu’importe la quantité, même si quelques poignées peuvent sembler moins nécessaires, une telle application à la mesure de l’observation, du souffle et de l’intensité, vaut bien cette avalanche tranquille qui ne s’est arrêtée qu’au dernier souffle du poète, en 2011 :

 

« Et chacun chante du fond de la nuit pour être

Reconnu de la postérité qui n’est qu’une

Société anonyme au bord du désastre. »

       L’écriture de ces Ecritures tend à vouloir faire oublier qu’il s’agit de poésie, ce en usant du langage de la prose en ces vers. Comme Wordsworth en 1800, il pourrait plaider sa cause : « certains des passages les plus intéressants des meilleurs poèmes sont écrits strictement dans le langage de la prose, pour autant qu’elle soit de qualité[3] ». En ajoutant : « En réponse à ceux qui défendent encore la nécessité d’agrémenter le langage versifié de certaines couleurs de style qui lui permettraient d’atteindre son but (…) peut-être suffira-t-il de faire observer que des poèmes sur des sujets plus humbles et dans un style plus dépouillé et simple que ceux que j’ai visés survivent encore, lesquels poèmes n’ont cessé de procurer du plaisir, d’une génération à l’autre[4]. » Mais, en usant de modestie rhétorique, dans le cadre d’une attention au spectacle quotidien des champs, des bois et de la transcendance, le poète ne risque-t-il pas d’omettre de nous emporter dans une musicalité supérieure, dans des fulgurances langagières décalées et somptueuses ? Le risque est, comme pour de trop nombreux poètes contemporains, de verser dans la continuité de la banalité, dans la quotidienneté langagière de ce qui aurait pu être élagué. Reste au lecteur à picorer sonnets et vers pour que « Quelques gouttes de rosée apaisent sa soif », en décrochant bien des moments éblouissants :

 

« Astronautes, ils avaient invoqué la grâce,

L’art et l’intercession des ombellifères, »

       Comme Corot, puis les impressionnistes, il versifie sur le motif. Lui qui a écrit sur les peintres, Cézanne, Le Brun, sur le Louvre, il est ici plutôt aquarelliste. Loin du romantisme exalté devant la nature sauvage, c’est en au réalisme attentif et sensuel du naturaliste que nous sommes invités. Le sens du détail et de la couleur, de la sensation et de l’émotion, est au service d’un repliement sur l’essentiel. Mais pour y puiser une « louange », une « liturgie[5] ». Celles de chaque identité de vie de la nature autant que du respect d’un regard qui fixe l’éphémère dans le poème ; ce pour le relier à l’universel et au divin, oiseaux et arbres vers le ciel, dans une esthétique presque taoïste : « C’est l’échelle où la Création / Se renouvelle perpétuellement neuve, / Fontaine jouventielle où ce qui est rien / Revit ayant extrait le vide du divin. »

 

       La comparaison avec le Catalogue d’oiseaux d’Olivier Messiaen est alors justifiée. Mais on s’en tiendra à ce vaste cycle de pièces pour piano. C’est déjà une rare louange à offrir aux cendres de Robert Marteau. S’il n’a que parfois atteint dans ses vers la dimension orchestrale fabuleuse du Saint François d’assise du compositeur, peut-être l’a-t-il, dans la fiction de son Dieu, trouvée.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] En 1819. John Keats : Poèmes, L’Imprimerie nationale, 2000, p 371-377.

[2] Champ Vallon, 2009.

[3] William Wordsworth : Préface aux Ballades lyriques, José Corti, 1997, p 74.

[4] Ibidem, p 90.

[5] Pour reprendre deux titres de robert Marteau : Liturgie, Louange, Champ Vallon, 1992 et 1996.

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:25

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Golden Gate :

le roman californien en sonnets versifiés

de Vikram Seth.

 

 

Vikram Seth : Golden Gate,

traduit de l’anglais (Inde) par Claro, Grasset, 352 p, 20 €.

 

 

 

 

 

Quelle double gageure ! Ecrire, puis traduire un roman en vers… Dans la tradition plus que centenaire des sonnets de Pétrarque, Michel-Ange, Shakespeare, José Maria de Hérédia, ce sans exhaustivité, Vikram Seth vient respecter la forme tout en bousculant avec alacrité la modernité. En quelques centaines de sonnets, le romancier brosse les amours de la Californie des yuppies. Le lecteur contemporain s’attend à quelque chose de compassé, de solennel et d’ennuyeux, bourré des clichés scolaires de l’imitation des genres disparus. Pourtant, la magie narrative et poétique opère au plus vite.

 

Certes, l’écrivain indien Vikram Seth, né en 1952, qui se fit connaître par une immense saga pleine de perspicacité, Un Garçon convenable, publiée en 1995, conçut en 1986 ce premier roman en pensant à un autre roman versifié, icône de la littérature russe : Eugène Onéguine. Comme chez Pouchkine, prosaïsme et élan poétique se mêlent avec finesse dans Golden gate, mais il ne s’agit en rien d’une servile réécriture. Comme chez son modèle, qui contait l’amour contrarié du jeune aristocrate oisif éponyme et de Tatiana, le lyrisme s’empare des aventures de jeunes californiens à la recherche du grand amour au pied de la porte dorée de San Francisco. Mais à partir de là, tout sépare les deux poètes. On croise l’inquiétude et l’enthousiasme d’une jeunesse qui travaille, manifeste contre le nucléaire, cherche l’âme sœur avec force images actualisées: « Et le Dow Jones de mon cœur est au plus bas », ou « Toi seul est le DJ de ton précieux destin ».

 

 

John, « yuppie » employé dans l’informatique, est le personnage moteur au cœur d’un quintette. Janet, son ex, sculptrice, lui concocte une petite annonce (en vers bien sûr) grâce à laquelle il va rencontrer Liz. Les voilà amoureux, « esclaves d’Eros ». Cette dernière a un frère, Ed, qui révèle son homosexualité latente à Phil pour une autre lune de miel. C’est à peu près tout pour l’intrigue. Mais à force de détails attachants et réalistes, d’impressions et de réflexions, ce monde prend chair au point de constituer un portrait fort réussi d’une génération californienne, mais aussi de son humanité. L’humour côtoie le sérieux, le lyrisme omniprésent est à petites touches, parmi mille choses vues (y compris les graffitis autoroutiers), sans que l’ennui pointe jamais son nez froid. L’ironie, douce et parfois cruelle, permet à l’auteur d’éviter une sentimentalité qui aurait pu choir dans la niaiserie. Un clin d’œil au grand genre épique se glisse lorsque le chat de Liz nommé Gengis Khan défend son territoire, tandis que l’iguane d’Ed s’appelle benoitement Schwarzenegger. Le pathétique sourd de manière imprévue à l’occasion d’une pub qui « Vante les attraits du motel Cucaracha: / « Cafards, vous qui entrez, laissez toute espérance » / On dirait la morale de mon existence ! », parodie d’un vers bien connu de la Divine comédie de Dante, au fronton de l’Enfer. La satire s’aiguise à l’occasion d’une soirée qui réunit parents et amis. Imaginez de plus un excès de vitesse versifié, une élégie de Phil à sa femme aimée qui l’a laissé avec son fils, pourtant guigné par une « Militante acharnée dont la cause est la paix »… Un sommet est atteint lorsque Phil et Ed font l’amour et que « l’austère censure » écrase les vers du poète qui doit « remplacer la scène déchaînée / Que j’espérais t’offrir par le présent sonnet ». Un autre est l’annonce de la mort de Janet et d’un couple qui laisse un orphelin au seuil du treizième et dernier chant. C’est entre bonheurs et drames, « familles recomposées » et grossesse heureuse, entre réalisme et poésie que l'art de Vikram Seth joue sa partition :

« C’est le dernier quatuor en ré de Mozart.

Liberté et contrainte : ainsi triomphe l’art !

Ah Mozart, digne prince des compositeurs

Que de miracles tu nous as fait partager

Toi qui mourus ruiné avant que d’être âgé !

Tous les grands de ce monde, empereurs et seigneurs,

Roitelets et videurs, ont fini en rondelles,

Tandis que ta magie nous donne encor des ailes ».

 

Vikram Seth

     

      Si l’on compare avec le sonnet original ci-dessus, l’on saura combien l’alliance de la fidélité nécessaire et de la trahison inventive permet de faire vivre le prosaïsme, la facétie et l’émotion qui anime la poésie de Vikram Seth :

« Le jour se lève et c’est sur un lit inconnu

Que John revient à lui, inondé de soleil.

« Une couette lilas ? Quel rêve saugrenu…

Des motifs bleus, hexagonaux - moi qui m’éveille

Chaque jour des dans draps unis ! et ce plafond :

Le clair rectangle d’un Velux qui se confond

Avec un bout de ciel. Et là, sur mes pieds, qu’est-ce ?

Un chat ! Mon Dieu ! » Son cœur bat à toute vitesse…

Il sursaute alors qu’apparait, en négligé

Négligeable, une Liz épanouie, munie

D’un plateau. Odeur de café, de pain de mie.

Elle remplit sa tasse et l’invite à manger.

Les yeux encor tout embrumés par le sommeil

Et l’amour, ils songent aux baisers de la veille. »

 

      Comme André Markowicz, traduisant en strophes de quatorze vers rimés le chef-d’œuvre de Pouchkine (Actes Sud, 2005), Claro, le titanesque Claro, qui vient de nous offrir (excusez du peu, parmi bien d’autres pavés subtils) le Contre-jour de Pynchon[1], s’est attaché à restituer les 594 sonnets de Vikram Seth en alexandrins rimés. Si l’on n’a pas entre les mains le texte original, on peut néanmoins s’extasier devant la prouesse, devant la légèreté et la gravité mêlées d’un texte fluide, musical et animé. Et comme Vikram Seth a offert la dédicace de ses « sonnets tyranniques » à Timothy Steele en vers, ainsi qu’une biographie express du même souffle, Claro ajoute un sonnet qui est la « Note du traducteur » dans laquelle il justifie son travail, ses libertés avec l’original, non sans préciser : « Mais la langue pour moi est tout sauf un caniche ». Qui sait si Vikram Seth et Claro ne vont pas contribuer à lancer une mode bien rafraîchissante…

Thierry Guinhut

Article paru dans Le Matricule des anges, juin 2009

Une vie d'écriture et de photographie


 

Le Livre des Sonnets, Lemerre, 1874. Photo : T. Guinhut.

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Faillite et universalité de la beauté, de Platon à l’art contemporain

Laideur et mocheté

 

 

 

 

 

 

Beckett 

En attendant Godot : le dénouement

 

 

 

 

 

 

Benjamin

Baudelaire par Walter Benjamin

Conscience morale et littérature

Critique de la violence et vices politiques

Flâneurs et voyageurs

Walter Benjamin : les soixante-treize sonnets

Paris capitale des chiffonniers du XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Bennet

La Reine des lectrices ou de l'horrible danger de la lecture

 

 

 

 

 

 

Benni

Toutes les richesses, Grammaire de Dieu

 

 

 

 

 

 

Bernhard

Goethe se mheurt et autres vérités

 

 

 

 

 

 

 

Bibliothèques

Histoire de l'écriture & Histoire du livre

Bibliophilie : Nodier, Eco, Apollinaire

Eloges des librairies et des libraires

Babel des routes de la traduction

Des jardins & des livres, Fondation Bodmer

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Bibliothèques pillées sous l'Occupation

Bibliothèques vaticane et militaires

Masques et théâtre en éditions rares

L'ardeur des livres et des manuscrits de Saint-Jérôme au contemporain

Haine de la littérature et de la culture

Rabie : La Bibliothèque enchantée

Des prestigieuses bibliothèques du monde à l'or des manuscrits

Du papyrus à Google-books : Darnton, Eco

Bibliothèques perdues et fictionnelles

Livres perdus : Straten,  Schlanger, Olender

Bibliophilie rare : Géants et nains

Manguel ; Uniques fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Blake

Chesterton, Jordis : William Blake ou l’infini

Le Mariage du ciel et de l’enfer

 

 

 

 

 

 

Blasphème

Eloge du blasphème : Thomas-d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

 

 

 

 

 

 

Blog

Du Blog comme œuvre d’art

Pour une éthique de la critique littéraire

 

 

 

 

 

 

Bloom

Amour, amitié et culture générale

 

 

 

 

 

 

Bloy

Le désespéré enlumineur de haines

 

 

 

 

 

 

 

Bolaño

L’artiste et le mal : 2666, Nocturne du Chili

Les parenthèses du chien romantique

Poète métaphysique et romancier politique

 

 

 

 

 

 

 

Bonnefoy

La poésie du legs : Ensemble encore

 

Borel

Pétrus Borel lycanthrope du romantisme noir

 

 

 

 

 

 

Borges

Un Borges idéal, équivalent de l'univers

Géographies des bibliothèques enchantées

Poèmes d’amour, une anthologie

 

 

 

 

 

 

 

Bounine

Coup de soleil, nouvelles élégiaques

 

 

 

 

 

 

Brague

Légitimité de l'humanisme et de l'Histoire

 

 

 

 

 

 

Brésil

Poésie, arts primitifs et populaires du Brésil

 

 

 

 

 

 

Bruckner

La Sagesse de l'argent

 

Brume et brouillard

Science, littérature et art du brouillard

 

 

 

 

 

 

Burgess

Folle semence de L'Orange mécanique

 

 

 

 

 

 

Burnside

De la maison muette à l'Eté des noyés

 

 

 

 

 

 

Butor

Butor poète et imagier du Temps qui court

Butor Barcelo : Une nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Cabré

Confiteor : devant le mystère du mal

 

 

 

 

 

 

 

Canetti

Des Années anglaises à L’Amant sans adresse

 

 

 

 

 

 

Capek

La Guerre totalitaire des salamandres

 

 

 

 

 

 

Capitalisme

Eloge des péchés capitaux du capitalisme

De l'argument spécieux des inégalités

La sagesse de l'argent : Pascal Bruckner

Vers le paradis fiscal français ?

 

 

 

 

 

 

Carrion

Les orphelins du futur post-nucléaire

Eloges des librairies et des libraires

 

 

 

 

 

 

Cartarescu

La trilogie roumaine d'Orbitor, Solénoïde ; Manea : La Tanière

 

 

 

 

 

 

Cartographie

Atlas des mondes réels et imaginaires

 

 

 

 

 

 

Catton

La Répétition, Les Luminaires

 

 

 

 

 

 

Cavazzoni

Les Géants imbéciles et autres Idiots

 

 

 

 

 

 

 

Celan

Paul Celan minotaure de la poésie

Celan et Bachmann : Lettres amoureuses

 

 

 

 

 

 

Céline

Voyage au bout des pamphlets antisémites

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

 

Censure et autodafé

Requiem pour la liberté d’expression : entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Livres censurés et colères morales

Incendie des livres et des bibliothèques : Polastron, Baez, Steiner, Canetti, Bradbury

Totalitarisme et Renseignement

Pour l'annulation de la cancel culture

 

 

 

 

 

 

Cervantès

Don Quichotte et le problème de la réalité

Don Quichotte par Pietro Citati et Avellaneda

 

 

 

 

 

 

Chesterton

William Blake ou l'infini

Le fantaisiste du roman policier catholique

 

Chevalier

La Dernière fugitive, À l'orée du verger

Le Nouveau, rééecriture d'Othello

Chevalier-la-derniere-fugitive

 

Chine

Chen Ming : Les Nuages noirs de Mao

Du Gène du garde rouge aux Confessions d'un traître à la patrie

Anthologie de la poésie chinoise en Pléiade

 

 

 

 

 

 

Civilisation

Petit précis de civilisations comparées

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

 

 

 

 

 

 

Climat

Histoire du climat et idéologie écologiste

Tyrannie écologiste et suicide économique

 

 

 

 

 

 

Coe

Peines politiques anglaises perdues

 

 

 

 

 

 

 

Colonialisme

De Bartolomé de Las Casas à Jules Verne

Métamorphoses du colonialisme

Mario Vargas Llosa : Le rêve du Celte

Histoire amérindienne

 

 

 

 

 

 

Colonomos

Politique des oracles, responsabilité du futur

 

 

 

 

 

 

Communisme

"Hommage à la culture communiste"

Karl Marx théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

 

 

 

 

 

 

Constant Benjamin

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Corbin

Fraicheur de l'herbe et de la pluie

Histoire du silence et des odeurs

 

 

 

 

 

 

Cosmos

Cosmos de littérature, de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Couleurs
Couleurs de l'Occident : Fischer, Alberti

Couleurs, cochenille, rayures : Pastoureau, Roque, Jarman

Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


Crime et délinquance

Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

Cronenberg

Science-fiction biotechnologique : de Consumés à Existenz

 

 

 

 

 

 

Dandysme

Brummell, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire

 

 

 

 

 

 

Danielewski

La Maison des feuilles, labyrinthe

 

 

 

 

 

 

Dante

Traduire et vivre La Divine comédie

Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

De la Vita nuova à la sagesse du Banquet

Manguel : la curiosité dantesque

 

 

 

 

 

 

Daoud

Meursault contre-enquête, Zabor

Le Peintre dévorant la femme

 

 

 

 

 

 

 

Darger

Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

Darnton

Requiem pour la liberté d’expression

Destins du livre et des bibliothèques

Un Tour de France littéraire au XVIII°

 

 

 

 

 

 

 

Defoe

Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

De Luca

Impossible, La Nature exposée

 

 

 

 

 

 

Démocratie

Démocratie libérale versus constructivisme

De l'humiliation électorale

 

 

 

 

 

 

Derrida

Faut-il pardonner Derrida ?

Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

Dick

Philip K. Dick : Nouvelles et science-fiction

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

Dillard

Eloge de la nature : Une enfance américaine, Pèlerinage à Tinker Creek

 

 

 

 

 

 

Diogène

Chien cynique et animaux philosophiques

 

 

 

 

 

 

Dostoïevski

Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

Eco

Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Biophilia : Wilson, Bartram, Sjöberg

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers écoromancier de L'Arbre-monde

Ernest Callenbach : Ecotopia

 

 

 

 

 

 

Editeurs

Eloge de L'Atelier contemporain

Diane de Selliers : Dit du Genji, Shakespeare

Monsieur Toussaint Louverture

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

Haine de la littérature et de la culture

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Histoire romanesque du franquisme

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

Bernardine Evaristo : Fille, femme, autre

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

Wright, Ellison, Baldwin, Scott-Heron

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

Herland parfaite république des femmes

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte, Vraiment peindre

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Adam et Eve, mythe et historicité

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Des peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

La Sirène d'Isé

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable, Nouvelles de jour et nuit

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Faim romantique et passion nazie

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

Croisade des enfants, Vies parallèles, Livre des nombres

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

Jaccottet

Philippe Jaccottet : les madrigaux, la clarté

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'intégrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

Kehlmann

Tyll Ulespiegle, Les Arpenteurs du monde

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

George Steiner, tragédie et réelles présences

Vocabulaire européen des philosophies et autobiographie par Barbara Cassin

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lorca

Federico Garcia Lorca par Ian Gibson ; Une Colombe si cruelle

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Lumière de L'Esprit des lois

 

 

 

 

 

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Troubadours et érotisme médiéval

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

SurVeillance, holocauste, hermaphrodisme

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, L'Estomac, Orgasme

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Peinture

Traverser la peinture : Arasse, Poindron, Slimani

Sonnets des peintres : Tapies, Titien, Rohtko, Twombly

 

 

 

 

 

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Populisme

Populisme, complotisme et doxa

 

 

 

 

 

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, 75 feuillets

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Ecrivains noirs : Wright, Ellison, Baldwin, Scott Heron

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

De Jésus aux chrétiennes uchronies

Le Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

De l'origine des dieux ou faire parler le ciel

 

 

 

 

 

 

Renaissance

Renaissance historique et humaniste

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

Rilke

Sonnets à Orphée, Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

Science et guerre : Volpi, Labatut

L'Eglise est-elle contre la science ?

Inventer la nature : aux origines du monde

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie ; No Smoking

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare et la traduction des Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Faire parler le ciel. De la théopoésie

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Dictionnaire amoureux de Venise

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorcières

Sorcières diaboliques et féministes

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

 

 

 

 

 

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Spengler

Déclin de l'Occident de Spengler à nos jours

 

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

Temps de Chronos et politique des oracles

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Hayes : Je suis Pilgrim ; Tejpal

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

À la recherche des années Trump : G Millière

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies

Ernest Callenbach : Ecotopia

Herland parfaite république des femmes

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Culture et littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Venise

Strates vénitiennes et autres canaux d'encre

 

 

 

 

 

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

Volpi : Klingsor. Labatut : Lumières aveugles

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Lazare, Le ghetto de Varsovie

 

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