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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 08:22

 

Almagro, Ciudad Real, Castilla la Nueva. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Isaac Rosa,

 

la jeune littérature espagnole

 

à l’affut de ses démons,

 

de la guerre d’Espagne à la Movida :

 

Encore un fichu roman sur la guerre d’Espagne !

 

La Pièce obscure.

 

 

 

Isaac Rosa : Encore un fichu roman sur la guerre d’Espagne !

traduit de l’espagnol par Vincent Raynaud, Christian Bourgois, 480 p, 26 € ;

 

La Pièce obscure,

traduit par Jean-Marie Saint-Lu, Christian Bourgois, 288 p, 19 €.

 

 

 

   

      Entrelaçant roman mémoriel et essai critique, roman de mœurs et prose intensément lyrique, la jeune littérature espagnole s’attaque à ses démons. L’entreprise de démolition va jusqu’à se moquer de l’avalanche littéraire consacrée aux années sombres du franquisme, tandis que l’obscurité est l’occasion, pour les jeunes gens de la Movida, d’expérimenter leurs fantasmes, puis de faire le deuil de leurs vies décevantes. D’Encore un fichu roman sur la guerre d’Espagne ! à La Pièce obscure, Isaac Rosa, né à Séville en 1974, porte un regard aiguisé sur sa génération, quand son écriture virtuose manie aussi bien l’ironie que l’énumération somptueuse.

 

      C’est à une première littéraire que nous assistons. Ou comment se saborder et rebondir à la fois… Voilà un écrivain espagnol de la jeune génération (né en 1974) qui a tout pour plaire et se complaire dans sa réussite. Deux romans ont fait son succès : El Vano ayer[1], publié en 2004, fut aussi chamarré de prix que la vareuse d’un ancien combattant. Quant à son premier, La Malamemoria, moins remarqué, néanmoins honorable, il reste estimé au point qu’on voulût le rééditer. Tout auteur normalement constitué ne peut ressentir qu’un agréable pincement de vanité lors d’une telle marque de reconnaissance…

      Pas Isaac Rosa. Se relisant, après huit ans, le voilà dessillé. Il lit toute son imperfection, s’agace des naïvetés, des grandiloquences et des clichés. Sans nul doute, depuis il a mûri, il a pris une distance considérable, de la hauteur, par rapport à cette œuvre inaugurale dont il fut si fier. Il ne serait pas le premier à renier d’anciennes et immatures productions. Que faire ? Corriger, saccager, reconstruire ? Une solution plus radicale, cependant plus respectueuse et plus cruelle s’impose à lui : le republier tel quel, mais entrelardé, chapitre après chapitre, de remarques bien senties et sans concessions, se faire son propre critique, sans la moindre pitié, armé du vitriol de l’ironie : Encore un fichu roman sur la guerre d’Espagne ! grince-t-il des dents, contre toute bien-pensance.

      Voilà qui donne lieu à un exercice aussi nourrissant qu’édifiant, amusant. Il y a en effet trois manières de lire ce qui est devenu un roman postmoderne. Primo, ne lire que les chapitres en gras, c'est-à-dire l’ancien récit dans lequel Julian Santos se voit engagé par une veuve pour écrire les mémoires de son mari fraîchement suicidé. Evidemment l’homme a un passé trouble, voire criminel, du coté de la Guerre d’Espagne, entre Républicains et Franquistes. Quand à l’enquêteur, il découvrira un village perdu d’Andalousie, les affres de l’amour, sans compter son propre passé, pas si reluisant. Au final un bon bouquin, doué d’une psychologie et d’un lyrisme bienvenu, d’une éthique sûre propre au roman engagé, mais, au cas où nous ne sous en serions pas aperçus, bourré de lieux communs bien écrits…

      Secondo, lire page après page en respectant le double travail de l’auteur, c'est-à-dire la succession alternée de la narration et de l’essai critique pour être au plus près de l’exercice de style. La bonne solution sans doute. La mise en abyme est très réussie, où l’on voit l’auteur remueur et juge de son propre texte.

      Tertio, ne lire que les entrefilets en italiques, parfois fort généreux. Et l’on finit par se demander si là n’est pas la meilleure méthode. L’entreprise de démolition critique est absolument roborative et donne lieu à une grande leçon de littérature appliquée : « nous nous heurtons à d’épais murs, dont on essaie de dissimuler la lourdeur derrière de jolis ornements en plâtre, certes peints en or. » ou « De plus, l’auteur verse dans le schématisme, la simplification et le jeu manichéen », ou encore « Le contenu se révèle redondant et en dit long sur le peu de confiance de l’auteur en un savoir-faire narratif et, pis encore, en l’intelligence du lecteur. » Sans parler des « clichés », « surjouer », « prétentions psychologiques », « village de carton-pâte », et autres joyeusetés, entre « un prologue pompeux et tapageur » et un épilogue « débordant d’expressions maniérées ». Que reste-t-il de nos guerres changées « en prétexte narratif » ?

      A l’issu d’une telle réjouissance acide, on se demande si tant de romans espagnols en sortent indemnes. Il y en eut pourtant d’excellents, sur un sujet semblable, tel Le Cœur glacé d’Almuneda Grandes[2]. Mais l’exercice ne vaut-il pas pour d’autres histoires nationales ? Combien de fois le malheureux lecteur (sans parler du critique) n’est-il pas obligé, à chaque rentrée littéraire, de passer sous les fourches caudines d’un récit mettant en scène les affreux pétainistes et les valeureux résistants, alors que le sens de l’Histoire a déjà parlé, que nous savons pertinemment qui sont les méchants et les gentils… Encore un fichu roman sur l’Occupation ! Sur la guerre d’Algérie, sur le 11 septembre… Nombre d’auteurs devront poser ce livre sur leur table chevet. Nul doute qu’ils se retourneront plus d’une fois dans leur sommeil…

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      L’obscurité n’est par définition guère rassurante, au mieux apaisante, au pire effrayante. Pourtant les personnages de La Pièce obscure, des jeunes gens sans aucun doute, la choisissent. Secrètement obsédés par l’expérience impromptue d’une panne d’électricité qui leur a permis de lâcher leur mal-être et de jeter leur faim les uns sur les autres, ils calfeutrent l’unique ouverture de cette pièce avec des couvertures : chaque soirée du samedi, « la désinhibition était un cadeau de l’obscurité ». S’aventurer rituellement dans cette touffeur aveugle c’est aussitôt se livrer à des fantasmes sensitifs et charnels jusque-là impossibles. Alcool, hasch, méditation, équivalent auditif et olfactif du voyeurisme, copulation, tout y parait libéré, en « un moment de transgression définitif qu’il fallait presser comme un citron ». L’activité sexuelle, d’abord excitante, ne laisse cependant pas de devenir sordide : « l’intrépidité de la seconde précédente se change en gêne, en saleté », quoique, magnétisés, les protagonistes y reviennent périodiquement, comme en état d’addiction tribale.

      De quoi cette « pièce » est-elle le nom ? De l’inconscient et du terrier fœtal, dirait le psychanalyste. Du refoulé lors du franquisme dirait l’historien. Car nous sommes après la mort de Franco, dans l’Espagne de la libération des mœurs, de la Movida,  peut-être à Madrid, dans une plage temporelle où les libertés nouvelles de la société de consommation ne suffisent pas à la plénitude, jusqu’à ce qu’au détour de la crise, le mouvement des Indignados (à partir de 2011) cherche d’autres illusions politiques en colonisant les places publiques. Certes, Isaac Rosa n’avance aucune analyse des causes économiques et politiques de cette crise, moins due au capitalisme qu'au socialisme, mais nous admettrons que ce n’est en rien son propos.

     Comme en un rappel de la terreur franquiste, une descente de police injustifiée dans cette « pièce » fait assaut de torches aveuglantes. Plus loin, l’inquiétante venue d’un intrus, violeur de surcroit, puis ce qui s’avère être, pour les membres fondateurs de la « pièce », une complicité de délinquance informatique aggravée : la cache « s’est transformée en piège ».

      La Pièce obscure un roman sans personnage central. Le narrateur omniscient, qui ne se nomme jamais (peut-être niché derrière son ordinateur parmi les brefs chapitres intitulés « Rec »), emploie le « nous », parfois « on », sinon « tu ».  Périodiquement, il se focalise, avec son lecteur, sur quelque personnage, un moment marquant. Des fiancés, des couples légitimes, des jaloux compulsifs. Des boiteux de la vie, comme Silvia, obsédée par ses combats anticapitalistes, œuvrant pour des associations, et se retrouvant à quarante ans avec un fils, un chômage misérable, pas la moindre perspective d’avenir, poursuivant frénétiquement son illégal activisme pour dénoncer entre autres la surveillance électronique. Maria, une petite coiffeuse harcelée. Un autre justifie son « hacktivisme » qui consiste à infiltrer les ordinateurs, y « balancer de la merde », pour ruiner des vies, à tort ou à raison. Devant ces crises de la quarantaine, ces post-adolescences indéracinées, ces angoisses, ces divorces, ces dépressions, voire ce suicide, nombreux sont ceux qui cherchent « à disparaître dans la pièce obscure ». Depuis cet antre silencieux, fœtal et sexuel, depuis cette « cache en forme de lâcheté », jaillit un portrait sans concession « d’un groupe de jeunes en transit vers leur maturité », d’une époque biaisée, d’une société en faillite : « une décharge sur la pente de laquelle a roulé tout ce que nous avions accumulé ».

      Le lecteur hésite alors entre un regard critique peu indulgent envers ces blessés de la vie, et une certaine dose d’empathie, tant la froide distanciation du narrateur parait les destiner à la barre d’un procès qui leur serait inflexiblement destiné. À moins que par pudeur et souci d’objectivité, Isaac Rosa, en retrait, ne laisse entendre une réelle tendresse pour ses personnages…

      Si le réalisme est sans cesse en action, un souffle lyrique et pathétique omniprésent balaie de fond en comble le roman. Malgré l’éventuelle répugnance du lecteur, il faut se laisser submerger par cette prose charnelle, sucrée, boueuse. Comme ses personnages, les flux verbaux « ne sont pas embellis par l’épique d’une tragédie, tout au plus y avait-il la graisse noirâtre de petits drames ». Les vagues d’énumération d’objets de consommation, de tranches de vies apparemment réussies et bientôt dévastées, jamais ennuyeuses, ne sont pas sans rappeler Les Choses de Georges Pérec[3].

 

      Servi par une écriture somptueuse, cette « pièce obscure » de la littérature confirme on ne peut mieux le talent divers d’Isaac Rosa, qui maîtrise l’art des compositions originales. Après son pamphlétaire Encore un fichu roman sur la guerre d’Espagne, on ne lui reprochera pas instant d’avoir écrit encore un roman, qui n’a rien d’obscur, sur la Movida et les Indignados. Quoique ces derniers soient ramenés, par une discrète et néanmoins brûlante satire, à un petit peuple de médiocres et de lâches, confinés dans leurs fantasmes adolescents et leurs ressentiments, même si la société politique et économique qui les enfante ne mérite guère notre indulgence.

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

La partie sur Encore un fichu roman sur la guerre d'Espagne a été publiée dans Le Matricule des anges, mars 2010.

 

[1] Isaac Rosa : La Mémoire vaine, traduit par Vincent Raynaud, Christian Bourgois, 2006.

[3] Georges Pérec : Les Choses, Denoël, 1965.

 


 

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 19:44

 

Abizanda, Huesca, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Ramon Sender ou l’art du huis-clos

 

franquiste et espagnol :

 

Le Fugitif, Le Roi et la Reine,

 

O.P. Ordre public.

 

 

 

 

Ramon Sender : Le Fugitif, traduit de l’espagnol par Claude Bleton.

 

Le Roi et la Reine, traduit par Emmanuel Robles, illustrés de collages et dessins d’Anne Careil,

Attila, 2012 et 2008, 224 p et 270 p.

 

Ramon Sender : O. P. Ordre public, traduit par Claude Bleton,

Le Nouvel Attila, 240 p, 18 € chaque volume.

 

 

 

 

      Plus encore peut-être que l’Occupation et la Guerre d’Algérie pour les écrivains français, la guerre d’Espagne, parce que civile, est une épine sanglante dans la mémoire des romanciers espagnols, taraudés par la répression et la chape de plomb franquiste qui pesa de 1936 à 1975. Ainsi, parmi les premiers, et dans nombre de ses romans, entre Le Fugitif et O. P. Ordre public, Ramon Sender (1901-1982), plutôt que seulement s’engager parmi les champs de bataille, a longtemps continué d’engager dangereusement sa plume, de façon à exhiber les conséquences et la cristallisation du franquisme dans de réalistes, quoiqu’étranges, voire magiques, huis-clos.

 

      Dans Le Fugitif, un Républicain « fanatique de la liberté » fuit la traque des « fanatiques franquistes ». D’abord caché entre une porcherie et un piano, il trouve refuge dans un confessionnal, où il se voit obligé d’entendre les péchés d’une pénitente, puis finalement au sommet du clocher. Là, « dans le réduit de l’horloge » qui compte trois poupées de bois condamnées à l’immobilité par l’usure et la négligence, comme autant de Parques, il voit « les simulacres de femmes » de son passé. Entre Pélagia et Martina, Euphémia lui rappelle Marcella, qui le « regardait comme le monstre froid de Hegel »… Sans gêne aucune, il dialogue avec ces trois figures, amour, mythes et science se bousculant dans son discours. Reclus dans « la chambre du temps », ce narrateur cultivé médite, rêve, en proie à un vertige métaphysique menacé par la mort. Au rythme des baptêmes, noces et enterrements, le cycle de la vie du village tourne au-dessous de lui. Le voilà glosant sur les racines juives de Don Quichotte, frôlant ainsi l’essai. Et parfois l’aphorisme : « Il semble que le jeu social n’a pas d’autre solution que l’assassinat ou l’hypocrisie. Je préfère cette dernière. » Poussé par la faim, malgré le secours de quelques biscuits et hosties, sans oublier l’eau bénite, il finit par se prendre aux cordes des cloches, remettant inopinément, ô ironie du sort, les poupées qui ameutent alors la population. Aussitôt décroché, il est l’objet d’un procès. La justice est alors l’objet de la satire : « Le juge était un homme insensible au grandiose ou au sublime, mais il se passionnait pour des vétilles ». Devant la joyeuse sérénité du condamné à mort, on se refuse à le pendre avant qu’il ait repris goût à la vie. L’humour pince sans rire de Sender fait merveille et le roman se fait alors bien plus métaphysique et onirique qu’historique. Au point de balayer les barrières des genres et des registres littéraires : « Je voyais alors ma mort comme un simple et rapide passage de l’être naturel à l’être ensorcelé ».

      L’art n’est-il, comme l’affirme un de ses personnages, qu’une « affaire de combines sur le marché des vanités sordides » ? Celui de Sender a quelque chose de baroque, de cynique, qui mérite de marquer l’esprit du lecteur. Sommes-nous à la frange du surréalisme ? Il est en tous cas bien fantasque, désacralisant la terreur franquiste jusqu’au merveilleux, grâce à sa seconde captivité, dans un château, son histoire d’amour onirique avec une mendiante… Ne disait-il pas, confirmant une esthétique proche du réalisme magique latino-américain : « Mon propos relève plus de l’illumination que de la logique. J’essaye de suggérer des plans mystiques à partir desquels le lecteur puisse rêver. » 

 

Sender-Roi.jpgSender-Fugitif.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      La lecture de Sender procure un plaisir sombre et cruel, raffiné, comme à la vue d’une pirouette mentale de la liberté et de l’humour devant les atrocités de l’histoire. Il faut  le fréquenter assidument. On relira son emblématique Le Roi et la Reine ; de façon à savoir ce qu’il en coûte d’étrangeté à se montrer nue à son jardinier quand on est une duchesse, considérant qu’il ne s’agit pas là d’un homme. Encore une fois, la guerre civile espagnole rompt les usages et permet un huis-clos grave et facétieux, un dialogue d’abord contraint, puis édifiant, passionné entre les protagonistes soudain rapprochés. Après une orgie de sang et bien des délibérations politiques et mentales, « Le Roi et la Reine ne sont plus ceux que l’on pense »…

      Il n’y pas de désordre sans prison, ni de d’ordre sans prison. Avec Ramon Sender l’Ordre public offre le pire : une prison abjecte. Nous sommes sous la dictature de Primo de Rivera, dans une Espagne où les années 20 étranglent les promesses de l’illusion communiste, comme du progrès libéral. Un jeune journaliste, incarcéré à la Moncloa, le plus vaste établissement pénitentiaire de Madrid, est témoin d’une explosion de colère, d’une émeute éphémère ; mais les espérances sont déçues par la brutale répression, puis par les exécutions au garrot. Entre le tyrannique « Ordre Public » et « l’ordre universel » des libertaires, le monde est scindé en deux.

      Ce pourrait n’être qu’un reportage romancé en huis-clos, une galerie de portraits de voleurs et criminels aux surnoms évocateurs : « le Pompon », « le Zèbre », « le Bibliothécaire », « la Tripe »... Mieux, « le Journaliste » incarcéré, converse, conjointement à l’entrée des souffles de l’air parmi les murs, avec un personnage pour le moins insolite  et finalement allégorique : « le Vent ». La plupart sont des prisonniers politiques, en « cette braderie qu’est la morale espagnole ». Entre « messe » et « isolement fers aux pieds », le « devoir est de semer les haines et de les féconder dans le sang ». Si le roman engagé pêche par excès de manichéisme, dénonçant avec verdeur le clergé et « le bourgeois », l’écriture est évocatrice, colorée, puissante, mêlant lyrisme et tragique, imprégnée de réalisme magique : jusqu’à la présence du « diable », qui reste à interpréter…

      Ce sombre et néanmoins énergique roman, paru en 1931, fut inspiré à Ramon Sender par sa propre détention, à cause de ses convictions anarcho-syndicalistes et de ses protestations contre la dictature militaire. Quoiqu’inscrit dans un contexte politique daté, prémices du franquisme à venir, de par sa dimension documentaire, mais aussi baroque, il reste intemporel.

 

 

 

      Le texte le plus célèbre de Ramon Sender est probablement son Requiem pour un paysan espagnol. Il s’agit d’une étrange cérémonie funèbre célébrée par un prêtre dont la responsabilité est pour le moins trouble dans l’assassinat de son patient par les phalangistes en 1936 : « La mort de Paco était si fraîche que Mosén Millan croyait encore avoir des taches de sang sur ses vêtements ». On devine que notre écrivain, dont la famille fut exécutée par les Franquistes, se trouva copieusement et scrupuleusement censuré tout au long du régime de Franco. Aragonais, anarchiste militant, exilé au Mexique puis aux Etats-Unis, dont La Sphère[1] reprend de manière romanesque le  voyage en bateau sur les flots de l’Atlantique, éditeur prolifique, Ramon Sender, ce fou littéraire très sensé, a écrit une soixantaine de romans, dont treize sont chez nous traduits. Treize seulement ! Qu’Attila, devenu Le Nouvel Attila, continue ce beau travail, sans omettre le bonheur de ses maquettes et de son étonnante illustratrice Anne Careil, et que sous les pas de son étonnante démarche éditoriale poussent de nouvelles traductions…

 

 

Thierry Guinhut

La partie sur O. P. Ordre public est parue dans Le Matricule des anges, juin 2016.

Une vie d'écriture et de photographie

 

 


[1] Ramon Sender : La Sphère, Robert Laffont, 1972.

 

 

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 12:39

 

Château de La Calahorra et sierra Grenada. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Miquel de Palol : Le Jardin des sept crépuscules,

 

roman visionnaire aux récits emboîtés

 

 

Miquel de Palol : Le Jardin des Sept Crépuscules,

traduit du catalan par François-Michel Durazzo,

Zulma, 1152 p, 28,50 €.

 

 

 

      Il faut toujours une raison puissante, plus ou moins plausible ou fantastique, pour qu’un groupe d’amis trouve en un lieu écarté le loisir d’alterner les plaisirs de la narration et de l’écoute passionnée. Après la peste florentine du Décaméron de Boccace lors du XIV° siècle italien, le Catalan Miquel de Palol (né en 1953) choisit en sa réécriture contemporaine une guerre nucléaire pour séparer ses conteurs d’un monde devenu impraticable. C’est ainsi que par les lèvres de maints narrateurs se déploient les grandeurs et déboires d’une banque catalane et mondiale, animés par une foule de personnages contrastés et rutilants. Ce au travers d’un roman visionnaire aux récits emboîtés.

 

      Le prologue du Jardin des Sept Crépuscules narre à la première personne le parcours d’un jeune homme de la meilleure société de Barcelone, emmené en secret depuis Barcelone dévastée, par de dangereuses routes nocturnes, jusque dans un imprenable château juché sur une montagne, que l’on imaginerait être des Pyrénées de fantaisie. Le luxe du lieu, des chambres, des victuailles, des œuvres d’art fabuleuses et surabondantes, d’un incroyable jardin perché, celui des « sept crépuscules », semble une invention surréaliste apaisée. C’est en cette uchronie qu’une poignée d’élus, rares gens de pouvoir, vont se livrer à l’art du récit : ils sont, hors le narrateur du récit-cadre, Pierre Gimellion, Andreas Rodin, Fabius Roncal, Artur Oliver, Simon Gerke, Randolph Carter, mais aussi Camila Hanusin, et Gertrudis qui plait aussitôt énormément à celui dont nous suivons l’itinéraire, l’initiation et les pensées. Sans compter les narrateurs emboités comme poupées gigognes…

      Les voilà bientôt réunis pour dessiner des destinées et brosser un tableau du monde des affaires, quand « une malédiction semblait peser sur la banque Mir ». Les générations se succèdent autour de la famille Cros, parfois en des histoires doublement enchâssées. Des personnalités sont récurrentes, au travers de la fortune et des aléas de l’établissement bancaire, de la succession des bons et mauvais dirigeants, du « nœud » financier et politique, des haines et des amours qui visent autant la beauté des corps et des esprits que celle de l’argent et du pouvoir.

      Des moments forts marquent ce roman polymorphe : cette femme courtisée par un amant monstrueux, puis délaissée, avant de voir ses enfants enlevés ; ce garçon abandonné, délinquant patenté avide qui « voyait dans la science et la culture des armes formidables qui pouvaient le sortir de l’indigence », et recueilli par Ficinus pour devenir un des leviers de l’empire bancaire. L’un des vortex étant le vol d’un joyau précieux. Est-il « à l’origine d’une grande partie des mouvements politiques et économiques de ces dernières années » ? Le mystérieux Oméga, désigné par son seul signe, est peut-être, qui sait, le marionnettiste en chef des splendeurs, aléas et entrelacs de la banque Mir…

      Peu à peu, l’ambition prend forme : « rendre l’inconscient universel, socialiser la mémoire ». Le vaste roman de société, où « la capacité de jouer avec les utopies semblait en berne », se penche sur sa propre construction, sur la dimension éthique dans les manières de gérer une banque ou les rapports humains, y compris au moyen d’une fine pénétration psychologique. L’entrecroisement des nouvelles permet alors au projet presque balzacien de se doubler des séductions romanesques de l’aventure et des passions politiques, entraînant la sensation de toujours demeurer auprès d’un nouveau suspense. Comme en un roman feuilleton à la Dumas, en un savant dosage de narration classique et de romantisme, d’apologues, de contes fantastiques, d’enquêtes policières et fiscales, « Phrixos le fou », le premier volet du Jardin des sept crépuscules, qui compte trois « journées », ne nous lâche plus, « sorte de réserve philosophique qui pourrait aider, le cas échéant, à sortir de la dépression» Sans compter les intrigues initiées entre les sept narrateurs aux points de vue divers, leurs sages entretiens sur l’art et l’argent, la poésie et l’amour, les amours de notre héros, narrateur de l’ensemble, avec l’énigmatique Gertrudis, avec la charnelle Emilia…

      On s’irriterait en vain contre le trop de beauté du château, contre l’artifice qui permet les histoires, contre la sophistication de la langue et des points de tension et autres échos entre les épisodes. Mais aussi « quand l’essentiel d’une histoire est immergé comme un iceberg dans l’obscurité des profondeurs »… Ce livre emporte sans regret son lecteur dans un festival de narration fabuleux, même si « À bord du Googol » (titre de la seconde partie) cet étrange bateau-espion qui frôle par instant la science-fiction, le vertige narratif perd parfois la boussole du lecteur, peut-être trop sollicité… Il faudra poursuivre jusqu’au troisième volet pour retrouver son chemin parmi la constellation des récits, où « La tête d’Orion » est peut-être celle du mystérieux Oméga, alias, qui sait, Gimellion, dont l’étymologie est celle du joyau. Lequel, selon le personnage de Carter, se révèle être « une lentille gravitationnelle capable d’absorber l’entropie ». Ce qui ne permet cependant pas résoudre toutes les énigmes, là où « l’écrivain imagine les choses jusque dans leurs antinomies », en une finale ouverte…

      On pourrait s’étonner que le premier volet, « Phrixos le fou », puis le second, « À bord du Googol », aient été publiés isolément, alors que le troisième n’a pas eu cet honneur. Si l’on ne peut accueillir en notre bibliothèque les trois tomes de ces « sept crépuscules », il faut acquérir le « Jardin » entier, en un précieux et généreux volume, pour découvrir le dernier volet, et peut-être « voir clair dans les merveilles ou les abominations qui nous attendaient », jusqu’à ce que le « Jardin du crépuscule » devienne le « Jardin de l’aube ».

      Reste qu’il est loisible de préférer -et pourquoi pas ?- picorer parmi la table des matières et « l’arbre des récits », voire l’« Index des principaux personnages » et leurs « arbres-étoiles », obligeamment fournis, pour composer à la carte son propre banquet de récits. On aimera peut-être l’« Histoire de la quête du joyau », celle de « Mimi Chauffe-biberons », « du surhomme Peter Sweinsten », « de l’amoureux inconnu », « de la chambre circulaire », « du pouvoir du joyau »… À charge de décrypter le fil rouge des allusions mythologiques, celui de l’esthétique métalittéraire prisée par Miquel de Palol, ainsi que sa vision sociétale : réfugiée au-dessus du chaos, cette poignée de grands bourgeois, d’aristocrates du capitalisme et de la politique, fondent-elle une utopie ? À moins que la satire s’empare de leurs vices et de leur hubris.

      À moins, encore une fois, que l’écrivain soit la victime consentante de « l’ambition totalisatrice, qui en littérature la plus grande des vanités ». En effet, à la lisière du réalisme critique et du fantastique poétique, le roman expose son lecteur à pas moins de « sept crépuscules » de sa perplexité et de sa passion…

 

      Le Phrixos du premier volet de ce triptyque est-il une image du narrateur qui encadre ce feu d’artifice de récits ? Fuyant sa belle-mère, « à cheval sur le mouton aux cornes torsadées qui l’avait sauvé du sacrifice à Zeus », il est finalement accueilli en Colchide, pays qui serait une version mythique du château où se trouve un tel tableau ornant la chambre du jeune homme. Ce pays est également, après les fameux Mystères de Paris d’Eugène Sue au XIX°, celui des mystères de Barcelone et des rouages secrets de la finance mondiale. Quant à Miquel de Palol, auteur de ce qui devient finalement un roman philosophique d’ampleur, père polygraphe d’une soixantaine de titres chez nous inédits, entre poésie et essais, il semble pouvoir tenir à bout de bras et de clavier rien moins que de plus réalistes et cependant visionnaires Mille et une nuits

 

Thierry Guinhut

 Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 16:34

 

Cervantès : Don Quichotte, cartonnage Guérin. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Don Quichotte et le problème de la réalité,

par Cervantès, Schütz et Garouste.

 

 

Alfred Schütz : Don Quichotte et le problème de la réalité,

traduit de l’anglais par Thierry Blin, Allia, 64 p, 6,20 €

 

Cervantès : Don Quichotte, illustré par Gérard Garouste, Diane de Selliers,

La petite collection, traduction de François Rosset, revue par jean Cassou,

deux tomes sous coffret, 326 p et 360 p, 95 €

 

Personnage éminemment baroque, Don Quichotte oscille entre illusion et réalité. Ce serait alors affirmer que la seconde infirme sans recours la première. Cependant, au chevalier à la triste figure, l’illusion est bien plus précieuse et nécessaire. Et si Sancho semble irréductiblement, de sa grosse panse et de son âne, incarner la réalité, il n’est pas sans céder aux visions de son maître, son opposé, son miroir et son double, comme le confirme la tête biface de Janus qui les unit sur la couverture imaginée par le peintre Gérard Garouste. De même, c’est avec le talent du sociologue et du philosophe qu’Alfred Schütz confirme, devant « le problème de la réalité », qui tous nous affecte, la pertinence de Cervantès, créateur de mythe.

 

L’on sait que Don Quichotte voit des géants au lieu de moulins et de tonneaux, voit une Dulcinée splendide au lieu d’une fruste paysanne du village du Toboso. C’est avec l’œil de son fantasme et d’une idéale construction du monde qu’il perçoit la réalité. S’appuyant alors sur la thèse de William James selon laquelle « l’origine et la source de toute réalité, que ce soit du point de vue absolu ou pratique, est donc subjective », Alfred Schütz utilise le héros de Cervantès comme une vaste machine destinée à montrer que « la vérité dépend de la réalité dans laquelle chacun croit, [que] nos choix et nos convictions sont avant tout des phénomènes sociaux ». Ce dernier « s’acharne à tenir pour réel son sous-univers imaginaire, alors qu’il se heurte sans cesse à cette réalité quotidienne ».

 

Gérard Garouste : Le chevalier de la blanche lune, Don Quichotte, Diane de Selliers.

 

Ainsi, la chevalerie n’a rien de fictionnelle, car attestée dans tant de livres. Elle a une « mission divine », garde la Vérité, se joue de l’espace et du temps, « comme dans la conception einsteinienne de la théorie de la relativité ». Les « enchanteurs » garantissent « la coexistence et la compatibilité de plusieurs sous-univers de significations ». Hélas, si le monde social de Don Quichotte est « à ses yeux parfaitement lumineux, il relève de la folie pour ses semblables ».

 Pourtant, la conviction de l’anti-héros de Cervantès, humilié, battu par la rudesse du réel et de ses contemporains, finit par aspirer en ses filets perceptifs nombre de comparses, dont l’aubergiste qui accepte de le sacrer chevalier, mais surtout Sancho Pança, grossier écuyer, bien terre à terre, qui finit par croire aux inepties splendides de son maître. Voilà Don Quichotte enchanteur à son tour, dont le charisme peut-être celui de maints poètes, de maints sectateurs et gourous, de maints politiques… Un « sous-univers de discours » est alors à l’œuvre. De la même façon que Sancho use d’un florilège de proverbes, quoique dans une autre « structure typique de pertinence ». Une sorte de tribunal finit par convenir que le bassin du barbier est bien « l’armet de Mambrin ». Ni « par la logique formelle, ni par le consentement de la majorité, pas plus que par la victoire militaire », la réalité ne peut être établie avec certitude.

 

 

Dans la seconde partie de son roman, Don Quichotte va jusqu’à « douter de sa propre identité », donc de sa réalité, là où les frontières de cette dernière sont mobiles. Au point d’admettre « le point de vue hégélien de la ruse de la Raison », comme lorsque Sancho convient qu’il puisse n’avoir vu de la Dulcinée idéale qu’une « paysanne empirique ».

Le spectacle de marionnettes auquel assiste Don Quichotte interroge également la réalité de l’art. Devant la représentation théâtrale du roi maure persécutant Mélisandre, il se jette sur le païen avec son sabre, stupéfait qu’il est par la mimesis aristotélicienne, par « la réalité du travail artistique ». L’illusion gouverne le cavalier de Rossinante, lorsque les yeux bandés il croit voler. Ainsi « aveuglés comme nous le sommes lorsque nous évoluons dans le domaine du transcendantal, nous ne pouvons vérifier le témoignage de nos semblables par nos propres perceptions sensorielles ».

Hélas, la désillusion finale fait que Don Quichotte « perd la foi dans le principe fondamental de sa métaphysique et de sa cosmogonie ». C’est alors qu’il retombe « dans la réalité quotidienne comme dans une prison et torturé par le plus cruel des geôliers : la raison de sens commun », et n’a plus qu’à mourir. S’il « vécut comme un idiot et mourut comme un sage », selon son compère Carrasco, nous sommes heureux qu’il n’ait pas vécu comme un sage, car nous n’aurions rien su du drame enchanteur du fameux chevalier autant picaresque qu’héroïque…

En ce sens, la réflexion d’Alfred Schütz, sociologue et psychologue, est plus que pertinente. Qui eût cru que Cervantès puisse ne pas être un philosophe enchanté eût été abusé ; remercions alors Alfred Schütz, de nous ouvrir les yeux, grâce à cet essai publié en 1946. L’amant imaginaire de Dulcinée perçoit la réalité, qui est toujours un problème, par le biais d’un filtre livresque et fantasmatique, comme ceux qu’un système idéologique possède contre toute raison, comme l’a montré Jean-François Revel dans La Connaissance inutile[1].

 

 

Certes, la réalité reste subjective, du moment où elle est objet de perception. A moins qu’il s’agisse, chez Alfred Schütz, d’une pensée trop radicale. Car il n’en reste pas moins que l’objectif de la science et de la raison est de toucher, d’approcher le réel lui-même, qu’il s’agisse d’abord du terrain de la matière, ensuite -mais c’est là plus difficile- de celui de la pensée morale, économique et politique. Le risque étant de glisser en avalanche dans un relativisme qui ferait fi de la nécessité scientifique et d’une hiérarchie des valeurs à construire avec justice.

 

Cette relecture, stimulante, de Don Quichotte ne peut se passer du retour au texte de Cervantès ; surtout s’il est accompagné des images des illustrateurs du XIX° et du XX°, Tony Johannot, Gustave Doré, Dubout… Il faudra maintenant compter sur un renouvellement inouï de l’imagerie en 150 gouaches et 126 lettrines. Car l’œil et le pinceau de Gérard Garouste (né en 1946) ont ce grain de lyrisme et de folie qui font exploser les couleurs au service des facettes du mythe quichottesque.

 

 

Pour faire écho à Alfred Schütz, le Don Quichotte de Garouste est un « sous-univers » flamboyant, né de la rencontre d’un écrivain du XVI° déjà égaré en son temps, quoique incroyablement moderne, avec un peintre inactuel, qui ne s’embarrasse pas des credo conceptuels et post-duchampiens de l’art contemporain. Il joue avec la fraîcheur de la gouache, avec la représentation, la diffraction, mentales et colorées. Il peint comme le fantasme d’un enfant qui hallucine le monde de la fiction, mais avec les moyens et la liberté d’un artiste achevé. En fait il s’agit de la représentation par Garouste de la représentation de la réalité que s’est faite Don Quichotte, lui-même personnage de fiction, né d’un auteur fictionnel, Cid Hamet Ben Engeli, imaginé par Cervantès. Les mises en abymes de la représentation et de la fiction brouillent tout espoir de réalité dès lors qu’il s’agit d’œuvre d’art aux multiples facettes, concaténations et métamorphoses.

Gérard Garouste montre avec autant de brio qu’Alfred Schütz combien Don Quichotte a un problème avec la et sa réalité. Il le peint à travers des distorsions corporelles, des affabulations de la perception. Sa tête se déploie, se retrouve détachée entre ses mains, multipliée, liée sans retour avec son complice et opposé, Sancho, qui est l’autre face de ce Janus. De plus, son miroir se renverse, comme il se démultiplie dans le miroir des histoires enchâssées parmi le roman. Il est tatoué d’yeux et de songes, couché dans la caverne de Platon. Allégorique comme les tarots, puéril comme le barbouillage, le travail du peintre bouscule les yeux, ravit l’esprit. Les métaphores baroques de Cervantès s’animent sous nos paupières : squelettes en feu, chanteuse devenue harpe, bossue se changeant en pieuvre, une duchesse se partageant en lune et soleil… Mieux encore, Gérard Garouste, en sa belle et quichottesque folie, s’identifie à son personnage et peint ses propres traits pour un « Quixotte apocrifo ».

 

Nous n’aurons pas la folie qu’eurent le curé et la gouvernante de Don Quichotte : jeter dans la cour et brûler ses livres de chevalerie. Que la raison, la beauté et la bibliophilie nous gardent d’agir de même ! Prenons soin de la réalité de l’opuscule d’Alfred Schütz et du coffret où Diane de Selliers sut unir la main de Cervantès et celle de Garouste…

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 18:16

 

Borges Cuentos

Borges suénos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blanca Riestra :

 

Le Songe de Borges

 

 

 

 

Traduit de l’espagnol par Aline Janquart-Thibault, Orbis tertius, 300 p, 19,90 €.

 

 

 

Il faut un culot monstre pour emprunter la voix de l’immense Jorge Luis Borges. Et pourtant l’Espagnole Blanca Riestra, par ailleurs auteure d’une demie douzaine de volumes et née en 1970, l’a fait. Et non sans brio. On connait la cécité du maître, les jeunes lecteurs qu’il convia près de son oreille (dont Alberto Manguel). Il faut supposer ici que ce secrétaire de fiction est un de leurs avatars, attentif à l’imaginaire testamentaire de l’auteur de La Bibliothèque de Babel

 

C’est à la veille de sa mort que ce dernier convie un jeune homme pauvre, pour « la transcription d’un rêve », « une indigestion de chimères ». Mais c’est d’un conte, ou  d’un « roman » qu’il s’agit, avec pour narrateur un vieux fossoyeur d’un cimetière juif de Prague, qui raconte sa jeunesse, autour de l’an 1609. Il y connut le roi Rodolphe, intrigua pour le tuer, tandis que des péripéties farouches, « des choses terrifiantes, indicibles », mais aussi un zeste d’amour en « Venusberg », se tramaient autour d’un manuscrit censé totaliser l’univers, mais peut-être faux…

Les emprunts à la culture du début du XVIIème résonnent : on y découvre, tour à tour, une belle crucifiée, John Dee et un « manuscrit alpha » les astronomes Kepler et Galilée, un « astrologue » nommé Tycho Brahé, le jésuite encyclopédiste Athanasius Kircher, un Marlowe qui est peut être Shakespeare. Les vertiges de l’identité tournoient parmi « le sacré et l’infâme ».

 

Evidemment il s’agit de thèmes chers à Borges tel qu’en lui-même : crime et mélancolie, le retour du Golem, l’aleph, une structure labyrinthique… Mais loin de l’imitation servile, Blanca Riestra tente un tour de force : laisser imaginer au lecteur que Borges se serait converti au genre inusité pour lui du roman. Cette mise en abyme, ce récit historique, fantastique et métaphysique, serait-il un écrit posthume, un roman volé, une sorte de réincarnation… Salmigondis de motifs borgésiens ?  Plutôt un pastiche réussi.

 

Thierry Guinhut

Article paru dans Le Matricule des Anges, juillet-août 2013

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

Voir : Christian Garcin : Borges, de loin

 

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 19:55

 

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Rubens : Tête de Méduse tranchée par Persée, 1616


 

 

 

Ricardo Menéndez Salmon : Medusa, ou l’artiste au prix du mal


Ricardo Menéndez Salmon : Medusa, traduit de l’espagnol

par Jean-Marie Saint-Lu, Jacqueline Chambon, 138 p,  18 €.

 


 

Un romancier espagnol s’attaque aux serpents de Méduse. Sa Trilogie du mal[1] a fait de Ricardo Menéndez Salmon (né en 1971) un écrivain assis à la lisière du romanesque et de la philosophie autant esthétique que politique. Exploitant le filon des abominations humaines, il ne pouvait que s’interroger sur la relation de l’artiste au mal, s’il s’agit d’une relation saine, perverse, voyeuriste, cathartique ou thérapeutique… C’est chose faite avec Medusa, bref (trop bref ?) roman qui emprunte les masques de la biographie et de l’essai pour heurter le lecteur de sa rare puissance.

 

Le peintre, tout ce qu’il y a de plus fictif, également photographe et cinéaste, se nomme Prohaska. Son art, ou du moins son activité d’enregistreur, qui ne parait pas vouloir s’embarrasser ni de l’éthique, ni du réquisitoire, consiste en un regard  apparemment sans responsabilité. Commis aux massacres nazis, puis franquistes, enfin des dictatures d’Amérique latine, mais jamais communistes -là est peut-être une limite de cet ouvrage- l’homme, qui veut que nulle part n’apparaisse son visage, a-t-il peur de se regarder en face et d’en être médusé ? Œuvrant au service de tyranniques régimes, s’il reste indemne de tout sentiment, l’est-il de toute idéologie, de toute impunité ?

Quand Prohaska, qui est pourtant capable d’aimer sa femme Heidi, travaille « Sous la dictée d’un dieu cruel », l’écriture froide du romancier est celle du constat et de l’amère ironie devant « les bagatelles de l’extermination ». Regard clinique, cynisme, irresponsabilité s’adressent autant à la conscience professionnelle du journaliste qu’à l’éthique de l’artiste. Faisant de l’image « son baume et sa rage », il dessine des visages d’enfants morts. Vautour des images ou cueilleur de vérité ? Complice, témoin ou procureur ? Figurant les « Plaies d’Hiroshima », le narrateur et faiseur d’icônes fuit l’émotion, délivrant « l’une des plus puissantes représentations de la douleur humaine que l’art du XX° siècle nous ait léguées ». La cruauté mécanique de l’Histoire est alors l’occasion pour l’auteur de nourrir un véritable mythe, celui de l’artiste, nouveau Sisyphe, condamné à vivre au chevet des souffrances qu’il a reflétées. Comme les victimes de Méduse, il oscille froidement entre fascination et répulsion. Au service du catalogue de l’horreur à la gloire des tyrans, peut-il encore croire contribuer à la beauté, à la pitié, à l’empathie envers la victime, croire en une fin atteignable de la chaîne de tortures, que son art aurait contribué à voir advenir…  La dimension esthétique de la violence et de ses cadavres semble subjuguer le sens moral. A moins qu’il s’agisse d’une lecture théologique sous le silence de Dieu, lorsque cet anti-héros médite ainsi : « La guerre est le récit répété de la chute ». Le suicide de ce « bureaucrate du mal », de ce Goya des « Désastres de la guerre », dont l’âme, sans aucune transcendance, serait irrémédiablement salie, conclue alors cet étrange et bel apologue, épique et psychologique, qui peut être lu comme un poème en prose. Auquel on pourrait également donner le titre d’une des œuvres de l’artiste : « Requiem pour notre dignité ».

 

Du reportage à l’œuvre d’art, la lecture du mal infligé par l’homme à l’homme est une constante de la nécessaire interrogation humaniste. Là où le mal radical selon Kant côtoie la banalité du mal selon Hannah Arendt[2], l’universalité des génocides et des crimes met en doute la capacité de l’humanité à œuvrer au service de la tolérance et du bonheur, autrement dit, le bien. Manichéisme philosophique ou nécessité de l’artiste, l’opposition du bien et du mal, voire l’iconologie du mal, rassemblent des écrivains aussi divers que Ricardo Menéndez Salmon, dont la Medusa est une sorte de déploration antique, ou Jonathan Littell, pour qui Les Bienveillantes[3] oscillent moins vers le pardon que vers le châtiment. La fonction de l’artiste consolateur, peintre ou romancier, est-elle d’être à chaque création le nouveau Persée tranchant la tête de Méduse du mal ?

Thierry Guinhut

Article publié dans Le Matricule des anges, nov-déc 2013, ici augmenté

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie



[1]  La Ofensa, Derrumbe, El Corrector, Seix Barral, Barcelona, 2007, 2008, 2009.

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 10:08

 

Santo Domingo, Huesca, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Jaume Cabré : Confiteor.

 

 

 

Un érudit devant le mystère du mal, de l’inquisition à Auschwitz.

 

 

Jaume Cabré : Confiteor,

traduit du catalan par Edmond Raillard, Actes Sud, 782 p, 26 €.

 

 

 

Le romancier peut choisir une destinée individuelle repliée sur soi, ou en résonnance avec l’Histoire. C’est ce dernier parti qu’a pris le catalan Jaume Cabré (né en 1947) avec cette immense confession. En effet, la destinée d’Adrià, entre les années 40 et 2000, n’aurait qu’un éclat modéré si elle ne s’enrichissait du passé de ses ancêtres et du poids symbolique des objets qu’il côtoie.

 

Né à Barcelone dans une famille sans amour, mais dans une bibliothèque, l’enfant prodige subit la double pression de ses parents : l’une le voit violoniste virtuose, l’autre, à son image, le charge de pratiquer une dizaine de langues, jusqu’à l’araméen. Quoique bon exécutant, il abandonne bientôt le premier rêve pour se consacrer avec aisance au second. Devenu professeur des courants esthétiques et d’histoire des idées, et malgré de profondes périodes de découragement, Adrià Ardèvol publiera « La Volonté esthétique » et une « Histoire de la pensée européenne », avant de méditer une « Histoire du mal » : « Nous essayons de survivre au chaos grâce à l’ordre de l’art » devient sa profession de foi, trop souvent contrariée.

Car le chaos veille. Son père, théologien défroqué qui à Rome abandonna une jeune fille aimée, ce grand antiquaire et collectionneur de manuscrits précieux, meurt assassiné, lui laissant, entre autre fortune, ce violon « Storioni », qui devient un personnage chargé de sens, de sa généalogie, des vies et des morts de ceux qui l’ont créé, fait sonner ou volé. Une longue chaîne de crimes, depuis la fondation d’un monastère des Pyrénées catalanes, en passant par l’inquisition, le franquisme, jusqu’à Auschwitz, ensanglante l’instrument, pollue les consciences et rend plus que malaisée la confession, sans guère de mea culpa, adressée post-mortem par le vieil Adrià à celle qu’il aime, Sara : « J’écris devant ton autoportrait, qui conserve ton essence ». Du déploiement de l’immensité des connaissances et des doutes à la maladie d’Alzheimer, le projet autobiographique devient arborescence.

Peu à peu, les secrets du père ressurgissent : une fille cachée, l’origine délictueuse de ses collections, y compris lors de la spoliation des Juifs au cours des exactions nazies, tout ce que devra difficilement assumer le fils. La fresque, aux richesses inouïes, est menée non sans puissance, campant les personnages avec une acuité psychologique aussi concise que troublante. Peut-on sereinement « chercher le territoire du bonheur », quand « le désir ne s’ajuste jamais à la réalité », quand Adrià pense à son père : « Il est mort par ma faute » ; quand Sara, d’origine juive, ne lui pardonne pas d’omettre de rechercher les justes héritiers du violon ? En un subtil contrepoint, Bernat, l’ami de toujours, est un écrivain de peu de succès, un talentueux second violon, un époux maladroit, un père qui ne sait pas comprendre son fils…

 

Mais y-a-t-il une structure romanesque plus curieuse, en rhizomes, sans contraindre en rien la lisibilité ? Au beau milieu d’un paragraphe, pourquoi pas d’une phrase, on change d’espace et de temps, de narrateur, entre « je » et « il » (ce que Gérard Genette appelle une métalepse[1]), rencontrant en des récits emboités et disséminés d’autres personnages, comme autant d’opposants, d’échos et alter ego. Ainsi, comme s’ils se chargeaient de conter leurs propres destinées, les objets cristallisent autour d’eux l’envie et le meurtre, l’art et l’argent, qu’il s’agisse de ce violon dont on découvre la forêt originaire, sa facture à Crémone en 1725, ses tribulations au cours de l’Histoire troublée de l’Europe, car il est « un mirador pour l’imagination ». Mais aussi d’une serviette de table, de figurines d’Indiens et de Cow-boys, de rares manuscrits…

Le roman mosaïque ne souffre que de rares longueurs, brassant l’amour et la mort, le judaïsme et le nazisme, la tyrannie religieuse et politique, à la recherche du mystère du mal, qu’il soit divin, naturel, humain ; comme lorsqu’avec ses fusains, Sara dessine « l’âme humaine au noir ». Pire, celui qui se révèlera être un vieil acteur, faux Juif rescapé des camps, au service d’arnaqueurs décidés à s’approprier le violon, dit à Adrià : « Je suis arrivé à la conclusion que si Dieu tout puissant permet le mal, Dieu est une invention de mauvais goût ».

En des raccourcis fulgurants, l’écriture talentueuse permet alors de bousculer et d’agréger les temporalités, d’associer inquisition et nazisme, tous deux « au service de la vérité de la foi et des ordres sacrés ». Ainsi « L’Oberstrurmbannführer Rudolf Höss, qui était né à Gérone pendant l’automne pluvieux de l’an 1320 », se dévoue-t-il « ad majorem Reich gloriam ». Le souffle épique du réalisme magique est alors impressionnant, montrant que la volonté tyrannique court d’âge en âge, que le mal radical est indéracinable. Y compris lorsque le modeste héros -ou anti-héros- de sa vie maladroitement prise en charge, « coupable de la dérive peu enthousiasmante de l’humanité », incarne la banalité du mal, pour reprendre le concept d’Hannah Arendt[2].

 

Plus qu’une personnelle confession, ce roman de formation d’un érudit fortuné, ce roman-somme aux multiples facettes de la connaissance et de la culpabilité, entre intimité profonde et vastitude du champ politique, non loin des Bienveillantes de Littell[3] ou de La Fête au bouc de Vargas Llosa[4], est un magnifique Confiteor universel de l’humanité, cette bête angélique tenaillée entre les aspirations de l’art et celles du mal.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 12:20

 

Salamanca, Casa de las conchas. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Juan Goytisolo, un dissident espagnol :

 

de l’autobiographie au testament.

 

 

Juan Goytisolo : L’Espagne et les Espagnols, Tradition et dissidence,

traduits de l’espagnol par Athisma et Setty Moretti, A plus d’un titre, 192 et 176 p, 20 et 18 €.

Et quand le rideau tombe, traduit de l’espagnol par Aline Schulman, Fayard, 154 p, 13 €.

 

 

 

      Ecrire, serait-ce distiller un permanent autoportrait, une autobiographie réaliste ou fantasmatique, de façon à déplier tous les moi réels et potentiels qui nous innervent ? L’œuvre magistrale et baroque de l’Espagnol Juan Goytisolo, né en 1931, autobiographe, essayiste et romancier, nous invite en un tourbillon temporel autant que géographique, entre Espagne franquiste, France et Maghreb, siècle d’or espagnol et au-delà mystique…

 

      Toute la carrière de Juan Goytisolo est en quelque sorte résumée par ces deux recueils d’essais en forme d’autoportrait intellectuel. L’un, L’Espagne et les Espagnols, fut d’abord publié en 1969, mais en Allemagne, alors que le franquisme pesait de sa chape de plomb sur une réactionnaire péninsule, exilée dans le temps du fascisme. L’autre, de 2003, tente d’explorer les voix de Tradition et dissidence qui irriguent aujourd’hui la culture ibérique.

        Exilé et censuré de la première heure, Goytisolo voue d’abord son pays à l’abjection. Il casse les mythes, en premier lieu celui de l’« homo hispanicus », rappelant l’importance du peuplement arabe et du judaïsme, ironisant à l’égard d’un prétendu siècle des Lumières national. Il fustige la corrida, malgré sa dimension métaphysique devant la mort, déniant à Hemingway la capacité de la voir comme un art, et la trouvant « passablement immorale ». Quant au « péché originel de l’Espagne » qui est « la répression systématique de la sensualité hispano-arabe », il n’est rédimé que par ses icônes préférées de la littérature et de l’art, depuis le roman picaresque jusqu’à Goya, en passant bien sûr par les gloires du Siècle d’or, par La Célestine[1] et Don Quichotte, tous gages de liberté créatrice…

     C’est au cours de divers colloques qu’il va chercher dans la tradition les signes de la « dissidence », comme lorsqu’il qualifie de « Queer Iberia », ou « Folle Ibérie », le classique de l’Archiprêtre de Hita, Le Livre de bon amour[2], et compare l’art du troubadour à celui des conteurs qui s’exprime encore sur les places Marrakech. Des entretiens prolongent le propos, en offrant aux œuvres anciennes, aux classiques hispaniques, corsetés dans l’histoire littéraire, une lecture plus libre, ludique et polymorphe, attentive à leurs composantes mozarabes et à leurs développements érotiques, pour les revivifier.

     A travers ces deux beaux opus, l’un des plus singuliers auteurs espagnols, qui se veut l’indépendance même, nous rappelle que reste, au-delà de toutes les vicissitudes, la littérature : elle « est le fruit de l’homme intégral et elle est destinée à l’univers dans son intégralité. »

 

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      Il faut bien, à un écrivain né en 1931, imaginer sa disparition, Quand le rideau tombe. Surtout lorsque son épouse aimée a rejoint le grand inconnu. Ce chant élégiaque d’un des plus grands écrivains espagnols contemporains est un grand moment de relecture du passé, mais avec une étonnante dimension prospective.

       Juan Goytisolo nous a déjà livré deux volumes de son autobiographie : Chasse gardée et Les Royaumes déchirés[3] racontaient son enfance dans une Barcelone secouée par la guerre civile, puis sa formation d’écrivain menacé par la censure franquiste, au point qu’il dut s’exiler en France pour y trouver la liberté d’écriture et de publication… Plus tard, son intérêt pour la culture arabe le conduisit vers les rivages du Maghreb, ce qui explique qu’il écrive Et quand le rideau tombe depuis un Marrakech magnifié. Là où il retrouve l’une des racines longtemps camouflée de la culture espagnole : le castillan n’héberge-t-il pas trois mille mots venus de l’arabe ? Cervantès n’usa-t-il pas d’un imaginaire auteur arabe, « Cid Hamet Ben Engeli[4] », pour son Don Quichotte ?

       Par un habile artifice narratif, notre écrivain vieillissant, d’abord présenté grâce à la troisième personne du récit, s’adresse à lui-même à la seconde personne : ce « tu » est celui d’une remise en cause, d’un jugement dernier. A ce dédoublement entre le narrateur et une sorte de démiurge insistant, s’ajoute l’ombre muette de la femme aimée.

      Est-ce une « démence sénile » ? Perte de sommeil, cauchemars, « régression » vers les souvenirs enfouis, désarroi de se trouver ne pas être le premier à « quitter la scène » ? Le voilà revisitant son enfance, la demeure familiale défigurée, ses incursions vers une liberté qui « ne se trouvait que dans les livres », rêvant de populations entières marchant « vers le bord de la falaise »…

       Malgré « l’idée chimérique d’une transcendance », c’est en lisant Tolstoï, qu’il entend une voix l’apostropher, celle « de celui qui affirmait, en riant, être à la fois, le créateur et le créé ». Cet étrange démon inventé par l’homme lui souffle : « Crois-tu qu’il peut exister, non pas une simple tribu, mais une de ces sociétés que vous appelez modernes ou postmodernes dépourvue de toute croyance irrationnelle ou fantastique ? » Constatant la cruauté des utopies qui ont cru éradiquer cette dimension de l’humanité (« le prophète-harangueur à barbichette et le despote à moustaches de cafard ») il rappelle « l’égalité devant la mort » distribuée par « le Scélérat », ce « machiniste » de la vie et du cosmos qui vient le tutoyer « quand le rideau tombe »...

      Enfin, il s’aventure jusqu’aux berges de la mystique, d’un au-delà, imaginant, comme Tolstoï qui en fit son dernier acte de liberté avant la mort, une fuite vers les montagnes, un taxi collectif vers le silence jusqu’à se faire déposer dans un nulle part désertique… S’il n’en meurt pas, l’expérience sonne comme un abandon de plus des biens de ce monde.

       Dommage que cet émouvant chant du cygne soit entaché de quelques indignités en forme de clichés : cet « embouteillage provoqué par la Mercédès d’un bourgeois à gueule d’enfoiré », comme si un pauvre -de surcroît affligé d’un tel faciès d’ « enfoiré »- ne pouvait susciter un embouteillage avec sa charrette à âne… Ou encore, lorsqu’il proclame : « le monde allait à sa perte » et en appelle à un « despote un tant soit peu lucide » qui « aurait enfin l’honnêteté et le courage de le proclamer, et de stériliser une bonne fois la totalité de ses sujets », aurait-il le dégoût et l’égoïsme du gauchiste fascisant, du vieux râleur que sa fin proche conduit à souhaiter celle du monde qui l’entoure ? De même, décrivant le Maroc, n’idéalise-t-il pas la culture arabe, occultant le poids de tradition, de soumission et de fermeture liberticide de l’Islam ?

       Pourtant c’est bien là un beau récit testamentaire : « Lui-même n’était pas la somme de ses livres, il en était la soustraction ». Si l’homme en vient à douter de sa cohérence et prévoir son proche effacement, l’écrivain se fait plus humain, plus vrai, malgré ses quelques fausses notes, plus lyrique et plus éblouissant que jamais.

 

       La palette de Juan Goytisolo est aussi variée que surprenante. Les virages exploratoires que sa vie emprunta permirent à son écriture de gagner en force, en liberté, entre les blessures du réalisme et les exaltations de l’imaginaire. Qu’il s’agisse de la révélation tardive de son homosexualité, des dévergondages érotico-religieux de Foutricomédie[5], de sa passion soudaine pour la culture de l’Islam, il fit preuve d’un arrachement nécessaire de son Espagne originaire et ligotée dans le « national-catholicisme ». Sa curiosité intellectuelle est fourmillante, à l’image de vastes recueils d’essais, comme L’Arbre de la littérature[6] qui  explore les espaces romanesques hispaniques et latino-américains, sans oublier d’aller jusqu’à « l’Actualité du mudéjarisme », en passant par « De la littérature considéré comme une délinquance ». Il faudrait alors relire son roman Barzakh[7], spirale visionnaire et  mystique de la montée dans l’au-delà. Mais aussi La longue vie des Marx[8], hilarante uchronie qui brosse l’auteur du Manifeste communiste[9] regarder en famille la télévision pour assister à un débarquement d’Albanais fuyant le communisme. Juan Goytisolo est-il lui-même ce Marx stupéfié par la leçon de l’Histoire ? Reste que, selon Proust : « un livre est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices[10]. »

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Les parties sur Et quand le rideau tombe, puis sur les deux volumes parus chez A plus d'un titre, ont été publiées dans Le Matricule des Anges, septembre 2005 et mars 2013

 

 


[1] Fernando de Roja : La Célestine, Club Français du Livre, 1952.

[2] Jean Ruiz, Archiprêtre de Hita : Le Livre de bon amour, Stock, 1995.

[3] Fayard, 1987 et 1988.

[4] Cervantès : Don Quichotte, chapitre IX, Gallimard, La Pléiade, 2004, p 459.

[5] Fayard, 2002.

[6] Fayard, 1990.

[7] Gallimard, 1994.

[8] Fayard, 1995.

[10] Marcel Proust : Contre Sainte-Beuve, Gallimard, La Pléiade, 200, p 221.

 

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 15:46

Lusiades

Azulejo portugais représentant Vasco de Gama

 

 

Gonçalco M. Tavares : Un Voyage en Inde,

traduit du portugais par Dominique Nédellec, Viviane Hamy,  496 p, 24 €.

 

 


       L’ère du roman en vers est-elle de retour ? Depuis Pouchkine et son Eugène Onéguine[1], le genre semblait s’être éteint. Seul l’Indo-américain Vikram Seth, en 1986, parut le ranimer avec les sept cents sonnets de Golden Gate[2], avec un imparable brio. Aujourd’hui, Tavares, l’auteur remarqué d’Apprendre à prier à l’ère de la technique[3], s’est lancé un défi qui aurait pu causer la perte du lecteur. User du vers libre au service d’une réécriture des Lusiades de Camoens -ce poème national lusophone- de L’Odyssée, de l’Ulysse de Joyce, voilà qui aurait pu rendre cet ambitieux opus aussi cultivé qu’indigeste. Mais, surprise en ce Voyage en Inde, le récit est d’une telle fluidité qu’on se laisse emporter dans une aventure saumâtre et pourtant bien ludique, non sans le charme de l’ironie.

 

       L’anti-héros Bloom, nouvel avatar du dernier homme nietzschéen, va-t-il trouver sa raison de vivre ? Son périple depuis Lisbonne, par Londres, Paris ou Vienne, est autant géographique que quête de soi. Déçu par l’Europe et ses anciennes valeurs, il part à la recherche de la sagesse, y compris dans « l’annuaire », où il n’y a « pas une seule référence à un sage », pour tenter de la trouver jusqu’en ses terres les plus originelles. Mais l’Inde le décevra : les mystiques et les sages aux savoirs ancestraux ne sont que des faux gourous, il n’y a pas de dieux au bout du périple : « Les dieux agissent / comme s’ils n’existaient pas, en sorte / qu’ils n’existent pas, de fait, et ce avec une extrême efficacité ». La noire banalité du voyage qui n’a plus grand-chose de mythologique, de plus conspué par l’ironie, fait de ce vaste récit erratique une anti-épopée tout à fait postmoderne. De même le  Bloom qui a tué son père pour venger sa bien-aimée, assassinée par d’obscurs séides, ne pourra se laver de son péché criminel dans les eaux répugnantes du Gange. La chute, depuis l’espace mythique jusqu’au marasme quotidien petit bourgeois, est autant initiatique que triviale et parodique : « Il n’y a plus de terre secrète, les catalogues de voyages / couvrent, avec des cartes détaillées, quatre-vingt-dix pour cent des secrets. Les héros sont passés directement / des légendes aux parlements ».

       L’intertextualité est évidemment, autant que le destin du personnage, le ressort du roman. Révérence et ironie se partagent les allusions et les clins d’œil à Camoens, dont Les Lusiades racontèrent, au XVI°, en une geste épique et lyrique, le voyage autour de l’Afrique par Vasco de Gama. On devine également la présence en sous-main de L’Odyssée d’Homère, ne serait-ce que par l’intermédiaire du quidam empruntant le patronyme du nouvel Ulysse joycien. Comme Léopold Bloom suivait la trace poussiéreuse de l’aède grec, mais ravivée par le langage et la rhétorique du XX°, dans le cadre étroit et cependant pléthorique de Dublin, le Bloom de Tavares fait exploser la Méditerranée originelle jusqu’aux dimensions de l’Europe entière et du sous-continent indien, ce entre 2003 et 2010. A Londres, il affronte des malfrats au cours d’une rixe peu glorieuse autour d’une prostituée, à Paris, il se fait un ami et complice en conversations introspectives et intellectuelles, en Inde enfin, ressassant son meurtre œdipien, il devise avec le cupide Shankra, où, en indigne bibliophile, il récupère son vieux volume des Lettres à Lucilius, ce au cours d’un rocambolesque combat qui lui permet de dérober une édition ancienne du Mahabharata…

       Le bilan de cette errance est-il à inscrire au bas d’une somme nulle ? De retour à Lisbonne, le narrateur constate : « Il a cherché l’Esprit dans son voyage en Inde, / il a trouvé la matière qu’il connaissait déjà. (…) Bloom a écouté des histoires, / lu sept mille livres, étudié, connu des hommes / et des femmes », jusqu’à « l’ennui définitif » et la tentation du suicide, quoique toujours soutenu par sa quête féminine sans cesse renouvelée. Pourtant, reste le lecteur qui, lui, a parcouru cette expérience pleine de péripéties et de langage, ce pessimisme de dandy cultivé et caustique, en devient plus riche, plus serein, dans l’acceptation de sa condition non transcendante et de son histoire faite de héros, d’anti-héros, d’Ulysse et de Bartleby. Seul l’auteur sait comment dépasser cet apparent échec par la culture et l’écriture. Becs de plumes et ongles du clavier ont griffé l’âme de son personnage, quand l’esprit taquin et prodige du poète lui offrent une utile rédemption de mots : s’il y a « des problèmes de poésie plus épineux / que de très complexes  problèmes d’algèbre », s’ils « interrogent les endroits les plus vulnérables de l’existence d’un homme », Tavares n’est pas loin de les résoudre, ou du moins de savoir les exposer avec la plus pure évidence. Car « celui qui dans le monde aura embelli au moins une chose n’ira pas en enfer ».

 

       Conte philosophique ? Imagerie de bande dessinée pour routard de seconde zone ? Ce Voyage en Inde est tout cela à la fois. Sans compter la maîtrise de la langue poétique, l’évitement des clichés… On se demande si Bloom n’est pas un petit frère du Candide de Voltaire, un curieux zigue cultivé à la façon de Vila-Matas, un géographe, un encyclopédiste borgésien, un philosophe aporétique…

      Le professeur de pensée contemporaine à l’Université de Lisbonne, Gonçalo M. Tavares, a-t-il gagné son pari ? Indubitablement. Suspense, fluidité, allusions philosophiques, digressions, aphorismes, fantaisie, burlesque, tout y est, en un rythme guilleret, en dix chants et un millier de strophes, pour le plaisir de lire une aventure individuelle et universelle du XXI° siècle, de cueillir des vers inoubliables d’intelligence : « L’œuvre d’art de la barbarie trouve / dans le tremblement de terre son idéologie pure ». Avec Tavares, l’œuvre d’art trouve dans les strates de la littérature sa flèche et son destin, sa puissance de conviction, sa légèreté intellectuelle au sens le plus noble.


Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie



[1] Alexandre Pouchkine : Eugène Onéguine, traduit du russe en octosyllabes rimés par Alexandre Markowicz, Actes Sud, 2005.

[2] Vikram Seth : Golden Gate, traduit de l’anglais (Inde) en alexandrins rimés par Claro, Grasset, 2009. Voir :  Vikram Seth : Golden Gate. Un roman californien en sonnets versifiés

[3] Viviane Hamy, 2010.

 

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 12:30

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Fernando Trias de Bes : Encre,

 

un conte philosophique chatoyant



Fernando Trias de Bes : Encre, traduit de l’espagnol

par Delphine Valentin, Actes sud, 176 p, 18 €.

 


 

C’est dans la tradition de Voltaire et de Borges que l’espagnol Fernando Trias de Bes nous propose un conte philosophique mélancolique et chatoyant.


Deux hommes blessés par la vie cherchent, au tout début du XXème siècle, l’origine de leur infortune. L’un, Johann Walbach, est libraire à Mayence, ville qui fut le berceau de l’imprimerie de Gutenberg. Parce que son épouse le trompe chaque mardi avec un inconnu qu’elle n’aime pas, il cherche à comprendre le pourquoi de cette attraction. L’autre, mathématicien, aimerait voir revenir son épouse comme lui bouleversée par la mort, par noyade en mer, de leur fils. L’un va lire ses livres pendant des années, l’autre poursuivre ses chiffres, de façon à rejoindre la phrase ou l’équation introuvable qui les délivrerait du non-sens. Leur rencontre permet au second de fouiller les livres à la recherches de phrases récurrentes et de composer grâce à quelque algorithme savant un livre parfait et salvateur. S’ajoutent alors un imprimeur qui cherche à réaliser, pour ces assoiffés de certitudes, un livre effacé aussitôt lu, un ouvrier créateur d’une encre qui a les propriétés de la pluie, un éditeur qui ne lit pas et s’enduit chaque matin le corps du noir de froides pages imprimées, un collectionneur de nuages et correcteur déçu par son œuvre littéraire…

Nos deux protagonistes cherchent, pour l’un le secret d’Eros, pour l’autre le secret de Thanatos. Pour tous, la quête métaphysique est celle de la « pierre de Rosette des injustices ». A moins que ce livre vierge et mallarméen, où l’on a imprimé avec le plus grand soin les phrases fondamentales de la littérature et de la philosophie, permette à son lecteur d’ « aimer en sachant que la raison de son injustice n’existait pas ». Là sont nos démons et nos paradis, si l’on consent à lire au plus près du monde, à écrire au plus près de soi, là sont les rédemptions des personnages, les nôtres peut-être : « Une identité étrange où la déraison acquiert un sens ». Ou encore : « De l’encre par amour ».


Outre cinq fictions encore inédites en français, Fernando Trias de Bes, né à Barcelone en 1967, nous avait proposé en 2006 Le Vendeur de temps (Hugo, roman éditeur). Vendre du temps était une géniale trouvaille, jusqu’à bouleverser l’économie toute entière, non sans user des armes aiguisées de la satire. A la lisière du fantastique, Encre, ce conte à la chute surprenante, précieux et attachant, passablement anachronique, postromantique et symbolique, est tout entier une métaphore des pouvoirs et des apories de la lecture et de l’écriture, du livre enfin.


Thierry Guinhut

Thierry Guinhut : une vie d'écriture et de photographie

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eluard dali

 

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Gracq rivage

 

Grandes

Le Cœur glacé, Inés et la joie, ou la mémoire du franquisme et de l’Espagne

Almudena 2

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Grozni

Wunderkind, Chopin contre le communisme

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

Guarnieri

 

Guerre et violence

Guerres d'Etats ou anthropologiques : John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences antipolicières, inversion des valeurs

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis

I Prologue

II L'ouverture des portes

III Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

Pyrénées Anie Aneto

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

Couv-Aneto-Canigou

 

Guinhut

Haut-Languedoc

Haut-Languedoc.couv jpg

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

Montagne noire triptyque Quelque chose dans la montagne

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Synopsis et Traversées

Le recours à la montagne

Cantal

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis, incipit

III Bironpolis, Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages, prologue

IV Eros à Sauvages, Les belles inconnues

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum, incipit

VIII De natura rerum, Euro Urba

VIII De Natura rerum, montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

Synopsis et sommaire

Prologue

II Greenbomber, écoterroriste

V Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

Voyages archipel

 

Guinhut Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnet autobiographique

Sonnet du cabinet de curiosité

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

Capitoline Aphrodite Louvre

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

Ein Jahr im Leben des Heinz M.

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passsage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

Ré paradis

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

Haddad jour

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

Hamsun

 

Hattemer-Higgins

L’Histoire de l’Histoire : troisième Reich

Hida

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Hayek

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Jules Verne

Corbin : Histoire du silence, Le miasme et la jonquille

 

Hobbes

Sonnet de la liberté politique

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

hobbes leviathan

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

Hölderlin

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

Iliade Jean de Bonnot

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Ceccatty : Noir souci, passion de Leopardi

Garcia Lorca : homosexualité et création

Broc-Hyacinthe.jpg

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Erasme Dürer

 

Hustvedt

Un été sans les hommes

Vivre, penser, regarder

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

ete-sans-les-hommes

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs : anti utopies scientifiques et superstitieuses

Huxley brave new world

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants

Les Vies parallèles du poète Eminescu

Florina Ilis

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

Impôt

 

IPhone

Tentation totalitaire : IPhone et législation

IPhone.jpg

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi la rose tyrannique de l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Battle royale : téléréalité politique

Murakami Ryû : Chansons populaires

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

Otsuka : Certaines n'avaient jamais vu la mer

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jourde

Festins Secrets

Jourde

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

Jünger Orages

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

Kafk Procès GF

 

Kant

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

Kant Obscur

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

Sirènes -1817-copie-1

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. D Wagner : En-vie, F Maï : Divino sacrum, F Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

Chansons populaires de l’ère Showa

1969, Les Bébés de la consigne automatique

Murakami bébés

 

Musique

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Musique savante contre musique populaire

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Mysterieux Monsieur Kidder

Oates Kidder

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

Orhan Pamuk

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

Powers Générosité

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

Lou Reed Chansons I

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

Sloterdijk Folie-copie-1

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schlanger

Présences des œuvres perdues

presence-oeuvres-perdues

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Allégorie de la science Cherubino Alberti

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Shteyngart

Super triste histoire d'amour

Shteyngart

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

Ilium

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

Sloterdijk Essai d'intoxication

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnet des montagnes

Sonnet à l'élève

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde

Lusiades

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Voltaire Jean Huber Le lever de Voltaire

 

Vote

De la révocation du droit de vote

De l’humiliation électorale

De l’alternance en Démocratie Animale

Front Socialiste National et antilibéralisme

allegorie du bon gouvernement

 

Wagner

Tristan und Isolde

Céline et Wagner : l'indignité du génie ?

Wagner Isolde by Aubrey Beardsley. Illustration in Pan, Ber

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux le voyageur

Walcott poems

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

Wordsworth.jpg

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

Zimler 1

 

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