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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 11:27

 

 

Marais de la Groie, Les Portes-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

  

 

 

 

Requiem pour la liberté d’expression :

 

De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour.

 

 

 

Robert Darnton : De la censure, traduit de l’anglais (Etats-Unis)

par Jean-François Séné, Gallimard, 2014, 414 p, 24,50 €. 

 

 

 

        Charlie Hebdo, Eric Zemmour, Michel Houellebecq, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélanchon, Anne Onyme, Salman Rushdie sont les garants de notre liberté d’expression. Ces joyeux et tristes sires ne rencontrent certes pas forcément  l’assentiment de tous, y compris de l’auteur de ces lignes, mais quelques soient leurs vérités et leurs erreurs, ils restent une espèce à préserver devant les ciseaux et les kalachnikovs de la censure. Censures qui peuvent être le fait de nos propres médias, de nos propres juges, de notre Etat, ou de l’autocensure que nous nous imposons à corps défendant, devant celle mortelle de l’Islam obscurantiste. Pour éclairer l’ombre de notre contemporain, ne faut-il pas recourir à deux livres fondamentaux : l’Areopagitica de Milton et le De la Censure de Robert Darnton, et ainsi mieux interroger la chronique d’une République vermoulue et menacée, autant de l’intérieur que de l’extérieur.

 

  Milton, fondateur de la liberté de la presse

 

         Un préalable indispensable à notre culture libérale et des Lumières fut écrit en 1644 par Milton : l’Areopagitica ou liberté d’imprimer sans autorisation ni censure. Le philosophe sait que les livres sont « aussi vifs, aussi puissamment féconds que les dents du Dragon de la fable : avec un champ ainsi tout ensemencé peut-être en jailliront des guerriers en armes. Toutefois réfléchissons aussi que si l’on opère sans circonspection, autant, presque, tuer un Homme que tuer un bon livre ». Ce père du libéralisme politique et précurseur des Lumières réclamait à l’acmé de son essai : « Par-dessus toutes autres libertés, donnez-moi celle de connaître, de m’exprimer, de discuter librement selon ma conscience[1] ». Phrase que reprendront à leur manière les grands classiques du libéralisme, de Voltaire à Tocqueville, en passant par Benjamin Constant…

        En ce sens, la censure viole le droit naturel à la liberté d’expression. Si cette dernière s’arrête là ou commence l’injonction publique à la violence et au meurtre, elle s’étend de la Déclaration universelle des droits de l’homme au premier amendement à la Constitution américaine. Rappelons à cet effet la loi française du 29 juillet 1881 sur la liberté d’expression, qui régit l’imprimerie, la librairie et la liberté de la presse, et stipule en son article premier que « la librairie et l’imprimerie sont libres. » En d’autres termes la liberté d’expression va jusqu’à englober celle de dire le faux, le scandaleux, l’inacceptable… Celui qui accepte d’entendre les erreurs, les offenses et les billevesées de l’autre, permet que l’autre accepte la liberté d’émettre ce que l’un pense être, peut-être à tort, judicieux.

 

Charlie Hebdo contre les religions

 

         Combien l’humour, même graveleux, indigne, reste une assurance contre la certitude des pisse-froids, puritains et fanatiques de tous bords ! Que ces derniers apprennent à le supporter, à rire malgré eux ! Si nous ne pouvons que pleurer les crayons de la liberté fauchés par le terrorisme islamiste, si nous ne dénions pas instant le droit indéfectible de la satire, n’en oublions pas moins que le rire rabelaisien, grossier et à l’emporte-pièce de Charlie Hebdo, si fier de sa liberté d’expression caricaturale, n’en réclamait pas moins d’interdire le Front National, que leur amalgame, dans leurs charges tous azimuts contre les religions, n’en mettaient pas moins ces dernières toutes sur le même plan, alors qu’il est indéniable qu’elles n’ont pas toutes les mêmes qualités de tolérance, de paix et de civilisation[2]. Les Chrétiens ne se précipitent pas pour assassiner une poignée de dessinateurs ou de cinéastes (comme Théo Van Gogh en 2004 aux Pays-Bas) aux cris de « Christ Roi », ni les Juifs aux cris de « Moïse vaincra » ! On se demande par ailleurs si un tel attentat, au lieu de frapper Charlie Hebdo, avait frappé Minute ou La Croix, eût un tel retentissement nécessaire…

        Quelque soit la teneur du blasphème, à l’occasion d’un coup de feutre ridiculisant Mahomet, ce chef d’accusation n’a pas un instant à être reconnu par quelque institution, association, Etat que ce soit ; à l’encontre par exemple de la Turquie ou du Pakistan, semi-théocraties de sinistre réputation. Hélas, le parlement français a voté une résolution en faveur de la reconnaissance d’un autre sinistre lieu, la Palestine, lieu terroriste s’il en est, alors que l’Etat français n’a toujours pas reconnu officiellement l’Etat d’Israël, rare démocratie libérale du Proche-Orient. Ce qui n’est pas sans contribuer, outre l’insécurité chronique, au départ de 7000 Juifs français, en 2014, vers Israël. La France, comme à peu près déjà la Suède, pour les mêmes raisons islamiques, serait-elle en passe de devenir « Juderein », c’est-à-dire sans Juifs, pour n’avoir pas su les protéger de l’intolérable ? Attentats, exactions ; bien plus que le blasphème contre ces derniers.

        Nous occidentaux, élevés au lait de Voltaire et des Lumières, du pardon du Christ et des sciences de l’interprétation du Judaïsme, nous avons, en notre tolérance béate, financé une pléthorique immigration arabo-musulmane, laissé le Quatar acheter le football, financer les banlieues, des imams prêcher à tort et à travers, nous avons toléré deux mille mosquées en France et autres associations culturelles musulmanes, qui n’étudient guère Les mille et une nuits[3], ni Al Fârâbî commentant ainsi Platon : « Puis il rechercha dans un de ses livres si l’homme doit ou non préférer la sécurité et la vie accompagnée de l’ignorance, un mode de vie bas et de mauvaises actions[4] ». Ces mosquées et associations qui ânonnent plutôt le Coran et les Hadiths, textes mortifères s’il en est. Nous n’avons pas su séparer le bon grain de l’ivraie, le Musulman adepte d’une religion intime, républicaine et réformée, du Musulman qui applique à la lettre les surabondantes injonctions coraniques et des hadiths au djihad et au meurtre des Juifs, Chrétiens, Athées, Apostats, Homosexuels, Femmes et autres individus libres. Car la vie du prophète Mahomet est profuse en assassinats d’opposants ; et en particulier d’un poète satirique qui le contestait, occurrence significative de la censure assassine en l’origine d’une religion totalitaire, incompatible avec la liberté d’expression occidentale. Ce que ne se privent pas de dénoncer des essayistes et des philosophes musulmans, comme Ibn Warraq, dans son Pourquoi je ne suis pas musulman[5]

        Pensez-vous que les caricatures contre l’Islam soient la seule motivation d’une frange de terroristes ? Oubliez-vous que les Chrétiens du Nigéria n’ont pas l’excuse du blasphème contre un prophète pour se faire massacrer par Boko Haram, que Malala ne voulait qu’étudier avant d’être outrageusement blessée au Pakistan ? Laïcaphobie et christianophobie meurtrières n’ont qu’un motif : la racine totalitaire de l’Islam. Qui ne supporte évidemment pas les interventions militaires françaises (peut-être inutiles d’ailleurs) au Mali, en Centrafrique, en Irak… De fait, l’Islam -pas tous les Musulmans, faut-il le répéter ?- est de facto, consubstantiellement, une censure.

 

      Quant aux « contenus islamophobes » qui devraient être « signalés » au gouvernement, faut-il en déduire que toute critique argumentée, fondée sur les textes du Coran et autres publications voisines, doive être soumise à la censure d’Etat ? Non seulement la liberté de la presse et du net serait alors bafoué, mais il s’agit là d’un déni d’intelligence ! Saurons-nous séparer les réelles incitations à la violence de la critique raisonnée ? Est-ce par ailleurs trop demander que d’enjoindre l’Islam à se réformer, comme le réclament d’ailleurs bien des Arabes, d’abandonner ses versets et commandements mortifères et sexistes, comme l’ont fait les Chrétiens et les Juifs au sujet des bien plus rares occurrences semblables que l’on trouve au détour du Deutéronome et du Lévitique ?

 

        La seule justification de la censure ne se trouve-t-elle pas dans la loi lorsqu’elle pénalise la diffamation ainsi que l’incitation à la violence, comme lorsque des rappeurs furent condamnés pour avoir appelé en leurs chansons à tuer des flics. De plus, l'article 421-2-5 du Code pénal dispose que « le fait de provoquer directement à des actes de terrorisme ou de faire publiquement l'apologie de ces actes est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende », et précise que « les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 € d'amende lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne ». Hélas, à ce dernier compte, alors qu’une apologie ne soit pas en soi un acte criminel, il faut craindre que les tribunaux des banlieues chariaisées soient aussitôt encombrés et pris d’assaut… L’infraction pénale caractérisée par « l’association criminelle en relation avec une entreprise terroriste » est déjà conceptuellement assez floue pour que l’on risque d’inculper quelqu’un qui n’est que susceptible d’agir sans avoir agi, quoiqu’il soit difficile de contester qu’en la matière il soit nécessaire de prévenir plutôt que de guérir l’inguérissable. N’omettons pas de craindre que l’on n’y surajoute de nouvelles et orwelliennes surveillances bridant la liberté et la confidentialité du citoyen non criminel sur le net[6].

        Hélas, le seul fait que l’on puisse, par le biais d’associations, porter plainte, voire aboutir à une condamnation pénale, pour incitation à la haine en fonction de la religion, du sexe, de l’ethnie, de l’orientation sexuelle ou du handicap, malgré les intentions louables, laisse à la porte ouverte à la censure ; donc ferme de fait le bec à la liberté d’expression. Or la haine est peut-être un sentiment moralement condamnable, un vice, mais pas un acte, pas un crime. Où ira-t-on si l’on peut faire condamner quelqu’un au motif qu’il vous offense par des mots, des images, dont la plus immense majorité ne leur est, qui plus est, pas personnellement adressée... L’Etat n’a pas vocation à criminaliser les mots, les images, sinon il est le complice des tyrannies, s’il n’en est pas déjà une.

        À cet égard, les lois Pleven, Gayssot, Taubira contribuent à rogner en France, patrie des droits de l’homme, la liberté d’expression. En 1972, la loi Pleven, qui se veut antiraciste, réprime « la provocation à la discrimination, à la haine ou la violence », assimilant mots et intentions à la violence en actes. En 1990, la loi Gayssot interdit le négationnisme des « crimes contre l’humanité », tout en ne s’appliquant qu’aux crimes du nazisme, et non à ceux du communisme et de l’Islam. Retouchée en 2010 et 2011, elle condamne la négation des génocides reconnus par la loi, comme le celui des Arméniens. En 2001, la loi Taubira, intime aux programmes scolaires et de recherche le devoir d’accorder « à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent », s’agissant de l’Amérique, de l’Afrique et des Caraïbes, en passant sous silence les autres occurrences de l’esclavage. Interventions intempestives de l’Etat dans la discipline des historiens, dans le langage, confusion de l’expression de sentiments et de pensées, quoique stupides, infondées et insultantes, avec des crimes, la loi française n’épargne pas ses intrusions parmi le champ de la liberté d’expression[7]. Y compris s’il s’agit de faire l’apologie du cannabis, certes désastreux, y compris lorsque que le syndicalement et politiquement corrects taisent le débat sur le monopole indu de la sécurité Sociale

        Ainsi la déjà citée loi Gayssot (du nom d’un député communiste) du 13 juillet 1990, permet-elle également de « réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe » : «  toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite ». Nous sommes évidemment consternés d’entendre des propos anti-juifs ou anti-arabes, résultats de préjugés ineptes et de généralisations infâmes. Mais combien de propos de comptoir faudrait-il condamner et ainsi encombrer nos tribunaux qui ont mieux à faire ? Il est évident alors qu’à gauche (et à droite, terrorisée par les diktats moralisants de la bonne conscience morale de gauche) l’on vise d’abord les personnalités politiques et médiatiques en vue qui doivent se poser un bâillon mental sur le cerveau dès lors qu’une constatation réaliste, qu’une analyse ou proposition frôle l’aire de l’immigration en nos douces banlieues. D’autant que le terrain de chasse d’associations subventionnées dont c’est le fond de pouvoir et de commerce (et qui évitent de s’attaquer au racisme anti-blanc et de faire siennes les préoccupations féministes et humanistes de Ni Putes ni Soumises) est tout tracé. Ainsi la Licra ou SOS Racisme deviennent, malgré leurs premières et honorables indignations, de nouveaux inquisiteurs. L’enfer -le sait-on ?- est pavé des meilleures intentions. Ces princes de la moralité, plus virulents qu’un clergé qu’ils ont évincé (tout en évitant de s’attaquer aux vitupérations des imams) veillent avec leurs affidés nombreux sur chaque demi-mot énoncé par les représentants politiques et autres journalistes. 

 

Censure Anastasie André Gill

André Gill : Anastasie ou la Censure, L'Eclipse, 1874.

 

Eric Zemmour et le suicide de la liberté

 

        Il est loisible de ne pas apprécier le personnage d’Eric Zemmour et ses idées nettement réactionnaires et colbertistes, mais il est également le garant de nos libertés en perdition. Sa condamnation au nom de l’antiracisme fut une honte, le suicide de la liberté. Mais, au-delà du fusible qu’il représente, nombre d’opinions et analyses présupposées incorrectes sont la cible de l’ostracisme des associations, des juges, du et des pouvoirs. A l’occasion de la montée controversée de l’Islam, les ciseaux infâmes de la censure sont-ils de retour ? Que fait Amnesty International en ne dénonçant pas la France comme un pays attentatoire à la liberté d'expression ? Que penser de la récente décision d’i-Télé d’obtempérer à l’injonction du Parti Socialiste qui demanda la tête médiatique d’Eric Zemmour ? Légitime droit d’une chaîne privée à licencier qui ne lui convient pas, ou chasse aux sorcières, maccarthysme socialiste ?

        En effet, Zemmour eut l’impertinence sur Canal Plus, le 6 mars 2010, de prononcer les phrases suivantes : « Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois? Pourquoi? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait ». Les employeurs « ont le droit » de refuser ces derniers. Il fut depuis condamné à verser 2000 euros d'amende pour « provocation à la discrimination raciale ». Vérité bâillonnée, selon les uns, déplorable racisme selon les autres. Certes, le chroniqueur doit sa condamnation à ce qui serait une incitation à la discrimination à l’embauche. Prenons-la plutôt pour une revendication de la liberté de choisir, même si des critères de couleur de peau et d’origine culturelle sont a priori ridicules, sans compter que l’on consentirait ainsi à se priver d’une éventuelle compétence… Mais au pays des bonnes intentions se propagent les faits têtus.

        L’on sait en effet que les délinquants originaires de l’Afrique du nord sont environ 70% des détenus de nos prisons françaises[8]. Ce qui ne contrarie pas bien sûr le fait avéré qu’une énorme majorité de descendants de cette aire géographique soit respectueuse des lois, et de plus excédée par les comportements inacceptables de leurs coreligionnaires. Un rapport du Sénat de 2008 ne dit pas autre chose[9]. Cette sur-délinquance, niée, minimisée, pour des raisons de mansuétude discriminative, doit être étudiée avec réalisme, mais aussi modestie, devant la complexité des phénomènes que nous avons, il faut l’avouer, bien du mal à percevoir avec objectivité, complétude et nuances.

        Certes on arguera non sans raisons des difficultés économiques et de la discrimination à l’emploi dont peuvent être victimes ces nouveaux arrivants. Mais s’ils sont de la 2° ou 3° génération ? Le bon sens doit remarquer que les immigrés d’origine chinoise ou portugaise n’ont pas le même profil. Sont-ils alors délinquants parce que génétiquement noirs ou Arabes ? Non, bien sûr. Il faut chercher alors dans des explications culturelles, liées à Islam et aux ethnies, ce qu’approcha le sociologue Hugues Lagrange[10] : l’autoritarisme paternel, le code d’honneur machiste imposé au garçon, le mépris du compromis, le fatalisme déresponsabilisant, le peu de liberté féminine sont à la racine du comportement délinquant, même s’il faut se garder des généralisations abusives. Il faut aussi interroger du côté du manque de personnel judiciaire[11] et de saines prisons. Que l’on sache, prévention, éducation et juste répression vont de pair. A moins de la trop française culture de l’excuse qui n’ose réprimer et reste victime du syndrome de Jean Valjean, ce héros hugolien qui vole parce que pauvre et affamé. Outre que nos jeunes voleurs volent plus de consoles de jeu que des miches de pain et que nos dealers de drogues se font quelques milliers d’euros en quelques heures, nous voilà loin d’une conception romantique du délinquant forcément victime des conditions économiques et du capitalisme bien entendu oppresseur. Ce qui permet à la pensée rose et marxiste de s’acoquiner avec ceux qui, croient-ils, sont leurs alliés naturels. Varlam Chalamov[12], qui connaissait  fort bien les prisonniers de droit commun, puisqu’ils étaient ses gardiens et tortionnaires au goulag, a battu en brèche ce cliché. Le délinquant est rarement une victime : il fait des victimes, y compris économiques.

        Reste que les statistiques ethniques sont interdites. Préfère-ton les rumeurs indémontrables, les allégations à l’emporte-pièce ? Certes, les origines métissées et le défilement des générations risqueraient de les rendre illisibles, mais elles pourraient être, non un outil de discrimination négative, mais un savoir qui, appuyé par les connaissances des historiens, des sociologues, ethnologues et criminologues, un outil de pensée et de remédiation fort pragmatique. S’il s’agit de conspuer en bloc les Roms ou les Maliens, la démarche est en effet moralement condamnable (ce qui ne signifie pas pénalement). Mais la connaissance statistique doit être au service de la connaissance des causes particulières et culturelles de la délinquance, de façon à penser autant la prévention que la répression de manière ciblée, au service donc de tous, y compris de ces populations d’origines diverses qui sont aussi les premières à souffrir des affronts répétés aux lois et aux populations. Pire, faute d’analyser, de comprendre et d’envisager des remédiations adaptées, les préjugés vont bon train, entre angélisation et diabolisation des immigrés. La voix du Front National et de Marine Le Pen devient hélas  alors la seule à peu-près audible sur ces questions. A force de s’interdire de penser avec sérénité, il ne reste plus place que pour les éructations, les arguments creux, la démagogie et ce populisme vulgaire, ce que les Grecs appelaient l’ochlocratie, le gouvernement par la populace…

         Comme en un écho d’Eric Zemmour, lundi 4 avril 2011, à Nantes, Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, a expliqué qu’il y avait « très peu de musulmans en France » en 1905 et qu’aujourd’hui, «  on estime qu’il y a à peu près 5 ou 6 millions de musulmans en France ». Il ajouta :  « C’est vrai que l’accroissement du nombre des fidèles de cette religion, un certain nombre de comportements, posent problème » (…)  «  Je dirais tout simplement qu’il n’y a aucune raison pour que la République accorde à une religion particulière plus de droits qu’elle n’en a accordés en 1905 à des religions qui étaient anciennement ancrées dans notre pays  » (…) « il est clair que les prières dans les rues choquent un certain nombre de concitoyens. »  On peut encore une fois ne pas apprécier l’homme, sa pensée. Plutôt que de s’offusquer et de crier à la discrimination et au racisme, pourquoi ne pas contre-argumenter, pourquoi se voiler la face (on aura compris la volontaire allusion) devant de réels problèmes et des propos somme toute raisonnables et, espérons-le, préalables à un assainissement des mœurs profitables à tous, et non, comme le fantasme en court parfois, à un rejet des immigrés à la mer aussi stupide qu’inhumain.

        La censure étatique n’est aujourd’hui que la résultante logique d’une intimidante censure d’un consensus politique, social et intellectuel (donc forcément pseudo-intellectuel), des associations et d’un politiquement correct niveleur intégré au plus profond de la bonne conscience de nombre d’entre nous ; qui trouvent en Eric Zemmour un bouc émissaire d’autant plus révélateur qu’avec les centaines de milliers d’exemplaires vendus de son Suicide français[13] il focalise une sourde envie. Une fois de plus, ce sont le bon et le bien collectifs, après et dans la logique du fascisme et du communisme, aujourd’hui roses et verts, socialisants et écologiques, qui sont à l’origine de cette censure qui avance masquée. Comme une sorte de Big Brother intériorisé, l’oreiller de plume et de plomb qui endort notre pensée critique s’infiltre en tant de domaines, au risque de nous empêcher de penser notre contemporain et donc de remédier à ses dysfonctionnements.

        Quoique l’on pense de l’argumentation erratique et fourvoyée d’Eric Zemmour en son Suicide français, plutôt que de se contenter de polémiquer -non sans raison d’ailleurs- sur sa vision du régime de Pétain qui aurait contribué selon lui à sauver des Juifs, ne vaut-il pas mieux pointer sa nostalgie rétrograde qui inclue de Gaulle et Georges Marchais en une sorte de paradis perdu ? Si d’une manière trop souvent maladroite le polémiste dénonce l’immigration et la gestion pour le moins discutable des gouvernements successifs, on en oublie son antilibéralisme désastreux, tant dans le domaine des mœurs que de l’économie

 

Alfred Le petit : Victime de la Censure, Le Grelot, 1873.

 

Deux poids et deux mesures de la presse et de l’opinion

 

      Alors que Charlie Hebdo fit une de ces couvertures en affublant impunément Christiane Taubira, Garde des sceaux, donc ministre de la Justice, d’un corps de singe, une internaute fut condamnée pour avoir sur Facebook pratiqué le même genre de délicate attention : hélas, cette dame était encartée au Front National, alors que les caricaturistes sont de mordants libertaires d’extrême-gauche. Non, il n’y a pas deux poids, deux mesures, vous dit-on ! Défendons haut le crayon le blasphème de ce même Charlie Hebdo montrant Mahomet sodomisé par le Pape, lui-même par un rabbin, et par une croix et un chandelier à six branches ; et condamnons Christine Tasin pour avoir proclamé -à l’occasion d’une manifestation contre un abattoir de l’Aïd- que « L’Islam est une saloperie » : elle fut en effet d’abord condamnée par le tribunal de Belfort à 3000 € d’amende, quoique relaxée en appel, pour « injure et provocation à la haine raciale ». Ce qui montre encore une fois la confusion pénale entre les actes et les mots. Non, il n’y a pas deux poids, deux mesures, vous dit-on ! Y compris si le grotesque Dieudonné antisémite est interdit de spectacle alors que Charlie Hebdo est plus largement antireligieux. Y compris lorsque les Femen furent relaxées pour la dégradation d’une cloche de Notre-Dame de Paris et que deux épouses de gendarmes, furent, en l’île de Mayotte, condamnées à neuf mois de prison, dont six avec sursis, pour avoir profané une mosquée en déposant une tête de porc. Alors que tant d’églises françaises sont profanées : autels couverts d’excréments, statues brisées… Y compris lorsque l’on appellerait volontiers à censurer Eric Zemmour, tout en sanctifiant nos dessinateurs. Y compris lorsqu’une manifestation de soutien national au journal satirique, donc à la liberté d’expression, dénie le droit au Front National et à Marine le Pen d’en être. Quoique nous pensions de ces derniers[14], la liberté d’expression n’est pas négociable selon les expressions.

      Les choix de l’information ne sont pas innocents. Gageons que l’indignation contre les terroristes islamistes fusillant cinq dessinateurs de Charlie Hebdo n’atteint pas le même retentissement que celle qui devrait s’élever lorsque des policiers ainsi que quatre otages juifs ont également été mitraillés lors de l’attentat contre une supérette kascher. Alors que les agressions antisémites, en particulier dans le XIXème arrondissement de Paris sont monnaie courante… Sans compter que les hurlements de joie pro-terroristes qui embrasent les quartiers nord de Marseille et autres banlieues ne seront guère stigmatisés. Sans compter les élèves qui contestèrent et raillèrent la minute de silence organisée dans des établissements scolaires. Ne soyons pas surpris par ailleurs qu’un tel massacre sur le sol parisien fasse mille fois plus de bruit que le génocide des Chrétiens en cours[15] de par le monde. Ainsi le cri d’alarme grotesque contre l’islamophobie a-t-il une presse qui laisse dans l’ombre judéophobie et christianophobie autrement meurtrières…

      Les tirs d’Israël sur la bande de Gaza font les gros titres, ceux des Gazaouis au mieux les entrefilets. Qui prendra le parti de la seule réelle démocratie libérale du Proche-Orient (malgré son imperfection) contre une bande de corrompus totalitaires islamistes et génocidaires, se verra vouer aux gémonies par la bien-pensance antisioniste (traduisez antisémite), cette fois non pas droitiste, mais gauchiste, quoique Jean-Marie Le Pen fût fort ami avec Sadam Hussein. Il n’est pas indifférent de noter que les Arabes israéliens vivent mieux que ceux de Gaza. Moralité : ces derniers feraient mieux de devenir Israéliens. On imagine qu’une telle proposition, pourtant au service des libertés de l’humanité, ferait hurler…

      De même, les choix historiques sont à examiner avec perspicacité. Un voyage scolaire à Auschwitz est à juste titre une merveille pédagogique et du devoir de mémoire. Mais quid de la Kolyma et des goulags qui, de Trotsky à Staline et au-delà (sans compter Mao, Castro et l’icône romantique du Che Guevara), ont été aussi radicalement abominables ? Mieux vaut alors aller à Buchenwald où le camp a servi d’abord à interner et laisser crever les opposants politiques au nazisme, puis, après 1945, les opposants politiques au communisme. La leçon d’Histoire y est enfin équilibrée.

      L’opinion devrait à juste titre être stupéfiée du traitement de l’information et de l’anathème plus qu’inégalement distribué. Eric Zemmour est un délicat enfant de chœur en face des manifestants pro-charia du 9 avril 2011 à Londres et Paris, rejetant l’application de la loi sur le voile et appelant à l’épuration des mécréants « avec des bombes atomiques ». « L'islam est venu pour dominer le monde y compris la France », annonce un de leur site internet. Ces suprématistes musulmans ne devraient-ils pas être poursuivis devant un tribunal pénal, pour incitation à la haine, à la violence, sans compter leur culte de l’oppression des femmes ? Soudain les âmes de l’antiracisme et de défense des droits de l’homme brillent par leur silence impétueux. Ils préfèrent cette grotesque et pusillanime facilité qui consiste à traquer tout propos susceptible d’islamophobie, à dénoncer les publications argumentées et discutables de « Riposte Laïque », ou les « apéros saucisson pinard », qui après tout ne sont qu’une juste revendication d’un innocent mode de vie, face à des codes alimentaires qui sont de l’ordre de la superstition tyrannique, face aux prières de rues illégales et musclées par des milices religieuses. Cette indignation affreusement sélective permet d’ostraciser à peu de frais quelques catholiques intégristes, certes excessifs, mais bien moins mortifères, sans compter tous ceux que la liberté anime. Ainsi, parler des racines judéo-chrétiennes et gréco-romaines de l’Europe, deviendrait un péché raciste. A quand la dénonciation des Lumières ?

 

 

Robert Darnton : De la censure

 

      Hélas, en ce siècle des Lumières, la censure n’abandonnait pas ses fers. Robert Darnton, qui ne manqua pas de faire l’Apologie du livre[16], y situe l’un de ses trois essais réunis sous le titre aussi bref que percutant : De la censure[17]. Comment se manifeste-elle ? Existe-t-il une civilisation, un siècle qui soit indemne des ciseaux et des munitions enclenchés contre la paix des opinions et des convictions ?

      En ce triptyque, le premier exemple choisi par l’historien Robert Darnton relève du XVIIIème siècle français : écrire un conte politique put valoir treize d’internement rigoureux en un couvent à une demoiselle Bonnafon. « Approbation » et « Privilège du Roy » étaient alors indispensables pour qu’un libraire puisse faire paraître un ouvrage. À moins de la faire sous le manteau, prétendument à Londres ou La Haye, avec les risques inhérents à l’exercice. Etonnamment, la censure ne veillait pas seulement à l’orthodoxie religieuse et monarchique, mais parfois aussi à la qualité du style et de l’argumentation. C’est alors que l’on découvre qu’une femme de chambre de Versailles est l’auteure d’un volume circulant en toute discrétion : Tanastès, conte de fée travestissant les amours du Roi d’une manière choquante, et « crime de lèse-majesté littéraire ». Mlle Bonnafon, l’imprimeur et quelques colporteurs furent embastillés. L’histoire est aussi savoureuse que terrible : « elle avait cherché à s’enrichir en diffamant la couronne ». Quoique remerciée par le mépris royal, notre Valérie Trierweiler est aujourd’hui plus chanceuse…

      Moins prestigieuse que les difficultés de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert à la rencontre de la « police du livre », cette affaire est pour Robert Darnton symptomatique de son siècle, à la marge des textes libertins ou athées traqués par le pouvoir. Aux qualités de l’essai d’investigation historique, s’ajoutent celles d’une saisissante galerie de personnages.

      Qualités que l’on retrouve avec plaisir lors de la seconde affaire de censure, située entre « libéralisme et impérialisme » : en Inde britannique du XIXème siècle. Songez qu’en entonnant l’allégorique « Chanson du rat blanc », qui laissait entendre que « les dirigeants anglais ont tout dérobé au pays », Mukunda Las Das écopa de trois ans d’ « emprisonnement rigoureux ». Bien que les Anglais vissent dans le livre « une force civilisatrice », qu’ils dussent promouvoir la liberté de la presse, les chansons bengalies parurent « répugnantes et corruptrices ». Si pouvait y couver la révolte contre l’occupant britannique, les poèmes étaient dits « séditieux » et réprimés comme tels.

      Le dernier volet du triptyque, consacré au XXème siècle, se penche, non, comme on l’aurait trop facilement attendu, sur les noirceurs du nazisme, mais sur celles, symétriques de l’ex-Allemagne de l’Est. C’est alors que, « sept mois après la chute du Mur », Robert Darnton peut rencontrer « deux authentiques censeurs en chair et en os, tout disposés à parler ». Ce sont « des membres loyaux du parti communiste est-allemand et des vétérans de la machine d’Etat à rendre conformes les livres à la ligne du parti ». Tout cela en dépit d’une constitution qui « garantissait la liberté d’expression » ! Las, un certain Walter Janka subit « cinq ans d’isolement carcéral » pour avoir publié Luckas, un auteur pourtant fort marxiste, cependant soudain réprouvé. La « planification » littéraire ne plaisantait pas un instant, afin d’éviter la souillure du modèle communiste et la corruption de l’Ouest capitaliste. On préfère alors le « kitsch socialiste » : « Quand des amants s’embrassent ou se maquillent, ils rendent hommage à la profonde qualité des relations personnelles dans un système affranchi du caractère superficiel engendré par le consumérisme ». Ce serait à pouffer de rire, si ce dernier argument n’était pas encore celui de tant d’anticapitalistes et autres écologistes ! Cette « lutte contre vents et marées pour maintenir un niveau élevé de culture tout en bâtissant le socialisme » est si édifiante, quand les auteurs, adeptes du « Bourgeois tardif », « pouvaient être expédiés en prison ou condamnées aux travaux forcés -l’équivalent du goulag ». On sait combien la Stasi, police politique, était omniprésente ; ce dont témoigne la polémique selon laquelle Christa Wolf elle-même, « qui ne dévia jamais de son adhésion aux idéaux socialistes de la RDA », fut forcée de renseigner le régime…

Relativisons néanmoins -tant que nous pouvons encore le faire, semble dire Robert Darnton en sa conclusion- notre petite censure qui s’adresserait à un Eric Zemmour. Les trois auteurs pris en cas d’école auraient pu subir bien pire, entre tortures et morts. Cependant notre historien parvient à une thèse fort pertinente : Leo Strauss, dans La Persécution et l’art d’écrire[18], penchait pour la stupidité des censeurs, lui affirme leur « raffinement intellectuel ». Comme en sont capables les fonctionnaires de nos Etats, « en particulier en des temps où il semblerait que l’Etat surveille le moindre de nos faits et gestes ». Ne doutons pas que l’historien du passé et du présent, voire du futur, fasse allusion à la surveillance informatique généralisée qui, si elle doit se renforcer pour traquer le terrorisme, ne doit pas traquer le citoyen libre.

Avec intelligence, Robert Darnton a mis en scène et fouillé trois curieuses occurrences de la censure d’Etat. Reste un quatrième volet à écrire en appendice à son essai, celui d’une censure mondialisée, la kalachnikov et le couteau d'égorgeur à la main, qui s’appuie sur une injonction sacrée. Citons le Coran qui parait en la sourate cinquième fort bien commencer, alors que la suite est bien moins chez nous citée : « Voici, qui tue quelqu’un qui n’a tué personne ni semé de violence sur terre est comme s’il avait tué tous les hommes. […] Mais voici, après cela, il est sur terre un grand nombre de transgresseurs. Mais ceux qui guerroient contre Allah et ses envoyés, semant sur terre la violence, auront pour salaire d’être tués ou crucifiés[19] ». Les armes sont bien celles de la Folie de Dieu, pour reprendre le titre de Peter Sloterdijk, qui analyse sans ambages le comportement islamiste : « Bien qu’ils ne détiennent aucune autorité savante, les activistes des organisations guerrières actuelles savent se référer aux sourates adaptées. Leurs actes peuvent être bien répugnants, leurs citations sont sans erreurs[20] ». Ces dernières citations étant également sans erreurs, elles n’ont pourtant que le caractère inoffensif de la liberté d’expression et de la réflexion raisonnée…

 

Darnton Censors at Work 978-0-393-24229-4

 

Le spectre de l’autocensure

 

      A la censure jadis -pas toujours jadis pourtant- d’Etat, s’est substituée une autocensure, qui à l’occasion de l’assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo n’est pas sans avancer son mufle spectral. C’est après de multiples interrogations internes que de nombreux médias étrangers, en particuliers américains, se sont résolus à couvrir l’événement en publiant des photographies contenant des images floutées des couvertures controversées du magazine. Certes, personne n’a le devoir de les publier, et les journaux peuvent légitimement s’appuyer sur l’argument qui consiste à vouloir se protéger et protéger la vie de leurs employés. Ainsi un journal de Hambourg qui vient de les publier vit ses locaux aussitôt incendiés. Il est également loisible de ne pas apprécier l’humour grossier et scatologique, sans oublier encore une fois l’amalgame indigne qui est fait en ces caricatures entre les religions. Mais n’est-ce pas assurer l’avantage de la censure au bout du canon que d’accepter le diktat de l’impubliable ? Ainsi, sous la contrainte criminelle, nous acceptons qu’une liberté soit éradiquée…

      Cette autocensure va jusqu’à confier à des juristes des maisons d’édition les textes à polir et ébarber pour ne pas risquer de contrevenir au politiquement correct, aux lois sur le racisme, aux diktats des associations féministes… Censure populaire et autocensure marchent la main dans la main, dhimmiitude et lâcheté dans le même sac à burqa, lorsqu’en septembre 2014 un spectacle anima la ville d’Angers, présentant des humanoïdes au comportement de primates enfermés dans des cages. Brandissant des Corans, une douzaine de Musulmans insultèrent les comédiens, en les traitant d’ « impurs », au point que le spectacle fut interrompu par le maire UMP, arguant du « désordre public », suspendant du même coup les représentations des autres troupes flouées. De même l'on déprogramme des films qui risqueraient de déplaire à la tyrannie islamique, sous couvert de prudence...

      Inquisiteurs politiques et censeurs puritains relèvent ainsi du même coup leur nez en forme de ciseaux. Notre Etat sait trop bien que sa censure serait impopulaire, quoique s’il savait répondre aux aspirations populaires il ne se gênerait pas pour y recourir. Alors, l'Etat-carpette l’a déléguée en accordant à des associations et autres communautés le droit de traîner en justice le contrevenant à la pensée au nom du préjudice moral et de la nouvelle moralité en marche. Mais c’est aussi une censure volontaire par le peuple lui-même -du moins une intelligentsia à laquelle il faudrait peut-être retirer cette dignité-, donc par un pire pouvoir que le pouvoir lui-même qui le craint, une réplique aberrante de la « servitude volontaire » de La Boétie. L’on demande de ne pas penser, de ne pas penser mal, selon une partisane conception (à laquelle nous n’échappons peut-être pas) du bien, donc forcément de ne pas penser le réel qui n’est, lui, intrinsèquement, ni bien ni mal. Ce réel alors devenu invisible, inanalysable, irrémédiable, n’est plus alors soumis à la critique nécessaire et constructive. On ne l’améliorera plus, on le condamnera à pourrir. Et s’il parait anesthésié, ce sera certainement, en un retour implacable de la vérité des faits, en un retour du refoulé, un réel plus dangereux encore. Lorsque les analystes sereins, les pragmatiques qui se doivent d’œuvrer sur nos réalités pour leur porter remède, doivent se taire, ce sont les démagogues anti-libéraux, du Front national au Front de gauche qui ont le front de nous asséner leurs vérités pré-totalitaires. Ainsi, ne pas vouloir penser l’immigration, l’Islam et les freins étatiques à l’expansion économique et à la liberté d’entreprendre, c’est pratiquer la politique de l’autruche, se mettre la tête dans un sable mouvant, cacher le thermomètre pour ne pas voir monter la fièvre. L’agressivité des associations, des politiques, des intellectuels et des grands soumis à la bien-pensance n’est que le reflet de leur désir d’abattre (quelque soit leur allié provisoire) le capitalisme libéral et d’y substituer leur tyrannie. A moins que la terreur de l’affrontement avec l’islamisme et avec tous ceux qui monopolisent la délinquance soit leur motivation profonde. Il est plus facile d’être vigilant contre les islamophobes, surtout prétendus tels, que contre les islamistes. Contrevenir aux formules de la pensée magique, prononcer certaines opinions ou analyses -certes toujours discutables et dignes d’être si besoin réfutées- est aussitôt susceptible d’une réaction pavlovienne au vocabulaire, taxé au mieux de provocation, au pire de reductio ad hitlerum, jamais de reductio ad stalinum ou reductio ad islamum… Employer des expressions comme « la bombe démographique musulmane », même si l’on appelle de ses vœux un Islam des Lumières, fondé sur une religion privée et non politique et compatible avec la démocratie libérale, suffit pour vous vouer aux gémonies d’une « novlangue[21] » qui ne dit pas son nom, mais qu’Orwell n’aurait pas désavouée.

 

 

      Le Léviathan de Hobbes[22] était composé d’une multitude de gens qui s’accolaient pour tenir entre leurs mains les attributs du pouvoir spirituel et temporel. Ce sont ces mille tyrans assemblés sous leur Servitude volontaire qui nous soumettent et nous entravent aujourd’hui aux moyens de leurs injonctions politiques et terroristes. Faudra-t-il imaginer une judicieuse (car elles ne le sont pas toutes) désobéissance civile[23] ? La Boétie décrivait ainsi la condition de qui se soumet volontairement au tyran ; ce que nous dirons au tyran polymorphe de la bien-pensance, religieuse et politique : « Ce n’est pas tout à eux de lui obéir, il faut encore lui complaire ; il faut qu’ils se rompent, qu’ils se tourmentent, qu’ils se tuent à travailler en ses affaires, et puis qu’ils se plaisent de son plaisir, qu’ils laissent leur goût pour le sien […] qu’ils prennent garde à ses paroles, à sa voix, à ses signes, à ses yeux, qu’ils n’aient ni yeux, ni pieds, ni mains, que tout soit au guet pour épier ses volontés et pour découvrir ses pensées. Cela est-ce vivre heureusement ? Cela s’appelle-t-il vivre ?[24] ». Pensons que La Boétie, l’ami de Montaigne, écrivait cela en 1549, à l’âge de dix-huit ans, toujours jeune précurseur du libéralisme politique. Qu’il faut conserver et lire, auprès de Montesquieu et d’Orwell, dans l'intelligence de la bibliothèque universelle, espace de liberté tant qu'il est encore possible. Aux côtés de laquelle Facebook, nos blogs et nos sites internet, où écrire autant des sonnets lyriques que des essais politiques, sont de formidables instruments de liberté d’expression, une revendication de libre création face aux asservissements religieux et politiques de tous bords.

 

 

     Connaissons-nous le mot attribué à Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire » ? Ce pauvre homme des Lumières dont on ne plus aujourd’hui représenter sa virulente tragédie à charge : Le fanatisme ou Mahomet le prophète [25], pourtant magnifique liberté d’expression et de critique en actes et en cinq actes… Relisons donc son Traité sur la tolérance à l’occasion de la mort de Jean Calas[26]… Et n’oublions pas que liberté d’expression rime non seulement avec argumentation, mais aussi avec le rire[27], la satire, la caricature, le blasphème, quoique ce dernier doive s’arrêter aux portes des lieux de culte qui méritent en leur sein le respect. Certes, ce titre « Requiem pour la liberté d’expression », qui n’a pas le talent de Voltaire, est une hyperbole ; souhaitons qu’il ne devienne pas réalité. Qui nous protégera de l’imminence de ce requiem ?

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut : une vie d'écriture et de photographie

 

[1] John Milton : Areopagitica ou liberté d’imprimer sans autorisation ni censure, traduit de l’anglais par O. Lutaud, Aubier, 1956, p 127 et 211.

[4] Al Fârâbî : La Philosophie de Platon, traduit de l’arabe par Olivier Seyden et Nassim Levy, Allia, 2002, p 30.

[5] Ibn Warraq : Pourquoi je ne suis pas musulman, traduit de l’anglais, L’Âge d’homme, 1999. Voir : Pourquoi nous ne sommes pas religieux

[8] Farhad Khosrokhavar : L'islam dans les prisons, Balland, 2004.

[9] Dans un article du Monde, du 16 mars 2010, les rapports des RG sur les bandes violentes montraient que 87 % étaient de nationalité française, 67 % d'origine maghrébine et 17 % d'origine africaine.

[10] Hugues Lagrange : Le déni des cultures, Seuil, 2010.

[11] L’Allemagne a deux fois plus de juges que la France et deux fois moins de délinquance.

[12] Essai sur le monde du crime, traduit du russe par Sophie Benech, Récit de la Kolyma, Verdier, 2003.

[13] Eric Zemmour : Le Suicide français, Albin Michel, 2014.

[15] Voir : Christianophobie et désir de barbarie : Le Livre noir de la condition des Chrétiens dans le monde

[16] Voir : Destins du livre et des bibliothèques, du papyrus à Google Books

[17] Robert Darnton : De la censure, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-François Séné, Gallimard, 2014.

[18] Leo Strauss : La Persécution et l’art d’écrire, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Olivier Seyden, Tel, Gallimard, 2009.

[19] Le Coran, 5. 32-33, traduit de l’arabe par André Chouraqui, Robert Laffont, 1990, p 225-226.

[20] Peter Sloterdijk : La Folie de Dieu, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Libella-Maren Sell, 2008, p 96.

[21] George Orwell : 1984, Gallimard, 1972.

[22] Thomas Hobbes : Léviathan, Gallimard, folio, 2000.

[24] Estienne de La Boétie : De la Servitude volontaire, Montaigne, Essais, t IV, Charpentier, 1862, p 436.

[25] Voltaire : Le fanatisme ou Mahomet le prophète, Garnier, sans date.

[26] Voltaire : Mélanges, Pléiade, Gallimard, 1961.

Grandville : Le retour de la Censure, 1832.

 
 
 

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Fuentes

La Volonté et la fortune

Anniversaire, réalisme magique

Diane ou la Chasseresse solitaire

Le Bonheur des familles, Inquiétante compagnie

Temps et amour faustien : L'Instinct d'Inez

Le Siège de l’aigle politique

Fuentes Aigle

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

Gamboa Prières

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Gardner

La Symphonie des spectres

Spectre Hamlet

 

Garouste

Don Quichotte

Cervantès Garouste autoportrait-copie-1

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

Gass

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

Gibson Idoru

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Sonnet à l’Allemagne

Sonnet de la liberté politique

Thomas Bernhard: Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

goethe

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

Golovkina

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

Goytisolo Marx

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

Gracian Graus

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le Cœur glacé, Inés et la joie, ou la mémoire du franquisme et de l’Espagne

Almudena 2

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Grozni

Wunderkind, Chopin contre le communisme

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

Guarnieri

 

Guerre et violence

Guerres d'Etats ou anthropologiques : John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences antipolicières, inversion des valeurs

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis

I Prologue

II L'ouverture des portes

III Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

Pyrénées Anie Aneto

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

Couv-Aneto-Canigou

 

Guinhut

Haut-Languedoc

Haut-Languedoc.couv jpg

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

Montagne noire triptyque Quelque chose dans la montagne

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Synopsis et Traversées

Le recours à la montagne

Cantal

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis, incipit

III Bironpolis, Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages, prologue

IV Eros à Sauvages, Les belles inconnues

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum, incipit

VIII De natura rerum, Euro Urba

VIII De Natura rerum, montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

Synopsis et sommaire

Prologue

II Greenbomber, écoterroriste

V Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

Voyages archipel

 

Guinhut Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

Ein Jahr im Leben des Heinz M.

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passsage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

Ré paradis

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

Haddad jour

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

Hamsun

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Hayek

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge et blâme de l'Histoire mondiale de la France

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Jules Verne

Corbin : Histoire du silence, Le miasme et la jonquille

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Hattemer Higgins : le troisième Reich

 

Hobbes

Sonnet de la liberté politique

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

hobbes leviathan

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

Hölderlin

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Ceccatty : Noir souci, passion de Leopardi

Garcia Lorca : homosexualité et création

Broc-Hyacinthe.jpg

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Erasme Dürer

 

Hustvedt

Un été sans les hommes

Vivre, penser, regarder

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

ete-sans-les-hommes

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs : anti utopies scientifiques et superstitieuses

Huxley brave new world

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants

Les Vies parallèles du poète Eminescu

Florina Ilis

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

Impôt

 

IPhone

Tentation totalitaire : IPhone et législation

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi la rose tyrannique de l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Battle royale : téléréalité politique

Murakami Ryû : Chansons populaires

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

Otsuka : Certaines n'avaient jamais vu la mer

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jourde

Festins Secrets

Jourde

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

Jünger Orages

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

Kafk Procès GF

 

Kant

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

Kant Obscur

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

Sirènes -1817-copie-1

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. D Wagner : En-vie, F Maï : Divino sacrum, F Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

1969, Les Bébés de la consigne automatique, Chansons populaires de l'ère Showa

Murakami bébés

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Bonheurs et trahisons du Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

Robert Marteau : Ecritures, le sonnet quotidien

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

Powers Générosité

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Allégorie de la science Cherubino Alberti

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnets autobiographiques

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

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Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

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Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

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La Virgilia, un amour musical et apollinien

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Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

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Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

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Stoner, drame d’un professeur de littérature

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Le peintre passeur de poètes

 

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Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

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