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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 12:58

 

Marais de Basse-Lasse, Loix-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Thierry Guinhut

 

Ré une île en paradis,

 

essai et photographies.

 

Editions Patrimoines & médias, 1995,

140 p, 158 photographies couleur.

 

 

 

 

 

 

        Merveilleux abécédaire photographique, cet album déploie d'est en ouest une découverte jamais vue de l'île de Ré. Parmi les dix communes rétaises, lumières et couleurs, rumeurs d'arrière-saisons, quotidien des "paysans de la mer", vignes et architectures, marais et Fier d'Ars, falaises et dunes, pins maritimes et chênes verts alternent pour notre plus grand plaisir dans une quête du réel autant que de la beauté. Dans son texte, tour à tour lyrique et abondamment documenté, l'auteur interroge l'identité de cette utopie du tourisme, en convoquant mythes, histoire et mode de vie locale. Lucide, mais sans polémique, il pointe également les enjeux économiques et écologiques de la sauvegarde du paradis rétais.

 

 

Plage des Gollandières, Le Bois-plage-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

Anse du Martray, La Couarde-sur-mer. Photo : T. Guinhut.

 

 

Marais des Habitants, Ars-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

Banches des Radias, Ars-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

Les Portes-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

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Ré Rivedoux

 

 

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Ce volume, ayant vu son tirage de 4000 exemplaires épuisé, est à la disposition d'un éditeur qui souhaiterait en publier une version augmentée, améliorée et réactualisée.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Marais de Basse-Lasse, Loix-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 18:54

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Enfer et Paradis communistes.

 

Chen Ming :

 

Les Nuages noirs de Mao s'amoncellent ;

 

Sheng Keyi : Un Paradis.

 

 

 

Chen Ming : Les Nuages noirs s'amoncellent,

traduit du chinois par Camille Loivier, Zulma, 224 p, 15 €.

 

Sheng Keyi : Un Paradis,

traduit du chinois par Brigitte Duzan, Philippe Picquier, 178 p, 17 €.

 

 

 

          Sous l'euphémisme ou l'antiphrase du titre, sous leur douce qualité poétique bien chinoise, se cache l'horreur. À l'enfer des Nuages noirs s'amoncellent de Chen Ming, Sheng Keyi prétend préférer Un Paradis.

       Deux parties composent ce récit autobiographique simplement écrit, sans afféteries stylistiques : Les Nuages s'amoncellent. L'une consacrée à l'ascension sociale d'un pauvre, l'autre à la machine à broyer du communisme chinois dans laquelle tombe et tourne le malheureux Chen Ming, en compagnie de milliers de semblables qui n'auront pu comme lui survivre et être libérés, puis réhabilités. D'autres, s'ils ont écrit, ne verront jamais leur livre ; ce genre de révélation sur la réalité d'un demi-siècle de tyrannie est évidemment interdit. Seul le hasard de la rencontre avec une étudiante française lui permit d'espérer une publication grâce à sa traduction, mais après la mort de Chen Ming en 1996. Chen Ming connut le pire des années Mao : le goulag et le harcèlement. Un récit inoubliable.

      Né dans la Chine des Empereurs, en 1908, il voit passer la république, la guerre sino-japonaise. Par des prodiges de courage, de labeur, d'étude, il s'arrache de la dégradante pauvreté familiale jusqu'à devenir professeur. En 1949, Mao instaure le communisme et son cortège de répressions : « mon corps serait moulu comme du grain et mon esprit cuit à petit feu par les interrogatoires répétés. Je ne pouvais non plus imaginer que ce cauchemar allait durer plus de trente ans. »  Intégré au laogai (le goulag chinois), il pourrit dans des prisons collectives infectes, avant de participer à des chantiers où l'on fend à mains nues la montagne pour creuser des canaux. Autour, on meurt, on dénonce ses camarades en mendiant un recours auprès des autorités, on se suicide ; les gardiens rivalisent de sadisme. Il est littéralement « transformé en homme-merde ».

      Les détenus doivent « chanter les chants maoïstes, puis faire leur autocritique ». Libéré, il lui faut, comme un intouchable, rester balayeur, alors que les jeunes gardes rouges, dont le régime encourage la délinquance, répriment les « péchés bourgeois » de « l'intello puant », harcelant sa femme, pillant leur maison. Il fallait alors « trouver 900 000 vermines droitières ». « Un de mes amis qui avait simplement dit que les produits américains étaient de bonne qualité fut condamné à dix ans de camp ». Chen Ming démonte ainsi l'idéologie et ses perversions, pointant du coup les aberrations économiques : « l'idéal de vie communautaire » du Grand Bond en avant : « la multiplication de campagnes absurdes en vue de l'amélioration de la production réduisirent bientôt villes et campagnes à la misère et au désarroi »... Il ne s’agit pas là, admet l’auteur, d’ « une œuvre  littéraire » impérissable, elle est certes bien moins diffusée que le livre rouge (« il n'y avait que ça dans les librairies ») mais le récit-témoignage, bien monté, efficace, est inoubliable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Cette fois c’est la satire qui vise avec Sheng Keyi la Chine communiste. Evidemment le titre paradisiaque est une antiphrase. Car une telle clinique, illégale de surcroît, à la lisière de la détention militaire et du bordel, n’a rien du Paradis. C’est grâce à une narratrice plutôt idiote que le tableau est peint, non sans un réalisme crû. Elle s’appelle Wenshui ou « Pêche », elle n’est pourtant qu’un numéro parmi ses camarades aux yeux de l’institution et du chef Niu, dont la corpulence lui vaut le surnom de « Boulette de Bœuf ». Les pensionnaires, apparemment gâtées, ne manquent de rien, sauf de liberté. Aussi « Clémentine », « Fraise »  bavardent, complotent, se chamaillent, se soutiennent…

      Pour l’une ce n’est que « louer son utérus », pour Niu elles n’offrent « qu’un hébergement ». L’on ne s’embarrasse pas de viols en guise de sélection génétique. Il est « interdit de parler de sentiments et d’amour maternel ». Néanmoins tout ne se déroulera pas comme prévu, car la production capitaliste, « avec le corps comme capital », ne sera pas aussi juteuse que prévu ; il fallait s’y attendre : « Boulette de bœuf a révisé la ligne politique ».

      Malgré son apparence parfois burlesque, un tel récit vigoureusement satirique ne peut manquer d’apporter une lourde pierre parmi les débats autour de la Gestation Pour Autrui. Il n’est pas impossible que dans une bibliothèque féministe il puisse être posé non loin de La Servante écarlate de Margaret Atwood.

      Sheng Keyi est une romancière confirmée, née en 1973 dans le Hunan, puisque l’on connait d’elle La Fille du Nord, en partie autobiographique, dans lequel elle prend fait et cause pour la condition féminine chinoise. Car la femme ne pouvant avoir plus de deux enfants, elle est opprimée. L’on se doute que la censure a œuvré, la contraignant à publier Death fugue à Tai Wan et en Australie. Ce Paradis, qui n’honore pas la Chine communiste, est également illustré par les aquarelles de l’auteure.

 

         On a beau penser avoir été vacciné par la lecture de Si c'est un homme de Primo Levi, de L'Archipel du goulag de Soljenitsyne et des immenses Récits de la Kolyma de Chalamov (publiés chez Verdier), on est saisi de frisson à l'idée que chacun d'entre nous aurait été à la place de Chen Ming, que notre sens de l'individualité, notre innocence, notre intellect auraient été à ce point bafoués, humiliés, martyrisés. Une fois de plus la littérature concentrationnaire voit s'allonger son catalogue. Nous savions, grâce aux 100 pages (sur 850) de la somme incontournable du Livre noir du Communisme (Robert Laffont) consacrées à la Chine, que des dizaines de millions de gens avaient été sacrifiés par le totalitarisme communiste, qu’aujourd’hui encore, dans des centaines de laogai, des esclaves fabriquent des produits que l'Occident achète à bas prix... mais le lire sous la plume tremblante et si digne de qui l'a vécu dans sa chair reste une épreuve émouvante. C'est avec une humilité sans borne que nos anciens maoïstes des années 68 doivent lire Chen Ming, mais aussi Sheng Keyi. Quelle que soit notre sensibilité politique, rabattons notre enthousiasme devant tout régime, tout mouvement, qui paraîtrait promettre l'utopie sur terre.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Article paru dans Le Matricule des Anges, janvier 2004

 

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 06:23

 

Plage des Prises, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Les fantaisies joyciennes et babéliennes

 

de Julian Rios :

 

Nouveaux chapeaux pour Alice et Chez Ulysse.

 

 

 

 

 

Julian Rios : Nouveaux chapeaux pour Alice,

traduit de l’espagnol par Geneviève Duchêne, Tristram, 128 p, 15 €.

 

Julian Rios : Chez Ulysse,

traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan, et 256 p, 21 €.

 

 

 

 

 

 

          C’est avec un respect poli confinant à l’indifférence que nombre de lecteurs effleureront les pages de Julian Rios. Ecrivant dans le sillage de Joyce et qualifié par Carlos Fuentes d’ « écrivain le plus créatif de la langue espagnole », son aura d’intellectualisme, de difficulté linguistique, repousserait le lecteur de bonne volonté comme au toucher des épines du chapeau-cactus qui figure sur la couverture des Nouveaux chapeaux pour Alice

 

      L'on aurait pourtant gravement tort d’avoir peur. De ne pas céder à l’humour frais de ce vert couvre-chef, à cette porte ouverte de temple entre les tranches des livres… On appréciera au passage le talent du graphiste qui accompagne ainsi l’arrivée de Rios chez Tristram, après que José Corti ait publié huit autres volumes, pourtant non des moindres, entre Album de Babel et Larva, son « opus magnum ». La logique de cette entrée au catalogue n’étonnera pas ceux qui connaissent l’attention de l’éditeur amoureux de Sterne aux expérimentateurs les plus divers, d’Arno Schmidt à Ballard. Mais, comme par magie, cette nouvelle branche éditoriale fait fleurir deux parmi les textes les plus lisibles, les plus délicieusement fantaisistes d’un Julian Rios qui a l’incroyable talent de rendre limpide de nouvelles aventures d’Alice au pays des merveilles autant que la lecture du monstrueux Ulysse de Joyce.

 

         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        À sa manière, Julian Rios remet en selle l’art peut-être décrié, oublié, des réécritures. Loin de nous de penser qu’il puisse manquer de créativité personnelle en devenant ainsi l’épigone, le copieur des plus grandes plumes, qu’il coiffe pour acquérir une gloire usurpée. Comme la Fontaine reprenait Esope, il s’approprie Lewis Carroll et James Joyce, Babel et Don Quichotte, soit les plus grands mythes littéraires, pour les malaxer, leur faire rendre un nouveau jus, non seulement digne des modèles, mais encore aussi nouveau qu’indispensablement excitant.

Au moyen de nouveaux « quichottextes » le Chapelier Fou propose à son Alice préférée une trentaine de chapeaux qui sont autant d’histoires à perdre la tête. Ces voyages mentaux offerts par le prestidigitateur emportent Alice et le lecteur dans une spirale baroque de micromondes sans cesse changeants. Une « mitre dentelée » lui montre un « albinos obèse » qui se fait appeler Moby Dick, un « fez huppé » la plonge dans d’étranges Mille et une nuits rouges de roses et de sang, un « béret jaune orné de thermomètre » la fait infirmière de nuit et de délires, un « casque/casquette » lui permet de changer de sexe à volonté… Elle coiffera une girouette fléchée pour Guillaume Tell, un serpent à sonnettes venu du jardin d’éden, un béret parisien, un chapeau de mousquetaires… On l’a compris, cette pochette surprise de poèmes en proses fondants et à la dynamique narrative inénarrable sont autant d’images kaléidoscopiques des pouvoirs de la littérature : en quelques mots, Julian Rios déclenche une vision explosante fixe de l’homme et du monde et un bouquet d’allusions à la bibliothèque universelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant Julian Rios excelle également à déplier la massive somme joycienne. Car avec son aide, chez Joyce, nous sommes chez nous. C’est à la fois un plan de visite, un jeu de pastiches, et un commentaire. Il reprend, comme autant de salles joyciennes, les dix-huit parties homériques sur lesquelles s’est appuyé le créateur irlandais. Rappelant, ce faisant, combien lui-même n’est qu’un maillon d’une longue chaîne de réécritures. Un « Cicérone » allonge « sa baguette en direction de l’ordinateur papillotant » pour orienter son public, puis ouvre chaque fenêtre pour une paraphrase dialoguée qui bruit de fantaisie et d’intelligence, sans compter les jeux de mots qui n’ont rien d’« Ulysible ». On suit Stéphen-Télémaque et Bloom-Ulysse comme des amis intimes, y compris dans le « labyrinthe d’excreta » : ils « défèquent, urinent et crachent comme tout être humain ». Sans tomber dans cette méchanceté qui peut salir une parodie, Julian Rios, circule dans le roman avec un humour et une légèreté toute pédagogique qui permet de donner beaucoup d’air à un chef-d’œuvre que l’on trouve souvent bien renfermé. Ce faisant, il laisse prise à un risque majeur : peut-être préférera-t-on lire Chez Ulysse qu’Ulysse lui-même !

 

Qui sait si Julian Rios balise à la perfection le chemin entre le lisible et l'illisible, bat James Joyce tel qu'en lui-même sur son propre terrain... Larva, que d'aucun comptent pour son chef-d'oeuvre, sous-titré Babel d'une nuit de la Saint-Jean, joue sur les mots, les allusions, les notes face à chaque page. N'est-ce qu'une une billevesée de 600 pages, traduite par Denis Fernandez-Recatala, avec le concours et l'obligeance de l'auteur ? En leurs  « experditions » , deux amants se prennent pour des personnages de roman : Mille et une nuits londoniennes ? cosmopolistisme d'une Babel au bord de la Tamise ? Tout cela à la fois, sans compter le souvenir d'un Ulysse joycien, d'une Alice au pays réjouissant du postmodernisme...

 

Thierry Guinhut

Article, ici augmenté, publié en 2007 dans la revue Europe

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:03

 

Coupole du Salon des Ambassadeurs,

Arte mudéjar, Alcazar, Sevilla, Andalucia. Photo : T. Guinhut. 

 

 

 

 

 

 

Sommes-nous islamophobes ?

 

 

 

           Péché capital selon les uns, refuge identitaire selon les autres, l’islamophobie est la bombe sans retardement qui agite nos mentalités, notre quotidien et notre avenir. Sommes-nous d’affreux islamophobes ? Peur irrationnelle, haine et rejet a priori, ou justes raisons de craindre et de dire non… Le personnage de Phobos, fils d’Arès et d’Aphrodite, est, dans L’Iliade, « l’Effroi [1]», l’incarnation de la peur panique. Mais aussi, dans Les Métamorphoses d’Ovide, « Phobetor[2] » est l’un des fils, avec Morphée et Fantasos, du dieu du Sommeil ; il a la capacité de se changer en bête sauvage, en serpent, incarnant ainsi le cauchemar… Avoir peur de l’islam relèverait alors du simple rêve panique et névrotique, en rien fondé sur la moindre réalité, une forme de xénophobie de plus, uniquement pétrie d’ignorance, de méfiance et de barrière d’incompréhension opposée à l’autre, à la différence… En ce sens être atteint de phobie simple, l’arachnophobie par exemple, est une souffrance psychique, une angoisse liée à un objet bénin, et donc digne souvent du ridicule, ou, mieux, de la thérapie. Quant à l’islamophobie, elle relèverait plus exactement des phobies sociales. Ne sommes-nous bouleversés que par Phobos, ou par l’Islam lui-même, qui a bien des raisons d'effrayer ?

 

Sans doute l’islamophobie est un concept discutable, truffé de pièges. Permet-il de retourner la culpabilité sur le malheureux qui aurait l’ingénuité de prononcer un jugement critique, du plus grossier au plus fondé et argumenté, sur cette religion et civilisation ? Barre-t-il l’accès à la possibilité du débat et de la réflexion ? Au point que l’Islam devienne intouchable par le moindre débat, la moindre critique, le moindre jugement de valeur sous peine d’être accusé de racisme… Une pensée rigoureuse devrait alors lui opposer le concept de christianophobie qui hélas pour les mœurs et heureusement pour l’équité du dictionnaire et de la pensée commence à se faire jour, ne serait-ce qu’à la suite des attentats, meurtres, expulsions et affronts de toutes sortes qui jaillissent sur de pacifiques Chrétiens, de la Turquie à l’Indonésie, en passant par l’Irak, le Pakistan, le Soudan et la plupart des nations musulmanes, tous pays plus ou moins gangrenés par un fascisme vert qui n’a rien à envier aux fascismes rouges et bruns qui leurs sont consubstantiellement voisins, voire complices, car également anti-libéraux.

      Que l’on y prenne garde, l’Islam ne signifie pas les Musulmans. Une idéologie religieuse et politique dans laquelle l’oumma, ou communauté des croyants, corsète le libre-arbitre de chacun ne signifie pourtant pas qu’il faille identifier le corps religieux avec ses membres. Les Musulmans peuvent être des individus, dignes pourquoi pas de pensée propre, de recul, de choix intellectuels et moraux, au point peut être de pouvoir envisager de choisir sa foi, de la quitter pour une autre, voire pour aucune. Auquel cas cependant ils sont considérés comme apostats et passibles de la peine de mort; ce qui montre l'inadéquation de l'Islam aux libertés.

Il ne s’agira pas alors de confondre rejet des principes politiques d’une religion et de ses pires imams et séides avec le rejet discriminatoire de ceux qui la pratiquent, d’autant qu’il ne manque pas de croyants musulmans pacifiques et tolérants qui respectent en Occident cette laïcité qui leur permet la tranquillité. Redisons-le, s’il en était besoin, que nombre de Musulmans européens ne veulent pas d’une Eurabia où établir l’horreur de la charia et qui les priveraient des libertés acquises en Europe. Ils ne veulent que prier en paix dans le secret de leurs cœurs, de leurs maisons, de leurs mosquées, comme tout Chrétien ou Juif également respectables, que s’intégrer, jouir des fruits de leur travail et de leur liberté, voir leurs filles décider de leurs vêtements, de leurs études, de leur mariage et de leurs enfants…

 

Hélas, c’est au nom de l’Islam, du Coran, de la charia, dont il existe des dizaines de tribunaux officiels en Grande-Bretagne, que sont perpétrés les attentats du 11 septembre, les terrorismes kamikazes de l’Irak, de Moscou, de Madrid et d’ailleurs, que sont lapidées des femmes adultères, que sont condamnés à mort des convertis au christianisme, que sont menacés d’une infâme fatwa un écrivain comme Salman Rushdie, un caricaturiste comme Kurt Westergaard, un agrégé de philosophie comme Robert Redeker…

      Interrogeons alors le Coran, ses sourates et ses versets, que nous ne pouvons qualifier autrement que de manuel génocidaire : V 33 : « La récompense de ceux qui combattent contre Dieu et son prophète et qui s'efforcent d'étendre la corruption sur la terre, sera la mort, le supplice et la croix ». VI 45 : « Quant au peuple qui s’est révélé injuste, il fut anéanti. Louange à Allah, le maître des mondes ». VI 49 : « Ceux qui blasphèment contre l'islamisme recevront la peine de leur impiété ». VII 4 : « Combien de cités nous avons détruites, lorsque notre colère s’est abattue sur elles la nuit et au milieu du jour ! » VIII 39 : Combattez-les jusqu’à ce que la dissension soit anéantie et que le culte soit entièrement consacré à Allah. Mais, s’ils s’arrêtent, Allah voit parfaitement ce qu’ils font. IX 5 : « mettez à mort les idolâtres partout où vous les rencontrerez ». X 13 : « Nous anéantîmes en effet des générations entières avant vous, lorsqu’elles se montrèrent iniques et dès lorsqu’elles reçurent sans les croire leurs envoyés avec des signes explicites. C’est de la sorte que nous rétribuons le peuple des mécréants ». XXV 52 : N’obéis surtout pas aux incroyants et, grâce au Coran combat-les de manière ferme ». Sans oublier les sourates « Les femmes », IV 19 : « Si quelqu’une de vos femmes a commis l’adultère, appelez quatre témoins. Si leurs témoignages se réunissent contre elle, enfermez-la dans votre maison, jusqu’à ce que la mort termine sa carrière », 38 : « Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit, et même les frapper » ; « Le butin » VIII 12 : « Encouragez les croyants ; j’épouvanterai les impies, appesantissez vos bras sur leurs têtes, frappez-le sur le nuques et sur les mains » ; et « Le combat » XLVII 4 : « Si vous rencontrez des infidèles, combattez-les jusqu’à ce que vous ayez fait un grand carnage », Ainsi l’on a pu compter environ 400 versets coraniques haineux, sexistes, homophobes, belliqueux, esclavagistes, anti-chrétiens, anti-juifs, appelant sans détour à tuer les apostats et les infidèles.

Il nous appartient bien de juger si le livre sacré des Musulmans, divers et contradictoire qu’il est, livre d’amour et de paix selon la dissimulation des prosélytes, contient bien la matière de telles indignités, pétri qu'il est d'encouragements à la violence et au meurtre contre les mécréants. Un livre, qu’il soit Bible, Coran ou Popol Vuh[3], historiquement contextualisé, écrit par des hommes, inspirés ou non, ne doit pas être le support d’une doxa tyrannique. Sur ce point, l’Occident a acquis une supériorité éthique fragile : la Bible, quoique plus objectivement pétrie d’amour, en particulier dans les Evangiles, ne fait pas loi, la séparation des pouvoirs spirituel et temporel est effective. Ne serait-ce que depuis le « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu[4] » du Christ.

La critique de l’Islam, au même titre que celle du Christianisme, du Judaïsme et du Bouddhisme, relève de la liberté de pensée et d’expression, durement acquise depuis surtout les Lumières et Voltaire qui n’hésita pas à écrire en 1741 une tragédie (d’ailleurs habilement dédiée au Pape Benoit XIV) intitulée Le Fanatisme ou Mahomet le prophète[5]), tragédie hélas irreprésentable aujourd’hui. Notons que le personnage théâtral qui mania le poignard criminel sous l’instigation du prophète a donné, par antonomase, son nom, Séide, à tout fanatique aveuglement dévoué à un chef politique ou religieux.

 

Voltaire : Théâtre, 1764. Photo : T. Guinhut.

 

C’est à de telles difficultés que l’on mesure l’état de nos libertés occidentales. D’autant qu’en France des lois et des associations peuvent attaquer en justice tout auteur de propos prétendus islamophobes. Tel le journaliste Eric Zemmour qui a dit sur un plateau de télé que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait. [6]» Il est loisible de ne pas éprouver de sympathie envers les opinions controversées du personnage. Mais, à lui seul, il est le garant de nos libertés (comme peut l’être par exemple un Finkielkraut); et sa condamnation est une honte incalculable. Sans compter que le sociologue Hugues Lagrange[7] a établi les causes de la surreprésentation des « jeunes issus de l’Afrique sahélienne » dans la délinquance. Les facteurs culturels et ethniques relevés (notons qu’il passe un peu trop sous silence des facteurs sociaux liés à la condition de l’immigration en France) ne font pas pour autant de l’auteur de cet essai un irrécupérable islamophobe. De plus, la « surdélinquance des personnes issues de l’immigration » est corroborée par le sociologue Sabastian Roché que l’on peut retrouver dans un rapport d’enquête du Sénat de 2002[8], même si lui aussi doit tenir compte des conditions de vie de ces nouvelles génération tiraillées entre deux mondes et à l’adaptation délicate.

Quant à ceux qui voudraient nier les faits pour se réfugier dans un angélisme tiers-mondisme, un « angélisme exterminateur » pour reprendre le titre d’Alain-Gérard Slama[9], ceux qui font les autruches, s’ils ne sont pas islamophobes, les voilà en quelque sorte francophobes et europhobes, voire, si l’on veut user d’un néologisme, réelophobes, ce qui est peut-être pire !

Il s’agit de tolérer des croyances, fussent-elles erronées, mais à condition que cette tolérance ne fasse pas le lit de l'intolérable, et non sans respecter le droit et le devoir de la critique argumentée, de la caricature et de la parodie… En effet, n’oublions pas qu’Islam ne veut pas dire liberté, mais soumission. A tous ceux qui se targuent, face au capitalisme, à Sarkozy, aux lois républicaines, d’êtres des insoumis, il faut leur rétorquer que leur est acquise ici la liberté d’expression et d’élire un Parlement qui saurait modifier ce qu’ils contestent. Or dans l’Islam théocratique, il est hors de question de faire paraître de quelque manière que ce soit la moindre insoumission : représentation par l’image, qui plus est par la caricature, velléité de conversion à une autre religion, pratiquer un athéisme discret ou l’affirmer, rien de tout cela n’est imaginable. Au Pakistan, blasphème et apostasie peuvent être punis de mort, et cela avec l’aval d’une grande partie de la population. La religion chrétienne fut certes parfois sanglante et meurtrière (entre inquisitions et croisades), mais en s’éloignant de ses textes fondateurs et du message du Christ, tandis que l’Islam le fut en étant fidèle à ses concepts originels, en particulier le jihad qui, ne l’oublions pas, est à l’origine d’une croisade bien plus virulente puisqu’elle parvint à soumettre jusqu’à la conversion forcée et au sang les deux tiers du pourtour méditerranéen…

Faut-il appeler de nos vœux un Islam des Lumières ? Si l’on entend cette expression au sens kantien, il serait : « Sapere aude ! Aies le courage de te servir de ton propre entendement ! (…) Pour répandre ces lumières, il n’est rien requis d’autre que la liberté (…) à savoir faire un usage public de sa raison dans tous les domaines. »[10] C’est ainsi que semblent le penser Abdelwahab Meddeb, pour qui l’Islam doit se séculariser[11], ou Malek Chebel[12], quoique ce dernier paraisse vouloir abandonner voile ou lapidation parce que le Coran ne les prescrit pas et non au nom de la raison. Cette conciliation avec les valeurs de la République est-elle une amitié pour la tolérance et la justice ou s’agit-il d’une modération musulmane qui ainsi s’avancerait masquée pour cacher de moins altruistes desseins, sinon des velléités de conquêtes ravageuses ? Est-ce le cas du très controversé Tariq Ramadan ? Reste que Malek Chebel a eu le bon goût de publier un Dictionnaire amoureux des Mille et une nuits[13], ce merveilleux livre que les Frères musulmans égyptiens veulent interdire. Les Lumières, au sens de Kant et de l’ironie critique de Voltaire, restent le garant de nos libertés, face à tous les totalitarismes, qu’ils soient religieux ou politiques ; ou pire : religieux et politiques à la fois.

 

La prière est parfois publique dans nos rues, nos cantines deviennent sans porc sous la pression communautariste ; l’alcool est diabolisé ; les mini-jupes impossibles dans certaines banlieues ; la mixité est invalidée ; l’enseignement en ces mêmes enclaves interdit d’aborder les sujets musulmano-incorrects, sans compter insultes et agressions contre les professeurs ; le darwinisme et la science sont rejetés dans des établissements scolaires ; le texte du Coran, tout sauf féministe, commande de frapper les femmes, d’enfermer l’adultère « jusqu’à ce que la mort termine sa carrière »[14] ; les mosquées aux muezzins, parfois bénéficiant de financements publics des collectivités locales au mépris de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’état, ne menacent pas que les paysages suisses ; la charia est enseignée dans des officines pseudo-éducatives ; des écoles coraniques forment des récitants du Coran ; la France est méprisée, insultée comme source de l’esclavage alors que l’Afrique noire et arabe n’a pas eu besoin d’elle pour pratiquer esclavage et piraterie ; la racisme anti-blanc chasse les habitants ; les racailles du rap et du deal de drogue mettent les quartiers en coupe réglée, brûlent les voitures et les écoles de la République, fomentent des émeutes, des guérillas urbaines (même si des bien blancs ne sont pas innocents) ; l’homophobie et l’antiféminisme sont de règle ; les burqas cachent les femmes battues ; le ramadan devient en certains lieux une dictature ; l’Islam est la première religion dans les prisons ; la violence et le jihad sont des fondements religieux au détriment d’une religion d’amour et de paix… Que se passera-t-il si, la démographie et l’immigration aidant, délinquance tribale et fondamentalisme islamique prennent le pas sur les Républicains intimidés, sinon complices ? 

 S’il est légitime que les authentiques démocrates et libéraux se posent cette avalanche de problématiques, d’autant plus criantes pour ceux qui vivent dans les quartiers dits par euphémisme « sensibles », il est nécessaire de tempérer notre appréciation. Non, les guerres tribales et fondamentalistes ne sont pas à l’ordre du jour, voire d’un jour à venir. Le multiculturalisme décrié est plus exactement en France un multiconfessionalisme, c’est-à-dire la possibilité nécessaire de la liberté religieuse. Deux phénomènes illustrent la capacité des croyants musulmans à entrer dans une laïcité des Lumières : d’une part l’aspiration aux libertés individuelles, tant économiques que politiques, sensible au travers des révolutions tunisienne, égyptienne, lybienne… qui échappent -du moins faut-il l’espérer- aux diktats archéo-religieux, et d’autre part l’entrée de nombre de post-immigrés de l’aire arabo-musulmane parmi la classe moyenne française. Ces « beurgeois », comme on les appelle parfois avec un inqualifiable mépris pour les deux composantes de ce néologisme, sont aussi l’avenir de la démocratie libérale.

 

 

Le retour d’un roman qui fit quelques remous -diabolique selon les uns, visionnaire selon les autres- à sa sortie en 1973, vient à point pour tester les enjeux islamophobiques, ainsi que l’état de nos libertés. Jean Raspail en effet persiste et signe aujourd’hui en rééditant Le Camp des Saints[15]. Le fantasme de l’invasion de l’Occident prend une dimension apocalyptique : en une nuit, « cent navires se sont échoués, chargé d’un million d’immigrants ». C’est peut-être une lourde uchronie qui joue avec nos peurs… Sans compter l’abus du mot « race » par des personnages parfois caricaturaux et les références à l’apocalypse et à un christianisme passablement traditionnaliste… Ce n’est peut-être pas aussi subtil que du Ballard dont nous ne sommes pas si loin, mais un souffle épique impressionnant anime cette narration qui évidemment grossit le trait en imaginant l’Occident entier balayé par les pauvres du Tiers-Monde, vidé de sa substance, malgré la résistance des blancs natifs…

On ne s’est pas choqué de la nouvelle de Ballard dans laquelle la horde (terme joliment dépréciatif) de touristes préfère rester dans le sud de l’Europe plutôt que de retourner travailler, puis se met à piller pour assurer sa survie et son confort[16], pourquoi se choquerait-on de cette autre anticipation ? Parce qu’un politiquement correct absurde et suicidaire veut paraître ne rien dire de déplaisant à l’égard des hordes (terme soudain infamant) d’Arabo-musulmans qui viendrait souiller et piller notre patrimoine. Si Raspail est un peu trop lourdement attaché aux valeurs et racines chrétiennes de l’Occident, il n’en reste pas moins que les racines arabo-musulmanes de ce dernier sont maigres, mis à part en al-Andalus, dans le lexique espagnol et dans le Don Quichotte auquel Cervantès attribue un auteur qu’il nomme « Cid Hamet Ben-Engeli »[17].

Reste que l’apport de Raspail à notre réflexion est fort pertinent , grâce à sa préface nouvelle et bien actuelle : « Big Other », (On aura compris l’allusion au « Big Brother » d’Orwell[18]): il est l’image de la surveillance de cette incorrecte pensée qui ne se résout pas au métissage obligé, à la perte des fondamentaux libéraux de notre civilisation. Mieux encore, en fin de volume, il ajoute une liste des passages de son roman qui aujourd’hui tomberaient sous le coup des « lois Pleven, Gayssot, Lellouche et Perben ». Ces lois mémorielles et qui permettent à des associations comme SOS Racisme de jeter devant les tribunaux ceux que la liberté d’expression chatouillerait… Sous la chape de ce « Big Other », sommes-nous libertophobes lorsqu’un Zemmour ne peut émettre d’opinions ?

Le problème n’est évidemment pas la couleur de peau ou l’origine géographique et culturelle, mais la non adhésion aux valeurs de la démocratie libérale. Le multiculturalisme n’est pas qu’un échec en France, à condition de ne pas transiger sur les fondamentaux venus des Lumières, de la laïcité, de l’égalité homme-femme et du respect des libertés de culte, sans compter l’indispensable respect de l’individualisme (à ne pas confondre avec l’égoïsme), c’est-à-dire la possibilité laissée à chaque individu de se développer par lui-même dans une société de libertés.

 

Si notre islamophobie n’est que racisme et xénophobie, elle est moralement condamnable, quoique pas au sens des tribunaux censeurs, qui ont mieux à faire que de s’occuper de ces délits d’opinions dont le traitement devrait nous mettre sur la liste grise d’Amnesty International. Si elle fait une lecture critique des dogmes religieux de l’Islam et des armes idéologiques qu’il fournit à ceux qui s’en emparent pour commettre des crimes et assurer leur totalitarisme, elle est une liberté nécessaire, salutaire. En ce sens, qu’on l’appelle Phobos ou Phobetor, ce dieu venu d’Homère et d’Ovide, mais aussi d’un sursaut des Lumières, elle peut être aussi bien un avertisseur, un protecteur. Car il y a bien un devoir d’islamophobie libérale.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Homère : L’Iliade, chant XIII, vers 299.

[2] Ovide : Les Métamorphoses, Livre XI, vers 640.

[3] Popol Vuh, Bible américaine des Maya-Quichés, Le Castor Astral, 1987.

[4] Evangile selon Saint- Matthieu, 21/21.

[5] Voltaire : Théâtre, Garnier, sans date.

[6] Le 6 mars 2010 sur Canal Plus.

[7] Hugues Lagrange : Le Déni des cultures, Seuil, 2010.

[8] Voir : http://www.senat.fr/rap/r01-340-1/r01-340-117.html

[9] Alain-Gérard Slama : L’Angélisme exterminateur, Essai sur l’ordre moral contemporain, Grasset, 1993.

[10] Kant : Qu’est-ce que les lumières ? Œuvres, tome 2, Gallimard, Collection de la Pléiade, 1985.

[11] Voir son entretien du 4 octobre 2010, sur France Culture.

[12] Malek Chebel : Manifeste pour un islam des Lumières, Hachette Littérature, 2004.

[13] Plon, 2010.

[14] Coran, « Sur les femmes », IV, 19.

[15] Jean Raspail : Le Camp des Saints, Robert Laffont, 2011.

[16] J. G. Ballard : « Le Plus grand parc d’attractions du monde », in Nouvelles Complètes, volume III, Tristram, 2010.

[17] Dans le chapitre III de la seconde partie.

[18] Georges Orwell : 1984, Gallimard.

 

Nota bene : les traductions du Coran utilisées sont celles de Savary, Garnier, 1958,

et d'André Chouraqui, Robert Laffont, 1990.

 

Photo : T. Guinhut.

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 12:52

 

Photo : T Guinhut.

 

 

 

 

 

Stalker,

 

entre catastrophe nucléaire

 

& science-fiction métaphysique,

 

par les frères Strougaski.

 

 

 

Arkadi et Boris Strougatski : Stalker,

traduit du russe par Svetlana Delmotte et Jacqueline Lahana,

Denoël, 240 p, 18 €.

 

Arkadi et Boris Strougatski : L’Ile habitée,

traduit du russe par Svetlana Delmotte et Jacqueline Lahana,

Denoël, 444 p, 24 €.

 

 

Qui ne connaît Stalker, le film d’Andreï Tarkovski, sorti en 1979 ? Des hommes rampent dans un espace informe, encombré d’objets morts, de présences prometteuses ou mortelles ; ils sont écrivain et professeur de physique, et suivent précautionneusement leur « stalker », chasseur en approche, guide et passeur, jusqu’à une chambre où tous les souhaits pourraient être réalisés. On s’aperçoit assez vite que ce sont moins les lieux qui sont explorés, que les personnalités et les motivations secrètes des protagonistes, en une angoissante quête initiatique… On ignore cependant trop souvent que ce film soviétique qui fascina les esprits est l’adaptation biaisée d’un roman qu’enfin nous pouvons lire en version intégrale ; que dis-je indispensable. Et dans lequel il n’y a ni professeur ni écrivain… La « Zone » est enfin restituée dans toute sa pureté dangereuse. Alors que, bien moins connue, celle de L’Ile habitée est une implacable dictature.

 

Le personnage de Redrick Shouhart, successivement 23 ans, 28 ans, puis 31 ans, est, hors des expéditions officielles,  un « stalker » aux activités souvent illégales. Il œuvre dans la « Zone », ce « trou dans l’avenir », interdit et gardé par l’armée, où l’on ne sait quels « Visiteurs » ont abandonné, comme les détritus de leur pique-nique, des objets aberrants, des « creuses », des « batteries etak », et, peut-être, une « Boule d’or » mythique qui exaucerait tous les vœux, et qu’il s’agit d’aller chercher au risque de sa vie, de sa santé mentale, au travers d’un parcours semé de « gels de sorcières », de brûlures, de disparitions, d’épidémies inqualifiables qui se transmettent aux enfants, à d’autres populations qu’un émigré aurait infectées… Ces objets, achetés et revendus au prix d’impressionnantes liasses de billets et d’alcools omniprésents, feront la perplexité des savants chargés de les étudier. Ce dont témoignent les déclarations du Prix Nobel de physique Valentin Pilman qui, d'une part attribue les anomalies de la zone à une visite d'extraterrestres, et, d'autre part, en arrive à mettre en doute la science humaine autant que ses limites avec l’irrationnel. Les trouvailles de ce no man's land post-apocalyptique sont des objets miraculeux ou des bombes meurtrières aux effets imprévisibles : « bracelets qui stimulent les processus vitaux » ou « éclaboussures noires », ils sont « capables de modifier tout le cours de notre histoire [et] des réponses tombées du ciel à des questions que nous ne savons pas encore poser. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S’agit-il d’une science-fiction qui dirait la hantise d’une explosion nucléaire meurtrière à l’occasion d’un accident incontrôlable ou au cours d’une orwellienne guerre froide qui fait long feu? Ou encore, au-delà du trop évident ensemencement d’un espace par une contamination post-atomique, par des extraterrestres aux pouvoirs incongrus, magiques et malsains, il se peut que nous ne trouvions dans la « Zone » que l’image fantastique de notre perception et de notre inconnaissance du monde, avec tout ce qu’elle peut avoir de fantasmatique, d’hallucinatoire. S’il y a « Visiteurs » extraterrestres, ils sont hors de tout anthropomorphisme… En tous cas, l’empreinte du roman des deux frères n’a pas fini de nous marquer, de suggérer à la littérature des pistes et des inquiétudes nouvelles.

Les travailleurs qui étouffèrent le réacteur de Tchernobyl ont été nommés des stalkers. Rien de surprenant qu’un jeu vidéo S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Tchernobyl, sorti en 2007, emprunte quelques éléments de ce roman initiatique, aux parcours bourrés de dangers et de promesses. Hollywood prépare une nouvelle version filmique sous le titre de Roadside picnic, ce qui est d’ailleurs la traduction du titre original du roman écrit à quatre mains par les frères Strougatski, soit Pique-nique au bord du chemin, initialement paru en trois livraisons dans la revue Avrora en 1972.

Il peut paraître fort étonnant qu’un livre ainsi confidentiellement publié, qu’un film sorti sept ans plus tard, aient pu durablement alerter les consciences, venus qu’ils étaient de l’étouffante tyrannie rouge ; et ce sans guère en subir la censure. D’autant qu’ils peuvent être perçus comme une métaphore secrète de cette autre « Zone » dangereuse et morbide, l’Union soviétique elle-même, où les essais nucléaires se firent au mépris de la population, où l’on creusa un lac à coup de bombe atomique, où la « Boule d’or » inatteignable et délétère serait ce communisme qui pourrait combler tous les souhaits… Car même si la quête de Redrick aboutit auprès d’elle, le « bonheur pour tout le monde » se révèle être « plutôt en cuivre ». Mystérieux univers satirique crypté de dissidence au soviétisme, les romans des frères Strougatski explorent également de troublants espaces inaccessibles à la science et à la pensée humaines. Plus qu’une catastrophe utopique et écologique, la « Zone » est une catastrophe métaphysique, une énigme jetée à la face de la pensée, qu’elle soit raisonnable, poétique, idéologique ou scientifique. L’incommunicabilité entre d’éventuels extraterrestres, un Dieu négligent, pervers, ou le hasard incompréhensible de la création d’une part et la pauvre humanité qui se débat sur la terre et en ses délires politiques d’autre part, est flagrante.

 

 

 

      Une cohérence insinuante peut alors se nouer avec L’Ile habitée, roman plus modestement novateur, redevable qu’il est des traditions interplanétaires de la science-fiction, depuis La Guerre des mondes de Wells. Cette fois, nous ne sommes plus sur terre, mais sur une lointaine planète où s’échoue un jeune homme. Maxime est le « Robinson » de cette Ile habitée sur laquelle il avait espéré trouver « une civilisation puissante, antique, sage ». Hélas, sur une terre radioactive et sale, son vaisseau est détruit par on ne sait quel projectile et la rencontre d’un autochtone laisse à désirer : « On voyait aussitôt que l’homme armé n’avait jamais entendu parler de la valeur suprême de la vie humaine, de la Déclaration des droits de l’homme, des merveilleuses et simples inventions de l’humanisme ». En effet règne ici une infecte dictature militaire, nantie de « tours radio » qui chapeautent toute la population. Etrangement, Maxime est insensible aux ondes de contrôle. Serait-il le seul à pouvoir être apte à la résistance ? Parmi une guerre perpétuelle et les colonnes de blindés, le personnage charismatique de « Pèlerin » lutte aux côtés de Maxime devenu « Mak », contre les « dégénérés, contre « l’Empire insulaire », la « dégénérescence de la biosphère », les « fascistes de l’Etat-major », qui pourrait tout aussi bien être communistes, si la censure soviétique ne veillait sur l’épaule des écrivains… La fin ouverte laisse peu d’espoir. Certes moins mythique que Stalker, L’Ile habitée est cependant un de ces phares de cette science-fiction intelligente qui rime avec dystopie (ou anti-utopie) en pensant peut-être au précurseur russe de ce dernier genre : Zamiatine[1]. Et en gardant l’œil sur nos nécessaires libertés individuelles et sur les portée de la connaissance, toujours trop menacées.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Article, ici augmenté, publié dans Le Matricules des Anges, mai 2010.


 

Marais de La Cricq, Les Portes-en-Ré. Photo : T Guinhut.

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 07:48

Claustro de Villanuova, Cangas de Onis, Asturias. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

Eloge discuté de la vie divine de Philippe Sollers

 

& de sa « Guerre du goût ».

 

 

 

 

La « vie divine » de Philippe Sollers exige d'être reconnue à sa haute et juste valeur : « Le préjugé veut sans cesse trouver un homme derrière un auteur: dans mon cas, il faudra s'habituer au contraire ». « Il sera lu », dit-il de lui-même. Eh bien, bravo ! Ne vaut-il pas mieux être Sollers, en afficher l'ambition et gagner  « la guerre du goût », plutôt que de jouer « le très bas[1] » Volontiers cabotin, le pape de Tel quel, le stratège de l’establishment des Lettres, le démiurge de L'Infini, mérite-t-il sa réputation, voire sa splendeur auto-octroyée ?

 

Qui est Philippe Sollers ? Grâce à sa consécration par la collection Les contemporains des éditions du Seuil en 1992, il serait devenu au moins l'égal de Claude Simon, de Ponge, de Handke et de Bernhard, de Gracq et de Duras, de Blanchot et Borges... Pour qui, comme votre serviteur, à vingt ans, a découvert Sollers avec le feuilleton en sept années de Paradis dans la revue Tel Quel, il est moins l'idéologue, le pape du « Telquelisme », le maoïste aux enthousiasmes pour le moins erronés, celui qui a tourné sept fois sa veste, que l'écrivain. Si l'on souligne encore les débuts fêtés tant par Mauriac qu'Aragon, la théorie absconse et tranchante, entre structuralisme et sémiologie, le voyage officiel dans la Chine de Mao (mais aussi son intérêt éclairé pour la culture chinoise ancienne), le catholicisme au parfum de scandale ou l'habileté des best-sellers, reconnaissons-lui un certain génie de stratégie de la connaissance et de la traversée du monde contemporain. Sans compter une réelle passion investigatrice pour des œuvres majeures qu’il n’a cessé de défendre et d’analyser, de Joyce à Sade, en passant par Dante et Casanova.

 

 

Les polémiques apaisées, pourrons-nous aborder « l'œuvre » en toute sérénité ? L'œuvre : miroir aux facettes nombreuses, réservoir de langues et de styles. Qu'on en juge: le presque proustien et rigoureux petit roman d'apprentissage d'Une curieuse solitude, l'aventure de l'écriture plutôt que l'écriture d'une aventure dans Nombres en marge du Nouveau roman, le fantasme d'encyclopédie historique critique et joycienne dans Lois, massif touffu sans ponctuation, terriblement abscons, qui se voulait intimidant d’intelligence, à peu près illisible…  Enfin  Paradis vint : opéra fabuleux, poème épique et lyrique, roman éclaté sans cesse rebondissant, examen clinique du monde contemporain, du moi et de la mystique, joyeux fatras où musicalité du langage et rigueur compositionnelle apparaissent tour à tour dans le massif compact d'un seul mouvement non ponctué. Cette assomption dans une écriture expérimentale aussi unique que pétillante et d’une richesse prodigieuse[2] risquait d’isoler Sollers. Alors le fin stratège conçut Femmes. Ce roman à thèses et à clés, un rien célinien, fragmenté, voire désordonné, en prise sur l'immédiat contemporain, fut soudain plébiscité par le grand public. Provocation qui associait les femmes à la mort, casanovisme affirmé, narration souvent classique, parfois autobiographique, autofiction, portraits d’amis et d’intellectuels, dont celui à peine masqué de Roland Barthes, si émouvant hommage, permirent de sauver cet opus de l’impression qu’un fatras bavard phagocytait le champ romanesque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais pour qui ne serait pas encore convaincu de la maîtrise et de la sincérité affichée dans le roman autobiographique Le Cœur absolu, il y eut la prose supérieurement classique, concise, elliptique et succulente, à la Fragonard, dans Les folies françaises, la passion mystique et l'érotisme subtil de cette légende de l'écrivain amoureux qu'est Le Lys d'or. Il y a quelque chose de mystique chez ce romancier qui adule, voire idéalise les femmes qu’il choisit d’aimer, y compris au moyen d’une sexualité mi coquine mi bourgeoise. Même si l’examen des dérives du féminisme castrateur dans Femmes et l’intérêt passionné pour Sade laissent rêveur. C'est alors que nous relirons Sade contre l'être suprême, plaquette prétendument « censurée », selon le fantasme de son auteur. Identification suspecte au philosophe cruel des boudoirs? Ou essai critique plein de finesse ? Mais il est de bon ton d’aimer et de discourir de Sade. Est-il encore nécessaire de faire la « guerre du goût » pour défendre la légitimité de Sade qui, certes n’a pas à être censuré, mais à être remis à sa place : grand écrivain, analyste des ressorts de l’inhumanité de l’humanité, et cependant thuriféraire de l’inhumanité, de la torture…

Pourtant la Guerre du goût menée par Sollers est continue, toujours à reprendre, il faut sans cesse élever des stèles écrites à ses batailles et escarmouches puis les rassembler dans le jardin monumental (et à la française) d'un beau livre. Outre d'ardentes préfaces ou essais pour des éditions d'art, de Fragonard à Céline, de Rodin à De Kooning, de Sévigné à Genêt, ce sont des petits essais, des articles donnés au journal Le Monde. Le mot « article » paraît alors trop circonstanciel, déjà dépassé, sinon péjoratif. Mais là, Sollers excelle, il fait mouche, grâce peut-être à l'avarice de l'espace imparti. C'est une pensée en marche, une pensée d'éclaireur et d'avant-poste, d'attaque plutôt que de défense. Il suffit pour s'en convaincre de relire sa piquante et élogieuse préface aux Photos licencieuses de la Belle époque. Pêle-mêle, on va de Bordeaux à New York, de Mozart à Miles Davies, de Gongora à Nabokov, de Proust à Nietzsche... Compagnie fabuleuse, curiosité des lumières... Où justement les lumières sont souvent celles de leur siècle, et françaises. Sollers est complice de Voltaire, amoureux de Laclos, voluptueux du monde avec Casanova, philosophe avec Sade. Mots clés ? « Désir », « luxure », « paradis », « feu », « religion », « esprit »... La grande inquiétude de Sollers est que l'esprit des Lumières s'éteigne, que les grands livres disparaissent, soient confisqués par les loisirs programmés, qu'on les brûle comme des Rushdie, que ce soit par intégrisme économique ou religieux, ce en quoi on ne peut que partager sa foi militante. Il craint et pourfend le « politiquement correct », les lieux communs et les tyrannies de la « société du spectacle » dénoncée par Guy Debord, tout cela certes non sans user et abuser du cliché consensuel.

Ainsi, ces biographies subjectives et romancées de Vivant Denon, de Casanova, de Mozart, ou dernièrement de Nietzsche dans Une Vie divine, sont autant un examen du créateur emblématique qu’il n’est plus guère besoin de défendre, qu’une rêverie entraînante, qu’un autoportrait impressionniste au miroir du génie. On y trouvera moins ces grandes figures que Sollers lui-même, en un délicieux exercice de narcissisme, qui est autant d’une intelligence supérieure qu’ampoulé, creux, bavard, bourré de clichés sucrés. Nietzsche, se demande-t-il, approcherait-il Dieu ? Et Sollers, parmi tant de femmes qui sont ses personnages charmants, trop complaisants peut-être, utilisables à satiété pour les plaisirs d’un maître un rien sexiste, serait-il ce divin artiste de la langue?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais de L’Etoile des amants jusqu’à Trésor d’amour (son dernier roman paru), Sollers continue de cultiver un hédonisme enchanteur qui a quelque chose de stendhalien. On pourrait lui reprocher de se réfugier dans la rose tour d’ivoire des plaisirs charnels et intellectuels. Mais, outre sa critique bien sentie, quoique un peu trop redevable de la réduction facile au pétainisme, de « La France moisie », ses allusions aux libertés nécessaires de l’écrivain en font, quoique moins directement engagé que l’on aurait pu l’attendre, le signe de la préservation indispensable du goût de l’égotisme et des plaisirs raffinés dans un monde qui voudrait trop souvent les blâmer, sinon les éradiquer au moyens d’idéologies, politiques ou religieuses, délétères…

Certes, il a été l’objet, comme tout auteur parvenu à une certaine position dominante, à la fois commerciale, intellectuelle et éditoriale (chez Gallimard) de critiques, voire de pamphlets. Il suffit de penser au livre bien vigoureux de Pierre Jourde : La Littérature sans estomac[3]. C’est en tête de ce talentueux et nécessaire brûlot que figure Sollers sous le titre ainsi conçu : « L’Organe officiel du Combattant Majeur : Le Monde des livres et Philippe Sollers ». Cette dénonciation virulente d’une suspecte collusion éditoriale et journalistique a pris aujourd’hui quelque ride, puisque notre auteur n’est plus un pilier du supplément hebdomadaire du journal. Mais il faut avouer que la direction de la collection « L’infini » chez Gallimard n’a toujours pas permis l’éclosion de chefs d’œuvre infinis (ce dont hélas ne peut guère se targuer l’ensemble de la production romanesque française).

 

 

Pierre Jourde attaque non sans pertinence l’autopromotion permanente (mais on n’est jamais mieux servi que par soi-même et ses affidés) du maître, la propension à abuser d’une pensée « sans cesse annoncée » mais jamais réellement explicitée. Paraître poser les grandes questions sur le génie des écrivains et des artistes ne suffisant pas à y répondre. La pose du penseur se boursouflerait sans que le lecteur ait le moindre fin mot à se mettre sous l’intellect. « Edulcorer », « pages verbeuses », voilà quelques perles de la non pensée consensuelle et cultivée de Sollers selon Jourde… Jugez-en à travers cette perfidie : « Il est déjà, en soi, assez amusant de voir un notable des lettres et un homme de pouvoir se réclamer à tout bout de champ de marginaux et de poètes maudits ». Notons que notre époque française n’aime rien tant que la rebellitude confortable et institutionnalisée et que Sollers prend le soin de paraître loin au-dessus de l’arène politique en affichant une dédaigneuse et amusée (et encore une fois consensuelle) pose centre gauche. Pire, Jourde accuse : « Ce verbiage périmé fait de Sollers un écrivain définitivement daté. Vieilles mythologies, mots d’ordre, folklore intellectuel, propagande simplificatrice, obsession du complot : tout l’arsenal culturel, en somme, des dictatures ». Diantre, rien que ça ! La réjouissance pertinence de Jourde s’est-elle légèrement laissé aller à s’emporter dans les attendus de son exercice de style ? Il faut reconnaître que les génies encensés par le critique des guerres du goût et de l’Eloge de l’Infini, sont tous parfaitement reconnus, et qu’il n’a découvert personne dans le contemporain, malgré son intérêt pour Philip Roth, sinon lui-même.

 

Reste que Sollers (en parlerions-nous s’il n’en valait pas la peine ?) a du goût, la grande classe du goût. Il faut à ce polygraphe amoureux de Venise, reconnaître une voix, une musicalité personnelle et somptueuse parmi ses monologues d’esthète, ses douceurs romanesques, que d’aucuns qualifieront, au choix, de sublime ou de désuète. Il aime les plaisirs de l'intelligence et du sexe (comme ils peuvent aller bien ensemble!), des grands Bordeaux et du style. Sans nul doute, ce prosateur absolument virtuose de Paradis, ce fin commentateur du Paradis de Dante, sûr de sa valeur ou pétri d’une pathétique présomption, sait écrire un Discours parfait, il a une Vie divine. Vie au cours de laquelle il aura passé du culte de Mao, à celui du Pape, jusqu'à celui du moi, servitude volontaire, sous l'autorité d'un maître, de moins en moins dangereuse. Prodigieusement cultivé, il restera, malgré ses détracteurs, une énigme, semblable à nulle autre. Nous ne pourrons lui reprocher de compter parmi ses élus un écrivain du XXe siècle après J-C nommé Sollers : voilà qui est du meilleur goût.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Etude revue et augmentée à partir d’un article sur La guerre du goût

paru dans La République des lettres, décembre 1994

 

[1] Pour faire allusion à un titre faussement modeste de Christian Bobin : Le Très bas, consacré à Saint-François d’Assise, Gallimard, 1992.

[2] Voir la thèse de doctorat de Thierry Sudour soutenue en 2008 : « Paradis » de Philippe Sollers : Édition critique et commentée.

[3] L’Esprit des péninsules, 2002.

 

Claustro de Villanuova, Cangas de Onis, Asturias. Photo : T. Guinhut.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:13

 

Sankt Niklaus / San Nicolo, Südtirol / Trentino-Alto Adige. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

"Piss Christ",

 

une icône chrétienne d'Andres Serrano.

 

 

 

 

Le Christ a été giflé, souillé. Ce n’était pas en Palestine, au premier siècle de notre ère, mais à Avignon, autrefois « Cité des Papes », le dimanche jour du Seigneur 17 avril 2011… Fut-ce du fait d’un artiste insultant, ou de la part du public, du moins d’un groupuscule qui s’évertua à frapper une photographie sous verre ? Alors qu'il s'agit dans le cas de ce Piss Christ d'un surgeon de la tradition du Christ aux outrages...

 

L’artiste s’appelle Andres Serrano et l’objet du délit, si l’on en croit les agresseurs, est une photographie représentant un crucifix. Le jeune homme aux bras tendus par les clous penche sa tête probablement couronnée d’épines, exsudant une intense lumière ivoirine et jaune. Alors qu’autour de la croix une aura rougeoyante, rubescente, inonde tout le format, parfois parcourue de petites bulles, comme de champagne. Indubitablement, c’est très beau, totalement extatique et mystique… Hélas, il s’agit d’un bocal d'urine. Car l’on s’est penché sur le titre : « Piss Christ ».

Qui est ce photographe ? Andres Serrano, d’origine hondurienne et afro-cubaine, est né en 1950 à New-York. Ses séries photographiques incarnent des problématiques autour du corps, du sexe et de la religion. « The Morgue », par exemple, montre des cadavres, comme des gisants, des cercueils aux contenus exhibés comme venus de la peinture des retables baroques. D’autres exhibent des sexes vieillis, des auto-fellations, des giclées de sperme, des excréments… Le « Piss Christ » voisine avec des Madones et des sculptures grecques elles-mêmes immergées dans ces luminosités orangées qu’il paraît réserver aux figures de la transcendance.

Il y a une réelle cohérence dans ce travail, autour des sécrétions, des liquides et des matières corporels : sang, voire sang menstruel, lait maternel, sperme et merde, par exemple lorsqu’il propose en ce dernier matériau son autoportrait… Tout ce qui nous nourrit, nous fait vivre, nous permet de se reproduire et de jouir, tout ce résultat du cycle vital que nous rejetons, en d’autres termes nos fondamentaux animaux qui, hors, hélas peut-être, le sale de la merde et l’obscène du sperme, ont été sacralisés chacun à leur manière dans les mythes, les religions, les sacrifices, les icônes de l’art et de l’éros, jusque dans la pornographie qui est une anti-sacralisation, ou, si elle se fait art raffiné, extase voisine de celle de Sainte-Thérèse statufiée par Le Bernin.

Que l’on soit choqué par de telles recherches esthétiques, pourquoi pas. Que l’on refuse de les acheter, d’aller les regarder, soit. Mais peut-on impunément détruire une œuvre d’art, même jugée grotesque, infâme ?

Un commando catholique est donc venu dans les locaux de la collection d’art contemporain Yvon Lambert à Avignon ce dimanche 17 avril pour marteler la photographie « Immersion Piss Christ » ainsi qu’un autre cliché, « Sœur Jeanne Myriam ». Deux visiteurs armés d’un marteau et d’une sorte de pic à glace les ont attaqués, brisant les vitres protectrices. Trois gardiens qui tentaient de s’interposer ont été menacés et molestés, avant que les agresseurs parviennent à s’enfuir du musée. La direction a porté plainte, tout en assurant que les œuvres seraient montrées dans cet état désastreux.

 

Andres Serrano : Piss Christ.

 

Selon l’AFP, ces censeurs intégristes autoproclamés proviendraient de « l’Institut Civitas », qui se veut sur son site internet « une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France », militant pour « l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples », et pétitionnant contre le travail d’Andres Serrano. Samedi déjà, une manifestation de « 800 ultra-conservateurs et jeunes intégristes » contraignit le musée à fermer. L’évêque d’Avignon, Monseigneur Cattenoz, qui avait demandé le retrait de la photographie, parla d’un cliché « odieux » qui « bafoue l’image du Christ sur la croix, cœur de notre foi chrétienne ». Rien que ça ! Ceci rappelant la polémique qui avait eu lieu aux Etats-Unis dans les milieux traditionnalistes au moment de sa première monstration, il y a trente-cinq ans… Il y eut bien sûr des cas semblables, comme la « Nona Ora » de Maurizio Cattelan représentant Jean-Paul II écrasé par un rocher, qui suscita l’ire des intégristes chrétiens… Tout cela au motif que ce « Piss Christ » est insultant envers les croyants, envers la foi chrétienne, envers le Christ. Ils se trompent. Plus lourdement que le rocher.

L’on sait qu’Andres Serrano fut élevé dans une stricte éducation catholique, qu’il se dit « chrétien », que sa maison est une véritable église avec lutrin et sculptures sacrées, que l’une de ses plus prestigieuses expositions eut lieu dans l’« Episcopal Cathedral of Saint John the Divine » de New-York. Sans même lui imaginer une vocation personnelle religieuse, l’on peut plaider la cause chrétienne de cette œuvre, même si, assénons-le, elle n’a pas besoin d’être ainsi défendue pour avoir le droit et le devoir d’exister en tant que liberté créatrice et interrogatrice…

Car dans quelle tradition s’inscrit ce « Piss Christ », sinon dans celle du « Christ aux outrages » ? Nos intégristes sont-ils si incultes en histoire de l’art et en théologie ? Nombre en effet d’œuvres picturales et mêmes musicales relèvent de cette dimension, dans laquelle les blessures infligées au corps du fils de Dieu, les instruments de la Passion (de l’éponge imbibée de vinaigre, à la lance, en passant par les clous…) sont listées et vénérées. Pensons au retable d’Issenheim (entre 1512 et 1515) de Matthias Grunewald, qui peignit par ailleurs un « Christ outragé », dans lequel le Christ en croix voit son corps entier percé d’épines, ses mains crispés par le clou, ses pieds sanglants, sinon pourrissants, sa bouche tordue par un filet de salive… Pensons à la cantate de Buxtehude (1637-1707) « Membra Jesu nostri » qui en sept parties pour solistes, chœur et orchestre se consacre successivement à la déploration et la gloire des pieds, des genoux, des mains, des côtés, de la poitrine, du cœur et de la face du Seigneur insultés depuis le jugement de Pilate jusqu’au Mont des Oliviers.

Ainsi, avec sa chrétienne icône, Andres Serrano œuvre dans la tradition. Le croyant comme l’agnostique pourront méditer sur la souffrance et la cruauté qui sont le lot de l’humaine condition. Sur celui que Dieu a envoyé parmi les hommes pour incarner, ressentir et porter nos blessures. Mépris, châtiment et pardon pour les tortionnaires, compassion pour la victime, voilà ce que doit inspirer ce sang qui rougeoie, cette urine jetée à la face du fils de l’homme qui vaut bien le vinaigre offert par les soldats romains… En une sorte de catharsis, l’œuvre d’art purge nos passions violentes, nos sadismes et nos provocations puériles. Enfin l’amour du Christ, par lui, en lui et pour lui, est sous la vitre, intacte ou saccagée, de cette photographie qui relève de l’art sacré autant que du scepticisme.

Cette œuvre serait-elle insultante qu’elle aurait le droit d’exister au motif que nombre de religions qui proclament chacune détenir la vérité et le seul Dieu, voire plusieurs, sont obligées, nolens volens, de coexister, d’accéder à l’œcuménisme, à la tolérance universelle. Sans compter que le blasphème, si blasphème il y a, ne peut en aucune manière entrer dans le droit des démocraties libérales et de la République où les pouvoirs spirituel, le religieux, et temporel, le politique, sont radicalement séparés. Implicitement, le droit au blasphème, qu’il s’agisse d’art, de caricature, de liberté de pensée et d’expression, est donc reconnu, à la seule réserve que le devoir de discrétion et de respect s’arrête à la porte des lieux saints et de culte. Faute de quoi la charia, qu’elle soit musulmane ou catholique, devrait ici s’appliquer, comme dans l’horreur pakistanaise… Même si l’on peut mieux comprendre, -cependant, entendons-nous bien, ni excuser ni permettre- l’iconoclasme de l’Islam puisque cette religion interdit la représentation humaine et divine. Alors que la Chrétienté a presque toujours favorisé et compris la création des images christiques, et que l’art contemporain, ici explicitement honni par ces séides de l’intégrisme probablement proche du Front National, retrouve un intérêt réel, et controversé, pour le sacré et la question de la transcendance.

  Le rôle de l’artiste, de l’écrivain, de l’intellectuel, dignes de ce nom doit être, au-détriment d’une directe provocation adressée dans leur espace privé et cultuel aux croyants qui n’ont rien demandé, de provoquer la réflexion, de lutter contre les préjugés, de proposer des alternatives à des systèmes de pensée, si riches et raffinés soient-ils. C’est ainsi que leur liberté esthétique, conceptuelle et d’expression devient la garante de nos libertés à tous. Sans liberté, le respect n’aurait plus ni sens ni valeur…

 

Une fois de plus, hélas, voici le Christ figurant au Musée des scandales[1], conspué, frappé, martelé… Mais par ses troupes, par les catholiques extrémistes, minorité minuscule certes, mais qui n’a guère à envier à des talibans au petit pied… Qu’en toute modestie, ils fassent pénitence. Le Christ saura les pardonner. L’artiste les sauverait-il de la honte ?

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Fresques XVI° de Mont, Haute-Garonne. Photo : T. Guinhut.     

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 08:28

 

Mallos de Riglos, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Richard Powers ou les mystères du moi :

 

Générosité, La Chambre aux échos.

 

 

Richard Powers : Générosité,

traduits de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Yves Pellegrin,

Le Cherche Midi, Lot 49, 2011, 480 p, 22 €.

 

Richard Powers : La chambre aux échos,

traduit par Jean-Yves Pellegrin,Le Cherche Midi, Lot 49, 2008, 472 p, 23 €.

 

 

 

 

Science et littérature peuvent-elles faire bon ménage ? Le risque est de choir dans le didactisme à thèse. Décidément spécialiste des romans basés sur une hypothèse scientifique, après la neurologie dans La Chambre aux échos, puis L'Ombre en fuite et les univers virtuels, Richard Powers récidive, cette fois avec la génétique et avec « Générosité », non sans doter son intrigue de talents psychologiques et dramatiques.

 

Chroniqueur plutôt dépassé, sinon déphasé, hanté par ceux qu'il a moqués dans ses papiers publiés jadis dans de prestigieuses revues, le professeur-auxiliaire Russel Stone commence à Chicago son premier cours de littérature intitulé : « Journal de bord et carnet intime ». Ses étudiants n'ont pas l'air plus bénis par la vie. Sauf Thassa, une jeune Berbère qui, malgré ses atroces souvenirs de guerre civile en Algérie, reste imperturbablement « la réfugiée la plus radieuse au monde ». Il semblerait alors, ému, interloqué par cette splendeur mentale, que grâce à ses recherches dans le bouillonnement d’internet, il ait trouvé le mot clef : « l’hyperthymie ». Aux côtés d’une psychologue de l’Université, Candace, il devient le protecteur de la jeune fille, douée d’une qualité comportementale et biologique exceptionnelle.

Mais Russel, qui par ailleurs travaille comme nègre et correcteur pour le magazine « Devenir soi » (notons l’ironie), n'est pas le seul à être fasciné par la bienheureuse : bientôt le généticien Thomas Kurton qui « n'a jamais douté de la nature chimique du bonheur » va tenter de s'emparer de sa capacité à l'harmonie, de ce gène peut-être... Va-t-il trouver, en prélevant son ADN, la recette de l'allégresse, « la formule du soma », pour répondre au Meilleur des mondes d'Huxley ? Médias, industrie pharmaceutique, politiciens, tous se ruent sur les découvertes de Kurton qui imagine une « fiction postgénomique ». Jusqu'à la lisière de la tragédie... Thassa, surnommé « Miss Générosité », vendra-t-elle ses ovules au service de la félicité de l'avenir ou n'est-ce qu'une illusion ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre satire virulente des médias, des appétits industriels, et curiosité pour ces investigations scientifiques exaltantes et hasardeuses, entre bénéfices potentiels et dangers pour l'humanité, Richard Powers a la sagesse de rester ouvert, tout en mettant en scène un juge qui « revient sur le principe même d'une biovaleur appropriable ». Gageons que l’écrivain, qui fut l’un des tout premiers à faire séquencer son génome (en 2008), engage là une réflexion intime, longuement méditée et nuancée. En effet, la question ici posée est-celle de l’amélioration de l’humanité. Faudrait-il se priver de découvertes qui iraient dans le sens du plus de bonheur individuel et donc collectif ? Les hasards désastreux de la biologie personnelle qui font de l’un un dépressif, un mélancolique, voire un psychotique, ne doivent-ils pas être corrigés ? On a compris que nous sommes ici fort loin du créationnisme et des parfaits desseins de Dieu, à moins qu’il nous ait laissé ce libre arbitre qui doit nous permettre d’améliorer nos potentialités et non de les détruire.

        Qui sommes-nous sinon notre cerveau ? C’est également ce que postule Richard Powers dans son précédent roman: La Chambre aux échos. A travers l’aventure d’un accidenté de la route, de sa sœur, puis d’un spécialiste à succès des neurosciences, le roman embrasse plusieurs genres.

         Nous sommes dans l’Amérique du Nebraska, là où les grues affectionnent les étendues d’eau de la Platte River sur le passage de leur migration annuelle, où les habitants sont plutôt frustes et où les préjugés pèsent lourd. Une nuit d’hiver, le jeune Mark Schluter renverse son camion sur une route isolée. A l’article de la mort, il est transporté à l’hôpital, grâce à l’appel d’un inconnu qui a laissé quelques  mots : «  Je ne suis Personne / mais ce soir sur la North Line / DIEU me conduit jusqu’à toi / pour que Tu puisses Vivre / et ramener quelqu’un d’autre ». Chacun de ces vers est devenu le titre des cinq parties d’une roman, formant ainsi une sorte de charade, policière et scientifique. Un « ange auto-stoppeur » est-il l’auteur de ce billet ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Lorsque Mark reprend pied, il paraît réintégrer sa personnalité, son monde, mais sans pouvoir reconnaître sa sœur Karin qui vient d’abandonner son travail pour veiller sur lui. On comprend bientôt qu’il est victime d’un rare syndrome : celui de Capgras qui décrit chez un sujet soumis à une atteinte cérébrale l’absence du lien affectif qui le reliait avec ses plus proches. Ainsi, non seulement sa sœur, mais son chien, sa maison, lui paraissent être des faux, nés d’une coûteuse machination gouvernementale destinée à le tromper et le contrôler. On devine que nombre de phénomènes affectifs ou encore de délires -religieux, politiques ou du complot- qui nous paraissent constitutifs de la personnalité individuelle et native ne sont que les effets de dysfonctionnements cérébraux. Voilà qui est iconoclaste : nos qualités et défauts sont des produits de la bonne ou déficiente marche de diverses zones cervicales : « Mon cerveau, ce ramassis de parties séparées qui essaient de se convaincre les unes les autres… Où est mon moi ? », demande Mark.

           Les médecins locaux ne parvenant pas à guérir le patient, Karin fait appel à une sommité, le professeur Weber, auteur  de livres à succès dans lesquels il pille la mémoire de cas curieux pour le bien de la vulgarisation scientifique. Il reste attentif, puis prescrit un antipsychotique. Jusqu’à ce qu’elle constate: « Me voir aggrave son état » et « il a décidé que je ne serais plus jamais moi ». Mark mène alors son enquête sur le responsable éventuel de son étrange accident, suspectant ses potes et « le petit ami de sa fausse sœur » : Daniel, un écolo fanatique dévoué aux grues. De plus Karin, bien que saine, paraît plus déséquilibrée que Mark. Sans compter que Weber lui-même finit par s’abîmer dans ses doutes professionnels et ses perplexités intimes en rencontrant une étrange et dévouée Barbara. S’il y a bien un complot, c’est celui qui mènera à la construction d’un centre de loisirs face aux oiseaux menacés, métaphores et « échos » de l’intégrité mentale menacée des personnages.

        La dimension sociologique de ces romans est sensible à travers le contraste entre l’Amérique profonde de Mark et la côte Est -d’où vient Weber- qui est intelligemment marqué dans La Chambre aux échos, mais aussi entre le monde de la jeune immigrée de Générosité et celui du futur technologique en marche aux Etats-Unis. Quant à l’approche scientifique, qu’il s’agisse des neurosciences ou des problématiques liées au développement des connaissances et des thérapies génétiques, elles sont, dans un cadre romanesque bien charpenté, parfaitement claires autant qu’accessible au modeste lecteur que nous sommes. Ce dans la perspective à la fois de divertir et d’instruire, qu’il s’agisse de vulgarisation ou de questionnements éthiques.

 

Les esprits chagrins pourraient se froisser du didactisme appuyé de Richard Powers, de ce qui frôle le roman à thèse engagé dans des problématiques contemporaines. Mais outre qu'il est l'un des seuls, sinon le seul, à œuvrer avec tant d'efficacité en ce sens, il nous offre une écriture, précise, suggestive et pleines de bonnes surprises de pensée : ne boudons pas notre plaisir. Il faut en effet admettre qu’il a un indéniable talent pour dresser un vivant portrait de ses personnages et alterner leurs points de vue. Il sait instiller du suspense et ce qu’il faut d’émotion psychologique dans ce qui aurait pu être d’arides descriptions de cas. Que le roman de mœurs et de société s’intéresse aux plus intrigantes investigations de la science de la cognition, du comportement et de la géntique, justifie à lui seul la présence de Powers dans cette collection des écrivains américains novateurs: « Lot 49 ». Si ce label, au nom venu d’un livre de Thomas Pynchon (Vente à la criée du lot 49), n’existait pas, il faudrait l’inventer pour en reparler avec « générosité » dans « la chambre aux échos » de notre cerveau. 

Thierry Guinhut

  Augmenté à partir d'articles parus

dans Le Matricule des Anges, juillet-août 2008 et avril 2011

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 18:40

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Le baiser refusé par Albertine.

Marcel Proust :

À l’ombre des jeunes filles en fleurs.

 

Commentaire littéraire.

 

         

 

 

 

Si le désir est parfois séducteur, il est loin d’être toujours réciproque. Malgré son exaltation, l’amour n’atteint alors pas son but rêvé. Il en est ainsi pour le narrateur de La Recherche. Depuis la rencontre de la « petite bande » sur la digue de Balbec, le jeune héros d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, a fini par faire son choix et devenir amoureux d’Albertine. Enfin invité dans sa chambre, il se voit refuser le baiser tant désiré. Nous sommes à la fin de la deuxième partie, parue en 1918, de La Recherche du temps perdu, cette vaste « cathédrale » romanesque du XX° siècle. Marcel Proust, qui a également écrit les essais de Contre Sainte-Beuve et le recueil des Plaisirs et les jours, a passé les dernières années de sa vie dans son lit à écrire son roman autobiographique, basé sur « l’édifice immense du souvenir ». Nous allons, à l’unisson du narrateur, nous pencher sur le visage d’Albertine qui le reçoit enfin dans sa chambre, auprès de son lit. En quoi cette rencontre amoureuse contrariée est-elle un moment clef du roman d’initiation qu’est À l’ombre des jeunes filles en fleurs ? Nous étudierons d’abord le portrait d’Albertine telle qu’en elle-même et vue par le narrateur, ensuite la dimension cosmique et artistique de son émotion, pour parvenir à l’initiation amoureuse, étape fondamentale du roman somme qu’est La Recherche.

 

Le lecteur attentif et averti connait déjà un peu le personnage d’Albertine. Avec un petit billet elle a dit « Je vous aime bien » à notre narrateur, mais nous la savons volontiers lunatique et il peu aisé de cerner ses véritables intentions. La dimension psychologique de cette quête amoureuse va trouver une acmé déroutante, lorsqu’elle invite son soupirant dans sa chambre du Grand hôtel, le soir, alors que sa tante l’a laissée… Pouvons-nous penser avec le narrateur « que ce n’était pas pour ne rien faire qu’une jeune fille fait venir un jeune homme en cachette » ? Pas si sûr, bien que l'argumentation paraisse judicieuse… Une fois de plus elle se montre aguicheuse, soucieuse de l’arrangement étudié de ses appas, de ses « tresses » « défaites », signe, à la Belle époque, d’une familiarité osée et invite érotique puisqu’elle le reçoit dans son lit. Attitude trompeuse qui ne s’appuie que sur l’importance accordée à la description prosopographique où seul son visage est mis en valeur par le rose et le noir… Son évidente sensualité se serait peut-être accommodée d’une approche prudente et délicate du narrateur, mais son emportement l’effraie au point qu’elle doive sonner et réduire à néant le rêve de son trop emporté galant, événement perturbateur dans ce cadre narratif, et passage de l'illusion à la réalité décevante. Pudeur de jeune fille où stratégie d’aguicheuse qui saura ainsi mieux ferrer le poisson ? Une fois de plus les personnages de la société proustienne sont faits de facettes nombreuses et ne se découvrent que lentement au long de La Recherche, au cours de laquelle nous apprendrons que les mœurs de la séductrice sont loin d’être innocentes, puisqu'elles sont, à l'instar de nombre de personnages de La Recherche, d'essence homosexuelle, soit saphique, en particulier avec Mademoiselle de Vinteuil…

Certes le narrateur n’a pas encore cette sûreté d’analyse psychologique que seul le romancier connaîtra. Il est trop aveuglé par son amour ; au point qu’il perçoive Albertine, non telle qu’en elle-même, mais telle que son désir la veut voir. Il s’empare du registre lyrique et épidictique pour faire l’éloge de sa beauté, quoique « trop rose » et « congestionné », blâme néanmoins réaliste pour lui sans importance. Ses sens, et plus précisément la « vue », terme d’ailleurs répété, sont à l’affut. En proie à la passion, il ne sait interpréter ce qu’il voit du visage d’Albertine qu’au bénéfice de son entreprise conquérante : de ses « couleurs », il allait « enfin savoir le goût ». Par cette synesthésie, inscrite dans une focalisation interne, il affirme sa sensualité au risque de ne pas tenir compte du libre arbitre de sa belle. Notre narrateur, plus persuadé que convaincu, malgré ses délibérations (« l’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions » n’est qu’une vérité générale, un proverbe ici peu fondé), s’est-il assez interrogé sur les sentiments de celle qu’il doit d’abord respecter ? Sa fougueuse inexpérience le perd. Le lyrisme fait place à un soudain pathétique lorsque le bruit « criard » de la sonnette retentit, en une disharmonie qui est à l’antithèse de la prose poétique, à la chute de ce passage qui se clôt par un blanc, une ellipse. Mais son exaltation est l’occasion pour l’écrivain de nous emporter dans une dimension cosmique.

 

 En effet, du paysage qui l’entoure au cosmos qui le dépasse, le narrateur fait une sorte de voyage qui lui permet de passer de la contingence et du particulier au divin et à l’art. Après la gradation ascendante de la course dans le Grand hôtel, la chambre paraît un sanctuaire où il ne perçoit que le lit et Albertine. Et si la « fenêtre » lui permet une topographie du paysage marin, c’est pour y associer des personnifications, comme « les seins bombés des premières falaises », qui sont des métaphores de ce qu’il fantasme du corps d’Albertine, sans oser se le dire vraiment. On peut alors imaginer ce que « la lune (…) pas encore montée au zénith » signifie lors de cette érotisation du paysage, ce qui montre combien la perception du narrateur est plus celle de son moi que du réel qui l’entoure.

Des « globes » de ses « prunelles » à l’orbe » et à la « sphère » du cosmos, il n’y a qu’un pas, vite franchi par la métaphore filée. Le rapport entre microcosme humain et macrocosme s’inverse. En une antithèse présomptueuse, la « vie immense » de son être dépasse celle « chétive » de l’univers. Ce souffle lyrique et cosmique est la conséquence du « torrent de sensations » (notons l’hyperbole liquide) produit par son entreprise érotique. Comme s’il allait dépasser son petit moi grâce à l’acte sexuel qui vise à la reproduction des générations, et grâce à ce bonheur qui lui donne une sensation d’immortalité (à l'instar de celui procuré par la madeleine trempée dans le thé), c’est bien Eros, et non un autre représentant du « divin » qui lui donne cette sensation d’intensité et d’invincibilité. Le chiasme, « le monde eût-il pu durer plus que moi, puisque je n’étais pas perdu en lui, puisque c’était lui qui était enclos en moi », montre que l’exaltation dionysiaque de l’éros permet de prendre possession du monde et de soi en une plénitude extatique. Mais cette dimension métaphysique, que l’on sait brève et illusoire, ne résiste pas au coup d’arrêt de la sonnette. Comment inclure alors en soi le monde, sinon par l’art ? La comparaison du visage d’Albertine avec les peintures de Michel-Ange (on devine la Genèse et le Jugement dernier de la Chapelle Sixtine) associée à la reprise de la métaphore filée des figures circulaires, du « vertigineux tourbillon » est par anticipation la possession du « fruit rose » et défendu, l’accession à l’Eden érotique. Mais aussi, puisque le narrateur se voit rejeté, la seule échappatoire à la contingence du désir des mortels. Seul Michel-Ange reste après l’extinction et la déception du désir, seul l’art de l’écriture proustienne permet de reconquérir cette intensité affolante du désir, en son « temps retrouvé », dans toute sa puissance et beauté. Il faudra plus tard l’écriture de La Recherche, donc l’art, pour y parvenir. Sans le savoir encore, le narrateur emmagasine les expériences initiatiques qui fondent les étapes de son vaste roman.

 

Marcel Proust illustré par Van Dongen, Gallimard, 1947.

Photo : T. Guinhut.

 

La brusque chute pathétique après cet emportement sublime marque en effet la fin, ou presque, du premier séjour à Balbec, voire la fin de l’aventure avec  la « petite bande ». La saison des « jeunes filles en fleurs » s’est refermée. Le narrateur croira ne plus aimer Albertine. Cette initiation à la coïncidence du désir et de l’amour, cette trop brève initiation à l’acmé de l’être humain frôlé par les ailes conjointes d’Eros et de Cosmos est aussi une leçon de civilité et de comportement amoureux. N’écoutant que la violence de son désir (« je me jetais sur elle pour l’embrasser ») il ne tient pas compte de celui de l’autre. La tyrannie du désir masculin (ce « feu intérieur », métaphore de la passion qui le tient et qu’il croit déceler en elle) fait de l’autre une proie, quand il doit rester libre. L’amour se doit d’être séducteur, prudent, délicat, ce qu’il n’a pas encore compris. Qui sait si ainsi Albertine se serait offerte ? Il ne suffit pas de rêver l’amour, mais de l’apprendre, et d’apprendre à l’offrir. Ainsi se devine une dimension morale.

Le roman psychologique se double donc, au moyen de ce passage sommital, de ce tournant romanesque, d’une supplémentaire dimension initiatique. À Balbec, entre découverte d’un nouveau « pays », de l’amitié avec Saint-Loup, du soupçon pas encore perçu du monde des homme-femmes » incarné par Charlus, de l’art et de l’artiste en la personne du peintre Elstir (d’ailleurs ami des jeunes filles) et l’approche de la « petite bande » parmi  laquelle il choisira Albertine pour tenter de passer des amours adolescentes à l’amour adulte, nous sommes dans un roman d’apprentissage. Dans la tradition renouvelée de l’Education sentimentale de ce Flaubert que Proust admirait.

 

 C’est d’ailleurs dans « À propos du style de Flaubert » que l’écrivain affirmait : « Seule la métaphore peut permettre l’éternité du style ». Ce rendez-vous amoureux ambigu et raté ne serait qu’une anecdote banale si la phrase proustienne ne le changeait en expérience à la fois intensément érotique et cosmique. Sensation, art de l’écriture et ekprasis michelangelesque confluent en une prose fabuleuse que le narrateur ne maîtrise pas encore. Seul Proust saura inclure ce baiser refusé par Albertine dans l’immense baiser accepté par l’éternité de l’art que devient La Recherche. Heureusement notre cher et malhabile narrateur parviendra à ses fins dans La Prisonnière : Albertine lui donnera d’autres baisers que celui que sa mère lui avait également refusé au début de Du côté de chez Swann. Hélas, il découvrira encore plus la duplicité de la jeune fille… À ce suspense romanesque, s’ajoute un roman de société qui lui fera découvrir la duplicité générale. De Sodome et Gomorrhe au Temps retrouvé, Proust invente ce roman-somme qui, aux côté de l’Ulysse de James Joyce ou L’Homme sans qualités de Robert Musil, change la face du XX° siècle…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir : À la recherche du Proust-perdu : Le Mystérieux correspondant et autres nouvelles

          Céline et Proust, ou la recherche du voyage romanesque

 

Vide-greniers de Chef-Boutone, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 19:36

 

Mangas japonais. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Le Japon survolté de Murakami Ryû :

 

1969, Les Bébés de la consigne automatique.

 

Chansons populaires de l’ère Showa.

 

 

Murakami Ryû : 1969, traduit du japonais par Jean-Christian Bouvier, 200 p, 24 €.

Murakami Ryû : Les Bébés de la consigne automatique, traduit par Corinne Atlan, 526 p, 10,70 €.

Murakami Ryû : Chansons populaires de l'ère Showa, traduit par Sylvain Cardonnel, 224 p, 7,50 €.

Aux éditions Philippe Picquier.

 

 

 

         Jusqu'il y a peu, la littérature japonaise était pour nous dominée par un sextuor: Kawabata, Mishima, Tanizaki, Inoué, Abé et le récent Prix Nobel Kenzaburo Oé. Cependant, une plus jeune génération, des auteurs insolites nous parviennent. On n'en finirait pas de citer les merveilles que la curiosité des éditions Picquier nous procurent, malgré des choix parfois inégaux. Parmi laquelle le fantastique du Faucon d'Ishikawa, l'érotisme intense du Secret de la petite chambre de Kafu et Akutagawa, celui inquiet de La Chambre noire de Yoshiyuki, celui plus burlesque des Pornographes de Nosaka... Cependant Murakami Ryû est le reflet d'un Japon en mutation, qu'il portraiture en sa jeunesse de 1969, dont il fait un épopée dérisoire dans Les Bébés de la consigne automatique et qu'il fredonne dans les Chansons populaires de l'ère Showa.

 

         Ryîu Murakami, né en 1952, est lui un insolent polygraphe qui a déjà quelques dizaines de livres à son actif. Son premier roman, Bleu presque transparent atteignit au Japon, en six mois, le million d'exemplaires. Le second, La guerre commence au-delà de la mer baigne dans les mêmes eaux troubles d'une société corrompue et menacée de catastrophe finale. Il diversifia depuis ses thèmes. En témoigne 1969, roman de nostalgie autobiographique, comique mémento de la culture pop des années soixante, dont les chapitres ont nom: « Arthur Rimbaud », « Daniel Cohn-Bendit », « L'imagination au pouvoir », « Alain Delon », « Velvet Underground », etc.. Aidés de quelques amis, le narrateur fomente une révolte lycéenne, jusqu'à « déféquer sur le bureau du proviseur », « organiser un Festival de petites bandaisons matinales » et s'attirer l'assaut policier. C'est un récit fort amusant, témoignage d'une époque et des mentalités adolescentes où l'on rejoue avec provocation et non moins de puérilité ce mai 68 peut-être trop révéré.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         L'on ne confondra pas notre auteur avec son homonyme Haruki Murakami[1] dont les abondants romansillustrent l'épanchement d'un certain fantastique zen dans la réalité contemporaine. Murakami Ryû, lui, illustrerait plutôt l'irruption du style « manga » dans la volubile fresque sociale, dans le réalisme magique désespéré. Des « bébés » sont abandonnés dans des « consignes automatiques »de gare. Seuls rescapés de ce type de mausolée sacrificiel, Hashi et Kiku poursuivent le fantôme de leurs identités, depuis l'orphelinat jusqu'à leur résolution dans une violence vengeresse à l'échelle de leur ressentiment et d'un Japon secoué de typhons, pollutions et autres convulsions. En marge des lois, ils sont de véritables héros picaresques à travers les bas fonds d'une ville de drogués et de prostitués. Malgré un souffle narratif évident et une grande richesse d'images, Murakami ne parvient toutefois pas toujours à nous convaincre. Son roman est une superbe fresque agitée des démons colorés du bel et laid aujourd'hui, mais sa thèse en partie complaisante qui fait de ses héros les pantins d'un déterminisme forcé est peut-être erronée. Malgré tout, n'est-ce pas par le vice de ses personnages et la vertu de son livre que Murakami nous pousse à quelques questions nécessaires sur nous même et sur notre société?

 

 

      Comment devenir quelqu’un, comment se sentir exister avec intensité si l’on n’a aucune qualité particulière ? Eh bien, en glissant dans la facilité du meurtre, dans ce poncif des faits divers, de la littérature policière et du serial killer. C’est ce que propose Murakami Ryû en ses Chansons populaires de l’ère Showa.

      Six jeunes hommes, ou plus exactement post-ados, s’ennuient : ils ne savent qu’organiser des rituels dérisoires : « Pour eux, nés dans la seconde moitié de l’ère Showa (1926-1989), « rire » n’était plus synonyme de s’éclater ». En face d’eux, six femmes, toutes prénommées Midori, toutes divorcées, qui « n’avaient jamais connu d’orgasme ». Lorsque l’une d’entre elles est gratuitement égorgée par l’un d’eux, une lutte sans merci entre les clans s’engage, on répond au meurtre par le meurtre, selon la loi primitive et réflexe du Talion. Ces gens qui se parlaient sans s’écouter, découvrent alors l’authenticité de la communication : « Les cinq Midori survivantes de l’Association des Midori ouvrirent une séance de travail qui allaient les transformer en assassins potentiels » (…) « Tous, ils ont dit que c’était fantastique de se faire assassin ».

      S’en suit alors une spirale de vengeances, où l’inconséquence règne en maître, depuis le couteau, en passant par le pistolet, puis le lance-roquettes, enfin « l’arme nucléaire du pauvre » grâce à laquelle trois femmes sont éliminés en même temps qu’une ville entière. Quant aux deux derniers vainqueurs, bien que l’un demeure sauvagement tailladé, ils peuvent reprendre leurs « séances de karaoké »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Ces personnages sont des zombies, « absolument dépourvus de la capacité d’imaginer ce que les autres pouvaient ressentir ou désirer et il ne leur venait pas à l’idée de faire un geste pour autrui. » Seules les femmes, sans pourtant prendre la moindre distance envers leur « guerre sainte » sans idéal, parviennent à émettre une pensée : « C’est tout ce que le Japon a réussi à accomplir depuis la guerre ? Des types dans la vingtaine déguisés avec des tenues de pervers au milieu de nulle part, ricanant bêtement et chantant des tubes de karaoké ? » Quant à la police, elle finit tacitement par laisser entendre « que le meurtre de jeunes gens de cette espèce, probablement irrécupérables, était en fin de compte un service rendu à la nation ».

      Entre cette discutable perspective éthique et le développement mental de nos protagonistes qui, à l’occasion de cette orgie criminelle, peuvent enfin « prendre confiance en elles et en leur capacités », une grave interrogation nous taraude : quelle est cette société, quelles sont les valeurs de ces individus, pour que seule l’acmé du sang leur permette de se réaliser pleinement ?

      Une fois de plus, Murakami Ryû évolue entre sensibilité au contemporain qui l’entoure et racolage. Certes, il n’est pas étonnant qu’au cœur de nos sociétés des groupes d’individus échappent aux repères moraux, mais on se demande quelle empathie dangereuse il partage avec ses personnages. A moins qu’il fasse œuvre d’analyste pour dénoncer les errements des membres de notre civilisation qui n’en partagent que les biens matériels et pas le moins du monde les valeurs de respect et de justice. L’état, ici presque absent, parait peu concerné, dépassé, ses fonctions régaliennes réduites à néant par cette lutte sans merci entre deux clans aux sexes opposés, devenus égaux dans la gestion strictement égoïste de la violence.

      La simplicité de l’écriture, quoique parfois traversée de métaphores clinquantes (« En un clin d’œil, ils étaient dans le même état que la petite culotte ensanglantée qu’ils avaient trouvée là un jour ») n’empêche pas la portée de ce bref roman. L’immense vacuité des personnages et de la société qui les héberge laisse le lecteur humaniste profondément perplexe. Le prolixe auteur des Bébés de la consigne automatique, de Parasites, de Love & Pop, d’Ecstasy de Thanatos et de Melancholia, ne nous a-t-il fourni qu’un manga un peu étiré, un jeu vidéo explosif, un roman à la psychologie sommaire, ou une satire aussi perspicace que déchirante ?

 

         On conçoit alors combien il est le reflet d'un Japon en mutation. Comme si une seconde ère Meiji, cette fois dévolue à ces jeunes générations qui ne savent pas comment concilier la prise de distance avec l'obsession économique japonaise et l'attrait pour une société des loisirs devenue folle. Ces « bébés » sont-il un nouveau Japon corseté et déterminé par l'ancien, au point de ne manifester son indépendance que par la délinquance ? Murakami Ryû ferait-il une double crise d'adolescence littéraire grâce à des mangas dont les seules images sont les métaphores ?

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

[1] Voir : Les résonances musicales, picturales et littéraires d'Haruki Murakami

 

 

Manga japonais XIX°. Photo : T. Guinhut.

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Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte, Vraiment peindre

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Adam et Eve, mythe et historicité

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Des peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

La Sirène d'Isé

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable, Nouvelles de jour et nuit

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Faim romantique et passion nazie

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

Jaccottet

Philippe Jaccottet : les madrigaux, la clarté

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'intégrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

Kehlmann

Tyll Ulespiegle, Les Arpenteurs du monde

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

George Steiner, tragédie et réelles présences

Vocabulaire européen des philosophies et autobiographie par Barbara Cassin

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lorca

Federico Garcia Lorca par Ian Gibson ; Une Colombe si cruelle

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Lumière de L'Esprit des lois

 

 

 

 

 

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Troubadours et érotisme médiéval

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, L'Estomac, Orgasme

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Peinture

Traverser la peinture : Arasse, Poindron, Slimani

Sonnets des peintres : Tapies, Titien, Rohtko, Twombly

 

 

 

 

 

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Populisme

Populisme, complotisme et doxa

 

 

 

 

 

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, 75 feuillets

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Ecrivains noirs : Wright, Ellison, Baldwin, Scott Heron

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

De Jésus aux chrétiennes uchronies

Le Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

De l'origine des dieux ou faire parler le ciel

 

 

 

 

 

 

Renaissance

Renaissance historique et humaniste

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

Rilke

Sonnets à Orphée, Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

Science et guerre : Volpi, Labatut

L'Eglise est-elle contre la science ?

Inventer la nature : aux origines du monde

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie ; No Smoking

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare et la traduction des Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Faire parler le ciel. De la théopoésie

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Dictionnaire amoureux de Venise

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorcières

Sorcières diaboliques et féministes

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

 

 

 

 

 

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Spengler

Déclin de l'Occident de Spengler à nos jours

 

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

Temps de Chronos et politique des oracles

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Hayes : Je suis Pilgrim ; Tejpal

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

À la recherche des années Trump : G Millière

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies

Ernest Callenbach : Ecotopia

Herland parfaite république des femmes

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Culture et littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Venise

Strates vénitiennes et autres canaux d'encre

 

 

 

 

 

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

Volpi : Klingsor. Labatut : Lumières aveugles

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Lazare, Le ghetto de Varsovie

 

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