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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 18:06

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Philip Roth, les Contrevies de la Bête qui meurt

 



Philip Roth : La Bête qui meurt, 144p 14,50€,

Parlons travail, 192p 16,50€, La Contrevie, 416p, 29€,

traduits de l’anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, Gallimard.


 


Un sentiment mitigé peut nous envahir à la lecture de La Bête qui meurt : déception pour qui s’attendrait, après la trilogie américaine, à un roman d’une ébouriffante ampleur et complexité, et cependant, éblouissement. Il s’agit bien de la « perfection lapidaire » (pour reprendre la quatrième de couverture) d’une nouvelle contrevie de Philip Roth, qui n’est pas sans rappeler ce récit de la mort d’un intellectuel atteint du sida, Ravelstein, de Saül Bellow, auquel notre auteur consacre des « relectures » dans Parlons travail.


            L’obsession sexuelle de Philip Roth (et la nôtre) se mesure dans la fascination de la « bête » David Kepesh pour les seins de Consuela, fruits de vie, splendeur et quintessence féminine, métaphore des globes fessiers et dispensateurs magiques de l’érection masculine. Ce qui le conduisit, dans un court roman fantastique et psychanalytique, Le Sein, à se métamorphoser en sein.

              Venue d’un poème de Yeats, « cette bête qui meurt » est une allégorie ambiguë. Est-ce la bestiale et parfaite qualité érotique de cette Consuela épiée trop jeune et trop belle par le cancer ? Est ce le chant du cygne, le cri primal autant qu’esthétique du séducteur vieillissant pris au piège de l’exclusivité du désir ? Est-ce la pire bête se jetant sur les seins de cette jeune femme pour la faucher en pleine perfection et sonner le glas de la maturité sexuelle du professeur ? Il ne pourra, sans qu’on sache ce qu’il adviendra de la belle au cancer du sein, que photographier à sa demande la dernière danse de sa beauté, avant l’ablation de ce trésor de vie, de ce fétiche… D’où la tonalité élégiaque déchirante de ce court roman, ô combien humain et émouvant, quoique sans le moindre pathos.

Evidemment, on imagine David Kepesh, venu de Professeur de désir et du Sein, professeur de littérature et critique à la télévision, comme un double de l’auteur. Infatigable contempteur de la « political correctness »,  Philip Roth fait de son alter ego un jouisseur sans entrave, mais qui a appris à protéger son indépendance, à recevoir ses étudiantes toutes portes ouvertes en attendant leur fin d’études pour pousser l’avantage de son prestige et d’une culture dans laquelle il évolue avec aisance. En fait, malgré le puritanisme crispé du sexuellement correct, il est encore l’activiste témoin de la libération sexuelle des années soixante: « l’insouciance sexuelle des jeunes filles bien élevées de mon séminaire est, à leur connaissance, garantie par la Déclaration d’indépendance ». Adepte de « la pure baise, entre bêtes » et néanmoins doté d’un rare et rationnel équilibre mental, non sans attention pour l’autre, il est loin de l’inquiet masturbateur que fut Portnoy. Depuis sa transsubstantiation en sein, et en dépit de cette tragédie de l'érotisme qu'est La Bête qui meurt, notre David Kepesh a gagné en sérénité. Est-ce parce qu’au contraire de Nathan, autre double, il est professeur et non écrivain ?


Nathan Zuckerman est celui à qui trois héros racontent la trilogie américaine : le communisme et le maccarthysme dans J’ai épousé un communiste, le terrorisme gauchiste et la guerre du Vietnam dans Pastorale américaine, l’affaire Clinton et Monica dans La Tache, dans lequel il est opéré d’un cancer de la prostate qui le rend impuissant, obsession récurrente qui est le moteur de La Contrevie. Cette nouvelle traduction confirme comme une œuvre majeure cette rare maestria de l’écriture biographique, ce carrefour de vies et de fictions possibles pour deux frères juifs qui échangent leurs destins. Henry, dentiste, marié, des enfants, des maîtresses, meurt suite à une opération cardiaque qui lui permettrait de retrouver sa virilité. Une contrevie le change en « apprenti fanatique » dans une colonie juive d’Hébron, dans « un monde qui ne s’arrête pas au bourbier oedipien, mais où les gens font l’Histoire ». Ensuite, c’est Nathan, le sceptique libéral, qui meurt de la même opération. On entend son éloge funèbre par son éditeur ; Henry, puis Maria, lisent un manuscrit posthume qui les dissèque et dans lequel Nathan fait un enfant à cette chrétienne… Récits contradictoires glissant d’un personnage à l’autre, goûts et dégoûts de la fiction, distanciation ironique, La Contrevie est un joyau du roman postmoderne dans lequel Nathan est cet écrivain scandaleux qui aime « se servir des vies qu’il a sous la main » et qui fait « tourner le sang juif en eau de javel ».


Dans Parlons travail, recueil inégal d’entretiens et d’essais souvent consacrés à des écrivains d’origine juive, on retrouve ce questionnement de la mémoire par qui a vécu les camps -Primo Levi, Aharon Appelfeld. Ce séjour au bord de l’holocauste oblige à reconsidérer son identité : judéité fantomatique, ou assumée si l’on s’installe en Israël, sans se faire « l’esclave de la mémoire »… A moins qu’il s’agisse, chez Ivan Klima ou Kundera, d’inventer sa liberté sous la censure soviétique, sans se laisser « priver de mémoire » ni « hypnotiser encore par la poésie totalitaire ». Et Philip Roth de rappeler que « dans une culture comme la mienne, où rien n’est censuré, mais où les médias nous inondent de falsifications imbéciles, la littérature sérieuse n’est pas moins une bouée de sauvetage ». Littérature dans laquelle mémoire et liberté, sexualité, impuissance et multiplication biographique sont les ressorts de Philip Roth, bête de vie devant la mort.

Thierry Guinhut

Article publié dans Le Matricule des Anges, septembre 2004

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 19:59

 

Petite bibliothèque de philosophie politique. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Pourquoi je suis libéral.

 

 

 

Toute pensée politique crédible doit se donner pour but le bonheur de l’humanité, ou tout au moins la création des conditions permettant aux hommes la réalisation de leurs potentialités les meilleures. Ainsi le libéralisme ne vise pas, contrairement aux plus vulgaires préjugés, à la liberté du seul plus fort, à la tyrannie économique de quelques loups de la finance…

 

Il n’est que de considérer les pays où le plus de liberté et d’aisance économique pour le plus grand nombre a pu être réalisé : ce sont des démocraties où le capitalisme libéral s’exerce. Les utopies communistes se sont révélées, sans exception aucune, des abominations génocidaires, du goulag soviétique au logaï chinois, en passant par les geôles cubaines et les illusions pseudo-romantiques à la Che Guevara. Les fanatismes théocratiques réduisent à une abjecte soumission, sans parler de la femme opprimée là comme jamais. Quant aux dictatures fascistes européennes, aux abîmes de corruptions latino-américains ou africains, ils n’ont jamais vu l’ombre du libéralisme. Oserait-on ajouter que la France elle-même n’est pas sans manquer d’une part de ce précieux libéralisme ? 

On oublie trop facilement que cette philosophie économique, politique et humaniste ne se passe pas d’Etat régalien, au sens où ce dernier doit garantir les libertés, dont les premières de toutes, la sécurité et la justice, mais aussi celle fondamentale d’entreprendre, qu’il s’agisse d’entreprise intellectuelle, artistique, artisanale, industrielle, écologique ou financière. Tout en respectant quelques valeurs fondamentales et indispensables sine qua non : la propriété, la liberté de la concurrence -donc l’interdiction des monopoles- la clarté, la visibilité et le respect des contrats. A l’état, au cadre législatif, de garantir ces prémisses au-delà desquelles l’activité humaine peut enfin œuvrer à la création des richesses et à leur accessibilité maximale. La « main invisible » du marché -pour reprendre la formule pourtant décriée d’Adam Smith- pourvoira aux adaptations nécessaires ; non sans risques certes pour celui qui a échoué dans son entreprise, mais qui saura trouver un autre terrain pour exercer ses talents (non sans l’assurance chômage). Ce pourquoi, évitant l’intervention et la suradministration de l’Etat le plus souvent inapte en matières économiques, le libéralisme a confiance en les capacités humaines. Quant à celui qui n’en a guère (il y en a-t-il tant ?), celui qui n’aura plus les moyens d’assurer sa subsistance, il n’est pas interdit d’imaginer que le libéralisme ne soit pas l’ennemi d’un zeste de redistribution. A la condition que cette redistribution n’alourdisse pas le poids de l’Etat et de la fiscalité au point de décourager et de faire fuir une activité pour laquelle les justes récompenses du mérite restent l’enrichissement et la reconnaissance. A-t-on réellement essayé le libéralisme dans une France obérée par le colbertisme de droite et le fantasme ruineux de l’état providence socialiste ?

Libéralisme économique doit rimer avec libéralisme dans les mœurs. Qu’il s’agisse de la liberté homosexuelle, de celle féministe, des religions privées qui sachent rendre à César ce qui est à César et ne pas jeter la première pierre, catholicisme du pardon ou Islam des lumières, elles riment toutes avec la liberté d’expression. Sans compter que cette liberté d’expression vaut autant pour la presse, que pour toute pensée, la littérature, les arts… 

Ne croyons pas que le libéralisme soit l’apanage des riches et puissants occidentaux. En ce sens le microcrédit de Muhammad Yunus, qui concerne la plus modeste paysanne indienne, est une formidable idée libérale. Certes, cette école politique aux facettes diverses a conscience -au contraire de l’utopie marxiste- de ne pouvoir faire descendre la manne de la perfection sur l’humanité meurtrie. Mais son réalisme, son pragmatisme, est le gage d’une prudence nécessaire, sans compter que ses qualités ont, elles, fait la preuve de leur efficacité. Francis Fukuyama, s’il n’a pas totalement résolu « la fin de l’Histoire » montre avec brio que la démocratie libérale est l’horizon souhaitable de l’humanité.

 

Outre les penseurs déjà cités, l’on suppose que notre libéralisme classique n’est pas celui de l’inculte trader aux dents aussi serrées sur sa proie que celle du monopole du crédit bancaire. De Milton à Locke, De Voltaire à Kant, de Montesquieu à Tocqueville, de Raymond Aron à Léo Strauss, d’Hayek à Boudon, nombreux sont les philosophes et les intellectuels qui se sont honorés d’être des libéraux ; sans compter l’écrivain péruvien -et récent prix Nobel- Mario Vargas Llosa, candidat malheureux à la présidence de son pays, romancier brillant autant qu’essayiste de talent… Honorons-nous de plus d’être également détestés et caricaturés par les partis d’extrême droite et d’extrême gauche, ce qui en dit long sur leurs connivences secrètes, leur passion de ce pouvoir totalitaire qu’il leur paraît si nécessaire de faire peser sur la tête d’autrui…

 

 Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Lairesse : Allégorie de la Liberté du commerce, 1772, Palais de la paix, La Haye.

 

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Published by Thierry Guinhut - dans Philosophie politique
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 17:52

 

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Jonathan Lethem :

Chronic city ou New-York magnifiée



Jonathan Lethem : Chronic city, traduit de l’anglais (Etats-Unis)

par Francis Kerline, L’Olivier, 492 p, 23 €.



Pour qu’un cinéaste aussi étrange, voire paranoïde, que Cronenberg (La Mouche, ExistenZ) adapte un livre, il faut qu’il soit aussi remarquable que Crash de Ballard. Préparant un film sur Alice est monté sur la table, petit roman farfelu, entre Lewis Carroll et la physique quantique, il attire notre curiosité sur Jonathan Lethem qui, après Les Orphelins de Brooklyn, élargit sa passion pour la ville de New-York avec Chronic City.


Porté par « les gaz d’échappement de son ancienne célébrité évanescente » d’«enfant-star », Chase reste aimé du public pour son « charisme moyen », et surtout pour être l’amoureux de Janice, « l’Américaine piégée en orbite avec les Russes, l’astronaute qui ne pouvait pas rentrer ». Notre narrateur est un oisif, un doux loser, une voix pour des DVD qui exhument des succès oubliés, lorsqu’il rencontre Perkus, critique de rock et de ciné underground, collectionneur au physique de tortue, à l’intelligence pénétrante, aux joints fumeux… Devenu son mentor dans le cadre d’un roman d’initiation à la cité newyorkaise, il est celui qui maîtrise la « realpolitik relationnelle de la persuasion », son « ami », son « cerveau ». La chronique urbaine se confond alors avec une traversée de l’histoire du cinéma et des médias. Le tournoiement du rock, des acteurs et réalisateurs mythiques, de la contre-culture, change la ville en une vaste explosion culturelle fantasmatique.

Chase découvre alors en New-York des présences troublantes : laconiques dealers ou SDF, « aigles nicheurs », un « gargantuesque tigre échappé » qui serait à l’origine de l’effondrement d’immeubles entiers, à moins d’un complot de la Mairie… Parmi les milieux de l’argent, de l’art et du pouvoir, il assiste aux « réinventions de sa personnalité ». Un « nuage chocolaté » le propulse à la limite du fantastique, tandis qu’un archipel de personnages, radiographiés par la plume précise de Lethem, gravite autour de Perkus : Richard, assistant du Maire, Georgina, sa maîtresse, Oona, autobiographe de célébrités et bientôt amante de Chase ; alors que Janice, du haut de sa station orbitale, lui écrit des lettres d’amours pathétiques et cancéreuses, entre élégie mélo et science-fiction… Un acupuncteur tente de lutter contre les migraines éléphantesques de Perkus, que seule la quête d’un messianique Marlon Brando -bien que mort- saurait guérir. A moins qu’il parvienne au « lieu parfait, réel, où le manteau ténébreux et loqueteux de l’illusion se dissipait », évidente épiphanie platonicienne qui est le but de l’écrivain. Se réunir pour tenter des enchères sur Ebay est soudain le moyen d’approcher un « chaldron », sans jamais en devenir l’acquéreur. Jusqu’à ce que, lors d’une réception chez le Maire -et d’une page d’un lyrisme absolu- la pure beauté de la céramique ancienne les subjugue tous, prélude à l’assomption tragique des destinées… N’est-ce qu’un « graal de jeu vidéo » une illusion produite par l’artiste de « Yet another world » ? Chase n’en sera pas pour autant débarrassé de sa dérive amoureuse, de sa psychose du complot…


Le moindre des talents de ce roman foisonnant, autant sociologique (où  personnalités et objets sont également soumis aux enchères) qu’onirique, n’est pas d’être animé par les démons de la métaphore : l’une est « Eve, née d’une côte arrachée à Manhattan », quand l’autre est « décapsulée par le désir cru », le joint est comparé à une « hostie descendue d’en haut dans des mains suppliantes », cette métaphore qui, selon Proust, peut donner « une sorte d’éternité au style ». Le Maire « était une sorte de bonde d’évier gravitationnelle qui siphonnait les espoirs des autres hommes », Oona entraîne Chase dans le « puits d’anti-lumière » d’un artiste, Perkus lui permet de voir « la fleur du cerveau »… Voilà un roman de société volontiers satirique, mais qui prend toute sa dimension lorsque l’on aborde cet objet romanesque non identifié comme une lévitation parmi les individus, au-dessus d’une ville magique aux potentialités métaphysiques.


Thierry Guinhut

article publié dans Le Matricules des Anges, janvier 2011

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 09:13

 

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Reif Larsen :

L'Extravagant voyage du jeune et prodigieux Spivet

 

 

 

 

Reif Larsen : L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet,

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hannah Pascal, Nil, 394 p, 21 €.



Un romanesque descendant d’Huckleberry Finn et de Pynchon enchante pour nous une triple redécouverte de l’Amérique. Reif Larsen, dont il s’agit du premier ouvrage, donne vie à un enfant de douze ans.  Grâce à lui, l’Amérique toute entière est prise en écharpe : l’éblouissante traversée d’un gamin prodige à travers les sciences et les Etats-Unis en chante des pages à mi-chemin du roman et de la bande dessinée.

 

T.S. Spivet, qui tient ses prénoms d’une tribu indienne et du sansonnet migrateur. Il vit sur la ligne de partage des eaux des Rocheuses, sur un ranch paumé où son père mutique élève du bétail. Sa mère, le Docteur Clair, est une entomologiste obsédée par une introuvable cicindèle vampire. Pour lui, ce ranch est un « temple de l’imagination », situé dans « l’Ouest, monde des mythes, de la boisson et du silence », alors qu’il rêve de se rendre dans « l’Est, monde des idées ».

C’est grâce à ses talents précoces de cartographe et d’illustrateur scientifique, et par l’entremise d’un proche, qu’il remporte le prestigieux prix Baird du Smithsonian Institute où il est attendu pour prononcer son discours de réception. Le voilà quittant de nuit sa famille, son chien « Merveilleux », sa sœur branchée pop, le souvenir de son frère mort… Un interminable train de marchandise, portant un accueillant « motor home » l’emmène jusqu’à Chicago où un illuminé de Dieu a failli le tuer. Un routier le dépose, ensanglanté, à Washington, où il étonnera ses pairs plus âgés et plus académiques, les médias, jusqu’au Président, quoique leur préférant le « Club du mégathérium » et ses rocambolesques aventures.

Il s’agit d’abord d’un voyage à rebours des conquérants de Far West, puisqu’il amène T.S. Spivet, depuis le Montana, jusqu’à la capitale fédérale. L’enfant des frustes espaces conquiert son identité en conciliant les deux volets de l’Amérique. La dimension géographique, gorgée des couleurs paysagères, se mêle à l’étrangeté temporelle du jour et de la nuit, de la vitesse et du sommeil.

Le voyage généalogique ensuite lui permet de découvrir son ancêtre du dix-neuvième siècle, Emma, dont il lit le récit de vie dans un carnet dérobé à sa mère. Dans un passionnant roman emboité, une mise en abyme, il s’identifie avec celle qui se découvre un mentor et un second père chez un naturaliste boulimique de collections, cherchant à rassembler « tout ce qui existe au monde », et qui devient la première femme géologue à participer à une expédition dans l’Ouest.  Parcours à lire comme un miroir inversé de celui T. S. Spivet, tandis qu’il fonde chez lui une réflexion sur les devoirs et pouvoirs du romancier, entre les qualités d’ « empiriste stricte » de sa mère et sa capacité « d’inventer toutes ses émotions chez nos ancêtres ». Il s’interroge : « Etait-ce dans notre sang d’étudier la vie d’un autre et de négliger la notre ? »

Voyage enfin parmi les disciplines scientifiques, cartographie, botanique, médecine : celui de la curiosité visuelle, auditive et intellectuelle jamais rassasiée de ce jeune héros de la science. Ses croquis sont omnivores : insectes, wagons, « miracle du béton », ses cartes hallucinantes : du « champ de chauve-souris » au réseau de fibres optiques, en passant par l’implantation des Mac Donald. Il dessine également les « sons du silence », « les zones d’activité anormale chez les enfants prodiges ». Il réfléchit à la relativité, la physique quantique, la rémanence du passé, « les futurs possibles », les hypothèses sur le hasard, la destinée… Ce vibrant éloge de la science est également une plaidoirie en faveur des théories de l’évolution de Darwin, contre l’obscurantisme religieux. Il veut « comprendre comment tous les petits morceaux du monde tiennent ensemble » grâce à « une mine d’analyses projectives, d’études de cas et de métaphores. »


Le roman d’apprentissage se double entre nos mains ravies de nombreux dessins, en noir et sépia, cartes et croquis, vignettes et frontispices, mais surtout dans les marges, comme autant de notes étoilant le texte, irradiations de la pensée et critique postmoderne du développement narratif. C’est simple et intrigant comme un roman pour ados, dans la lignée des fondateurs de la littérature américaine à la Mark Twain. Mais par la richesse thématique, nous ne sommes pas loin du Mason et Dixon de Pynchon, dans lequel deux grands cartographes du XVIII° fondent une épopée, infiniment plus complexe sous la langue de cet ainé de Reif Larsen, qui n’a en rien à rougir de l’apparente modestie de son roman attachant, nourrissant, peut-être génial.


Thierry Guinhut

Article paru dans Le Matricule des Anges, juin 2010

Thierry Guinhut : une vie d'écriture et de photographie

 

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 09:04

 

Forêt domaniale du Bois Henri IV, La Couarde-sur-mer, Île de Ré ; Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Thomas Pynchon :

 

Le Vice caché du roman policier.

 

 

Thomas Pynchon : Vice caché,

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard,

Seuil, Fiction et cie, 352 p, 22,50 €.

 

 

 

On serait tenté dire que tout bon roman policier présuppose un « vice caché » qu’il s’agit de ramener au jour afin de châtier le coupable. Le couple détective criminel est alors indispensable, indissociable. Thomas Pynchon ne déroge pas à la règle. Bien qu’engagé (on n’en attendait pas moins de lui) dans une démarche parodique, il respecte les attendus du genre. Au point que ce roman qualifié de « Pynchon light » par quelque critique américain -ce qui se justifie pour un opus de moins de quatre cents pages comparé aux monstres que sont Contre-jour ou L’Arc en ciel de la gravité- ait pu décevoir : comme un bad trip rangé des voitures : « ça finira fatalement en téléfilm, de toute façon, quoiqu’il arrive » objecte justement un personnage à Doc Sportello, le détective déjanté, comme il se doit en un roman policier aussi frelaté que des champignons hallucinogènes avariés.

 

Guère de surprise non plus en ce qui concerne les méchants ; ils ont à leur tête Mickey Wolfmann, « le gros bonnet de l’immobilier ». L’onomastique suffit à déplier les noms : l’homme loup n’est qu’un mickey, quand Doc Sportello, sorte de Docteur Justice au rabais « qui se tapait des voyages à l’acide » est plus clownesque que sportif. Quant à Bigfoot, l’inspecteur qui est son meilleur ami et ennemi, il fait aussi l’acteur de composition qui « avait accessoirisé sa tenue » tout en étant plus qu’ambigu dans rapport à la loi… D’un côté le capitalisme prédateur et mafioso, de l’autre les gentils junkies californiens, entre les deux une police à peine plus reluisante, en une sorte d’écho manichéen à l’univers de Vineland, qui les voyait s’opposer dans le cadre plus large de la politique de Nixon pour finalement se confondre. Cette fois, l’infâme milliardaire Mickey est à la tête d’une « Fraternité Aryenne », ce qui ne l’empêche en rien de disparaître. D’où l’enquête, pleine de chausse-trappes, de meurtres, d’une ex petite amie envolée avec le disparu, de joints porteurs de délires… Comme souvent chez Pynchon, l’intérêt se distend, rebondit, l’intrigue principale se disperse, se ranime d’un coup pour se redéployer en satire des camés, hippies et autres surfeurs mystiques sur leur « Sainte Planche », raides dingues de mythes venus de cet océan Pacifique où l’on découvre un bateau appelé « Croc d’or », des dollars à l’effigie de Nixon, un trouble institut psychiatrique, avec une cravate porno pour indice. Quels complots, entre femme, amant et maîtresse, ont été ourdis ? Wolfmann a-t-il voulu rendre un argent impunément acquis et édifier en plein désert une utopie au loyer gratuit…

 

 

Evidemment, malgré des dialogues parfois inconsistants, fumeux, on ne confondra pas un instant Pynchon avec n’importe quel plumitif de polar. Qui d’autre que lui pourrait écrire avec un tel talent lyrique et contemporain ? « Parfois, dans la grisaille, la vue s’illuminait, ordinairement quand il fumait de l’herbe, comme si le bouton de contraste de la Création avait été tripoté juste assez pour conférer à toute chose un vague rayonnement, des pourtours de lumière, et une promesse que la soirée allait d’une manière ou d’une autre virer à l’épopée. » Ainsi, le portrait élégiaque d’une époque à jamais troublée s’élève, après les assassinats aux ordres de Charles Manson, les émeutes raciales et le retour au bercail des anciens du Vietnam totalement déglingués. Le regret des détectives mythiques à la Marlowe, aboutit à une dénonciation de la sanctification du flic : « la télé est saturée de foutus feuilletons de flics, on les présente comme des types normaux, qui essayent de faire leur boulot, qui ne menacent pas plus la liberté d’autrui qu’un bon père de famille dans une sitcom. » En de magnifiques morceaux de bravoure, ou « hippiphanies », le paysage de Los Angeles s’avère « psychédélique », comme galvanisé par une écriture sous stupéfiants, ce dont Pynchon n’a probablement pas besoin.

 

Si Vice caché n’a pas la densité des chefs d’œuvre, une fois de plus, après Contre-jour, nous évoluons dans un monde de faux semblants, de jeux de rôles, où le rocambolesque contribue au show parodique, dans le cadre d’une nostalgie affichée des sixties et seventies -« cette prérévolution rêvée »- et d’un fétichisme régressif de son rock-and-roll. Non sans suggérer un fond sonore grave, voire désespéré, qu’on est en droit de trouver un brin paranoïaque (ce qui est constitutif de l’esthétique de Pynchon) : où en sont les libertés promises aux Américains ?

 

Voir : Thomas Pynchon : Contre-jour, une quête de lumière

Voir : Thomas Pynchon : Vineland, une utopie postmoderne

Voir : Thomas Pynchon : les Fonds perdus du web profond et du 11 septembre

 

Thierry Guinhut

Article publié dans Europe, janvier-février 2011

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:44

 

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Le Recours aux Monts du Cantal

Et autres récits en Massif Central

Actes Sud, 1991


 

Loin des mirages de l'exotisme ou de l'exploit, voici qu'un amateur de marches, de paysages, d'observation, de photographie (et peut-être de méditation) nous propose quatre échapées en solitaire, mais non sans rencontres insolites, voire philosophiques, dans la gloire et la modestie des sentiers du Massif Central.

 

I : Le recours aux monts du Cantal

II : Une comédie à Sylvanès, Aveyron

III : Lecture de Thomas Berhard en Livradois-Forez

IV : Orages d'été en Margeride

 

 

I Le recours aux monts du Cantal

Traversées

Extrait, p 34-35

 

Je voulais cependant, accédant à la crête sommitale, sur le Puy Brunet, par le biais et le haut de ces montagnes, devenir plus, devenir autre. Parvenir à cette montagne équivaudrait à une ascèse, me disais-je. Et, cette ascèse, je la voulais aussi pure que définitive, celle d’où je n’aurais plus que des pensées depuis le haut, comme un survol des humains… Elle serait claire et suave autant que mon sommeil de la nuit, passée dans la paille d’un buron à mi-chemin, avait été opaque et fruité. Elle serait l’altitude et le filé de l’esprit, la transparence à l’infinitude accordée à mes sens, la diaphanéité, la complétude fine et déliée du moi.

A la réflexion, je ne tardai pas à réaliser mon erreur. En quoi consistait cette « hauteur spirituelle » dont on parlait quant à la montagne ? N’y avait-il pas là une imposture, une mythologie ; n’était-ce pas puéril d’associer la hauteur physique des monts à celle de l’esprit ? Ce que je ressentais était une légèreté (hors la fatigue), une exaltation lyrique, une vibration de la béatitude, une euphorie due à la visibilité élargie sur le proche et le lointain (le mouvement calme et altier du paysage), tout cela dû peut-être à la pureté de l’air, à la raréfaction, pourtant à peine sensible à mille huit cents mètres, de l’oxygène… Mais de là à croire que je penserais plus et mieux, que je saisirais le fin du fin de quelque sagesse ou zen intérieur, il y avait loin. Suffisait-il de lieux neufs pour se changer ? Suffisait-il de monter pour s’élever ?

Et qu’était donc cette altitude spirituelle, ce moi transmué et évacué, ce blanc de la perfection, sinon le vide cristallin jusqu’au silence et lumineux jusqu’à l’aveuglement ? Si cette « ascèse » allait me nettoyer des scories du monde, elle allait en même temps (illusoire combien) me laver jusqu’à l’os, me dissoudre jusqu’à la moelle, me souffler jusqu’aux atomes, me réduire à rien, ou au « pur esprit », ce qui est la même chose. Pur, unique (à la bien improbable condition d’y parvenir), au-dessus des impuretés et des divers du monde, essence parmi les existences, les substances et les matériaux, je ne serais plus rien qu’abstraction, cadavre sec, fétu d’air effacé au moindre souffle du vivant, rien et vide…

Etre un marcheur des montagnes me suffisait. Même dans la mauvaise grêle qui me fouettait sous le Plomb, brusquement, chue d’un court nuage noir. Même avec l’insipidité des quelques nourritures qui me restaient dans le sac. Même avec ce moment de platitude vulgaire du paysage sur le sommet du Plomb, mince monticule posé sur la crête et piétiné par un troupeau de touristes que le téléphérique avait déversé sur une bande convenue et élimée de la montagne (« leur vilain paillasson », me disais-je). J’étais à mille lieux des rocs proche de l’Arpon du Diable où tournaient et plongeaient les milans noirs et royaux. Je mis rapidement le large entre cet endroit (le « sommet » et ses abords) et moi. Sur le puy du Rocher, à peine moins haut, je me sentis à l’abri, reprenant le cours de ma traversée.


Thierry Guinhut (c) Actes Sud, 1991.

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 12:55

 

 

Baltazar Gracian,

Monasterio de Graus, Huesca.

 

 

 

 

 

Baltasar Gracian :

 

L'Homme de cour

 

ou Oracle manuel de prudence

 

  

   Traités politiques, esthétiques et éthiques,

traduits et présentés par Benito Pelegrin, Seuil, 2005, 944 p, 33 €.

 

 

C’est en 1647 que le Jésuite espagnol Baltasar Gracian (1601-1658) publia L’oracle manuel et Art de prudence, plus connu sous le titre réducteur de L’homme de cour, tel qu’il apparut dans la traduction française de 1684 dédiée à Louis XIV, de façon à l’adapter au microcosme Versaillais.

 

Ce sont trois cents aphorismes et maximes qui visent à la formation de l’homme plongé dans le monde des puissants. Ainsi, animé par cette substantifique moelle, le lecteur deviendra un homme avisé, doté d’un esprit pratique et vif, ingénieux et maître de ses passions. Réaliste, pragmatique, sinon cynique, celui qui suit les préceptes de Gracian ne s’embarrasse guère d’illusions. Pessimiste quand à la nature humaine, certes, mais d’abord plongé dans l’intrigue qui lui permettra de faire sa place dans la société, et plus précisément celle du pouvoir, l’homme de cour est moins un courtisan que celui qui sait ménager ses concessions en s’assurant le maximum d’avantages personnels. L’ambition dans la vie civile ne peut se passer de ces préceptes.

Pour Gracian, l’art est supérieur à la nature (Oscar Wilde ne dira pas autre chose), mais plus exactement la culture et l’art de se gouverner soi-même au moyen de la raison et de la finesse de l’intelligence. Mais également l’ « Art de faire valoir dans le théâtre du monde. »

Après Le Courtisan de Castiglione (1528) et L’Honnête homme de Faret (1630), Gracian synthétise, précise et amplifie les théories morales et politiques que ses précédents livres ont initiées (Le Héros, L’Art de l’esprit et L’Honnête homme). S’il s’adresse au Prince (L’Homme de cour fut d’ailleurs dédié au nouveau favori du Roi d’Espagne après qu’il ai fait de même pour un précédent ouvrage à l’Infant), à l’homme politique, il est également un bréviaire de poche pour l’individu anonyme -nous tous en faut- qui cherche à s’orienter parmi les hommes, à tracer son chemin vers la réussite, voire le succès. Il est d’ailleurs amusant de noter qu’une traduction française (en 1978) s’intitula : Manuel de poche d’hier pour hommes politiques d’aujourd’hui et quelques autres… Aujourd’hui l’édition de référence est celle de Benito Pellegrin dans les traités politiques, esthétiques, éthiques (Seuil 2005). C’est dire que, loin d’être démodé, loin de n’être qu’une curiosité pour historien en mal de thèse, Balthazar Gracian s’impose comme une valeur universelle, pour aujourd’hui et pour demain.

Le succès, en Espagne, puis en Europe, fut immédiat, malgré un style précieux et recherché, baroque dirait-on. La Rochefoucauld (l’auteur des Maximes) et Nietzsche, spécialiste de l’aphorisme, furent parmi ses lecteurs, alors que Schopenhauer l’avait traduit en allemand. L’auteur d’Ainsi parlait Zarathoustra admirait le « héros » gracianesque comme une sorte de préfiguration de son surhomme.

 

 

Quelques aphorismes remarquables :

 

« La courtoisie est le plus grand charme politique des grands personnages. »

« Le savoir et la valeur comme moyens alternatifs de la grandeur. »

« Faites-vous miel, et les mouches vous mangent. (…) L’épée prête à l’emploi inspire le respect. »

« Nul ne peut être maître de soi s’il ne se connaît pleinement d’abord. Il y a des miroirs du visage, mais point de l’esprit : réfléchir sur soi-même peut en tenir lieu. »

« Du naturel empire. (…) Si d’autres qualités accompagnent cette nature, , ces hommes sont nés pour être des premiers moteurs politiques, car ils obtiennent plus d’un mot, d’un geste, que d’autres par des discours et de la dissimulation. »

« Ne jamais se passionner : vertu majeure d’un esprit supérieur. »

« Ne jamais partager les secrets de ses supérieurs : vous croirez partager des poires, vous partagerez des déboires. »

« Eviter l’excès de familiarité »

« Connaître les fortunés pour s’en servir et les malheureux pour les fuir. »

« Rester maître de soi », « Penser avec la minorité, mais parler avec la majorité », « Savoir s’éviter des chagrins », « S’en tirer par une pirouette », « Se permettre quelques défauts véniels », « Se faire au mauvais caractère de l’entourage », « Savoir utiliser ses ennemis », « Se servir des conseils d’autrui »...

 

 

Ce sont, de la part de l'auteur du Criticon, son vaste roman baroque, autant de conseils précieux à méditer, à faire siens… Art du comportement et morale ne s’opposent plus mais permettent d’avancer masqué autant que de survivre au mieux. Paraphrasant librement la table des matières on peut résumer la chose ainsi : étant donné le monde tel qu’il est, étant donné les qualités personnelles, quels sont les chemins et les figures du succès ? Il faut être lynx et caméléon, pénétrant, concis, savoir s’adapter et plaire : art de vivre et savoir-vivre culminent en la sainteté de l’homme universel.

 

Le savoir-vivre pour soi et en société étant la règle et le but de Gracian, ce livre reste -et restera- un vade-mecum pour faire carrière parmi les hommes et les institutions. Trésor de psychologie, boussole pour les navigations hasardeuses parmi les eaux des fonctions et des partis, des intrigues et des grands desseins… S’il parait être un passeport pour les plus hauts emplois, il est aussi un hommage à une qualité essentielle : la prudence. On ne peut s’empêcher de penser au Prince de Machiavel, lui-même trésor controversé de savoir faire politique, lorsque Gracian fait l’éloge de l’apparence et de la dissimulation : « Une bonne mine est la meilleure recommandation de la perfection intérieure ». Au-delà de cet apparent immoralisme, on peut entendre également là une dimension satirique qui n’échappera pas au La Bruyère des Caractères. Sous le sérieux du propos, Gracian n’est pas sans humour : il sait se jouer de l’humaine personnalité, des milieux d’intrigues qui jouxtent le pouvoir, son style est concis, incisif…. 

 

 

Le moralisme de Gracian reste en effet sujet à caution. Mais il ne prétend pas vivre dans un monde idéal ou se retirer au fond du désert ; il s’agit d’affronter la société des hommes tels qu’ils sont pétris de bien et de mal, de faire son chemin en en tirant le maximum de sagesse, d’entregent, de profit et d’épanouissement personnels. Une stratégie de réussite pour notre temps ? Survivre en toute intégrité intellectuelle à l’époque de notre Jésuite qui, à la suite de la publication non autorisée du Criticon (roman allégorique et picaresque), fut soumis à dure pénitence, n’était pas chose facile ; l’est-elle plus aujourd’hui ? Entre les faveurs changeantes des rois et des conseillers et les dictats d’une église vigoureusement implantée, il sut manœuvrer… jusqu’à la chute. Entre les pensées uniques, qu’elles soient de l’économie libérale, du post-marxisme et de l’écologie, la liberté individuelle peut-elle exercer ses talents ?

 

A l’heure où l’opinion publique colporte rumeurs et violences verbales, où des hommes politiques n’hésitent plus à invectiver les journalistes, comme Jean-Luc Mélanchon et ses propos insultants envers un étudiant en journalisme de Sciences Po Paris (Le Monde du 2 avril 2010), la courtoisie et la maîtrise de soi requises par Balthazar Gracian sont plus que jamais d’actualité. Mesurer le talent et le parcours d’un Président, d’une Ministre, ou, plus simplement, d’un étudiant de Sciences Politiques à l’aune de cet Oracle manuel et art de prudence, reste un exercice aussi sain pour les mœurs qu’excitant pour l’esprit.

 

Thierry Guinhut

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:44

 

Anse du Martray, Ars-en-Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

 

Thomas Pynchon : Contre-jour,

 

une quête de lumière.

 

 

Thomas Pynchon : Contre-jour,

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claro, Seuil, Fiction et cie, 1216 p, 35 €.

 

 

 

 

          Un chien aéronaute est-il lecteur idéal de Pynchon ? Tournant les pages « en se servant de sa truffe ou de ses pattes », Pugnax, choqué par les « excès du comportement humain », est absorbé dans un Henry James ou dans un « roman-feuilleton de Monsieur Eugène Sue », quoiqu’il préfère les « récits sentimentaux consacrés à sa propre espèce »… Il faut en effet à celui qui se plonge au long cours dans un volume de Pynchon prendre de la hauteur, faire preuve d’une patiente délicatesse et peut-être porter un jugement moral sur ces excès trop humains. C’est ainsi que notre auteur prend avec Contre-jour une inconcevable distance avec l’humanité.

 

          Voilà en effet un écrivain dont la discrétion est inversement proportionnelle à l’ampleur de ses livres. Jugez-en : quatre romans aux dimensions sommitales, deux romans moins abondants (La Vente à la criée du lot 49 et Vineland) qui sont justement ceux dont la dynamique narrative rend l’abord le plus aisé ; et un homme dont on ne connaît qu’une romantique photo de jeunesse, puis plus rien. Pynchon est le disparu le mieux gardé, par son éditeur, par on ne sait quelle agoraphobie, par une concentration à toute épreuve. C’est un peu l’introuvable écrivain Arcimboldi recherché par les critiques dans 2666 de Bolano.

          Comme ce dernier personnage au nom évocateur, Pynchon affectionne le composite. S’il se consacre dans Contre-jour à dresser un tableau de la Belle Epoque, il est pour le moins polymorphe. On paraît tout d’abord entrer dans une parodie de roman d’aventure (voire de comics) pour peu à peu prendre conscience qu’il s’agit d’un cinémascope de plus grande ampleur. A bord du dirigeable « le Désagrément », le groupe des « Casse-cou » mené par le commandant Randolph St. Cosmo veille au cours d’un joyeux rassemblement d’aéronautes sur la sécurité de l’Exposition Universelle de Chicago de 1892, menacée par d’éventuels attentats anarchistes, avant de repartir vers d’autres aventures. Pendant ce temps, les poseurs de dynamite s’affairent parmi les rails qui traversent les Rocheuses, là où les propriétaires de mines exploitent les ouvriers. On aperçoit alors le squelette du livre, lorsque le mineur anarchiste et dynamiteur, Web Traverse, est assassiné par Deuce Kindred et Sloat Fresno, deux sbires de Scardale Vibe, richissime magnat de l’électricité qui a repéré les qualités exceptionnelles d’un de ses fils Traverse et lui a offert une bourse pour étudier et travailler à son service, voire devenir son héritier prodige. D’où l’obsession vengeresse qui poussera deux fils, Franck et Reef, à courir le monde. Sans compter Lake, leur sœur, qui tombe amoureuse de Deuce. On devine la cornélienne tragédie. Au-dessus de ce squelette, flotte, comme une sorte de crâne céleste, le dirigeable énigmatique des « Casse-cou » dont on ne sait s’ils sont employés comme policiers ou espions scientifiques, ou comme aimants romanesques. Leurs aventures sont d’ailleurs lues par quelques personnages. Plusieurs filons de chair s’entrecroisent entre des dizaines de personnages satellites, des vies et des voyages, abandonnés et repris, balayant l’univers narratif de Pynchon, tout cela écrit avec une imparable séduction encyclopédique, dans le grand écart stylistique qui le caractérise, entre (pour reprendre les lectures de Pugnax) Henri James et Eugène Sue. Mais, me direz-vous, ou se trouve le cerveau de ce roman en constellation ?

 

 

          Outre l’évident conflit perpétuel entre le fanatisme anarchiste et un capitalisme qui ne connaît du libéralisme que la liberté d’opprimer par rapacité -peut-être caricatural- et sa dimension partiellement prémonitoire de la première guerre mondiale, le véritable moteur romanesque est la lumière. Dans sa version scientifique d’abord, puisqu’au-delà de Kid étudiant en électricité, on rencontre un photographe, un inventeur, Nikola Tesla, chercheur en phénomènes électriques et rival de Thomas Edison, et Yasmina la mathématicienne russe qui sera l'amante conjointe de Reef et d'un espion homosexuel. La « Ruée vers le rayon » conflue avec la ruée vers le pouvoir capitaliste. De plus, dans sa version irrationnelle, la lumière attire maints religieux sectaires et délirants, « Ethéristes », chamans, alchimistes, mangeurs de lumière, attrapeurs de boule de foudre parlante et autres fous de mythes nordiques relatant des expéditions maritimes vers des pierres magiques ou vers le vide (« un résidu vaporeux de la création du monde »). Les expéditions aériennes à but scientifico-magique des « Casse-cou » répondent ainsi aux élucubrations des chercheurs de quatrième dimension et de « tradition fantomale » violemment confrontés aux rationalistes. Un peu comme V, Contrejour est une quête, celle de la lumière et de son énergie, autant physique et mystique qu’universelle, jusqu’à la promesse de la « grâce finale », familiale, sociétale, à bord d’un « Désagrément » propulsé par la lumière « devant la gloire de ce qui vient ». Au-delà de la catastrophe de 14-18, un clair d’utopie s’élève dans l’imaginaire…

 

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      A soixante-dix ans, cette icône invisible du postmodernisme -au sens où il réinvestit le passé avec toutes les libertés de la fiction- met en scène des curieux, des entreprenants, des inquiets, des rêveurs, des ratés, des révoltés, voire des paranoïaques, qui veulent étendre leur connaissance de l’univers, ou le détruire pour le sauver par « un fanatisme dément », tous personnages auxquels le lecteur ne s’attache pas forcément, faute d’une sorte d’empathie que manquerait de leur insuffler notre auteur. Hors la prise en charge d’une vaste époque (entre 1893 et l’après première guerre mondiale) l’atomisation des personnages, le temps à plusieurs dimensions et la dispersion géographique (du Colorado à Venise en passant par Göttingen, l’Angleterre et la Sibérie) peuvent laisser perplexe quant à la cohérence du roman, sinon celle de brasser la totalité du monde, depuis les motivations de la nature humaine jusqu’aux sciences exactes et inexactes : alchimie, électricité, mathématiques, tous les phénomènes associés à cette lumière qui traverse le roman de bout en bout, d’où le titre et ceux des parties, en particulier ce « spath d’Islande » qui a la propriété de diviser les rayons, peut-être dans les directions antagonistes du progrès technique et des illuminismes débridés, et donc d’expliquer le titre. C’est ainsi que se multiplient les perspectives métaphoriques, parmi lesquelles l’entropie chère à l’auteur de L’Arc en ciel de la gravité. Nous sommes donc loin du strict roman historique, mais plus exactement dans la métafiction historique et scientifique, avec ce qu’il faut de littérature populaire, de merveilleux paranormal, de roman d’aventure pour adolescents, de traité de physique et de mathématique, voire dans la science-fiction, à la lisière du Gordon Pym d’Edgar Poe, de l’Icosaméron de Casanova et de Philip K. Dick, comme lors de ce voyage intraterrestre d’un pôle à l’autre qui est une sorte de Jules Verne féerique.

 

Book cover, Art Work by permission of Gleb Simonov

http://kolovorot.com/work/pynchon.php

 

      Pynchon, qui se veut aussi riche que le mystère de l’univers, sait faire entrer en lévitation romanesque, du haut de son dirigeable, le pathétique des pauvres hères, aigrefins et émigrés, autour de gigantesques abattoirs ; le grotesque des savants « Ethéristes » à la poursuite de la lumière et de ses applications industrielles ou pseudo-scientifiques. De plus, entre ellipses et mises en abyme vertigineuses, un lyrisme intense traverse les pages, lors de descriptions du continent américain (en écho à Mason & Dixon) des îles et des villes, lorsque par exemple il compare « le ballet incessant des glaces » à une « Venise de l’Arctique » point de départ d’un réseau stylistique et romanesque virtuose et saupoudré d’ironie. On lira de vrais morceaux de bravoure à l’occasion de la prise d’un nunatak arctique « doté d’une conscience mais également d’un dessein ancien » qui dévastera une ville, ou à l’occasion d’un bled dément où Reef Traverse va chercher le cadavre de son père : un pandémonium du péché, une « Lourdes du licencieux »…

 

           Lire un roman de Pynchon, c’est peut-être observer le monde avec une certaine froideur scientifique, mais l’observer, grâce à la biréfraction de son spath d’Islande, dans toutes ses dimensions de réels et d’imaginaires multipliés : un show romanesque à grand spectacle et scintillant, saupoudré de chansonnettes, fascinant. Lorsque les portes de la perception pynchonienne se sont pour nous déployées, rarement avons nous à ce point la sensation d’être un lecteur gourmant et intelligent…

 

Thomas Pynchon : Vineland, une utopie postmoderne

Thomas Pynchon : Le Vice caché du roman policier

Thomas Pynchon explorateur des Fonds perdus du web profond et du 11 septembre

 

Thierry Guinhut

Article paru dans Europe, janvier-février 2009.

Une vie d'écriture et de photographie

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:39

 

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James G. Ballard philosophe politique :

 

de Millenium people au Crash de civilisation.

 

 

Millenium people,

traduit de l’anglais par Philippe Delamare, Denoël 367p, 22€.

 

Crash,

traduit par Robert Louit, Folio, 272p, 20€

 

 

 

Pour impressionner, une fiction doit souffler sur nos peurs. Pas forcément les plus évidentes, catastrophes naturelles, terrorisme islamiste ou tours infernales venues du réel ou de scénarios éculés, mais les moins soupçonnables. C’est ainsi que Ballard s’est acharné à nous torturer avec l’érotisme cruel des accidents de la route dans Crash (aujourd’hui réédité), avec la menace des loisirs définitifs des vacanciers dans Fièvre guerrière, ou avec des enfants meurtriers dans Le Massacre de Pangbourne. C’est encore une révolution inattendue qui sourd du Millenium people : celle des classes moyennes. Jusqu'au crash de la civilisation...

 

Bénéficiant des révolutions industrielles puis informatique, le peuple des classes moyennes et des banlieues voit ses tendances et fantasmes attiser l’évolution des mœurs. Mais lorsqu’on menace son pouvoir d’achat, ce « nouveau prolétariat, victime d’un complot séculaire » décrète : « la prochaine révolution concernera le stationnement ». Cet enfant gâté enchaîne les actes terroristes, puérils, violents. Avocats, enseignants, médecins, assureurs, journalistes, architectes, ils ont leur leader en Richard Gould, un pédiatre illuminé, et dévastent leur quartier. En quête d’un sens introuvable parmi leur « ennui féroce », ils s’attaquent aux pingouins du zoo, à la statue de Marx, aux musées, assassinent une vedette de la télévision...

       Quel est le véritable ennemi des habitants de Millenium ? Infiltrés par le narrateur, David, un psychologue nanti d’une jolie femme handicapée et qui n’est pas sans jouir de participer à la guéguerre, ces cadres instruits ont « entrepris de démanteler leur monde bourgeois », d’en finir avec le tourisme, avec la culture. « Il n’y avait pratiquement pas une activité humaine qui ne fût  la cible d’un groupe concerné », animé par une « religion primitive » et « avide d’un personnage charismatique ». Le capitalisme de consommation, les valeurs libérales, l’Amérique et Hollywood sont au premier rang des accusés. Après les « manifs contre les OGM et l’Organisation Mondiale du Commerce », après l’attentat du 11 septembre qualifié de « courageuse tentative de libération », cette « abdication de la responsabilité civique » les conduit à incendier une cinémathèque, à tuer des innocents en rêvant de « changement cataclysmique ». Pour ériger quelle société ? En fait, ces nouveaux fascistes avides de « rôles intéressants », d’« une vie plus intense » rêvent de « bâtir une Angleterre plus saine d’esprit », « des lois sans sanctions », « un soleil sans ombres ». Fulminant contre la servilité bourgeoise, ne sont-ils pas de pires tyrans?

      Comme dans Crash, l’intensité des sensations, fussent-elles celles de l’accidentologie, des prothèses, du handicap au cœur de l’explosif froissement des tôles automobiles, consomme le mariage de la douleur et de la jouissance sexuelle.

Qui lirait Millenium people pour s’exciter au spectacle de ces révolutionnaires à la mode en manquerait le propos. Certes, il est bien question d’excitation sexuelle par la violence. En témoigne la folle nuit d’amour de David et Kay après l’attentat à la Tate Modern. Mais plus qu’un roman à thèse sur la crise de la société d’abondance, il s’agit d’un portrait à l’acide de ceux qui la refusent au nom de leur « catéchisme d’obsession ». Là se dessine la veine satirique de Ballard. Jouer les rebelles, chercher des coupables fantasmés, dictature des médias de consommation ou capitalisme international, n’est-ce pas se renvoyer à soi-même sa vanité… Prenant la vie pour un divertissement dans un « immense parc à thèmes », l’homme consomme la santé, la liberté, le luxe, méconnaissant la face dangereuse de toute existence. En fait, Ballard, qui dénonça dans un entretien « une dictature soft  et un nouveau fascisme comme celui qui est en train de naître aux Etats-Unis», n’incrimine pas un totalitarisme démocratique ou commercial, mais notre amollissement dans une dépendance qui n’est plus celle de l’esclave mais celle du dernier homme nietzschéen, heureux de sa médiocrité, mais prêt à se parer de l’auréole du casseur révolutionnaire dès que l’un de ses hochets menace de lui manquer.

 

 Comme dans Super-Cannes dans lequel les cadres très supérieurs de l’Eden-Olympia peuplent leur loisirs du luxe du délit, du braquage et du meurtre, il s’agit dans Millenium people, ce diagnostic indispensable malgré une intrigue distendue, de radiographier moins les ressorts secrets de la bourgeoisie capitaliste que ceux de l’homme. De pires utopies ont plus encore déchaîné les pulsions criminelles au cours du siècle précédent. Si l’on suit Fukuyama qui voit dans la capitalisme libéral « La Fin de l’Histoire », il ne signifiera pas pour autant la fin du mal, ce fantasme humain, trop humain. Féminisme et écologie seront peut-être nos futures tyrannies, comme le propose Ballard dans La Course au paradis. Les technologies de réparation-rééducation corporelle animeront de nouveaux fantasmes érotiques comme le dépeint Crash. C’est ainsi qu’engagé dans les labyrinthes de La Foire aux atrocités (pour reprendre le titre programmatique publié par Tristram) Ballard philosophe politique, et néanmoins romancier, est l’un des sismographes les plus avancés de notre temps.

 

Thierry Guinhut,

Article paru dans Le Matricule des Anges, février 2005

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir également : Ballard : les Nouvelles complètes d'un artiste de la science-fiction

 

 

 

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:34

 

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Pierre Jourde, les Festins secrets


de la littérature sans estomac


 

Pierre Jourde : Festins Secrets, L’esprit des Péninsules, 512 p, 23 €.



On connaissait Pierre Jourde pour son talent de pamphlétaire, lors de cette Littérature sans estomac qui sut avec humour et brio donner bien des aigreurs au Journal Le Monde et à ses servants, à ces écrivains qui dilatent leur anorexie romanesque avec les boursouflures d’un moi aussi insignifiant qu’exhibé, ces Angot, Bobin, Sollers et autres donneurs de ton et de leçons… Le voici qui met enfin ce talent au service du roman. Pierre Jourde n’aura pas persiflé en vain ses contemporains français, il est capable de faire mieux, de lever des « secrets » bien gardés, de nourrir l’appétit de ses lecteurs avec ses « festins » : secrets de polichinelle de l’Education Nationale, festins érotiques fort troubles pour un roman d’éducation.


Gilles Saurat, jeune professeur plein de bonne volonté, aborde le collège de Logres, où il sera mangé tout cru par le « Mammouth » et par les élèves. Elèves qui s’abaissent à l’irrespect, la brutalité, la pauvreté linguistique, mafia dominée par des caïds machistes, souvent d’origine immigrée, et dont la barbarie n’est contrarié en rien par une administration lâchement animée des bonnes intentions du laisser faire, par les « réussites kolkhoziennes », le « Grand Bond en Avant » des résultats du bac. La satire est rude : « Les profs sont là pour se faire enculer par les ânes. Tout le système a pour seule fonction de profaner le savoir. » Même si la situation est loin d’être partout aussi apocalyptique, à certains collèges Jourde présente un miroir fidèle. Professeur, Inspecteur, parent d’élève, écolier, nous subissons tous la tyrannie de la « gauche radicale », de son « flic de la pensée » (le proviseur-adjoint Musse), du « sabir sacré » : les « Apprenants » gérant leur « projet d’apprentissage personnalisé »… Entendez la démission de l’autorité et de la culture et « la transformation définitive de la réalité en simulacre ». Certes, il s’agit du versant pamphlétaire du roman, avec tous les excès du genre, la généralisation abusive, la caricature où l’art est de forcer le trait pour faire rire et jeter du sel sur les plaies secrètes… A qui se révolte à coup de clichés confortables, Pierre Jourde répond par une véritable charge, dénonçant la complicité de fait entre l’Education Nationale et la violence des nouvelles générations.

Logé chez Mme Van Reeth, dont il devient l’amant, Gilles croise une bourgeoisie faisandée, piste un défunt collectionneur de textes érotiques et de fichiers révélant les sadomasochismes de la ville. Un éros délétère le guide dans une quête risquée, jusqu’à découvrir ses démons intérieurs, ou ceux liés aux caïds locaux, les Hellequin, eux bien français, spectraux, dont la fille est un appât pervers… S’inscrivant dans la tradition lointaine du Wilhelm Meister de Goethe et des Illusions perdues de Balzac, Pierre Jourde propose un véritable roman d’initiation. Ce naïf jeune homme, confiné dans ses bouquins universitaires et son banal passé amoureux, est propulsé dans un nouveau milieu aussi cruel que séduisant. Ses illusions s’écroulent au contact d’une jeunesse obscurantiste, antisémite et d’une administration qui vogue dans l’utopie niaise. S’il ne peut transmettre un savoir et remplir la mission pour laquelle il était formé, il se heurte à un tout autre savoir : n’en déplaise à Rousseau, l’homme ni le jeune ne sont naturellement bons : ils s’allient pour un chassé-croisé de violences qui séduisent notre impétrant. Pente dangereuse pour notre société en danger… Un collègue cynique de Saurat, Zablanski, réclame « la fermeté dans une société de liberté ».


On ne doute pas qu’il s’agisse là de la conviction courageuse de Pierre Jourde. En ce sens, sans tomber dans le texte à thèse, le roman retrouve sa vocation à agir sur les esprits et sur le réel. Goethe proposait la voie vers un monde meilleur, Jourde, malgré quelque longueurs où l’on attendait du plus ramassé, lance un avertissement avant un monde pire, avertissement virulent, chargé de personnages typés, d’énergie romanesque, salutaire peut-être. Indubitablement, après La Litttérature sans estomac, C'est la culture qu'on assassine...

 

Thierry Guinhut

Article publié dans Le Matricule des Anges, nov-décembre 2005

 Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

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Anthologie de la poésie chinoise en Pléiade

 

 

 

 

 

 

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Déconstruire Derrida : Ecrits sur les arts du visible ; Un démantèlement de l’Occident

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Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

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Chien cynique et animaux philosophiques

Diogène Gaetano Gandolfi - Alexander and Diogenes 1792

 

Eco

Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Baudolino ou les merveilles du moyen-âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

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Ecologie

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Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

Ralph W. Emerson : Les Travaux et les jours

Révolutions vertes et libérales : Manier

Christian Gérondeau : Ecologie, la fin

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Wilson Biophilie

 

Education

Pour une éducation libérale

Déséducation idéologique, nouveaux programmes et urgence de transmettre

De l'avenir des Anciens

Education d'Achille, Pompeo Batoni, 1746 Offices Florence

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

eluard dali

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

Emerson

 

Erasme

Erasme et Aldo Manuzio, pères des Adages et de l’humanisme

Erasme Adages coffret

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Dans quelle démocratie vivons-nous ?

Projet d'amendements à la Constitution

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Tardif-Perroux : La France, son territoire

Patriotisme et patriotisme économique

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Allégorie de la Paix et de la Justice, 1753, Corrado Giaqu

 

Etats-Unis romans divers

De la Pava : Une Singularité nue

Hallberg : City on fire, ode à New-York

Franzen : Freedom, libertés entravées

Pessl : La Physique des catastrophes

Démonologies de Rick Moody

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Lauren Groff : Les Furies

Gary Shteyngart : Super triste histoire d'amour

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit

2025, l’animale utopie, fable politique

De l’animal mariage pour tous

L'Ânesse et la Sangsue

L'Etat-providence à l'assaut des lions

De l’alternance en Démocratie Animale

Les chats menacés par la religion des rats

La Fable des porcs et de la Dette

Fables 1

 

Facebook

Facebook, perversion ou libertés ?

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Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique, socialisme et islamisme

Humanisme et civilisation devant le viol

Alain Testart : L’Amazone et la cuisinière

Federici : Caliban et la Sorcière

La révolution du féminin

 

 

 

 

 

 

Ferré

Ferré : la Providence du lecteur?

Ferré Providence

 

Ferry

Mythologie et philosophie

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

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Filloy

Op Oloop, roman loufoque

Filloy

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

Averroès et Porphyre

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et théorie du genre

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

Foucault L'Herne

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

Fragoso

 

France

L'identité française et son destin face à l'immigration

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Peter Sloterdijk : Ma France

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Anniversaire, réalisme magique

Diane ou la Chasseresse solitaire

Le Bonheur des familles, Inquiétante compagnie

Temps et amour faustien : L'Instinct d'Inez

Le Siège de l’aigle politique

Fuentes Aigle

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

Gamboa Prières

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Gardner

La Symphonie des spectres

Spectre Hamlet

 

Garouste

Don Quichotte

Cervantès Garouste autoportrait-copie-1

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

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Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

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Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Sonnet à l’Allemagne

Sonnet de la liberté politique

Thomas Bernhard: Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

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Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

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Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

Golovkina

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

Goytisolo Marx

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

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Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

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Le Cœur glacé, Inés et la joie, ou la mémoire du franquisme et de l’Espagne

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Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Grozni

Wunderkind, Chopin contre le communisme

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

Guarnieri

 

Guerre et violence

Guerres d'Etats ou anthropologiques : John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences antipolicières, inversion des valeurs

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis

I Prologue

II L'ouverture des portes

III Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

Pyrénées Anie Aneto

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

Couv-Aneto-Canigou

 

Guinhut

Haut-Languedoc

Haut-Languedoc.couv jpg

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

Montagne noire triptyque Quelque chose dans la montagne

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Synopsis et Traversées

Le recours à la montagne

Cantal

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis, incipit

III Bironpolis, Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages, prologue

IV Eros à Sauvages, Les belles inconnues

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum, incipit

VIII De natura rerum, Euro Urba

VIII De Natura rerum, montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

Synopsis et sommaire

Prologue

II Greenbomber, écoterroriste

V Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

Voyages archipel

 

Guinhut Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnet autobiographique

Sonnet du cabinet de curiosité

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

Capitoline Aphrodite Louvre

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

Ein Jahr im Leben des Heinz M.

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passsage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

Ré paradis

 

Guinhut

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Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

Haddad jour

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

Hamsun

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Hayek

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge et blâme de l'Histoire mondiale de la France

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Jules Verne

Corbin : Histoire du silence, Le miasme et la jonquille

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Hattemer Higgins : le troisième Reich

 

Hobbes

Sonnet de la liberté politique

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

hobbes leviathan

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

Hölderlin

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

Iliade Jean de Bonnot

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Ceccatty : Noir souci, passion de Leopardi

Garcia Lorca : homosexualité et création

Broc-Hyacinthe.jpg

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Erasme Dürer

 

Hustvedt

Un été sans les hommes

Vivre, penser, regarder

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

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Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs : anti utopies scientifiques et superstitieuses

Huxley brave new world

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants

Les Vies parallèles du poète Eminescu

Florina Ilis

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

Impôt

 

IPhone

Tentation totalitaire : IPhone et législation

IPhone.jpg

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi la rose tyrannique de l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Battle royale : téléréalité politique

Murakami Ryû : Chansons populaires

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

Otsuka : Certaines n'avaient jamais vu la mer

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jourde

Festins Secrets

Jourde

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

Jünger Orages

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

Kafk Procès GF

 

Kant

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

Kant Obscur

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

Sirènes -1817-copie-1

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. D Wagner : En-vie, F Maï : Divino sacrum, F Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

Chansons populaires de l’ère Showa

1969, Les Bébés de la consigne automatique

Murakami bébés

 

Musique

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Musique savante contre musique populaire

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Bonheurs et trahisons du Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Mysterieux Monsieur Kidder

Oates Kidder

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

Powers Générosité

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schlanger

Présences des œuvres perdues

presence-oeuvres-perdues

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Allégorie de la science Cherubino Alberti

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

Ilium

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

Sloterdijk Essai d'intoxication

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnet des montagnes

Sonnet à l'élève

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Voltaire Jean Huber Le lever de Voltaire

 

Vote

De la révocation du droit de vote

De l’humiliation électorale

De l’alternance en Démocratie Animale

Front Socialiste National et antilibéralisme

allegorie du bon gouvernement

 

Wagner

Tristan und Isolde

Céline et Wagner : l'indignité du génie ?

Wagner Isolde by Aubrey Beardsley. Illustration in Pan, Ber

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux le voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

Wordsworth.jpg

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

Zimler 1

 

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