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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 17:29

 

Franz von Stuck : Orpheus, 1891.

 

 

 

 

Musique savante contre musique populaire.

 

Richard Powers : Orfeo,

 

le Bach du bioterrorisme ;

 

Alex Ross : Listen to this, l’éclectisme musical.

 

 

 

Richard Powers : Orfeo,

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Yves Pellegrin, Cherche Midi, 448 p, €.

Alex Ross : Listen to this. La musique dans tous ses états,

traduit par Laurent Slaars, Actes Sud, 512 p, 29 €.

 

 

 

      Charmant hommes et animaux, toutes les musiques se valent-elles ? Au contraire du sentiment démagogique et politiquement correct ambiant, il n’est pas sûr que cela soit vrai. Un roman, un essai, que tout semble séparer, répondent chacun à leur façon à cette problématique. Plus encore que dans Le Temps où nous chantions[1], qui fut l’un des premiers succès du romancier Richard Powers, la musique est portée à son incandescence dans cet Orfeo, à travers la destinée d’un vieux compositeur solitaire. On se doute cependant que l’écrivain ne va pas se limiter à un portrait statique, à une activité de biographe et de musicographe, mais que, tenté par le thriller, il fera de notre artiste et héros une incarnation des valeurs américaines devant la tyrannie bien affutée du gouvernement fédéral. Reste que la défense de la musique savante est peut-être l’enjeu principal de ce roman, alors qu’Alex Ross, dans son essai multipiste Listen to this, préfère l’éloge de toutes les musiques, au risque de mettre sur le même plan écrasé musiques savantes et musiques pop et populaires.

 

      La biographie de Peter Els est déployée par Richard Powers en alternance avec le drame qui bouleverse sa jeune vieillesse. Ainsi la fugue de ses amours se déploie, entre la violoncelliste Clara qui le fuit bientôt et qui « détestait le monde réel », la soprano Maddy qui interprète ses « chants borgésiens », avec qui il a une fille, Sara. Mais la fidélité à sa musique pourtant peu jouée l’éloigne de ses dernières. Ainsi le roman devient un vivant documentaire sur les évolutions musicales du XXème siècle, de Mahler à John Cage et Steve Reich, en passant par Messiaen, dont les Kindertotenlieder, le Musicircus et le Quatuor pour la fin du temps sont analysés en de splendides ekphrasis, que d’aucuns trouveront cependant trop prolixes. Au passage, est discrètement dénoncé le terrorisme intellectuel qui prend en tenailles Peter, entre les tenants d’une sur-modernité « anti-beauté[2] » et les traditionnalistes. Ses compositions, rarement fêtées, cherchent leurs voies propres, démarche qui est rarement l’objet des considérations publiques et officielles.

      Mais Peter Els a deux passions. Outre celle de l’écoute des chefs d’œuvre du passé et de l’écriture musicale innovante, il développe une compétence réellement professionnelle pour la chimie. D’ailleurs, pour lui, cet art et cette science ont bien des choses en commun, ne seraient-ce que leurs harmonies : « la génomique apprenait à déchiffrer des partitions d’une beauté indescriptible ». C’est au croisement de ces deux intensités de vie, qu’à soixante-dix ans, alors qu’il « essayait d’introduire des fichiers musicaux dans des cellules », il va vivre à ses dépens une aventure américaine.

      Il serait alors injuste de s’irriter du penchant de Powers pour le roman à thèse. Il s’agit ici de dénoncer le « Patriot Act », et ce dont est menacé Peter Els : « détention jusqu’à disculpation ». Car cultiver des bactéries peut-être dangereuses et des brins d’ADN en son laboratoire privé, consulter le web sur l’anthrax suffisent à faire de lui un suspect de menées terroristes surmédiatisé : « La renommée avait évité Peter toute sa vie. À présent, il lui suffisait de rejoindre son domicile et d’agiter les bras pour devenir le plus célèbre compositeur américain vivant ». Pire, sa musique devient une pièce à conviction… Héros malgré lui, il choisit la fuite. Toute sa vie défile en sa mémoire, jusqu’à son opéra historique « L’Oiseleur », commandé par son ami, impresario et metteur en scène Richard Bonner, en résonnance avec le siège des religieux de Waco par le FBI, en 1993.

      Peter, dont « la musique avait été pulvérisée dans l’essoreuse des ans » est un créateur en retrait, mais aussi inventif qu’humain. Ce « Bach du bioterrorisme » est le moteur d’un roman d’une belle richesse, complexe sans être réellement difficile ; peut-être son plus beau livre  depuis La Chambre aux échos et Générosité[3], qui étaient également basés sur des hypothèses scientifiques…

      La liberté, le droit au bonheur et à la création sont bien au cœur des tribulations du personnage et de la vocation de l’écrivain Richard Powers, attaché (à tort ?) à défendre la singularité des musiques savantes et expérimentales, aux dépens des pauvretés de celles populaires et vulgaires. Il est le garant de la dignité de l’artiste, fût-il un semi-raté, néanmoins un réel Orphée dont le dieu est la musique elle-même : « Par quelle ruse la musique laissait-elle croire au corps qu’il possédait une âme ? »

      Malgré le clin d’œil peut-être trop appuyé envers l’hameçon romanesque du terrorisme adressé au grand public, le riche portrait d’un compositeur confronté aux excès de la surveillance sécuritaire joue avec réel talent sur deux tableaux, politique et esthétique, à la fois dédié à la liberté de l’individu et aux qualités esthétiques de la musique savante. Richard Powers étant ici résolument un défenseur de l’exigence intellectuelle, du goût raffiné aux dépens de ceux populaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Ce n’est pas le parti choisi par Alex Ross dans son Listen to this. Sous une laide couverture (affectant de représenter un baffle que l’on devine affligeant par le bruit ronflant plus que par la finesse de la musicalité), et dont l’éditeur porte la lourde responsabilité, il cache pourtant une variété harmonique affirmée. Cet éclectisme, revigorant selon les uns ou compromission envers le mauvais goût de la foule selon les autres, mélange hardiment Schubert et les Beatles. On aurait en effet tort de s’arrêter au repoussoir de la couverture, à la vulgarité américanolâtre du titre qu’on a peut-être eu cependant la pudeur de ne pas traduire (ce qui aurait donné un « Ecoutez-moi ça »), car ce recueil d’essais, souvent publiés dans The New Yorker, est bourré d’appétits musicaux, d’enthousiasmes et de fines analyses. Ce à l’instar de son précédent opus, The Rest is Noise[4], qui balaye en un vaste panorama aux vues précises la musique du XXème siècle, de Mahler au développement du rock and roll, entre l’élitisme de l’école de Vienne, de Weber et Schoenberg, et le parti-pris populaire pour Bob Dylan.

      Tout jeune, Alex Ross, et au-delà de cette « grande musique » qui, dans la bouche de ses thuriféraires, a servi « de prétexte à un élitisme médiocre qui s’est efforcé de fabriquer de l’amour propre mal placé », a reçu le do dièse de la Symphonie héroïque de Beethoven « en plein plexus ». Avec allant et enthousiasme, il joue des images évocatrices : « Sept mesures de mi bémol majeur des plus classiquement conventionnelles, et voilà que ce do dièse survient et monopolise toute une mesure dans les basses avant de s’évanouir comme l’ombre de Dracula sur la muraille de son château des Carpates ».

      Des rapprochements hardis, par-delà les siècles, nous ouvrent d’excitantes perspectives esthétiques : entre la « chaconne » de la Renaissance, le « lamento » baroque puis de Ligeti, et le « walking blues », qui tous relèvent de « l’art de la mélancolie ». Par ailleurs, entre Björk, qui a « fait l’expérience de la musique électronique dans ce qu’elle peut avoir de plus créatif », et Schubert, ce « maître incontesté du Kunstlied, cette chanson savante qui n’a pas perdu tout ce que lui légua le populaire Volkslied », » le cœur d’Alex Ross balance. Car pour ce passionné de Verdi et de John Cage, de pop et de show-biz, de Mozart et de John Adams, il n’y pas la moindre hiérarchie entre les genres musicaux. En effet, selon lui, le talent musical de Bob Dylan « est réel, original jusqu’à en être excentrique, voire hypnotique ». Ce qui ne l’empêche en rien d’être touché par les œuvres tardives des compositeurs, comme « le dernier Brahms » auquel il consacre toute une étude, élargissant sa pensée jusque vers les derniers quatuors de Beethoven, les dernier lieder de Richard Strauss, Le Couronnement de Poppée de Monteverdi, Parsifal de Wagner, Saint-François d’Assise de Messiaen, pour l’opéra.

      Combien est alors vivifiant, sous le clavier en feu d’Alex Ross, d’accéder à « la saga de Björk », de se livrer à un éloge discutable de Radiohead, autant qu’à « l’âme de la musique » incarnée par Schubert… Mais aussi, en réaction à la baisse de l’éducation musicale aux Etats-Unis, suite au programme plein de bonnes intentions initié par George W. Bush, « No Child Left Behind », de visiter avec lui un chef de fanfare, Hassan Ralph Williams dans le New Jersey, qui obtient un franc succès grâce à de chaleureuses méthodes pédagogiques. D’autant que les étudiants en musique « obtiennent de meilleurs résultats aux tests de compétences dans un certain nombre de domaines » et « sont moins susceptibles d’enfreindre les lois et d’avoir des démêlés avec la justice ». Il faut sans nul doute « incorporer les arts dans la culture démocratique de base », de façon à « parvenir à une compréhension du monde plus profonde, plus ouverte et plus vivante, s’ils pouvaient l’observer à travers les œuvres de l’art ». Voilà qui participe de « l’effet Mozart ».

      Plus émouvant, plus inventif, plus esthétique, plus original, plus savant… Ne pouvons-nous concevoir, sans choir dans le snob mépris du bas peuple inculte, que ces critères ne soient pas désuets, qu’ils soient au contraire une ode à la richesse de l’humanité, un levier de l’éducation ? Est-il malséant de dire, parmi les minimalistes et répétitifs américains, que John Adams est un Steve Reich kitsch, que Philip Glass, depuis son merveilleux opéra Einstein on the Beach et son Concerto pour violon, s’est enkitsché avec ses magmas symphoniques plus récents ? Il s’agit alors d’aller jusqu’à se demander si l’immense majorité de la production rock planétaire n’est pas une extension de rythmes tribaux et martiaux commerciaux, saturés de facilités et pauvrement soutenus par la défonce systématique et addictive des percussions : sex, drugs, war and rock’n’roll…

 

      Richard Powers reste fidèle à l’esthétique savante d’Orphée, quand son Orfeo est un compositeur raffiné, à contre-courant des facilités de son siècle. Alex Ross préfère agréger à l’histoire de la musique occidentale (il semble trop oublier les musiques classiques indiennes et japonaises) le mieux disant du tout-venant populaire. Reste à leurs lecteurs d’affiner et démultiplier leur écoute. Sans doute, au moyen de l’appât romanesque pour Richard Powers, et de l’attrait consensuel, trop consensuel, de la pop and rock culture pour Alex Ross, peuvent-ils tous les deux attirer l’amateur vers les multiplicités de bonheurs des musiques dites classiques, en fait baroques, romantiques et contemporaines…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

La partie sur Richard Powers a été publiée dans Le matricule des anges, septembre 2015

 

[1] Richard Powers : Le Temps où nous chantions, Cherche Midi, 2013.

[4] Alex Ross : The Rest is Noise, Actes Sud, 2010.

 

J. S. Bach : Sonate pour violon seul, BWV 1001, adagio.

 

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 10:16

 

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Lou Reed : Chansons ou poésie ? L’intégrale, 1967-2000.

Mick Wall : Une Vie.


 

Lou Reed : Chansons, L’intégrale, 1967-2000, traduit de l’anglais (Etats-Unis)

par Sophie Couronne et Larry Debay, Points Seuil,

deux tomes, 510 p et 576 p, 9,20 € et 9,50 €.

 

 

Mick Wall : Lou Reed, une vie,

traduit par Mihka Assayas, Robert laffont, 288 p, 20 €.

 

 

 


      Faut-il être un amateur forcené de rock pour se jeter sur les livres réunissant les textes de ses icônes ? Entre Jim Morrison et David Bowie, l’une d’entre elles, Lou Reed, offre, de manière posthume -il est mort en 2013-  non pas seulement aux auditeurs, mais aux lecteurs, ses œuvres complètes. Nous tenterons la gageure, iconoclaste, de les lire, à l’occasion de la reparution française bienvenue de l’intégrale Lou Reed, mais aussi d’une édifiante biographie, livres en mains. Avec à peine une oreille aux enregistrements, ces « grands monologues pour batterie et guitare », seulement attentifs à la voix intérieure des chansons, en lesquelles pourrons-nous trouver la réelle poésie…

 

        Une succession d’électrochocs ; ainsi pourrait-on qualifier la vie de Lou Reed, au sortir de la biographie de Mick Wall. Electrochocs sur l’ordre de ses parents qui s’indignaient de ces tendances homosexuelles, électrochocs des drogues, des textes et des musiques, pour lui, pour ses proches et ses fans. C’est cependant avec la sérénité conjuguée du tai-chi et de son épouse Laurie Anderson qu’il aborda la mort à 71 ans. Mick Wall, son biographe, est un narrateur efficace, autant qu’un commentateur avisé de l’œuvre du maître en noirceur du rock and roll. Le « chevalier en armure pailletée » en ressort aussi humain que tragiquement légendaire.

        « Juif. Pédé. Junkie. » Ainsi commence cette biographie visiblement fort documentée. Qui a la sagesse de mettre en épigraphe une citation tirée de « L’Art romantique » de Baudelaire : « Un artiste n’est un artiste que grâce à son sens exquis du beau ». Car la beauté de Lou Reed est mi-angélique, mi-diabolique, qu’il s’agisse de son corps, de son look, immortalisé sur d’ambigües pochettes de disques, de ses chansons. Cette beauté musicale et plastique, à la lisière de la performance, s’affirme également « entre punk et art contemporain ». En effet, Andy Warhol, David Bowie furent également les protagonistes, les anges gardiens quelquefois maléfiques de la carrière en dents de scie de Lou Reed. Speed et travestis, provocations manifestes, concerts changés en émeute, sentimentalisme touchant, albums parfois médiocres, parfois étincelants, ce sont des dizaines de facettes qui font briller en lumières nocturnes la vie et l’œuvre. Grâce à lui, toute une partie de la jeune Amérique se mit au « Walk on the Wild Side ». Grâce à lui, la « tempête destructrice » du rock and roll, l’éloge de l’héroïne, les « horreurs spectrales des injections », tout un dérèglement éthique, parurent avoir droit de cité, voire atteindre un sommet esthétique. Les « divagations défoncées » de sa vie, permettraient-elles à ce lecteur de Poe de réaliser ses « très grandes ambitions » ? « Je veux créer pour le rock’n’roll quelque chose d’équivalent aux Frères Karamazov », disait-il…

 

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     Probablement faut-il être un fan atavique, invétéré du « rock and roll heart » pour porter aux nues de charmantes banalités, qui, une fois torréfiées par le battement des percussions et la mélodie nostalgique, paraissent, dans « Journée parfaite » (« Perfect Day »), être moins fragiles : « Oh c’est une journée tellement parfaite / Je suis heureux de l’avoir passée avec toi / Oh une journée tellement parfaite / Grâce à toi je me sens bien / Grâce à toi je me sens bien ». Certes, la capacité à savoir percevoir le bonheur, y compris dans sa plus grande simplicité, est si précieuse qu’on ne peut refuser son indulgence à de tels vers, malgré leur indigence. C’est tout le paradoxe de la chanson que d’adjoindre un texte parfaitement perceptible au plus grand nombre à un air envoûtant et mémorisable. Hélas, lire cela, de plus truffé de répétitions, de refrains, comme de la poésie, reste difficile : il y manque une originalité, une musicalité particulière, une surprise ascendante des images. Quelques-unes des chansons de Lou Reed, considérablement appauvries par l’absence de leur musique, ne renoncent pas à ce vice rédhibitoire de l’absence d’une dimension supplémentaire de la poésie…

      Pourtant, au détour de la lecture, malgré une inévitable perte de la sèche coloration de la langue de rue américaine, d’abondants moments de grâce surgissent. Et perdurent, chez celui qui affirma, dans « Je suis si libre » (« I’m so free »), et parmi le fameux album Transformer : « Oui, je suis le fils de Mère Nature / Je suis tellement libre ». La chansonnette pour adolescents est bientôt évidemment largement dépassée, pour préférer la vérité crue des sentiments, des pulsions et des angoisses, la litanie pécheresse assumée, comme au centre du « Chant de mort de l’ange noir » (« Black Angel’s Death Song ») ; et, en fin de carrière : « Comme un rat mort / Calme comme un ange » (« Like a Possum »).

      Bien souvent, il est en quête d’une intensité, de plaisir, de musique, de poésie : ainsi dans « Héroïne » (« Heroin ») : « Quand je me plante une shooteuse dans la veine […] Quand je suis en pleine montée / Et me sens carrément comme le fils de Jésus / Et je crois que je suis juste largué […] Héroïne, sois ma mort / Héroïne, c’est ma femme et c’est ma vie ». C’est alors que l’on peut se demander s’il y a une part de responsabilité d’une telle star du rock auprès de tant d’adolescents qui ont cédé à cette attirance, ce manque, cette mort… Celui qui a « traversé le feu » des drogues et de l’alcool, pour en finalement mourir, a-t-il contribué à faire de bien des jeunes Américains des junkies dévastés ? Ce serait lui faire un trop dur procès que de faire fi de la responsabilité individuelle de ses admirateurs inconsidérés… En sa préface de 2000, Lou Reed adopte « une position émotionnelle, bien que non morale ».

      Les thèmes traversés sont bien souvent sulfureux, de la « Vénus à la fourrure » (« Venus in Furs ») en 1967, qui ordonne d’embrasser « la botte de cuir qui brille » -en référence à Sacher Masoch- jusqu’à la « Paranoïa en Mi » («  Paranoia Key in E »), en 2000, où « l’obsession est en Si / La psychose est en Do […] L’Anorexie est en Sol bémol […] Le parricide en La »… Dans « Le masque bleu » (« Bue Mask »), il crie : « Laissez-moi me délecter de ma douleur » […] Ôtez le masque bleu de mon visage et regardez-moi dans les yeux / Je frémis de plaisir sous le châtiment ». Lou Reed sait en effet « où se niche la tentation, tout au fond de ton cœur / Je sais où se niche le mal, tout au fond de ton cœur » (« Temtation Inside Your Heart »). L’amour n’échappe pas au terrible, lorsque, dans une nouvelle intitulée « Le cadeau » (« The Gift »), Waldo, amoureux rejeté de Marsha, s’envoie « lui-même par la poste ». Hélas, elle plonge la lame du découpeur à travers le carton, « en plein milieu de la tête de Waldo, qui se fendit légèrement et produisit de réguliers petits arcs rouges palpitant doucement dans le soleil du matin ».

     Plus tard, cependant, « l’amour et le désir de transcendance » savent longuement résonner, ne serait-ce que lors de son mariage avec l’artiste Laurie Anderson, à laquelle il dédie ce recueil, et plus particulièrement « Power of the Heart » : « Je recherche les cimes arborées, tu recherches les crêtes d’écume […] J’ai voyagé autour du monde / Pour te rapporter la puissance du cœur ».


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    Au-delà du musicien du Velvet Underground, dont les rythmes tribaux, les lancinants envoûtements, parfois fortement dépressifs, empreints de noirceur, le parler-chanter invitent à entendre les percussions et guitares comme d’ambigus consolateurs, le poète, armé de « la beauté de la phrase simple », se confie en même temps qu’il frôle la dimension de guide spirituel, mais d’un guide spirituel guère angélique. On sait combien la révolte de Lou Reed contre les pères est redevable de ces électrochocs à lui infligés à la demande de son père pour le guérir de ses pulsions homosexuelles. La violence rock et verbale s’exaspère dans cette mise en scène de la trépanation et de la castration dans « L’opération de Lady Godiva » (« Lady Godiva’s Operation »), lorsque « Le docteur arrive avec scalpel et bagage / voit l’excroissance juste comme un gros chou / qui maintenant / doit être coupé ». Mais surtout dans « Massacrer vos fils » (« Kill Your Sons ») : « Il [papa] a pris une hache et a cassé la table t’es pas contente d’être mariée ? […] Mais quand ils te shootent à la thorazine après du freebase / Tu suffoques comme un couillon / vous ne le savez pas ? / Ils vont massacrer vos fils »…

    En ce « chaudron de péchés », homosexualité, transsexualité, sont parmi les thèmes virulents et militants du « côté sombre » : « En route, elle s’épila les sourcils / Se rasa les jambes et alors il devint elle ». Les allusions au monde contemporain (le sida dans « The Halloween parade » ou à l’ecstasy dans « Ecstacy »), côtoient les allusions à Edgar Poe ou Dostoïevski. Mais l’un de ses plus beaux poèmes, aux accents rimbaldiens (II, p 287) est certainement « La Puissance et la gloire » (« Power and Glory – The Situation ») :


« J’ai été visité par la Puissance et la Gloire

J’ai été visité par un hymne majestueux

D’immenses éclaires de foudre

Foudroyant le ciel

L’électricité coulant dans mes veines

 

J’ai été emporté par l’instant absolu

J’ai été saisi par le souffle chaud d’une divinité

Gorgé d’expérience comme un lion

Puissant de vie

Je voulais absolument tout-

Pas juste un peu

[…]

J’ai vu des isotopes introduits dans ses poumons

Essayant de stopper la progression du cancer

Et ça m’a fait penser à Léda et le Cygne

Et au plomb changé en or

[…]

J’ai été touché par un Lui majestueux

D’immenses éclairs de foudre foudroyant le ciel

Tandis que les radiations ruisselaient en lui

Il voulait absolument tout

Pas juste un peu »

 

     En cette anthologie bilingue et exhaustive, d’abord parue en 2008 sous le titre Traverser le feu, munie d’un indispensable index des titres anglais, ce sont trente albums qui défilent pendant un demi-siècle, depuis l’époque du Velvet Undergroud et d’Andy Warhol, jusqu’aux ultimes prestations en solo du noir rebelle des sons et des mots… N’en doutons pas, Lou Reed, outre la composition de ses chansons, savait qu’il écrivait, ne serait-ce qu’en disposant les « Miscellaneous Song » sous formes de poèmes prose. Là où s’ouvrent soudain les roses noires de la beauté, là où, peut-être, il sait trouver la « Délectation de la justice des cieux »…


      Jim Morrison, lui si prématurément disparu à 28 ans, en 1971, était plus encore séduit par la « mort secourable[1] », pour reprendre les mots de John Keats. Ainsi, dans « Ouragan et éclipse », il chantait :

« J’aimerais qu’une tempête arrive

et que son souffle chasse cette crasse.

Ou qu’une bombe incendie la ville et

récure la mer. J’aimerais que la mort

vienne à moi, immaculée.[2] »


Thierry Guinhut

Thierry Guinhut : une vie d'écriture et de photographie



[1] John Keats : Ode à un rossignol, Sous l’aile du phénix, José Corti, 1996, p 69.

[2] Jim Morrison : Ecrits, Christian Bourgois, 1993, p 1113.

 

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 19:17

 

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Aubrey Beardsley : Isolde, 1900

 

 

 

Richard Wagner : Tristan und Isolde


par Philippe Jordan, Peter Sellars et Bill Viola, Opéra Bastille


 


Mourir d’amour à l’opéra est possible, d’autant plus si l’on meurt d’amour pour la musicalité. Pourtant, l’orchestre wagnérien peut être hélas parfois pâteux. Avec Philippe Jordan, il est d’une solide clarté, d’une lisibilité ineffable, presque jusqu’à suggérer des accents debussystes. Le motif du désir est une montée languissante des accords qui ne s’apaise jamais. L’aspiration à l’amour et à la communion érotique est sans cesse appelée vers le haut tout en étant inéluctablement et déceptivement attirée vers le bas. Le cor est une ductile nostalgie ; les cordes sont soyeuses et la dynamique surprenante, éblouissante… Le désir de nuit et de mort qui enténèbre l’opéra Bastille nous rappelle qu’il s’agit là d’une réécriture, à la fois du mythe médiéval, à la fois de l’amour de Wagner pour une Mathilde Wesendonck mariée, tout en  retrouvant un écho des Hymnes à la nuit de Novalis.

 

La performance du ténor Robert Dean Smith en Tristan est impressionnante. S’il parait au début être un peu effacé par l’omnipotence de la voix de la soprano Violeta Urmana en Isolde, tour à tour d’une étincelante puissance et d’une suave intimité, il prend toute son ampleur dramatique dans le troisième acte. Jochen Schmekenbecher en Kurnewal est époustouflant de vigueur et de sensibilité. La basse Franz Josef Selig en roi Marke est si profonde, le grain est si sûr, que l’on regrette de l’entendre si peu. Le chœur des marins, seule originalité scénique, quoique modeste, chante du haut des balcons, en un bel effet de spatialité, comme entre Irlande et Cornouailles.

 

Mais dans l’espace strictement, voire tristement, fonctionnel de l’Opéra Bastille, le degré zéro, virgule zéro un, de la mise en scène est atteint par Peter Sellars. Au point de se demander si son absence n’est pas requise pour un tel assaut de minimalisme, ce qui est déjà un concept trop flatteur à son égard. Certes, il faut craindre pour Wagner la surabondance historiciste, le kitsch de la mise en scène ; et, pour Tristan en particulier, le bateau avec la proue du drakkar, les voilures gonflées et les marins hâlant les cordes, les armures de chevalier, les somptueuses robes royales, tout ce qui serait illustration et grandiloquence.

Mais à trop dépoussiérer il ne reste que le vide : seule un maigre parallélépipède sert au choix de banquette, de tombeau, de lit d’amour bien inconfortable autant que rigoriste. Tout cela dans le presque noir, où bougent si peu les chanteurs, vêtus de costumes et robes longues noirs, sacs féminins et toiles prolétaires, recyclés d’Emmaüs, seulement nuancés, sans nécessité, de beige au troisième acte.

En son amour-haine pour Wagner, qu’a voulu nous dire Peter Sellars ? Qu’il n’y a plus aucun être-là pour l’amour passion postromantique, sauf dans une abstraction conceptuelle qui ne se réalise que dans le fantasme musical de l’œuvre d’art totale ? Que la théâtralité du décor n’est qu’une obscénité ? Qu’il n’y a plus rien à dire sur Tristan, sauf Tristan lui-même ? Que le transposer dans un décor petit bourgeois du XIX°, chez les princes arabes ou chez les dignitaires nazis et soviétiques n’est plus une transgression ni une lecture riche d’enseignements, que le soupçon d’homosexualité entre Tristan et le roi Marke (malgré le baiser de ce dernier) qui ne punit pas son fidèle et ne cherche qu’à le pardonner, voire de la part de Kurnewal qui ne cesse d’appeler Tristan « Mon héros », n’intéresse plus personne, même s’il s’agit peut-être du reflet de la relation triangulaire entre Wagner, Cosima et Louis II de Bavière[1]… Sans compter que l’on n’est pas sûr de voir mourir Isolde, restée debout. Car le puritain hiératisme ne parvient qu’à figer les non-acteurs dans de brefs carrés de lumière, au sol…

Reste la seule audace visuelle : les vidéos de Bill Viola. Pour signifier ou parer à l’inexistence de la mise en scène, l’image filmique a l’avantage considérable de ne rien coûter (quoique le vidéaste doive saler sa note, lorsqu’il expose conjointement au Grand Palais), et le désavantage considérable de signifier au spectateur que son statut culturel d’afficionado de l’opéra n’a qu’à s’incliner devant la vulgarité commune de l’image télévisuelle tremblotante. S’il y a de beaux moments métaphoriques où un couple se dévêt comme des allégories de la Nuda Veritas, lave son visage et son corps sous une eau lustrale, où des bulles d’air circulent dans un bleu marin, où les flammes s’embrasent, formant des antithèses eau et feu, stèle de lumière et de couleurs au-dessus des chanteurs, bien d’autres sont des crachouillis de flous agités, de flashs éblouissants au travers des feuillages, détournant désastreusement l’attention hors des personnages.

 

Reste l’émotion. Servie par un orchestre parfait, des chanteurs au grain de voix et aux phrasés puissants et sensibles, elle résiste en toute splendeur poignante aux parasites de la vidéo, au désert scénique qui parait signifier l’épuisement du budget autant que de l’imagination. Au-dessus même des couleurs de Bill Viola, sont les couleurs sonores de l’impossible passion, de l’impossible joie dans le réel, de l’impossible mystique des amours nocturnes, qu’ils soient sourdement homosexuels ou apothéotiques de l’aspiration à l’union du féminin et du masculin. La castration de l’éros qui condamne les amants, autant que la réalisation de la féminité, atteint son acmé dans le chaos savant et épuré d’une musique aux accents brutalement et suavement universels. Seuls philtres d’amour, la nature humaine inéluctable et l’opéra wagnérien, dont le temps, quoique plus épais qu’un sang coagulé, s’enfuit toujours trop vite…

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie


Voir : Céline et Wagner : encore l'indignité du génie ?



[1] Voir Philippe Olivier : « Le roi Marke, Kurnewal et Melot ou trois évangiles de l’homosexualité wagnérienne », Obliques Wagner, 1979.

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 11:23

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Alberich et les filles du Rhin,

Illustration d'Arthur Rackham

pour le Ring de Wagner

 

 

 

Céline et Wagner : encore l'indignité du génie ?

 

 

 

        Le spectre de l'indignité hanterait la littérature et jusqu'à la musique. Le destin des célinolâtres est-il d'éprouver les mêmes inquiétudes que les inconditionnels de Richard Wagner ? En effet, après l'exclusion de Céline des Célébrations nationales 2011, voici venir le trait de gomme sur le créateur de « l'opéra de l'avenir », dans le cadre des Célébrations nationales 2013. On n'est jamais trop prudent. Si le principe de précaution risque d'anesthésier la recherche scientifique, il est craindre qu'il veille à souffler sur la culture un vent de censure nauséabond...

 

              C'est à cause d'un écrit antisémite, Le judaïsme dans la musique1, publié en 1850, que Wagner vient d'être exclu de ces festivités par notre avisé Ministre de la culture, Frédéric Mitterrand. En effet, ce texte, ce torchon, est grotesque autant que répugnant : « Je nourris une rancune longtemps contenue à l'égard des juifs et de leurs manigance, et cette rancune est aussi nécessaire à ma nature que la bile l'est au sang.» Certes, sa rancune s'adressait à Meyerbeer qui avait plus de succès que lui. Ou encore : « Le juif est roi et il continuera de régner tant que l'argent représentera le pouvoir qui ôte à tous nos efforts et à toutes nos entreprises leur efficacité 2 », ce qui est un écho de nombre de de libelles antisémites de l'époque y compris de celui de Marx...

              Notons que malgré une réédition en 1869, puis d'autres articles anti-juifs de sa main, et ce jusqu'à sa mort en 1883, Wagner n'a jamais officiellement soutenu les dirigeants antisémites qui lui étaient contemporains. Et que, non sans incohérence, il eut de nombreux amis juifs, pianistes et chefs d'orchestre... De plus il faut noter que l'appel à l' « anéantissement » du juif errant Ahasver, est à lire comme une allusion au personnage d'Achim von Arnim, dans Alle und Jerusalem (1811) qui se sacrifie pour la sauvegarde d'autrui lors d'un incendie.

               Nous n'avions, dans un précédent article, Céline ou l’indignité du génie, pas été effarés de la décision du Ministre de cultes laïcs lorsqu'il écarta Céline. Ne nous ne le serons pas plus à propos de Wagner. Répétons-le, non pas tant au motif de l'infamie de leurs pamphlets que personne ne discute (du moins espérons-le), qu'à celui de l'inanité de ces « Célébrations nationales ». En effet les institutions et officines culturelles, qu'elles soient d'obédiences publique ou privée, ne devraient avoir que faire d'une objurgation étatique, d'un adoubement national...

               Sauf qu'avec Wagner un pas est franchi. Un pas gravissime. Une lettre officielle émanant du Ministre intime le Directeur de l'Opéra national de Paris de ne pas rejouer l'entier de la Tétralogie(dirigée par Philippe Jordan) pour le bicentenaire de la naissance de son auteur. Etant donné que cette date coïncide avec le même anniversaire de Verdi qui, dans le « choeur des Hébreux » de Nabucco s'élève contre l'esclavage, on préférera la liberté de Verdi à l'antisémitisme de Wagner. Pourquoi pas cette préférence morale... Mais la tentative de censure ministérielle, quoique transmise à L'Elysée par le Directeur de l'Opéra, risque de se doubler de coupes budgétaires faute d'obéissance3.

              Imaginez qu'à la suite de la décision en l'affaire Céline, le Ministre de l'Education nationale exige de retirer de tous les manuels de Lettres, de toutes les listes de bac, de tous les cartables le Voyage au bout de la nuit, au motif des Beaux draps... Quel tollé ! Le visage de Janus de la tyrannie, sadisme et grotesque, serait alors conspué, le Ministre sommé de démissionner, de tirer la langue en public pour baver le fiel de son péché originel... C'est pourtant ce qui se passe avec Wagner. Dont les textes indignes ne sont pas tout à fait aussi virulents que ceux de Céline (même si cela n'excuse en rien les premiers). Sous prétexte du Judaïsme dans la musique, voilà Tristran et Isolde interdits de s'aimer sur les théâtres français ! Parsifal excommunié !

              Certes, nous avions argué d'un antisémitisme implicite dans le Voyage au bout de la nuit pour montrer que l'indignité de Céline avait des racines bien avant les pamphlets incriminés. Ce n'est pas pour autant que nous avons cessé de conserver en bonne place de notre bibliothèque les Pléiades céliniens, que nous nous privons de l'étudier aux côtés de Proust et d'Orwell... De même, nous pourrions relever dans L'Or du Rhin que le nain Alberich, s'emparant de l'or aux dépens des filles du Rhin, est une volontaire figuration du Juif. Nombre d'illustrateurs (dont le splendide Arthur Rackham) ne sont pas privés d'ailleurs de figurer jusqu'à la caricature le nez crochu et la barbiche crasseuse du cupide voleur... N'oublions pas non plus que Winifred Wagner, belle-fille du maître, fut une admiratrice passionnée d'Hitler, qu'elle dirigea le Festival de Bayreuth. Que le Führer de sinistre mémoire adorait Wagner au point d'écouter Le Crépuscule des dieuxdans son bunker juste avant son suicide. Ce pourquoi Israël ne programme jamais le maître, même si Barenboïm fit un geste en dirigeant le prélude de Tristanà Tel Aviv en 2001. Mais on peut comprendre qu'aux survivants du génocide et à leurs descendants cette musique rappelle des accointances plus que douloureuses. Reste que Céline a écrit ses pamphlets antisémites pendant que les Juifs partaient vers le crématoire, que sa haine nourrissait une idéologie officielle. Rien de tel pour Wagner. Qui peut prouver que vivant en un autre siècle il aurait été nazi comme le fut Heidegger ? Lire Mort à crédit pendant l'entracte de La Walkyrie (même si la collusion est pour le moins curieuse) ne fait pas de vous un thuriféraire de l'holocauste.

              Faudrait-il alors proposer de rayer de la mémoire universelle Karl Marx lui-même, qui, en 1844, écrivait dans La Question juive, « Quel est le culte laïc du juif ? Le trafic. Quel est son dieu laïc ? L'argent. 4» L'on serait sûr de déclencher les cris d'orfraie des intellectuels et des marxistes pullulants qui n'aiment tant être pro-palestiniens, ou par euphémisme, anti-sionistes, que pour cette anti-capitaliste raison même. Cela dit, celui à qui nous avons emprunté la fameuse formule rhétorique de l'incipit de son Manifeste communiste (« Un spectre hante l'Europe »), ose des commandements si explicitement totalitaires que l'on peut s'étonner que cette lecture soit pour beaucoup un lait maternel : « Expropriation de la propriété foncière », « Abolition du droit d'héritage », Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles », « Travail obligatoire pour tous, constitution d'armées industrielles5 »... A ce compte là il faudrait effacer de nos bibliothèques une nombre considérables d'écrits autrement plus dévastateurs que toutes les pornographies...

 

            Lire, discuter et réfuter ces textes est l'autre versant du devoir de la liberté de publication et de mise à la disposition du public de tout document, toute œuvre, qu'elle nous agrée ou non. Il y a mille façons d'aimer l'art. Une seule de le castrer par les ciseaux de l'état. Lire Céline, écouter Wagner, n'est pas forcément contradictoire avec Qu'est-ce que les Lumières ?de Kant ou De l'Esprit des loisde Montesquieu. Dans un bel éclectisme éclairé, à nous de savoir lire.

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

  1 Richard Wagner: Oeuvres en prose: Le Judaïsme dans la musique; Souvenirs sur Spontini; Programmes; Les Poèmes symphoniques de Liszt., collection Les Introuvables, Éditions d'Aujourd'hui, 1976.

  2 Citations extraites de Martin Gregor-Dellin : Richard Wagner, Fayard, 1981, p 298-301.

  3 Voir à ce sujet, le n° de mars de Diapason, p 9.

  4 Ibidem, p 299.

  5 Karl Marx : Philosophie, Folio essais, 1982, p 398, 424 et 425.

 

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 18:30

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Lady Gaga versus La Reine de la nuit de Mozart

 

 

 


Tous les goûts sont dans la nature ; chacun a le droit d’aimer ou de ne pas aimer ; toutes les musiques se valent… Que de scies relativistes n’entend-on pas ! Devant cette avalanche purulente de clichés aussi paresseux que vulgaires, l’honnête homme ne peut que constater la dégénérescence du bon goût, l’agonie de la culture, la mort par K. O. du jugement esthétique et moral. Ce n’est pas le numéro Un du box office, la tête de gondole de chez Universal qui nous dira le contraire, en bon rouleau compresseur des violoncelles massacrés : Lady Gaga en personne, la star mondiale, celle auprès de qui Lady Macbeth n’est qu’une larve pâle effarée (« qui c’est la meuf ? »)… A moins qu’un pur contre-fa descendu du piédestal nocturne de la Reine de la nuit la fasse vaciller… Lady Gaga contre la Reine de la nuit ! Tremblez, humains, le duel va être terrible ! Qui de la gaga et de Mozart finira étripé aux crocs sanglants de l’arène des gladiateurs, jetée aux oubliettes du temps?


Soyons indulgents envers notre Lady pas si gaga que ça. Son succès cosmoplanétaire a tout d’une machinerie aussi efficace que bien huilée. Savoir exploiter à ce point les mécanismes commerciaux et les ressorts des masses consommatrices n’est pas donné à tout le monde (encore moins à votre serviteur) ; en ce sens le talent marketing de la poulette semi-blonde (et de son équipe, surtout de son équipe, peut-être) fait courir tout le poulailler des amateurs de pop, autrement dit de musique populaire. Nous ne jouons en effet pas dans la même cour : musique populaire contre musique savante ; le combat est fort inégal en terme de public potentiel et de moyens hollywoodiens mis au service du rentable et peu risqué business.

Autre indulgence requise : Bad romance, ce clip musical ultra fun, doué d’un rythme qui parvient à scotcher l’oreille -y compris d’un amateur passionné des Variations Goldberg de Bach- s’impose d’abord par son look scénique. Ces dames plastifiées de blancs sortent de cercueils incubateurs profilés blancs pendant que la Lady anorexique s’exhibe dans une baignoire, puis noire dans son miroir. D’un air comminatoire, elle nous pulpe ses grands yeux vides et surmascarisés. Saisie à bras le corps, elle est violentées par ses partenaires, avant de paraître la semi-déesse sacrificielle au milieu de ses blafardes compagnes de chorégraphie, pendant qu’un groupe d’hommes assis la contemple froidement s’agiter. En bikini résille et faux diamants, elle fait un quatre pattes félin, offre son pubis plat aux regards aussi glacés que leurs vodkas à des mercenaires aux semi-masques d’or, d’argent et de cuir, aux tatouages de tribus urbaines, tandis qu’une sorte de chien-chat ivoirin aux canines déroutantes baille à s’en décrocher la fureur. L’on croit connaître le fin mot lorsqu’un de ces fiers messieurs appuie sur un bouton qui enclenche le décompte d’enchères astronomiques. Avec une lascivité saccadée, notre belle au blond de perruque de fin de série, notre belle aux bouchons de carafe, parfois sous une douche d’air que l’on devine très chaud, agite son piètre sex-appeal avant d’arborer une costume de verte batracienne au squelette monstrueusement reptilien en surbrillance, et de laisser derrière elle une traîne à gueule d’ours blanc en se dirigeant vers la chemise noire ouverte du vainqueur… C’est là que bodys rouges roulés sur le sol, lèvres rouges interviennent, en ce que l’on peut qualifier de métaphore sexuelle, au point que le mâle paraisse s’embraser dans un feu jaune. La flambeuse du culte solaire a finalement eu le dernier mot du sacrifice sur la fatuité du macho.

A ce dandysme kitsch et cette esthétique postmoderne, à cette tradition relookée de l'initiation au satanisme solaire, s’ajoute un soupçon de sadomasochisme dans la lignée d'Edgar Poe. Pensons d’ailleurs à son autre succès « Paparazzi », dans lequel, poussée d’une terrasse par un lover effrayé par les photographes, elle s’écrase sur les dalles pour réapparaître dans un fauteuil roulant en Frieda Kahlo luxueusement mécanisée, puis revivre intensément, telle un phénix… Il serait cruel de compter les emprunts de notre gaga aux artistes contemporains. Musicalement hélas, malgré une rythmique vocale efficace, la soupe aux clichés pops, le rythme tribal à la limite de la parade militaire pour exciter les jeunes troupes des tortilleurs de hanches discos, cela ne dépasse qu’un quart de huitième d’instant la plus totale indigence.

Résumons : esthétisation d’un érotisme morbide, exhibition vente de la femme à des mafiosi muets et bouffis d’orgueil : les féministes vont être ravis. S’il s’agit du comportement sexuel correct de nos adolescents en formation, de leurs fantasmes mis à nu, faut-il s’inquiéter ? Probablement pas tant que ça : la distanciation de la fiction, la catharsis sont pour beaucoup dans l’intérêt ironique que l’on peut y porter. Et n’oublions pas que la Lady a le dernier mot sur le désir des hommes auxquels elle ne cède rien. L'allumeuse reine solaire a carbonisé les machos. Bien fait.

Quant à la Reine de la nuit, dont ce deuxième air célébrissime -tiré de La Flute enchantée, faut-il le rappeler ?- montre l’ébouriffante cruauté d’intention, puisqu’elle tend un poignard à Pamina pour qu’elle exécute Sarastro, l’imagination de mille metteurs en scène et costumiers ne s’est pas privé de la parer d’atours nocturnes et étoilés, fascinants ou grotesques tour à tour…

Du point de vue moral nos deux nanas ne sont guère dissemblables. L’une vend sa danse de Salomé de bordel de luxe au plus offrant, puis les snobe de la plus définitive et frigide manière ; l’autre engage sa fille au meurtre. Les chiennes de luxe ! Mais après tout la première n’oblige personne à faire comme elle. La seconde n’offre en fait qu’une épreuve initiatique qu’il faudra dépasser. La Reine de la nuit n’est que l’image de la tentation criminelle qu’il faut repousser sur la voie de la sagesse finalement atteinte. En ce sens le livret de l’opéra de Mozart est bien supérieur au synopsis du gaga clip. Musicalement, il n’y pas photo, pour employer une image familière. La technique vocale requise pour régner sur la nuit est évidemment hors de portée de celle qui en reste gaga. La qualité expressive à cent mille kilomètres stratosphériques. L’originalité mozartienne de celui qui créa le premier grand opéra allemand (sans compter le massif prodigieusement varié, élégant, émouvant, tragique, et j’en passe, du reste de ses opus) n’est pas à démontrer. On n’a plus qu’à suggérer à Lady Gaga, de se faire metteur en scène pour Mozart : le résultat serait sûrement excitant pour l’œil autant que pour l’intellect…


C’est sur Facebook que votre serviteur avait eu l’idée de lancer ce duel en proposant deux vidéos venues de You tube. Lady Gaga remporta trois fois plus de suffrages. Rien d’étonnant. Quoique nombre de mes amis soient mes élèves de lycée -au demeurant aussi sympathiques que méritants-. Mais l’art est-il démocratique ? Heureusement non. Bien sûr, vous avez le droit de préférer la laide Lady à la Reine de nos fantasmes nocturnes et meurtriers. Mais personne n’empêchera le bon goût, le goût élevé, résultat d’une sensibilité raffinée et d’une éducation à l’art et la culture, de placer au sommet l’art mozartien, et presque au plus bas la pop vocalo-instrumentale gaga… Ajoutons, cela va sans dire, qu’il ne s’agit pas d’une position passéiste. Dans cent ans Mozart chantera encore, quand Lady sera définitivement gâteuse. Et aujourd’hui des compositrices font des prodiges : essayez, de Kaija Saariaho, L’Amour de loin

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

Mozart flute

La Reine de la nuit, mise en scène de Karl Friedrich Schinkel, Berlin, 1815


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Fables 1

 

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La révolution du féminin

 

 

 

 

 

 

Ferré

Ferré : la Providence du lecteur?

Ferré Providence

 

Ferry

Mythologie et philosophie

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

Eros-statue.jpg

 

Filloy

Op Oloop, roman loufoque

Filloy

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

Averroès et Porphyre

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et théorie du genre

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

Foucault L'Herne

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

Fragoso

 

France

L'identité française et son destin face à l'immigration

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Peter Sloterdijk : Ma France

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Anniversaire, réalisme magique

Diane ou la Chasseresse solitaire

Le Bonheur des familles, Inquiétante compagnie

Temps et amour faustien : L'Instinct d'Inez

Le Siège de l’aigle politique

Fuentes Aigle

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

Gamboa Prières

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Gardner

La Symphonie des spectres

Spectre Hamlet

 

Garouste

Don Quichotte

Cervantès Garouste autoportrait-copie-1

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

Gass

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

Gibson Idoru

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Sonnet à l’Allemagne

Sonnet de la liberté politique

Thomas Bernhard: Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

goethe

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

lewis matthew matthew Monk

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

Golovkina

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

Goytisolo Marx

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

Gracian Graus

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le Cœur glacé, Inés et la joie, ou la mémoire du franquisme et de l’Espagne

Almudena 2

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Grozni

Wunderkind, Chopin contre le communisme

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

Guarnieri

 

Guerre et violence

Guerres d'Etats ou anthropologiques : John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences antipolicières, inversion des valeurs

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis

I Prologue

II L'ouverture des portes

III Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

Pyrénées Anie Aneto

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

Couv-Aneto-Canigou

 

Guinhut

Haut-Languedoc

Haut-Languedoc.couv jpg

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

Montagne noire triptyque Quelque chose dans la montagne

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Synopsis et Traversées

Le recours à la montagne

Cantal

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis, incipit

III Bironpolis, Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages, prologue

IV Eros à Sauvages, Les belles inconnues

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum, incipit

VIII De natura rerum, Euro Urba

VIII De Natura rerum, montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

Synopsis et sommaire

Prologue

II Greenbomber, écoterroriste

V Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

Voyages archipel

 

Guinhut Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnet autobiographique

Sonnet du cabinet de curiosité

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

Capitoline Aphrodite Louvre

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

Ein Jahr im Leben des Heinz M.

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passsage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

Ré paradis

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

Haddad jour

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

Hamsun

 

Hattemer-Higgins

L’Histoire de l’Histoire : troisième Reich

Hida

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Hayek

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Jules Verne

Corbin : Histoire du silence, Le miasme et la jonquille

Jean Claude Bologne historien de l'amour

 

Hobbes

Sonnet de la liberté politique

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

hobbes leviathan

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

Hölderlin

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

Iliade Jean de Bonnot

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Ceccatty : Noir souci, passion de Leopardi

Garcia Lorca : homosexualité et création

Broc-Hyacinthe.jpg

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Erasme Dürer

 

Hustvedt

Un été sans les hommes

Vivre, penser, regarder

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

ete-sans-les-hommes

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs : anti utopies scientifiques et superstitieuses

Huxley brave new world

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants

Les Vies parallèles du poète Eminescu

Florina Ilis

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

Impôt

 

IPhone

Tentation totalitaire : IPhone et législation

IPhone.jpg

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi la rose tyrannique de l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Battle royale : téléréalité politique

Murakami Ryû : Chansons populaires

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

Otsuka : Certaines n'avaient jamais vu la mer

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jourde

Festins Secrets

Jourde

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

Jünger Orages

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

Kafk Procès GF

 

Kant

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

Kant Obscur

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

Sirènes -1817-copie-1

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. D Wagner : En-vie, F Maï : Divino sacrum, F Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

Chansons populaires de l’ère Showa

1969, Les Bébés de la consigne automatique

Murakami bébés

 

Musique

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Musique savante contre musique populaire

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Mysterieux Monsieur Kidder

Oates Kidder

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

Orhan Pamuk

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

Powers Générosité

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

Lou Reed Chansons I

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

Sloterdijk Folie-copie-1

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schlanger

Présences des œuvres perdues

presence-oeuvres-perdues

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Allégorie de la science Cherubino Alberti

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Shteyngart

Super triste histoire d'amour

Shteyngart

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

Ilium

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

Sloterdijk Essai d'intoxication

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnet des montagnes

Sonnet à l'élève

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde

Lusiades

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Voltaire Jean Huber Le lever de Voltaire

 

Vote

De la révocation du droit de vote

De l’humiliation électorale

De l’alternance en Démocratie Animale

Front Socialiste National et antilibéralisme

allegorie du bon gouvernement

 

Wagner

Tristan und Isolde

Céline et Wagner : l'indignité du génie ?

Wagner Isolde by Aubrey Beardsley. Illustration in Pan, Ber

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux le voyageur

Walcott poems

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

Wordsworth.jpg

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

Zimler 1

 

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