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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 12:22

 

Eisen : Jupiter Foudroyant les Titans, Ovide : Les Métamorphoses, Desray, 1808.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Alberti, homme universel

de la satire politique et de l’art :

Momus ou le Prince, La Statue.

 

 

 

Leon Battista Alberti : Momus ou le Prince,

traduit du latin par Claude Laurens,

Les Belles Lettres, 308 p, 13,90 €.

 

Leon Battista Alberti : La Statue, suivi de La vie de L.B Alberti par lui-même,

édition d’Oskar Bätschmann, Dan Arbib, Marie Certin,

Aesthetica Rue d’Ulm, 204p, 24 €.

 

 

 

      Un humaniste universel de la Renaissance italienne, tel doit nous apparaître le trop peu connu Leon Battista Alberti. Peintre loué par Vasari, mais aussi architecte, ingénieur, il n’a cependant pu guère réaliser ses projets : « Il n’y a pas à s’étonner que le célèbre Leon Battista soit plus célèbre pour ses écrits que pour ses œuvres[1] ». Il est en effet un époustouflant écrivain, en particulier avec sa fable politique qui met en scène un Jupiter moqué par le dieu de la critique, Momus ou le Prince. On le découvre également en ingénieux théoricien de l’art avec son De Pictura (dans lequel il dévoile les lois de la perspective) et son plus sculptural traité : La Statue. C’est ainsi qu’Alberti (1404-1472) préfigure Léonard de Vinci, quoique avec la plume agile du narrateur-philosophe en plus.

 

      L’apologue met en scène les dieux de la mythologie grecque pour mieux figurer et satiriser les hommes. Momus ou le Prince n’échappe pas à cette règle, que l’on connait depuis les dialogues philosophiques de Lucien, jusqu’aux fables de La Fontaine. C’est d’ailleurs Lucien qui mit en scène Momus, dieu de la critique, par exemple dans son « Jupiter tragique[2] ».

      Chez Alberti, Momus, dieu du sarcasme, et un immoraliste forcené, un « censeur impitoyable », « austère et toujours hostile », un provocateur, « simulant ou dissimulant selon la nécessité », enseignant aux jeunes filles « l’art de se maquiller », dénonçant la paresse, l’insolence et la tyrannie divines. C’est au point que pour avoir irrité la colère de Jupiter, il doit s’exiler sur terre. Cependant « les désordres qu’avait engendrés l’exil de Momus chez les mortels », auxquels il raconte « toutes les fables obscènes concernant les dieux » tout en martelant qu’ « il n’existe pas de dieux », ne sont pas moins désastreux. Ramené parmi le ciel, « il créera plus de troubles qu’il ne l’avait fait jusqu’alors » et met en péril le ciel et « toute la machine de l’univers » !

      Son libertinage philosophique, non loin de Lucrèce redécouvert en 1417 par Le Pogge[3], est déjà la traînée de poudre de l’athéisme. Au point d’outrager les dieux (y compris de scatologique manière) alors qu’ils se sont changés en statues en leur théâtre :

« Qui façonne en l’airain ou le marbre les visages sacrés,

Il ne fait pas les dieux ; celui qui prie les fait »

      « Relégué et castré » par la fureur des déesses, « il porte désormais pour les dieux le nom lui-même mutilé de Humus (ou la terre). Dégradé, enchaîné à son rocher comme Prométhée, il doit user encore de mille dissimulations et momeries (pour reprendre son nom).

 

 

      Le rire sérieux d’Alberti fait-il de son Prince Jupiter (qui est d’abord, chrétiennement et prudemment, aux premières lignes de sa préface « Dieu très bon et très grand ») une préfiguration de celui de Machiavel[4] ? Se serait beaucoup trop s’avancer. Même si l’art de gouverner, parmi les mauvais citoyens et face à l’écueil de l’orgueil qui aurait le tort de déclarer sa haine aux humbles, présente de réels préceptes, Alberti ne fait  guère de Jupiter un souverain idéal. De plus, le pouvoir est « une servitude publique intolérable ». Et si Jupiter n’est qu’une fiction, que vaut ce « Prince et conservateur de l’univers » ? Surtout si l’arc en ciel construit par les architectes de Junon s’écroule… Il faudra attendre la conclusion de l’apologue pour que Jupiter retrouve « l’opuscule » de Momus et sache y lire les préceptes du bon gouvernement et « les arts de la paix ».

      Tout est allégorie en ce Momus. Fourberie, Postérité, Envie, Industrie, Destin et Vertu sont des personnages féminins ; Stupeur est « le plus sot de tous » ; changé en lierre, Momus viole Louange d’où naît aussitôt Fama -ou la bruyante Renommée- ; le vaisseau de l’Etat prend des risques en haute mer. Les passions destructrices ont nom Vénus, Mars ou « l’aveugle Cupidon », quand la force intellectuelle est celle de Pallas, Jupiter, Hercule… La dimension allégorique du roman n’empêche cependant pas de le lire comme un divertissement aux multiples saynètes et rebondissements. Il n’est pas sûr qu’il s’agisse toujours là d’« une plaisanterie noble et bienséante en même temps qu’insolite », plutôt d’un rire thérapeutique et didactique, à l’occasion d’un « récit en prose d’une liberté réservée aux poètes ».

      On ne négligera pas la précieuse préface, très documentée, de Pierre Laurens, tant sur le contexte historique et culturel que sur l’œuvre et les publications posthumes de notre peintre écrivain. Préface qui permet de se demander dans quelle mesure il s’agit d’un roman à clefs : que doivent Momus, Jupiter et Virtus, dont la fuite nautique ressemble à celle papale, au pape Eugène IV ? Dans quelle mesure l’assemblée des dieux est-elle un clin d’œil au Concile catholique ?

      La satire politique d’Alberti est agile, acide et cependant morale, à l’égard des dieux qui ont « les sottises des hommes », et à l’égard du « Prince qui est comme l’esprit et l’âme gouvernant ce grand corps qu’est l’Etat ». En effet, « il ne suffit pas qu’un prince ait songé aux plaisirs du moment si pour le futur il n’a pas pesé le pour et le contre et pris ses décisions pour vivre ensuite non, comme on dit, non du pain d’autrui, mais du sien propre ». Ce qui est bien sûr non dénué de la plus pérenne et immédiate actualité. Rien d’empêche alors d’imaginer que l’on puisse placer ce Momus, composé à partir de 1443 et publié de manière posthume en 1520, aux côtés des Traités politiques de Balthazar Gracian[5].

 

Leon Battista Alberti, portrait par Masaccio. 

 

      Existe-t-il une œuvre d’art parfaite ? Encore est-il possible d’en imaginer les canons, les proportions, si variables, dit-on, sont-elles selon les aires culturelles… À la Renaissance, une telle ambition était non seulement souhaitable, mais réalisable. C’est ainsi que notre Alberti s’ingénia à penser la vérité et la beauté de l’œuvre artistique.

      De ce grand humaniste, curieux des arts et des lettres, il est plus que justice que la collection « Aesthetica » publie deux inédits en français, hors une infidèle édition de cette Statue en 1869. En effet, la Vie d’Alberti par lui-même avait échappée à la sagacité des traducteurs. Un comble, quand on pense à la renommée des Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de Vasari, dans laquelle celle d’Alberti est passablement erronée. Outre ses textes célèbres sur la peinture et l’architecture, La Statue (1464) est un traité majeur, écrit en latin, qui systématise ses recherches sur la proportionnalité.

      Alberti propose aux sculpteurs une méthode rationnelle, dans le cadre d’une nostalgie et d’une redécouverte de la statuaire antique, y compris au point de réaliser des œuvres colossales. La figure humaine doit pouvoir retrouver ses justes, voire idéales proportions. Ainsi, procédant de la découverte des images de la nature, l’art devient imitation. Pour venir en aide à l’artisan autant qu’à l’artiste, le théoricien imagine des instruments : « l’exempède » (règle graduée, les « équerres graduées » et un « définisseur » (disque posé sur le sommet du corps et permettant d’en mesurer les parties proéminentes).

      Ces travaux auront une large influence : de la Renaissance italienne à Dürer, jusqu’au classicisme. Reste qu’au-delà de la technique de reproduction du réel, l’art doit être synthèse et imagination ; c’est là, peut-être, la conscience et la limite d’Alberti. Le beau, selon lui, s’obtient non par la quête d’une idée platonicienne, mais, ainsi que le précise Dan Arbib, par la « moyenne proportionnelle ».

      Quant à sa « Vie », elle a non seulement un intérêt historique et esthétique, mais aussi générique. Cette première autobiographie moderne, quoique à la troisième personne, n’est guère rousseauiste puisqu’elle ne s’embarrasse pas toujours de la vérité plus tard prônée par l’auteur des Confessions[6]. Les qualités surhumaines qu’Alberti s’attribue sont de l’ordre de l’hyperbole. Celui qui ajouta à son patronyme le prénom léonin de Léon, nous livre sa bibliographie, ce en cohérence avec cet élégant auto-éloge : « Les lettres, dont il se délectait tant, lui semblaient des bourgeons en fleur très parfumés, au point qu’à peine la faim ou le sommeil le pouvaient arracher à ses livres ». « Difficiles ascensions en montagne » et emploi « des chevaux et des instruments de musique », rien ne manque à sa formation. Dans la tradition de Plutarque décrivant les vertus d’un homme illustre de l’Histoire grecque, il est le héros de l’humanisme, celui qui accomplit des prodiges en peinture : « des œuvre inouïes et incroyables pour les observateurs, qu’il ne montrait qu’à travers le minuscule trou d’un petit coffre, où elles étaient enfermées. On y pouvait voir des montagnes très hautes et de vastes provinces »… Il livre le catalogue de ses bons mots, comme d’imparables exempla, précieux et vaniteux réceptacle d’un estimable comportement moral, bien que le lecteur d’aujourd’hui y lise parfois le sexisme courant et autant d’estimable philosophie que de douteuse superstition : « dans ses prédictions, il alliait la sagesse à la connaissance et l’esprit aux arts divinatoires ». Il s’agit moins alors d’une narration rétrospective que d’un portrait moral. Les historiens d’art, comme Buckhardt, ont vu dans cette autobiographie le « modèle de l’uomo universale renaissant ».

      Illustré par des gravures venues des éditions anciennes, brillant autant par sa rigueur de son édition que par la clarté de ses préfaces, postfaces et appareils critiques, cet ouvrage savant offre un irremplaçable regard sur l’humanisme et la Renaissance italienne.

 

      Combien est étonnant pour nous Alberti. Loin de n’être qu’un froid et génial théoricien de l’art de la Renaissance statufié par la gloire artistique et esthétique, il sait être un brillant érudit de l’Antiquité autant qu’un satiriste bouffon et néanmoins profondément politique. L’appareil mythologique de Momus ou le Prince nous enseigne une fois de plus combien les allégories divines ont non seulement une fonction étiologique[7], mais plus encore une intemporelle acuité politique.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Giorgio Vasari : Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, Actes Sud, 2005.

[2] Lucien : Œuvres, Hachette, 1874, t I, p 98 et suivantes.

[6] Jean-Jacques Rousseau : Les Confessions, Pléiade, Gallimard, 2001, p 5.

 

 

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Published by Thierry Guinhut - dans Critiques littéraires Italie
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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 17:00

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Les écritures philosophiques et historiques

 

du secret,

 

par Claudio Magris.

 

 

Claudio Magris : Secrets, traduit de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Rivages, 96 p, 12 €.

 

Enquête sur un sabre, traduit par Marie-Anne Toledano, L’Imaginaire Gallimard, 112 p, 8,50 €.

 

 

 

      Autant pour le voyage au long du Danube que lors de l’exercice de la pensée, le « moi se dilate et se contracte comme une méduse, un peu d’encre débordant de la bouteille dans une mer d’encre ». C’est ainsi que Claudio Magris introduit son essai-fleuve Danube[1], paru en 1986, enquête géographique, historique, culturelle et intime. Il y a bien souvent chez cet auteur triestin, né lui en 1939, une démarche d’enquêteur, quoique bien peu policière, une démarche d’archiviste et de tisseur de prose poétique surprenante. Ce qui se vérifie, grâce aux hasards des éditions et rééditions françaises, d’une enquête sur les Secrets ou d’un sabre aux souvenirs sanglants et plus que mystérieux.

 

      Ce n’est un secret pour personne que nous, individu ou Etat, avons des secrets : vilains ou abjects qu’il faut celer, charmants qu’il faut préserver ou partager, pour son bonheur et celui d’autrui. Quant à de plus politiques il serait bon que l’opinion publique en profite, au service du bien commun. De toutes ces problématiques, Claudio Magris offre une conscience aigüe, en un petit essai, lapidaire et cependant fort suggestif publié en 2014 en Italie.

      Car c’est un paradoxe que son jeune cousin désirât une « insigne d’agent secret », pour exhiber qu’il sait ce qui doit être tu. Alors qu’un être secret oscille entre douleur de la solitude et sensation d’élection. Faut-il garder ce que l’on omet de dire, le respecter, ou le violer, se demande le moraliste… La littérature et le roman ont-ils pour fonction de révéler ou d’ajouter des « sens cachés » ? Or « l’écrivain est un espion, de lui-même ou d’autres personnes ».

      Plus le pouvoir est totalitaire, plus il s’entoure de secret. Est-ce à dire que toute transparence est nécessaire ? Peut-être ne révèle-t-on que ce qui est devenu inoffensif. Autrement il devient remord, ou « le Sacré, l’Ineffable », réservé aux initiés. Les « fumisteries mysticisantes », entourés d’un halo hypocrite et pompeux, dont relève le fascisme, sont « un cocktail par excellence d’horreur et de kitsch » ; alors que Jésus emprunte une autre voie : « je n’ai rien dit en secret ». Quand la vérité est dangereuse, « dissimulation » et diplomatie sont nécessaires. De même le secret de la confession reste une « valeur fondamentale », car il valide la dignité. Que dire alors de « ces temps de nudisme psychologique et d’enregistrement de masse universel », au travers d’internet des réseaux sociaux ? Reste qu’au-delà des pouvoirs dévolus à celui qui contrôle les secrets du monde, la capacité accordée à chacun de celer ce qu’il juge bon de conserver à part soi est un précieux gage de libertés.

      Si bref qu’il soit, cet essai est d’une richesse troublante. Pour traiter avec tant de finesse un tel sujet, Claudio Magris aurait-il un secret à cacher, au bord des lèvres ? Le brillant et abondant prosateur de Danube, sait ici suggérer avec acuité : tout un art. Il faut alors se demander s’il est complice des éditions Rivages qui ont choisi cet objet de curiosité pour illustrer leur fascinante couverture : ce noir rhinocéros, plus visible que « Lettre volée » d’Edgar Allan Poe, et cependant recélant l’introuvable solution des secrets de la nature…

      La Carnie est un territoire secret caché dans un pli de l’Histoire, à la lisière de l’Autriche et de l’Italie, au nord du Frioul. En grand connaisseur de la Mitteleuropa, Claudio Magris se penche sur l’étonnante utopie, offerte par Hitler à ces Cosaques qui avaient cru bon de choisir de s’allier avec les Nazis pour lutter contre le totalitarisme soviétique. Ce qui n’est pas sans répondre en écho à un de ses essais : Utopie et désenchantement[2]. Son Enquête sur un sabre, parue en 1986, nous permet de découvrir l’officier Krasnov, chef de cette épopée : l’occupation de la Carnie, terre faussement promise.

      Un vieux prêtre rassemble ses souvenirs en une lettre à « don Mario », évoquant sa mission d’octobre 1944 : intercéder auprès des Cosaques pour qu’ils renoncent « aux abus et aux violences ». À la recherche du « secret du libre arbitre et de compatibilité avec l’intelligence divine », sans éluder la quête de celui de l’Histoire et du mal, il se demande qui est Krasnov, figure historique légendaire, gisant parmi les différentes versions mémorielles : « comme si le mystère de la foi se confondait avec celui d’un roman policier ». Il écrivait des « romans historiques » qui préfigurèrent son destin, fut mis à la tête de cette fantomatique armée cosaque, échoua dans une tombe de Carnie pour être exhumé douze ans plus tard, avec un sabre. Ce dernier, « promesse de gloire et sceau de vanité », se révéla peut-être faux, quoique son propriétaire prétendu, livré avec les siens par les Anglais, fût pendu par les Soviétiques en 1947. Restent des livres, des archives, des rumeurs et des fantasmes sur un trésor, sur des trahisons irrévocablement politiques, sur un homme, berné par les idéaux, qui ne révère que liberté sauvage et « veut fermer les yeux sur sa propre vérité ». Une énigme en fait des trahisons de l’Histoire…

      La prose judiciaire et palimpseste, qui relève des « documents de la mélancolie », tient les promesses de l’essai : ce qu’elle révèle est ahurissant de perplexité, de profondeur, écrit dans une langue splendide (que la traductrice a certainement su polir) de façon à contribuer à « la vérité de l’art ». Revenons alors à son plus vaste et probable chef d’œuvre, délicatement encyclopédique, Danube, et cependant partie émergée de sa formidable culture de la Mitteleuropa, dont témoigne par ailleurs Le Mythe et l’empire dans la littérature moderne[3]. Pour découvrir, en approchant du delta de son grand fleuve européen, comme parmi les secrets, mythes et idéologies qui gravitent autour de l’agitation forcenée du sabre, que « le mal, c’est un excès d’Histoire »…

 

Thierry Guinhut

À partir d’un article -ici augmenté- paru dans Le Matricule des anges, janvier 2016

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Claudio Magris : Danube, L’Arpenteur, 1988.

[2] Claudio Magris : Utopie et désenchantement, L’Arpenteur, 2001.

[3] Claudio Magris : Le Mythe et l’empire dans la littérature autrichienne moderne, L’Arpenteur, 1991.

 

 

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Published by Thierry Guinhut - dans Critiques littéraires Italie
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 11:22

 

Musée du Vatican, Rome. Photo : T Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Autour de Colombino et Garibaldi,

 

une vaste fresque italienne.

 

Alessandro Mari : Les Folles espérances.

 

 

 

Alessandro Mari : Les Folles espérances,

traduit de l’italien par Anna Colao, Albin Michel,  990 p, 27 €.

 

 

 

 

 

      Dans la « merde » ; c’est ainsi que s’ouvre ce vaste roman. Colombino, « le trimballe-merde », fait commerce de ce naturel engrais, non sans devenir amoureux de la paysanne Vittorina qui voudrait bien l’épouser. Mais pour eux, comme pour tous les personnages de cette fresque, il va falloir s’en sortir, sentimentalement, socialement, politiquement. Notre tourtereau ira jusqu’à Rome pour tenter de faire bénir par le Pape son union contrariée, quand le jeune « peintre désargenté », Lisander, veut quitter ses modestes habits pour faire fortune grâce à un nouvel art : la daguerréotypie. L’on suit également les malheureuses tribulations de Leda, incarcérée au couvent. Alors que, depuis le Brésil, revient un certain dom José, alias Garibaldi, qui va œuvrer et combattre au service de son idéal : l’unité italienne. On imagine que les récits alternés vont permettre à ces quatre destinées de se croiser, au sein d’un immense, immédiatement prenant et splendide, roman historique, plein d’actions, de passions et de verve…

 

      L’on plonge sans détours dans une épopée aux personnages hauts en couleurs qui  traverse et innerve l’Italie du XIXème siècle. Peu à peu, en une spirale de souvenirs et de projections vers l’avenir, des hommes, des femmes, aux conditions sociales inégales, voire plus que modestes, prennent en charge leur personnalité et leurs talents, à l’image d’une nation en devenir. Ils sont intensément contrastés : depuis les « émotions charnelles »  de Garibaldi avec Aninha, « une femme qui se battait comme une héroïne », jusqu’au silence cloitré de Leda. Cette ambition d’orner l’Histoire avec une république en gestation, ou de participer aux mouvements artistiques et capitalistes, permet au quatuor de bras narratifs de confluer en l’immense fleuve, indubitablement romantique, d’une fresque aux acteurs avides de vie.

      Peu à peu, parmi la mosaïque alternée des récits animés de mille péripéties, un héros, historique parmi ceux fictifs, se détache. Venu du Brésil, parmi des escarmouches et des batailles rangées (qui peuvent cependant lasser un lecteur impatient de retrouver la botte italienne), Garibaldi va incarner une nouvelle Italie, soucieuse de se libérer de l’emprise des puissances étrangères, particulièrement de l’Autriche, et de s’unifier enfin : « C’était incroyable de voir à quel point les Italiens pouvaient être fainéants puis se transformer en modèles d’enthousiasme et de zèle ! » Même si le roman se clôt sur deux apparentes défaites : les cinq journées milanaises écrasées par les Autrichiens en 1848, et le désastre du projet de république romaine balayé par les forces françaises, en 1849, une dynamique est inexorablement en marche. C’est ainsi que cette épopée du Risorgimento, pour laquelle on devine qu’Alessandro Mari s’est fort documenté, entremêle Histoire collective et histoires individuelles.

      Epine dorsale du roman, Colombino est un Candide picaresque en son voyage ; battu, emprisonné, poursuivant vaille que vaille son objectif déçu, puis s’engageant dans l’armée garibaldienne, peut-être est-il l’acteur le plus attachant, nous arrachant rires et larmes : « il était né paysan, tempérament de terre durcie en mottes par le soleil ». Leda, une fois échappée de sa claustration, devient, grâce à un « parcours social, scientifique, mais aussi philosophique », donc un roman d’éducation dans le roman, une curieuse espionne, chargée de surveiller le patriote Giuseppe Mazzini. Lisander, grâce au « pinceau naturel de la Chambre Optique », se fait entrepreneur érotomane, l’un des premiers à exploiter la photographie pornographique, quoiqu’il se pose bien des « questions d’esthétique philosophique ». Garibaldi, l’idéaliste, est néanmoins un réel tacticien sur le front de maints combats, parfois désespérés. Tous à leur façon, naïve ou sensuelle, sont amoureux, d’un disparu, d’une paire d’yeux « bovine », d’une prostituée, d’un héros… Car « le désir inspirait l’art et faisait valser le pognon ». Autour d’eux, parmi des dizaines de personnages secondaires et pittoresques, toute une société se déploie, paysans, bourgeois révolutionnaires, « Romantiques de Traviole », entre Milan, Turin, Rome, Gênes, en un immense chant d’amour italien, mais aussi entre la côte brésilienne et l’Angleterre. Le maelström des récits, qu’ils soient psychologiques ou réalistes, intimistes ou grandioses, du naufrage à l’insurrection, ne néglige ni les grandes idées nationalistes ni les « fesses pleines comme les deux moitiés d’un cœur » et les « Inclinaisons Naturelles du Pénis »… Car l’écriture est tour à tour lyrique, rabelaisienne, ironique et didactique.

 

 

      Historien et conteur plein d’entrain, Alessandro Mari avoue, à l’occasion d’une « note de l’auteur » en guise de postface : « J’ai cherché la pertinence, mais j’ai éprouvé un plaisir plus grand encore quand, au cœur de la vraisemblance, j’ai senti s’ouvrir la route de l’imagination ». Nul doute qu’autant que le lecteur italien, le lecteur français soit convaincu par la pertinence et charmé par la fantaisie d’un tel romancier à la stature de géant, qui a su « faire alterner chaussures ailées et godillots ».

 

      Nous avons deviné que le modèle avoué d’Alessandro Mari est le Dickens des Grandes espérances, bien déçues d’ailleurs ; Sir John, le mentor de Leda, en est fou : « populaire, mélodramatique à en vomir, mais quelles histoires, ma chère ! ». Mais on pencherait tout autant pour le Manzoni des Fiancés ou Alexandre Dumas, entre roman historique et d’aventure. Pourtant on a la surprise d’apprendre que notre romancier commit une thèse sur Thomas Pynchon[1] ; faut-il penser à ce dernier en traversant cette structure romanesque cumulative, erratique et mosaïquée ? L’encyclopédique roman de formation des personnages est conjointement celui du Risorgimento, un Guerre et paix au cœur du XIXème siècle, et une reprise enjouée des procédés narratifs de ce même siècle, sublimant la polymorphe épopée de la botte italienne. Riche de bruits et de couleurs, d’idées et de passions, ce premier objet fictionnel et foisonnant d’un romancier né en 1980, est, à l’instar d’un opéra de Verdi, un morceau de Maestro !

 

Thierry Guinhut

Article paru -et ici augmenté- dans Le Matricule des anges, octobre 2015

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Voir : Thomas Pynchon : Contre-jour

 

Girolamo Induno : Garibaldi, 1861, Musée National du Risorgimento, Turin.

 

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:41

 

Villa Borghèse, Rome. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Giambattista Basile : Le Conte des contes

 

ou Pentamerone ;

 

le merveilleux rabelaisien.

 

 

 

Giambattista Basile : Le Conte des contes,

traduit du napolitain par Françoise Decroisette, 

Circé, 496 p, 25,90 €.

 

 

 

     Réjouissant, toujours réjouissant ! Quand Perrault et Grimm bénéficient à juste titre d’une universelle réputation, ce Conte des contes, venu du XVIIème siècle italien, est scandaleusement méconnu de ce côté-ci des Alpes. Sous la plume agile de Giambattista Basile, le difforme et le grossier, le splendide et le raffiné, les ruses et entourloupes, le merveilleux et la morale se mélangent à profusion et avec une verve sans cesse renouvelée.

 

      C’est abrité par l’anagramme Gianlesio Abbattutis -un peu comme Alcofribas Nasier pour François Rabelais- que Giambattista Basile écrivit en 1625 ce Pentamerone (publié de manière posthume en 1634-1636 par sa sœur Adriana), c’est-à-dire cinq journées, dans la lignée des dix journées de Boccace : le Decameron. Ce sont en effet cinq fois dix contes, sous la langue de cinq femmes difformes qui mettent leur invention au service de la Princesse Lucia, en passe d’accoucher, et ainsi fabuleusement distraite par autant d’histoires palpitantes, comiques, grivoises et édifiantes. Comme chez Boccace -ou Marguerite de Navarre en son Heptameron- le récit-cadre permet d’initier la vraisemblance de la prolixité narrative, mais en lui-même déjà il est un récit merveilleux. Car la princesse Zoza, qui ne rit jamais, est tirée de son sérieux par l’entrejambe d’une vielle qui glisse devant la fontaine. Cette dernière lui jette un sort qui lui intime de n’épouser que le prince de Ronde Prairie, endormi dans une tombe. Elle devra le réveiller avec une cruche de larmes. Hélas, Lucia, l’esclave maure, achève indument ce travail de larmes et épouse le prince. Enceinte, elle éprouve alors le désir d’écouter des histoires. Parmi les dix conteuses, Zoza grimée sera la dernière, enchantant « son auditoire par la douceur de ses paroles », pour parvenir enfin à faire condamner l’usurpatrice à être enterrée vive, retrouvant ainsi son prince, ce qui est la matière de l’épilogue, bouclant la vaste boucle ornementée des récits.

 

 

      Sous-titré « Le divertissement des petits enfants », quoique franchement leste, il n’échappe pas à la règle qui veut, à l’instar de la vocation des Contes de Charles Perrault[1], que l’amusement des enfants soit le passeur de l’acquisition d’une moralité, ni non plus à l’infatigable propension des contes à réjouir les adultes les plus matures qui en goûtent à la fois l’invention, la fantaisie et la transmission d’une intelligence de la vie et des enseignements moraux. Ainsi les morales sont souvent explicites, comme à l’orée du « Troisième divertissement » de la première journée : « Un bienfait n’est jamais perdu ; qui sème la courtoisie récolte les grâces ». Mais aussi son contraire : « Chante à l’âne, il te rend des pets ! » (II,4).

      Un moteur narratif revient régulièrement : il s’agit du récit de revanche. Un être difforme et laid, plutôt bête de surcroit, devient peu à peu grâce à quelque vertu (bonté, ruse, expérience acquise) un être récompensé par la richesse et la beauté : « Et dès qu’il eut parlé, de jobard qu’il était, d’orque, de mascaron, il devint chardonneret, Narcisse, beau garçon » (I,3). Parfois, cependant, la chance parait suffire : « Vardiello, qui n’est qu’une bête, rend mille mauvais services à sa maman, et pour finir il perd une pièce de drap qu’elle lui a confiée. En voulant sottement la reprendre à une statue, il devient riche. » (I,4) Tel est l’en-tête d’un récit qui s’achève plus heureusement : « Ainsi la bêtise du fils rendit la mère riche, et le bon sens de la mère remédia à la stupidité du fils »…

 

 

       Rédigé en napolitain, situant ses intrigues dans la province de la Basilicate, Le Conte des contes s’inspire de la tradition orale locale, sans que Basile néglige les fruits de son imagination propre. Cependant, on trouve la trace de récits antérieurs, tels ceux de Straparola, dont Les Nuits facétieuses sont également à la portée du lecteur français[2]. Des sortes d’invariants originels essaiment parmi ces contes : comme le personnage que l’on retrouve sous la « Peau d’Âne » de Perrault, puisqu’il vient à l’idée d’un roi d’épouser sa sœur (11,2), ou « Cendrillon », à l’enseigne de Zezolla devenue « Chatte des Cendres », qui perd une des jolies mules de ses pieds, ou encore « Les Fées » du même, comme dans « Les deux petites pizzas » (IV,7), car en offrant sa pizza la courtoise Marziella se voit accorder un don par une vieille « qui jouait la tragédie du Temps sur la scène de son échine bossue ». Elle souffle alors « des roses et des jasmins », quand ses cheveux débordent « de perles et grenats ». On devine que Puccia la « pimbêche » verra les poux tomber de ses cheveux, et que pour sa mère indigne « la neige de la jalousie tomba sur le brasier de la rage »…

      À chaque conte, l’action et les péripéties dévalent en cascade, sans barguigner sur le merveilleux et la magie : une beauté est enchaînée par une sirène, une mignonne doit épouser un ogre, sept frères sont nantis d’autant de dons extraordinaires, une puce nourrie par un roi devient « plus grosse qu’un eunuque » et finit écorchée, tannée. Sans oublier la formule consacrée : « Il était une fois le roi de Haute cime qui fut mordu par une puce ». Les plantes elles-mêmes ont des vertus magiques, « branche de myrte » dont un prince devient amoureux, ou « dattier d’or » d’où sort une fée.

 

      Le rire et l’insulte grossiers jaillissent à quelques lignes des élans poétiques les plus précieux. Cette écriture étonnamment baroque produit un irrésistible effet de surprise et de plaisir. Dès l’ouverture le ton est donné : « Vas-tu fermer les vannes, vieille sorcière, aïeule de Belzébuth, sangsue, croqueuse de marmots, chiailleuse, foireuse, face de péteuse. » Mais à peine une page plus loin, le narrateur se fait lyrique : « lorsque la Nuit fait proclamer par ses oiseaux une forte récompense à qui lui donnera des nouvelles d’un troupeau d’ombres perdues »… Les dialogues sont très imagés, venus de l’imagination linguistique populaire. Ainsi, quand le roi morigène sa fille enceinte : « Comment a-t-elle pu s’embarrasser de ce pied-plat velu ? Ah, infâme, aveugle, fourbe, quelles métamorphoses sont-ce là ? Te faire génisse pour un porc afin que je me transforme en bouc ? » (I,3). Même les princesses, pour faire mentir le mythe, ont la langue bien chargée, verte et rabelaisienne : « Tu me dois un peu plus de respect, car, en fin de compte, je suis fille de roi, et il n’y a pas d’étrons sans petites odeurs ! » (I,7). Quant à la sorcière séductrice qui tient à enchaîner les hommes avec ses cheveux, elle parait « un morceau de gourmet : imaginez un caillé moelleux, une pâte d’amande, qui ne tournait jamais les boutons de ses yeux sans tailler une amoureuse boutonnière dans les cœurs » (I,7)…

      Pour pointer son nez camard, la parodie est en effet omniprésente. En ces contes, on peut être engrossée par la parole d’un bêta ou par un pet. Les récits merveilleux, ailleurs trop policés, sont moqués par des motifs picaresques, des images scatologiques, et il en est de même pour la tradition des récits emboités venus de Boccace et de sa langue toscane plus élégante. Les dix conteuses ne sont pas des nobles dames, mais Zeza la boiteuse, Meneca la goitreuse, Antonella la baveuse, Iacova la merdeuse… Et si chaque journée s’achève sur une églogue en vers, c’est pour mieux les animer de « paroles de poids, gorgées de suc », entendez pleine de verve sans gêne et sans guère de pudeur. Voyez par exemple la princesse amaigrie dont les « yeux étaient si enfoncés qu’il aurait fallu la lunette de Galilée pour en voir la pupille »…

 

      Que le lecteur n’hésite pas un instant ! Qu’il ouvre séance tenante Le Conte des contes ! Le plaisir tient ses promesses à chaque page. À tel point qu’il faut sentir Giambattista Basile, poète et érudit qui fit partie, près de Venise, de « l’académie des Extravagants », se trémousser de bonheur et de rire du fond de la tombe lointaine qu’il habite depuis 1632. N’a-t-il pas dédié son livre au « Roi des Vents », plutôt qu’à l’ingratitude des hommes ? Avec lui, assurément, nous saurons à la fois nous divertir et nous instruire, en particulier sur l’opposition des vices et des vertus, comme il est de tradition immémoriale parmi les merveilles du conteur : où l’on reconnaîtra (IV,2) « la Vertu à son petit nez pointu ».

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[2] Straparola : Les Nuits facétieuses, José Corti, 1999.

 

Illustration de Franz von Bayros pour le

Pentamerone de Giambattista Basile.

 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 07:51

 

Gustave Doré : Dante et Virgile en Enfer. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Giorgio Pressburger :

Histoire humaine et inhumaine

de l’obscur royaume des enfers

du XXème siècle

 

 

 

Giorgio Pressburger : L’Obscur royaume, Histoire humaine et inhumaine,

traduits de l’italien par Marguerite Pozzoli,

Actes Sud, 288 p, 22,50 €, 432 p, 25 €.

 

 

      La tentation est grande pour tout écrivain italien, ou pour qui, comme Giorgio Pressburger, l’est devenu, de se mesurer au poète emblématique et fondateur : Dante en personne. Sa Divine comédie surplombant le ciel littéraire, il convient de la respecter, de l’éviter, de la pasticher, si tant est que cela soit possible, ou de la parodier. C’est ce dernier parti qu’a choisi, non sans risques, Pressburger, en publiant son Enfer, en l’espèce de L’Obscur royaume,  avant d’y adjoindre un Purgatoire et un Paradis. Le premier volet du triptyque est ici suivi des deux autres volets, réunis sous le titre univoque Histoire humaine et inhumaine, eux-mêmes sous-titrés « Dans la région profonde » et « Dans les régions heureuses ». Réécrivant la Divine comédie, cette trilogie, cet opus en quelque sorte testamentaire, propose-t-il exorcisme, catharsis ?

 

      Chez Dante l’enfer était une caution morale qui envoyait les méchants parmi les tourments et les tortures. S’appuyant sur un Dieu qui l’avait voulu, conjointement au purgatoire et au paradis, il était justice et punitions, il était sens ultime, la réalité implacable et la fin impeccable du bien et du mal. Mais chez Pressburger, rien n’est aussi simple. Tout y est bouleversé : les bourreaux côtoient les victimes, qu’ils viennent du nazisme ou du goulag… Car en tant que Juif hongrois né en 1937 qui vécut l’occupation allemande et a fui son pays en 1956, lors du coup de force des chars soviétiques, il connait intimement, presque génétiquement, l’aberration des totalitarismes qui exercent leurs violences sur les corps et les esprits.

      Que Giorgio Pressburger se serve d’une chiromancienne et pythonisse d’occasion, arnaqueuse de surcroît, puis de Sigmund Freud comme anachronique thaumaturge et thérapeute, au travers d’une succession de séances psychanalytiques qui sont autant de visions hallucinatoires, montre bien qu’il s’écarte à la fois de la théologie dantesque et de sa fable merveilleuse. Il inscrit la catabase -cette descente spirituelle dans l’Enfer- de son personnage dans un voyage intérieur qui relève, de par son ancrage réaliste, psychologique et psychanalytique, dans le genre fantastique : sommes-nous en plein surnaturel ou en pays de phantasmes, ou encore dans une accumulation d’archives historiques et tragiques ? C’est ainsi que la « méthode des associations d’idées » proposée par Freud permet de visionner le film intérieur que projette ce malheureux Orphée sans pouvoir poétique qui tente de revoir dans cet au-delà putride son père et son frère jumeau.

 

 

       Comme Dante se servait de son Enfer pour y plonger ses pires contemporains, voire y régler ses comptes, dans un climat politique agité, entre Guelfes et Gibelins, notre romancier dessillé ne lésine guère. Sous la férule des tortionnaires surtout nazis, où l’on trouve « ce petit tas de cendres vêtu d’un habit à rayures », mais aussi des fascistes argentins et italiens, bourreaux et victimes continuent de s’entrechoquer en cet inframonde perpétuel fait d’exécutions, de coups, de tortures et d’aveux, de douches gazeuses… Y compris des figures parfois autant criminelles que victimes, comme la Fraction Armée Rouge de Baader, terroristes assassinés dans leur prison… Parmi ces paliers effroyables, l’on croise nombre de personnalités du XX° écrasées par les tyrannies qui ont voulu bâtir une humanité nouvelle, et plus précisément des personnalités créatrices : Walter Benjamin, Rosa Luxembourg, Anne Franck, Primo Levi (alors accusé d’avoir condamné l’état d’Israël après les massacres de Sabra et Chatila et coupable de s’être suicidé), la Milena de Kafka… Nombre d’entre elles, comme lors des rencontres faites par Dante et son Virgile, racontent leur histoire. Ainsi Paul Celan expose son destin tragique, celui d’un poète qui se définissait comme un « pont », « sur lequel passaient les messagers d’une possible compréhension humaine et les tanks de [s]on siècle ». Il est heureux que dans ce malheureux vingtième siècle (qui a cependant bien des bonheurs à nous offrir) notre auteur ne se contente pas de faire défiler les victimes d’un seul totalitarisme. Le communisme y a sa part, avec Maïakovski, Marina Tsvetaeva, Mandelstam, Isaac Babel, ou celui qui dut « choisir entre le bolchevisme et… la poésie », ou encore Trotsky, assassiné d’un coup de piolet : « Tuer des millions d’individus pour construire le monde nouveau : à ses yeux c’était juste ».

      Ainsi la dimension historique et politique de cette catabase croise et complète le parcours intime et familial du héros. Ce qui, dans cette perspective de réinvestissement de l’œuvre phare du patrimoine littéraire par une réécriture à la fois poétique et polémique, ressortit au postmodernisme, trouve par les abondantes notes fournies par le romancier lui-même, une posture esthétique à la fois métalittéraire et critique. Comme lorsque les ombres de Pound, de Céline et d’Hamsun, ces trois thuriféraires du nazisme, sont pris à partie et associées aux trois têtes de Cerbère, ce chien gardien de l’enfer. D’ailleurs, dans la même perspective, Heidegger est conspué pour son silence coupable, sa complicité. Quoique, en nouveau Paolo, il côtoie l’amour de sa Francesca : Hannah Arendt, l’auteure d’ « Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal »… Reste que les écrivains complices de la tyrannie communiste n’ont pas ici la place qu’ils méritent.

 

 

      Hélas, grâce à ce roman trépidant, voire difficilement supportable pour les âmes sensibles, le dépassement des contradictions, la catharsis -ou purgation des passions- ne semble guère possible : la déploration et la prière aux morts ne paraissent guère accorder d’apaisement à quiconque. Car l’enfer n’est plus une fiction des dieux et du diable, mais la réalité de l’humanité, par les hommes et pour les hommes. Ainsi, les bourreaux ont-ils pour châtiment de rester pour l’éternité des bourreaux ? Mais les innocents ? Où est leur rédemption ?

      Il est donc difficile, pour le narrateur, d’affronter ses démons, intérieurs autant qu’historiques, de façon à « rester un homme libre et conscient » comme le lui demande son mentor, ce Freud qui lui permet de développer la vision refoulée, qui lui promet la « guérison ». Ainsi le narrateur demande à la Hongrie, à son passé trouble, nazi, antisémite et communiste : « Défèque ce qu’il y de pourri en toi ! » Seule la poésie reste un espoir, malgré l’élégie récurrente associée aux grands écrivains que selon lui on ne lit hélas plus guère, de par ces nombreux personnages de poètes qui réhabilitent cet art trop oublié. Est-ce opérer un salut ? L’inachèvement du voyage initiatique, de la thérapie, au moment où le narrateur retrouve parmi une « montagne de cadavres » son père et son frère, est-il le prélude d’ « un autre récit » finalement annoncé, ou l’expectative qui laisse le lecteur devant les démons de l’histoire et sa propre responsabilité dans la quête de sens ? Y-aura-t-il un purgatoire et un paradis ?

 

Sandro Boticelli, 1444-1510 : L'Enfer de Dante,

Bibliothèque du Vatican.

 

      Parfois, l’on glisse jusqu’au pastiche le plus cru des procédés dantesques, en particulier lorsque s’ouvre le portail des morts, en réalité celui d’Auschwitz, sans pourtant que l’on atteigne la qualité poétique de la langue du maître médiéval italien ; mais sans doute n’était-ce pas l’ambition de Pressburger. Et, sans cesse, le texte, narratif et dialogué, est environné de notes explicatives, parfois superfétatoires, comme une parodie des pléthoriques éditions universitaires de la Divine Comédie. Même si le développement et la répétition du procédé des tragiques rencontres peut sembler parfois un peu trop platement didactique, si la langue pourrait être à la fois plus elliptique et plus expressive, dans ce projet, cette fresque macabre et splendide, des morceaux sont profondément émouvants, douloureusement problématiques, comme lors de la confession, parmi un « fleuve de femmes », des amours d’Hannah Arendt pour Heidegger, ce philosophe qui trahit la philosophie.

 

      Quittons l’Enfer, cet Obscur royaume, pour traverser avec Pressburger le Purgatoire et le Paradis, respectivement « Dans la région profonde » et « Dans les régions heureuses », réunions en un second volume devenu Histoire humaine et inhumaine. Par cohérence, plutôt que cette solution bancale, n’aurait-il pas mieux valu publier trois volumes, ou réunir l’ensemble en un seul fort opus ? Autre objet d’irritation : la « scansion indiquée par des espaces blancs entre certains mots » (ce que ne présentait pas le premier volet), systématique, et fatigant la lecture.

      Une fois notre mauvaise humeur passée, nous avons là l’entier d’un projet splendide, bourré de notes éclairantes. Quoique la tentation de penser à une surexploitation du filon soit en nous aux aguets. Tour à tour politique et tragique, poétique et romanesque, ce voyage parmi l’au-delà, commencé en « tram », ne se fait plus, comme chez Dante, guidé par Virgile et Béatrice, mais par Freud et Simone Weil. On peut supposer que la vocation du premier est d’offrir une lecture de l’inconscient du siècle ; à condition de tenir la psychanalyse en haute estime. Quant à la seconde, qui qualifie Marx de « prophète », il est permis de douter de sa lucidité intellectuelle. Pire, Che Guevara se lève de sa mort, réclamant la « guérilla planétaire ». Ce sont là deux engagements que l’on peut trouver discutables, plus exactement criminels. Ecrivains, poètes, artistes, philosophes, voire scientifiques, défilent en ce labyrinthe souvent obscur, chargé de « gaz et de fumées », par allusion aux camps de la mort, jusqu’au « silence pompeux des bienheureux », cependant bien terrestre. Parmi ces « rencontres avec les figures tragiques du siècle passé », Kafka est  hautement privilégié. Mais point de réel paradis, cette fois abordé en fourgonnette, plutôt une « cacographie », le « marécage des martyrs » et l’extinction parmi les « particules élémentaires ». L’apologue est cruel, ironique, car même les pires dictateurs sont « tous dans ce lieu de délices ».

 

      Loin d’être un genre mineur (comme le savaient les Anciens) la réécriture est une riche porte vers de possibles œuvres plus que talentueuses. Ainsi, les mythologies, grecques et chrétiennes, sont d’infinies sources de renouvellement de l’inspiration. En s’appuyant sur un riche substrat culturel et historique, Giorgio Pressburger vient de nous en donner une preuve éclatante. Reste que l’on peut contester sa position: a-t-il ainsi raison de constater, après la mort de Dieu, s’il est bien mortel, que le bien et le mal n’ont plus ni limites ni sens ? Veut-il dénoncer cette bouillie morale dont fut fait le dernier siècle, ou nous infliger son incapacité de départager les enfers et les paradis qui sont la chair de  l’humanité ?

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

Agnolo Bronzino : Portrait allégorique de Dante, 1530,

Washington, National Gallery of Art.

 

 

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 16:43

 

Parthenay, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Umberto Eco : Numéro Zéro,

 

petit pamphlet romanesque

 

d’une Italie pressée par les médias.

 

 

Umberto Eco : Numéro Zéro,

traduit de l’italien par Jean-Noël Schifano,

Grasset, 224 p, 19 €.

 

 

 

      Sous quelle porte, en quelque vorace boite aux lettres glissera-t-on ce Numéro Zéro ? Il peut paraître étrange qu’Umberto Eco quitte l’épaisseur des vastes romans et la lumière des archivistes attachés à faire revivre avec brio le Moyen-âge du Nom de la rose[1] et de Baudolino[2], ou le dix-septième siècle de L’Île du jour d’avant[3], ou encore le dix-neuvième siècle du Cimetière de Prague. À moins qu’il ne grimpe une échelle romanesque chronologique… Le nouveau-né Numéro Zéro se présente en effet comme un assez bref opuscule, au rythme passablement enlevé, inscrit dans le plus récent contemporain. Cependant la relation avec ses préoccupations d’essayiste est soudain évidente : c’est l’auteur de La Guerre du faux[4] qui ressurgit parmi cette satire de la presse et sous la veste légère du narrateur journaliste…

 

      Une intrigue un rien alambiquée tombe sur Colonna, un piètre écrivain raté et nègre d’occasion, légèrement dépressif à la Houellebecq[5], et qui a du mal à joindre les deux bouts. On lui confie le soin de rédiger un livre grassement payé qui s’appellera « Domani » (Demain), et qui ne serait jamais destiné à paraître, narrant sous la forme d’une « épopée » les coulisses de l’aventure journalistique à venir. Car, à charge, il lui suffirait de rester une épée de Damoclès au-dessus de têtes qui valent leur pesant d’or. Conjointement, Colonna est promu journaliste et relecteur, sous la direction cynique du rédacteur Simei, avec quatre autres hommes et une jeune femme, pour concocter le « numéro zéro » d’un quotidien. Ce dernier devra exceller dans les scoops et les ragots, mais aussi dans l’horoscope, à mi-chemin de la feuille de chou nationale et du tabloïd insinuant et vulgaire. Ce faisant, il devra sourdement menacer quelques structures et personnalités politiques et économiques. C’est ainsi que, sans avoir besoin de jamais paraître, il doit permettre à son riche commanditaire expert en immobilier et en chantage, le « Commandeur » Vimercate, d’entrer au capital et au conseil d’administration de grandes sociétés.

      La presse a célébré, comme par joyeux masochisme, ou pour paraître se dédouaner de toute accusation impertinente, la satire de cette même presse menée avec brio par Umberto Eco. Le pamphlet rassemble en effet une sorte d’anthologie des manies, des vices et des incompétences des journaux et des médias pour s’attacher un lecteur, le flouer et le flatter en ses plus bas instincts. L’ « actionnaire de référence » du journal, faux Commandeur de surcroît, contraint ses journalistes d’investigation dont l’idéalisme est pour le moins suri, à passer sous les fourches caudines de son imprimatur ; en d’autres mots : « pour chaque mot, nous devrions savoir s’il plait au Commandeur ». Il ne s’agira plus, pour ne gêner aucun pouvoir, légal ou non, que de faire fumer le sensationnel et de révéler le superficiel. Que d’ignorer les choses qui fâchent les pouvoirs assurés de leurs intérêts. Que de préférer les réactions sentimentales aux faits et aux analyses. Que d’user des clichés pour lécher l’égo du lecteur, des euphémismes pour ne pas désigner le mal, tout en pratiquant « la jouissance de l’infortune d’autrui ». Que de paraître anodin en rapprochant des événements et des informations qui laisseront, de manière subliminale, accoucher des soupçons, des préjugés, des polémiques… Lecteur, as-tu reconnu tes journaux papier, radio et télé ? Car « ce ne sont pas les informations qui font le journal, mais le journal qui fait l’information ».

      On devine évidemment derrière cette fiction un pamphlet à charge contre Silvio Berlusconi, dont les collusions entre son pouvoir politique et son empire de presse furent pour le moins douteuses, mais aussi contre une botte italienne entière qui semblerait avoir marché dans quelque matière nauséabonde. Il n’est pas indifférent de noter que 1992 est l’année de l’opération « Mains propre » (Mani pulate), cette offensive anti-corruption qui fit le ménage parmi la classe politique, mais aussi de l’assassinat du Juge Falcone par la Mafia. « L’œil du cyclone » de la corruption recèle en son sein nos protagonistes, enthousiastes, roublards ou dégoûtés…

      Hélas, les spéculations oiseuses sur les dimensions et les performances des voitures, sur les nouvelles à publier pour induire un soupçon, les deux pages de blagues font décrocher le lecteur, comme lors d’un creux remplissage. On sait le goût de notre auteur pour le Vertige de la liste[6], mais deux pages encore de divers fondateurs d’ordres de Malte, achèveraient de vexer notre patience. Sans omettre le long récit circonstancié de la fuite, de l’arrestation et de la mort de Mussolini qui permet à Braggadocio d’imaginer un complot bien juteux : le Duce n’aurait pas été tué, hors son sosie, mais caché par le Vatican, puis l’Argentine ! S’en suit tout un imbroglio d’hypothèses liées aux communistes, aux alliés, aux néofascistes, à la mafia, aux Brigades rouges, à la C.I.A, dont les métastases iraient infiltrer jusqu’à l’année 1992, où se joue et se déjoue l’intrigue… L’assassinat de Braggadocio, fouilleur des dépôts d’ordures d’un demi-siècle d’Histoire et de politique, viendra pimenter le tout. Un parfum rassis de thriller empoisonne la satire des mœurs médiatiques, qui fait les pages les plus perspicaces.

      En effet, ou le roman de notre pourtant cher Umberto Eco manque de concision sagace, ou faute d’une plus grande ampleur, il agit un peu comme un pétard mouillé. La satire est facile, un brin convenue, en ce qui n’est pas à plein temps un grand roman de société ; à moins qu’il faille le prendre comme une novella qui vise à beaucoup divertir avec un succès mitigé, et un peu instruire…

      Il faut cependant admettre que bien des pages sont savoureuses : sur les clichés langagiers de la profession où se vautre un veule et médiocre lectorat, là où l’on reconnait les talents de notre sémiologue. Sur la question de savoir si les journaux « disent aux gens ce qu’ils doivent penser », à moins que ce soit l’opinion qui les commande. De même, l’historiette d’amour entre notre narrateur et Maia est attendrissante et pleine de vie, à la lisière d’une sympathique eau de rose, sans grande prétention, mais non sans finesse psychologique.

      Loin d’être un ovni romanesque, dans le parcours d’Umberto Eco, Numéro Zéro est en parfaite cohérence avec des pistes de réflexion lancées dès 1980, dans les chroniques, « La multiplication des médias », « Culture comme spectacle », « La falsification et le consensus », regroupées ensuite dans La Guerre du faux[7]. Comme dans Lector in fabula, où était analysée « la propension idéologique des lecteurs[8] ». Conjointement, le récent Cimetière de Prague[9] était autant une réécriture du roman-feuilleton à la Eugène Sue qu’une catacombe de mensonges et complots, où pourrissait Le Protocole des sages de Sion, ce trop fameux faux évangile antisémite. Ainsi, Numéro zéro, petit roman à thèse, à l’usage de qui ne lit pas ou plus d’essais, est une « guérilla sémiologique », là où « un pays appartient à celui qui contrôle les communications[10] ».

 

      La recherche de la vérité journalistique, aussitôt capturée par les médias, singée par ce « Numéro zéro » qui ne verra jamais le jour, préalablement manipulé par des tireurs de ficelles politiques, idéologiques, financiers ou mafieux, échoue alors dans les poubelles étincelantes de la fausseté. Est-ce à dire qu’Umberto Eco transite vers la théorie du complot généralisé ? Il serait abusif de ne pas imaginer que l’art de son ironie ne puisse s’adresser également à cette florissante théorie, mais aussi à « la démoplutojudéocratie en embuscade ». La morale de ce roman reste néanmoins : « Soupçonner, soupçonner toujours, ainsi tu trouves la vérité. »

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] Umberto Eco : Le Nom de la rose, Grasset, 1982.

[3] Umberto Eco : L’Île du jour d’avant, Grasset, 1996.

[4] Umberto Eco : La Guerre du faux, Grasset, 1985.

[6] Umberto Eco : Vertige de la liste, Flammarion, 2009.

[7] Umberto Eco : La Guerre du faux, ibidem, p 136, 166, 183.

[8] Umberto Eco : Lector in fabula, Grasset, 1985, p 235.

[9] Umberto Eco : Le Cimetière de Prague, Grasset 2011.

[10] Umberto Eco : La Guerre du faux, ibidem, p 127.

 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 17:14

 

Francesco Petrarca, Antonio Zatta, Venezia, 1784. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

 

par Enrico Fenzi,

 

suivi du sonnet III du Canzoniere

 

 

Enrico Fenzi : Pétrarque,

traduit de l’italien par Gérard Marino, Les Belles Lettres, 254 p, 23,50 €.

 

 

 

      L’imaginaire occidental occulte trop souvent, au profit du sonnettiste amoureux de Laure, la figure de l’humaniste. Pétrarque en effet, poète raffiné en langue vulgaire, écrivit bien des traités et des lettres en langue latine, diffusant la connaissance des littératures antiques et une éthique à laquelle Erasme sera redevable. C’est à la tâche essentielle, qui consiste à ne plus séparer ces deux facettes, que s’attelle avec brio l’universitaire Enrico Fenzi en son essai modestement titré Pétrarque.

 

      Pourquoi Francesco Petrarca peut-il à bon droit, dès le XIVème siècle, être classé parmi les humanistes européens ? Né en 1304 et mort en 1374, il quitte en effet l’ascendance irréductible d’Aristote et de la philosophie scholastique révérés par le savoir médiéval, pour leur préférer l’idéalisme de Platon et le libre arbitre de Saint Thomas d’Aquin.

       « La double partie que joue Pétrarque entre l’engagement et l’étude », en fait bien un homme de son temps. L’intellectuel italien suit la Papauté à Avignon, tout en réclamant la primauté culturelle de Rome sur la France. Puis il fuit les querelles de  « la sentine de tous les forfaits et de toutes les infamies[1] », pour se consacrer aux lettres. Le « moi politique », y compris vigoureusement polémique, émaillé d’images crues, de propos grossiers, comme dans ses trois Invectives[2], coexiste avec le « moi lyrique », mais dans le cadre individuel prôné dans son De vita solitaria. Car le poète est fort sceptique envers la légitimité du pouvoir politique. Si le tyran doit préserver la sûreté de l’Etat, revient au sage de suggérer la paix.

      Parmi les œuvres les plus emblématiques et attachantes de Pétrarque, on choisira de De remediis, qui fait philosophiquement dialoguer les allégories que sont la Joie, l’Espoir, la Douleur et la Crainte devant la Raison, ce dans le cadre d’une éthique stoïcienne et chrétienne. Pourtant, le lien le plus aigu entre l’humaniste et le poète se trouve dans le Secretum (Mon secret[3]). Dans lequel Franciscus (François Pétrarque lui-même) dialogue avec Augustinus (Saint-Augustin), pour se voir reprocher son amour pur pour Laure, qui cacherait de coupables passions charnelles. Nonobstant il ne renoncera ni à son amour, ni au désir de gloire, en voulant briller avec ses grands poèmes latins : Africa et De viris, deux œuvres monumentales restées inachevées, respectivement l’épopée de Scipion et le tableau des grands généraux de l’Antiquité, là où s’unissent Histoire et morale.

      La recherche des manuscrits recélant les grands textes de l’Antiquité est une constante chez Pétrarque qui tient à entièrement réhabiliter cette dernière. Il ne voit pas de contradiction entre l’humanité païenne et celle chrétienne, toute deux attachées à la vertu ; tel qu’en témoigne Cicéron, garant de « l’identité fondamentale de l’âme humaine ». Ce pourquoi notre humaniste est à l’origine d’une société européenne de latinistes, en cela précurseur de ce qui deviendra la République des lettres[4]. Le descendant spirituel de Dante, l’ami de Boccace est aussi l’ancêtre de ces humanistes qui, un siècle plus tard, feront du développement de l’imprimerie le foyer de la culture antique[5].

 

                                                                                                                 

      Quant au Canzoniere, ou Chansonnier[6], en dépit de ses figures d’oppositions intensément lyriques et pathétiques, il « exprime les contenus spirituels les plus hauts ». La rencontre inaugurale de Laure, en 1327, dans l’église Sainte-Claire d’Avignon, qui mourra de la peste noire, ou d’un tremblement de terre, en 1348, va le conduire à polir trois cent soixante-six pièces lyriques, dont trois cent dix-sept sonnets. Parmi lesquelles se distinguent deux parties, du vivant et après la mort de la dame aimée. Comme au sein des lettres abondantes de l’humaniste, les vers du poète concourent à former une « autobiographie idéale », écrite en italien florentin. Sa « langue d’art platonicienne » restera longtemps le canon suprême de ma langue italienne.

      Laure est-elle Laure de Sade ? La polysémie de son nom, entre l’aura (l’or) et le laurier d’Apollon, dieu de la poésie poursuivant l’inatteignable Daphné, laisse à penser qu’elle est allégorie, concrétion de toutes les femmes aimées autant que le modèle platonicien idéal de l’amour. Avec prudence, Enrico Fenzi ne s’engage pas en des querelles d’archiviste : il est plus un poéticien qu’un biographe.

      En son Chansonnier il ne faudrait pas réduire Pétrarque à la seule figure, certes complexe et nuancée par une intense pénétration psychologique, de l’amoureux : il y est « aussi l’ami, l’homme public, l’intellectuel, le moraliste, l’homme politique ». Les allusions à Rome, Avignon, l’Italie n’y sont pas rares. L’on sait que Machiavel[7] reprendra en conclusion du Prince[8] ces vers ainsi célèbres de la canzone XVI : « Vertu contre fureur / Prendra les armes et le combat sera court ».

      Ce n’est pas sans ambivalence qu’il aime et écrit pour Laure ; celle par qui Amour lui dit « de mes mains t’a enlevé un autre ouvrage » (sonnet 93) le prive de l’attention due à de plus glorieuses entreprises, comme cet Africa dont la langue latine contribuait à la beauté. Cependant, la postérité a préféré retenir non seulement la langue nouvelle du Chansonnier mais aussi cette « possibilité exceptionnelle de s’ennoblir lui-même à la lumière de la beauté et de la perfection de Laure ». Ainsi se dessinent trente et un ans d’amour, « un itinéraire allant de l’erreur juvénile d’un homme à sa vérité longuement murie ». De l’irrationnelle passion trop charnelle, et parfois érotique furieuse, en passant par la contemplation, jusqu’à la dimension spirituelle de la rédemption, l’éthique chrétienne innerve la conquête poétique. Comme dans le Secretum, la tension entre la raison divine et la raison amoureuse est incessante. La pérennité des désirs et des angoisses se heurte cependant à la borne du temps…

 

Laure et Pétrarque, Ecole vénitienne, vers 1510

 

      Du « Triomphe de l’amour », en passant par celui de la Mort, jusqu’à celui de l’Eternité, Les Triomphes, recueil probablement inachevé[9], du moins aux dépens d’un ultime polissage avant la mort du poète, est l’autre versant poétique en italien de Pétrarque. Inspirés par la cérémonie qui célébrait à Rome le retour d’un général vainqueur, ce sont six « triomphes », inaugurés par le char de l’Amour faisant défiler ses prisonniers. En toute évidence, Laure apparait parmi les amoureux célèbres de l’Histoire et parmi les poètes d’amour, avant de réapparaitre dans le « Triomphe de la Chasteté » dont elle est l’allégorie. Puis dans celui de la Mort, qui « arracha de sa main un cheveu d’or », quoiqu’un dialogue de chaste amour réconcilie Laura et Francesco dans l’au-delà du poème. Là encore, si Laure est le guide de la transcendance, Enrico Fenzi est un précieux guide parmi l’intertextualité, entre Ovide et Saint-Augustin, du poème aux six volets ascendants. Nul doute qu’aujourd’hui encore Pétrarque figure parmi un nouveau  « Triomphe de la Renommée » pour nous avoir offert une des plus belles fictions d’amour au monde, avec celle des Sonnets[10] de Shakespeare.

     La clarté de l’essai d’Enrico Fenzi ne le cède en rien à la richesse. Quand à la « biographie intellectuelle » succèdent « les idées directrices », puis l’analyse du Chansonnier, le lecteur se sent accompagné dans un calme chemin d’érudition, ouvert sur le monde politique, religieux, intellectuel et lyrique. Même si nous ne sommes par ailleurs pas certains de devoir accompagner l’essayiste dans le parcours politique qui le conduisit à participer aux bandes armées des Brigades rouges italiennes[11], mais c’est là une autre histoire, close depuis qu’en 1997 il est en règle avec la justice. Reste qu’un tel volume initiatique est à mettre aux côtés de l’abondante biographie de Pétrarque par Ugo Dotti[12]. C’est à ce prix que l’on entrera en amitié avec le poète qui dénonçait « Le vulgaire qui m’est hostile et odieux » (sonnet 234).

 

      Indubitablement, depuis le XIVème siècle italien, Pétrarque nous parle toujours. D’un versant humaniste précurseur de la civilisation de la Renaissance, et plus intimement depuis une confession plus tendre et plus humaine que les Confessions [13]de Saint-Augustin. Parmi tant de sonnets fondateurs du lyrisme amoureux, qui permirent la gloire de Pétrarque et de son Chansonnier, non sans la pérennité de ce parfait format en quatorze vers, ce troisième sonnet méritait, semble-t-il, d’être traduit par mes soins attentifs et cependant présomptueux, pour satisfaire, espérons-le, l’oreille du lecteur :

 

Ce fut le jour saint où, en deuil du Créateur,

Le soleil vint à décolorer ses ardeurs,

Quand, ne me gardant pas, je fus fait prisonnier,

De vos beaux yeux, Dame, je me vis enchaîné.

 

Qu’il fallût me défendre, en rien ne me semblait

Contre les coups d’Amour, et ainsi je marchais

Tranquille et sans soupçon : c’est pourquoi mes malheurs

Surent me prendre en universelle douleur.

 

Dieu Amour me trouva tout entier désarmé

Et sut s’ouvrir la voie par les yeux jusqu’au cœur

Où porte et passage les larmes ont trouvés.

 

Pourtant, me semblait-il, ce lui fut peu d’honneur

En l’état où j’étais de flèche me percer,

Et à vous de ne pas montrer l’arc, bien aimée.

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] Pétrarque : Sans titre, Lettre VIII, Jérôme Millon, 2003, p 93.

[2] Pétrarque : Invectives, Jérôme Millon, 2003.

[3] Pétrarque : Mon Secret, Rivages poche, 1991.

[6] Pétrarque : Canzoniere, Poésie Gallimard, 1983.

[8] Machiavel : le Prince, Club Français du Livre, 1962, p 106.

[9] Publié le plus souvent à la suite du Chansonnier.

[11] Enrico Fenzi : Armes et bagages. Journal des brigades rouges, Les Belles Lettres, 2008.

[12] Ugo Dotti : Pétrarque, Fayard,

[13] Saint-Augustin : Les Confessions, la Pléiade, Gallimard, 2013.

 

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 18:54

 

Panthéon, Rome. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Handicap et génie littéraire : Leopardi

 

et l’infini du Zibaldone en toute beauté,

 

par Pietro Citati.

 

 

Pietro Citati : Leopardi, traduit de l’Italien par Brigitte Pérol,

L’Arpenteur Gallimard, 2014, 542 p, 28 €.

 

Giacomo Leopardi : Zibaldone, traduit de l’italien,

présenté et annoté par Bertrand Schefer, Allia, 2003, 2398 p, 50 €.

 

 

 

      D’où vient-il que certaines biographies soient plus goûteuses, plus enclines à faire se dresser dans la perception du lecteur la stature, l’œuvre et les émotions d’un écrivain ? Brian Boyd avec Nabokov, Richard Ellmann avec Joyce, ou Peter Ayckroyd avec Shakespeare et Poe sont sans conteste de très talentueux biographes ; mais aucun n’atteint à l’étoffe dont sont pétries les vies et l’univers intellectuel par Pietro Citati. Nous avions déjà eu le bonheur de lire son Goethe[1], voire son Kafka, le voici abordant un autre romantique, cette fois italien : Giacomo Leopardi. Comment les doigts de Citati vont-ils ressusciter le solitaire et reclus de Recanati, le poète de « L’Infini », et l’immense diariste-essayiste du Zibaldone ?

 

      « Un tuberculeux affligé de deux bosses, persécuté par toutes les maladies de la terre », telle fut dès sa jeunesse Giacomo Leopardi (1798-1837). Pourtant, dès dix-huit ans, sans qu’il eût encore rien publié de valeur, et à la seule lecture de ses lettres, son ami Pietro Giordani lui « trouvait cette noblesse, cette fureur, cette densité, cette variété de style » qui est celle du génie. L’amour du jeune disciple pour le maître, quoique sans éros, et qui « était une forme de sa passion pour la littérature », se trouva grandi par leur rencontre. Plus tard, il éprouvera un semblable sentiment pour Antonio Ranieri[2]. C’est ainsi que Citati nous communique l’ardeur de son modèle, en même temps que sa profonde empathie pour lui…

      Reclus dans la bibliothèque paternelle aux dix mille volumes, le jeune Leopardi devient un philologue ardent, qui sut cinq ou six langues, dont le grec et le latin, un graphomane brillant. Mais son désir de gloire était vain : « Aucun éditeur ne publiait ce qu’il écrivait ». De guerre lasse, il remplit les quatre mille pages manuscrites de son fameux Zibaldone (qui compte deux mille pages bien abondantes en l’édition française) ; ce que l’on peut traduire par sabayon, ou pot-pourri, pour signifier des « Mélanges ». Accès mélancoliques et éclairs d’écriture autobiographiques, bribes d’essais et chimères s’y accumulent : « Enfermé dans la prison de sa bibliothèque, il explorait, examinait, reconstruisait l’univers -littérature, politique, histoire, linguistique, économie, philosophie, psychologie, rêveries et fantaisies- avec une furieuse énergie qui nous parait aujourd’hui presque inimaginable. » Sans oublier la musique, la religion… La précision et la force de la « fureur philosophique[3] » s’y déploie avec faste autant qu’elle illumine des aphorismes, tel : « on ne connait jamais parfaitement aucune vérité, si l’on ignore l’ensemble des relations qui unissent les vérités entre elles[4] ». Picorer le Zibaldone au hasard assure de recueillir des pensées aussi éclairantes qu’inattendues, dont plusieurs laisseraient penaud un Cioran : « Pour jouir de la vie, il faut nécessairement être désespéré.[5] »

      Quoique les accès de « quasi-cécité », d’ennui et de sensation de néant, accablant celui qui avait un merveilleux talent pour le désespoir, paraissent lui empêcher toute activité intellectuelle, il poursuit de manière erratique son travail de « grand architecte-orfèvre », qui n’aura jamais d’harmonieuse architecture, mais auquel il ajoutera un précieux index. Est-ce la faute de l’irréductible séparation entre la nature et la raison ? Il se sert « de la philosophie moderne, de la raison analytique, acérée, négative, pour retrouver l’œil originel de l’homme ». Est-ce position nostalgique, régressive et antiscientifique ? Ce que confirme la lecture du Zibaldone, au 11 mai 1821 : « Une fois que la raison fut introduite en ce monde, tout devint peu à peu et en fonction de ses progrès, laid, petit, mort, monotone[6] ».

 

 

        Aussi, à vingt et un ans, pense-t-il à fuir Recanati. En une lettre au père jamais envoyée, qui rappelle celle ultérieure de Kafka, il conspue la tyrannie et la dissimilation paternelles. La tentative de fuite se solde d’abord par un échec. Le voilà encore coincé entre une mère bigote et glacée et un père autoritaire de comedia dell’arte. Enfin, en 1823 (il avait vingt-quatre ans) il file à Rome, couvrant de chagrin son frère Carlo, qui est son « amour de rêve », et qui épousera une Paolina. Le poète, qui, hélas, « détestait le progrès », va mener une existence studieuse, au service d’un éditeur milanais, pour lequel il traduit Epictète, quoique égayée par Rossini, errante entre Pise et la cité pontificale, entre Florence et surtout Bologne, où il trouve une nouvelle vie, affective et sociale et intellectuelle. Avant de finir ses jours au pied du Vésuve…

         Si laid (du moins le pensait-il), presque nain, horrifié par son corps difforme, il ne se lavait guère, sentait le renard, et ne pouvait qu’être amoureux sans l’ombre d’une réciprocité. Mieux valait que ces égéries ne connaissent pas ses sentiments, partagés entre sensualité refrénée et idéalisation. L’amour, ou plutôt « un désir angoissé », une « autoexaltation amoureuse [qui] devint désespérance », le saisit à la vue de Gertrude Cassi, avant de se tourner vers « la femme qu’on ne trouve point ». Le poème « À sa dame », est un hymne à l’impossible beauté platonicienne qui ne console point dans « la nuit du siècle[7] ». Plus tard, il aima Fanny, qui devint l’Aspasie de ses Chants. Mort plus vierge qu’une hostie, il connut cependant les joies de l’amitié, surtout épistolaires, cependant fort exaltées. Ranieri, en effet, de quatre ans son cadet, admirait son génie, au point de veiller son agonie et de se charger de faire connaître, de manière posthume, son œuvre à l’Italie. Car, de son vivant, il n’avait publié que ses poèmes, Canzone et Canti, A Silvia, Il pensiero dominante (les deux derniers étant respectivement un hommage à une jeune fille morte de tuberculose et une exaltation de l’amour) ainsi que deux textes autobiographiques. Les essais virent peu à peu le jour, comme le Discours d’un italien sur la poésie romantique, et surtout les Petites œuvres morales, qui compte quelques dialogues philosophiques, perles de fantaisie et d’humour irrévérencieux envers la mythologie, dont avec un Christophe Colomb renaissant de ses cendres, avec des gnomes, démons et autres morts, puis un curieux « Eloge des oiseaux ». Qu’il termine avec cet émouvant souhait : « j’aimerais un moment être changé en oiseau pour connaître la jouissance et la joie de leur vie[8] ». Ajoutons qu’il fait dire au « démon » du Tasse ce qui le résume absolument : « Ainsi, entre le rêve et les fantasmes, tu passeras ta vie ; et sans autre profit que la consumer[9] ».

 

        S’il est un écrivain analytique avec le Journal du premier amour, il est aussi un théoricien du romantisme avec le Discours d’un Italien sur la poésie romantique, dans lequel il fait l’éloge de la nature, de l’imagination et de la substance de la beauté, pour cependant préférer radicalement celle des anciens et céder à la nostalgie de l’âge d’or des nymphes et du temps de Brutus dans ses Chants. Il fustige les modernes qui cherchent « le renom immortel que ceux-ci n’obtiendront jamais, qui échut aux artistes italiens, latins et grecs, mais n’appartiendra jamais aux romantiques, aux sentimentaux, aux orientaux, ni à aucun tenant de l’engeance moderne[10] ». Certes, l’on peut arguer de sa méconnaissance de nombreux poètes romantiques allemands et anglais… En septembre 1821, Leopardi notait : « Mon passage de l’érudition au beau, ne fut pas instantané, mais progressif ». De « la belle littérature » à « la philosophie[11] », il s’agit d’une transmutation de la connaissance en beauté philosophique, en une démarche résolument classique. Pourtant, le voici soudain romantique, lorsqu’il écrit son plus célèbre poème, « L’infini » : « Ainsi par cette / Immensité ma pensée s’engloutit : / Et dans ces eaux il m’est doux de sombrer.[12] » Alors, nous confie Citati, il est le « poète moderne, c’est-à-dire sentimental et mélancolique », confronté à « la dramatique contradiction entre la raison et la poésie ». Mais aussi au Massacre des illusions, pour reprendre un de ses titres.

 

 

 

       Ni flou, ni niaiserie dans l’analyse de Citati. C’est à propos de la Correspondance, en particulier avec Pietro Giordani, qu’il note : « il inventa une nouvelle langue du cœur. La fureur, le désespoir, l’amour, la tendresse, la noblesse et la grandeur du ton, la profondeur des passions, la concentration, le don pour l’aphorisme, la fluidité familière, les figures rhétoriques, les soudaines et suaves détentes, l’expression physique des sentiments, créent un texte qui n’a pas de précédent dans la littérature italienne, ou peut-être seulement dans les lettres du Tasse. » Celui qui « avait l’âme ouverte, mobile, chaude, vive », est sans conteste l’objet de l’amour-amitié de son biographe, attentif à son romantisme terriblement mélancolique autant qu’à son universalité.

        Tour à tour, Pietro Citati se fait critique biographique, lorsqu’il commente les passages autobiographiques du Zibaldone, transparents malgré « le « jeune homme sans nom » ; critique comparatiste lorsqu’il associe « Les Souvenances » à Proust ; critique thématique et poétique (même si parfois ses commentaires des poèmes, comme « Le passereau solitaire », confinent à la paraphrase) lorsqu’il s’intéresse aux éléments, par exemple au motif de cette lune qui, dans les vers du poète « comprend peut-être cette vie terrestre ». Cette vie trop tôt fauchée, à trente-neuf ans : « C’est là le sort du peuple des mortels ? / À peine parut le vrai / Que tu tombas, fragile[13] »…

 

         Prince des biographes, Pietro Citati ne se contente au grand jamais d’une sèche narration factuelle -où l’on se doute d’ailleurs que la traductrice a mis tout son soin. Plutôt qu’un homme dans son siècle, il nous ouvre « un système solaire de personnalités ». N’omettant pas de dire « je » en son essai, il fait de son lecteur un complice dans ce qui ressemble à une enquête sentimentale autant qu’intellectuelle, comme si Pietro Citati était un Sherlock Holmes de la biographie, mâtiné d’un poète de la sensibilité morale, sans oublier le commentateur érudit de l’oeuvre. Lit-on Leopardi en France ? Tellement peu… Il est pourtant, avec Dante et Pétrarque, considéré par les Italiens comme l’un parmi leur triumvirat de poètes incontournables. Il faut espérer que le volume, à la fois encyclopédique et si doué d’humanité, de Pietro Citati, puisse ouvrir la précieuse porte qui mène à la connaissance d’un immense lyrique, malgré la brièveté de ses vers, et d’un diariste, épistolier et essayiste aux monstrueux talents, déchiré entre une vie brève et maladive, entre un romantisme fiévreux et un classicisme intemporel.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[3] Giacomo Leopardi : Zibaldone, Allia, 2003, traduit par Bertrand Schefer, p 1377.

[4] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 536.

[5] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 1107.

[6] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 507.

[7] Giacomo Leopardi : Chants, traduits par Michel Orcel, Aubier, 1995, p 133.

[8] Giacomo Leopardi : Dix petites pièces philosophiques, traduit par Michel Orcel, Le Temps qu’il fait, 1985, p 105.

[9] Giacomo Leopardi : Dix petites pièces philosophiques, ibidem, p 53.

[10] Giacomo Leopardi : Discours d’un Italien sur la poésie romantique, Allia, 1995, p 138.

[11] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 816.

[12] Giacomo Leopardi : Chants, Ibidem, p 103.

[13] Giacomo Leopardi : « À Silvia », Chants, Ibidem, p 155.

 

Leopardi-Zibaldone.jpg

 

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 08:26

 

Villa d'Este, Tivoli, Latium. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Stefano Benni, conteur fantaisiste et grave :

 

De toutes les richesses, La Grammaire de Dieu.

 

 

 

 

Stefano Benni : De toutes les richesses, La Grammaire de Dieu,

traduits de l’italien par Marguerite Pozzoli,

Actes Sud, 2014, 288 p, 22 €, et 2009, 272 p, 21,80 €.

 

 

 

 

        Il est bien loin le temps où Dante connaissait toutes les richesses de la grammaire de Dieu… Aujourd’hui, les écrivains italiens ont plus de modestie, d’humour, sinon de déréliction, à moins de savoir écouter la sagesse animale. Ainsi Stefano Benni (né en 1947) est un fantaisiste grave. Si la jeunesse et l’amour sont chez lui De toutes les richesses, ils risquent fort de devoir être perdus. Il faut alors à son Martin une réelle dose de sagesse pour apprivoiser ce constat. Embrassant plusieurs registres, le roman amuse, émeut et pousse à la méditation sociologique et métaphysique, entre satire universitaire et animaux parlants, en un conte de fées moderne. Quand, en tentant de comprendre La grammaire de Dieu, les nouvelles rient jaune et gris.

 

       Martin, professeur fraîchement retraité, vient s’installer parmi toutes les richesses d'un village de montagne des Apennins, dans une maison isolée auprès des bois. D’abord enchanté par cette paix qui lui permet d’avancer « son livre sur la poésie ludique », il craint un peu la solitude. Jusqu’à ce qu’un jeune couple s’installe bruyamment dans la maison d’en face. L’une est une ex-danseuse, belle, émouvante, et que tente l’aventure du théâtre, du cinéma, tandis que l’autre est un homme querelleur, déjà aigri. Très vite la jeune femme vient chercher refuge, conseil, amitié, chez notre ermite qui se sent ému plus qu’il ne faudrait. Le lyrisme est discret. Peut-on raisonnablement être amoureux, à l’âge de la retraite, d’une blonde jeunette de trente ans ? Car elle devient une initiatrice : « Pouvait-elle être la beauté qui me contraindrait encore, avec stupeur, à regarder le grand tableau tourmenté du monde ? » On laissera le lecteur découvrir comment une fête de village haute en couleurs et peinte d’une plume incisive, mais non sans tendresse, permet à la jeune Michelle de briller avec le professeur fort rajeuni.

        Le récit psychologique et sentimental, dont le narrateur est peut-être un alter ego de son auteur, est loin d’être la seule facette de ce texte. Spécialiste d’un poète « naïf », dit « L’Enchaîné », mort un peu fou, parmi une maison ruinée des alentours, notre professeur se heurte à la cohorte des universitaires concurrents et envieux. Alors que ses recherches, et la rencontre d’une étrange folle, lui permettent de construire une autre hypothèse sur le décès du disparu, cette fois criminelle, de retrouver un dessin inestimable qu’il offrira. Finalement sage, il saura refuser les sirènes de l’argent et de la fausse gloire en rejetant la proposition de Remorus qui se veut éditeur opportuniste. La satire du milieu intellectuel et du commerce de l’art n’est pas alors dépourvue de férocité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Le fantastique est sans lourdeur. De manière récurrente, Martin entretient des conversations avec son chien Umbra, avec une renarde, un blaireau, une chouette, souvent plus sages que lui, une chèvre qui connait Poe, Lolita et Borges. L’humour est alors le filigrane de la gravité, grâce à la prosopopée[1], cette figure de rhétorique qui fait parler les absents, les morts les animaux : un serpent d’Eden lui annonce que sa « tête est la raison, le cogito, avec les dents aigues de l’argumentation philosophique », ce pour lui demander avec ironie s’il « veut s’accoupler ».

         Indubitablement, Stefano Benni est doué du sens du portrait. Il faut lire comment il déchire de sa tendre dent le galeriste Aldo, qu’il appelle « le Torve », contempteur de tout ce qui n’est pas lui, reprochant ses échecs à l’époque, aux autres, paraissant mépriser l’argent, mais cupide, et mauvais peintre. Pourtant, sans manichéisme, notre auteur sait lui faire confesser son emprunt indu d’une œuvre d’autrui, ses rageuses veuleries.

        C’est un rare et fragile roman poétique, mais aussi un conte philosophique, dont il faut avec soin goûter les sensations, suggestions et sagesses. Même si les poèmes, intercalés en ouverture de chacun des dix-huit chapitres, ont du mal à nous convaincre, quand la prose de Stefano Benni se suffit à elle-même. Car elle sait nous enchanter de la jeunesse trop vite passée du protagoniste, de son ermitage troublé, comme ce souffle trop rapide de l’amour charmeur et charmé, chaste et cependant bien vivant.

 

Benni Ricchezze

 

 

Sous-titré « Histoires de solitude et d'allégresse », ce recueil qui se donne avec autodérision pour La Grammaire de Dieu, rassemble vingt-cinq récits tristement marrants, où les situations d'incommunicabilité burlesques et pathétiques dévorent le quotidien et la vie de nombreux personnages : nous tous en fait.

Monsieur Remo et son chien Boom ne peuvent se passer l'un de l'autre. Lui voudrait se débarrasser de cette affection collante, l'autre le suit jusque dans l'assomption du suicide. Un pauvre type achète quatre portables pour se téléphoner à lui-même et en mettre plein la vue, avant de se faire bientôt appeler « le masturbateur téléphonique ». Hélas, il ne peut payer ses factures astronomiques... Alice a beau s'imaginer au pays des merveilles, elle reste une gamine sans domicile fixe, bousculée par la terreur des rues et des drogués, par l'accueil rogue des employés de la bibliothèque publique, par les dragueurs... On rencontre un riche vieillard nostalgique dont «  les épines ont une fleur », une « crèche vivante » pleine d'humour et d'ironie...

Autour et au-dessus de nous, « La grammaire de Dieu » voit ses signes drôlement distribués : elle est incompréhensible pour le quidam. En effet, même si certaines histoires sont moins nécessaires, la plupart dépassent le simple divertissement : leur solitude, quoique souvent triviale, a quelque chose de pascalien. Derrière ces hommes et ces femmes que la vie oublie de transmuer en gagnants ou en héros, malgré leurs joies et leur carpe diem, le vide métaphysique se profile et les avale sans qu'il n'en reste rien, sinon la chair émouvante de ces fictions, comme en témoignent l'histoire du « flammercock » qui voit s'éteindre les cheminées, et la dernière, avec la Mort…

 

Entre roman de société et intrusion du merveilleux, entre désarroi quotidien et vide métaphysique, il faut saluer cette réussite incontestable du réalisme magique. S'il fallait pour Benni chercher des filiations, quoique son don de fantaisie soit unique, on pourrait penser à Buzzati pour le sens de l'absurde, des retournements de situations et des chutes surprenants, mais aussi à Calvino pour l'étrangeté fantastique.

 

 

 

Thierry Guinhut

À partir d'articles parus dans Le Matricule des anges, avril 2009 et juillet-août 2014

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Voir : Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

Miniature médiévale, marginalia.

 

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 15:31

 

Villa d'Este, Tivoli, Latium. Photo : T. Guinhut. 

 

 

 

 

 

 

 

Lampedusa : Le Professeur et la sirène,

 

nouvelles charnelles et spirituelles.

 

 

 

Guiuseppe Tomasi di Lampedusa : Le Professeur et la sirène,

traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro, Seuil, 192 p, 18 €.

 

 

 

 

 

        Le succès affolant du Guépard, de plus magnifié par le film de Luchino Visconti, cache dans son ombre un récit lumineux et aquatique : « Le professeur et la sirène », qui est l’un des quatre joyaux de ce recueil, initialement paru en 1961. Parmi ses « Souvenirs d’enfance » qui constituent le premier volet de ce retable, c’est une série d’impressions visuelles venues des vastes demeures de la noblesse sicilienne, ranimées par les fragments autobiographiques. Mais aussi, dans « Les chatons aveugles », un cadastre « coloré de jaune » à mesure des achats, « un château de mensonges […] entièrement fait de cuisses de femmes ». Ce qui reste dans le registre profondément érotique de la meilleure page de ce quatuor de nouvelles…

 

       A partir d’une confrontation réaliste dans un café -« une sorte d’Hadès peuplé d’ombres exsangues »- s’ouvre un récit emboité. La confession du vieux professeur à son jeune camarade déplie une histoire fantastique d’un postromantisme échevelé. Car lorsque le narrateur, alors étudiant, se retire près d’une mer Méditerranée solaire, la troublante apparition d’une voluptueuse, à la fois apollinienne et dionysiaque, sirène l’enchante : « Sous l’aine, sous les fesses, son corps était celui d’un poisson, revêtu d’écailles nacrées et bleutées très menues, et finissait en une queue fourchue ». Nommée Lighea, « fille de Calliope » (qui est la Muse de la poésie épique), elle parle en grec ancien : « sa parole avait une immédiateté puissante que je n’ai retrouvée que chez quelques grands poètes ». La rencontre est le prélude d’une amoureuse parenthèse aux vies trop sordides : « dans ces étreintes, je jouissais à la fois de la plus haute forme de volupté spirituelle et de l’autre forme, élémentaire, privée de toute résonnance sociale, que nos bergers solitaires éprouvent quand sur les montagnes ils s’unissent à leurs chèvres ».

 

Catalogue de sirènes, 1814.

 

      Comme en un fantasme qui devient immanquablement le nôtre, il faut se plonger en la fulgurance de cette prose éclaboussée d’éros, de beauté et d’émotion pour découvrir enfin comment le professeur rejoindra sa nostalgie infinie. N’a-t-il pas évolué à la trouble lisière de la zoophilie et du platonisme, dans le cadre d’un paganisme librement assumé et « des plans bestial et surhumain » ? En effet, « c’était un animal mais c’était aussi, en même temps une Immortelle ». Construit autour d’un oxymore entre animalité et spiritualité,  et autour d’une antithèse entre les deux hommes -narrateur et auditeur-, entre une ville froide du nord italien et les abords méditerranéens de l’Etna, ce récit est également une profession de foi esthétique nietzschéenne, à laquelle cette nouvelle traduction rend splendidement justice. Non sans compter qu’il y a là une dimension féministe évidente : c’est l’éternellement jeune sirène qui prend en main la séduction libertine et réalise l’osmose des plans charnels et spirituels, qui appelle le jeune homme,  quoique devenu vieillard. Pour quel naufrage morbide, pour quelle éternité de bonheur ? Peut-être vaut-il mieux penser que le nouvelliste nous propose un heureux contre-modèle aux traitresses sirènes homériques…

 

     Noble sicilien, d’une antique famille peu à peu déclassée, Guiuseppe Tomasi di Lampedusa (1896-1957), était toujours un peu ailleurs : dans son enfance somptueuse, dans le passé mythique en décomposition du Guépard, dans un en-deçà ou un au-delà merveilleux où vivent et aiment les sirènes. À la hauteur des plus belles nouvelles de Théophile Gautier et d’Henry James, seule son écriture, produite lors de ses deux dernières années, à la lisière du testamentaire et du fantasmatique, a pour nous rédimé les temps disparus et les rêves impossibles.

 

Thierry Guinhut

Article -ici augmenté- publié dans Le Matricule des anges, juillet-août 2014

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

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Published by Thierry Guinhut - dans Critiques littéraires Italie
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I Une année sabbatique

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Le Passage du Haut-Aragon

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Le Pogge : Facéties et satires morales

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Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

James

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Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

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Murakami Ryû : Chansons populaires

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Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

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Kiyoko Murata : Fille de joie

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Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

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Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Magris

Secrets, Enquête sur un sabre

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. Wagner : En-vie, Maï : Divino sacrum, Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

1969, Les Bébés de la consigne automatique, Chansons populaires de l'ère Showa

Murakami bébés

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Bonheurs et trahisons du Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900-conclusions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

Robert Marteau : Ecritures, le sonnet quotidien

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz

 

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

 

 

 

 

 

 

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnets autobiographiques

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Voltaire Jean Huber Le lever de Voltaire

 

Vote

De la révocation du droit de vote

De l’humiliation électorale

De l’alternance en Démocratie Animale

Front Socialiste National et antilibéralisme

allegorie du bon gouvernement

 

Wagner

Tristan und Isolde

Céline et Wagner : l'indignité du génie ?

Wagner Isolde by Aubrey Beardsley. Illustration in Pan, Ber

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux le voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

Wordsworth.jpg

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

Zimler 1

 

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