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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 19:51

 

Vignes de La Couarde, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Une route des vins de Blaye au Médoc

 

La République des rêves I

 

 

 

      Sortant de l'autoroute, depuis le nord et le bruit de fond d'un narrateur qui invente et pille, l'ellipse du pare-brise dispose l'Aquitaine sous le soleil et les cumulus blanc-bleus comme du haut d'un changeant concept. Dès après le péage, Camille entre parmi les vignes du rendez-vous de Blaye, où l’attendent un hôte presque inconnu, de mystérieux invités aux noms affriolants. Sur les pavés d'un village aux crépis clairs, le petit éros de verre suspendu au rétroviseur se met  à vibrer, à chanter...

Une cloche aigrelette résonne dans l'entrée aux abeilles écrasées de l'épicerie-café-tabac. Allegro, Camille emplit son baquet de bois libre-service d'un tumulte de rillettes et pamplemousses, pain de campagne et saucisson sec, couronnant l'édifice d’un fromage de chèvre oblong et blanc sur sa feuille de châtaigner. Histoire de parachever le diététique chaos, il entrechoque les Martini, les litres à étoiles et les limonades à la recherche du nectar attendu… Et c'est d'une main triomphale qu'il pose le « Vitaboir » de la coopérative de Saint-Sulpice-de-Royan sur le comptoir taché d’antédiluviennes tempêtes de goulots.

Il lui suffit d'un trash-métal rock and roll d'autoradio, puis d'un cristallin madrigal de Monteverdi sur disque miroitant arc en ciel, pour entrer dans la ville et la citadelle de Blaye.

-C’est notre jeune homme ! Qui commence avec nous une randonnée oenologique et pédagogique, et qui entre en paradis bachique… s'écrie Robert dans un grand coup de poumon, riant, un bras tendu au travers de la vitre ouverte, l'autre envolé dans l'espace comme sur une scène d'opéra, avant que Camille puisse songer à descendre. Juché sur le capot, Robert entame, un verre encore vide à la main, et boucle un tour d'honneur de la Place d'Armes, déserte et rudement ventée par l'ouest. Ils se garent le long de la Gironde en contrebas, fléchée d'îles bistres, d'ombres mobiles.

On s'embrasse, on se tape sur l'épaule. Réjane anime d'yeux pétillants et de sourires ses rides légères, et prend, maternelle soudain, dans ses bras Camille qu'elle n’a pourtant jamais vu. Elle le noie sous un bavardage exalté, indistinct, puis s’apaise :

-Voici Flore Hellens, n'est-ce pas qu'elle est mignonne... Une vraie jeune femme de haute couture et toute simple avec ça. Et docteur en gynécologie...

-Pas encore docteur, non... rit-elle, confuse…

-Alors, Camille, apostrophe Robert, es-tu disposé à changer le verre de ton appareil-photo pour celui de la dégustation? Changer le visible pour le gustatif ? Et nager à pleines brasses dans un fleuve de papilles vineuses…­ Parlant, il anime la confortable corpulance de sa cinquantaine avec une joyeuse truculence des mouvements…

-Et voici Léo Morillon, docteur en philosophie! Qui vient troquer l'esprit contre les sens…

-Momentanément, seulement momentanément, corrige-t-il, serrant la main de Camille et calant de l'autre main son chapeau jaune citron contre le vent. Il semble crispé, quoique attentif, le regard tranchant dans un faciès ingrat aux lèvres brusquement sensuelles.

-Camille est photographe, lui précise Robert. Il a fait d’étonnantes photos dans le dernier numéro de Gironde Magazine

-Mais docte en rien, s'excuse-t-il... Qu'est-ce que je viens faire parmi tous ces doctes en gynécologie, philosophie et oenologie?

-Oh, répond Réjane, je ne suis docteur qu'en panier-repas et gourmandises, ne t'inquiète pas...

On sort les sièges dépliants. On amarre la table de camping avec des tendeurs aux poignées des portières, aux rétroviseurs. On déballe les victuailles sur les pavés et dans des assiettes en terre. Camille stabilise avec son corps calé dans une veste de cuir le siège le plus exposé aux bourrasques, ses cheveux trop longs voletant autour de son visage aux maxillaires solides, regard doux cependant quand il se pose étonné sur Flore. Elle noue avec dextérité ses cheveux dans un grand foulard vert tendre accordé à ses yeux.

En guise d'ouverture, Robert offre un verre d'une eau apparemment innocente:

-Ce fleuve double, cet estuaire Gironde qui, dit-il, crée, baigne et mire les vins du Bordelais, vous offre son eau de baptême...

Les convives, l'esprit pas encore aussi enjoué que la pigmentation rubiconde des joues de Robert, élèvent leur verre à moutarde auprès de leurs lèvres cérémonieusement avancées et pincées formant gouttière pour l'absorption du généreux et limoneux liquide. Réjane lui trouve « un goût de joncs et de plantes, pour tout dire de soupe aux mauvaises herbes », pendant que Flore va jusqu'à le qualifier de « putride »:

-C'est toujours comme ça que j'ai imaginé le goût des grenouilles vivantes, au ruisseau de la ferme de ma nourrice, en Charente.

Et Camille de s'esclaffer devant ce psychanalytique introït à une initiation aux grands vins... Tandis que Léo, soupçonnant de trop humaines pollutions, reste muet, ne bougonnant qu’un instant contre cette « eau corrompue qu’on le force à avaler».

On passe au repas, étalé à la va comme je te pousse, boites de conserves diverses, casse-croûtes et en-cas vite faits, collations et libations, câpres et oignons blancs sortis par surprise au milieu des rillettes graissées sur la tartine ou cueillies à la pointe du couteau... Robert extrait d'un torchon vichy bleu et blanc, comme s'il décolletait une matrone gasconne, un bocal au contenu brunâtre et ivoire, « un pâté de pays », clame-t-il dans les sautes d’humeur du vent. Réjane, son épouse, emplumée de cheveux fous, tire sur le rose caoutchouc et libère un fumet moelleux et corsé, emporté par bouffées, de gibier, dirait-on... Est-ce lièvre ou sanglier, chevreuil ou faisan? Robert, un tantinet mystérieux, aiguillonné par la bouteille déjà vidée de Léo, un Côte de Blaye particulièrement anonyme dont les palais encore inexpert de nos voyageurs se trouvent pourtant assez bien, se lance dans une joviale péroraison:

-Mis à part sel, poivre, épices et porc dont ne peuvent se passer ces gibiers d'eaux (et les autres de penser canards, bécasses et sarcelles...) ceci est chair jeune, quoique légèrement faisandée, d'animaux fabuleux, nageurs et à fourrure, natifs du Marais poitevin. J'ai nommé: le ragondin!

Flore a peine à dominer un mouvement de dégoût, Réjane rit et se pourlèche, Camille décèle dans le dé de chair fraîche sur sa langue un goût de lapin magique, de lièvre de mars, avec un final de bête chaude et sauvage. Tandis que Léo, docte, quoique la diction déjà pâteuse sous le soleil tonitruant du vino tinto de Rioja apporté par Flore, déclare:

-La nature particulière de chacun des produits nécessaires à la composition des mets n'est que support et préalable à l'essence du goût qui seule importe.

Réjane parait confire en ravissement, souriant béatement son admiration de disciple suspendu, telle une salive lumineuse, aux lèvres de son maître de thèse...

-Et que sais-tu de l'essence du goût de vivre? lui demande soudain Camille.

-Vivre est l'imparfaite réalisation de l'idée, l'ombre de la caverne, répond du tac au tac Léo. Vivre déconstruit l’idée et ne nous en laisse que le déchet…

-Vivre ne naît-il pas des sens, comme le goût de ce pâté?

D'un seul dédain de sourcil, Léo parait écarter Camille et plonge son regard fixe dans le tangage de son verre qu'on remplit encore...

On livre à l'appétit des mangeurs une avalanche de tranches de rôti froid et les cubes ambrés d'une gelée tremblotante sur un lit de laitues artistement dévastées. Le Chianti de Réjane, dont le bouchon a cédé sous les triturations saccageuses du couteau de Léo, inonde en claires rasades  les mains sinon les verres des buveurs.

Suit un défilé de fromages sur le bistre des feuilles de vigne, des desserts de pêches, de noix et de gâteaux secs... Robert caresse de la paume le cep d'un tire-bouchon enspiralé dans le goulot d'un Coteau du Layon violemment jaune et sucré. Camille frappe énergiquement du talon de sa chaussure le fond de son Vitaboir pour l'expulsion du liège. Flore et Réjane picorent et pétillent, parfumant le corail humide de leur orifice buccal, heureusement soutenues par l’intense effort masculin pour décerner enfin, d’une langue, qui brumeuse, qui solide, qui nuageuse comme à la veille de l'orage, ou emportée en auto-tamponneuse secouée de rires brinquebalants, la palme vineuse, vinasse et vinaigre au Vitaboir.

Ce sont trois voitures, pare-chocs contre pare-chocs, dans la nuit et dans la direction d'un hôtel à Saint-Emilion. Parfois, un klaxon tapoté précède de peu l'ouverture d'une portière: éclair lent et filiforme d'une urine couleur clarté de lune. Ou, entre deux hoquets vomisseux et filés, la voix, à peine reconnaissable, sinueuse et molle, de Léo:

-J'ai bu comme un chien, j'ai bu sans esprit; initie moi, Robert, initie nous...

La tête restée froide, et néanmoins ne tenant plus sa queue de chemise de rire, Robert promet, lui claquant paternellement la faible omoplate, pendant que Réjane, sérieuse et attentionnée, lui soutient le front qu’il a lourd, plombé, démesuré, grumeleux…

-Voilà donc, exulte alors Robert, ce grand philosophe, ami des puissants... Connaissez vous son oeuvre, dont cette Actualité politique du platonisme? Dans laquelle l'espérance marxiste lui fait adapter la théorie du roi philosophe à l'état socialiste. Voyez le cracher par la tripaille son irréaliste philosophie! Sentez le expulser par ses aigres dégueulis toutes les ciguës rougeâtres de sa doctrine totalitaire !

Etonnés, interdits, les autres paraissent n'oser ni pouvoir soutenir un défi que Léo n'a visiblement plus les moyens de relever...

Ils se réveillent dans une chambre que, pour quelques uns, ils ne reconnais­sent qu'à demi, ou pas du tout. Camille sait qu'il a rêvé de Flore, mobile, grands cheveux souples, nez mutin, bouche calme et sensible, hésitante quand elle le regarde, sans qu'il puisse se rappeler une scène encore ou jamais.

Dehors, le soleil frappe par endroits des vignobles rangés en fragments de géométries proprettes sur des collines miniatures et aquarellées de verts... La face et le corps radoubés par force ablutions, dentifrices, cafés et beurrées, ils flânent un moment sur les rempart et dans les ruelles.        

On parle peu. Léo remâche son intempérance de la veille. Il jure de goûter seulement, d'étudier pour quitter, dit-il, l'état de novice et accéder en trois jours de vinomachie à une maîtrise. On le raille amicalement qu'il lui faudra plus de temps. Robert et Réjane semblent faire la promenade tranquille de leur jardin matinal, humant l'air, les vignes et les pierres...

Flore est en jean bleu clair et chemisier de coton blanc brodé de motifs floraux colorés. Avec les cheveux relevés, son visage parait plus plein, son châtain plus clair. Sous les pommettes hautes, le sourire grand ouvert sur la fraîcheur des dents très blanches en réponse au bonjour. La clarté du regard va droit soudain à l'émotion de Camille très calme. Comme si elle était un de ces rares corps et visages auxquels on parle sans phrases toutes faites pour circonstances connues, auxquels on dit le sens de soi en confiance... Elle termine ses études de gynécologie à Bordeaux et s'intéresse au parfum des plantes et des vins… Il est ici pour revenir savoir photographier les vignobles bordelais à l'instigation de Robert... Au dessus du paysage, elle semble avoir frais. Il lui offre sa veste de cuir doublé qu'elle accep­te. Elle est grande également.

Nos commensaux n’ont pas longtemps à tenir conseil au pied du centenaire acacia de la place pour déterminer l'itinéraire du jour sous la direction sacerdotale de Robert…

Caves du Château Ausone; ils longent, la silhouette humble et le palais chatouillé par le pétillement pré-gustatif, l’infinie théorie des bouteilles vénérables et encapuchonnées de leurs étoles de grasse poussière. Dans le chai, sur une barrique debout, le maître a disposé cinq verres où le liquide tourne et s'apaise, rougeoiement imprécisé dans la pénombre d'une allée de fûts. Ils boivent à petits coups, lapements, claquements de lèvres brefs et discrets, silence général. Robert semble chuchoter quelques  instants avec le maître de chai. Il s’attarde à élever dans un rai de lumière son verre et laisse glisser longuement quelques centilitres autour de sa langue rose et glougloutante pour les cracher enfin dans le sable noir. Il conclut ses gestes réglés par quelques notes sur un carnet couvert, comme de juste, de liège.

Dehors, Flore se hasarde à trouver ce vin « un peu dru encore », tandis que Léo n'hésite pas à se déclarer « carrément déçu ». Avec un sourire fin, Réjane avance: « prometteur! » Camille a un regard interrogateur à l'adresse de Robert qui avance distraitement:

-Très honorable. Mais ne sera probable­ment pas aussi plein que le fameux 76 au nez de griotte. D'ailleurs, ce 84 dernier né n'est à boire que dans neuf ou dix ans...

-Mais tu nous a floué, s'écrie Léo, tu nous a humecté avec un jus vert après nous avoir promis le grand Ausone!

-Comme quoi, répond Robert, vous n'êtes pas encore capable d'apprécier un vin, ni au présent, ni par anticipation.

-Apprécier ainsi, c'est pourtant le but de la philosophie...

-Alors à quoi sert ta philosophie? lui demande tout à trac Réjane.

-Parce qu'ici n'est pas l'idée. Seules sont là les langues, leurs déchets, leurs structures psychologiques et économiques, leurs effets de pouvoir et de soumission. Le philosophe se partage entre les desseins de l'idée qu'il projette sur l'humanité qui veut l'entendre et l'examen du chaos où nous sommes. Nous sommes des fictions sociales, marchandes et culturelles. Nous sommes des biologies avec des comportements et des images. Philosopher, c'est briser ces coquilles pour en examiner les débris et trouver l’oeuf originel de l'idée d'où sortira enfin la ville de l'égal bonheur pour tous, la pure urba socialiste...

-Ouh la la... soupire Réjane. J'en reste pantois. Chut, Robert! Et toi Léo... N'oubliez pas que vous aviez promis de ne pas parler politique. Partons!

Au château Cheval Blanc proche, ils goûtent le tiers de deux verres, non sans cracher dans un fond de barrique de sable, se roulent et se pourlèchent le liquide jusqu'au flanc des gencives secouées par les tanins. Deux années primeurs loin d'avoir atteint le plein de leur maturité et dont Robert préjuge pourtant la future opulence. Camille parvient à chercher, humer, percevoir des différences, celui là plus coloré dans l'arrière-bouche, cet autre plus vigoureux sur les dents, ce à quoi Léo ne consent qu'avec les plus grandes réticences.

Puis, sous la houlette de Robert, par Libourne, Faubourg de Cenon, pont de Pierre de Bordeaux, Place des Quinconces, ils garent les voitures sous l'un des panonceaux du parking: « Médoc ». Ils se retrouvent sous les naseaux de bronze des chevaux girondins, déballant des pains de poissons et de crustacés.  Un vaste navire de légumes verts, de sole et de saumon, est fendu en parts égales sous le couteau de Flore et sous le regard tant maternel que professionnel de Réjane. L'autre, de carottes, merlu et langoustines, est bientôt tranché dans le sens de la perspective de la place et sous les verres à dégustation que distribue Robert, dans lesquels aussitôt s'enfle en virevoltant le volume clair du Carbonnieux blanc.

-Nous voici communiant sous les auspices simples du pain et du vin, annonce Robert, décidément prolixe en rhétorique religieuse.

-Cérémonie dans laquelle le vin rehausse et relève le met, enchaîne Réjane, interrompue par la langue gouailleuse et furibonde de son époux:

-Foutaises! Ce conglomérat poissonneux, si spermatique et rosacé qu'il soit, n'est qu'un marchepied pour la gloire de ce Carbonnieux 1969, un rien nerveux, stimulant en fruit, et presque matinal avec sa pointe de fraîche acidité!

Non sans les regards étonnés et respectueux des passants devant ce qui n'est visiblement pas un en-cas de clochards ou de chômeurs exclus des richesses de Bordeaux la belle urbaine, sauf un furtif dégingandé en noir qui picore un reste d’amuse gueule en enregistrant d’un œil les faciès des convives -quoique Camille ne le remarque pas, hypnotisé par la délicatesse du port de tête et de poitrine de Flore, probablement vierge de soutien-gorge- le déjeuner s'achève presque à l'heure du goûter... Ils s'égaillent dans la ville. Robert et Réjane vont accorder une sourcilleuse attention aux cartes des restaurants et discuter de mystérieux bouts de gras avec des sommités de la Maison du Vin, tout près du Grand Théâtre. Léo campe en territoire conquis dans la vinothèque théorique de la librairie Mollat. Flore parcourt en gourmet de la mode les boutiques Kenzo, Stéphane Kélian et Anastasia. Camille enlace Bordeaux de pérégrinations architecturales, activités ponctuées pour eux tous des eaux minérales des terrasses de café en cette chaude après-midi.

Ils se retrouvent dans un salon feutré pour d'apéritifs bavardages autour de la presque invisible, effilée bouteille de La Salvevert, fleuron de l'Aquitaine des Eaux...

-Pour que cette petite attente soit le signe de la sobriété générale de notre tournée des grands crus, pontifie Robert. A laquelle contribuent tous les sens: la vue pour la couleur, le dépôt, les larmes le long des parois du verre... Le toucher pour sa rondeur et sa température, sinon les moisissures de l'étiquette et le grain du bouchon... L'odorat, capital pour le nez du  vin. Et à tout seigneur tout honneur, le goût!

-N'oublie pas, intervient Léo, l'esprit qui s'installe dans les sens pour les extraire de leur animalité et les amener à parfaite évaluation.

-Ou ce sont les sens qui s'organisent en esprit, hasarde Camille...

-Non! Qui sommes nous sinon l'esprit? N'est-ce pas? Toi, par exemple, Flore­, qui es tu? N'est tu pas l'esprit avec des manifestation de beau corps et de beau visage? L'esprit avec des manifestations de femme?

-Moi? Je sens un peu de ma part animale. de ma part féline. Je sais un peu de mon histoire... Au-delà, est-ce que je sais ? Je suis celle qui peut interroger. C'est tout. Si c'est ce que tu appelles l'esprit. Celle qui veut apprendre à goûter, à aimer.

-Non. Je suis quelque chose qui sait. Et qui veut savoir plus. Et toi, Camille, quand tu photographies, tu peux voir de l'esprit, ou seulement des sens? Une photo ne  reste-t-elle que le reflet mécanique et esthétique de ce qu'on verrait avec l'objet réel ? La plupart des photos n’ont rien de recomposé par l'esprit, au contraire de l'art du Titien.

-Jusque là. oui, j’ai fait ce genre de photo. Du touristique. Mais je soupçonne que c’est un peu des deux, non ? Comme les mots, les images peuvent entrer dans les choses... Composer avec le réel... Pour je sais pas quoi encore. Une disposition dansée des éléments et des formes qui serait comme le goût d'un grand Bordeaux sur la langue du Titien...

-Oui, revenons à nos papilles! s'insurge Réjane...

-N'allez surtout pas vous fatiguer trop la bouche! Repos, messieurs les philosophes! De plus sûrs usages de la langue vous attendent. Allons! Entonne Robert, en extrayant sa corporelle abondance du craquant fauteuil d'osier.

Au restaurant « La Côte de Bœuf », leur appétence vespérale est éveillée par des vins riches et chaleureux. Les brochettes bovines grésillent encore sur l'assiette, lorsque l'impatience de Léo est fustigée par une blessure, heureusement superficielle, sur la pointe de la langue; ce que Robert ne manque pas de regretter quand à l'intégrité de ses précieuses cellules gustatives... Deux vins reposent leurs fumets dans des carafes aux transparences et reflets anonymes en dépit des nuances voisines du pourpre et du vermillon. Le maître es oenologie, comme l'appelle à l'instant Flore, annonce « Clerc-Milon 1975 et 1977 » et lève cérémonieusement le coude au dessus des vapeurs carnées. Un frémissement de plaisir lingual et palatal parcourt la tablée: gargouillements et borborygmes intimes, mastications liquides et ballonnements de joues, déglutitions précautionneuses ou voraces, toutes mimiques dénonçant de secrètes satisfactions stomacales et extases spirituelles, va et vient et comparaisons incessantes entre les deux verres mis à la disposition de chaque impétrant, bouchées alternées de bœuf, poivron, oignon et pain, arômes, emprises sur le grenu de la langue et dans l’entier de la rouge caverne buccale... Robert et Réjane paraissent s'élever dans le plus vigoureux bonheur vineux. « Avec le silence de ceux qui savent », murmure Flore, un léger feu au tempes. Camille et Léo se mettent d'accord, après maintes hésitations, goûteries et circonlocutions, sur la jupe liquoreuse, la touche de cassis qui imprègne le 75. Les deux quinquagénaires appuient cette remarque d'une muette et sereine approbation. « Avec la bienveillance du maître envers l'élève prometteur », ronronne Flore, une goutte pimpante et carmin sur l'extrémité supérieure de la lèvre.

En attendant le dessert, Léo se gausse des vinasses vidées à la va-vite par les autres clients. Robert se lance dans des prosopopées sur les cépages, les vendanges et la vinification… Flore imagine Camille en Bacchus à-demi nu, l'entrecuisse garnie de grappes colorées et prêtes à éclater... C'est enfin à Réjane d'annoncer ce qui fait enfin office de boisson autant que de dessert, celui qui évince tout repas: « un Pétrus 1975, par lequel, sur l'étiquette, Saint-Pierre n'hésite pas à vous livrer les clefs du paradis ». Un murmure d'ordre évidemment religieux parcourt la tablée... De nouveaux verres à dégustation sont amenés, dûment inspectés par l'œil soupçonneux de Robert. Le Pétrus, décanté trois heures durant, peut faire son apparition. Une magnanime jouissance arrondit les joues du maître lorsqu'il verse une fluide abondance de grenats et rubis dans la panse cristalline des verres étincelants. Nos cinq commensaux élèvent ensemble une robe profonde à la rencontre d'une lumière qui joue framboise écrasée sur du velours. Bientôt, les sens deviennent liquide, la chair et l'esprit se font bouquet, élégance et ravissement. On reconnaît l'évidence de l'onctuosité du Pétrus, de sa puissance, de sa longueur en bouche... Tous, enfin comblés, ressentent ce moment comme « le nécessaire point culminant de la journée, l'accession à un palier supérieur de la connaissance!.. » C'est Léo, pontifiant comme en rêve.

Qui, dans le sommeil réparateur de la nuit d'un hôtel bordelais, puise l'exacte inconscience et innocence du repos ;qui voit briller en tournant une théorie de carafes aux nuances de l'arc-en ciel ; qui se déplace de châteaux et châ­teaux semblant d'énormes appareils gustatifs ambulants ; qui épingle sur le revers de sa veste les médailles et les insignes les plus flatteurs des ordres vineux...Et qui rêve, au petit matin, avant même le café-croissant, pain et rillettes, de goûter au suc sexuel d'une douce compagne...

 

 

Tels des pèlerins avant longtemps marché pour aborder l'âge des plus hautes sapiences, nos cinq curistes peuvent sereinement aborder, conjointement à la montée et à l'éclat du soleil sur le doré des vignes, la sphère ou la constellation, selon les images chères à Léo et à Camille, des grands crus. Le maître de chai les accueille en personne sur les graves garonneuses de Haut-Brion et les introduit aux mystères d'un tannin qui se fond peu à peu en souplesse et suavité. Après une longue et buccale méditation, Robert annonce:

-Belle couleur rouge foncé et reflets grenats, dominante boisée parfaitement fondue, petite touche de vanille, myrtille et sous-bois, ampleur de goût sur fond d'odeur de cèdre, rondeur de bouffée de soie, quelque chose de la truffe et de la violette, bouquet profond et racé en bouche; voici un Haut-Brion 1978!

Un silence respectueux s'apaise parmi l'ombre aux fûts de chêne…

-Ah, jubile encore Robert, ce banquet de la vie, ce plaisir des sens, ça a du sens, non?

-Non, seule la connaissance, l'idée, leur réhabilitation, ont l'éternité du sens, pique en réponse Léo à ce qui lui était visiblement adressé.

-Allons vous deux, s'amuse Camille, quelque chose des deux ensemble plutôt... Ce goût! Ca vous revigore... Comme si j'avais un être en plus!

-Quel sorte d'être, beau Camille? lui demande aussitôt Léo.

-Il me semble que je deviens un peu plus vivant...

-Un peu plus pensant, tu veux dire...

-Oui, mais pas seulement. Une perception plus fine et plus ouverte sur le monde. Voir et sentir sont aussi des pensées.

-Non, percevoir n'est pas penser. Penser, c'est définir et hiérarchiser. Par le langage. Je ne suis ici que pour dominer la nature, que pour comprendre l'esprit et la hiérarchie des grands vins, donc de la nature toute entière. Dominer les sens. Et, comme dans tout concept, qu'il s'agisse de l'être ou de l'état, reconnaître le vrai, le bon, le bien. Trouver l’In vino veritas par l'exercice de l’intellect. Je veux un itinéraire logique. Pas toi, Camille?

-Une promenade de goût et de connaissance, sans à-priori. Une couleur de sentir et de vivre à acquérir. . .

-Et qu'en pense la délicate Flore? Me regardera-t-elle?

-Trop de mots, messieurs... Pardon, Professeur Léo. Mais je penche plutôt pour Camille.

-Je vis pour penser, reprend Léo. Pour retrouver la pensée perdue qui nous sait. Pour penser et restaurer la perfection humaine et politique. Et vous ? Pourquoi vivez vous? Quel est votre but?

-L'argent, la gloire et les femmes! Qu'y a-t-il d'autre? répond en riant Camille.

-Ça peut pas être vrai… s'étouffe Léo.

-C'est toujours un peu vrai. Toi tu te donnes de la gloire intérieure et tu attends de la gloire extérieure. Allons, j'ajuste mon propos... Je vis, si tu veux, pour toucher en sensations et connaissances le monde qui tourne autour de moi à toutes sortes de vitesses et de calme. Un monde qui n’a jamais été parfait, sinon dans le mythe. En fait, je vis surtout parce que je suis né. Parce que je suis là. Je veux vivre, voir comment vivre et voir comment vous vivez. Et toi, Robert?

-Bah, profiter tranquillement et avec un peu de ruse du meilleur qui m'entoure me suffit... Je ne suis ni un philosophe, ni un politique, ni un guerrier pour répondre... Réponds toi aussi Flore...

-Je n'ai pas de réponse. Il y a des femmes qui vivent pour faire des enfants. Moi je vis avant de mourir. Et je ne laisserais pas ma place de vie, conclue-t-elle en appuyant ses yeux très verts dans ceux de Camille troublé.

-Et Réjane? demande Léo.

-Une mouche... Elle nage et se débat dans le vin... Donnez moi, un couteau, une cuillère...

Léo rit avec les autres...

-Allons Léo, ce n'est qu'un moment de vacances un peu studieuses. Un petit prélude, si tu veux. Ce n'est pas tout à fait sérieux. On ne va tout de même pas connaître le monde tout entier avec ça…

-Pourquoi pas? C'est ce que nous voulons, non? A moins d'être un paresseux ou un imbécile. Connaître le monde. Franchir l'épreuve et toucher le but. Les causes et l'origine. Les effets et l'essence. Par la raison. Passer outre aux illusions des sens, aux imperfections des hommes et des sociétés. Nous sommes dans une cave, ne l'oubliez pas. Que faites vous de voir et d'être le vrai jour au-delà?

-Léo, reste avec nous, se moque Robert. Ne perds pas pour le rêve la réalité des papilles qui nous réunit... Heureusement, les instincts sont là pour contrôler la raison... Goûte encore, conclue-t-il, lui versant une rasade mesurée.

Dans la cour du Château Pape-Clément, Robert jubile d'érudition:

-Celui que Rabelais nommait le « vin clémentin », fut créé en 1300 par Bertrand de Goth, alors archevêque de Bordeaux, qui fut élu pape six ans plus tard sous le nom de Clément V.

Flore, un temps après avoir uni sa narine aux fragrances de chair et de caramel, puis sa bouche au liquide robuste, rond et idéalement fruité, propose:

-Il me semble que Robert, bien que marié, mérite de haute goule le titre d'archevêque…

Ce que le petit groupe reçoit avec force exclamations. Camille, aussitôt assisté dans son office par Léo changé pour un instant en enfant de chœur porteur de calice, inscrit de l'index trempé dans le Pape-Clément rouge, un signe éminemment eucharistique sur le front de Robert intronisé « Archevêque vineux ». Flore, qui ne veut pas être en reste, pose sur la joue de Réjane un baiser de Pape-Clément blanc au goût boisé.

Ils sont attendus, sur le coup de midi, dans le probablement meilleur restaurant de Margaux, sinon du Médoc. Tables damassées de blanc, porcelaine neige et liseré d'or, argenterie, carafes et verres cristallins. Léo, le premier exulte:

-Nous voici dans le Saint des Saints, au voisinage du Graal œnologique et gastronomique!

-Pourvu que ce Graal ne sente pas le graillon... hasarde Réjane, fusillée de suite par le sourcil de Léo, visiblement outré...

Ils prennent place. Léo est raide et tranquille sur son siège comme un plâtre saint-sulpicien. Robert, en un toast porté non pas à une personne, mais au vin lui-même, célèbre, la voix tremblée d'émotion, la convivialité du nectar:

-Absorber les nourritures et les vins, c'est absorber les terroirs et les climats qui les ont produits.. .

Flore, émoustillée, semblant regarder avec intention Camille, ajoute:

-Je veux boire le vin comme je recevrais le suc intime de l'éros de la terre...

Un soufflé au fromage, très doux, est servi avec une carafe d'eau claire. Est-ce pure Salvevert ou limon de Garonne ? Voilà qui ne manque pas de soulever les protestations des trois disciples vineux, bien que Camille soupçonne que cet irréprochable verre lustral soit l'humble seuil d'une vinomachie distinguée. En effet, trois verres à dégustations viennent s'élever derrière chaque assiette. Bientôt, trois carafes entament une ronde que leur robe colore de pourpres et de vermillons.

Robert déglutit avec une professionnelle application, puis, une pointe de salive pré-gustative sur la diction:

-Voici, sur des pigeonneaux belle forestière, un Rausan-Ségla 1976, et sur des ris de veau, un Château Margaux 1978. Quant au Prieuré Lichine 79, il est seul.

-Qu'est-ce à dire? Lance Réjane, un peu blessée dans son amour-propre culinaire.

-Selon le mot d'Alexis Lichine lui même (« Une bouteille de 67 à manger toute seule »), ce 79 sera bu sans adjonction aucune de quelque nourriture que ce soit.

-Voilà qui me plait, coupe Léo. Un vin qui est boire et manger à la fois, et suffisant dans son solitaire orgueil!

Ils mastiquent, clapotent du palais, riboulent le vin autour des verres et des langues, laissent larmoyer l'alcool sur les parois, hument à pleines narines, Camille plongeant son nez puissant dans les effluves de vulve rouge et suave du Margaux, Flore piquant à petits coups son appendice de fouine dans le gras de la joue peu à peu livrée du Rausan-Ségla.

Les métaphores les plus hasardeuses commencent à fuser, timidement d'abord, puis avec l'aisance et l'assurance contagieuses de Robert qui s'engage dans des périodes lyriques et précises:

-Ce Margaux 78, nez de fruits mûrs, glycériné et vanillé, un grenat foncé du plus beau vin (donc supérieur à ce que l'on dit « de la plus belle eau ») un tannin délicat et très long, un vin qui fait la roue...

-Nous buvons, intervient Léo avec une trouble circonspection, si je ne me trompe, des vins réservés à une élite, les fruits d'une injustice sociale, des vins qui valent quelques milliers...

-Ne parlons pas de ça. Laissons, selon notre pacte, toute polémique politi­que, l'apaise Robert.

-Un vin noir comme du jus de loup, lance Camille.

-Un vin pour lequel je me ferais louve, divague Flore...

-Non! Ce Lichine, un vin qui a de la toison, de l'aisselle et du muscle pectoral, s'excite soudain Léo, la gouaille pâteuse et bilboquante, la lèvre et la langue véloces, déraillantes, déchaînées dans les rayons entrechoqués de leur course linguistique, un vin qui a de l'anus, du cuir et du fouet, un vin d'haschischin et de nerf bandé, un vin qui a de la bourse noire et du gland violacé...

Un silence tombe.

-Abandonnes tu l'esprit pour les douteuses moiteurs du corps? Je ne te connais plus, Léo, rit Robert, un tantinet gêné. Tandis que Réjane ne peut retenir une moue de répugnance.

On hésite à préférer un vin, touché par le fondu du Lichine, bien que très légèrement arrêté par son imperceptible bois brûlé amer. Peut-être Flore a-t-elle un faible pour la bouche de cerise, le nez de mûres écrasées, les jambes fermes et colorées, le corps ample et somptueux du Margaux, quand Camille, sans la contredire, y trouve plutôt la framboise liquoreuse, en tout cas une richesse, une plénitude, une longueur en bouche exceptionnelles. Il ne peut cependant écarter la rondeur fine et moirée, la gorge affriolante, câline et veloutée du Rausan-Ségla...

-Ce sont des vins trop féminins qui glissent sur la langue avec la douceur blette d'un pet sur une toile cirée, jette Léo. Comment ne sentez vous pas cette mâche souple, tendue, fondue, cet exotique et viril fruit mature, ce concentré, cette profondeur digne du sage de ce Prieuré Lichine? Voilà mon vin: pure essence spirituelle... Là encore, c'est de l'esprit que procède la matière. Je me résous avec énergie et soulagement à laisser de côté nourritures terrestres et succédanés de la vinitude pour ne plus boire que celui-là qui se boit seul. Saluez nectar et ambroisie... Saluez le cru platonicien par excellence, qui donne à boire tous les vins par leur âme la meilleure et ne peut être que le vin unique, originel et définitif... Cette ascension, depuis le Vitaboir, parvient maintenant à la perfection, au stade ultime de l'initiation oenologique et philosophique: le Prieuré Lichine!

Après un bref moment de stupeur, nos quatre auditeurs pouffent de rire dans leur serviette. Réjane glousse comme une canne prête à pondre ou à rôtir, on ne sait. « Chien! Tu m'as fait avaler de travers ma dernière goutte de Lichine », lance, éructant, riant, toussant, Camille. Flore, elle, en pleine euphorie de vins mêlés, s'esquive pour un petit aller et retour aux toilettes, « histoire de prévenir, on ne sait jamais, les effets de la prochaine bourde hilarante de Léo! »

-Robert, défend moi, dis-moi si tu ne préfères pas celui-là...

Robert, tout à coup sérieux, rétorque:

-Je ne préfère pas. Je goûte; je vis!

Vexé, Léo tire à lui la bouteille, s'en verse le tout dernier et encore abondant reliquat et la pose sur le sol, vide, près de sa sacoche et de son chapeau jaune.

-Eh bien ! à moi ce vin fondamental, ce vin qui est esprit quand la nourriture n'est que corps, cette essence du vrai vin, bue au centre de la plus fine couronne de vignobles du monde...

-Géographiquement, le centre vineux du Bordelais ne serait-il pas dans la Gironde, c'est à dire dans l'eau? Ce disant, Camille couronne d'un décor de table en feuilles de vigne postiches et plastiques la tête du nouveau Bacchus.

Et sirotant son dieu, la coiffure tombée sur les yeux, notre philosophe buvant ne répond plus, absorbé, comme endormi peu à peu, le verre vide descendu sur le ventre, ronflant insensiblement puis rondement...

-Il est sûr, à voir sa face angélique et dénuée de toute convulsion, que dans la nuit de son sommeil, il atteint la lumière aveuglante du jour platonicien, épilogue Camille.

Sans se laisser troubler, Robert fait amener un Château Chasse­ Spleen à la robe presque noire sur la tarte aux fruits des bois qui se fait doucement dévorer. Le quatuor, mollement bercé par l'odeur féline de l'alcool, enlevé dans un autre état de l’être, se laisse aller aux rêveries demi-sensorielles, une minime lampée liquoreuse et noire de temps en temps sur la langue glissant jusqu'à l'irradiation de la glotte palpitante, la conversation effilochée, béatement tarie, le bonheur simplement sensible dans l'expression échangée des regards brumeux et dorés…

Mais cette rêveuse sérénité, cet alizé des impressions sur emportement ouaté des vagues vineuses, est troublé par l'agitation, les soubresauts, les flatulences de la langue pâteuse de Léo, qui ne doit sa position restée assise qu'au confort de son siège... Il a, sous ses paupières plombées, ses joues molles, des vocables indistincts, mâchouillés, éructés... Peu à peu, cela se touille en civet de langage, d'où émerge soudain, comme crevant le cumulus gonflé du sommeil, des fragments, un flux, parfaitement audible sinon compréhensible, qui laisse nos auditeurs vineux bouches bées:

-Ah, vagis, chou! ludion bondir et nage en sa sphère amniotique, non! quand une puissance obsessionnelle entrer, sortir, entrer, sortir… A quoi sert le sexe? Qui, dans ce court orgasme qui seul légitime le sexe? Moitié fonction miroir, sperme et lait, chou! Précision colorée, le relief charnu des images de rêve. Je vois! Le téton de Junon, la netteté de la fesse et de la merde. Jupiter paternel sodomisant Heidegger maternel. Utérus approché! Genesis rock and roll pour Virginia attentive... Où les plus beaux orgasmes sont ceux de l'inconscient et de la guerre. Où l'orgasme touche la castration, sa dispersion génétique. Chou! Dispersion atomique, nique nique de la parole. L'odeur de pommes pourries inconscientes dans le tiroir de Schiller tiré sur ses cuisses. Chou! Eros jeune masculin, je t'émascule, je te poursuis pourchasse, il faut que tu me confidences pour que je parle comme au Lichine le boyau de lait psychanalytique, l'oreille contre la paroi d'un sein lourd et pur... Phallus, choix et chou conscient! La mère n'explique pas tout. Phallus colonne pour les temples où souffler l'esprit. Non, pas de pets, c'est vilain! Valium, opium, prozac, au lieu de la claire conscience… L'érection de l'éros masculin comme déni des contingences et de la mort… Guerre, feu, sang, lame de rasoir, torture, cri, enfant mort, acier, bombes, faire mal, gagner. Cadavre aussitôt décomposé, puissance, roi philosophe vainqueur. Le phallus est-il l'épée, le ciseau du sculpteur, le cutter criminel ou la suave asperge de la terre? Chou Virginia! A quoi sert le sexe? Il est un pays où les caravanes sexuelles échangent leurs épices et parfums... Oh, Xanadu! leurs drogues et leurs vins... Mieux ailleurs, au-delà! Oh, léchine, léchier, Lichine, joui! Chouchou Virginia amour lointain, fille, cheveux longs, seins mouillés... Pourquoi t'ont-ils appelé Léonard comme un Da Vinci, un artiste, un narcisse, un artichaut barbu ? Petite frappe, blouson noir à crête de punk à huppe coucourroucante dans le vent, revendeur, muscle noir, chouchou... Les avalanches! Abominables! Hurlez les ventres, les ventres qui coulent, qui roulent leurs règles, leurs fesses et leurs lèvres tourmentées dans le sommeil des passions et des muqueuses liqueur lichine... L'île aux esprits marrons. La queue entichée dans les atomes lichineux. La nuit aux sexes tendus. Une fête dans la boite de nuit bibliothèque. Choux et fouets. Une fête pour chouchou Virginia. Chou!...

Cela s'était achevé, murmures, cris parfois, dans un soupir longuement ronflé, comme les derniers récifs parmi les haut-fonds d'un sommeil paradoxal. Alors que la discrétion de quelques clients alentour avait du s'avouer insultée, les forçant à quitter promptement la salle, heureusement isolée des autres parties du restaurant.

-Peuh, c'est du propre! réagit Robert. C'est carrément l'hypnose alcoolique, le delirium tremens. Il s'est adjugé les trois quarts de la bouteille de Lichine à lui tout seul! Sans compter les trois verres de Chasse-Spleen qu'il a subtilisé et gloupsé sans coup férir ni faire la différence! Voilà ce que c'est d'avoir fait fi de la modération indispensable pour apprécier...

-C'est beau la philosophie! Ca doit être le brouillon de son prochain livre. Mais je n'y comprend rien du tout, avoue Réjane. Le vin doit l'aider à créer…

-Un véritable accouchement en salle de travail! rit Flore. Il a du mal à pousser sa créature. Et, j'ai peur que ce soit un monstre : un tricératops à tête de chou !

-C'est peut-être intéressant, médite Camille. C'est le fond de l'humanité...

-Tu parles, coupe Robert. Quel bourbier il a au fond du ciboulot! A tant parler d'orgasme, il a du faire des taches à son pantalon. Tout à l'heure il vomira dans son chapeau jaune. « A quoi sert le sexe? » Peuh, tout le monde sait que ça sert à la reproduction. Pas la peine de faire tant d'histoires… Ca se domine ces choses là ! Ca doit être le fond de bouquin  de son Actualité politique du platonisme. ­

Le bruit des chaises remuée secoue Léo hors de sa paisible hébétude. Il rechausse d'un geste décidé son chapeau jaune, fourre la bouteille vide du Lichine dans sa sacoche et sort avec précipitation. Les autres le retrou­vent assis devant son volant et triturant le démarreur.

-Que fais-tu de ce cadavre sur les genoux? ironise Camille en désignant le goulot qui crève la sacoche.

-Où vas-tu? demande Réjane inquiète. Tu n’es pas en état de conduire.

-Je m'en vais rejoindre et m’unir au jeune dieu vendangeur du Prieuré-Lichine...

-Et Léo de s'éloigner, un sourire écumeux et vainqueur aux lèvres, les laissant tous les quatre stupéfaits.

Ils se tournent vers Robert d'un air interrogateur;

-Il y a effectivement une statuette de pierre de Bacchus dans le parc du château. Mais laissons le à son pourtant honorable Lichine promu vin de messe intégriste. Ou de messe noire, qui sait ! Que cela ne nous détourne pas de notre programme: Châteaux Montrose, Laffite, Beychevelle...

D'étape en étape, de Saint-Estèphe en Pauillac, Réjane, Flore et Camille parcourent les paliers des plus grands crus, pénétrant dans toutes les caves, ouvertes par le passe-partout des relations de Robert. Derrière des grilles obscures, reposent et rêvent diverses et dives bouteilles du dix-­neuvième siècle, sinon du dix-huitième, comme dans l'ombre à odeur de mous­se et champignons des caves de Ducru-Beaucaillou. Le dos appuyé sur les foudres, et debout sur la terre battue, ils répandent en l'entier de la bouche une goulée de ces liquides fabuleux, vigoureux, tanniques et fleuris, en même temps que légèrement astringents à Montrose, insidieux et splendide à Calon-Ségur, fastueux, solide et diamanté à Laffite-Roschild...

Lors de la visite à Beychevelle, ils ont un ultime moment de recueille­ment palatal devant la perspective proprette des fûts. Puis, ils suivent à pied, une petite route qui descend imperceptiblement entre les rangs de vigne, vers la Gironde. Ils ont, chacun, un panier de victuailles sous le bras. De l'un d'eux dépasse un goulot. A Port Beychevelle, qui en fait de port n'est qu'un maigre bras marécageux portant deux ou trois barques et ouvert sur l'estuaire tourbillonnant et boueux, ils s'installent sur quelques planches et pierres bancales, pour célébrer et clore en un pique-nique choisi la boucle de leur route des vins. Une lumière jaune et limoneuse déchire un à un les strato-cumulus et tombe par grandes plaques au toucher de peau de pêche sur la Gironde pleine à déborder des flux ennemis de son courant et de la marée haute, grasse comme un oeuf et parcourue de vaguelettes crémeuses sur toute la largeur étonnante de l'horizon ocré.

Ils étalent les victuailles, mangent sans cérémonie, pâté de caille, magret d'oie fumé, viande des Grisons, non sans accorder à des tranches de filet de bœuf froid un Château Camensac, modéré certes après les sommets oenologiques atteints, mais franc, large, équilibré, rayonnant.

Ils se taisent. Camille et Flore peut-être gênés de la disparition ou résolution en essence vineuse de Léo qui les met un peu plus face à face. Réjane vient à exprimer sa satisfaction quand à sa tarte aux légumes verts qui a sagement passé ces quelques jours dans la glacière au fond du coffre... Robert tout à coup n'y va pas par quatre chemins, après avoir néanmoins copulé avec le Camensac dans le secret analytique de ses muqueuses:

-Grotesque! le vin, pure essence spirituelle... Pfff! Non, une chimie, un travail. Les états divers des polyphénols pour les tannins, des molécules de sotolon pour l'arôme des vins jaunes, et caetera... Les caractères organolep­tiques du vin relèvent, eux, de l'évaluation sensuelle. Léo, quoique philosophe, est un imbécile, un intellectuel toqué, un peine-à-jouir, un philosophe à la moelle de sureau ! Les bulles des mousseux offerts au banquet socialiste lui ont depuis longtemps gâté son pâté  de cervelle…

-Holà, s'écrie en riant Réjane, il est un peu fou-fou d'accord. C'est son enthousiasme de disciple qui lui a fait voir la route des vins comme un parcours fléché vers l'ambroisie que l'on verse dans l'Olympe des mythologies. Prendre l'innocent Bacchus de pierre d'un vignoble pour Socrate en personne, avoue que c'est si gentil...

-Le Prieuré Lichine aura été sa ciguë au pays des vins, risque Robert, visiblement apaisé par l'ardeur de son coup de gueule.

-Mais, l'air de rien, s'avance Flore, cette route des vins, c'est bien un guide Michelin mâtiné d'étapes initiatiques...

-Sûrement, lui répond Camille. Mais Léo dispose son initiation sous forme d'une pyramide où son Prieuré Lichine figure la pointe supérieure, parfaite et définitive. Je verrais plutôt la notre en forme d’angle abondamment ouvert vers le haut pour accueillir des crus divers qu'à partir d'un certain niveau on ne peut hiérarchiser, mais seulement dis­poser en pléiades de personnalités vineuses et variées.

-C'est surtout une connaissance à toujours réactualiser, au fur et à mesure des vieillissements; et à reprendre pour chaque année selon les événements météorologiques, les vendanges, après chaque apparition des primeurs, chaque progrès dans l'élevage des vins, ce dont le très officiel classement des grands crus de 1855 ne peut tenir compte: il n'est qu'une échelle pour les boiteux. Il nous reste encore à aiguiser notre agilité gustative et de jugement, termine Robert.

Au dessert, on finit sur des framboises fraîches, nature. « A chacun d'y retrouver son vin », se chantonne Réjane...

Robert, ému, ce sera sa « conclusion au week-end », annonce-t-il, vide les dernières gouttes, chargées d’un poil de dépôt noirâtre, du Camensac dans la Gironde qui l’absorbe en toute sérénité.

Cette Gironde nocturne que, dans quelques heures, le bac du Port de Lamarque franchira lentement, avec à son bord Camille seul, emportant le souvenir du « A bientôt » de Flore, de son instant de lèvres posé sur sa bouche, et croyant voir dans le ciel dégagé le reflet de la dispersion stellaire de la voie vineuse du Médoc.

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

 

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Lectures du mythe de Frankenstein

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique, socialisme et islamisme

Humanisme et civilisation devant le viol

Alain Testart : L’Amazone et la cuisinière

Federici : Caliban et la Sorcière

La révolution du féminin

 

 

 

 

 

 

Ferré

Ferré : la Providence du lecteur?

Ferré Providence

 

Ferry

Mythologie et philosophie

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

Eros-statue.jpg

 

Filloy

Op Oloop, roman loufoque

Filloy

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

Averroès et Porphyre

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et théorie du genre

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

Foucault L'Herne

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

Fragoso

 

France

L'identité française et son destin face à l'immigration

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

La Belle France antilibérale : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Anniversaire, réalisme magique

Diane ou la Chasseresse solitaire

Le Bonheur des familles, Inquiétante compagnie

Temps et amour faustien : L'Instinct d'Inez

Le Siège de l’aigle politique

Fuentes Aigle

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

Gamboa Prières

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Gardner

La Symphonie des spectres

Spectre Hamlet

 

Garouste

Don Quichotte

Cervantès Garouste autoportrait-copie-1

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

Gass

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

Gibson Idoru

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Sonnet à l’Allemagne

Sonnet de la liberté politique

Thomas Bernhard: Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

goethe

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

lewis matthew matthew Monk

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

Golovkina

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

Goytisolo Marx

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

Gracian Graus

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le Cœur glacé, Inés et la joie, ou la mémoire du franquisme et de l’Espagne

Almudena 2

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Grozni

Wunderkind, Chopin contre le communisme

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

Guarnieri

 

Guerre et violence

Guerres d'Etats ou anthropologiques : John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences antipolicières, inversion des valeurs

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis

I Prologue

II L'ouverture des portes

III Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

Pyrénées Anie Aneto

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

Couv-Aneto-Canigou

 

Guinhut

Haut-Languedoc

Haut-Languedoc.couv jpg

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

Montagne noire triptyque Quelque chose dans la montagne

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Synopsis et Traversées

Le recours à la montagne

Cantal

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis, incipit

III Bironpolis, Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages, prologue

IV Eros à Sauvages, Les belles inconnues

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum, incipit

VIII De natura rerum, Euro Urba

VIII De Natura rerum, montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

Synopsis et sommaire

Prologue

II Greenbomber, écoterroriste

V Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

Voyages archipel

 

Guinhut Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnet autobiographique

Sonnet du cabinet de curiosité

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

Capitoline Aphrodite Louvre

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

Ein Jahr im Leben des Heinz M.

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passsage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

Ré paradis

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

Haddad jour

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

Hamsun

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Hayek

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge et blâme de l'Histoire mondiale de la France

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Jules Verne

Corbin : Histoire du silence, Le miasme et la jonquille

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Hattemer Higgins : le troisième Reich

 

Hobbes

Sonnet de la liberté politique

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

hobbes leviathan

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

Hölderlin

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

Iliade Jean de Bonnot

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Ceccatty : Noir souci, passion de Leopardi

Garcia Lorca : homosexualité et création

Broc-Hyacinthe.jpg

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Erasme Dürer

 

Hustvedt

Un été sans les hommes

Vivre, penser, regarder

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

ete-sans-les-hommes

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs : anti utopies scientifiques et superstitieuses

Huxley brave new world

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants

Les Vies parallèles du poète Eminescu

Florina Ilis

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

Impôt

 

IPhone

Tentation totalitaire : IPhone et législation

IPhone.jpg

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi la rose tyrannique de l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

Moïse Philippe de Champaigne Moïse et les Tables de la Lo

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Battle royale : téléréalité politique

Murakami Ryû : Chansons populaires

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

Otsuka : Certaines n'avaient jamais vu la mer

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jourde

Festins Secrets

Jourde

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

Jünger Orages

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

Kafk Procès GF

 

Kant

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

Kant Obscur

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

Karinthy Faremido

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

Paravent Erables

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

Kertesz Être

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

KOSZTOLANYI. C

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Krazsnahorkai venue

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

La Fontaine Amour Folie

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

Sirènes -1817-copie-1

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Phylactère Lucas de Leyde Annonciation

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

Larsen Spivet

 

Larsson

Les Poètes morts, roman policier

Larsson 2

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

Ceccatty : Noir souci, passion chaste

Leopardi Zibaldone

 

Lethem

Chronic city ou New-York magnifiée

Lethem Chronic city

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Lévi-Strauss Regard

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Libres, Dictionnaire du libéralisme

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression : De la censure, entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

Liberté

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

Carré magique

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

Littell B

 

Littérature française contemporaine

Blas de Roblès : L’Île du Point Némo

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Ohl : Redrum

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

Sollers-Paradis

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

Machiavel 1

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Menéndez Salmon : Medusa, l’art et le mal

Jaume Cabré : Confiteor

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

Dante 9° cercle Enfer Gustave Doré 1861 Musée de Brou

 

Maladie

Maladie et métaphore. D Wagner : En-vie, F Maï : Divino sacrum, F Zorn : Mars

 

 

 

 

 

 

Malaparte

Muss ou Mussolini déboulonné

Mussolini Dux

 

Mandelstam

De la poésie à Voronej

Trois requiems, sonnets

Mandelstam Bio

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

Manea

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Un retour et Nouvel éloge de la folie

Lectures du mythe de Frankenstein

Manguel retour

 

Marcher

De L’Art de marcher

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

Vénus et Adonis Rubens, détail

 

Marx

Karl Marx, compagnonnage et illusion

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

Marx

 

Mattéi

De la supériorité culturelle de l’Occident ?

Europe Mattéi

 

McEwan

Une satire Solaire

Opération Sweeet Tooth, l’espion des Lettres

Solaire

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Melville Billy Budd

 

Meshkov

Le Chien Lodok, ou de l’humaine tyrannie

Meshkov

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

Mille et une nuits Guérin

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

Mitchell Fantômes

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

Utopie More 1516

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

 

Mozart

Lady Gaga versus La Reine de la nuit

Mozart

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

Mulisch siegfried-une-idylle-noire

 

Murakami Ryû

Chansons populaires de l’ère Showa

1969, Les Bébés de la consigne automatique

Murakami bébés

 

Musique

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Musique savante contre musique populaire

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Wagner : Tristan und Isolde

Wagner ou l'indignité-du génie

 

 

 

 

 

 

Mythes

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

Dracula film cauchemar

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

Nabokov Littératures

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

Naipaul Afrique

 

Nancy

L'autre-portrait

Arjonilla Christian Mélancolie bleue

 

Nietzsche

Bonheurs et trahisons du Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi un libéral lit-il Nietzsche ?

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Nuits debout et violences antipolicières : une inversion des valeurs

Nietzsche Munch

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

Nooteboom Labyrinthe

 

Oates

Le Mysterieux Monsieur Kidder

Oates Kidder

 

Ôé Kenzaburo

Adieu mon livre !

Oé Adieu

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

Ogawa

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

Orwell

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

Palahniuk Peste

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules aux récits emboités

 

Pamuk

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

Pasolini Decameron affiche 2

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète par Fenzi, sonnet III du Canzoniere

Petrarque-par-Bargilla

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

Platon Oeuvres

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre 

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz ou l’anti-lyrisme

James Sacré, la maladresse de la poésie

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, objectivisme et lyrisme

Padgett : On ne sait jamais

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Le Pogge Facéties BL

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Jesse Kellerman : Les Visages

Pobi : L’invisible, ou la peinture

Chesterton father-brown

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

Powers Générosité

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Céline et Proust, la recherche du voyage

Proust

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus: web profond et 11 septembre

Vineland, une utopie postmoderne

Le Vice caché du roman policier

Pynchon-gravitys-rainbow

 

Rand

Qui est John Galt ? La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Éclat dans l'abîme, Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Rome du libéralisme au socialisme

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

Ronsard noir et blanc

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

Cyrano

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie : Le Complot contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

Sade Man Ray Portait imaginaire du Marquis de

 

San-Antonio

Peut-on rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Tina ou de l’immortalité, Goethe

On a marché sur la lande

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Allégorie de la science Cherubino Alberti

 

Science fiction et fantasy

Ballard: un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification
Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium, Iliade nouvelle

Simmons : Flashback géopolitique

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Jo Walton : Morwenna, fantasy

Strougatski L-Ile-habitee

 

Scott-Heron

La Dernière fête, une autobiographie en noir

Scott-heron-book the-last-holiday 2012 02

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

No smoking : Candide des non fumeurs

Parapluie : une conscience londonienne

Les-grands-singes

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Serrano

« Piss Christ » : une icône chrétienne

Andres-Serrano Piss-Christ

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Greenblatt : Will le magnifique

Shakespeare serait-il John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Shakespeare Cobbe portrait

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Philosophie de la shoah

Paul Celan minotaure de la poésie

 

Simmons

Ilium : Homère science-fictionnel

Flashback : mémoire et géopolitique

Ilium

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

Sloterdijk Essai d'intoxication

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Somoza

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Sonnet des montagnes

Sonnet à l'élève

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

Ceux qui brûlent les livres

Fragments (un peu roussis)

Steiner

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

Dans la forêt de Bavière

Stifter Bavière

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

Leo Strauss

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Tellkamp

La Tour, mémoire de l'ex-R.D.A.

Tellkamp

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

Tocqueville par Théodore Chassériau, 1850

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

Capek : La Guerre des salamandres

« Hommage à la culture communiste »

Malaparte : Muss ou Mussolini déboulonné

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Trois Requiem, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai 

La Tyrannie qui vient

Zimler : Anagrammes du ghetto de Varsovie

Communisme 2

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

Ursin

 

Utopie, anti-utopie, uchronie

Battle royale, japonaise téléréalité

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Walton

L'hydre de l'Etat aux pays scandinaves : Karlsson : La Pièce, Sinisalo : Avec joie et docilité

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Voltaire Jean Huber Le lever de Voltaire

 

Vote

De la révocation du droit de vote

De l’humiliation électorale

De l’alternance en Démocratie Animale

Front Socialiste National et antilibéralisme

allegorie du bon gouvernement

 

Wagner

Tristan und Isolde

Céline et Wagner : l'indignité du génie ?

Wagner Isolde by Aubrey Beardsley. Illustration in Pan, Ber

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux le voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

Wordsworth.jpg

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

Zimler 1

 

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