Umberto Eco : De Bibliotheca, traduit de l’italien par Eliane Descamps-Pria
L’Echoppe, 1985, 31 p, 7,70 €.
Robert Darnton : Apologie du livre, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-François Sené,
Gallimard, 2011, 240 p, 19 €.
Umberto Eco et Jean-Claude Carrière : N’espérez pas vous débarrasser des livres,
Grasset, 2009, 312 p, 18,50 €.
Nolens volens, l’avenir du livre est en question, voire jusqu’à la condamnation sans appel de ce média papivore et topophage, tant il encombre par ses accumulations avalancheuses nos lieux de vies, nos bibliothèques privées et publiques. Devant la catastrophe inévitable, allez hop, on numérise tout le fatras, on regarde défiler toute la culture du monde sur nos IBooks et autres IPads ; nous voilà tranquilles pour l’éternité… Est-ce si prudent ? Chacun à leur manière, Robert Darnton, directeur de la Bibliothèque de Harvard, et Umberto Eco, le sémiologue et l’écrivain duLe Nom de la rose, répondent à nos interrogations, sans anti-modernisme ni nostalgie excessive, mais en se faisant les ardents défenseurs de ce livre qui, résolument, a encore un large avenir devant lui.
La perte irréparable de la médiévale bibliothèque incendiée du Nom de la rose amène son auteur à veiller sur nos bibliothèques contemporaines. Un instant, Umberto Eco délaisse les essais érudits aux perspectives fascinantes, comme L’œuvre ouverte, et les sommes romanesques visionnaires, pour s’interroger sur les destinées fatales de nos livres et de leurs écrins. Ce pour commettre, le temps d’une allocution, une plaquette aussi mince qu’encyclopédique. Que l’on retrouvera peut-être dans La Memoria vegetale et altri scritti di bibliofilia[1], lorsque ce recueil sera enfin traduit.
En ce De Bibliotheca, au charmant titre latin, Eco s’appuie sur deux bibliothèques mythiques : celle d’Alexandrie et celle borgésienne de Babel. Mais aussi sur deux lieux exemplaires : la bibliothèque de l’Université de Toronto et la Sterling Library de Yale. Car ces deux entrepôts, aussi réels que magiques, disponibles et abondants sont « ouverts ». On ne se rend pas en ces temples laïques en vue d’un seul livre, mais dans l’état d’esprit de qui vient fouiller les rayons des bouquinistes et tend à élargir son univers par le biais des surprises, des découvertes impromptues ; quand ce qui était non-savoir se fait soudain savoir…
Les pires ennemis des livres et des bibliothèques privées et publiques ne sont pas seulement les insectes, le soleil, l’humidité… Ce sont leurs consommateurs et producteurs mêmes : lecteurs et éditeurs. Les lois économiques contraignent aux mauvais papiers, aux brochages collés et non cousus, et à des prix prohibitifs quand les livres sont noblement conçus et destinés à un rare public. On ne prendra comme exemple à cet égard que les beaux volumes des Belles Lettres, consacrés aux classiques bilingues, grecs et latins, allemands et italiens[2]. Hélas, trop souvent, le livre est fait pour être consommé, maltraité et jeté, ou vous ne lèguerez que des liasses de miettes à vos petits-enfants… Trop cher, il sera photocopié, dans le cadre de ce qu’Eco appelle la « xérocivilisation », ou pis encore mis sur microfilm, et (ce qu’Eco ne peut signaler, car il écrit en 1993) sur des sites internet pour être balayé dans le défilement stupide et sans écho de l’information pléthorique, éphémère. À moins qu’il y trouve une nouvelle vie pour un nouveau lecteur, grâce à l’impression à la demande, grâce à un nouvel éditeur exhumant un trésor autrement perdu…
Tout beau texte vaut pourtant par son support. La machine, l’écran, le smartphone stockent la quantité sous un moindre volume. Quoique la page web puisse être fort esthétique, permet-elle de lire avec la même intensité de méditation, comme avec le simple écrin du livre entre les mains ? A notre sens, rien ne vaut la bibliothèque que l’on se constitue pour soi -non sans le concours des sites (comme Gallica.fr) et des blogs[3]- pour quelques happy few, que l’on « déballe » (pour employer le mot de Walter Benjamin[4]) pour développer sa curiosité, multiplier ses connaissances, son empathie -voire ses antipathies- envers le monde et ses personnages.
Qu’on se rassure, ce De Bibliotheca est publié sur papier vergé, sous une couverture qui a la pure sobriété de la beauté minimale. Texte et objet-livre s’unissent pour flatter le bibliophile que nous sommes, et pas seulement le « bibliomane » moqué par Charles Nodier[5]. Lire Eugène Sue dans une édition du XIXème illustrée par Gavarni, Aristote bientôt dans La Pléiade, Umberto Eco compilant l’Histoire de la beauté et l’Histoire de la laideur, sous les dehors parfait du livre d’art chez Flammarion, voilà qui décuple le plaisir du sens. Car le surhomme des bibliothèques, en sauvant les livres, sauve le monde…
Passant par les contraintes (dont le coût du papier) des éditeurs du XVIII°, mais aussi les lectures « segmentaires » des recueils de citations, Darnton s’inscrit dans une « histoire de la lecture ». Les auteurs médiévaux et des Lumières s’empruntaient les uns aux autres, en ancêtres du copié-collé, sans compter les éditions pirates : « autant d’éléments que l’on a tendance à croire aujourd’hui constitutifs du seul problème numérique. » En ce sens, l’avenir « passe par la connaissance des circuits du livre dans le passé ». De plus, invention de l’écriture, rouleau, codex, imprimerie, Ibook, rien n’assure la véracité des faits et du texte : notre essayiste s’appuie sur le Folio, ou 1ère édition complète, de Shakespeare, aussi sujet à caution que Wikipedia et autres buzz : « la stabilité textuelle n’a jamais existé avant internet ». Dès la première loi sur le copyright en 1710 en Angleterre jusqu’au pillage textuel contemporain, les bibliothèques restent pour lui l’assurance de la conservation des livres : une nouvelle technologie, un bug géant, peuvent rendre Google Book obsolète, l’effacer. La « mégabibliothèque numérique » doit alors être une chance, mais pas au prix de la disparition des imprimés, démembrés et microfilmés en vain. La démocratisation des savoirs ne se fera pas, souhaite-t-il, au prix d’une privatisation entrepreneuriale, mais d’une juste rétribution entre les parties : auteurs, bibliothèques et numériseurs. Quant à l’omniscience du cyberespace, elle est illusion : le livre numérique, ou hyper-livre, « viendra compléter la grande machine Gutenberg, non s’y substituer ». Certes, il s’agit d’un ouvrage érudit (une compilation de six articles) mais il est, de bout en bout, clair et stimulant. « Adepte enthousiaste de Google », Darnton reste inquiet de ses « tendances monopolistiques » : monstre vorace, inquisiteur, censeur, ou outil de liberté ? Qui restera incomplet, virtuel, sans les délices de l’objet, les parfums de son papier, la texture de sa reliure, cette parfaite prise en main du volume, du lutrin à la poche, cette magie sensuelle du feuilletage. Quoique l’on puisse également défendre la sensualité cristalline de la lecture et de l’image sur nos IPhone et nos ordis portables carrossés luxe par Apple ou Ferrari, il faut claironner haut et fort avec Umberto Eco : « N’espérez pas vous débarrasser des livres ».
C’est avec un autre passionné, bibliophile et collectionneur également, que l’auteur de ceNom de la rose, où l’on cachait une œuvre perdue d’Aristote, vient ici converser : Jean-Claude Carrière, scénariste nombreux (pourLe Tambour, d’après Gunther Grass, par exemple) et polygraphe heureux, ne serait-ce que dans sonDictionnaire amoureux du Mexique. Certes, ils plaident la cause de leurs reliques chéries : incunables, comme ce merveilleuxSonge de Poliphile[6]de 1499, ou les « incontournables » d’Eco : les éditions originales de ce Jésuite encyclopédiste et parfois délirant du XVII° : Athanasius Kircher… Tous volumes plus durables que les formats éphémères de nos outils numériques. Sans compter que lorsque le lecteur sur écran peut croire posséder aussitôt l’objet de son désir, il n’a, hors la connaissance qui est bien le premier but recherché, que des pixels fluides et prompts à s’évanouir. Autant collectionneur que navigateur de la connaissance, le bibliophile est « davantage intéressé par la quête que par la possession ». Souhaitons que les banquiers ne supplantent les vrais lecteurs et afficionados du livre ancien dans les ventes aux enchères… Reste que l’on peut collectionner des volumes bien plus modestes, mais délicieux au plaisir de l’intellect autant que du sens esthétique.
Mort du livre ? « Le propre des prophètes, vrais comme faux, est toujours de se tromper. » De la lecture à haute voix, en passant par le papyrus antique, par la rustique « bibliothèque bleue » des colporteurs, par la précieuse reliure armoriée en veau mort-né, jusqu’à l’hyper-circulation des textes entre blogosphère, Facebook et autres bases de données, reste le problème du choix par l’historien du livre. Mais la « labilité » de l’information et des techniques contemporains est plus dangereuse encore : saura-t-on conserver ce qui mérite d’être conservé, alors que ne le protège plus cette reliure inventée par les Iraniens de l’époque médiévale ?
Ajoutons aux passionnants, clairs, vifs, ponctués d’anecdotes et cultivés échanges d’Umberto et de son compère que le livre n’a pas besoin de batteries, de prise électrique. On le lira partout et toujours, malgré la puce cervicale qui nous connectera au réseau mondial, parce qu’aucune technologie n’est nécessaire entre lui et son lecteur, parce qu’on le cachera dans des bibliothèques que de faux murs escamotent, dans des caves, des grottes et des sables, si un Big Brother local ou mondial parvient à éteindre une branche ou l’arborescence entière d’internet…
Non, Google Books ne remplacera pas le livre. La photographie n’a pas tué la peinture, non moins le cinéma la radio ; les noirs vinyles menacés reviennent dans l’affection des auditeurs les plus déjantés et fétichistes. Un in quarto dix-huitième orné des textes de Voltaire et des gravures de Gravelot restera irremplaçable, les Clubs du Livre des années cinquante et les cartonnages NRF sont des objets parfaits. Aujourd’hui, quelques éditeurs courageux, outre la collection de la Pléiade, plutôt que des paquets de papier tranché et collé, nous proposent l’indispensable union du beau texte et du beau livre : Zulma avec ses deux coffrets jumeaux deNouvelles du jour et de la nuit[7]aux délices fantastiques mêlés d’effrois et de merveilles, par Hubert Haddad, ou encore Toussaint Louverture dont leLivre du Chevalier Zifarou leZuleika Dobsonde Max Beerbohm savent réconcilier la beauté plastique, à l’ancienne ou rouge fantasque, avec des curiosités littéraires savoureuses.
Thierry Guinhut
A partir d’articles publiés dans Art Press, mars 1985
Que lire ? Et comment lire ? C’est à ces questions que, sur la grève érodée du temps littéraire, l’autorité et la modestie de la plume ou clavier du critique doivent répondre. Autorité, pas au sens de la posture brutale autoproclamée, fût-ce par ses pairs, mais au sens où l’on serait autant autorisé par ses compétences et sa culture que par la curiosité et la complicité de quelques happy few. Modestie, car il faudrait des siècles de lecture et de relecture pour épuiser la qualité d’une bibliothèque choisie avec perspicacité, sans compter les nouveaux volumes qui viendraient l’augmenter sans cesse. Quelle sont donc cette perspicacité, ce savoir et cette pénétration dont voudraient se targuer nombre de professionnels ou d’amateurs, sans compter le peu de poids de l’auteur de ces lignes ? Au-delà de la guerre au cliché, il faudra appréhender en un livre sa position générique et sa filiation, son amitié avec des productions qui ont marqué l’histoire littéraire, mais aussi sa posture de langage, sa capacité à renouveler le monde tel que nous le voyons et le vivons. En un mot se demander en quoi il est digne d’approcher, peu ou prou, les grandes œuvres de l’humanité.
Au-delà des clichés. Voilà le premier des commandements impératifs du critique. Il est évident que pour cela il faut avoir suffisamment lu, parmi des espaces, des temporalités littéraires suffisamment diverses, pour espérer sortir de la nasse des clichés où s’engluent bien des auteurs, quelques soient les époques, et où se complaisent leurs lecteurs.
Il serait discourtois ici de nommer des faiseurs de clichés, qui n’ont d’ailleurs pas forcément conscience d’en être. Cependant le lecteur avisé les reconnaîtra du premier coup de paragraphe. Nous connaissons tous -du moins quelques-uns parmi nous- cette sensation nauséeuse qui nous saisit lorsque ce que nous lisons s’affiche de soi-même comme du déjà-lu, du déjà-vu. Phrases creuses, consensuelles et plates, métaphores qui sont du copié-collé du langage courant et trivial du quotidien et de la rue, comme si le mince microcosme qui a la velléité de s’afficher sur la page était transparent. Mais au mauvais sens du terme : il n’y a rien à voir au travers de cette transparence. Il n’y rien à lire ni à vivre d’original, ni de surprenant parmi cette pauvreté narrative, cette absence d’idées, hors celles toutes faites, resucée d’assertions politiques ressassées sans aucun recul critique, de psychologie convenue, d’intimités pauvrement narcissiques, d’aventures en cascades explosives pour berner et assommer, comme un électro-disco-rap de rave party, l’espace de cerveau disponible… Ainsi, au travers de l’encre et du papier, seul le vide est bouche bée. Qu’on se rassure, il y une vaste et renouvelable clientèle pour ce genre de congruité avec le plat horizon d’attente du lectorat. Sans compter ceux qui les abreuvent au premier chef, la plus vaste cohorte des éditeurs et des critiques eux-mêmes.
Peut-être est-on moins clicheteux dans le domaine des essais que dans celui du roman et de la poésie, le lectorat étant un peu plus restreint, plus exigeant et savant. Hélas, on a connu les pires exemples de clichés en cette matière. Pensons au colossal succès de L’Horreur économique de Vivianne Forester. Il suffisait d’ouvrir les yeux autour du monde contemporain pour constater que le système économique capitaliste -mieux s’il est libéral et non d’état et de connivence- et malgré ses imperfections, était un formidable pourvoyeur de services et de libertés. Pourtant on accueillit, en enfant gâté-pourri, en adolescent boutonneux du ressentiment, en cégestiste blanchi sous la pauvreté neuronale, ce volume pas plus construit que le déversoir d’une poubelle, répétitif, pétri d’une cécité et d’une inculture béantes, avec des concerts d’admiration. Fort heureusement, il y eut des exemples d’excellents essais politiques et philosophiques, malgré leurs difficultés, qui rencontrèrent un succès estimable : pensons à La Fin de l’histoire et le dernier homme de Francis Fukuyama et à la Critique de la raison cynique de Peter Sloterdijk[1]. Reste que ce fut aux Etats-Unis et en Allemagne, qui pourtant n’auraient guère de droit à se réclamer de la virginité devant la pénétration du cliché. C’est d’ailleurs en ce dernier pays que Thilo Sarrazin vendit deux millions d’exemplaires de son iconoclaste essai sur la démographie et l’immigration islamique, L’Allemagne disparait[2]; quand la castration du silence l’accueillit en France. Comme l’originalité, la vérité dérange le confort intellectuel des oreilles qui se recroquevillent, au point d’atrophier le cerveau qui croit se jucher entre elles. En ce sens, le cliché intimiste est complice du cliché idéologique.
Il faudra également au critique littéraire tenter d’identifier le genre d’un livre, voire ses subversions génériques, les liens qu’il entretient avec ses confrères et devanciers. Qu’un roman soit d’initiation ou de société, d’aventure ou philosophique, psychologique ou satirique, lyrique ou polémique, voire parvienne jusqu’à l’enviable et rare qualité de la somme romanesque, doit être immédiatement dicible dans une recension critique, dans un analyse plus fouillée. La relation qu’il entretient avec ses devanciers, par l’allusion, le pastiche ou la parodie, le mouvement d’écart qu’il a su exercer par rapport à ces derniers, tout ceci doit compter pour beaucoup dans le recul conceptuel qui nous anime. Il n’est pas indifférent qu’un volume ait moins l’affection népotique de ses pairs germanopratins et médiatiques, la complicité d’une génération, plutôt qu’un fil invisible avec Borges ou Boccace, avec Musil ou Fuentes…
Photo : T. Guinhut.
Qualifier le style et la richesse d’idées, autrement dit le goût et la culture, du romancier, de l’essayiste, du poète reste primordial. En effet, qu’est-ce qu’un bon livre sinon celui dont toutes les phrases sont goûteuses, dont l’abondance et la finesse rhétorique, mais sans lourdeur, sont un bonheur intuitif, mais aussi déductif lorsqu’il s’agit d’en déplier les tropes si nous avons en mémoire les outils des Rhétoriques d’Aristote et de Cicéron ? Qu’est-ce qu’un bon livre sinon celui dans lequel au moins une idée nouvelle, dont on fait son miel intellectuel, surgit au détour de chaque page, pour nous surprendre, nous enrichir ? C’est ainsi que changent les perspectives de nos sensibilités aussi bien que de notre raisonnement, ce dont le critique doit être le garant. Au point qu’un nouveau livre engendre l’horizon d’attente du lecteur, au contraire de la posture courante qui voudrait que ce dernier soit le premier.
Identifions alors la capacité d’un livre à nous aspirer dans un univers inédit, à nous proposer une nouvelle image de la moindre chose quotidienne comme de la plus vaste société, une nouvelle lecture du monde et du moi, un « que vivre et comment vivre » ; ce dans le cadre d’une identification, d’une projection, ou d’un ailleurs inatteignable de soi, mais rendu visible par le prisme d’abord inconnu de l’écrivain. Ainsi, La recherche du temps perdu de Marcel Proust nous aspire dans l’éventail de la connaissance d’un monde qui appartient autant au passé d’une société qu’au présent du moi ; quand 2666 de Roberto Bolano[3] nous aspire dans l’inconnaissance autant du mystère du mal coupable de centaines de meurtres de jeunes mexicaines que des vaniteux critiques littéraires fascinés par le grand écrivain absent…
Est-il possible, si l’on commet une note, une chronique, un article, une étude, sur tel ou tel romancier, poète, essayiste, qu’il soit ancien ou nouveau venu, de ne pas déroger à cette éthique du critique littéraire ? Faillible, nous le sommes assurément. Derrière les quelques arbres de notre connaissance, se cache l’ogresque forêt de notre ignorance. Pire encore, nous ouvrons entre nos mains impatientes un chef d’œuvre que nous ne saurions, faute de capacité d’accueil sensible et intellectuel, de par notre horizon d’attente trop étriqué encore, apprécier ; nous l’avons donc manqué sans le savoir. Que nous soyons lecteur, éditeur, écrivain ou critique, il est en nous un devoir sans pitié : chasser l’ingratitude et la coquille vide des mauvais livres. Mais aussi une éducation à l’humilité : peut-être ce livre, ce blog - car à l’encre d’imprimerie s’adjoint le territoire nouveau des pixels des écrans - recèlent-ils un livre marquant que nous ne savons pas encore accueillir comme il le mérite...
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Des livres publiés aux critiques littéraires, en passant par des inédits : essais, sonnets, extraits de romans à venir... Le monde des littératures et d'une pensée politique et esthétique par l'écrivain et photographe Thierry Guinhut.