Parador de Molina de Aragon, Guadalajara, Castilla la Mancha.
Photographie : T. Guinhut.
La Juriste, le claveciniste,
roman.
VI
La fuite vers Virtus.
Une fois installés dans l’avion environné de brumes mouvantes, grises, effilochées, puis dominées par l’altitude que nous gagnions, le hublot me renvoyait un reflet flouté de mon visage ; alors que Clara se reposait contre mon épaule, qui avait sans doute été plus inquiète que moi, inconscient jeune homme, lors des formalités douanières, qui se révélèrent cependant étonnamment aisées, je vis défiler dans le pétillement de mon cortex les événements de la matinée :
- Conjurer le mal, certes. Il y a, en revanche, un problème d’importance. Depuis deux semaines, seuls ceux qui bénéficient de la nationalité virtutienne peuvent entrer dans le territoire de Virtus. Donc, légalement, tu ne peux m’accompagner. Et je crains que ton précédent visa, expiré d’ailleurs, ne nous soit d’aucun secours. À moins que…
- À moins que ?
- J’ai vérifié. Les services de l’Etat civil, dans la Mairie voisine, sont encore opérationnels ; pour quelques temps du moins. Ta carte d’identité suffira. Allons-y. C’est à trois pas…Toujours escortés par le bon Gérald, qui ne cessait de scruter les alentours avec l’application d’un dogue, deux angles de rues nous permirent d’accéder aux bureaux de l’Etat Civil.
-En vertu de méfiantes précautions accordées aux ressortissants de l’Etat local en décomposition, casier judiciaire vierge, pas d’antécédents islamiste, fasciste ni communiste, ce mariage sera reconnu en Virtus.
- Nous marier ?
- Quoi d’autre ? Tu oserais ne pas vouloir de moi ?
- Je ne veux en aucun cas prétendre à être le maître de votre fortune, ni être votre maître d’ailleurs.
- Cher maître de musique, n’es-tu pas le maître de mes cinq sens ? N’es-tu pas ma vertu amoureuse…
- En effet, chère Clara.
- Alors, pas d’objection. Sois rassuré, tu ne seras pas mon prisonnier.
- Je n’ai jamais pensé à une telle occurrence.
- Alors, pas d’objection.
- Pas la moindre objection. En toute liberté d’amour.
Quelques minutes plus tard, nous étions chacun munis d’un petit livret de cuir rouge, décoré, outre les tampons officiels, d’une incroyable photographie nous associant côte à côte, qui nous consacrait civilement mari et femme, aussi rouge qu’un soupçon de rouge à lèvres sur le col de ma chemise bleutée.
- Dès notre arrivée à Veveney, ces documents seront validés par l’administration virtutienne. Nous nous endormirons, nous réveillerons, et vivrons main dans la main.
- Chère Clara, quel étrange destin a pu me permettre d’hériter d’un tel bonheur…
- Gardons nos émotions pour Virtus. Ne nous attardons pas dans les restes décharnés de cette ville.
Dès l’aurore, un quintette de déménageurs professionnels s’était vivement affairé, emballant les tableaux dans des boites de bois, grutant le Steinway par la plus large fenêtre, transbahutant les meubles précieux, un coffre-fort de titane, alors qu’Hortense et Gérald œuvraient avec une célérité qui, visiblement ne devait rien à l’improvisation. Un moment plus tard, précédés et suivis par un couple de voitures noires, peuplées de gardiens sévères, nous partions vers mon modeste logement pour voir réaliser de semblables manipulations avec mes instruments, mes partitions, quelques effets personnels. Je voyais mon petit univers dévasté, emporté. Et moi avec dans je ne savais quel saut temporel, géographique et existentiel ; quoique la main sur mon bras fusse là pour me rassurer.
- N’ai crainte, Aymeric, vous savez que vous êtes avec moi en toute confiance…
- Mon père vous a trouvé « fulgurante » ; c’est le mot qu’il a employé.
- Pourquoi, lorsqu’il a eu avec toi cette dernière conversation privée dans le salon aux échecs, n’a-t-il pas consenti à nous suivre ?
- N’avez-vous pas constaté qu’il est âgé ? Il est devenu père à soixante ans, avec une femme de quarante ans, par accident. C’est lui qui m’a élevé. Je lui en suis reconnaissant. Mais son cœur fragile préfère rester dans sa routine, il aime jouer aux échecs avec ses amis du club… De surcroit il ne veut surtout pas être un poids…
Les voitures nous conduisirent au travers d’avenues apparemment tranquilles, malgré encore maints cadavres de poubelles dispersés, avec bien des habitants vaquant à leurs occupations comme si de rien n’était, quoiqu’avec furtivité. Quant à l’avenue Beauregard, elle ne méritait plus son nom, tant ses vitrines avaient été fracassées, éclatées, pillés et taguées aux cris noirs d’ « Allah Akhbar » et aux cris rouges de « Mort au capitalisme ». Puis un boulevard où stationnaient des fourgons policiers. « Le calme avant la tempête », commenta Gérald. Aux abords de l’accès autoroutier qui conduisait à l’aéroport, des véhicules blindés patientaient. Alors que le péage portait les marques noirâtres de l’incendie, des militaires surarmés vérifiaient avec circonspection les plaques d’immatriculation, les cartes grises. Pourtant l’on nous laissa passer d’un geste, ce qui me laissa éberlué.
- Ne vous étonnez pas Aymeric. Qui oserait importuner un véhicule immatriculé à Virtus ? De plus notre passeport consulaire nous assure une imparable immunité.
- Toutes ces forces armées sont-elles nécessaires ?
- Ne vous y trompez pas, intervint Gérald, seuls les quartiers un brin prestigieux et les voix d’accès les plus stratégiques y ont encore droit. Les banlieues et les quartiers populaires sont abandonnés à leur sort. Sachez-le, les instincts des meutes prédatrices ne se réveillent, comme les vampires, qu’à la tombée de la nuit, ragaillardis.
L’aéroport était également à son entrée gardé ; mais une fois de plus au bénéfice de nos sauf-conduits, nous rejoignîmes sans encombre les abords d’un avion aux lignes pures, alors qu’auprès de lui, un autre aux formes plus lourdes embarquait déjà les conteneurs qui abritaient nos possessions ; sans oublier nos voitures…
Lors de la manœuvre circonspecte de l’appareil pour aborder la piste, auprès du circulaire hublot, qui me renvoyait le reflet de mon nouveau visage, si je savais à peu près quel moi je laissai sans retour, je me demandais quel moi j’allais embrasser. Seule Clara, vêtue d’une discrète salopette de toile écrue, sa chevelure ramassée dans le plus étroit chignon possible, contre mon épaule, m’empêchait de succomber au vertige.
La Rochelle-Genève.
Photographie : T. Guinhut.
En quittant le sol, à l’instant du bond de la lévitation aéronautique, je contemplais, morose, dans les bas-fonds de la terre étalée, une capitale grisâtre où j’abandonnai mon enfance, mon vieux paternel, le Conservatoire, quelques confrères et professeurs appréciés. Qui sait si tout cela n’appartenait plus qu’aux casiers de la mémoire, non seulement personnelle, mais, plus largement, à la mémoire d’une civilisation en voie de révocation. Fort heureusement, la main dans la mienne de Clara savait m’électriser, me calmement surexciter. Mieux encore, dans mes yeux son regard me versait une tendresse dont la fermeté ne pouvait laisser se disjoindre par le moindre doute.
- Ne sois pas inquiet, Aymeric. Tu trouveras de l’autre côté de la frontière du mal tout ce dont tu auras besoin pour développer ton art. Je te soutiens.
- Merci Clara. Je ne veux pas être dépendant, ni tout vous devoir. Je me dois de cultiver une raisonnable indépendance, assurer mes modestes finances, contribuer à notre prospérité si possible.
- Cela va sans dire.
Les plaines banlieusardes défilaient. Cependant, sans le moindre nuage, le ciel s’ouvrait comme une promesse exaltante, un livre dont les pages s’étalaient, prêtes à l’écriture d’une histoire. Mais en quittant les zones urbanisées, les champs et les forêts étaient de plus en plus ponctués, salis, de fumerolles, de panaches de fumée...
- Le jihad par le feu, commenta placidement Gérald, qui siégeait derrière nous en compagnie de son Hortense. Voulez-vous connaître le bilan provisoire ?
- Ne vous gênez pas, Gérald.
- En ce qui concerne Le Palais des Saisons, il semble que le seul but des émeutiers, hors le vandalisme, ait été l’égorgement de Charles Heidsick, malgré quelques employés molestés. Sans omettre une razzia d’argent liquide dans les caisses du bar, du restaurant et de la réception. Nombre de palaces semblables ont été également assaillis. Il semblerait que les brutes fanatiques aient été bien renseignées, ciblant les grands propriétaires, les « ultra-riches », comme ils disent. Ce simultanément, à la minute près, de manière coordonnée, donc. Une vingtaine de victimes selon le même mode barbare. Des magasins de luxe éclatés et pillés, des employés bousculés et blessés par les éclats de verre. Une trentaine d’églises profanées ou brulées, trois prêtres égorgés, douze religieuses ensanglantées, deux synagogues attaquées au mortier, ainsi que cinq postes de police. Un club homosexuel et un bar lesbien couverts de cadavres encore à décompter. Très peu d’assaillants arrêtés pour le moment, et encore peut-être ne s’agit-il que de seconds couteaux, tant ils avaient visiblement minuté leurs dispersions, ainsi que l’abandon des cagoules, des sweats noirs et des armes de poings dans les poubelles… Hors de la capitale, de semblables opérations ont été menées dans plusieurs villes de province, dix-sept villes ayant été concernées, si l’on se fie moins aux médias officiels lénifiants qu’aux réseaux sociaux enfiévrés. Le gouvernement temporise, arguant d’une fortuite délinquance, déniant le caractère terroriste islamiste et l’implication du parti communiste révolutionnaire.
- C’était passablement prévisible. Il n’a pas que les clavecins pour être vandalisés.
- Je crains de n’avoir rien vu venir…
- Bientôt et déjà, tu sais mieux voir. Lorsque tu es venu à Basileus, Aymeric, tu n’as presque rien observé de Virtus, n’est-ce pas ?
- En effet, puisque son aéroport est non loin de la frontière. Un métro m’a propulsé dans la ville. Et à part mon hôtel dans une avenue aux immeubles dix-neuvièmes, le Palais de la Schola Cantorum dont je ne suis guère sorti, un restaurant à terrasse auprès du fleuve avec Edmond, c’est comme si j’avais été aveugle à la Confédération.
- Eh bien, désormais, regarde attentivement. Après ce voile de nuages bas et de fumées qui obstrue de longtemps la vision du territoire que nous quittons, voici la chaîne montagneuse aux longues courbes forestières qui surgit, matérialisant la frontière que nous allons dans quelques instants dépasser.
- Chère Clara, ces quelques instants ne sont-ils pas suffisants – et néanmoins symboliques – pour que je vous offre quelque chose ?
- Quoi donc, Aymeric, je suis bien curieuse…
- Ouvrez cette petite boite recouverte de soie vieux-rose.
- Mais tu es trop chou ! Une bague ; ne doit elle pas orner mon annulaire ?
- Elle vient de ma grand-mère. Qui n’a pu la transmettre à ma mère puisqu’elle ne s’est pas mariée, m’abandonnant à mon père et à la dame à tout faire de la famille qui m’a tenu lieu de mère.
- Où est cette dame ?
- Elle s’appelait Sidonie ; elle était vieille comme le temps, qui a fini par l’emporter. Je doute que cette bague ait beaucoup de valeur face au jugement d’un joailler…
- C’est un diamant rose. Mais qu’importe son prix éventuel, elle est jolie comme un cœur de libellule, et la sentant se glisser à mon doigt par le soin de tes doigts, je l’aime autant que toi. Ce qui n’est pas un vain mot.
- Tu n’ignores pas que c’est profondément réciproque, chère Clara.
- Rassure-toi, il y a parmi le legs de mon grand-père, dans la villa qui nous attend, de quoi te rendre la politesse.
- Mon annulaire frétille d’impatience. En te remerciant par avance…
- En attendant, ne mérite-t-il pas un bisou ?
- C’est comme si tu m’embrassais jusqu’au plus secret du muscle cardiaque…
- Depuis quand as-tu cet anneau caché dans ta sacoche de cuir ancien ?
- Aussitôt après que ton doigt ait posé un bisou sur ma joue, dans le salon de musique du Palais des Saisons. C’était idiot ; je vous connaissais à peine, je n’avais aucune légitimité morale à penser à vous confier cette bague hautement familiale, n’est-ce pas. Je n’aurais pas même imaginé de penser à vous épouser. Ce n’était qu’instinctif ; mais prémonitoire, si l’on veut.
Chequilla, Guadlajara, Castilla la Mancha.
Photographie : T. Guinhut.
- Puisque ce double talisman nous unit, observe avec moi le pays de Virtus, qui va bientôt apparaître au-delà de cette chaine rocheuse et creusée de gorges. Sa crête longiligne escarpée marque la frontière. D’abord ces ondulations boisées et ces pelouses d’altitude, plongeant soudain entre des falaises vers des espaces abritant sur notre versant des lacs par dizaines. Le rebord de cet immense plateau cache des mines d’or, de tungstène, de cuivre et autres métaux rares, mines entièrement robotisées, ce que ne laisse pas deviner la vieille cité de Nyoncastel aux remparts médiévaux. Plus loin, la ville de Bernina est étalée comme une constellation, ses architectures ultramodernes luisant blanches et roses en fonction de la lumière du jour parmi de légères collines bleutées dans la brume de fin de matinée.
- L’on dirait une peinture digne du romantisme allemand. Comme de Caspar-David Friedrich…
- Notre avion ne va survoler qu’un petit cinquième de l’espace de Virtus. Tu sais déjà, n’est-ce pas, qu’il s’agit là d’une survivance étonnante de l’Empire romain, que les Barbares et la peste du VI° siècle ont épargnée. Si la Renaissance y fut flamboyante et sagace, ce fut la patrie d’élection de bien des philosophes des Lumières, fuyant la Terreur de la révolution française, et d’économiste libéraux, fuyant les tyrannies nazie et communiste du XX° siècle. Des forêts, des prairies, plusieurs chaines de collines mamelonnées, des centrales nucléaires au thorium, des gisements de gaz et de pétrole inépuisables, judicieusement et proprement exploités, des industries pharmaceutiques de pointe, des secteurs technologiques innovants, des bases militaires et autres abris antiatomiques avec des moyens aériens considérables cachés sous les montagnes. Le tout au secours d’une neutralité légendaire. De nombreux barrages hydroélectriques à l’horizon de plaines fertiles. Des villes aérées et reliées par un maillage d’autoroutes et d’aéroports. Si nous poussions nettement plus au nord, ce seraient les confins de la mer boréale et ses estuaires où flottent parfois des glaces hivernales. Et si nous glissions plus au sud, nous serions impressionnés par les gigantesques Alpes Virtutiennes. Leurs versants ensoleillés bénéficient d’un climat méditerranéen où brillent des myriades de lacs dont les eaux arrosent la mer Vénète. Partout, des cathédrales que n’ont jamais vandalisées ni souillées les guerres de religions. Des musées richissimes, depuis la plus haute antiquité jusqu’à l’art contemporain. Trois langues officielles, le français, l’italien, l’allemand, sans compter le latin encore en usage, que pratiquent aisément la plupart de nos concitoyens. Une constitution qui assure les libertés politiques et économiques au dépend de toutes coercition, qui interdit les déficits et les dettes publics, un secteur privé divers et omniprésent, un chômage infinitésimal, ce qui permet à un Virtutien sur quatre d’être millionnaire, alors que le Produit Intérieur Brut moyen par habitant est le triple de celui de cette France que nous fuyons sans regret.
- Est-ce si parfait ?
- Pas loin.
- Et où se trouve Veveney, où nous nous rendons ?
- Sur le versant nord du plus grand lac de Virtus, celui de Ginebra, que peux maintenant voir se dessiner, en forme de croissant, calme, étincelant de soleil. Les vignobles de Veveney sont célèbres. Au moins autant que ses entreprises pharmaceutiques. Mais aussi, à ton service, ses salles de concert, ses conservatoires, ses chapelles musicales, entre Ginebra, Lausanias et Veveney elle-même.
- Pourquoi m’avoir choisi ?
- Parce que tu es un autre monde.
- Je n’aurais jamais cru que caresser une personne puisse être plus gratifiant encore que toucher un clavecin. Et, miracle, cette personne, c’est Clara Meyerberg…
- C’est un beau compliment que tu me fais là, Aymeric. Je sais l’apprécier à sa juste valeur. Pose encore tes doigts dans mon cou, oui, c’est le contrepoint du battement de mon artère jugulaire…
Il ne fallut que quelques minutes infinies de tendre silence entre nous deux pour que notre avion atterrisse enfin à Ginebra, parmi des pistes qu’ombraient au loin les silhouettes montagneuses bleutées. Les contrôles, visiblement soupçonneux autour de nous, nous laissèrent passer à l’instant où Clara montra une carte magnétique aux couleurs arc-en-ciel de Virtus. Ma carte d’identité française fut épargnée, comme si elle n’avait plus aucune valeur.
- Cher Aymeric, tu n’es pas encore officiellement citoyen de Virtus ; mais cela ne saurait tarder.
- Comment le devient-on ?
- L’argent peut aider. Mais pas seulement. L’absence de toute délinquance de la part de l’impétrant est évidemment requise. L’essentiel cependant est d’être en mesure d’apporter quelque chose à Virtus, en termes scientifique, économique, artistique. Tu remplis cette dernière condition. Ainsi que la présence d’un garant passablement prestigieux. C’est là que j’interviens.
- C’est tout simplement vertigineux ! À quelle bonté du destin dois-je une telle attention ?
- Parce que tu as un destin. Et parce je suis ta destinée.
- Rassurez-vous Monsieur Châteaurenaud, intervint Hortense derrière nous. Nous y œuvrons déjà.
- Tu devras apprendre par cœur les vingt pages de la Constitution. Mais je suppose que ta mémoire te le permettra sans peine.
- En effet. Ce sera certainement beaucoup plus aisé que d’engranger les Variations Goldberg.
- Notre voiture est livrée avec la célérité prévue. Venez. Ne vous préoccupez pas de vos bagages et autres possessions. Ils suivront.
Le confortable véhicule qui nous avait en France convoyé glissait sur une autoroute urbaine, à distance d’immeubles intacts et clairs, auprès desquels moult passants déambulaient, totalement dépourvus d’intranquillité. Nous glissions souvent parmi des tunnels cyclopéens et purement éclairées, qui épargnaient le paysage, puis en balcon au-dessus de la vaste étendue soudaine du lac de Ginebra, dont les flots paisibles étaient parfois sillonnés de voiliers couleurs de coquillages enchantés.
Après un embranchement routier, qui, progressivement, de courbe en courbe, alternait entre les vignobles et les bords du lac, une allée discrète, ascendante, nous amena auprès d’un porche qu’un dôme forestier protégeait : c’était l’entrée de la villa de Veveney, où j’allais, avec Clara, enclencher mon avenir. Quel miroir, plus circulaire que l’Ouroboros, ou plus quadrangulaire qu’un inédit clavier, où ne peut manquer d’apparaitre le visage de Clara Meyerberg, allais-je y trouver…
Parador de Almagro, Ciudad Real, Castilla la Mancha.
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Des livres publiés aux critiques littéraires, en passant par des inédits : essais, sonnets, extraits de romans à venir... Le monde des littératures et d'une pensée politique et esthétique par l'écrivain et photographe Thierry Guinhut.