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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 12:54

 

Autoportrait à la cabane du Col de Joux, Mérens-les-Vals, Ariège.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Tempérament et rationalisme politique,

 

entre Karl Marx et Adam Smith.

 

 

 

       Dès la sortie de l’utérus, de quelle liberté naturelle disposai-je ? J’aimerais supposer qu’à cet instant je savais pouvoir bientôt contempler librement les sphères du cosmos, au-delà des premières étoiles de la doxa, bien au-dessus de la mer de nuages recouvrant l’obscurantisme et la servitude politiques. D’où vient que je sois devenu libéral et non socialfachocommuniste ? D’où vient que j’aie choisi la voie terrestre et rationaliste d’Aristote en sa Politique pour aboutir au libéralisme, plutôt que celle utopique de Platon en sa République totalitaire ? D'où vient que j'aie choisi La Richesse des nations d'Adam Smith plutôt que le Manifeste communiste de Marx ? On pourrait s’étonner que depuis la même origine cosmique et animale les humains proposent de telles différences en termes de convictions politiques et de contrat social. Il faut croire que le milieu culturel et l’éducation ne suffisent pas à expliquer ces orientations, puisque, si diverses, leurs déterminismes vont jusqu’à permette qu’un individu s’en affranchisse. N’y aurait-il pas là quelque chose du tempérament personnel mais aussi du rationalisme intellectuel pour expliquer, tant que faire se peut, le destin mental de nos choix sociétaux et politiques…

 

      On me pardonnera je l’espère ce soupçon d’autobiographie. Né dans une famille modeste passablement inculte, quelle chance avais-je de devenir, sans en faire un titre de gloire, un intellectuel libéral ? Mes parents, pour l’une était dépourvue de tout discours politique, pour l’autre était vaguement de droite conservatrice, par atavisme paysan, quoique irreligieux, attaché à Jacques Chirac pour cause d’âge commun, attaché aux valeurs du travail et de la propriété terrienne. Ma seule chance fut d’habiter dans une ville universitaire. Pourquoi réclamai-je des livres, des encyclopédies, alors que l’on lisait si peu ou pas du tout autour de moi, même si l’école obligatoire y a peut-être contribué ? Pourquoi découvris-je Jules Verne et le romantisme allemand, France Musique, Schumann et Bach, alors que l’on se limitait à RTL et aux variétés d’usage ? Pourquoi encore, stimulé par mon enseignante de philosophie qui proposa l’étude de Marx et de Nietzsche, me sentais-je cette différence, cette indépendance… Certainement de par une répugnance à la fois innée et intellectuelle envers tout enfermement dans un concept de classe, de masse, de nation, dans tout déterminisme sociologique, qu’il soit conservateur ou marxiste. Quant à cette pulsion aristocratique, peut-être orgueilleuse, qui me poussait vers l’élection des arts et de la littérature, d’où me venait-elle ? Finissant ainsi bientôt par me persuader que la démocratie était devenue pour moi : « une aristocratie qui s’est élargie au point de devenir une aristocratie universelle[1] ».

 

 

       Un tempérament éthique et esthétique serait alors plus ou moins à l’œuvre en chacun de nous de façon à nous différencier. Si l’on ne peut remettre en question le rôle prépondérant et invariablement nécessaire de l’éducation, il n’en reste pas moins que la nécessité de l’acquis n’écarte en rien le caractère originel d’une innéité. Sans aller jusqu’à prendre le pari plus que risqué d’une inscription génétique des goûts et des philosophies, on peut imaginer que nos biochimies ne nous proposent pas à tous les mêmes chemins. Sans recourir à la théorie des humeurs des Anciens, une approche neuronale et psychologique des tempéraments politiques peut être effleurée. Ainsi, entre le libéral, le socialiste et le totalitaire, que ce dernier soit communiste, fasciste ou théocrate islamiste, les différences sont criantes.

      A peine au-delà du roi philosophe platonicien, du socialiste magistrat philosophe égaré par l’hubris intellectuel, l’homme totalitaire a quelque chose du tempérament sanguin, du coléreux, sans cesse aiguillonné par la libido dominandi, par la foi en son concept politique englobant et salutaire, voire miraculeux. Il ne supporte pas que qui que ce soit échappe à sa doxa, à sa bienfaisance, à sa horde de préjugés, à sa tyrannie, familiale, étatiste, nationaliste ou théocratique, dans une sorte de crispation mimétique où l’autre est sommé d’être comme soi, sinon rendu esclave… Nombreux par ailleurs sont ceux qui adhèrent à un totalitarisme du groupe, de l’instinct grégaire, de la corporation professionnelle, syndicale ou de parti, par goût de la servitude volontaire, par paresse et passivité, mais aussi par envie et ressentiment envers les nantis, envers ceux qui savent réussir, par goût de l’égalité contrainte, par nécessité intime de sentir rassurés en les rails d’une idéologie, qu’elle soit marxiste ou religieuse, et par la chaude communauté de destin d’une confrérie. A moins que la foule, la meute, permettent de libérer les instincts les plus brutaux, les plus violents, sous couvert de la force collective et d’une pseudo légitimité révolutionnaire ou théologique.

 

      Le libéral quant à lui est un indépendant paisible, un individualiste entreprenant respectant l’individualisme de ses partenaires, un amant du doux commerce selon Montesquieu, un qui a le goût du risque, de la responsabilité et de l’indépendance, sans craindre l’acuité de la solitude. Depuis l’animal politique libre aristotélicien et dans la tradition humaniste du libre arbitre de Saint Thomas d’Aquin, il s’affranchit de la fatalité divine et de la grâce augustinienne pour valoriser son thymos[2], son soi fier, et satisfaire son désir de reconnaissance, reconnaissant du même coup celui de tout homme. En passant par les Lumières, de Locke à Voltaire, il tolère ainsi la liberté d’autrui, que ce soit par indifférence ou par cet égoïsme et ces vices privés (avarice et cupidité) qui contribuent aux vertus publiques de la prospérité, pour reprendre l’argumentation de Mandeville dans La Fable des abeilles[3], ou de par le soin de la « main invisible[4] » du marché conceptualisée par Adam Smith. De même, en s’appuyant sur des valeurs d’étude, de travail et de mérite, dans le cadre du respect de la propriété, et du pluralisme dynamique du marché, voire de la capacité d’association, il éprouve le juste respect d’un contrat social cohérent avec son profil psychologique et intellectuel. Il sait la nécessité, pour jouir de ses propres libertés, d’accorder et d’encourager ces mêmes libertés économiques, d’expression et de mœurs à autrui, que ce soit par empathie ou par calcul rationnel…

 

 

        Car à en rester à cette voie du tempérament politique, il n’y aurait plus qu’à baigner dans le relativisme et abandonner toute prétention à faire du libéralisme politique un universalisme. Sauf qu’une démarche intellectuelle rationnelle simple (c’est alors qu’intervient l’éducation) permet de départager le libéral du totalitaire plus ou moins doux et plus ou moins bien intentionné. Certes, on peut imaginer que parmi ceux qui choisissent un socialisme, qu’il soit rose, rouge, brun ou vert, qu’il soit national ou international, il en est quelques-uns animés du sens de l’utopie, et d’une empathie au service de l’humanité. Mais l’on sait que l’enfer est pavé des meilleures intentions, et que les généreuses planifications d’un bonheur à tous imposé par la gestion prétendument rigoureuse d’un parti, d’un état ou d’un orwellien gouvernement mondial ne peuvent qu’écraser les individus sous le marteau de l’égalité. Et bientôt exacerber les insupportables inégalités et les frustrations qu’une culture du ressentiment contribue à surexploiter par ces « banques de la colère »[5] que sont les partis révolutionnaires. C’est ainsi que l’Histoire a montré que l’égalité de la pauvreté parmi les états communistes, hors pour quelques oligarques et apparatchiks, reste la moins pire des conditions, avant la concentration meurtrière des goulags …

       Il faut alors porter un regard objectif sur les conditions de la prospérité économique. Où et grâce à quelle culture, quelle démocratie, quelle éthique économique fondée sur le marché et la concurrence est-on le mieux parvenu à libérer le maximum d’humanité des tyrannies de la pauvreté et de la censure, sinon dans les démocraties libérales occidentales ? Un simple examen permet de constater par exemple que ce sont des politiciens qu’il est de bon ton de décrier, comme Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui ont permis que sous leurs mandats, grâce à une politique libérale de diminution considérable des impôts pour les particuliers et les entreprises, le chômage fut divisé par deux, pour être ramené autour de 5%, ce que l’on appelle d’ailleurs un chômage structurel. De constater qu’avec les mêmes conditions de mondialisation et de concurrence internationale que la France malheureuse, l’Allemagne, le Canada et la Suède surfent allègrement sur les voies de la prospérité économique… A l’observateur rationnel ne peut manquer la sagacité qui permet de constater que les politiques de dette, de déséquilibre budgétaire, de contrôle des loyers, de relance keynésienne et d’interventionnisme étatique, de redistribution et de delirium fiscal, fussent-elles animées des meilleures intentions de la justice sociale et de la libido dominandi, sont non seulement contreproductives mais attentatoires aux droits de propriété et à la liberté d’entreprendre, donc foncièrement immorales. Car « contrôle économique et totalitarisme[6] » vont bientôt de pair. Devons-nous accuser nos gouvernants du seul aveuglement idéologique, ou de cet appétit de pouvoir qui les voit préférer un absolutisme colbertiste et socialiste supporté par la démagogie, ou de cynisme mortifère et suicidaire ? A moins que le rationalisme économique et politique soit parfaitement étranger à leur système neuronal…

 

      Ce serait évidemment, en me parant du titre de libéral issu des Lumières, autant par tempérament que par rationalisme, me tresser une couronne de lauriers moraux que la modestie m’interdit de porter… Ainsi l’amant des libertés, quoique en se gardant de tout « dogmatisme du libéralisme[7] », trouvera-t-il une pensée aussi cohérente qu’efficace au service du développement de l’humanité. Et, auprès d’une bibliothèque des écrivains et philosophes choisis, un sommet montagneux où s’isoler des nuisances totalitaires, à moins que ces dernières ne lui laissent que l’abri précaire d’un sommet intérieur.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Leo Strauss : Le Libéralisme antique et moderne, PUF, 1990, p 15.

[2] Ce terme, venu de La République de Platon, a été repris par Francis Fukuyama en tant que « désir de reconnaissance », ce dans le cadre de la démocratie libérale comme aboutissement ; dans La Fin de l’Histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992.

[3] Dans Les Penseurs libéraux, Les Belles Lettres, 2012, p 193 à 199.

[4] Adam Smith : Enquête sur la nature et les causes de la Richesse des nations, PUF, 1995, p 513.

[5] Peter Sloterdijk : Colère et temps, Hachette Littérature, 2009, p 87.

[6] Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 2010, p 68 et suivantes.

[7] Raymond Aron : Essai sur les libertés, Calmann-Lévy, 1965, p 228.

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 13:35

 

Siguës, Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

De Bakounine aux Libéraux.

 

 

 

 

       Brute épaisse ou bon sauvage, nos ancêtres préhistoriques, homo lupus ou homo sapiens, n’avaient pas encore inventé l’Etat pour mieux s’entretuer ou mieux se protéger et s’organiser. Il faut supposer que les progrès de l’Histoire ont eu besoin de l’Etat, cet administrateur de la société, pour établir les bienfaits qui nous ont permis plus de démocratie, d’espérance de vie, de confort matériel et intellectuel. Ainsi la liberté d’expression, de publication, de circulation et d’entreprendre ont contribué à la richesse des nations et des individus. Quoique l’Etat ait pu paver ce chemin réjouissant des joyeusetés de la tyrannie, des plus abominables aux plus douces, en passant par les plus insidieuses… Sommes-nous sûr de pouvoir bénéficier de plus de liberté sans cet Etat qui peut aller jusqu’à devenir liberticide ? A la fantasmatique liberté sans Etat, il faut opposer l’Etat garant des libertés non sans se demander si l’on peut tempérer le trop d’Etat par un Etat minimal.

 

       L’anarchisme de Proudhon et de Bakounine, avec son « ni dieu ni maître », rejette l’Etat au nom du plus haut degré de liberté individuelle : « L'Etat n’est pas la Patrie ; c’est l’abstraction, la fiction métaphysique, mystique, politique, juridique de la Patrie[1] » disait Bakounine, c’est aussi « le patrimoine d’une classe privilégiée quelconque[2] » Devant la dimension militaire de l’Etat, y compris contre son propre peuple, arguant que l’homme, « s’il est réellement amoureux de la liberté, doit détester la discipline qui fait de lui un esclave », Bakounine conclut à  « l’absolue nécessité de la destruction des Etats[3] ». Il faudrait alors que le peuple « ait atteint un si haut degré de moralité et de culture qu’il ne doive plus avoir besoin ni de gouvernement, ni d’Etat.[4] » Marx lui-même postulait le stade ultime du communisme dans lequel l’Etat aurait disparu. On sait pourtant que le stade initial et final des Etats communistes fut la disparition non seulement des libertés mais aussi de l’homme dans leurs goulags.

       Si « la propriété c’est le vol » selon Proudhon, la liberté n’a rien à faire d’un Etat qui garantirait la propriété individuelle et capitaliste. Sans Etat, plus de coercition de l’accaparement des richesses et des biens, mais une communauté idéale des hommes. Serions-nous alors plus libre si aucune propriété n’était garantie ? La séduisante utopie critique du pouvoir par l’anarchisme bute sur l’anti-utopie d’une liberté impuissante.

 

       Car, à cette fiction trop idéaliste de l’absence totale d’Etat, il faut opposer la nécessité d’un Etat qui puisse préserver chacun de nous des violences contre nos libertés. Même si Bakounine croit devoir réfuter cet argument pourtant solide « L’Etat ne restreint la liberté de ses membres qu’autant qu’elle est portée vers l’injustice, vers le mal. Il les empêche de s’entretuer, de se piller et de s’offenser mutuellement, et en général de faire le mal, leur laissant au contraire liberté pleine et entière pour le bien.[5] »

       Ainsi, seul l’Etat de droit permet, dans un cadre juridique, empreint de modestie et toujours à parfaire, à la liberté de s’épanouir. Pour ce faire, Hobbes ou Locke proposent deux directions. Le premier préconise un Etat assis sur la force qui détermine le droit. Le second ne légitime l’Etat que s’il est soumis au droit naturel. « L’état naturel des hommes, avant qu’ils eussent formé des sociétés, était une guerre perpétuelle (…) une guerre de tous contre tous[6] » ou encore une « guerre où chacun est l’ennemi de chacun[7] ». C’est en effet ainsi qu’en 1651 Hobbes, dans le Léviathan, assigne à l’Etat une fin indispensable, la sécurité du particulier qui donne ainsi son consentement à l’Etat : « j’autorise cet homme ou cette assemblée d’hommes, et je lui abandonne mon droit à me gouverner moi-même ». Voici alors formée « la génération de ce grand Léviathan, ou (…) de ce dieu mortel, auquel nous devons, sous le dieu immortel, notre paix et notre défense[8] ». Mais également donc, notre liberté. A moins que cette dernière soit réduite de manière autoritaire par ce même Léviathan, au point de ne pouvoir imaginer la légitimité de la moindre désobéissance civile qui s’appuierait pourtant sur le droit naturel.

       Ce pourquoi Locke, en 1690, postule un Etat garant de « cette liberté par laquelle l’on est point assujetti à un pouvoir absolu et arbitraire ». De plus, « la liberté, dans la société civile, consiste à n’être soumis à aucun pouvoir législatif, qu’à celui qui a été établi par le consentement de la communauté[9] ». Reste que cette communauté n’est pas infaillible et qu’elle peut, volontairement ou involontairement, par excès de zèle, nous soumettre à cette « servitude volontaire[10] » dont parlait La Boétie.

       C’est enfin Rousseau qui, plus démocratique qu’Hobbes, en 1762, pose le principe d’un contrat entre les citoyens, établissant la participation de tous à la vie politique et de « bien distinguer les droits respectifs des Citoyens et du Souverain, et les devoirs qu’ont à remplir les premiers en tant que sujets[11] », tout cela dans le cadre d’un « bon gouvernement » au bénéfice de « la conservation et la prospérité de ses membres[12] ». Sachant que Rousseau compte que son gouvernement prévienne l’inégalité des fortunes,  le chemin est tracé pour que ces dernières puissent être assurées au XXème siècle, grâce à l’action redistributrice de l’Etat providence qui aura soin de veiller aux libertés des plus défavorisés.

 

Jean-Jacques Rousseau : Contrat social, Le Prieur, 1793.

Photo : T. Guinhut.

 

      Hélas le « contrat social », assis sur « la volonté générale » que prônait Rousseau, pèse très vite sur la liberté des volontés particulières : « Il importe donc pour avoir bien l’énoncé de la volonté générale qu’il n’y ait pas de société partielle dans l’Etat et que chaque citoyen n’opine que d’après lui[13] ». On voit comment l’Etat éradique les libertés individuelles, et plus précisément d’opinion et d’expression, préfigurant ainsi les allées du totalitarisme. Ainsi, Bakounine fulminait : « Les conséquences du contrat social sont en effet funestes, parce qu’elles aboutissent à l’absolue domination de l’Etat[14] ».

      De même, le despotisme démocratique de la majorité dénoncé par Tocqueville, doit s’effacer si l’Etat pèse sur ses concitoyens : « Au-dessus de ceux-là  s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort[15]. » Gare à ce confort du dernier homme nietzschéen qui soufflerait nos libertés comme une bulle au soleil. Reste à honorer la courageuse décision de liberté au profit de cette démocratie libérale qui préserve la dignité, l’indépendance et la créativité de tout être humain, ce « je » au sein du « nous ». C’est alors que la question peut aller jusqu’à interroger ainsi : suis-je libre dans le « nous », en particulier au sein de ce « nous » que veut être l’Etat ?

       Car le trop d’Etat finit très vite par conduire les animaux de l’orwellienne ferme humaine à « la route de la servitude »[16], qu’elle soit pavée par le National-Socialisme ou le Socialisme communisme. Ce pourquoi la constitution doit limiter au maximum les entraves à la liberté de cette « nouvelle idole » conspuée par Nietzsche : « L’Etat, c’est le plus froid de tous les monstres froids[17] ».

 

 

      « Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins » était la devise favorite de Jefferson, reprise avec enthousiasme par Thoreau en tête de La Désobéissance civile[18]. C’est ainsi seulement que la liberté peut se gouverner elle-même. « Le citoyen doit-il jamais abandonner sa conscience au législateur ? A quoi bon la conscience individuelle alors[19] ? » Nous serions plus libre avec moins d’Etat, pensent les minarchistes, dans la tradition du libéralisme classique…

       Ainsi Nozick va jusqu’à n’accorder à l’Etat qu’une place minimale : ne lui reviennent que les fonctions régaliennes : justice, police et défense. Il doit, dans la tradition d’Adam Smith, se limiter à nous protéger contre la force violente, le vol, la fraude et le viol des contrats. Qu’il s’agisse d’éducation ou d’économie, l’Etat n’est pas censé intervenir. Encore moins en tant que « justice distributive[20] ». En opposition avec la Théorie de la justice[21] de Rawls, il reste dans la continuité d’Hayek qui préférait « les principes de juste conduite individuelle » au socialiste « mirage de la justice sociale[22] ». Nozick interdit à l’Etat de nuire à la liberté des dons naturels, du travail et du mérite en redistribuant les richesses prélevées indûment par la main visible de la « soumission fiscale[23] », ainsi volées aux « sujets de l’impôt à l’égard du Léviathan[24] » et de la fiscocratie. D’autant que l’endettement considérable et handicapant de nos Etats, réduit considérablement notre liberté économique.

 

 

       Contrairement au préjugé, même si certains d’entre eux vont jusqu’à imaginer des justices et des polices privées, les Libéraux ne sont pas opposés à lEétat. Mais il ne doit en rien contraindre la « main invisible[25] » de la liberté des marchés, car selon Adam Smith, elle saura mieux que lui contribuer à la richesse des nations, des peuples et des individus. Ce dernier répond d’ailleurs, en 1776, par anticipation à Proudhon : « Etant des hommes libres, ces tenanciers sont capables d’acquérir la propriété et, ayant une certaine proportion du produit de la terre, ils sont un intérêt évident à ce que le produit total soit aussi grand que possible, pour que leur propre proportion puisse l’être[26] ». C’est ainsi que liberté et propriété, ces dernières garanties par l’état, sont le moteur de la prospérité générale. En effet, « interdire à un grand peuple de tirer tous les avantages possibles de toutes les parties de son propre produit, ou d’employer ses fonds et son industrie de la façon qui lui parait la plus avantageuse pour lui, est une violation manifeste des droits les plus sacrés de l’humanité[27]. » Reste la nécessité d’une « constitution libérale » dans laquelle « l’Etat ne peut exercer légitimement de coercition que pour imposer une conduite juste ou pour proposer les droits individuels, bien que pour certains (Hayek) la coercition peut aussi être justifiée pour collecter les taxes nécessaires aux services d’utilités publiques[28] ». À condition que ces dernières contribuent à nos libertés, sans les handicaper par un prélèvement obligatoire confiscatoire et indigne.

 

       Au-delà des impraticables utopies de l’anarchisme, un contrat social est donc indispensable, même si personne ne l'a réellement signé. Cependant si l’on considère que la solution à la crise économique actuelle des Etats surendettés ne passe pas par un manque de régulation, mais au contraire par une réduction du pouvoir des gouvernements, l’on devra choisir la liberté individuelle au détriment des Léviathans pour restaurer le dynamisme économique et la démocratie libérale. De même les lois mémorielles et les entraves à la liberté d’expression devront s’incliner devant la tradition des Lumières qui guide et doit guider l’épanouissement des individus libres, au sein d’Etats dont le rôle protecteur ne deviendrait pas le masque d’une tyrannie, qu’elle soit socialiste, écologique ou islamiste.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Article également publié sur L'Institut des Libertés : link

 


[1] Bakounine : La Liberté, Pauvert, 1965, p 91.

[2] Ibidem, p 57.

[3] Ibidem, p 60.

[4] Ibidem, p 69.                         

[5] Ibidem, p 56.

[6] Thomas Hobbes : Eléments du citoyen, Société typographique, Neufchatel, tome 1, 1787, p 18.

[7] Thomas Hobbes : Léviathan, Folio essais, 2000, p 225.

[8] Ibidem p 288.

[9] Locke : Traité du gouvernement civil, GF Flammarion, 1992, p 159-160.

[10] La Boétie : De la servitude volontaire, Flammarion, 1993.

[11] Jean-Jacques Rousseau : Du Contrat social, Gallimard Pléiade, 2003, p 373.

[12] Ibidem, p 419 et 420.

[13] Ibidem, p 372.

[14] Bakounine : La Liberté, Pauvert, 1965, p 52.

[15] Tocqueville : De la Démocratie en Amérique, Œuvres, Gallimard, Pléiade, tome 2, p 837.

[16] Pour reprendre le titre de Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 1985.

[17] Friedrich Nietzsche : Ainsi parlait Zarathoustra, Club du Meilleur Livre, 1959, p 46.

[18] Henry-David Thoreau : La Désobéissance civile, Pauvert, 1968, p 53.

[19] Ibidem, p 57.

[20] Robert Nozick : Anarchie, Etat et utopie, PUF, 1988, p 188 et suivantes.

[21] John Rawls : Théorie de la justice, Seuil, 1987.

[22] Friedrich A. Hayek : Droit, législation et liberté, PUF, 1981, tome 2, p 79.

[23] Peter Sloterdijk : Repenser l’impôt, Libella Maren Sell, 2012, p 18.

[24] Ibidem, p 42.

[25] Adam Smith : Enquête sur la nature et les causes de la Richesse des nations, PUF, 1995, p 513.

[26] Ibidem, p 445.

[27] Ibidem, p 667.

[28] Dictionnaire du libéralisme, sous la direction de Mathieu Laine, Larousse, 2012, p 245.

 

Thomas Hobbes : Œuvres philosophiques et politiques, Neufchatel, 1787.

Photo : T. Guinhut.

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 18:43

 

T. Guinhut : Gouache, crayon et collage sur papier.

 

 

 

 

 

 

Lettre à une jeune femme politique :

 

socialisme et islamisme.

 

 

 

A Cosmopolis, le 26 mai 2012

 

Chère jeune femme politique,

 

 

      Permets-moi, quoique je ne sache pas si tu me lis, de t’écrire ici pour guider un peu tes premiers pas politiques. En effet, quel monde allons-nous te transmettre ? Devant les dangereuses turbulences des dettes européennes et les menaces sur les libertés d’expression, de culte ou de non-culte, peut-être n’est-il pas inutile de t’avertir, et de te proposer quelques exhortations, certes assez peu réjouissantes. J’aurais aimé pouvoir t’offrir un futur plus assuré, plus serein…

 

        Garde-toi du socialisme. A moins que tu sois carriériste. Et si socialiste est ta conviction, ta foi, n’en parlons plus. Si l’ambition est ton seul motif, ce sera déjà un assez délicat travail que de humer, suivre, ou, mieux, précéder le sens du vent. Il est clair alors que tu seras socialiste. A toi de choisir le caméléon de rose et de rouge qui te siéra le mieux. Il est à craindre qu’avec, outre la possession des pouvoirs exécutif et législatif, de la quasi-totalité des régions, de la plupart des grandes villes, avec l’obédience gauchisante du plus grand nombre de la magistrature judiciaire, avec l’appui de ce quatrième pouvoir -la presse et de ses 80% de journalistes de gauche- sans compter l’Education nationale, que la séparation des pouvoirs selon Montesquieu ne soit plus qu’un leurre. De plus, à droite, on rivalise également d’étatisme, de ponction fiscale, d’interventionnisme économique colbertiste et keynesien. Si ce contre-modèle, qui fait de l’égalitarisme, de la suradministration, de la contrainte sur un marché du travail qui n’obéit plus guère aux lois du marché, qui nous conduit au gouffre du chômage, de l’endettement, du vieillissement et de l’atonie programmés de l’économie, si, disais-je, ce contre-productif modèle de la redistribution sociale à outrance, donc essentiellement socialiste, n’a pas ton agrément, arme-toi de courage !

         Car peut-être te faudra-t-il, chère jeune femme politique, « Penser avec la minorité et parler avec la majorité », pour reprendre « L’Art de prudence » de Gracian, qui précisait en 1647 et à ton adresse : « L’opinion libre, l’on ne peut ni ne doit la violenter ; elle se retire au sanctuaire de son silence et, si parfois elle se manifeste, c’est à l’abri d’une minorité choisie[1] ». Ainsi, à moins de travestir tes convictions, tu devras affirmer, comme je le fais ici, une authenticité dommageable à ta carrière, tu devras choisir tes interlocuteurs et fonder avec quelques esprits libres une réelle éthique libérale de façon à libérer l’avenir de ta génération et tes descendants.

       C’est avec pertinence qu’en 1859 John Stuart Mill te parlait à l’oreille que tu as si bien ourlée : « Si on regardait le libre développement de l’individualité comme un des principes essentiels du bien-être, si on le tenait non comme un élément qui se coordonne avec tout ce qu’on désigne par les mots civilisation, instruction, éducation, culture, mais bien comme une partie nécessaire et une condition de toutes ces choses, il n’y aurait pas de danger que la liberté ne fût pas appréciée à sa valeur ; on ne rencontrerait pas de difficultés extraordinaires à tracer la ligne de démarcation entre elle et le contrôle social. Mais malheureusement on accorde à peine à la spontanéité individuelle aucune espèce de valeur intrinsèque.[2] » Il est évident que cette spontanéité individuelle est autant cette liberté d’entreprendre et celle des mœurs qui fondent le libéralisme classique.

         La servitude volontaire, pour reprendre le titre de La Boétie, sera-t-elle tienne ? A moins que tu préfères tenir les rênes socialistes de cette servitude, et ainsi marcher dans ces allées d’un pouvoir qui engraisse sa richesse en puisant et en épuisant les poches des énergies privées, découragées, voire exilées (dois-je te conseiller d’émigrer vers un pays à l’avenir plus assuré ?). Hélas, te disait Tocqueville en 1840, « l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d’un peuple de serviteurs. Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultramonarchique dans toutes les autres parties, m’a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine ; et le peuple, fatigués de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions libres, ou retournerait bientôt s’étendre aux pieds d’un seul maître.[3] » Que ce maître soit la violence révolutionnaire, barbare, fasciste ou communiste, théocratique, voilà contre quoi il faut impérativement se prémunir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         Garde-toi de l’islamisme. Ou plus exactement de l’Islam, s’il n’est pas religion intime et s’il empiète sur l’espace politique au point de te menacer, chère jeune femme issue de l’humanisme et des Lumières. Saurais-je te conseiller un livre, afin que tu saches « comment l’islam va transformer la France et l’Europe » ? Ou, s’il t’est possible (pardonne cette lourde tâche qu’à tes lèvres je confie), afin que tu contribues à écarter cet étau. Ouvre alors les yeux sur une révolution en cours et largement occultée, euphémisée, niée par nos Socialistes et autres bien-pensants du métissage des cultures. Alors qu’il s’agit d’une invasion, d’abord adroite et discrète, ensuite insidieuse, enfin totalitaire et théocratique. Le sociologue américain Christopher Caldwell[4] rassemble en son ouvrage tous les fils qui nous paraissaient jusque-là épars. Oui, il te faut, avec le sens de la nuance, la précision et l’exactitude de Caldwell, être islamophobe[5]. Non pas par haine sourde, par préjugé infondé, mais en connaissance de cause ; non pour rejeter des individus a priori, mais pour ne pas consentir à ce que l’Islam ronge, rogne, égorge nos libertés durement acquises par des siècles d’histoire européenne. Qu’il s’agisse du rituel hallal, anti-hygiénique, dangereux pour la santé publique, inhumain envers les animaux, empreint de superstitieux assujettissement et d’impôt religieux, qu’il s’agisse de l’interdiction de tout humour, voire de toute argumentation envers une culture et une religion, alors que la tradition de Voltaire nous assure la liberté critique, qu’il s’agisse des menaces sur la mixité, sur la liberté amoureuse et sexuelle, sur ton élégance, ton aisance vestimentaire librement assumées, te voilà plus directement concernée, chère jeune femme politique.

        Ainsi Christopher Caldwell vient d’obtenir « Le Prix du livre incorrect 2012 » pour Une Révolution sous nos yeux. Pourtant, j’ai cru lire le livre le plus correctement écrit et documenté qui soit ! Evaluer, comme il le fait, les conséquences sociales, spirituelles et politiques de l’immigration musulmane depuis un demi-siècle, au point de constater que sous nos yeux aveugles l’Occident est mité par des poches de charia, des zones de non-droit (entendez de délinquance et de tyrannie obscurantiste) est à la fois un travail de titan, et une courageuse prise de responsabilité. Nous sommes en effet responsables, chère jeune femme politique au premier chef menacée par cet affreux sexisme, de notre destin, s’il est encore entre nos mains.

       Non, notre passé colonisateur n’a aucune culpabilité dans cette invasion économique qui serait louable s’il ne s’agissait pour les immigrants que d’améliorer leur condition, leur niveau de vie et de libertés. Caldwell montre bien que des pays qui n’ont jamais eu de colonies, comme la Suède, font face aux mêmes problèmes graves que le Royaume-Uni ou la France. Non seulement l’intégration se fait attendre, mais notre journaliste newyorkais a constaté que « les jeunes musulmans […] se désassimilaient[6] », que les seconde et troisième générations rejetaient trop souvent l’identité européenne au profit de celle musulmane, au point de gangréner de poches d’Eurabia la civilisation issue des Lumières et la démocratie libérale… Ainsi notre tolérance permet une impunité dangereuse, notre faiblesse démographique nous rend minoritaires, sinon indésirables, dans de vastes quartiers. Quant à nos piètres arguments du sauvetage d’industries moribondes grâce aux bras immigrés, ils se trouvent pour le moins démodés devant la prégnance du chômage chronique et de l’addiction aux aides sociales. Comment repenser le droit d’asile et le « devoir d’hospitalité[7] », comment gérer les émeutes récurrentes, tribales et interconfessionnelles, comment refuser sans honte « antisémitisme et antisionisme[8] » musulmans, sans compter l’angélisme des gauches européennes qui est au pire complice, telles sont les problématiques pour le moins difficiles que te confie, chère jeune femme politique, notre informé Caldwell. Faut-il alors sombrer dans l'opprobre du populisme anti-immigrés, ou retrouver le sens des libertés qui nous sont consubstantielles et chères ?

 

        Chère jeune femme politique, pardon si je t’ai ennuyée. Si j’ai paru tenter de te décourager… Cependant, dans ton nom, « jeune femme politique », sont contenues toutes les valeurs indispensables : cette jeunesse que l’éducation ouverte propulse vers un avenir meilleur, cette féminité qui est égalité devant le droit, quelque soit ton origine, cette inscription dans la cité et la civilisation, que tes talents, ton mérite permettent dès maintenant de vivifier… Oui, chère jeune femme politique, tu veilleras avec nous à éviter les Charybde et Scylla du socialisme et de l’islamisme, pour restaurer enfin la démocratie libérale.

 

Avec toute mon amitié.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] Baltasar Gracian : Traités politiques, traduits et présentés par Benito Pelegrin, Seuil, 2005, p 346 et 347.

[2] John Stuart Mill : Sur la liberté, cité dans Pierre Manent : Les Libéraux, Hachette Pluriel 1986, tome 2, p 355 et 356.

[3] Alexis de Tocqueville, Œuvres, tome  II, La Pléiade, 2001, De la Démocratie en Amérique, II, IV, VII, p 840.

[4] Christopher Caldwell : Une Révolution sous nos yeux. Comment l’Islam va transformer la France et l’Europe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Johan Frederik Hel Guedj, Editions du Toucan, 2011, 544 p, 23 €.

[6] Ibidem, p 188.

[7] Ibidem, p 110.

[8] Ibidem, p 348.

 

Cathédrale Saint-Pierre, Poitiers, Vienne. Photo : T. Guinhut

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 12:44

 

Vide-greniers de Brioux-sur-Boutonne, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

« Hommage à la culture communiste ».

 

 

 

 

      Chère culture communiste, nous te rendons et te rendrons hommage aujourd’hui et jusqu’à l’heure de notre mort, mieux encore, jusqu’à la fin des temps. Depuis ton message universel de 1848 en passant par ton accomplissement au XXème siècle, jusqu’à tes nostalgiques utopistes du XXIème.

 

       Déjà, dans ta Genèse, ton bréviaire originel, ton Alcoran fondateur, ton Manifeste du parti de 1848, et pour libérer le prolétariat de l’exploitation bourgeoise, tu préconisais : « Expropriation de la propriété foncière », « Abolition du droit d’héritage », « Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles », « Centralisation du crédit entre les mains de l’état […], de tous les moyens de transport et de communication », « plan décidé en commun », « Travail obligatoire pour tous, constitution d’armées industrielles [1] ». Nous te savons gré d’éradiquer les libertés de propriété, d’entreprendre et d’expression, de nous fournir le carcan de la mise en commun. Nous saluons alors bien bas ta capacité à inspirer les despotismes et autres fascismes rouges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Ensuite, dans ton Apocalypse, où « le total approche la barre des cent millions de morts [2]», nous louons tes archipels concentrationnaires, goulag et logaï, tes déportations de masse, ta lutte des classes meurtrière, tes procès ubuesques, tes basses famines et hauts faits d’armes, du bolchevisme de Lénine en 1917 aux dynastiques Jong de la Corée du nord contemporaine, en passant par Trotski créant les goulags dès 1918 sous tutelle de la Tchéka, par ton « Petit père des peuples » qui sut faire l'économie des chambre à gaz pour gérer la surpopulation de ses camps de travailleurs, tes Pol Pot génocidaires, tes Afrocommunismes entre Ethiopie, Angola et Mozambique[3], ta longue marche ou crève de Mao à la place Tian’anmen, ton Mur de Berlin, ton rideau de fer et tes chars de Budapest, ta collectivisation forcée, tes Che Guevara sanglants, tes Castro castrateurs, ton opus magnus lourd des 848 pages bien plombées du Livre noir du communisme.

     De quelle culture communiste parle-t-on ? Des réalités drapées de sang établies par les historiens les plus inattaquables ou des piètres artistes et écrivains thuriféraires de cette idéologie ? Les Communistes ont eu, que l’on se rassure, jusqu’en France, leurs Céline : Eluard ou Aragon publiant pléthore d'adulations dont  « Ode à Staline[4] », dans les années cinquante…

       A-t-on enfin compris que cette utopie communiste bienheureuse, y compris à l’état fœtal dans La République de Platon ou dans L’Utopie de Thomas More, portait en germe les oppressions et les meurtres qui ont affecté sa réalisation historique ? Loin d’être un idéal confisqué par Staline ou Mao, qui auraient changé le paradis de la justice sociale communautaire en enfer sur terre, ravalant celui de Dante à l’état de pâle brouillon, la doctrine communisme, jumelle du Reich de mille ans fantasmé par le nazisme, de par son inévitable éradication des libertés individuelles, porte in nucleo sa propre condamnation. A la question « Ses buts ne pouvaient-ils être atteints que grâce à la violence la plus extrême ? »[5], il faut répondre en conscience : oui. Il faut hélas constater qu’entre de rouges tribuns candidats à la magistrature suprême jusqu’à des philosophes passablement à la mode (de quelle philosophie mortifère sont-ils le nom ?), qu’ils s’appellent Zizek ou Badiou [6], préconisant le retour à la terreur, l’illusion, ou plutôt la libido dominandi, cette pulsion de ressentiment, de pouvoir absolu et de coercition, sont aussi répandues que pérennes, malgré les leçons de l’histoire et son devoir de mémoire.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Même le moindre groupuscule d’extrême droite oserait difficilement rendre publiquement hommage à la culture fasciste, sous peine d’encourir la plus honteuse disqualification morale, voire physique, d’être couvert de la plus brune opprobre. Qu’un candidat socialiste à la présidence de la République française prétende « rendre hommage à la culture communiste » et à ses drapeaux couverts de sang en dit long sur la cécité à sens unique de la plus grande part de notre société et de notre intelligentsia. Faute d'un procès de Nuremberg du communisme, faute d’aggiornamento, la gauche n’a pas conscience que la seule pourpre qui lui siérait bien serait celle de la honte, quand seul le capitalisme libéral honni, même imparfait et entravé, a permis à une immense majorité de la population mondiale d’accéder à un niveau de richesse et de liberté jamais atteint dans l’Histoire…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] Karl Marx : Manifeste communiste, in Philosophie, Folio essais, 2003, p 424 et 425.

[2] Le Livre noir du communisme, sous la direction de Stéphane Courtois, Robert Laffont, 1997, p 14.

[3] Le Livre noir du communisme, ibidem, p 743.

[4] Louis Aragon: "Hymne à Staline", 1950. Paul Eluard : "Vive le Guépéou", Persécuté-Persécuteur, 1931.

[5] Le Livre noir du communisme, ibidem p 795.

[6] Voir par exemple d’Alain Badiou : Logiques des mondes, Seuil, 2006.

 

Photo : T. Guinhut.

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 17:26

 

Valle de Aguas Limpias, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Hannah Arendt :

De la banalité du mal à la banalité de la culture

 

Hannah Arendt : Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalem,

divers traducteurs de l’anglais (Etats-Unis),

sous la direction de Pierre Bouretz, Quarto Gallimard, 1624 p, 35,50 €.

 

Hannah Arendt :  L’Humaine condition ; Condition de l’homme moderne,

De la Révolution, La Crise de la culture, Du Mensonge à la violence,

sous la direction de Philippe Raynaud, Quarto Gallimard, 1056 p, 26 €.

 

 

 

Il y a des femmes étonnantes : Murasaki Shikibu, pour le roman psychologique, Mary Shelley, pour le roman fantastique et de science-fiction, Emily Dickinson pour sa bouleversante poésie, elliptique et colorée… Mais pour la philosophie, l’entreprise du choix paraîtrait difficile si l’on comptait le trop peu de femmes philosophes dans l’histoire. Pourtant s’impose d’emblée le nom d’Hannah Arendt, que nous ne rangerons pas sous la qualité de son amour pour Heidegger, néanmoins éthiquement déchirant, mais sous celle, plus que suffisante, de ces travaux. Il suffit de noter combien, en sous-titre et aux derniers mots d’Eichmann à Jérusalem, son concept effrayant de la « banalité du mal » fait date. Quand la « masse », maniée comme pâte à pain de prison par les régimes fascistes et communistes, est une parmi Les Origines du totalitarisme, faut-il avoir le mauvais esprit de se demander si la « culture de masse » n’est pas à l’origine de La Crise de la culture ?

 

Le concept de la « banalité du mal », allégorisé par un Eichmann médiocre et commun, qui n’a plus rien de l’animal politique, mais tout de l’inhumain qui nous est intérieur, est bien en-deçà du « mal radical inné dans la nature humaine » de Kant[1], selon lequel les ressources de la raison sont au service des passions perverses et monstrueuses : « Eichmann n’était ni un Iago ni un Macbeth ; et rien n’était plus éloigné de son esprit qu’une décision, comme chez Richard III, de faire le mal par principe. » (p 1295). Au cours de son reportage, dont la pertinence ne se dément jamais, Hannah Arendt nous apprend que l’accusé avait lu Kant, en conscience « qu’il avait cessé de vivre selon les principes de Kant » (p 1150), ayant remis l’impératif catégorique entre les mains de l’état hitlérien. Le fonctionnaire nazi responsable de la logistique au service de « la solution  finale » est l’homme le plus banal, dont la médiocrité intellectuelle et morale se suffit de l’occasion pour exceller au service de l’état, sans prendre conscience de l’infamie. Quoique d’autres intellectuels, tels Claude Lanzmann, insistent au contraire sur le jusqu’auboutisme du personnage, son fanatisme irréductible. La condition humaine peut-elle être ainsi débarrassée de ce qui fait en elle l’humanité, à savoir la capacité de distinguer et de préférer le bien au mal ?

 

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Est-ce à dire que chacun d’entre nous peut-être un Eichmann, comme lorsque le narrateur des Bienveillantes de Littell[2] se défend de son activisme nazi en arguant des circonstances historiques et de son identité à chacun de nous… C’est bien ce qui choqua lors de la parution de ce qui est à la fois récit d’un procès à Jérusalem et essai philosophique à l’irréprochable clarté : « Le fait que l’on ne trouve pas la moindre trace de sens supérieur derrière des crimes de la plus grande dimension : voilà un scandale herméneutique auquel beaucoup de contemporains et de survivants n’étaient pas capable de faire face », note Peter Sloterdijk[3]. Sans compter que choquèrent également les mentions de la passivité, de la « collaboration » des conseils juifs qui gérèrent la livraison des leurs aux Nazis, espérant se concilier leurs bonnes grâces, hélas évidemment impossibles. La philosophe attendait-elle trop d’une révolte juive condamnée par avance ? Le débat fait toujours rage, au point qu’il fallut attendre l’an 2000 pour qu’Eichmann à Jérusalem soit traduit en Israël et qu’aujourd’hui elle y soit encore lue avec méfiance…

De plus récentes études, en particulier la volumineuse biographie de Bettina Stangneth, Eichmann vor Jerusalem : Das Unbehelligte Leben eines Massenmörders[4], ont relativisé la pertinence de la thèse d’Hannah Arendt. Loin d’être un agneau contraint et obéissant, Eichmann, troisième tête pensante des Affaires juives au sein du Troisième Reich, fut un activiste déterminé, participant tout autant de près que du haut de sa sphère de commandement à la liquidation systématique d’une humanité. Est-ce à dire que « la banalité du mal » est un concept fallacieux ? Si Hannah Arendt a mal choisi son exemple, mais au gré des informations dont elle disposait et de la persuasive ligne de défense de l’accusé, la théorie reste une analyse redoutable du comportement humain, de sa soumission active à une autorité idéologique, qui d’ailleurs peut tout autant s’appliquer à toutes les couleurs du spectre totalitaire, qu’il soit fasciste, communiste ou théocratique.

 

 

Cependant, avec une redoutable perspicacité, Hannah Arendt souligne le rôle du langage et plus particulièrement de l’euphémisme et du « cliché euphorisant » pour faire entrer l’absolu du mal dans la « banalité du mal ». Eichmann met en place « la solution finale », non un massacre, parait proposer un procédé prophylactique, un but idéal, dans le cadre d’une bureaucratie aux parfaits rouages. Ainsi l’abomination peut-être commise en toute innocence par le fonctionnaire… « Les clichés, les phrases toutes faites, l’adhésion à des codes d’expression et de conduite conventionnels et standardisés ont socialement la fonction de nous protéger de la réalité, de cette exigence de pensée que les événements et les faits éveillent en vertu de leur existence. »[5] Ce qui reste pour nous actuel, devant l’abondance des « incivilités », des « quartiers sensibles », de la pensée magique louant le « modèle social » ou le « service public »… Il est évident que pour elle, dénonçant la fonction délétère de l’euphémisme, le langage ne remplit pas la même fonction : il est une quête de vérité, y compris déplaisante, y compris risquée.

On pourrait s’étonner que dans son impressionnante analyse du totalitarisme, de ses deux versants rouge et brun en miroir, assise sur les concepts de dynamique plébiscitaire, de populace et de masse, sans compter ce que l’on peut appeler la si répandue libido dominandi, et plus tard complétée par les définitions de Raymond Aron[6], elle ne fasse aucune allusion  à Friedrich A. Hayek, homme qu’elle a pourtant croisé lors d’un colloque, et dont la dissection des identités antilibérales du nazisme et du communisme dans La Route de la servitude[7] lui est on ne peut plus complémentaire. Force est de remarquer que l’approche du libéralisme politique d’Hannah Arendt est aussi rare que frappée de cécité, malgré une œuvre éblouissante dont il faut se faire le critique avec toute la modestie requise, et malgré son admiration pour la révolution américaine : « la philosophie politique des libéraux, selon laquelle la somme des intérêts individuels aboutit au miracle du bien commun, ne semblait être qu’une rationalisation de l’insouciance avec laquelle on poussait les intérêts privés sans considération du bien commun » (p 650). Pointant la limite de l’éclatement de la société en individus isolés, elle évacue pourtant la limite dangereuse du « bien commun », ce piège de la volonté générale rousseauiste ou de la de la soumission à une raison d’état, à une justice sociale forcément despotiques.

Pourtant, elle conclue De la Révolution, par cet éloge de « la polis, l’espace des exploits libres de l’homme et de ses paroles vivantes qui donne sa splendeur à la vie » (p 584), phrase qui ne serait indigne d’aucun philosophe libéral classique, de Locke à Bastiat, en passant par Aron, sans compter la romancière Ayn Rand… Comptons néanmoins avec une certaine perplexité son éloge des conseils révolutionnaires et de Rosa Luxembourg. Certes, elle était justement fascinée par la liberté spontanée de cette démocratie naissante, mais l’on sait combien ces conseils (d’où naitront les soviets) dégénèrent en dynamique de groupe, de masse, peu propices à l’individualisme, bien qu’elle les voie comme « le meilleur instrument pour briser la société moderne de masse et sa dangereuse tendance à la formation de mouvements de masse pseudo-politiques » (p 582), critiquant ainsi le système des partis. C’est pourquoi elle penche pour une « élite », « ces rares individus de tous les horizons qui ont un goût pour la liberté publique et ne peuvent être heureux sans elle », non sans poser le problème d’une telle « forme aristocratique de gouvernement [qui] signifierait la fin du suffrage universel » (p 583)…

Après le volume réunissant Les Origines du totalitarisme et Eichmann à Jérusalem, la collusion de quelques-uns des plus grands essais d’Hannah Arendt (dont La Crise de la culture) dans L’Humaine condition vient à point pour tenter de comprendre combien l’action de l’humanité peut être non seulement création, cette œuvre au-delà du travail, mais également résistance aux bouffées et systèmes totalitaires, de par la liberté dans la cité.

Arendt timbre

C’est alors que parler de « culture de masse » (p 763), cet oxymore, nous parait étrangement proche de cette masse malléable par le totalitarisme. Y a-t-il un risque que celle-ci conduise à celui-là ? Est-elle une dégradation de l’élite, ou une élévation démocratique aussi noble que nécessaire ? Quand la société de masse accède à celle du loisir, est-ce forcément de culture qu’il s’agit ou des « immondices du philistinisme cultivé » (p 769), ou encore de divertissements populaciers élevés au seul rang de la domination majoritaire ? La banalité de la culture serait alors voisine de la banalité du mal, si l’on en croit Leo Strauss, lorsqu’il mentionne « la culture des bandes de jeunes, qu’elles soient composées ou non de délinquants », comparant « l’usage actuel du mot « culture » à sa signification originelle, il revient à dire que la culture d’un jardin peut consister à le laisser encombré de boites de conserves et de bouteilles de whisky vides[8] ». Il est évident qu’au-delà d’une culture de masse, qu’elle soit la dégradation en kitsch de la culture d’élite ou le bruyant et volatile tout venant du prêt à penser, prêt à bruire et à danser, ces « marchandises sociales » (p 768) que nous infligent les mass-médias aveulies par la demande d’un public consumériste et vulgaire, la culture que réclament conjointement Hannah Arendt et Leo Strauss, soit celle de la fréquentation des grandes œuvres de l’art et de la pensée.

Parmi « Huit exercices de pensée politique », le fil conducteur est patent entre la « crise de l’éducation » (p 743) et celle de la culture. Le couple apparemment antinomique de l’autorité et de la liberté révèlent combien la première (l’autorité des maîtres et des œuvres fondatrices) est la condition sine qua non de la seconde. Au-delà de l’opposition de Kierkegaard, de Marx et de Nietzsche à la tradition, ces « guides d’un passé qui a perdu son autorité » (p 614), quoiqu’ils lui empruntent leurs concepts, au-delà de leur travail de sape sous la valeur que reste la vérité, le discours sur l’Histoire et sa connaissance reste le garant de l’action humaine et de ce que la philosophe appelle, à rebours de l’au-delà métaphysique, « l’immortalité terrestre » (p 665), dans le cadre d’une action de la liberté politique.

 

 

Son analyse de « La crise de l’éducation » (p 743) reste viscéralement valable pour notre temps. Valoriser la pédagogie et la méthode plutôt que le contenu du savoir, l’autonomie des enfants « qu’on doit dans la mesure du possible se laisser gouverner eux-mêmes » et susceptibles de choir dans « la tyrannie de la majorité » (p 749) parmi le groupe, les « savoir-faire » (p 751) au détriment du savoir, tout cela, plutôt que les grands maîtres historiques et divers de la pensée, devient les recettes de la faillite. Songeons qu’elle écrit en 1958 ! On comprend alors que la culture n’ait plus de trace d’elle-même que le mot vidé de son sens. Le règne de la subjectivité, de l’égalitarisme des valeurs dévalorisées, de la consommation majoritaire parait alors évacuer la vérité de Platon et d’Aristote, de Plutarque et de Tocqueville, de Bach et de Titien, de Sloterdijk et d’Hayek, et d’Arendt donc, entre lesquels il va falloir choisir ses vrais compagnons, louvoyer pour fonder la raison de notre monde. Il est évident que c’est un autre défi d’être cultivé grâce à l’autorité des maîtres et de la tradition « des œuvres d’art qui nous parlent par-delà les siècles » (p 665), plutôt que de butiner dans les loisirs ou de croire choisir entre un rap et un jingle à la mode. Y compris même si la familiarité des adolescents avec les nouvelles technologies leur permet parfois d’être les maîtres de leurs maîtres, en une belle éthique d’échange. Ce comment s’orienter dans la pensée[9] et dans la responsabilité du monde devient alors une capacité à la décision personnelle et politique, à ce kantien « pouvoir de juger », inscrit dans le cadre de l’impératif catégorique qu’elle reprend à son compte : « agis toujours de telle sorte que le principe de ton action puisse être érigé en loi générale » (p 782). Ce principe peut-être la liberté. A condition d’avoir été construite et de ne pas être enchanté par les sirènes de la démagogie…

 

Il y a bien accointance entre la banalité du mal et celle de la culture. Ne pas savoir choisir entre le bien et le mal moraux, c’est aussi ne pas savoir choisir le bien et le mal esthétiques et de la pensée, même si l’esthétique peut s’arroger le devoir de dire le mal, comme chez Baudelaire. Ce n’est pas la culture qui est le mal, bien au contraire, mais son ravalement au rang de la banalité. Sortir du banal, de par la capacité de discrimination et d’admiration envers les grandes œuvres et les grandes et justes actions politiques (celles des fondateurs de la constitution américaine au lieu de celles des fondateurs du totalitarisme) est le devoir exaltant de la culture. Culture qui est bien celle d’Hannah Arendt, intellectuelle impressionnante, d’une clarté percutante, pas un instant jargonnante, mais aussi doué d’un « goût », terme assumé (p 781), sûr et pertinent pour la littérature, convoquant tour à tour Char et Dostoïevski, Shakespeare et Kafka. Il est alors légitime de se demander pourquoi ces grandes œuvres de la pensée que sont celles d’Hannah Arendt n’ont-elles pu aller jusqu’à être publié en ce musée vivant, quoique incomplet, de la culture universelle qu’est la bibliothèque de Pléiade ?

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut : une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Emmanuel Kant : La Religion dans les limites de la raison, 1, III, Œuvres Philosophiques, Pléiade, tome III, p 46.

[3] Peter Sloterdijk : Ni le soleil ni la mort, Entretiens avec Hans-Jürgen Heinrichs, Pauvert, 2003, p 80.

[4] Bettina Stangneth, Eichmann vor Jerusalem : Das Unbehelligte Leben eines Massenmörders, Arche, 2011. 

[5] Hannah Arendt : Considérations morales, Rivages, 1996, p 26-27.

[6] Raymond Aron, Démocratie et Totalitarisme, Gallimard, Folio Essais, 1965.

[7] Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 2010.

[8] Leo Strauss : « Qu’est-ce que l’éducation libérale ? », Le Libéralisme antique et moderne, PUF, 1990, p 14 et 15.

[9] Pour reprendre le titre de l’article de 1786 de Kant : « Comment s’orienter dans la pensée ? », Œuvres Philosophiques, Pléiade, t II, p 521.

 

 

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:13

 

Bibliothèque A. R. Photo : T Guinhut.

 

 

 

 

 

Petit précis de civilisations comparées :

 

la supériorité culturelle

 

de l'Occident en question.

 

 

Jean-Francois Mattéi :

Le Procès de l’Europe. Grandeur et misère de la culture européenne,

PUF, 254 p, 22 €.

 

 

 

      Comme il existe un indice de développement humain, un classement des pays en termes de libertés individuelles et économiques, il n’est pas interdit d’imaginer de proposer un indice de civilisation, de comparer les civilisations entre elles, ne serait-ce que dans une démarche intellectuelle prospective, fût-elle à risque… Qu’est-ce qu’une civilisation ? C’est au prix de l’établissement des critères qui permettent d’en juger que l’on pourra discriminer celles que l’humanité a pu créer. Et peut-être de postuler, comme Jean-François Mattéi, la supériorité culturelle et morale de l’Occident.  Afin de proposer, en pesant avec la balance de la Justice, de quelle aire intellectuelle, arobomusulmane ou d’Occident, laquelle nous voulons…

 

      C’est d’abord de civilité qu’est faite une civilisation, de civis (membre d’une société libre) et civitas en latin, d’où viennent la cité, le citoyen… Elle est, sine qua non, une « articulation du politique et de l’éthique[1] », une urbanité, un vivre ensemble policé, une courtoisie, un accomplissement scientifique, politique, social et artistique raffiné, un respect kantien de la liberté d’autrui : « on prend ainsi la liberté de pensée au sens où elle s’oppose à la contrainte sur les consciences, où, en dehors de toute pression extérieure, des membres de la cité s’érigent dans les choses de la religion en tuteurs des autres, et, remplaçant les arguments par des formules de pitié imposés (…) excellent à bannir, au moyen de l’empreinte précoce exercée sur les âmes, tout examen par la raison[2]. » Ainsi la religion dans la cité doit rester une liberté personnelle et intérieure, au détriment de tout expansionnisme politique. En effet, depuis Des Délits et des peines[3] de l’italien Beccaria en 1765, le droit pénal est totalement indépendant du pouvoir religieux chrétien, l’Etat ne lui est plus en rien soumis, ce qui n’est évidemment pas le cas de la sharia, inféodée à l’Islam.

      Les Grecs se pensaient comme supérieurs, les autres étant des barbares. Certes, il y avait une part de fatuité, mais on leur doit l’invention d’une démocratie à parfaire et la richesse de leur philosophie, de leurs poètes et historiens qui atteignent à l’universalisme. Sans compter que malgré leurs guerres avec leurs voisins, ils n’ont pas commis de génocide. Le relativisme ne permet pas de leur attribuer le même degré de civilisation qu’aux Jivaros réducteurs de têtes. Ce qui n’empêche en rien l’égalité initiale de la dignité humaine et la possibilité que tout individu de toute culture soit animé de qualités. D’autant qu’il est loisible d’immigrer vers une civilisation plus accueillante et plus libérale, d’en accepter les règles du jeu, quelque soit son origine, sans forcément renier toutes les composantes de sa culture de départ. Ce dont témoigne la paisible intégration de nombre d’immigrés, y compris musulmans et déjà bien civilisés qui viennent ici justement chercher un degré supplémentaire de civilisation. L’ostracisme n’a pas à être jeté sur un individu au prorata de son aire culturelle originelle. Si l’on ne doit pas accepter qu’il importe en Occident l’excision (qui serait souterrainement pratiquée jusqu’en Espagne) ou une quelconque charia, on doit lui laisser, sans préjugé ni exclusion, la possibilité d’exprimer ses capacités dans une liberté raisonnable.

      Certes l’Islam, au-delà et en dépit de son originelle théocratie, au moyen du Coran, des hadits et de la charia, qui en font un terrain peu propice à la civilisation, est aussi un espace de civilisation dans la mesure où il a pu développer arts et commerce, et surtout dans la mesure où son territoire s’est agrégé d’influences persanes, mogholes, berbères, syriaques, byzantines, chrétiennes et juives…

      Qu’est-ce qui fait civilisation, sinon l’inscription du citoyen dans le concert d’une nation, d’une aire linguistique, et plus largement d’un consensus politique et culturel ? Lequel se fait autour de la figure centralisée d’un monarque, d’un tyran, d’une oligarchie, ou mieux encore (évidemment en terme qualitatif) autour du concept de démocratie libérale. Ce sont les principes issus de l’humanisme, des Lumières et des constitutions républicaines, notamment celle des Etats-Unis en 1787, qui font de la civilisation occidentale quelque chose de supérieur. Non pas au point bien sûr de qualifier toute autre civilisation d’inférieure au sens des races inférieures, concept aussi stupide que dépourvu de sens. D’autant qu’historiquement des civilisations peuvent avoir été ou être dominantes sans être éthiquement supérieures. Au-delà de la réductio ad hitlerum, habituelle chez les orfraies d’un politiquement correct qui vise à interdire la pensée dans ce qu’elle a de plus noble, pouvons-nous établir en quoi une ou des civilisations sont équipées au mieux pour être au service du développement de l’humanité ? Emettre des jugements de valeur n’a rien d’intolérable, au contraire, en permettant de réfléchir et de poser les valeurs de travail et de mérite, de liberté et de tolérance qui nous guident et nous légitiment, de façon à choisir dans quel monde nous sommes en droit de vivre et d’agir.

      Les collectivismes, nazi et fasciste, communiste et socialiste, religieux et théocratique, sont à n’en pas douter un degré bien inférieur de civilisation, jusqu’à la barbarie, comparés à ce degré supérieur où les individus peuvent développer leurs libertés et leurs responsabilités, à l’abri si possible des délits et des crimes d’autrui et de l’état. Certes, qualifier une civilisation ou une société de désastreuse ne signifie pas qu’il faille l’éliminer au moyen d’on ne sait quelle croisade Occidentale ou japonaise. Il n’est en rien question de devoir commettre un génocide en Corée du nord ou à Cuba. Au contraire, il ne reste qu’à souhaiter la libération de ces populations opprimées grâce à une seconde chute du mur de Berlin. Pourtant cette pulsion génocidaire est bien à l’œuvre lorsque certains islamistes radicaux, ataviquement antisémites, réclament la liquidation d’Israël, voire de l’Occident entier…

      Reste qu’à l’intérieur d’une même civilisation, des sociétés peuvent être plus performantes tant du point de vue humain que du point de vue économique. Est-ce le cas de l’Allemagne et surtout de la Suisse vis-à-vis de la France ?

      Faut-il croire que ceux -intellectuels, se prétendent-ils- qui clament que toutes les civilisations se valent, pour paraître ne vexer personne, par pusillanimité, soient épris des barbaries contraires aux droits de l’homme, cette malheureuse fiction occidentale ? Ce n’est pas rendre service à l’humanité en son entier que de refuser l’art de la discrimination[4] intellectuelle et d’abuser du relativisme par démagogie et prétention : ainsi ils paraitraient aimer tout le monde également, en un angélisme béat, mais ils haïraient, mépriseraient l’humanité et le nom même de progrès humain, économique, culturel et moral  qui inspirent le meilleur des civilisations.

      Laquelle respecte plus les droits de l’homme ? Certaines aires géographiques cumulent les retards démocratiques, scientifiques, économiques et moraux. Leurs tyrannies se doublent de tyrannies contre toute leur population féminine, contre leurs clitoris, contre l’enrichissement (hors clanique et de copinage) de leurs pseudo-citoyens. Le choix est alors aisé à faire…

      En dépit des inconséquences d’une civilisation qui d’Europe s’est étendue des Amériques en Australie et qui par ailleurs a étendu son influence libératrice de l’espérance de vie et du mieux vivre, elle reste globalement préférable. Y compris si l’on est en droit d’adorer la calligraphie chinoise ou arabe, la miniature persane et la poésie d’al-Andalus[5]. Reste qu’il n’y a pas de Proust zoulou, mais un Lezama Lima[6] cubain, pas de Mary Shelley papoue, mais une Murasaki Shikibu japonaise[7], pas de Bach kenyane ou saoudienne, du moins pas encore. Nous ne pouvons qu’encourager tout individu à la création universelle…

 

 

      Certes, nous pouvons difficilement nous poser en donneurs de leçons. Une civilisation qui a pratiqué la Saint-Barthélémy, la guerre de Sécession, inventé le nazisme, mais aussi ces produits d’exportation, le marxisme et le communisme, deux totalitarismes de belle venue, sans compter la bombe atomique, l’agent orange au Vietnam ou les dettes exponentielles européennes, contribué à la pollution atmosphérique et fluviale, ne peut guère s’ériger en parfait modèle. Mais au cœur d’une civilisation dont les principes peuvent être parmi les plus honorables, ne faut-il pas compter l’invention d’Auschwitz et de la Kolyma comme des preuves de décivilisation ? On ne doute pas que des cultures concurrentes dans cette hiérarchisation délicate aient également été probantes dans le domaine de l’abjection : sacrifices humains aztèques ou excisions arabo-musulmanes, polygamie et absence de droits individuels attentatoires à la féminité, lapidation de femmes adultères sous leur burqa honteuse déshonorent le nom d’humanité. De plus, hélas, un élément constitutif de la civilisation, c’est-à-dire le progrès technique et scientifique, a pu être mis au service de la barbarie. A Hiroshima et Nagasaki, quoiqu’on puisse arguer que cela ait permis d’arrêter une guerre qui promettait d’être encore bien longue et meurtrière (mais pourquoi deux bombes, qui plus est sur des populations civiles ?), à Auschwitz encore où la technicité administrative, ferroviaire et industrielle fut l’esclave d’une volonté d’extermination d’un peuple pourtant brillant. Lequel peuple a su faire d’Israël une démocratie avancée qui, avec sa dizaine de millions d’habitants, sait déposer des milliers de brevets par an quand l’Arabie saoudite, bien plus nombreuse, n’en dépose qu’une quarantaine…

      Que le respect des civilisations dans ce qu’elles ont de respectable soit la règle, bien. Mais pourquoi, sinon, par crainte devant le plus menaçant, vouloir respecter l’Islam et crier haro sur le Christianisme et le Judaïsme qui ne sont pas des religions polluées par le concept de jihad ? Qui n’ont guère, ou il y a bien longtemps, été les commanditaires d’assassinats et de terrorisme, comme ceux qui se pratiquent aujourd’hui contre les Chrétiens, du Nigéria à l’Irak… D’autant que l’Islam, déchiré dans la fracture entre sunnites et chiites,  continue à jouer les fauteurs de conflits dignes de notre guerre de Trente ans entre catholiques et protestants, heureusement révolue. Pourquoi haïr le capitalisme occidental, quand il n’est pas celui d’une oligarchie privilégiée, du monopole et de la connivence, alors qu’il est essentiel au développement civilisé ? Sinon par envie d’une part et par désir d’asservissement d’autrui d’autre part ? Non aux collectivismes, qu’ils soient social-étatiste, fasciste, communiste ou religieux. Oui à une civilisation du capitalisme libéral pour tous, du progrès scientifique en cohérence avec la nature et l’humain, du libre-arbitre, des richesses individuelles, matérielles et culturelles, et de la tolérance et de la justice issues des Lumières européennes. Voilà qui devrait pouvoir lui permettre d’être à la hauteur de ses idéaux…

      Le grand poète arabe et syrien Adonis, au nom si grec, dénonçant ceux qui « invoquent les Livres Saints / et transforment le ciel / en poupée ou en guillotine [8]» déplore l’absence de liberté d’expression dans ce monde arabo-musulman qui ainsi se dessert lui-même. Où sont les libertés des philosophes Al Fârâbi[9] ou Ibn Arabi[10], du poète Hâfez[11], du satiriste Mouhamad Ibn-Dâniyâl[12], de l’érotologue Cheïkh Nefzaoui dans son traité de l’amour Le Jardin parfumé[13] écrit au XVI° ? Peut-on lire encore avec sérénité Les Mille et une nuits, ou les auteurs contemporains comme Naguib Mahfouz[14], Alaa al-Aswani[15] et Gamal Ghitany[16] ? S’ébahir de l’art de l’Islam[17] sans sentir sa gorge se nouer ? Ne faut-il constater la déréliction de la femme arabe qu’à travers l’enfer du Sexe d’Allah[18] ? Nous sommes alors au regret de ne pas pouvoir considérer cette civilisation, et plus précisément ce qu’elle est devenue, comme indigne du nom de civilisation… Car dans le monde arabe, souligne Malek Chebel, « dès le XIII° siècle, l’ensemble des conduites constituant le cœur vivant du raffinement, à savoir la liberté, l’inventivité comportementale et une certaine autodérision faite de paradoxe et d’excès, subit de plein fouet l’étroitesse de vue d’une frange de théologiens réactionnaires et de fondamentalistes[19] ». Le retour contemporain de ces derniers n’est-il qu’un provisoire sursaut morbide devant l’ouverture à l’Occident ? Il faut, avec un penseur comme Malek Chebel appelant un « Islam des Lumières [20]», l’espérer…

      Reconnaissons avec plaisir que nous devons continuer à nous ouvrir aux autres cultures autant qu’à remettre en question la nôtre, ce que ne font pas toujours celles concurrentes. Car on ne peut compter tellement c’est merveille et richesse ce que les autres civilisations nous ont apporté, de la tomate au safran, des kimonos aux masques dogons, de l’ikebana aux traités bouddhiques en passant par l’Alhambra de Grenade. Ainsi, au-delà de l’aire gréco-judéo-chrétienne, nous nous multiplions. Plus encore aujourd’hui où toutes ces cultures ont tendance à s’interpénétrer, dissolvant les blocs identitaires, fondant une sorte de civilisation globale et polymorphe, ouverte à la circulation des idées, des biens et des individus, cette ouverture même permettant alors de qualifier la qualité d’une civilisation, au contraire de celles fermées et exclusives…

      Il est vrai que le Ministre de l’Intérieur - Monsieur Claude Guéant pour ne pas le nommer - par qui le pseudo scandale arrive, même s’il s’appuie sur de judicieux arguments, en affirmant le 4 février 2012 que « toutes les civilisations ne se valent pas », ne brille pas par son ouverture. Contrôler une immigration si elle est fauteuse de troubles et de délits, soit, mais refouler les bonnes intentions venus d’ailleurs et des diplômés étrangers qui ne nous nuiraient pas, au contraire, mais aussi se priver des Français que l’absence d’opportunité de valoriser leur travail contraint à l’émigration sous des cieux fiscaux meilleurs, s’avère aussi maladroit, incohérent que contre-productif.

      Il n’y a sous des cieux humains aucune civilisation ni justice parfaites ; reste la volonté de tenter avec prudence d’y accéder : « Car la liberté que nous, nous pouvons espérer n’est pas l’impossibilité de toute nouvelle injustice dans l’Etat : qui pourrait l’escompter ici-bas ? Mais avec la libre audition des griefs, leur examen attentif et leur prompte réforme est atteinte l’extrême limite de la liberté civique à notre portée, celle que recherchent les sages[21] ». Ainsi s’exprimait au XVII° le poète et philosophe Milton. Un des garants des vertus de notre civilisation…

 

 

      Et si Jean-François Mattéi avait raison ? L’absurde thèse de la supériorité culturelle et morale de l’Occident, retrouverait-elle un digne prestige ? Hélas, les épisodes justement décriés des croisades, du commerce triangulaire, de l’esclavage, de la colonisation, sans parler de ces dignes productions européennes, le nazisme et le communisme, qui ont ensanglanté le vingtième siècle, paraissent devoir définitivement invalider sa crédibilité. Pourtant, c’est bien l’Occident qui aurait été à l’origine de valeurs universelles…

      Cette conception universaliste, explique Jean-François Mattéi, vient en droite ligne de Platon, en passant par le christianisme, puis l’humanisme, jusqu’aux Lumières. Les valeurs qui fondent l’universalité de l’Europe et les développements de sa civilisation trouvent leur origine dans les concepts humanistes et la raison scientifique qui ne font qu’un avec le droit naturel : « Si l’on veut comprendre l’invariabilité des lois physiques, comme celles des lois humaines, en d’autres termes leur universalité, il faut supposer que leur existence est antérieure à leur découverte. » Ainsi « Le modèle européen de rationalité s’est imposé dans le monde comme outil indispensable d’intelligibilité ».

      Opposant les sociétés extra-européennes « closes » à celle que nous savons « ouverte », il montre que cette confrontation tolérante à l’autre a contribué à l’esprit critique, y compris contre soi. Au point que l’Europe ait trop tendance à s’auto-flageller. Certes, elle a commis des crimes en son sein autant qu’en s’ingérant, y compris par la violence, parmi les autres cultures, mais à trop vouloir la repentance, ne risque-t-on pas de jeter le bébé avec l’eau du bain, de délégitimer les acquis humanistes qui doivent nous protéger de la barbarie, y compris intérieure[22] ? Il rappelle alors que les autorités chrétiennes ont toujours condamné l’esclavage et que seul l’Occident est presque parvenu à l’éradiquer sur notre planète.

      Les déclarations universelles des droits de l’homme, prétendument ethnocentrées, se heurtent alors à l’oxymore de « La déclaration islamique universelle des droits de l’homme », fondée sur la charia, puisqu’une religion, de plus exclusive, ne peut prétendre à l’universalité, puisqu’un droit fondée sur la soumission, et plus particulièrement des femmes, ne peut qu’être attentatoire à la liberté et à la raison. Ces cultures du sud qui prétendraient nous désavouer, nous corriger de notre prétention, ont-elles fait preuve de repentance quant à leurs pratiques encore contemporaines de l’esclavage, quant à l’excision, quant à la lapidation des femmes adultères, quant aux condamnations à mort pour blasphèmes, quant aux intouchables ? Que les cultures africaines, arabes, indiennes, ne soient pas réductibles à ces horreurs, nous n’en douterons pas, reste que la crispation sur l’identité culturelle fait fausse route et que rien ne vaut quand leur esprit d’ouverture se manifeste. Seul l’Occident a su pleurer, trop pleurer, le « sanglot de l’homme blanc[23] » au nom de ses valeurs. Qui sont celles, kantiennes, du modèle idéal de l’homme civilisé, respectueux de l’autre et d’une éthique responsable.

      Certes Jean-François Mattéi n’a aucune tendresse pour les exactions de la colonisation, mais il ose, avec justice, rappeler ses bienfaits, en particulier au Maghreb : éducation, santé, communications, développement économique pour un retour d’investissement en métropole guère avéré, qui hélas, il faut le rappeler, se sont heurté à la limite de la représentativité démocratique insuffisamment concédée au peuple algérien. Il pointe également les excès de ceux qui voudraient faire payer à l’Europe ses crimes passés. Outre que l’on n’a pas à être dédommagé pour des crimes que l’on n’a pas subis, il faut aller voir du côté des abominations colonialistes et génocidaires dont les autres cultures ne se sont pas privé la jouissance et pour lesquelles on ne voit pas pointer le moindre nez de repentance. Il suffit de penser à l’occupation sanglante des deux tiers du pourtour méditerranéen par les Arabes et les Turcs… Tirons un trait  sur le passé, sur ses leçons nécessaires, et allons de l’avant vers une civilisation mondiale meilleure…

      Notre essayiste absout donc l’Europe du crime d’universalisme qui n’en est pas un, également de celui d’ethnocentrisme. Mieux, il montre qu’elle est la seule à savoir se remettre en question au nom justement de ses propres valeurs d’ouverture et de tolérance. Non sans regretter qu’elle renie un peu trop ses fondements, de par sa « christianophobie », de par « le mal de Munich », ce renoncement devant la « montée du nihilisme culturel », devant le relativisme qui dénie toute valeur en postulant la subjectivité et l’égalité de toutes les cultures, fussent-elles incultes. Il faudrait alors dénier toute universalité à la culture dominante du mâle blanc occidental, au profit des créateurs noirs et femmes, voire homosexuels, comme dans certaines universités américaines. Les revendications particularistes et communautaristes iraient désagréger ces valeurs universelles qui fondent l’humanité. C’est pourquoi la déconstruction de Derrida trouve ici sa limite : la fermeture sur soi, la négation de tout jugement et de toute aspiration à l’altitude de la pensée et de la culture, choses qui ne dépendent pas des couleurs de peau, de sexe ou des origines socioculturelles…

      C’est devant le tribunal du relativisme que la thèse de l’universalité européenne trouve son acmé. Toutes les cultures ne sont pas en effet également respectables. Que penser de la tyrannie esclavagiste et gorgée de sacrifices humains des Aztèques ? Des cultures communistes aux goulags affolants ? Des burkas qui essaiment à l’ombre délétère de la charia ? Rien d’autre que la pensée que la qualité d’une culture se mesure autant à ses œuvres technologiques, spirituelles et artistiques qu’à son droit international et qu’aux propriétés de son respect humain. Et c’est probablement à ses succès que l’Europe doit le ressentiment, autre mot pour la jalousie, de ceux qui n’ont pas encore atteint son niveau de développement, de justice et de libertés.

      L’un des rares défauts de ce livre percutant et intellectuellement stimulant est l’appel à l’argument de l’impénétrabilité des desseins de Dieu, donc à la théodicée leibnitzienne. Certes, les Noirs américains ont aujourd’hui une vie meilleure, grâce aux souffrances de leurs ancêtres, mais n’allons pas croire qu’une Histoire y « cache son plan secret » et « fait usage du mal pour parvenir au bien ». Une humaine immigration eût été plus efficace du point de vue autant moral qu’économique, même si les Etats-Unis restent un modèle (quoique passablement imparfait) de démocratie libérale.

      Et si Jean-François Mattéi a bien fait la preuve de la supériorité scientifique, technique, intellectuelle et morale de l’Europe, il semble oublier la richesse de bien des cultures, qu’elles soient zen ou qu’elles aient produit depuis la Perse Les Mille et une nuits, oubliant, lorsqu’il affirme avec Kundera que le « roman est une forme littéraire européenne », cette merveille romanesque du XI° siècle japonais : le Dit du Genji de Murasaki Shikibu, une femme remarquable au point de pouvoir être comme un Proust oriental. Ce que notre philosophe appelle, dans la perspective de Braudel, les « unités brillantes [24]», ces œuvres de l’esprit et de l’art, ne sont bien sûr pas qu’européennes.

      Notre essayiste montre enfin combien notre « culture universelle » est capable de s’ouvrir au point d’intégrer un « horizon plus vaste que l’horizon de notre culture particulière », comment l’Europe est capable de revitaliser d’autres ères culturelles, ce qui, entre autres, dans le cas du Japon, par digestion de l’influence occidentale est devenu la  vertu d’une ère Meiji continue, au contraire de l’ère arabo-musulmane dont l’apport scientifique reste fort faible, à moins que les aspirations actuelles à la démocratie, mais pas encore aux libertés de conscience, laisse percer un espoir…     

 

      À l’heure où la supériorité économique de l’Europe, et de son épigone les Etats-Unis, est fort menacée par la Chine et les pays émergents du Sud, qu’en est-il ? Reste que les valeurs européennes de démocratie, de liberté individuelle, du capitalisme libéral, si bien défendues par Mattéi, essaiment de plus en plus de par le monde au service de la prospérité matérielle, intellectuelle et humaine. À moins qu'outre l'agression de l'Islam, celles-ci perdent confiance en elles...

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie


[1] Vocabulaire européen des philosophies, sous la direction de Barbara Cassin, Seuil Le Robert, 2004, p 220.

[2] Kant : Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? Œuvres Philosophiques, La Pléiade, Gallimard, 1985, tome II, p 543.

[3] Becaria : Des Délits et des peines, GF, 2006.

[4] Au premier sens du Petit Robert : « Action de discerner, de distinguer les choses les unes des autres avec précision, selon des critères définis ».

[5] Le Chant d’al-Andalus, une anthologie de la poésie arabe d’Espagne, Sindbad, 2011.

[6] Voir José Lezama Lima : Paradiso, Seuil, 1971.

[7] Murasaki Shikibu : Le Dit du Genji, Diane de Selliers, 2007.

[8] Adonis : Tombeau pour New-York, Sindbad, 1986, p 64.

[9] Voir son Traité des habitants de la cité idéale, Vrin, 1990, ou La Philosophie de Platon, Allia, 2002 .

[10] Voir : Ibn Arabi : Traité de l’amour, Albin Michel, 1986.

[11] Hâfez : Le Divân, Verdier, 2006.

[12] Mouhammad Ibn-Dâniyâl : Le Mariage de l’émir conjonctif, L’Esprit des péninsules, 1997.

[13] Cheïkh Nefzaoui : Le Jardin parfumé, Tchou, 1981.

[14] Voir par exemple Naguib Mahfouz : Les Mille et une nuits, Actes Sud, 1997.

[15] Alaa al-Aswani : L’Immeuble Yacoubian, Actes Sud, 2006.

[16] Voir : Gamal Ghitany : Le Livre des illuminations, Seuil, 2005.

[17] Titus Burckhardt : L’Art de l’Islam, langage et signification,  Sindbad, 1985.

[18] Martine Gozlan : Le Sexe d’Allah, Grasset, 2004.

[19] Malek Chebel : Traité du raffinement, Payot, 1999, p 48.

[20] Voir par exemple Malek Chebel : Manifeste pour un Islam des Lumières, Hachette Littérature, 2004.

[21] Milton : Aeropagitica, pour la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure, Aubier, 1956, p 121.

[22] Cf Jean-François Mattéi : La Barbarie intérieure, PUF, 2001.

[23] Cf Pascal Bruckner : Le sanglot de l’homme blanc, Tiers monde, culpabilité, haine de soi, Seuil, 1983.

[24] Dans Fernand Braudel : Grammaire des civilisations, Arthaud, 1987.

 

 

Art arabe et Renaissance, Casa de Pilatos, Sevilla.

Photo : T. Guinhut.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 18:30

 

Grand'Rue, Poitiers, Vienne. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Retour sur Ayn Rand : d’Atlas shrugged

 

à La grève libérale,


Roman populaire et roman philosophique.

 

 

Ayn Rand : La Grève, traduit de l’anglais (Etats-Unis)

par Sophie Bastide-Foltz, Les Belles lettres, 1168 p, 29,50 € et format poche : 1336 p, 19 €.

 

Alain Laurent : Ayn Rand ou la passion de l'égoïsme rationnel,

Les Belles Lettres, 240 p, 24 €.

 

 

 


      Les voies du succès sont-elles impénétrables? Dans le cas de La Grève d’Ayn Rand, cette romancière et philosophe américaine, rescapée de la révolution bolchevique, qui vécut entre 1905 et 1982, il s’en faut de peu pour que nous arrivions à totalement élucider les raisons qui ont permis de faire de ce livre le plus lu aux Etats-Unis après la Bible, avec dix millions d’exemplaires vendus, grâce à l’adéquation du roman populaire et de son efficace philosophie politique. Hélas, bien moins vendu en France…


     Au cours de cette apocalypse programmée de l’économie ses Etats-Unis, parmi laquelle se débattent la féminine Dagny Taggart, entrepreneuse en chemins de fer, l’industriel de l’acier Hank Rearden et le mystérieux John Galt, les ressorts du roman populaire et d’aventure, venus d’Alexandre Dumas et d’Eugène Sue, sont utilisés avec autant de dynamisme que de finesse. En effet, complot, filatures mystérieuses, enlèvement, amours lointaines et romanesques, suicide mélodramatique, adultère infâme, attaque d’usine par les émeutiers sont le lot de ce fleuron romanesque. Suspense et rebondissements ne cessent d’irriguer ce roman feuilleton large, intense, foisonnant et coulant comme un fleuve. A ceux qui trouveraient cette accumulation dramatique un peu trop hollywoodienne, qui la traiteraient de bruyante et racoleuse boite à outil de la facilité démagogique, on ne peut que leur demander pourquoi ils n’en font pas autant, voire mieux. Car la vie est une aventure. L’érection du capitalisme libéral également. Les héros que sont les entrepreneurs, Dagny, Hank et John, réussissent à construire des rails d’une nouvelle qualité, des ponts et des lignes audacieux, un moteur révolutionnaire qui fait de l’électricité statique de l’air une électricité cinétique.
     Hélas, devant la rapacité du social étatisme, la disparition mystérieuse des entrepreneurs et des travailleurs créatifs est bien cette « grève » des meilleurs qui refusent de cautionner une société collectiviste et confiscatoire, captatrice de leur bonheur et de leur richesse : finalement destructrice de l’économie du pays entier et source de pauvreté, hors quelques parasites au sommet de l’état, là où un capitalisme de connivence égalitariste gère bien mal la pénurie inévitable. Contre le Léviathan, le mystérieux John Galt (« Qui est John Galt ? » étant la phrase inaugurale, puis récurrente et devenue magique) se dresse, humble et fier, débauchant l’élite.
      Evidemment, pour poser les limites de l’exercice, on peut arguer du type marmoréen de ces héros, durs et inflexibles, élégants et acérés, à la limite de la vraisemblance, où la compétence et le mérite n’ont rien de coupable. Ils sont opposés à celui veule et mou d’un James Taggart qui se couche devant le gouvernement et sa redistribution tentaculaire, de la conventionnelle, bête et poisseuse femme d’Hank, Lilian, des grands patrons suçant les aides publiques et castrant la concurrence, et de bien d’autres, revanchards et plaintifs ou pontifiants intellectuels envenimés par le communisme. N’oublions pas à cet égard qu’Ayn Rand écrit dans un contexte historique particulier : celui de la guerre froide.
       Cette somme est également un tableau géographique, entre New York et la Californie, grâce à la dimension symbolique des chemins de fer qui innervent la conquête du continent américain, de ce réseau économique qui nourrit les échanges ; mais aussi grâce au lyrisme intense des paysages évoqués. A cette nouvelle conquête de l’Ouest par la construction de la « John Galt Line » dans les Rocheuses (ce en quoi Ayn Rand observe une continuité avec une mythologie fondatrice américaine) s’ajoutent les péripéties exaltantes de la réussite.
       Mais les forces de la réaction, dans un combat titanesque et archétypal entre le bien et le mal, détruisent tous leurs efforts en prenant aux riches pour engraisser de paresseux fonctionnaires, des assistés et d’incapables et tonitruants idéologues au prétexte de l’égalité. Ce qui permet une satire pénétrante des intellectuels progressistes et altruistes (traduisez : tyrans marxistes et collectivisateurs à leur profit). Contrer les entrepreneurs, les faire échouer, entraîner la ruine générale, les révoltes, les pillages et la famine du pays entier, tout cela ressemble à un film à grand spectacle. Qui parait s’achever par une apocalypse économique définitive, d’abord pathétique, ensuite profondément tragique. Bien sûr, en une sorte d’happy end promis, après que l’héroïque, le surhomme nietzschéen, John Galt ait ridiculisé ses geôliers et soit délivré par ses amis, le continent pourra relancer, sur ces gravats fumants, la production de l’acier, du chemin de fer et du fabuleux moteur, mais aussi l’activité des intellectuels, écrivains et musiciens, des génies de la constitution américaine révisée. De façon que, même si cela peut paraître un peu trop messianique, l’utopie concrètement réalisable de la prospérité libérale s’installe sur le monde. Mais n’est-ce pas ce qu’ont, en grande partie, réussit les Américains, depuis l’idéal des pionniers et de la constitution de 1787, quoique entravé par des guerres intra et extraterritoriales, par des épisodes désastreusement keynésiens…

 


      La dimension anti-utopique, dans la lignée de Zamiatine, Huxley, Orwell ou Bradbury, est criante : au gouvernement idéal et planétaire de l’entraide universelle, d’inspiration évidemment léniniste et communiste répond la réalisation effective de l’incurie, de l’irresponsabilité et de l’égalitarisme : l’effondrement économique, la paupérisation généralisée et le chaos criminel. Alors qu’une réaliste utopie, plus pragmatique et mesurée que celle de Thomas More, et soumise aux seuls devoirs du travail échangé et de la liberté, réussit à s’implanter grâce à cette création de John Galt : « Atlantis » (p 703) ou l’Atlantide dans les Rocheuses ». Cette cité idéale cachée « du libre-échange et de la libre pensée » (p 1066) est le fruit de la bonne volonté d’esprits d’élite, avec un banquier, un juriste, un compositeur et bien d’autres, chacun travaillant là de ses mains, après avoir lâché le monde pourri du collectivisme. D’Anconia va plus loin que la grève, il peaufine faillites et krachs pour précipiter la chute et espérer, après la table rase, construire un nouveau monde. Notre John Galt, loin d’être un richissime financier, est un étudiant et ouvrier modeste, animé par la raison et la sérénité.
        Si l’on voit dans La Grève l’ascension des créateurs et des travailleurs au service de leurs propres intérêts égoïstes, l’on y voit également cette « vertu égoïste », (pour reprendre le titre de l’essai d’Ayn Rand ) opposée à l’altruisme, qu’elle appelle « mal absolu » et « cannibalisme moral » (Laurent p 74). Car la solidarité obère en effet la liberté et l’égoïsme nécessaire de la créativité et du mérite récompensé. Certes, mais c’est un peu trop faire fi d’une empathie, d’une charité privée qui doit rester possible si elle n’a pas pour effet pervers de déresponsabiliser celui qui la reçoit…

      Une réflexion éthique sous-tend également la richesse des portraits psychologiques. La critique de la notion de péché originel (p 1023) en tant que culpabilité innée au détriment de la pensée libre permet d’expliquer pourquoi la femme de Hank, Lilian, ne peut voir l’amour que comme une salissure. Quant à la précieuse et pathétique Cherryl qui se suicide après son mariage prometteur avec l’infect James Taggart, voilà tout un roman réaliste et social dans le roman, qui montre comment les aspirations les meilleures peuvent être fauchées par la veulerie d’un homme qui prétend être aimé pour lui-même, comme par une sorte de charité universelle, alors qu’il ne le mérite en rien. L’amour n’est pas un dû, son besoin ne permet en rien sa légitimité. De même le « à chacun selon ses besoins » de Marx est ici invalidé par la tyrannie des besoins des employés d’une usine dont ils détruisent les capacités, au détriment des valeurs du travail et du mérite, car « toutes les valeurs sont relatives ! » (p 992)
      Ainsi en cet apologue dont la morale est explicite, rien de cette société avilie  ne résiste à l’exigence d’Ayn Rand en grande redresseuse de torts. L’éducation « ne peut laisser la moindre place à l’irrationnel » (p 786). Les arts n’échappent pas à sa vindicte  : « Des galeries d’art où elle retrouvait le style de dessins qu’elle avait vu tracés à la craie sur les trottoirs des quartiers déshérités de son enfance ; des romans qui prétendaient prouver l’absurdité de la science, de l’industrie, de la civilisation et de l’amour, dans un langage que son père n’aurait pas employé dans ses pires moments d’ivrognerie. » (p 874) La justice n’existe plus : « les questions du bien et du mal n’avaient pas leur place dans une salle d’audience et que les hommes chargés de rendre la justice étaient assez sages pour savoir que la justice n’existait pas. » (p 930)  
      L’amour, en tant qu’indispensable élément romanesque, est traité non sans les égards de la raison, dans le cadre de l’objectivisme d’Ayn Rand, ce qui ne lui ôte aucune poésie. Qu’importe que Dagny ait trois amants d’amour successifs, d’Anconia, Hank Rearden et John Galt. Qu’importe que le second soit marié. Ce lien strictement conventionnel n’a aucune réalité devant le sens de l’amour fondé sur l’admiration juste et réciproque, en de belles pages lyriques. Le mariage, s’il n’est que convention sociale, n’est bon qu’à être méprisé, jeté, ce dont témoigne la façon méritée dont Lilian est abolie par son mari Rearden, dont l’adultère, un moment considéré en son for intérieur comme coupable, devient aussi juste que l’est Dagny elle-même. Ainsi ces amours romantiques et cependant réalistes se vivent au-delà des préjugés et des interdits. Et il est juste qu’il en soit ainsi.

 

Triptyque par Decoechoes.

 

      Au-delà et au cœur du roman, conjointement à l’enchaînement des actions, intimes ou à grand spectacle, conversations et argumentations permettent d’assoir le substrat philosophique. Les soixante pages du vaste discours radiophonique de John Galt sont évidemment une mise en abyme du roman tout entier : ce que l’action mettait efficacement en place est ici théorisé en une énorme production argumentative. Lorsque l’éditeur demanda des coupures, elle rétorqua : « Couperiez-vous la Bible ? » (Laurent, p 101). Superfétatoire pour les uns, hautement nécessaire pour les autres, on peut imaginer que ce discours est inaudible pour l’immense majorité des auditeurs radiophoniques, mais il est le coup de tonnerre de l’expression de la liberté intellectuelle, surtout sachant que son auteur bloque toutes les émissions nationales pour propager à la place ses principes. Parmi lesquelles la démonstration de la ruine obligée d’un système collectiviste étouffant toute initiative, sauf celle de « la grève » des meilleurs en attendant de pouvoir revigorer le pays. C’est un réel essai de philosophie politique à l’acmé du roman, le morceau de bravoure du mystérieux héros en même temps que le manifeste « objectiviste » d’Ayn Rand, grande lectrice d’Aristote : le réel est connaissable au moyen de la raison, de l’identité et de la causalité, et l’égoïsme est rationnel car il permet le développement de soi et de chacun pour soi dans le cadre d’une société juste et non biaisée par la redistribution. L’égoïsme y est valorisé au contraire de cet altruisme obligatoire qui plombe les réussites pour encourager l’assistanat : « Je jure, sur ma vie et sur l’amour que j’ai pour elle, de ne jamais vivre pour les autres, ni demander aux autres de vivre pour moi », conclue John Galt (p 1068).
       En « Atlantis » (p 703), ce dernier martèle : « nous échangeons des réussites, pas des faillites ; des valeurs pas des besoins. Nous sommes indépendant les uns des autres et pourtant nous nous développons ensemble. » (p 724) Ce qui n’est pas loin de la main invisible du marché d’Adam Smith et réduit la part nécessaire de l’état. En effet le capitalisme libéral de l’industrie et du commerce rendent bien plus de service à l’humanité que les états dont le rôle doit se limiter à maintenir la paix et protéger propriétés et contrats. Ce pourquoi « un gouvernement légitime a trois fonctions régaliennes » (p 1062), police, armée et justice, ce qui est  conformes aux conceptions limitatives du philosophe Robert Nozick. Reste, ajouterons-nous, à convenir d’un état, d’une constitution et de législateurs qui protègent avant tout les libertés, individuelles, de propriété, de contrat et de concurrence. Développer les potentialités de tous, bien ; mais que faire des plus faibles ? Certes ils dépendent d’une économie de la richesse qui leur assurera emploi et reconnaissance, mais pense-t-on aux faiblesses physiques et mentales, aux plus déshérités de la vie ? Le roman n’aborde pas cette question pourtant judicieuse…
     Egalité des chances, principe de précaution, collectivisation des moyens de production, redistribution des riches spoliateurs vers les besoins des plus pauvres, tels sont les dogmes de l’état tyrannique honni qui oppresse cette Amérique de fiction jusqu’à laminer toutes ses richesses. Ainsi le titre américain, Atlas shrugged, est bien ce titan qui porte le monde sur ses épaules. Mais à force de le surcharger du poids de l’état et de l’altruisme, vient le jour où doit secouer le joug et faire grève. La Grève d’ailleurs était le titre préparatoire, abandonné pour éviter d’éventuelles confusions avec celles des syndicats.
       Nous savions depuis les premiers chapitres qu’il s’agissait d’un roman à thèse, catégorie trop facilement méprisée, puisqu’ici le gros de la doctrine est bien corroborée par l’Histoire qui a pu constater l’échec des communismes et la réussite des démocraties et économies libérales, y compris pour le plus grand nombre. Les titres de chapitres relancent alors l’intrigue ou abordent des points doctrinaux (« A but non lucratif », « Exploitants et exploités », « Le signe du dollar ») quand les dialogues des personnages sont truffées d’idées, d’arguments et de contre-arguments, sans empêcher le plaisir de la lecture. Ainsi liberté individuelle, égoïsme objectif, respect et vertu de l’argent, travail, créativité et poursuite du bonheur, sont les valeurs infrangibles du livre et de la pensée d’Ayn Rand. Sans compter le féminisme, puisque Daggny est une femme d’affaire intrépide, talentueuse et libre de préjugés, quoique capable de soumission, voire de masochisme, devant l’amour charnel du mâle, fait rare et conspué encore en 1957 quand le roman parut. Ce « réalisme romantique » (Laurent p 123) selon Ayn Rand elle-même, et pétri d’idéaux n’est pas sans participer à la persuasion romanesque de ce roman total et non totalitaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Certes, cette épopée du libéralisme économique et des mœurs peut sembler un brin caricaturale, voire trop manichéenne. Mais on répondra que le socialisme, cette « route de la servitude » pour reprendre le titre d’Hayek, a mené la Russie à la même abomination. Ayn Rand, née en 1905 à Saint-Pétersbourg, a vécu cette spoliation par les médiocres, les idéologues et la violence de la révolution bolchevique, de l’intérieur. Le rayon de la mort fabriqué par les sbires du gouvernement en son roman est l’image de cette volonté d’éradication de toute vie libre. C’est en 1926 qu’elle réussit à fuir le communisme afin de brillamment construire sa liberté de scénariste et d’écrivaine aux Etats-Unis, ce dont témoigne avec autant de précision que de clarté la biographie d’Alain Laurent.
       Le biographe en effet ne se contente pas d’un récit de la carrière hollywoodienne et d’écrivain d’Ayn Rand, de ses amours controversées, mais il déplie avec soin la pensée de son héroïne, son athéisme (récusant la droite religieuse, ses communautés peu individualistes) son antiracisme et son anticommunautarisme, respectueuse en cela de la dignité de l’individu. Comme les Libertariens, elle postule qu’ « esprits libres et marché libre » vont de pair (Laurent p 134). Sans être un panégyriste, il n’oublie pas son côté despotique (en contradiction avec l’éthique de La Grève), sa propension à caricaturer les philosophes qu’elle connait bien trop peu, ses lourdeurs péremptoires comme le « A est A » (p 1013) répété du discours de John Galt, les dérives sectaires de ses disciples propagandistes. Cependant le peu d’intégrité de l’auteur ne doit pas occulter l’intérêt indubitable de l’œuvre, même excessive. Ce pourquoi nous ne ferons pas de La Grève une Bible, ni de la Bible d’ailleurs…
        Il reste une talentueuse écrivaine qui sait insuffler dramatisme à son intrigue, vastitude à son épopée, pénétration intellectuelle à ses idées et psychologie dynamique à ses personnages, parfois repoussants, parfois magnifiquement attachants. Avec des héros enfin positifs, sans niaiserie. Serait-ce excessif de compter Ayn Rand parmi les grandes auteures mondiales, au côté de Murasaki Shikibu, de Mary Shelley, d’Emily Dickinson ?


       Quant à la France, elle n’est plus, dans le roman d’Ayn Rand, qu’une de ces « républiques populaires d’Europe » (p 552) où « produire et faire du commerce étant illégal, les meilleurs hommes d’Europe n’ont de d’autre choix que de se réfugier dans l’illégalité » (p 583) parmi des « populations réduites à l’état primitif » (p 825). Zones déshéritées par la tyrannie social-communiste, que l’on doit par solidarité (l’autre nom de la tyrannie) abreuver de subsides, d’aides, par bateaux entiers, ce contre quoi s’insurge Ragnar Dönneskjold en les coulant par le fond. Lorsque notre écrivain composait son manuscrit, dans les années cinquante, le parti communiste était fort influent dans l’hexagone.  S’il le parait moins aujourd’hui, ce n’est qu’une illusion tant l’idéologie socialo-marxiste imprègne les mentalités. La dette française est abyssale, l’état providence est une fiction clientéliste et contre-productive, son prétendu modèle social est un panier percé, son industrie n’est pas encore complétement exsangue, saignée par les prélèvements obligatoires, ses créateurs de richesses sont conspués, s’exilent trop souvent… On regarde son nombril malade, sans voir que près de nous des pays savent réussir en pratiquant une politique économique plus libérale: Suède, Allemagne ou Canada. On ne s’étonne pas, hélas, que La Grève soit, au pays d’un Voltaire trahi, si peu lue, ou du bout d’un bec méprisant, en fait dangereusement ignorée. La prédiction d’Ayn Rand est-elle en train de s’accomplir ? Il y a bien urgence à lire Atlas schrugged.


Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Lire également : Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 17:59

 

Ostia antica, Latium. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

De quelques libertés libérales :

 

Homosexualité, drogues, prostitution,

 

immigration en question.

 

Suivi d'un Projet d'amendements à la Constitution.

 

 

 

 

      Au-delà de la liberté d’entreprendre,  grâce aux vertus de la propriété, de la libre concurrence et de la clarté des contrats, qui est la première liberté fondamentale, le libéralisme se doit non seulement d’être économique mais humaniste, afin d’écraser toutes les hydres qui veulent régenter nos mœurs. Ce dans le cadre d’une démocratie qui n'a de validité que si elle est libérale, au sens où elle doit permettre et protéger les libertés. N’oublions pas en effet que notre chère démocratie, au moyen des suffrages accordés par une majorité, peut accoucher d'une tyrannie. Il suffit de penser à l’Allemagne des années trente et aux risques inhérents aux « printemps arabes » capables de couver en leur sein une glaciation islamiste. Sans compter les pesanteurs fonctionnarisées et interventionnistes des divers socialismes et colbertismes qui gangrènent la « main invisible[1] » des marchés et ratatinent la création de richesses… C'est pourquoi la constitution doit limiter autant les pouvoirs des gouvernements que les pouvoirs de la majorité[2], sinon rester méfiante devant ceux des minorités bruyantes qui occupent en professionnelles les espaces des rues des médias... Une fois muselés les pouvoirs de l’état et des majorités qui pavent les routes de la servitude[3] des socialismes, des fascismes et des théocraties, jusqu’où peuvent aller nos libertés individuelles ? Nous tenterons ici, sans prosélytisme aucun, quelques modestes propositions, y compris d'amendements à la Constitution, que l’on pourra enrichir et réfuter. Ainsi les questions controversées de l’homosexualité, des drogues, de la prostitution, de l’immigration et de la censure méritent d’être pensées avec libéralité, suivant l’injonction de Kant : « Agis extérieurement de telle sorte que le libre usage de ton arbitre puisse coexister avec la liberté de chacun suivant une loi universelle[4]. ».

 

      La question de l’homosexualité parait la plus simple. En quoi nous brimerait celle ou celui qui choisit du même sexe le partenaire de ses pensées et de ses ébats ? Tant qu’il ne nous contraint à partager ses goûts et ses comportements, il lui est légitime de copuler et de vivre avec l’élu, de lui léguer ses biens aux mêmes conditions qu’un couple traditionnel. Seul bémol peut-être, lorsqu’il s’agit d’union devant la loi, faut-il parler de mariage, mot réservé au mari et à l’épouse ? Ou ne pas rester fétichiste du vocabulaire tant que le mariage civil ne s’impose pas à la liberté religieuse qui reste maître de ses prérogatives, tant qu’elles ne contraignent que ceux qui y consentent. Reste la question de l’homoparentalité, pas si choquante, puisqu’à bien des couples hétérosexuels le privilège naturel de la procréation ne pousse pas toujours au respect de l’enfant. Serait-ce forcément pire avec deux homosexuels ?

      Pourquoi empêcher l’individu de se choisir sa drogue comme il le fait déjà avec l’alcool et le tabac ? Même si aucune drogue, y compris le cannabis qui ajoute à la dangerosité du tabac la dimension plus ou moins hallucinogène (sans compter leurs puanteurs et autres productions de dioxyde de carbone dont ne s’émeuvent pas les écologistes) n'est bonne pour la santé, il faut légaliser : au moins le cannabis, production, commercialisation, consommation comprises. Ainsi, au-delà d’une prohibition dont on a vu à la fois l’inefficacité et l’incitation à la délinquance mafieuse aux Etats-Unis quant à l’alcool, non seulement on utilisera les moyens policiers pour des délits et crimes réels, mais on permettra la création d'emplois commerciaux et agricoles (coffee shop et culture en champs) en coupant l'herbe sous le pied des dealers, de leurs mafias, de leur économie souterraine, sans compter l'apport d'une TVA à définir qui ne sera qu’un impôt volontaire et non imposé à tous. Reste à voir si les autres drogues doivent suivre ce chemin et être vendues en pharmacie, étiquetées, avec les mêmes informations sur les compositions et les effets que les médicaments… Il ne s’agit pas là d’une liberté accordée de gaieté de cœur. Laisser en vente libre des poisons divers et parfois mortels n’est guère altruiste, voire vicieux. Hélas, vu l’échec de toutes les politiques répressives, de surcroît couteuses, on ne peut qu’accorder à chacun le droit de se développer, de se divertir en toute modération, ou de se détruire. Surtout lorsque l’on sait que la France est la championne d’Europe de consommation du cannabis. Mais que l’on sache, la disponibilité de l’alcool en grandes surfaces n’a pas éradiqué toute une population qui peut bénéficier par l’éducation de tous les avertissements et soins nécessaires.

 

 

      La prostitution non plus n’est pas une vertu. Hélas, ce qu’on appelle « le plus vieux métier du monde », ne s’éteindra pas tant qu’il y aura un désir sexuel et son cortège de non-réciprocité, tant qu’aucun communisme érotique n’est possible. Il est entendu que l’immense majorité des prostituées soit exploitée voire battue, par des souteneurs, des mafias, d’autant plus que l’exercice de leur art est illégal… Ce n’est pas révulser un juste féminisme que de suggérer là encore une légalisation des maisons closes qui auraient le double privilège de protéger leur personnel contractuel évidemment majeur, féminin ou masculin, et de reverser une TVA et des charges sociales. D’autant que nous sommes entourés de pays qui fonctionnent en ce sens. La liberté des clients et des prestataires de services n’entraîne alors pas de facto un jugement moral positif sur ces activités. Ajoutons qu’il resterait assez de travail à la police pour pourchasser les proxénètes sauvages et leurs violences…

      Surtout l’on ne confondra pas ces recommandations libérales avec les goûts et les pratique de l’auteur de cet article qui ne veut en rien engager qui que se soit sur le chemin des drogues et de la prostitution, ni faire de son éthique personnelle une tyrannie à tous imposée. Ce qui est trop souvent, sans compter le retour de leurs frustrations inavouées, la motivation prétendument altruiste des despotes de la vertu qui se complaisent à maintenir autrui sous leur sujétion et ne supportent pas que l’on puisse agir et penser différemment de soi, hors du champ étroit de sa compréhension. Tant que ces pratiques, addictives et sexuelles, ne nuisent pas concrètement à la liberté et à la sécurité d’autrui, où est le réel souci ? A moins que le prosélytisme (ce que nous ne pratiquons pas ici) de ces comportements peu vertueux, voire criminogènes, lorsqu’il s’agit de la santé publique, puisse en mis en question… Cependant n’y-a-t-il pas de plus graves crimes et délits qui sont hélas loin d’être réglés, gangs violents, crimes de prétendu honneur à l’encontre de la liberté féminine par exemple ?

       Il devrait sembler qu’au vrai libéral l’immigration soit une vraie liberté digne d’être protégée. Du moment que l’on n’enfreindrait pas la loi, où serait le problème ? Nous aimerions qu’il puisse en être ainsi. Hélas un égoïsme nécessaire nous contraint à limiter notre générosité si elle est aux dépens de notre sécurité et de nos libertés. De plus, la réciprocité n’existe pas toujours. Il est plus que douteux que nous serions accueillis avec autant d’humanité (même si la nôtre peut laisser à désirer) de l’autre côté de frontières que nous allons laisser ici imaginer… Nos libéralités ne peuvent qu’être tempérées par la cruauté du réel, par la mégalomanie de l’état-providence, ce grand confiscateur et grand redistributeur dispendieux, quoique nous puissions respecter la charité privée et associative. La nationalité du pays d’accueil qui doit corréler travail et permis de séjour peut rester une porte ouverte à celui qui veut s’intégrer dans le cadre d’une européanité des Lumières, mais doit fermer toutes ses tolérances à qui veut opposer aux valeurs de la démocratie libérale les tyrannies théocratiques publiques qui menacent nos acquis humanistes et féministes. La libéralité doit s’arrêter aux frontières qui la violent. Admettons ici que notre réflexion n’atteint pas la maturité souhaitable pour proposer une juste éthique de l’immigration, hors les concepts de protection de la propriété matérielle aussi bien qu’intellectuelle. En effet, l’aire culturelle qui reçoit le flot d’immigrants doit pouvoir conserver l’intégrité de ses libertés et non se voir imposer des contraintes morales et physiques venues de quelque code, livre ou foi…

      De fait, écriture, caricature et arts divers, leur liberté d’expression ne doivent pas, dans une société nécessairement ouverte[5], être frôlés par la censure. Qu’il s’agisse d’un théâtre frondeur avec le christianisme ou d’un journal satirique caricaturant les descendants du Mahomet ou le fanatisme[6] de Voltaire, il est de notre dignité de défendre autant la liberté des convictions que celles de la critique et de l’ironie. Nous ne pouvons qu’être révoltés par les récents autodafés hongrois (venus de l’extrême droite) contre les livres du Juif et Prix Nobel Imre Kertész, qui connut en son enfance l’enfer des camps nazis[7], ou par les Frères Musulmans égyptiens décidés à interdire un des chefs-d’œuvre préférés de Borges : ces merveilleuses Mille et une nuits[8]. En dépit de ces récurrents retours à un atavisme barbare de l’humanité, « la liberté est un produit de civilisation[9] » au même titre que les poèmes, les opéras, les nouvelles technologies, les romans et les essais philosophiques dont la multiplicité et le rayonnement ne vont pas un instant sans elle. A l’idée selon laquelle « L’absence du crime de diffamation séditieuse contre l’état est le véritable test pragmatique de la liberté d’expression[10] », il faudrait ajouter l’absence du crime de blasphème contre une religion et ses icônes (dont nous croyions être débarrassés) pour assurer la pérennité de nos libertés individuelles et créatrices.

 

       Si le socialisme est notre menace pour nos libertés économiques, de par l’état-providence, sa surfiscalité, sa suradministration et son impéritie budgétaire via la course à la dette dictée par la démagogie distributive (ce à quoi n’ont guère remédié les droites au pouvoir) l’islamisation active et rampante est aujourd’hui notre pire menace pour nos libertés féminines et humaines. Ecraser les hydres des despotismes économiques, religieux, politiques et moraux va de pair avec le laisser vivre des mœurs, dans la mesure où, nous déplaisant, ces derniers ne nous nuisent pas. « Car la liberté consiste à être exempt de gêne et de violence, de la part d’autrui[11] ». A la pensée de Locke, ajoutons celle de Kant qui dessine « les limites de cette liberté afin qu’elle puisse coexister avec celle des autres[12] ». N’est-ce pas tracer là aussi le devoir de l’amant du libéralisme ?

 

 

 

Projet d’amendements à la Constitution

et autres modestes propositions pour la France.

 

 

De la Règle d’Or Budgétaire :

      L’état et les collectivités locales  doivent ne plus voter aucun budget en déficit et ne plus recourir à l’emprunt, donc à la dette.

     Aucun prélèvement obligatoire ne devra nuire à la propriété et à la liberté d’entreprendre au point de dépasser vingt pour cent des biens personnels et professionnels, des revenus et des bénéfices privés et entrepreneuriaux.

      Pour délivrer la France de la dette, de la récession et du chômage, le Persée du libéralisme doit vaincre le monstre dévorant de l’état français, à qui 56% du PIB (un record !) sont dévolus, et l’assainir ; ce au moyen de ces modestes propositions :

 

I Economies

 

      Diminuer le poids de l’état, en particulier les fonctionnaires (il y a plus de fonctionnaires au ministère de l’agriculture que d’agriculteurs par exemple).

      Supprimer tout impôt sur la fortune qui ne rapporte guère plus que ce qu’il coûte à percevoir, et par conséquent ses fonctionnaires.

      Remplacer l’impôt sur le revenu par une flat tax unique.

      Supprimer la Contribution Sociale Généralisée, la taxe carbone et autres prélèvements.

      Ramener tous les impôts et taxes sur les entreprises à un taux unique, sans niches fiscales. La TVA sera de 20%, hors les livres, la presse et les produits alimentaires de première nécessité qui en seront exemptés.

      Fermer des ambassades dans des petits pays et diminuer les dépenses somptuaires.

      Cesser les subventions aux entreprises, aux associations, aux syndicats…

      Cesser de rembourser les frais des partis politiques suite aux élections, qui doivent, comme les syndicats, vivre des cotisations, des dons (non limités, mais dont le montant sera publié) de leurs adhérents et sympathisants.

      Cesser les allocations aux étrangers sans papiers, supprimer le statut de la Couverture Maladie Universelle et de l’Aide Médicale aux Etrangers.

      Diminuer le personnel administratif dans l’Education nationale (3 fois supérieur en France par rapport à l’Allemagne) permettre aux profs d’enseigner plusieurs matières, d’augmenter leurs horaires.

      Ramener la retraite à 67 ans pour tous, sans aucuns régimes spéciaux.

      Supprimer les départements, regrouper les communes.

      Cesser les gaspillages.

      Diminuer de moitié le nombre de parlementaires, voire supprimer le Sénat, interdire le cumul des mandats.

      Ne pas laisser les rapports de la Cours des comptes sans suite exécutive.

 

II Croissance

 

      La baisse des impôts et taxes contribuera à inverser la fuite des capitaux et du travail, et doper l’initiative et l’investissement, donc l’emploi, la croissance et la richesse productive ; il faudra de plus :

       Simplifier drastiquement le code du travail et le maquis de ses 3300 pages.

      Adopter la flexisécurité à la Danoise.

      Baisser le coût du travail.

      Autoriser tous les commerces à choisir leurs jours et heures d’ouverture.

      Libérer le numérus clausus professionnel, pour les médecins et les taxis par exemple.

      Simplifier et fluidifier les permis de construire, réduire la tyrannie des normes.

      Lever les barrières à la concurrence, y compris pour la sécurité sociale, EDF GDF, etc.

      Modifier le code minier pour que les produits du sous-sol rapportent des revenus aux propriétaires.

      Exploiter judicieusement le gaz de schiste et le pétrole.

      L'état devant se concentrer sur ses missions régaliennes, police, justice et défense, de façon à protéger les personnes et les biens, leur liberté et leur prospérité, et cesser son interventionnisme économique...

 

      Ces modestes propositions n’ont pas l’ironie de celles de Swift[11]. Sinon l’indifférence générale, hors l’adhésion de quelques happy fews libéraux, elles ne rencontreront que l’effroi digne de la swiftienne proposition de manger les bébés pour contrer la famine irlandaise au XVIII° siècle. Ne leurs sera opposée qu’une fin de non-recevoir, condamnant tout espoir de moralisation et de prospérité. C’est pourtant ce qu’en partie fit Margaret Thatcher, redressant au bord du gouffre de l’Etat-providence le Royaume-Uni, ce que fit en partie la Suède, avec la même heureuse conséquence. Et que pour notre malheur, nous ne ferons pas.

Thiery Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Adam Smith : Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations, IV 2, PUF, 1995, p 513.

[2] Au sujet de la « tyrannie de la majorité », voir Tocqueville : De la Démocratie en Amérique, I, II, VII, Pléiade, Gallimard, 1992.

[3] J’emprunte ici le titre de Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 1985.

[4] Kant : Introduction à la doctrine du droit, Œuvres philosophiques, Pléiade, tome 3, p 479.

[5] Selon le concept de Popper dans La Société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979.

[6] Voltaire : Mahomet ou le fanatisme, Théâtre, Garnier sans date, tome 1.

[7] Voir Etre sans destin Actes Sud, 1998.

[8] Par exemple dans la traduction de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, La Pléiade, Gallimard, 2005.

[9] Hayek : Droit, législation et liberté, tome 3, p 195, PUF, 1989.

[10] Kalven : The Negro and the First Amendment, cité par John Rawls: Libéralisme politique, PUF, 1995, p 404.

[11] Locke : Traité du gouvernement civil, VI 57, GF Flammarion, 1992, p 185.

[12] Kant : Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, Œuvres philosophiques, Pléiade, tome 2, p 194.

[13] Jonathan Swift : "Modestes propositions", Instruction aux domestiques, Le Club Français du Livre, 1966.

 

Photo : T. Guinhut.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 16:41

 

Pas des Radias, Ars-en-Ré.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Emeutes urbaines,

 

entre naïveté irénique et guerre hobbesienne

 

de chacun contre chacun.

 


 

 

 

 

À en croire nos chers commentateurs, les émeutes urbaines, qu’elles soient londoniennes ou parisiennes, passées, présentes ou à venir, ne seraient dues qu’à la pauvreté, qu’au mépris dans lequel nos gouvernements et nos capitalistes égoïstes tiendraient ce peuple des banlieues, ghettoïsé, rejeté dans le chômage et le racisme, voire à quelques troublions d'extrême droite ostracisés. Sans compter la tyrannie de la police… Grave erreur ! Oublierait-on ces qualités proprement humaines : la passion de la violence et l’appât du pillage ? Il faut alors tenter de départager la naïveté irénique de la guerre hobbesienne de chacun contre chacun...

 

On arguera d’une nécessaire vengeance qui serait la conséquence d’une injustice commise par la police. Qu’il s’agisse de banlieue parisienne ou de quartier londonien, on trouve à l’origine de ces violences la mort accidentelle ou par balle d’un jeune, d’un homme poursuivis par ceux qu’ils doivent nommer non pas forces de l’ordre, mais du désordre. Ainsi la tyrannie policière serait justement conspuée et affaiblie… Que ces délinquants plus ou moins professionnels portent ou non la responsabilité de leur mort ne vient pas à l’esprit des « indignés » (concept aussi creux qu’à la mode), encore moins la question de s’en remettre à la dignité de la justice pour établir les faits et punir selon la loi si nécessité il y a.

C’est avec ce qu’il faut d’ironie que l’on remarquera que nos gangs d’émeutiers ont encore -jusqu’à quand ?- besoin d’un événement déclencheur et d’un prétexte moral pour assurer leurs exactions. Soyons réalistes. Qui sont ces héros des guérillas urbaines qui donnent un faux air de Somalie à nos capitales de la civilisation ? Des jeunes encapuchonnés, aux facies aussi bien colorés que grêlés de taches de rousseurs, immigrés musulmans halal ou hooligans encalminés de bière qui se livrent aux joies de la violence et du pillage. Tout en revenant en-deçà de la loi du talion puisqu’ils vengent mille fois ce que l’un des leurs aurait subi. Bientôt, la seule occasion d'un événement festif, la victoire d'un club de foot, cette passion vulgaire, suffit à ajouter à la fête ses corollaires indispensables : alcool, drogues, voitures brûlées, vitres éclatées, magasins pillés, policiers couverts pour le moins d'ecchymoses, vengeant une prétendue injustice de la société...

 

Ce serait folie que d’oublier cette passion fondamentalement humaine, trop humaine, celle de la violence et de la guerre. A l’angélisme béat qui laisserait croire que l’humanité n’aspire naturellement qu’à la paix, à la non-violence et à l’amour, il faut opposer cette pérennité des conflits sur notre planète, malgré les incontestables progrès acquis en ce domaine grâce aux démocraties libérales issues des Lumières, aux traités de libre-échange, à la multiplication des richesses et des classes moyennes, et à des institutions comme l’Union Européenne. Quoique l’homme soit un animal naturellement civilisable, même s’il n’est pas aussi naturellement bon que Rousseau aurait pu le souhaiter, Hobbes sait que « l’homme est un loup pour l’homme », et que  « l'état naturel des hommes, avant qu'ils eussent formé des sociétés, était une guerre perpétuelle, et non seulement cela, une guerre perpétuelle de tous contre tous[1] ». Le plaisir de mordre et d’ensanglanter, d’exercer sa force, sa pulsion de prédation et de tyrannie sur autrui et sur l’espace qui nous entoure est irrésistible, sans compter la testostérone qui contribue au machisme de ces émeutiers rarement féminins. Ainsi ces poussées d’hormones des mâles adolescents, que ne consent plus à réprimer la lâcheté de nos états qui n’ont plus suffisamment foi en leurs valeurs de civilisation, ne sont que de rituelles vagues de primitivismes sanguins et orgasmiques assumées avec joie, amplifiés par l’excitation décérébrée du groupe et de la foule, mafias informelles bientôt prises en mains par des meneurs, des despotes de quartiers…

 

Peut-être y-a-t-il parmi les émeutiers quelque malheureux Jean Valjean, sorti  tout droit des Misérables, quelque mère célibataire méritante qui vole un pain pour nourrir ceux que les prestations sociales insuffisantes laissent de côté. Hélas l’idéalisme et le misérabilisme hugolien, dénoncé par Chalomov dans son Essai sur le monde du crime[2], lui qui a côtoyé la nature peu altruiste des criminels et des délinquants de droit commun au goulag, a fait long feu. Nos jeunes exclus du paradis capitaliste occidental en ses banlieues misérables sont, parmi les plus efficaces en terme d’émeute et les moins efficaces en terme de travail et d’esprit d’entreprendre, déjà bien aguerris dans le deal de drogues, dans le vol et le racket. Ces explosions urbaines venues d’une barbarie couvée en nos murs faute de volonté d’intolérance à l’intolérable, d’accueil trop généreux d’incontrôlées populations exogènes et de capacité d’éducation et de juste répression sont à la fois le prétexte et l’aubaine pour se livrer à un pillage ciblé : ce sont les boutiques d’alcool, de vêtements aux marques à la mode, de portables, d’écrans plasma et autres technologies de luxe qui sont mises à contribution jusque par des enfants, lors de cet immense jeu de destroy shopping. Ce pillage où l’on redouble de concurrence spectaculaire sur smartphones et médias nationaux et internationaux est très majoritairement celui de désœuvrés intéressés par le superflu. Sans compter ce plaisir raffiné qui consiste à fracasser les vitrines de courageux et inconscients commerçants, ou à brûler les entrepôts de Sony Music et autres labels plus modestes. Il est bien connu que détruire est une œuvre facile, au résultat immédiat, que la pyromanie est un plaisir paroxystique, bien supérieurs à celui plus long, plus pensé, plus énergivore, de la création, qu’il s’agisse d’une architecture, d’un atelier de production, d’une clinique ou d’une symphonie de psaumes…

Sommes-nous en présence d’une récurrence des jacqueries ? Oui et non. Un populaire inculte, vulgaire et fort mal dégrossi, pour le moins indifférent aux lois de sécurité et de propriété, se rue à l’assaut des représentations du pouvoir et de l’argent et réclame cette justice sociale dont Hayek[3] a montré l’irréalité dangereuse. Mais ce qui était sous l’ancien régime révolte des malheureux et affamés -quoique-, ne tient pas un instant la route devant les hordes de jeunes qui font main basse en toute impunité sur des richesses à la mode et superflues, tout en contribuant à la paupérisation et au chômage des quartiers qu’ils vandalisent en invalidant la viabilité des activités commerciales et industrielles, en sapant tous les efforts d’une politique de la ville dont les deniers glissent en avalanche dans le tonneau des Danaïdes de la contre-productivité. Il ne faut pas prendre la cause pour la conséquence : la délinquance produit le chômage et non l’inverse. En ce sens, ce sont les populations modestes, y compris d’origine immigrées, qui souffrent le plus de ces guérillas urbaines, jusque dans leurs aspirations à la quiétude, au travail et à l’intégration.

 

 

Certes, le coût exorbitant du logement et de l’immobilier britannique (un secteur qu’hélas Margaret Tatcher a omis de libéraliser) ou l’augmentation des droits d’inscription dans les universités peuvent être mis au banc des accusés. Mais on doute que parmi ces casseurs vaquent des affamés de culture, à moins que quelques-uns soient assoiffés de sharia devant ces Babylone de dépravation luxueuse que sont nos capitales occidentales. Il est tristement amusant d’apprendre que, dans un quartier anglais particulièrement dévasté, le seul magasin épargné fut une librairie.

L’on peut également compter, pour une part des responsabilités, sur l’impéritie de la police britannique, souvent non armée, démotivée par les coupes budgétaires, sur l’irrésolution qui a présidé à l’absence d’utilisation des canons à eau, voire de l’armée. Et sur la crainte venue du syndrome Malik Oussekine : que la police blesse ou tue un jeune innocent, manifestant ou activiste -pour utiliser des euphémismes- ou un guerillero barbare et c’en est fini de son devoir d’humanité. Mais jusqu’au le devoir d’humanité protège-t-il l’humanité ? Que faut-il préférer : la mort d’un policier vertueux (il faut croire que cela existe) ou celle d’un criminel en pleine action ? La démission des ainés, des gouvernements, des élites devant leur devoir de protection et de refondation de la civilisation fondée sur la démocratie libérale, même partiellement injuste, est aussi flagrante que déroutante, en un mot : honteuse.

Car nos délinquants, surtout s’ils sont mineurs, sont assurés d’une presque impunité. De par leur nombre d’abord, devant la pusillanimité de la police et de l’autorité ensuite, enfin de l’impéritie de la justice. En effet, le trop peu de juges confrontés à une tâche pléthorique encourage à différer le jugement, détruisant le lien entre le délit et sa punition dans l’esprit du coupable, à classer des affaires sans suite, à l’amnistie, au laxisme pour des voyous à la puissance dix qui n’écopent que d’admonestations risibles pour la dix-huitième fois, et ne sont que des « individus connus des services de police » pour employer l’euphémisme lui aussi connu. Sans compter l’inadaptation des prisons[4], mais aussi l’indépendance de la Justice, guère indépendante des idéologies, qui a trop souvent tendance à penser, dans une perspective rousseauiste et marxiste, que l’homme est naturellement bon et que c’est la société, surtout si elle est capitaliste, raciste et inégalitaire, qui le corrompt…

 

Ne s’agit-il, de la part du spectre des commentateurs, du Figaro à L’Humanité, que de naïveté, lorsque pauvreté et déshérence sociale paraissent être les seuls responsables ? Ou de la chape cotonneuse de ce politiquement correct socialiste et multiculturel qui ne veut attribuer aucun vice à une jeunesse d’origine immigrée, du Maghreb au Sahel, agitée par l'islamisme qui y trouve prétexte pour proposer la sécurité liberticide de la charia, voire de souche locale, paupérisée comme l’on sait par les méchants spéculateurs de Wall Street et du CAC 40, et dont la déficience d’éducation ne viendrait que du manque de moyens récurrent qui accable le service public ? Jamais fermer les yeux n’a éteint l’incendie qui nous brûle. Aussi la répression ne doit pas être le seul apanage des totalitarismes et de l’ivresse des tyrans, ni d’un fascisme fantasmé par la gauche pour mieux assoir son chantage idéologique. La force, vertu hélas oubliée au profit de celle de l’état de nature et de la « guerre de chacun contre chacun », doit revenir à la main armée du droit et de l’état civil, au service de la protection des libertés, car, disait Hobbes, « les conventions, sans l’épée, ne sont que des mots et sont sans force aucune pour mettre qui que ce soit en sécurité[5] ».

 

      On évitera évidemment la généralisation abusive qui qui consisterait à mettre toute la jeunesse dans le même sac délinquant. Une toute autre jeunesse préfère œuvrer dans les arts du commerce et des sciences, y compris dans celui de la philosophie politique. En lisant Rousseau par exemple, qui répondait à Hobbes dans son Discours sur l’inégalité et dans son Emile, désirant que ce dernier « sache que l’homme est naturellement bon […], mais qu’il voit comment la société déprave et pervertit les hommes[6] ». La naïveté rousseauiste et son argumentation spécieuse ignorent comment une société composée d’hommes bons peut-être méchante. L’Arioste, au XV° siècle, le disait tout net, quoique avec un brin d’irénisme et un peu trop de déterminisme : « Un cœur généreux, dans quelque lieu, dans quelque circonstance qu’il se trouve, fait toujours éclater la noblesse de ses sentiments. La nature et l’habitude l’ont mis dans l’heureuse impossibilité de se comporter autrement ; de même une âme basse prouve sans cesse sa turpitude par de nouvelles infamies[7] ». De fait, distribuées de manière inégale parmi les hommes, bonté et méchanceté viennent d’abord de notre biochimie. Certes un contexte sociétal et culturel peut encourager l’une ou l’autre, mais il faut se souvenir combien la charpente et le vernis éducatifs de la civilisation sont fragiles.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] Thomas Hobbes : Les Fondements de la politique, Du Citoyen, Oeuvres, Société typographique, Neufchatel, 1787, p 17-18. 

[2] Dans Récits de la Kolyma, Verdier, 2003, p 857. 

[3] Voir Friedrich A. Haek : « Le mirage de la justice sociale », Droit, législation et liberté, PUF, 2007.

[5] Thomas Hobbes : Léviathan, Folio, Gallimard, 2007, p 224 et 282.

[6] Jean-Jacques Rousseau : Emile, Œuvres complètes IV, La Pléiade, Gallimard, 1999, p 525.

[7] L’Arioste : Roland furieux, XXXVI, Laporte 1783, t IV, p 5.   

 

Athanasius Kircher : Mundus subterraneus, 1655,

Fonds Ancien, Bibliothèque Universitaire, Poitiers.

Photo : T. Guinhut.

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 21:26

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Entre IPhone et Facebook,

 

perversion totalitaire

 

ou abondance de libertés ?

 

 

Eliane Girard : Petit dictionnaire énervé de Facebook,

Editions de l’Opportun, 224 p, 12,90 €.

 

Daniel Kaplan : Informatique, libertés, identités, Fyp, 144 p, 12 €.

 

 

 

Comme Eve sur la prometteuse pomme du Jardin d'Eden, c’est la ruée sur Facebook… Des millions de membres de par le monde, nos ados scotchés comme des larves sur leurs murs et en attente du message fun ou de la notification salvatrice, nos papys et mamies bientôt entraînés dans leur sillage… En être ou ne pas en être ; pire, afficher moins de 130 amis, sous-borne fatidique de l’impopularité. Nos moralistes sérieux ont-ils bien raison d'assimiler au serpent tentateur l’invention géniale de Mark Zuckerberg ? La parution d’un petit pamphlet, Petit dictionnaire énervé de Facebook d’Eliane Girard, vient à point nommé pour achever le monstre. A moins que la bête soit plus fine qu’il n’y parait et révélatrice des résistances et des ringardises de nos censeurs d’opinion parfumés aux saveurs d’une éthique hautement responsable… Mais il faudra de deux jouets faire bonne mesure si l'on y ajoute un IPhone qui aurait lui aussi un projet totalitaire...

 

Même si cet instructif et divertissant opuscule mérite d’être pris fort au sérieux, tempérons d’abord notre adhésion : s’inscrivant dans une collection qu’on pourrait presque dire d’utilité publique, il côtoie d’autres « Dictionnaires énervés », sur le foot, sur les profs et l’école, sur la politique… Ainsi il obéit à la loi du genre, à charge pour l’auteur de trouver les failles, les perversions, les ridicules de la chose. Il faut admettre que Facebook peut prêter le flanc à une critique qui s’en donne à cœur joie.

Que valent en effet 543 amis, quand Cicéron associait un ami « à l’honnêteté et la vertu », quand l’ami est celui qui essuie vos larmes et vous prend dans ses bras, quand l’ami est fidélité et horizons partagés ? On assiste en effet avec Facebook à une déperdition du vocabulaire. Y compris de la confidentialité. Que penser de ses conditions, des difficultés à se désinscrire, voire à se dépêtrer d’un malveillant qui usurperait votre identité, qui publierait sur votre mur des insultes et des mensonges, du plaisantin ou de l’indiscret vous entraînant, via la surveillance du conjoint ou du patron, à des désastres conjugaux ou professionnels ? Fini le confidentiel ami. Sans compter sa propre maladresse, en postant sa photo en tenue débridée, en fumeur de ganja, en bébé avec tétine aux lèvres…

On peut également pointer la vulgaire ineptie de la plupart des échanges facebookiens, l’addiction à cet écran anti-solitude illusoire, l’exhibitionnisme et le narcissisme ineptes des selfies, les pseudos grotesques, les yeux caves de nos gosses facebookés pendant la moitié de la nuit et surpris à poster par mobile pendant les cours une gracieuseté du type : « Le prof de maths est naze ». Et encore nous sommes restés corrects en termes d’orthographe, de langage SMS et de vocabulaire… Sans compter les jeux et questionnaires puérils (qui n’attirent pas que les pré-pubères), les apéros Facebook déchirés à l’alcool, les appels aux blocages des lycées, les fans de mille niaiseries ou autres produits commerciaux. Tout cela au service de la publicité invasive qui s’empare de nos hobbies, de nos goûts et nos convictions pour nous mitrailler d’annonces ciblées, tout cela au service du portefeuille financier de notre ami Mark, de ses associés et actionnaires. Quant à ces textes, ces images que nous y postons généreusement, que deviennent-ils, empruntés, volés, sans respect aucun de l’intimité, du droit d’auteur… Au point qu’une « licence de propriété intellectuelle » accorde l’utilisation de nos productions « sans redevance et mondiale » à l’ogre géant Facebook !

C’est à tous ses travers, et bien d’autres, qu’Eliane Girard s’attaque, non sans humour et causticité. En ce sens, elle fait œuvre morale. Mais ne jette-t-elle pas le bébé avec l’eau du bain ? La malheureuse, elle ne consacre que trois pages à l’éloge de son sujet d’élection : l’un est sauvé de son suicide grâce à son message, l’autre trouve des donneurs de sang, une autre encore a vu son cancer de l’œil repéré et guéri grâce à une photo de profil. Elle rappelle également le rôle positif de notre réseau social dans la révolution tunisienne, à laquelle il faut ajouter l’Egypte, voire d’autres pays muselés par des dictatures, en espérant que les promesses n’avortent pas devant un nouveau socialisme clanique et autoritaire ou devant un islamisme qui pourrait lui aussi user de Facebook.

Il y a en effet en cette affaire un défaut de raisonnement. Faut-il reprocher au couteau les meurtres qu’il a causés, ou le remercier pour sa capacité à peler les légumes et assurer sa survie ? En ce sens Facebook est neutre : vous n’en ferez que ce que vous voudrez en faire. Soyez intelligents, courtois, prudent ; proposez des contenus sans violence ni vulgarité et vous aurez un bel et bon réseau social. Il ne s’agit pas là de censure, mais d’éducation. Quant à l’argument qui consisterait à dire que le virtuel nous coupe des relations réelles, invalidons-le à l’instant. Qu’étaient les relations humaines concrètes avant le livre, la radio, la télé, internet et Facebook : la plupart du temps, l’ennui, quelques pelés, toujours les mêmes, autour de nous répétant les mêmes histoires, les mêmes vulgarités et préjugés… Le bon vieux temps des soirées culturelles au coin de la cheminée auprès de brutes tyranniques, quelle merveille ! Ainsi, retrouver de semblables stupidités sur les murs et profils n’a rien d’étonnant. Cependant, élargir son horizon d’amis, même au sens facebookien, ne peut être qu’ouverture d’esprit. Il y a de très beaux et bons murs, des amis que l’on a plaisir à retrouver et encourager d’un petit mot, et des réseaux d’intérêts et de pensées particulièrement vivifiants… Quand à nos ados, n’ayez crainte. Si les paresseux le resteront en se dispersant en niaiseries, les autres sauront être sur Facebook en travaillant, comme votre serviteur en écrivant cet article…

Et faudrait-il avoir été naïf au point de croire que notre Mark Zuckerberg ait imaginé ce concept pour les seuls beaux yeux de l’humanité ? Certes, une part d’idéalisme pouvait l’animer en ce dialogue festif entre les individus du monde entier. Mais on se doute bien qu’il en retire une fortune grâce à la publicité et la gestion de nos informations. Bravo ! Ne soyons pas jaloux. Rien n’interdit d’adhérer, de le quitter, d’imaginer un autre concept de réseau social : au travail ; la critique est facile, dit-on, et l’art est difficile. Rien n’empêche d’opposer à ce fleuron du capitalisme libéral, un outil de libertés plus libéral encore.

Il ne s’agit ni de s’extasier béatement, ni de ronchonner contre les innovations. Gardons notre esprit critique, sans choir dans la moralisation hautaine et désuète. Etre contre les OGM, contre les nanotechnologies, contre les mères porteuses et les expérimentations génétiques, contre Facebook, c’est trop souvent se donner une posture éthique de sage, mais la sagesse n’est en rien l’immobilisme. A chacun de consommer Facebook, comme la pomme d'une connaissance ouverte, sans être consommé. Et si nous publiions cet article sur… Au fait, quoi donc ?

 

 

      Je ne suffirai pas à faire l’éloge de mon IPhone… Si belle et cristalline miniature que n’ont pas même rêvée Les Mille et une nuits. M’offrant messages, sites internet préférés, conversations téléphoniques et vidéo conférence Face Time, toujours j’emporte avec moi mon Schubert et mon Jean-Sébastien Bach préférés, toujours je peux fournir mon blog en chroniques, sonnets ou fragments de roman-feuilleton, toujours je consulte dans le désert de la solitude ce profil Facebook qui eût enchanté le troubadour de l’amour courtois et lointain… Quand soudain j’apprends que je suis filé, traqué, localisé, piégé, bombardé de pubs, qu’Apple sait tout de mes déplacements (d’autant plus que j’ai téléchargé ce merveilleux Google Earth), que ma vie la plus privée est mémorisée, fichée, pillée, revendue, utilisée à charge contre moi, contre vous. Pauvre pomme je suis. Heureusement la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) veille, sans compter Monsieur Daniel Kaplan qui vient à point pour nous alerter avec son livre : Informatique, libertés, identité. Ouf, je l’ai échappé belle ! Vite, poubelle pour l’IPhone ; et me voilà retrouvant liberté, sérénité et privacy, hors de toute ingérence totalitaire. Mais est-ce si simple ? N’y a-t-il pas pires totalitarismes ?

      Il faut admettre que la menace n’est pas totalement infondée. Tant d’informations dans une seule main est évidemment potentiellement dangereux. Sans compter que lorsqu’aux dépens des individus, Google Street View collecte des images et les données des réseaux wifi privés (y compris des mots de passe et des informations liées par exemple aux orientations sexuelles) à l’insu des personnes concernées qui ne s’étaient engagées en rien à l’égard de Google. La CNIL a joué son rôle en prononçant en 2010 une sanction de 100 000 euros  à l’encontre de cette société. Ainsi tout (ou presque) savoir sur des individus libres, à leur insu, dans le but d’une exploitation commerciale est évidemment moralement, et judiciairement, répréhensible. Mon cher IPhone serait donc dans le même cas.

      Pas si simple. Je ne l’ai pas acheté en toute naïveté. Ne savions-nous pas déjà que nos cartes bancaires et nos téléphones portables répertorient nos déplacements et nos achats ? Ainsi, avant même d’avoir acquis mon bijou, ma banque, mon opérateur téléphonique, la police, si lui était nécessaire de se renseigner, savaient que j’ai dîné dans le restaurant La Lucana (je vous le recommande) à Vielha, dans le Val d’Aran espagnol le mercredi 2 mars dernier. Hélas la facturation électronique pas encore au point ne vous dira pas que j’ai goûté la délicieuse bière « Inedit » d’Estrella Dam, crée avec le concours du fameux Ferran Adrià (page de publicité non sponsorisée), ni si dans une librairie j’ai acheté un volume du « Sonriso vertical » (fameuse collection littéraire érotique) ou le dernier Arturo Bolano… Mais cela ne saurait tarder. Il m’aurait suffi de payer en liquide pour être protégé de toute indiscrétion. On savait également que j’ai téléphoné depuis les hauteurs enneigées de la cabane d’Antignac, le 26 février, où le recours à la solitude des forêts[1] et des montagnes n’était ainsi plus protégé.

      Ainsi, achetant mon compagnon fétiche, j’étais déjà prévenu. Je n’ai franchi qu’un pas qualitatif et quantitatif, en échangeant, par une sorte de contrat à la fois financier et tacite, un bouquet de services contre la couronne d’épines de la captation d’informations… Goole Earth saura sur quelle crête orageuse je marche, sous quel rocher je dors, parmi quelle terrasse de café je lis El Pais ou les Sonnets de Shakespeare (gratuits sur Ebooks). Répondre non à la demande d’autorisation de divulguer mes coordonnées, suffira-t-il à me protéger de cette télédétection ?

      D’après Daniel Kaplan, il est indispensable de nous alerter et de nous protéger de ce que d’aucuns appelleraient un totalitarisme rampant. La publicité ciblée est un exemple de l’efficacité de cette traque de l’information privée. Vous voyez bientôt Facebook vous proposer des pubs régionales (un hôtel local), des pubs afférentes aux  loisirs qui sont les vôtres. Votre patron ou votre professeur épier les joies et les travers de leurs employés et élèves (mais aussi bien l’inverse), la police bientôt lire les réseaux sociaux et téléphoniques pour répertorier les fumeurs de joints, leurs dealers, les revendeurs et recéleurs, voire les menaces de mort, si vous avez la stupidité de les y publier.

 

 

      Car le coupable n’est-il pas soi-même d’abord, si l’on a la bêtise d’exhiber ses vices, ses vulgarités, ses insultes, ses crimes ? Ni Facebook ni IPhone ne sont responsables des délits que nous y avouons, de la géolocalisation qui aura permis de constater que nous étions bien sur la scène de crime à l’instant t. En ce sens ce n’est pas Facebook ni IPhone qu’il faut changer mais nos comportements.

      Reste que c’est n’est pas parce qu’à côté des infos sur mes marches en montagne que je publie sur mon mur apparaissent des promotions pour des chaussures de randonnée, que je vais cliquer aussitôt sur le lien et acheter. Je ne suis pas assez niais pour cela. Et si j’achète, ce sera en connaissance de cause, d’autant plus que la recherche informée sur internet précède maintenant l’achat ciblé en magasin.

      Mais heureusement Daniel Kaplan ne s’arrête pas à la plainte et à la récrimination, il propose des solutions. D’abord un encadrement législatif qui permettrait de protéger les citoyens contre les intrusions abusives, les rétentions d’informations confidentielles, leurs utilisations par des états, des entreprises, des réseaux mafieux… Ensuite, sa réflexion devient proprement stimulante. En effet, dans la mesure où ce dévoilement des vies privées vient d’abord des citoyens eux-mêmes, il encourage à la fois l’expression, donc sa liberté, et la tolérance.

      Allons plus loin. Entre désir de reconnaissance et connaissance de l’autre, les moyens facebookiens et iphonesques sont absolument vertigineux et sont des gages de créativité, malgré le risque de voir chacun de nous se diluer parmi des milliards d’individualités concurrentes et finalement banales. Il reste à chacun la responsabilité de se faire individu unique et remarquable, qu’il s’agisse de son moi urbain, concret, quotidien, ou de son moi virtuel, sur les murs, dans les fichiers, parmi les blogs, tout ce dont fourmille notre IPhone, nouvel Iris, cette messagère des dieux qui, au moyen de l’arc-en-ciel reliait le ciel à la terre, et aujourd’hui relie l’humanité en sa multiplicité.

      Rassurons-nous, il reste toujours d’excellents moyens de recourir à l’anonymat et à la liberté : payer en liquide, acheter un timbre pour poster une lettre, éteindre son IPhone le nombre d’heures et de jours souhaités. Aucun contrat ne m’oblige à l’allumer. De plus le monopole, qui serait effectivement une condition sine qua non d’un totalitarisme mineur, n’est en rien assuré à Apple. Vous pouvez-être BlackBerry, vous pouvez aussi, si le capitalisme de votre contrée est assez libéral, créer et vendre votre ordiphone, propager votre réseau… Si vous êtes jaloux, qui vous empêche de devenir le prochain Steve Jobs, sinon vous-même ?

      Sans compter que, selon l’idée de Kaplan, il suffit, sur nos instruments internet, de pratiquer l’hétéronymie : se créer des avatars, des pseudos, en développer les personnalités, les goûts, sans qu’ils soient tatoués avec l’identité réelle. Et si la police vient y lire nos travers, c’est à la loi de déterminer dans quel cadre elle est autorisée à fouiller nos Facebok et nos IPhone, à décrypter ces hétéronymes, au service d’un état attaché à la sécurité et aux libertés et non à la tyrannie inspirée du « Big brother » d’Orwell[2].

      Il s’agit là non seulement de la légitimité de notre appareil législatif, mais également d’éducation. Dès l’école, il faut apprendre à se prémunir des dangers d’internet, certes, mais aussi à utiliser nos nouveaux outils au service de la construction du moi et de la socialisation dans une république des droits et des devoirs, des libertés enfin. De plus, la vie privée qui avait tendance à se rétracter, par pudeur, parfois excessive, par peur du regard des autres, voire par égoïsme, se voit grâce à ces outils, et plus encore par l’IPhone, ce tout en un éminemment portatif, devenir infiniment décomplexée. Et l’individualisme se voit devenir ouverture et communication. Plus encore qu’avec l’individualisation de l’humanisme et des Lumières, l’individu peut non seulement prendre en charge son propre développement, mais aussi accepter la singularité de celui d’autrui. Rien donc ici de totalitaire, tout au contraire.

 

      Quant à l’accusation de totalitarisme que d’aucuns jetteraient sur le dos de Microsoft (certes attaquable de par sa situation frôlant par occasion le quasi-monopole) de Google ou d’Apple, il faut la contrer hardiment, malgré cette collecte d’informations tentaculaire. Outre que nous devons nous éduquer nous-mêmes à nous échapper, à légiférer avec circonspection, et se moquer d’une telle pêche au gogo, il faut se méfier de l’anti-américanisme sous-jacent à cette diatribe. D’autres totalitarismes plus délétères et moins voyants, occultés, nous menacent, voire nous tiennent déjà entre leurs griffes. Sans parler de la chape de plomb fondu que représente l’islamisme à l’assaut de la Méditerranée, sinon de l’Europe, nous avons notre état français qui pétille, comme un mauvais mousseux trop gazeux, de règlements, de lois, de décrets, de directives administratives qui freinent l’initiative entrepreneuriale, qui réduisent la liberté d’expression. Ils sont les marques d’une tentation totalitaire, partagée autant par les Le Pen que les Mélanchon, les donneurs de leçons communistes et écologistes aux pensées globales et salvatrices, les thuriféraires roses de l’état providence aux impôts confiscatoires et aux fonctionnaires pléthoriques, voire l’UMP colbertiste. Sans parler de ces euphémismes, les « zones de non droit », qui sont de petits états totalitaires bien réels, aux mains du crime et du délit, de tyrannies ethniques, religieuses et mafieuses… Il est certes éminemment nécessaire de veiller aux libertés informatiques, mais il ne faudrait pas que la critique de l’IPhone nous détourne de son utilisation par les bandes violentes des quartiers dit « sensibles ». Et dans ce cas-là, ce n’est pas le couteau qu’il faut conspuer et enfermer, mais la main qui le tient. Y compris si la main régalienne de l’état, empêtrée par des lois qu’elle ne fait pas appliquer, n’est pas en mesure de retourner le couteau de la justice contre la main du crime impuni. Qu’on se l’IPhone…

 Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

PS : On apprend (le 29 04 11) qu'Apple, devant les protestations, vient d'attribuer cette collecte de données à un "bug". La mémorisation des informations liées à la géolocalisation devrait être bientôt désactivée. Ce qui montre que les entreprises capitalistes, si tentaculaires qu'elles soient, sont plus sensibles que les états aux protestations du public, c'est à dire de leurs clients libres d'aller se fournir ailleurs si le service accuse un dysfonctionnement.

 

 

[1] Voir : Le Traité du rebelle ou le Recours aux forêts d’Ernst Jünger, Bourgois, 1981, dans lequel la forêt est le refuge de la dissidence.

[2] Dans 1984, Gallimard, 1972.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Photo : T. Guinhut.

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De Bartolomé de Las Casas à Jules Verne

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Mario Vargas Llosa : Le rêve du Celte

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Karl Marx théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

 

 

 

 

 

 

Constant Benjamin

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

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Histoire du silence et des odeurs

 

 

 

 

 

 

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Cosmos de littérature, de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Couleurs
Couleurs de l'Occident : Fischer, Alberti

Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


Crime et délinquance

Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

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Science-fiction biotechnologique : de Consumés à Existenz

 

 

 

 

 

 

Dandysme

Brummell, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire

 

 

 

 

 

 

Danielewski

La Maison des feuilles, labyrinthe

 

 

 

 

 

 

Dante

Traduire et vivre La Divine comédie

Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

De la Vita nuova à la sagesse du Banquet

Manguel : la curiosité dantesque

 

 

 

 

 

 

Daoud

Meursault contre-enquête, Zabor

Le Peintre dévorant la femme

 

 

 

 

 

 

 

Darger

Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

Darnton

Requiem pour la liberté d’expression

Destins du livre et des bibliothèques

Un Tour de France littéraire au XVIII°

 

 

 

 

 

 

 

Defoe

Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

Démocratie

Démocratie libérale versus constructivisme

De l'humiliation électorale

 

 

 

 

 

 

Derrida

Faut-il pardonner Derrida ?

Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

Dillard

Eloge de la nature : Une enfance américaine, Pèlerinage à Tinker Creek

 

 

 

 

 

 

Diogène

Chien cynique et animaux philosophiques

 

 

 

 

 

 

Dostoïevski

Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

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Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Masques romanesque espagnols face à l'Histoire du franquisme

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

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Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

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Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

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L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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