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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 13:57

 

Vide-Greniers de La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Frédéric Bastiat ou le libéralisme

contre l’hydre de l’Etat,

cette grande illusion.

 

 

Frédéric Bastiat : L’Etat ou la grande illusion, Arfuyen, 160 p, 11 €.

 

 

 

 

 

 

      Comment ignorer Bastiat ? Victime de l’ignorance, de la méconnaissance, voire de l’ostracisme, ce penseur politique français illustre hélas à merveille l’adage : nul n’est prophète en son pays. En ce pays où l’Etat est un collectivisme, où l’individu, l’homo economicus, n’est qu’une bille parmi des milliers peinant dans les rouages grinçants de l’Etat, dont il suce les saintes huiles rances, on croit paraître cultivé et avisé en conspuant le libéralisme anglo-saxon. Alors qu’un Français du XIXème siècle est un digne continuateur de la pensée libérale de Montesquieu, de Tocqueville et de Jean-Baptiste Say, mais plus précisément dans le domaine économique, alors que la réfutation du socialisme est l’âme de l’œuvre de Bastiat. Une judicieuse anthologie, L’Etat ou la grande illusion, permet de prendre en écharpe l’ardeur et l’acuité de sa pensée.

 

 

      Qui est cet illustre inconnu dont la vie trop brève fut emportée à Rome par la tuberculose, en ses 49 ans ? Né à Mugren, dans les Landes, en 1801, l’apprentissage du négoce, puis la gestion de l’entreprise agricole familiale n’empêchèrent pas Frédéric Bastiat de s’intéresser à la philosophie et à l’Histoire, puis aux économistes anglais, tel Adam Smith, concepteur du libéralisme économique, de la division du travail et de la main invisible du marché. De même Richard Cobden, ardent défenseur du libre-échange, dont il devint en Angleterre l’ami, l’enthousiasma, au point d’entamer une campagne de presse, dans Le Journal des économistes, ce qui le conduisit en 1845 à publier Sophismes économiques[1] et permit en 1846 l’abolition du protectionnisme. À l’issue de la Révolution de 1848, il est élu député des Landes. Son autre ennemi déclaré fut également le socialisme de Louis Blanc, Proudhon et Marx, dont on trouve la réfutation dans ses pamphlets politiques, dans ses essais, La Loi[2] et Les Harmonies économiques[3], ce dernier achevé en 1850. Là il préconise le rapprochement des classes sociales en direction d’un plus prospère revenu et d’un progrès général. Ce but sera atteint, non par un constructivisme étatique, mais par les libertés économiques, ce que l’avenir se chargea de mettre en œuvre, même imparfaitement, en dépit du socialisme. La propriété individuelle, le travail et la libre concurrence sont alors des valeurs incontournables au service du bien commun. Bastiat est bien autant libéral en économie que dans le domaine des mœurs : il pourfend en effet la peine de mort, l’esclavage, le colonialisme, et défend avec ardeur le droit de grève, les caisses mutuelles de travailleurs et la liberté de la presse, dans le sillage de Benjamin Constant[4].

 

 

      Avec une salubre ironie, Bastiat demande qu’on lui « définisse » l’Etat, qui aurait « du pain pour toutes les bouches » et, par conséquent, « nous dispense tous de prévoyance, de prudence, de jugement, de sagacité, d’expérience d’ordre, d’économie, de tempérance et d’activité ». Aussi « ce médecin universel, ce trésor sans fond, ce conseiller infaillible » n’a pas d’autre moyen que « de jouir du travail d’autrui » et de nous abreuver du même sort, finalement ruineux, tout en favorisant au premier chef ses ministres et ses pléthoriques fonctionnaires.

      L’Etat est le monstre doré qui est chargé de réaliser une myriade d’utopies. Toutes les aspirations et réclamations semblent trouver en lui leurs solutions. Hélas, il faut pour cela une autre myriade, mais d’impôts. L’impôt est en fait une « spoliation légale[5] », qui permet une redistribution des richesses arbitraire et abusive, une justice sociale coercitive et de plus contre-productive, qui est l’essence du totalitarisme. Analyse qui n’empêche en rien la libre association et la solidarité entre les hommes au moyen de caisses mutuelles. Gare cependant, « que le gouvernement intervienne. […] Son premier soin sera de s’emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser ; et pour colorer cette entreprise, il permettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable ». C’est aujourd’hui le principe de la Sécurité sociale, d’origine communiste, peu performante et toujours déficitaire.

      En outre, il y a contradiction flagrante entre le désir de plus de services publics et l’aspiration à la baisse des impôts. Sans compter que l’Etat, n’étant guère le créateur ni celui qui a à cœur de mener à bien sa propre entreprise pour des motifs justement égoïstes, est un fort mauvais gestionnaire, souvent déficitaire.

      Dénonçant « la grande illusion » de l’Etat, certes un mal nécessaire en ce qui concerne les questions régaliennes, Bastiat montre de surcroît qu’il prétend réguler et chapeauter un libre marché réputé désastreux. En fait, non seulement il sape la capacité de production du marché, mais « l’Etat c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de toute le monde », écrit-il dans L’Etat ; ce qui est probablement sa formule la plus frappante. En effet, argumente en sa préface Damien Theillier, tout en promettant de garantir les « droits à » (logement, santé, éducation prétendument gratuits) qui ne seront jamais réellement offerts, tout en multipliant les aides (à l’emploi par exemple) et les dépenses sociales, notre trop cher Etat ne sait que contraindre et gaspiller au prix d’impôts coercitifs, d’un chômage exponentiel et d’une dette abyssale.

      Combien résonnent alors les prémonitoires pensées de Bastiat en notre temps, plus actuelles que jamais : « Il y a trop de législateurs, organisateurs, conducteurs de peuples, pères des nations. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter ». Avec pour conséquence l’inflation des lois, des codes, des normes, des impôts, des taxes, aux dépens de la liberté individuelle, de la responsabilité et de l’initiative privée. Le socialisme incompétent et le collectivisme  liberticide viennent subvertir ce capitalisme libéral[6], y compris des plus modestes, qui est le nerf des progrès de l’humanité.

      Le « Socialisme », qui va en ses rêves « jusqu’à la puérilité », décrète une fraternité qui n’est plus spontanée : alors « la prévoyance gouvernementale viendrait anéantir la prévoyance individuelle en s’y substituant » ; sans compter que la première ne se fait pas faute d’être injuste et dispendieuse. Ainsi « la répartition des fruits du travail sera faite législativement » ! De plus par des gouvernements et des bureaucrates moins compétents en leurs matières que leurs créateurs qui ont d’abord intérêt à leur succès.

Que reste-t-il au gouvernement, sinon « à prévenir et à réprimer les dols, les délits, les crimes, les violences », à garantir la propriété, la concurrence et la multiplication des capitaux ? De façon à ce que se réalise « l’affranchissement des classes ouvrières ». L’impôt ne doit être qu’ « une contribution unique, proportionnelle à la propriété réalisée », sans ces « pièges fiscaux tendus sur toutes les voies du travail ». Pas plus que la presse, l’éducation elle-même n’a pas à être « décrétée et uniforme »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      La « Lettre à MM les électeurs de l’arrondissement de Saint-Sever » devrait être un modèle pour tout aspirant à la députation. En rien démagogue, Bastiat ne cache pas ses convictions. Il y sépare les fonctions régaliennes du pouvoir de ce qui doit rester à l’initiative privée : dès lors, le pouvoir est « fort », « peu couteux » et « libéral ». Car il « devient couteux à mesure qu’il devient oppressif » ! Il est à craindre aujourd’hui qu’une telle argumentation soit inaccessible aux impétrants tant qu’aux électeurs…

      « Détruire la concurrence, c’est détruire l’intelligence ». Ainsi Bastiat défend-il la liberté commerciale. « Quand l’Etat se fait le distributeur et le régulateur des profits, toutes les industries le tiraillent en tous sens pour lui arracher un lambeau de monopole », ce aux dépends du créateur d’une nouvelle technique, d’une nouvelle ressource, meilleure et moins chère, donc du consommateur.

      C’est également dans cette Lettre qu’il fustige le « système colonial [qui] est la plus funeste des illusions qui ait jamais égaré les peuples ». Ne serait-ce que parce qu’il y faut une dépense financière et humaine immense et peu rentable, sans compter les jeunes gens sacrifiés. Il a compris que l’Algérie est « le boulet qui nous enchaîne », et, ajouterons-nous, jusqu’à aujourd’hui et demain…

      « La pétition des fabricants de chandelles » est un bel apologue, hilarant, et cependant profondément judicieux, riche d’enseignements. Figurez-vous que ceux-là se plaignent du soleil et demandent à calfeutrer portes et fenêtres pendant le jour de façon à protéger leur activité d’une déloyale concurrence ! Le « rival étranger inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit ». Le raisonnement par l’absurde invalide le protectionnisme économique[7]. Nous ferions bien, aujourd’hui encore d’en tirer la leçon idoine…

 

 

      On ne s’étonnera pas que Damien Theillier, enseignant de philosophie, Fondateur de l’Ecole de la liberté et Président de l’Institut Coppet (qui hébergea Madame de Staël et Benjamin Constant), ait concocté pour notre plus grand bonheur cette anthologie de quelques-uns des textes les plus représentatifs, les plus vifs et coruscants de Bastiat, petite initiation aux lumières du libéralisme. Pour notre anthologiste et préfacier, dont l’initiative privée est d’utilité publique, il n’est rien moins qu’un « Socrate de l’économie politique ».

      À la lecture de cette judicieuse anthologie, dont on retrouve trois extraits représentatifs dans une autre anthologie, Les Penseurs libéraux[8], ne suit que le regret qu’elle soit si brève. Mais aux lecteurs curieux mis ainsi en appétit, nous proposerons de s’armer d’un joyeux courage en commandant les sept tomes des Œuvres complètes de Frédéric Bastiat[9], soit à peu près 3500 pages, d’après l’édition de 1862-1864, publiée par Paillottet chez Guillaumin. Edition parmi laquelle on découvrira Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas[10] qui est également un essai particulièrement sagace de notre Bastiat. Où l’on trouve la parabole de « la vitre cassée » par « un enfant terrible », selon laquelle cette dernière encourage le travail et la prospérité des vitriers. C’est ce qu’on voit. Ce qu’on ne voit pas c’est que l’argent dépensé aurait pu servir à créer de nouvelles richesses au lieu de remplacer les anciennes. Que sans vitre cassé on aurait une vitre intacte et une nouvelle vitre à un nouveau bâtiment ou tout autre objet utile, chaussure ou livre. Il applique ce raisonnement lucide au licenciement, à l’impôt, à la subvention aux arts, obérée d’une énorme part au profit de ceux qui la perçoivent, la distribuent, l’administrent et, in fine, restreignent à la mesure de leur esprit, souvent conventionnel, la créativité qui, ainsi perd en liberté… Appliquons-le aujourd’hui à une mode écologiste : le consommer local. Ce qu’on voit, ce sont les bénéfices du producteur proche et l’économie de transport et de pollution. Ce qu’on ne voit pas c’est le protectionnisme déguisé, la diminution des échanges, la négation de la division du travail, des produits plus chers puisqu’inadaptés au sol local, la restriction d’exportation, le tarissement de la variété des produits et des échanges, donc, à terme, un appauvrissement, tant des goûts que des ressources…

      On aurait deviné que parmi ces Œuvres complètes l’on découvre également un pertinent Contre l’économie d’Etat[11]. Ne doutons-pas que l’on trouvera grand profit (intellectuel et financier) à lire ses Sophismes économiques[12]. Voici la réfutation de l’un d’eux : « À la vérité le mot « gratuit » appliqué aux services publics renferme le plus grossiers des sophismes. Mais il n’y a vraiment rien de gratuit que ce qui ne coûte rien à personne. Or les services publics coûtent à tout le monde ; c’est parce que tout le monde les a payés d’avance qu’ils ne coûtent plus rien à celui qui les reçoit ».

 

      Sans vouloir donner un instant dans le patriotisme culturel, il est terrifiant de constater que la pensée des philosophes et économistes libéraux, et plus précisément de Bastiat, est moins connue en France qu’aux Etats-Unis par exemple. Avec une mauvaise foi qui serait hilarante si elle n’était si délétère, nos gouvernements prétendent avoir tout essayé, mais seulement du keynésianisme et du socialisme ; sauf la libéralisation de l’économie. Ils feraient bien d’avoir pour livre de chevet et de poche cette anthologie, dont la jolie minceur est inversement proportionnelle à la belle intelligence.

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Frédéric Bastiat : Sophismes économiques, Les Belles Lettres, 2005.

[2] Frédéric Bastiat : La Loi, lulu.com, 2008.

[3] Frédéric Bastiat : Les Harmonies économiques, BookSurge Publishing, 2001.

[9] Frédéric Bastiat, Œuvres complètes, Institut Coppet, 2015.

[10] Frédéric Bastiat : Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, Romillat, 2005.

[11] Frédéric Bastiat : Contre l’économie d’Etat, Berg International, 2014.

[12] Frédéric Bastiat : Sophismes économiques, Les Belles Lettres, 2005.

 

 

 

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 15:29

 

Globe terrestre, vide-grenier de La Couarde-sur-mer, Île de Ré.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Entre Islam et Russie, savoir choisir ses ennemis,

ou les tournants de la géopolitique.

Alexandre del Valle :

Les Vrais ennemis de l’Occident ;

Hubert Seipel : Poutine, une vision du pouvoir.

 

 

 

Alexandre del Valle : Les Vrais ennemis de l’Occident.

Du rejet de la Russie à l’islamisation des sociétés ouvertes, L’Artilleur, 560 p, 23 €.

 

Hubert Seipel : Poutine, une vision du pouvoir,

traduit de l’allemand par Claude Haenggli, Syrtes, 360 p, 22 €.

 

 

 

 

 

      Certes nous préférerions devoir ne penser qu’à l’amitié, qu’à la paix. Cependant nécessité, réalisme, perspicacité, realpolitik nous contraignent non pas à désigner arbitrairement nos ennemis et ainsi œuvrer en faveur de la guerre, mais à savoir qui sont ceux qui nous désignent comme leur ataviques ennemis. « Il vous faut un ennemi » disait un chauffeur de taxi newyorkais à Umberto Eco[1]. Non pour le plaisir de la testostérone mais parce que, selon l’adage romain : si vis pacem para bellum ; si tu veux la paix, prépare la guerre. Ainsi Alexandre del Valle établit avec clairvoyance qui sont Les Vrais ennemis de l’Occident, l’Islam en son entier, plutôt que la Russie, coiffée par un Poutine dont Hubert Seipel nous propose une vision du pouvoir en forme de plaidoirie raisonnée. Ce pourquoi il nous paraît que l’OTAN doive considérablement évoluer et changer son fusil d’épaule.

 

 

      La thèse d’Alexandre del Valle est aussi évidente que judicieuse : depuis la chute pacifique du communisme et l’éclatement de l’Union soviétique, la Russie, fût-elle incarnée par Poutine, n’est plus l’empire du mal, alors que l’hydre de l’Islam l’a, de manière plus sidérante, remplacé. Aussi plutôt que d’errer, selon son sous-titre, « du rejet de la Russie à l’islamisation des sociétés ouvertes » (on devine le concept de Karl Popper), les Etats-Unis et l’Occident, Europe en tête et au premier chef l’Allemagne et la France, doivent impérativement prendre conscience qu’une alliance avec Moscou est non seulement judicieuse mais vitale, face à cet arbre du terrorisme cachant la forêt de l’Islam totalitaire[2].

      La démonstration est en deux temps : d’abord un réquisitoire fort documenté, d’une implacable précision à l’encontre de l’Islam ; ensuite la plaidoirie en faveur de la Russie.

      Si on ne le savait déjà, Alexandre del Valle se livre à un vaste dévoilement du financement et du prosélytisme -planétaires et opiniâtres- du projet d’islamisation ; ce par l’invasion conjointe d’une charia apparemment pacifique et du terrorisme guerrier, directement pilotés par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, mais aussi la Turquie et le Pakistan. Ce sont des milliards de dollars qui s’écoulent depuis les pétromonarchies pour payer des imams, pour financer la construction de milliers de mosquées, le plus souvent salafistes, ou émanant des Frères musulmans, des Etats-Unis à Rome, de l’Andalousie à l’Indonésie, de l’Australie aux Pays-Bas, de la Norvège au Nigéria, sans oublier, ajouterons-nous, Poitiers, pour venger la défaite devant Charles Martel en 732. Sans négliger les écoles coraniques, les centres culturels, les associations, qui œuvrent dans la dissimulation et la manipulation politique. De façon à instituer « un ordre social islamique » et réaliser la « conquête politico-spirituelle du monde »…

      Non content de cette énumération aussi perspicace, référencée qu’effrayante et pléthorique, notre essayiste, par ailleurs Docteur en Histoire contemporaine et professeur de géopolitique et de relations internationales, montre -s’il était besoin- en quoi cette entreprise de conquête religieuse, de djihad et de soumission, trouve son origine dans le Coran lui-même, citations de versets et sourates haineux, violents, criminogènes à l’appui[3], et dans toute la tradition de la jurisprudence musulmane, y compris la plus contemporaine, invalidant la fiction selon laquelle l’islamisme ne serait qu’une lecture fondamentaliste et partielle des textes fondateurs et canoniques ; jusqu’au trop fameux Al-Hallal wal-Haram (Le Licite et l’illicite en Islam) du téléprédicateur Youssef Al-Qaradâwî[4]. Il faut alors, aux prises avec les manifestations explicitement liberticides du phénomène et les « sources théologiques de la violence théocratique légale », ne pas craindre de parler avec Del Valle, de « vision totalitaire », telle que définie par Hanna Arendt[5].  

      Ainsi « les alliés sunnites de l’Amérique sont responsables du financement d’Al-Qaïda et de Daech, notamment la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït », appuie Alexandre del Valle.  Que faire sinon proposer aux Etats-Unis de dénoncer le pacte du Quincy (« pétrole contre sécurité ») conclu en 1945 avec l’Arabie saoudite et renouvelé en 2005 pour soixante ans, l’or noir étant désormais ailleurs. Car de facto le royaume wahhabite est un irréconciliable ennemi de Washington et des démocraties occidentales. Elles-mêmes empêtrées par des investissements considérables de la part de ce tonneau des danaïdes de l’Islam, y compris en France, conjointement avec le Qatar, dans le domaine hôtels de luxe, des clubs de football, des entreprises aussi stratégiques qu’EADS, pervers investissements que nos gouvernements encouragent par d’éhontés privilèges fiscaux que n’ont pas les Français.

      En ce domaine l’on se rend compte, mais avec retard, que les Etats-Unis n’ont pas fait preuve d’une réelle connaissance de l’Islam, tant ils ont joué les moudjahidines afghans contre l’Union soviétique (« quinze milliards de dollars d’assistance militaire ») tant ils ont nourri les réseaux du « muslim belt » à l’origine de l’attentat du 11 septembre, tant ils ont contribué au noyautage islamique dans l’ex-Yougoslavie, tant ils ont fait exploser le relatif verrou qu’était Saddam Hussein en Irak, sans compter l’aveuglement français qui acheva un Kadhafi pour laisser place au chaos et à la poudrière en Libye, tant Obama et Hillary Clinton sont notoirement des islamophiles invétérés. Ce qui revient à parler d’« une folie géopolitique », en l’occurrence de « l’alignement sur les puissances sunnites et [du] refus des propositions russes », la Russie défendant autant les Serbes de Milosevic, pour le moins complices de génocide, que la Syrie de Bachar el-Assad, qui eut le tort de libérer des combattants du Califat islamique, si imparfait soient-il.

      En ce sens, les Etats-Unis, et l’Europe en leur sillage, ont continué à penser la Russie comme la créature et clone de l’Union soviétique, ont persisté à privilégier la gestion des voies du pétrole moyen-oriental plutôt que le réel « choc des civilisations », pour reprendre le concept d’Huntington[6], même si ce dernier y voyait un antagonisme chrétienté Islam (parmi huit civilisations dans le monde) alors qu’il faut y voir un irréductible antagonisme entre obscurantisme totalitaire et sociétés ouvertes du libéralisme et les Lumières.

      En conséquence, et conformément à l’esprit d’Alexandre del Valle, oserait-on ici proposer une nouvelle et nécessaire orientation de l’OTAN ? D’une part, si cet organisme s’est étendu vers l’Europe centrale, de la Pologne jusqu’aux pays Baltes -ce qui fut ressenti par la Russie comme une humiliation- il s’agit, plutôt que de pousser l’Ukraine, intrinsèquement russe, à l’intégrer, de proposer à la Russie même une intégration à un OTAN repensé en fonction des nouveaux déséquilibres planétaires. Or, en 1994, puis 1997, Poutine avait ratifié le Partenariat pour la paix de l’OTAN, processus que les ingérences occidentales en Géorgie, Ukraine, Kosovo, sans oublier l’obsession anti Bachar el-Assad ont dangereusement interrompu. Ce qui permettrait de contractuellement protéger le destin des pays Baltes, guère menacés, la Russie ayant d’autres chats à fouetter, entre le trouble duo ukrainien et biélorusse et les républiques islamistes de la fédération sur son flanc caucasien. D’autre part, il est évident que la Turquie, dont Alexandre del Valle, dans un précédent essai[7], pointait avec pertinence les dérives et exactions (colonisation de la Chypre du nord, menace sur les Arméniens, évacuation des Chrétiens, contentieux au sujet des îles grecques et dérive islamiste d’Erdogan), n’a plus rien à faire dans l’OTAN. Les Etats-Unis, qui ne l’ont qu’à demi compris en évacuant subrepticement leur base stratégique d’Incirlik, ne peuvent que se séparer d’un état dictatorial dont les complicités avec non seulement le terrorisme islamique, mais avec l’islamisation militante de nos sociétés sont avérées.

 

 

      Mais qui est ce Vladimir Poutine dont nous pensons qu’il mérite d’avoir l’amitié des démocraties libérales ? L’autocrate à la main de fer, aux multiples mandats présidentiels, l’ancien du KGB, le viriloïde affiché qui réprouve, voire réprime l’homosexualité de ses concitoyens, sinon les journalistes et ses sujets, pourtant en immense majorité satisfaits de sa prestation et des progrès économiques. « Plus libéral que l’on croit », affirme Alexandre del Valle. Il est pourtant honni par la bien-pensance  américano-occidentale, soit qu’elle n’a pu se départir de l’aversion anticommuniste et des réflexes de la guerre froide, soit que l’islamogauchisme le trouve trop orthodoxe à son goût.

      La réponse est-elle chez Hubert Seipel : Poutine, une vision du pouvoir ? En un essai d’abord passablement erratique, le journaliste allemand, fort bien en cour à Moscou, tisse un volume pas toujours efficace, avec des bribes de récits, d’entretiens, des pages sur l’avion de Malasya Airlines abattu au-dessus de l’Ukraine, sans que l’on sache quel maladroit ou provocateur en est l’auteur. Mais après une petite centaine de pages, l’essai prend son rythme de croisière, devient résolument efficace, croisant la biographie de Poutine avec l’exercice de son pouvoir, au cœur des stratégies internationales.

      Le jeune politicien, issu d’un milieu modeste de Saint-Pétersbourg, puis des services secrets, efficace, discret, devient premier ministre d’Elstine qui en fait son successeur. Devenu Président, Poutine conduit la réunification des églises russes, engage une loi sur l’enregistrement des financements étrangers pour tout organisme, institue un impôt de 13% sur les entreprises et combat la fraude fiscale. Désorganisé par la chute poussiéreuse de l’Union soviétique, par le pillage des ressources et des industries sous la main des oligarques, l’Etat trouve une légitimité et une efficacité. La population au-dessous du seuil de pauvreté a considérablement décru, l’insécurité est tempérée, la démographie reprend vie. Poutine, assure à raison Hubert Seipel, « est certainement tout sauf communiste ».

      Si son régime réprime les provocations et exactions des Pussy Riot, il va les gracier en 2013, en même temps que l’oligarque spoliateur Khodokorvski. Certes son interdiction du prosélytisme homosexuel est plus que désastreuse, sans que la liberté sexuelle en soit pour autant menacée ; mais il faut noter que la récente répression sévère subie par des homosexuels en Tchétchénie est du fait des autorités musulmanes, même si l’attitude officielle russe n’est guère encourageante. Par ailleurs Poutine peut s’honorer d’avoir accordé l’asile politique à Edward Snowden, qui révéla le scandale des écoutes politiques par les Etats-Unis. On connait la phrase célèbre du maître de Moscou à propos du terrorisme islamiste en Tchétchénie : « poursuivre les terroristes jusque dans les toilettes ».

      Hubert Seibel corrobore des assertions d’Alexandre del Valle, en particulier au sujet des financements américains destinés à encourager l’opposition à Poutine lors de sa dernière élection, sans omettre ceux aux rébellions ukrainiennes et géorgiennes. Aussi lors des désordres ukrainiens, qu'il a sans doute contribué à fomenter en y jetant des troupes russes sans uniforme, et au cours desquels l’Occident effectua de dommageables livraisons d’armes, au bénéfice de la démocratie disait-il, à des rebelles autant attirés par le mirage de l’Union européenne que par des idéologies néo-nazies, Poutine défend-il la population russophones, il obtient sans peine un rattachement plébiscité et justifié de la Crimée à la Russie. O comprend, alors qu’il proposait une zone de libre-échange avec l’Union Européenne, « de Lisbonne à Vladivostok », combien fut-il heurté par le bouclier anti-missiles et les fusées nucléaires de l’OTAN installés en Pologne et en Roumanie. Tout cela, faute de raison américaine et européenne, pour aboutir, selon les mots d’Hubert Seipel, à l’actuelle « paix froide ».

      Sans illusion sur l’islamisme, tout en sachant que Moscou compte deux millions de Musulmans, partageant les valeurs occidentales, Poutine fut également ulcéré par les sanctions économiques occidentales (désastreuses pour les deux parties y compris françaises) suite au bourbier ukrainien envenimé par les ingérences américaines et européennes. Ce pourquoi, à au grand dam de nos économies, il préfère se tourner vers des partenariats et de colossaux investissements en direction de la Chine.

      Hubert Seipel est-il trop tendre avec son modèle ? Il ne fait guère en effet allusion aux inquiétudes afférentes à la liberté d’expression et de la presse. La Russie est un triste pays où des journalistes sont assassinés, comme Anna Polikovskaïa en 2006, bien connue pour son opposition à Poutine et ses enquêtes sur les réseaux tchétchènes. Ce dernier n’a pas omis d’exiger l’arrestation du coupable, ce qui fut fait. Deux journalistes ont été assassinés en 2017. Des sujets sensibles, comme la corruption, la Tchétchénie, les potentats divers, peuvent valoir de tels sorts à ceux qui se risquent à des investigations cependant nécessaires. Il serait peut-être présomptueux de faire du seul Poutine le levier d’une telle tyrannie…

 

      L’analyse d’Alexandre del Valle est d’une rare complétude, d’une rare pertinence. Même si quelques développements, en particulier sur la question ukrainienne, manquent un peu de concision, même si sa conclusion, « Comment vaincre ou neutraliser nos vrais ennemis », hors des propositions de parfait bon sens contre le salafisme et les Frères musulmans ou la reconquête des quartiers islamisés, s’embourbe un tantinet dans les clichés des énergies renouvelables, certes dans le cadre d’un nécessaire retrait des approvisionnements pétroliers venus de la péninsule arabique. Il n’en reste pas moins que son essai, Les Vrais ennemis de l’Occident. Du rejet de la Russie à l’islamisation des sociétés ouvertes, mériterait d’être enseigné parmi nos institutions, de façon à ce que nos sociétés redeviennent des sociétés ouvertes, selon la définition de Karl Popper. Pour ce faire, et selon ce dernier, il est plus que loisible de cesser de promouvoir l’intolérance au nom de la tolérance. En d’autres termes, l’Islam, atavique totalitarisme, doit disparaître du monde des Lumières, sauf comme objet d’analyse, d’Histoire et d’érudition.

      Faute de comprendre et de lier un réel dialogue, une vitale collaboration avec ce Poutine dont Hubert Seipel nous livre une autre « vision » que celle des clichés et des éructations médiatiques au petit pied, nous nous privons d’un échange, non seulement économique, mais stratégique et géopolitique aux conséquences historiques et civilisationnelles majeures. Vous vouliez la paix ; vous aurez la soumission ou la guerre. À moins que, seuls espoirs et hypothèses improbables, les jeunes générations musulmanes rejettent le fanatisme de leurs pères et lui préfèrent la liberté, à moins qu’une lame de fond, venue d’une prise de conscience et d’un dégoût d’une telle religion, amplifie chez eux le mouvement de conversion au christianisme et l’accession à l’athéisme.

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[4] Youssef Al-Qaradâwî : Al-Hallal wal-Haram (Le Licite et l’illicite en Islam) Al-Qalam, 2004.

[6] Samuel Huntington : Le Choc des civilisations, Odile Jacob, 1997.

[7] Alexandre del Valle : La Turquie dans l’Europe. Un cheval de Troie islamiste ? Syrtes, 2004.

 

 

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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 11:54

 

Puerto de Comillas, Cantabria. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

La Belle France,

vices politiques et économiques antilibéraux.

De Georges Darien à Marcel Gauchet,

en passant par Emmanuel Macron.

 

 

Geoges Darien : La Belle France, Prairial, 384 p, 12 €.

Emmanuel Macron : Révolution, XO, 271 p, 17,90 €.

Marcel Gauchet : L’Avènement de la démocratie IV. Le Nouveau monde, Gallimard, 768 p, 25 €.

 

 

 

 

 

      « Je me suis efforcé, en écrivant ce livre, de croire en la possibilité, pour la France, d’un relèvement réel ; j’ai tenté de me donner la vision d’une Révolution prestigieuse illuminant les rues de ce Paris qui s’est prostitué à la tourbe nationaliste[1] ». L’on croirait ces derniers mots frais pondus du matin. C’est pourtant ce qu’en 1901, l’écrivain et pamphlétaire Georges Darien, certes un brin anarchiste, écrivait dans l’avant-propos de La Belle France. À l’heure où le jeune auteur d’un essai-programme intitulé Révolution accède –de manière peut-être indue- à la magistrature élyséenne, il n’est pas interdit de s’interroger : allons-nous vers un espoir de redresser la France, ce fruit pourri de l’intérieur, par ses vices politiques et économiques antilibéraux, entre Islam et antilibéralisme des Fronts socialistes, nationaux et communiste, entre Etat-stratège et infinitésimales promesses libérales ? Ainsi saurons-nous conseiller à la France d’entrer dans Le Nouveau monde de Marcel Gauchet.

 

 

 

Légalité et morale : une démocratie confisquée ?

 

      La démocratie ne se fait pas faute de s’enorgueillir de ses élections. Hélas, il n’y pas toujours de quoi en être fier. Que penser d’une élection présidentielle au cours de laquelle un candidat imprévu par la sagacité des sondages, devenu soudain le champion des Républicains, et en cela menaçant pour les Socialistes de toutes obédiences, fut torpillé par des pseudo-révélations de népotisme ? Nous savions qu’une cinquantaine de députés de tous bords employaient épouses, filles et fils en tant qu’attachés parlementaires, sans compter ceux qui échangeaient ce type de service. Ce en accord avec les statuts de l’Assemblée Nationale. Nous nous doutions que ces emplois étaient fort souvent plus ou moins fictifs. Si nous ne cautionnons pas un népotisme qui n’a pas lieu d’être, comme dans les pays anglo-saxons et scandinaves, il s’agit de différencier le moral et le légal. Gageons -au risque de se tromper- que le malheureux candidat et son épouse (sans qu’il s’agisse ici de prendre idéologiquement parti) seront relaxés, au pire condamné à quelque broutille au moyen de quelque argutie juridique s’immisçant dans la liberté d’employer qui l’on veut, au prix que l’on veut, y compris à ne rien faire (si stupide que cela soit), dans le cadre de l’emploi pénélopien à La Revue des deux mondes. Las, le mal fut fait, probablement déclenché par un gouvernement qui n’ignore rien des déclarations de revenu des uns et des autres, embrayé par un canard déchaîné, suivi par des médias emballés, par un public aux ordres de l’indignation sélective et orientée. Ainsi la démocratie électorale fut confisquée pour n’être plus que son leurre…

      Il est en effet à craindre qu’il n’y ait rien d’illégal dans l’affaire qui fit de Pénélope un filon pour la presse et pour l’opinion. A contrario il est à craindre qu’il n’y ait rien de contraire à l’éthique dans le Bygmalion qui contrevint aux lois sur le financement des campagnes électorales présidentielles. De même la fraude fiscale, ô combien illégale, n’est peut-être qu’une réponse éthique à l’inéthicité des lois fiscales françaises. Ainsi entre lois légales et droit naturel aux lois éthiques, trop d’incompatibilités entrainent la justice dans un champ politique semé de tranchées de boues et hérissé de barbelés.

      Voici quelles sont les caractéristiques juridiques du statut d’assistant parlementaire : « la nature de l’activité du collaborateur n’est pas définie par les textes : elle est ce que le parlementaire juge utile à l’exercice de son mandat[2] »

 

 

      En ce sens l’irruption de l’autorité judiciaire en ce domaine est nulle et non avenue. On se doute que le Parquet National Financier, créature du précédent gouvernement, qui s’autosaisit de l’affaire, alors que seul le Bureau de l’Assemblée dut être à cet égard compétant, portant ainsi préjudice à un candidat à la magistrature suprême, donc pour d’inavouables raisons idéologiques et oligarchiques, détournant la fonction de la justice au service d’intérêts politiques partisans. À tel point que l’on doive considérer cette intrusion comme inconstitutionnelle, et contraire à la séparation des pouvoirs. Pire encore, s’il se peut, les médias se permettent de condamner avant même qu’une peu fiable justice ait statué, passant du présumé innocent au présumé coupable.

      Outre tant de parlementaires à jeter dans le même panier de crabes de la dévoration de l’argent public, ce ne sont que billevesées devant le milliard dilapidé par l’Etat lorsqu’il voulut imposer l’écotaxe, un vol fiscal en d’autres termes. Billevesées devant le principe qui voulut en 2012 que l’on élise à la magistrature suprême celui qui était à la tête du département le plus endetté de France, la Corrèze ; ce pour creuser la dette de la belle France, dépassant, comme l’on sait les 2200 milliards d’euros.

      Reste qu’il est on ne plus légitime de penser que le népotisme des personnalités politiques est non seulement indigne en soi, mais insupportable pour une opinion qui a du mal à trouver un travail d’une part, et, si elle en a un, à joindre les deux bouts de son maigre salaire mensuel, obéré l’avalanche d’impôts et de taxes…

      Nos voisins, Allemands ou Scandinaves, ne peuvent qu’être consternés par cet usage à vau l’eau des deniers publics, même s’ils ne le sont plus une fois versés sur le compte du député ou du sénateur. Souvenons-nous qu’en 1995, la deuxième personnalité du gouvernement suédois, social-démocrate, fut contrainte de donner sa démission pour avoir usé de sa carte de crédit de fonction pour quelques menues courses personnelles, quoiqu’elle eût ensuite remboursé. Mais là-bas, loi et usages ne sont pas les mêmes qu’en notre hexagonal paradis financier pour élus et enfer fiscal pour les autres. Pour conclure, arroser femme, fille et fils d’emplois, fussent-ils avérés, de plus généreusement payés, aux dépens de gens qui sait plus méritants et compétents est bien une faute morale, s’il ne s’agit pas d’un délit à l’encontre de la légalité telle que le code pénal l’entend. Nous sommes loin du mot de Kant qui affirmait : « Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse en même temps toujours valoir comme principe d’une législation universelle[3] ».

      Reste qu’obéir à une contrainte morale, fût-elle la plus apparemment juste, risquerait d’une part d’affaiblir la loi légale, et, d’autre part d’ériger les moralistes en inquisiteurs et censeurs. Bon nombre de nos dirigeants se sont enrichis outre mesure certes, mais sans vouloir les excuser un instant, ne faut-il pas se demander si leur projet pour la France vise à l’enrichir, et en conséquence une immense partie des Français, y compris les pauvres d’aujourd’hui, ou au contraire à l’asservir par l’étatisme et le socialisme. Ce sur quoi concluait le malheureux concurrent à l’élection présidentielle (quoique d’un libéralisme bien modéré) et qui a été contraint de na pas Faire : « Ouvrons les portes de la liberté, et le souffle du progrès nous portera[4] ». Aussi ceux qui dénoncent si fort les manquements de leur ennemi politiques (oubliant de dénoncer ceux de leurs amis politiques, voire d’eux-mêmes) avancent, sous le couvert de leur injonction à la vertu, l’éradication du concurrent, confisquant alors le processus démocratique à leur profit… Et en en notre déprofit.

 

      Voici, pour la satisfaction de tous ceux qui se sentaient menacés par la « tourbe nationaliste » (reprenons la formule de Georges Darien) du Front National, enfin élu le fils spirituel du précédent Président de la République, de surcroît et comme il se doit, socialiste, même s’il se targue de décoller les étiquettes. « Il faut que tout change pour que rien ne change », disait le Prince de Salina, du Guépard de Lampedusa[5].

      Il est à craindre, avec un Premier ministre des Républicains, que les socialistes de gauche s’unissent avec les socialistes de droite, agrégeant un partie centriste aspirateur de toutes les volontés du rose despotisme, éjectant vers l’extérieur les despotisme jumeaux bruns et rouges, espérant, probablement en vain, les affaiblir. Evitons cependant, à l’égard du nouveau et jeune Président au parcours météorique et louable en termes d’intelligence et de stratégie, qui paraît rompre un tant soit peu avec la gérontocratie et l’artificielle opposition droite gauche, à l’exception de l’inamovible ventre de fer du colbertosocialisme, tant la diabolisation que l’hagiographie. Il semble répondre tout au moins au vœu bien hyperbolique de Georges Darien : La France d’Emmanuel Macron « préparera la glorieuse réalisation de l’immortelle idée d’Emmanuel Kant : la fédération des peuples européens[6] ».

 

 

La Belle France d’aujourd’hui selon Georges Darien

 

      Georges Darien était un anarchiste au point de souhaiter un « impôt unique sur la terre [qui] conduit immédiatement à la suppression de la propriété individuelle du sol[7] », pensant ainsi illusoirement parvenir à l’égalité communautaire. Il vomissait l’exploitation des pauvres, non sans malmener ces coupables d’aimer leur pauvreté, le nationalisme et l’église (que dirait-il devant la soumission de l’Islam, ce supra nationalisme !), bref ne pliait l’échine devant aucun maître politique et religieux, sauf désastreusement devant cette égalité communautaire instituant la propriété communale du sol ; pourtant il se méfiait comme de la peste des « portes du paradis collectiviste[8] ». Il précise sa pensée en conspuant le vice antilibéral : « Les papes barbus du socialisme » propagent « les doctrines du collectivisme » : « Ces doctrines ne sont pas seulement imbéciles, elles sont infâmes. Si elles étaient réalisables, elles mèneraient directement […] à une nouvelle forme d’esclavage, plus hideuse que toutes celles qui firent jusqu’ici gémir toute l’humanité[9] ». Formules prophétiques qu’ont abondamment illustré les totalitarismes du XX°siècle, entre National-Socialisme mussolinien et hitlérien et Internationale communiste léniniste, staliniste, maoïste, castriste, etc.

      Cependant les phrases de Georges Darien, ce provocateur romancier du Voleur[10], trouvent un écho inattendu dans les vices politiques et économiques de notre présent : « La seule politique que veuille la France, c'est une politique incolore, insipide, flasque; elle est prête à payer n'importe quoi pour avoir cette politique-là ; et elle paye, et elle l'a. Moyennant quoi, elle peut dormir et, entre deux sommeils, se trémousser quelque peu afin de donner aux autres et surtout à elle-même l'illusion d'une agitation féconde[11] ». On peut alors se demander si la Révolution d’Emmanuel Macron n’est qu’un de ces trémoussements… De surcroît, reprend Georges Darien, « La France a la haine de l'homme qui pense par lui-même, qui veut agir par lui-même, qui n'a pas ramassé ses idées dans la poubelle réglementaire et qui fait fi des statuts des coteries abjectes que patente la sottise envieuse[12] ». Cette dernière étant aujourd’hui autant la « tourbe nationaliste » que celle postmarxiste, anticapitaliste, antilibérale.

      En son vigoureux pamphlet La Belle France (joliment réédité avec un utile index), Georges Darien n’en avait pas moins quelques judicieuses lueurs libérales, en particulier en faveur de la femme : « L’homme et la femme ne seront libres que lorsqu’ils seront égaux ; lorsqu’ils auront fait disparaître les barrières qui les séparent, conventionnelles, morales, traditionnelles, légales. À ce libéralisme politique, s’ajoute un libéralisme économique, quoique contradictoire avec sa thèse sur la propriété communale du sol : « toute rénovation économique doit avoir pour base la liberté individuelle[13] ».

 

 

Economie, fiscalité et Révolution macronienne

 

      Hélas, loin derrière Singapour et la Suisse notre voisine, notre belle France est reléguée au 72ème rang (sur 179 pays) en termes de libertés économiques par le think tank Heritage fondation, ce en fonction des critères suivants : la liberté du travail, la liberté économique, la liberté du commerce, la liberté fiscale, le niveau de dépenses publiques, la liberté monétaire, la liberté d’investissement, la liberté financière, la garantie des droits de propriété et la corruption. Selon Reporters sans frontières, la France est à la trente-neuvième place mondiale pour la liberté de la presse, tant en ce qui concerne le pluralisme, l’indépendance, l’autocensure et le cadre légal, score indigne de la tradition des Lumières.

      La faute au libéralisme et au néolibéralisme, s’égosillent les uns et les autres ! Plût au ciel (s’il existe) que revienne celui de Margaret Thatcher qui divisa par deux le chômage anglais… Pourtant avec 57 % du Produit Intérieur Brut consacré aux dépenses publiques, avec un taux d’imposition moyen à 44,2 % du Produit Intérieur Brut, nous sommes dans l’obligation morale de nous taper les cuisses de rire devant une telle ubuesque accusation. Ici nous pensons que ce n’est pas de trop de libéralisme dont nous souffrons, mais de sa presque absence. L’Etat ne détenant pas moins de 1600 sociétés, ces dernières ne brillent pas par leur rentabilité, mais plutôt leurs pertes, selon la Cour des comptes. Nous avons 7,1% de travailleurs pauvres contre 3,5% en Allemagne (source OCDE 2016), L’agriculture française est de moins en moins exportatrice, devancée depuis peu par l’Allemagne et les Pays Bas. La liste des déboires de la belle France viderait d’encre nos imprimantes…

      Emmanuel Macron est-il, en son essai programmatique hyperboliquement titré Révolution, libéral ? Son supposé libéralisme économique est conspué, voué aux gémonies, tant par l’extrême gauche que par l’extrême droite, ce qui est bon signe. Il semblerait qu’il le soit : « Les protections corporatistes doivent laisser la place aux sécurités individuelles » ; « Nous avons construit un modèle de dépenses palliatives plutôt que de dépenses productives ». Il est question de « diminuer ainsi les prélèvements obligatoires », de « baisse durable des dépenses courantes », de « réduire les prélèvements sur les entreprises » et « la multiplication de normes », de souhaiter « l’enrichissement par le talent, le travail et l’innovation », de « déverrouiller l’apprentissage »… Dont acte.

      N’ignorant pas que l’Allemagne compte cinq fois plus de robots industriels et à peine deux fois moins de chômage, il prône « la concurrence [qui] protège de la connivence et permet la liberté ».

      Que les espoirs libéraux déchantent pourtant. Voici l’un des paragraphes qui tuent : « L’Etat a évidemment toujours vocation à jouer un rôle central. Ce rôle devra même être renforcé car dans de nombreux domaines, il faut plus d’Etat. Pour l’exercice des missions régaliennes, l’Etat doit pouvoir disposer de l’ensemble des moyens nécessaires. Pour la protection contre les grands risques de la vie, il faut aussi que l’Etat reprenne la main. Pour assurer un bon fonctionnement de notre économie, il doit demeurer le garant de l’ordre public économique ». Si, avec urgence, nous attendons en effet qu’en ce qui concerne la mission régalienne de sécurité l’Etat s’arme de courage, cette dernière phrase est le clou de fer qui ferme le mausolée du libéralisme économique français, pourtant honoré par Voltaire, Benjamin Constant, Tocqueville, Bastiat et Raymond Aron.

      Parmi le programme d’Emmanuel Macron, simplifier le Code du travail, baisser de 60 milliards les dépenses publiques et l’impôt sur les sociétés de 33% à 25%, réformer les retraites au moyen d’un système à points, tout cela paraît empreint d’un léger, trop léger, sursaut de libéralisme.

      Hélas les averses de dépenses démagogiques s’abattent : pas plus de douze élèves par classe en Primaire et en Zone d’Education Prioritaire, le « Pass Culture » de 500 euros offert aux jeunes, les logements étudiants, les remboursements médicaux allongés. Quant à supprimer à l’intention des plus pauvres la taxe d’habitation, ne doutons pas que cela se traduira par un alourdissement des impôts locaux. Quant aux plans quinquennaux d’investissements qui arrosent de l’industrie à l’agriculture en passant par la formation, il est à craindre qu’ils se fassent à emprunts pléthoriques et fonds perdus ; sans omettre de timides réformettes des retraites (mais avec une hausse de la CSG), et de réduction du nombre des fonctionnaires. On vide un robinet d’un côté pour le remplir de l’autre, et les résultats n’auront rien de spectaculaire. Même pas une social-démocratie à la Schröder qui permit à l’Allemagne de sortir du gouffre de l’Etat providence. La collusion du socialisme de centre gauche et du colbertisme de centre droit, malgré un apparent coup de jeune et d’appétence pour l’innovation, n’accouchera que d’une souris postmarxiste, conformément au pérenne vice politique et économique français. En témoigne cette outrance d’Emmanuel Macron, digne de la pire langue du bois communiste dont on fait les goulags : « Nous sommes en train de vivre un stade final du capitalisme mondial qui, par ses excès, manifeste son incapacité à durer véritablement ». Souhaitons que nous nous trompions, que d’heureuses surprises se fassent jour…

 

 

De Marcel Gauchet à Joseph A. Schumpeter : la solution libérale

 

      Il semble à cet égard que le conservatisme étatique français répugne au plus point au libéralisme économique, pourtant salvateur ailleurs, de la Suisse à l’Allemagne, d’Israël à la Nouvelle Zélande. Mieux encore que ces derniers, il s’agirait de baisser drastiquement la fiscalité, jusqu’à une flat tax unique, égale pour tous, de restreindre le périmètre de l’Etat, hors ses missions régaliennes, de remuscler justice et sécurité en plein marasme.

      Analysé par Marcel Gauchet, Le Nouveau monde est celui de « la déconfiture du keynésianisme ». En effet « toute politique interventionniste est vouée à être déjouée par les anticipations des acteurs. L’activisme public est à proscrire dans son principe comme contre-productif ». L’historien cultivé connait la courbe de Laffer, selon laquelle « trop d’impôt tue l’impôt », ainsi que l’impasse de la redistribution, ainsi que « la thèse de Schumpeter axée sur le rôle de l’inventivité technique et la fonction de l’entrepreneur ». Il sait combien « l’Etat [est] dépensier, mauvais législateur et piètre actionnaire », il pointe cette « protestation contre une pression fiscale apparaissant comme insupportable en regard des gaspillages et de l’opacité de la dépense publique ; […] contre la prolifération réglementaire multipliant les carcans administratifs dans tous les secteurs de l’activité collective ; […] contre les errements de l’Etat propriétaire, assumant très mal ses responsabilité dirigeantes dans la conduite des entreprises publiques[14] ». Au contraire des systèmes de pensée des ennemis de la société ouverte (pour reprendre le concept de Karl Popper[15]), le « néolibéralisme » selon Marcel Gauchet (en fait la continuité du libéralisme classique) « ne se donne-t-il même pas pour une idéologie ». En conséquence, « il suffit […] de laisser les coudées franche à l’initiative entrepreneuriale, d’accroître l’efficacité gestionnaire, de mettre la découverte scientifique et l’innovation technique au poste de commandement, bref, de s’en remettre à la capacité spontanée des acteurs de rationaliser leur expérience et de calculer leurs intérêts[16] ». Ce qui vaut autant pour la prospérité que pour l’écologie…

      On devine que la sage neutralité de l’exposé analytique que sont ces passage-clés de l’immense et roborative tétralogie titrée Avènement de la démocratie, ont un assentiment prudent de la part de Marcel Gauchet, attaché à une médiation collective en vue du bien commun qui associe, dans le cadre souple de la démocratie libérale, libéralisme économique et libéralisme politique. Il a parfaitement connaissance que le libéralisme classique n’est pas une éthique du renard libre dans le poulailler libre, mais une libération des énergies, dont les contrats sont garantis par le pouvoir régalien, et dont les résultats sont patents.

      En effet Joseph A. Schumpeter, dans son Histoire de l’analyse économique, à propos de ce qu’il appelle « l’intermezzo libéral » de l’Angleterre à partir du XVIII° siècle, soutient la thèse suivante : « Il ne fut pas difficile d’attribuer cette impressionnante série de réussites indéniables à la politique du libéralisme économique[17] ». Les prospérités accessibles à la plus immense majorité de l’Occident et bientôt de l’humanité n’ont d’autre source encore aujourd’hui.

 

 

Une cécité dangereuse devant l’Islam

 

      Le libéralisme politique, au même titre que le libéralisme économique, est également plus que menacé. Même si Emmanuel Macron, en son essai délibératif assez bien construit, n’ignore pas le « projet de mort totalitaire » de « Daech[18] », la dangerosité native de l’Islam est soigneusement évitée. Il s’agit d’ « aider l’Islam à construire sa place dans la République » et de « lutter contre tous les communautarismes », sans avoir le courage de déterminer qu’un seul est largement responsable de la tyrannie au présent et en devenir. On ne semble pas le moins du monde conscient de la menace de l’Islam et de l’emprise de la charia en France, qu’il s’agisse de prières de rues et du tissu des mosquées, du salafisme et des Frères musulmans, de quartiers entiers où les femmes non voilées sont harcelées, de commerces halal pléthoriques, en fait une pollution théocratique, et activisme prosélyte et abondance démographique aidant, une chape totalitaire en train de se cimenter[19]. Dont un des avant-postes est le Parti Justice et Développement qui présente des candidats aux législatives, dont des femmes voilées, et qui, s’il parait, pour l’heure, ne pas devoir obtenir des élus, place ses pions théocratiques en attendant de prochaines échéances électorales, ce le plus démocratiquement du monde ; mais bien entendu en contradiction totale avec la démocratie libérale, la seule qui vaille, et cependant en perdition.

     Et cependant les législatives de juin 2017 envoient siéger sur les bancs de l’Assemblée Nationales dix-sept députés qui se revendiquent musulmans !

      En octobre 2016, Edouard Philippe, actuel Premier ministre, signa un accord de jumelage de sa ville, Le Havre, avec Tanger, dont le maire est un islamiste patenté. Egalement au titre de maire, en 2013, il inaugura la mosquée Mesjed Ennour, proche des Frères musulmans, qui bénéficie d’un bail emphytéotique. Un presbytère havrais est en train de devenir une école confessionnelle musulmane.

      L’attribution de la subvention d’un million d’euros à l’Institut français de civilisation musulmane fut adoptée à la majorité par la mairie de Lyon, dont Gérard Collomb était en 2016 le maire, et actuel Ministre de l’Intérieur : « L’Islam est divers et il faut redonner une fierté aux jeunes sans identité, leur dignité originelle », a justifié Gérard Collomb. Ce dernier n’a pas dû ouvrir les pages criminelles de la sourate « Le butin » dans le Coran pour réclamer de renvoyer les Musulmans à leur identité originelle !

      La Secrétaire d’Etat à l’égalité femmes hommes, Marlène Schiapa, remet en cause l’innocente et inoffensive messe du dimanche matin à la télévision, selon elle « une infraction à la laïcité », alors qu’elle veut permettre le voile islamique à l’école. L’incohérence de sa position associe à une haine dommageable de l’Histoire culturelle de l’Occident une indulgence coupable envers un marqueur idéologique et religieux de l’oppression théocratique et sociale des femmes.

      Pendant ce temps, vice politique majeur, la marée totalitaire de l’Islam monte, de quartier en quartier, quand l’arbre du terrorisme cache la forêt de l’Islam[20]

 

      À quel dégoût sommes-nous contraints devant les vices politiques et économiques, au premier chef desquels il faut compter la méconnaissance et le négationnisme à l’encontre du libéralisme ! Que l’on se rassure, le modeste auteur de ces lignes n’est pas aigri à la rencontre de la belle France pourrissante, mais réaliste ; et cependant confiant en les capacités les meilleures de l’humanité. Malgré nos réticences envers le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron, souhaitons-lui de réussir à améliorer le sort de la France, à lutter contre nos endémiques et pérennes vices politiques et économiques, qu’ils viennent de l’antilibéralisme des socialismes ou de l’Islam. Ce en permettant un Etat régalien à même de restaurer les libertés d’expression et de circulation, ainsi qu’un capitalisme libéral pour tous (et non d’Etat et de connivence) fondé sur la clarté et le respect de la concurrence, sur une fiscalité minimale et égale quelques soient les entreprises et les individus. Terminons avec l’auteur de Capitalisme et liberté, ce promoteur du chèque éducation, Milton Friedman, qui, depuis 1962, a su convaincre les meilleurs de nos semblables que « des institutions libres leur offrent une route plus sûre, bien que peut-être parfois plus longue, pour atteindre leurs buts, que le pouvoir coercitif de l’Etat[21] ».

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Georges Darien : p 12.

[2] Jean Gicquel et Pierre Avril : « Collaborateurs parlementaires : respectons le droit », Le Figaro, 09/02/2017.

[3] Emmanuel Kant : Critique de la raison pratique, Œuvres philosophiques, t II, Gallimard, La Pléiade, p 643.

[4] François Fillon : Faire, Albin Michel, 2016, p 313.

[5] Plus exactement : "Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change". Giuseppe Tomasi di Lampedusa : Le Guépard, Seuil, 2007, p 34.

[6] Georges Darien : p 367.

[7] Georges Darien : p 299.

[8] Georges Darien : p 281.

[9] Georges Darien : p 286.

[10] Georges Darien : Le Voleur, Jean-Jacques Pauvert, 1955.

[11] Georges Darien : p 78.

[12] Georges Darien : p 82.

[13] Georges Darien : ibidem, p 299, 296.

[14] Marcel Gauchet : p 37, 38, 42.

[15] Karl Popper : La Société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979.

[16] Marcel Gauchet : p 647.

[17] Joseph A. Schumpeter : Histoire de l’analyse économique, t II L’âge classique, Gallimard, 1983, p 33.

[21] Milton Friedmann : Capitalisme et liberté, Leduc, 2010, p 311.

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 13:02

 

Col de Rubio, Pallars Sobira, Catalunya. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

De l’humiliation électorale,

 

avec le secours de la Grève des électeurs

 

et de la Suppression des partis politiques,

 

selon Octave Mirbeau, Simone Weil

 

et Friedrich Nietzsche.

 

 

Octave Mirbeau : La Grève des électeurs, Allia, 48 p, 3,10 €.
 

Simone Weil : Note sur la suppression générale des partis politiques,

Allia, 48 p, 3,10 €.

 

 

      En ce dimanche festif, que la ville est joliment pavoisée de rouge, de rose et de bleu ! Pourtant ce rouge tant aimé, couleur du luxe et de la vie, de la passion chaleureuse, vire à l’étranglement du sang, ce rose est vomitif, ces bleus sont délavés, méchamment bleuâtres. De quinquennat en quinquennat, le pire est l’ennemi du pire. Qu’est-il arrivé à nos affiches électorales pour qu’elles arborent tant de trognes menaçantes, de visages torves ou benêts ? D’où vient que j’éprouve à les voir, à les lire, si je n’en attrape pas une purulence oculaire, un sentiment d’humiliation, jusqu’à l’insidieuse tentation de la révocation de mon droit de vote. Ne me reste que le secours de La Grève des électeurs d’Octave Mirbeau, La Note sur la suppression générale des partis politiques de Simone Weil et une pincée de pensée politique nietzschéenne.

 

      Ils ne sont que menaces. L’un veut mettre au pas les médias qui prônent de libéralisme, l’autre interdire les licenciements, l’autre punir les exilés fiscaux[1] qui fuient notre enfer imposable, ou vaporiser la City et Wall Street, l’autre encore spolier les meilleurs contribuables jusqu’à 75% de leur revenu, sans compter les tempêtes d’abusives Taxes sur la Valeur Ajoutée, Contribution Sociale Généralisée, Impôt sur la Fortune et autres babioles taxatoires par centaines. Ou, si l’on préfère, il s’agit de flageller la libre entreprise qui ne l’est plus guère à coup de normes, de textes et de principes de précaution, de folle climatologie, de planifier l’économie au moyen d’un Etat instratège, de châtrer la spéculation, d’imposer le protectionnisme, de sanctifier les sévices publics. Aucune préoccupation des Français n’échappe à leur hargne, à leur redistribution jetée par les fenêtres, à leur démagogie électoraliste.

      Ils ne sont que déni et angélisme mou. Négationnisme pour les trotskistes et communistes envers la responsabilité meurtrière et totalitaire du communisme[2] dans l’histoire, sans compter que certains nient que Cuba soit une dictature, que faillite et famine du Venezuela soit l’acmé du socialisme, et s’acoquinent avec des activistes islamistes, en ayant des yeux de Chimène envers l’Islam totalitaire. L’autre ne s’appuie à peu près que sur la haine du Président sortant et affiche un angélisme mou, tous caracolent dans la joie du grand soir, de la grande distribution des miracles et de l’utopie tyrannique, sans voir le mur de la dette à laquelle ils ont inconsidérément contribué monter en tsunami sur nos têtes ; sauf peut-être celui qu’une trop confiante inexpérience contraindrait à une ombre de réalisme…

      Ils ne sont que chaînes autour des poignets des entrepreneurs, de l’emploi et des richesses à construire. Parce qu’aucun ne propose la flexisécurité à la danoise pour simplifier et libérer l’emploi, ne s’attaque (ou du bout des lèvres pour l’un) au maquis des 3000 pages du Code du travail, aux effets de seuil dans les entreprises, à la coûteuse prolifération des collectivités et des élus (ou lors d’une audacieuse lucidité pour l’autre), aux privilèges des trop jeunes retraités de quelques entreprises publiques, parce qu’aucun (ou avec trop de pusillanimité) ne compte inscrire dans la marbre de la constitution la règle d’or de l’absence de tout déficit et de toute dette dans le budget de la France et des collectivités locales, ainsi qu’un raisonnable plafond de 20% de prélèvements obligatoires infligés aux individus et aux entreprises ; parce que personne ne veut réformer et moraliser l’Etat providence et ses tuyaux percés… Parce que trop peu proposent la baisse des charges sociales et la tolérance zéro envers la délinquance et aucun (ou à peine) en l’associant à cette nécessaire légalisation des drogues (certes plus ou moins létales) qui couperait l’herbe sous le pied des mafias et fournirait une Taxe à la Valeur Ajoutée assumée par leurs consommateurs.

      Ils ne sont que liberticides. Entendons la harangue éraillée du béat qui exige d’encadrer par la loi les montants des loyers, du charismatique à l’écharpe rouge qui fait rêver les médias et bêler le troupeau en clamant qu’on ne réindustrialisera le pays qu’avec une volonté planificatrice, quand la mégère patriotique pourtant apparemment du bord opposé exige un état stratège qui planifiera la reconquête de nos usines à coups de barrières douanières et de délocalisations interdites[3]. L’autre, aux lunettes alternativement rouges et vertes, nous promet une bureaucratie écologique pléthorique. Quant aux sortants, un peu plus expérimentés, peut-être légèrement moins hallucinés, sinon plus réalistes, les voilà rivalisant de taxes, en ne pensant qu’en partie à réduire le maelstrom du budget de l’Etat, le flot des subventions, la marée du fonctionnariat des collectivités nationales et locales, l’inondation de la dette et la noyade du pays, couper dans le gras des régimes spéciaux de retraites, du népotisme et des émoluments et réserves parlementaires de nos élus…

      Ainsi, faute de réformes économiques et sociales, perdurent notre appétence et dépendance envers la démocratie non libérale du socialisme de gauche et de droite, sans compter les ébréchures portées au corps de la liberté d’expression[4]. Ainsi, faute de gestion sévère de la délinquance et de la marée islamique à l’assaut des quartiers, perdure la déliquescence de la sécurité et de la République[5]

 

 

      En 1888, dans Le Figaro, Octave Mirbeau, qui dénonça le populisme de Boulanger et la politique coloniale de gauche Jules Ferry, plus connu comme le romancier acide, coruscant et passablement sadique du Jardin des supplices, publiait un bref pamphlet : La Grève des électeurs. Il s’étonnait qu’« après les innombrables expériences, les scandales journaliers », il reste encore « un seul électeur, cet animal irrationnel ». Il demeurait stupéfait que l’on « s’imagine […] faire acte de citoyen libre ». Ainsi, « il faut, que par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité » ; et encore notre Mirbeau ne parlait pas là, quoiqu’il le sous-entendît, de la magistrature suprême de la République ! L’ironie cruelle va jusqu’à faire bêler l’électeur : « plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois ». La fronde culminait avec : « Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel ». Ce texte acrimonieux autant que salubre, que l’on ne verrait aujourd’hui affiché par aucun journal, cependant publié en un format commode par les éditions Allia, mériterait-il d’être glissé, en guise de bulletin, dans les poubellesques urnes de la République…

      Sans compter qu'il faudrait y joindre la Note sur la suppression générale des partis politiques de Simone Weil. C'est avec justesse qu'elle affirme : « Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective. Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres. La première fin, et, en dernière analyse, l'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite. Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. S'il ne l'est pas en fait, c'est seulement parce que ceux qui l'entourent ne le sont pas moins que lui. Le bien seul est une fin. Tout ce qui appartient au domaine des faits est de l'ordre des moyens. Mais la pensée collective est incapable de s'élever au-dessus du domaine des faits. C'est une pensée animale. Elle n'a la notion du bien que juste assez pour commettre l'erreur de prendre tel ou tel moyen pour un bien absolu. Il en est ainsi des partis ».

      À moins que le malheureux élu, contraint par le réel, soit plus raisonnable que le promette sa suintante démagogie. À moins que le courageux élu applique ses meilleures réformes de façon à diviser le chômage par deux, comme le fit Margaret Thatcher en son temps et Donald Trump plus récemment. Sinon le monstre politique, émanation directe de la soif de justice et de prospérité populaires, sans compter sa jalousie affreusement égalitaire, nous dévorera de ses crocs répugnants, de ses grèves, manifestations et guérillas urbaines. Parce que l’innovation, l’ouverture à la mondialisation des savoirs, des technologies et des libertés ne sont guère à l’ordre du jour, sans compter le refus sans concession indispensable des prosélytismes liberticides qu’ils soient politiques, protectionnistes ou religieux… Parce qu’ils sont tous étatisto-socialistes, semi-incultes à des degrés divers, parce qu’aucun ne connait vraiment le sens des Lumières. Et surtout du libéralisme honni, ce qu’en leur Front Socialiste National[6] ils appellent le mondialisme ultralibéral, qui l’est souvent trop peu. Huant sa confiance dans les libertés de pensée et d’entreprendre, ils nous prennent pour des déficients intellectuels, des gobeurs de panacées en béton. Pourtant nous ne pouvons que vérifier l’actualité de ce qu’Hayek, en 1945, constatait dans son chapitre intitulé « Les totalitaires parmi nous » : « un rapprochement toujours plus grand entre les conceptions économiques de la gauche et de la droite, leur opposition commune au libéralisme[7] ».

 

 

      Aussi, sans vouloir cautionner un instant quelque dictature que ce soit, faut-il penser avec Nietzsche[8] - et peut-être avec résignation - combien la messe électorale est une mascarade : « Le parlementarisme, c’est-à-dire la permission publique de choisir entre cinq opinions politiques fondamentales, flatte le grand nombre de ceux qui aimeraient paraître indépendants et individuels et combattre pour leurs opinions. Mais, à la fin, il est indifférent qu’une seule opinion soit imposée au troupeau ou que cinq opinions lui soient permises – quiconque s’écarte des cinq opinions fondamentales aura toujours contre lui le troupeau tout entier[9] ». Plus encore que Tocqueville qui avertissait contre la « tyrannie de la majorité », Nietzsche, critique politique délicieusement redoutable, notait à propos du « droit de suffrage universel », en toute actualité : « Une loi qui détermine que c'est la majorité qui décide en dernière instance du bien de tous ne peut pas être édifiée sur une base acquise précisément par cette loi ; il faut nécessairement une base plus large et cette base c'est l'unanimité de tous les suffrages. Le suffrage universel ne peut pas être seulement l'expression de la volonté d'une majorité : il faut que le pays tout entier le désire. C'est pourquoi la contradiction d'une petite minorité suffit déjà à le rendre impraticable : et la non-participation à un vote est précisément une de ces contradictions qui renverse tout le système électoral.[10] »

 

      Le bon gouvernement est-il inatteignable ? Il semblerait qu’oui ; particulièrement en France. Devant l’impéritie de nos élites depuis 1981, droite et gauche confondues, pourtant démocratiquement élues, ne sommes-nous pas en droit de vouloir révoquer notre droit de vote ? Car la résistible montée du Front et Rassemblement National, la survie des partis d’extrême-gauche et communistes, qui partagent avec les premiers le goût rance du protectionnisme et du social-étatisme, sans omettre l'arasement des partis de gouvernement, Parti Socialiste et Républicains, phagocytés par un macro-président, lors des successives échéances électorales, ne sont que la conséquence des échecs de ces derniers face au chômage socialiste et à l'immigration de l’Islam politique (ce qui est un pléonasme). L'abstention aidant, l'électorat récuse ceux qui ont échoué pour promouvoir celui qui n'a jamais gouverné, qui ne fera guère mieux, voire pire, économiquement, et propose une rétractation culturelle, puisque nationaliste. Personne n'incarnant alors un salutaire changement, nos bulletins de vote ne sont plus que des enveloppes vides.

      Entendons-nous, il ne s’agit en rien d’exiger la suppression de ce droit par quelque corps exécutif ou législatif qu’il soit, mais de le récuser à titre personnel, au titre de la liberté. Il suffit de constater combien d’entre nous l’ont dans les faits rejeté comme un chiffon sale dont on n’a plus l’usage. Les taux d’abstention considérables au cours des scrutins successifs, ces bulletins blancs, nuls, tagués, ces enveloppes vides (métaphore parfaite de la vacuité de ce droit) nous enseignent à quel point le désintérêt du prétendu citoyen, de l’anonyme courbé sous la ponction et l’incompétence étatiques, laminent la confiance dans cet instrument et symbole trop vénéré de la démocratie ; qui n’est guère une démocratie libérale.

      À quoi sert en effet d’aller voter quand la prétendue alternance entre la gauche et la droite ne parvient qu’à pérenniser un modèle aberrant de contrôle étatique socialiste et colbertiste sur la législation du travail, sur l’économie et le marché, dont la « main invisible » smithienne est menottée ? A quoi bon prétendre choisir, armé de la monnaie dévaluée du bulletin de vote, quand à peu de différences près, chaque couleur, du bleu dur au rouge, en passant par de si peu diverses nuances de bleuté et de rose, continue à rendre obèse un peuple de fonctionnaires de l’état et des collectivités locales, à perpétuer une protection sociale démesurément coûteuse et cependant bancale, à perfuser des services publics défaillants, à fabriquer une pauvreté exponentielle…

      Car pour nourrir ce peuple cependant mécontent, hors quelques privilégiés syndiqués, hors l’oligarchie au pouvoir qui s’octroie des émoluments indus et se rend trop souvent coupable d’abus de biens sociaux et autres emplois fictifs, il faut multiplier les Impôts sur la Fortune immobilière, les taxes confiscatoires, donc faire fuir la richesse, décourager l’initiative, déconsidérer le mérite et la réussite. C’est alors que le besoin exploite les capacités (pour retourner la célèbre formule de Marx) au point de conduire tout un chacun aux tréfonds de l’enfer fiscal, de la dépendance, de l’assistanat et de la médiocrité. La liberté perd alors de plus en plus de terrain devant la tyrannie de l’égalité, de l’Etat-nounou et rééducateur.

 

 

      Ce qui, avec un sursaut péremptoire, n’empêche pas nos rhéteurs de reprendre des accents maurrassiens : de gauche à droite et de droite à gauche les financiers sans visage sont conspués. Alors que l’accroissement de la dette est exclusivement de la responsabilité des Etats, de ceux qui ont élu les mauvais gouvernements, de ceux qu’un système vérolé engraisse encore, on accuse les banques, les riches, alors que l’on apprend aux pauvres à exploiter les riches, alors que l’on se presse de toutes parts pour occuper les bancs douillets et privilégiés du Conseil des ministres, du Parlement et de pléthore de hauts fonctionnaires forcément colbertistes, keynésiens et marxistes, les fauteuils veloutés des communes, départements et régions, histoire de distribuer avec une générosité népotique et clientéliste la manne financière des impôts locaux et de cet emprunt si complice avec la dette.

      De même la pensée libérale est conspuée par d’infaillibles idéologues, par d’incultes édiles, du sommet de l’état au plus bas des conversations de comptoir et de salle des professeurs, ces piètres intellectuels qui manquent à leur devoir de connaissance et d’impartialité. Le simple bon sens serait alors de regarder les Etats qui s’en tirent mieux que nous, qui voient leur balance commerciale être excédentaire, leur taux de chômage s’écrouler. Que ne nous en inspirons-nous pas ! Le libéralisme économique, de la flat tax au retrait de l’Etat, n’est pas ici examiné dans son efficacité, encore moins dans la noblesse de sa pensée qu’ont illustré de nombreux philosophes, de Montesquieu à Tocqueville, d’Aron à Bastiat, d’Hayek à Léo Strauss.  Cessons enfin ces ponctions sur l’activité et leurs cortèges de commissions et subventions d’autant plus contreproductives qu’elles exigent un nombreux personnel pour percevoir, gérer et redistribuer, donc gaspiller. L’anticapitalisme, sinon de connivence, semble être la règle de Bercy comme de nos aboyeurs publics.

      Pouvons-nous alors voter quand la tyrannie, l’incurie et l’inculture se disputent les honneurs de figurer parmi les listes électorales, quelque-soit le spectre politique ? Quand la démocratie parvient à désavouer ses libertés d’entreprendre et d’expression, au point d’être amputé de l’adjectif qui doit irrévocablement l’accompagner : « libérale ». Sans compter l’inefficacité totale d’un vote individuel, devant la marée de la majorité qui accable l’individu, aggravée par le peu de différences que forment l’addition de tous les partis affamés de pouvoir et de solutions étatiques désespérantes… Pouvons-nous voter quand le peuple libre et créateur de richesse n’est pas entendu, quand le peuple des profiteurs et de la rancœur est surentendu, quand on préfère renflouer les entreprises dépassées et anti-compétitives plutôt que d’aplanir la naissance de celles de demain, quand on érige une forteresse de normes, de taxes, d’impôts et d’organisme étatiques pour cadenasser les initiatives entrepreneuriales, et ainsi l’appauvrir, quand populisme et démagogie plutôt que pédagogie réclament le protectionnisme contre l’ouverture stimulante à la mondialisation… Ainsi est permise enfin l’ochlocratie, cette dégénérescence de la démocratie, ce gouvernement de la populace et des médiocres selon les Grecs…

      Devrais-je voter pour la révocation de mon droit de vote ? Ne devrais-je voter que pour le moins pire, l’un peu plus réaliste ? Je devrais alors me sentir humilié jusqu’au moindre neurone de mes doigts de pied… A moins qu’il me reste encore la force, l’indépendance, la liberté et la dignité qui, entre autres joyeusetés, me poussent à ce trop doux pamphlet ! Vaudrait-il mieux alors un despotisme éclairé ? Gare à l’utopie. Reste que la démocratie, le moins mauvais système après tous les autres dit-on, peut engendrer des monstres : voter en masse pour une tyrannie brune, verte ou rouge, ou bientôt revoter pour la servitude volontaire du socialisme, du jacobinisme et de leur centralisme bureaucratique. Faut-il alors renvoyer sa carte d'électeur au Conseil constitutionnel ? Faut-il révoquer un droit, une liberté, pour garder, faute de bon gouvernement, la dignité de sa liberté intérieure ? Il est à craindre que nous ne saurons guère, au fond du labyrinthe étatiste auquel chacun tient trop de façon à arracher des lambeaux d’aides sociales, de prébendes et autre subventions, sans voir qu’il s’agit là des prémisses de la tyrannie, envoyer le pacifique Thésée de la raison libérale pour se débarrasser de son minotaure, là où devrait souffler un vent salutaire de liberté ?

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[7] Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 2010, p 132.

[9] Friedrich Nietzsche : Le Gai savoir, 145, Œuvres II, La Pléiade, Gallimard, 2019, p 1059-1060.

[10] Friedrich Nietzsche : Humain, trop humain, III, Le voyageur et son ombre, § 276, Œuvres II, Pléiade, Gallimard, p 594, 595.

 

Moreau le Jeune : Thésée tuant le Minotaure.

Ovide : Les Métamorphoses, Desray, 1808.

Photo : T. Guinhut

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 16:31

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Main basse sur Orwell par Natacha Polony

& le Comité Orwell :

bienvenue

dans le pire des mondes intellectuels.

 

 

Natacha Polony & le Comité Orwell :

Bienvenue dans le pire des mondes, Plon, 216 p,  14,90 €.

 

 

 

      Selon la formule ici biaisée, Orwell devrait se dresser tout vif dans sa tombe en voyant combien son nom est subtilisé par un « Comité » aux officielles apparences ! Avons-nous peur du grand méchant totalitarisme ? Ô combien ! À condition de ne pas se tromper d’adversaire. Natacha Polony & le Comité Orwell, dont le nom laisserait présager le meilleur, se seraient-ils fourvoyés ? C’est avec doigté qu’il faudra trier le meilleur du pire en cet essai à charge concocté par Natacha Polony & le Comité Orwell : Bienvenue dans le pire des mondes. Saine dénonciation du « soft totalitarisme », ou plainte et vitupération semées de clichés, l’essai n’est guère à la hauteur intellectuelle attendue… Faut-il stigmatiser les contrôles financiers ou prendre de la hauteur et pointer les tentacules des contrôles étatiques ?

 

      Dès les premières pages, la confusion, la bouillie pseudo-intellectuelle lassent le lecteur un rien avisé. Si l’on nomme avec facilité le « jeu électoral » comme un « spectacle dans lequel quelques démagogues professionnels promettent, mentent, pour mieux décevoir », mais à bon droit le « totalitarisme islamiste » parmi les ennemis ; le « néolibéralisme » et « l’alliance redoutable des marchés financiers et des nouvelles technologies, alliance sanctifiée par le caractère indépassable du bon plaisir individuel », sont de spécieuses affirmations.

      La thèse est la suivante : « nous ne sommes plus tout à fait dans ce qu’on peut appeler un régime démocratique ». Certes, mais parle-t-on de démocratie libérale, politique et économique, faute de quoi la démocratie peut être une tyrannie populaire ?

      Et qui donc nous menace tant, hors les nationalismes, les communismes, les religions théocratiques ? C’est selon les dires de ce « Comité Orwell », l’emprise des nouvelles technologies et de leurs puissances financières qui fomentent le « triomphe du soft totalitarisme » ! Diantre… Il semble qu’il y ait là une grave erreur d’analyse.

      Certes l’on concédera que les entreprises phares d’Internet et de nos smartphones, par le biais des big data, puissent lire dans nos achats, nos recherches, nos « j’aime », de façon à nous proposer de nouvelles opportunités d’achats et de recherche, aux dépens de ce à quoi nous n’aurions pas pensé, voire de notre tranquillité. Mais cela fait-il pour autant de nous des êtres captifs, dépourvus de libre-arbitre ? Si l’on peut se débrancher, si les informations collectées à notre sujet peuvent être consultables et suppressibles si tel est notre désir, et surtout si les entreprises concernés restent sujettes à la concurrence sans pratiquer d’ententes monopolistiques (d’autant que le big data peut rendre bien des services, y compris non mercantiles), c’est-à-dire restent respectueuses du libéralisme politique, il n’y a là rien de totalitaire. Et à qui est-il loisible de veiller à ces dernières conditions, sinon l’Etat régalien, dans le cadre du respect des libertés individuelles. On comprendra ainsi que, de fait, c’est l’Etat qui a le plus juste et minimal rôle à jouer.

        Hélas, l’Etat pense plus souvent à réguler au service de ses taxes, ses impôts, ses redistributions, ses normes et surtout le profit de ses grands maîtres et serviteurs, séides et affidés, au service des lobbys d’opinions et d’exigences qui votent le plus souvent en faveur de plus de socialisme, qu’il soit de droite ou de gauche. Demandons-nous alors si l’Etat doit être au service de plus de libertés (ce que sont le plus souvent les meilleures nouvelles technologies non subventionnées) ou au service de plus de contrôle économique, fiscal et d’expression.

 

 

      La satire de l’évolution de l’Education Nationale française et des effets nocifs de la télévision serait fort bien venue, si l’on ne confondait encore une fois exigences du libéralisme économique d’une part, nivellement par le bas par l’égalitarisme socialiste et relativisme culturel devant le communautarisme islamique d’autre part. Quant à porter du crédit à la théorie des « deux dixièmes » de la population seuls nécessaires pour faire tourner l’économie, il suffirait d’être critique envers ce délire de quelques ploutocrates et de penser que laisser la créativité humaine développer ses potentialités suffit pour augmenter la prospérité du plus grand nombre…

      De même le chapitre sur « l’art de dissoudre les peuples » offre en voisinage le presque un petit peu meilleur et le tout à fait pire : on assène que la France est une « fille malade du communautarisme », déniant le droit à la France d’être « multiculturelle », sans assumer que la seule culture inacceptable soit l’Islam théocratique. Mais on se montre scandalisé par « une cantatrice noire-américaine, Jessye Norman qui entonne l’hymne national » ! De même le « libéral-capitalisme » est coupable d’avoir « affadi la culture française ». C’est ignorer que Montesquieu, Benjamin Constant, Bastiat, Tocqueville et Raymond Aron sont, sans refuser l’excellent Adam Smith, les chaînons d’une grande tradition libérale française. Qu’importe d’ailleurs la nationalité d’une chose, d’une tradition, d’une pensée, d’une culture, seules ses qualités pratiques, esthétiques et morales comptent…

      Les chapitres suivants n’ont pas plus de tenue intellectuelle, dénonçant à qui mieux mieux le « modèle californien » et les « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon), sans voir combien ils peuvent susciter d’espaces de liberté et de créativité, sans voir combien ils rendent des services que les Etats n’ont pas su construire. La petitesse intellectuelle des consommateurs suivistes, des facebookiens tweeteurs de clichés et de niaiseries n’est en rien causée par la nouveauté des moyens, mais par la nature humaine qui ne les a pas attendus pour être grégaire, pauvre et péremptoire, quoique ces medias peuvent également receler le meilleur : la multiplicité des accès à la connaissance et à la création peut espérer armer l’intelligence, bien que l’essai à qui nous faisons trop d’honneur d’une critique n’en donne guère un exemple convaincant. Qu’attend-on d’ailleurs pour, dans notre hexagone corseté, laisser naître une concurrence à ces géants d’internet, en nous libérant d’une répressive fiscalité[1] ?

      Un relent d’eaux usées anti-américaines plane sans cesse sur un tel essai, qui, comme son genre l’indique, n’est pas une réussite. Songez qu’en conclusion, on en appelle à la « souveraineté nationale », à cette antienne « Le local doit s’imposer sur le global ». Doit-on refermer les frontières, jouir d’une spartiate autarcie, « miser sur le capital national » et mettre au point « un nouveau pacte sur le partage de la valeur ajoutée et des richesses » : tyrannie, nous voilà !

    Si nous voulions être cruels -mais nous aurons la discrétion de ne pas l’être- nous mordrions les doigts de pieds de rire devant la thèse de Natacha Polony et du Comité Orwell. Les « milliers de données récupérées par les multinationales » nous menaceraient presqu’autant, sinon plus, que le nazisme, le communisme et l’Islam ? En revanche, parions que si ces derniers, avec les moyens de l’Etat, s’en emparaient, c’est là que proliférerait sans faute le pire des mondes…

   Les pseudo-orwelliens de Natacha Polony conspuent au marteau-pilon et avec une infatigable récurrence Milton Friedman, l’auteur de Capitalisme et liberté, qui pourtant a permis, grâce son enseignement, que la prospérité économique revienne aussi bien en Israël, au Chili, qu’en Nouvelle Zélande. Et, que l’on sache, c’est bien dans les pays où perdure un peu plus de libéralisme économique que le chômage s’établit autour de 5%, Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne ; et que dire de la Suisse, avec 3% ! Contre les faits, l’idéologie a la vie éternelle, comme l’a montré Jean-François Revel[2]

      Natacha Polony et son Comité Orwell confondent alors le « néolibéralisme » (associé à la caricature économique du renard libre dans le poulailler libre) avec le « relativisme culturel » et le « communautarisme » sur lequel ils « sont venus se greffer ». Le seul communautarisme réellement totalitaire est l’Islam ; quant au relativisme culturel, certes dommageable, il est plus un problème d’éducation à la pensée qu’une conséquence des marchés, même si l’argent qui n’a pas d’odeur accepte hélas de se prostituer avec des pays et des idéologies islamistes…

 

      On se fatiguerait en vain de redresser toutes les approximations conceptuelles et les confusions d’un tel essai, en forme de fourre-tout, le manque de rigueur constant. Ses partisans sont idéologiquement tatoués d’œillères (et ils ne manqueront pas de nous renvoyer le compliment). S’il a un mérite, c’est d’appeler à exercer notre esprit critique ; ce dont nous ne nous priverons pas. S’il a bien des failles, c’est de faire fi de la définition de nos libertés et d’en nommer les véritables tyrans. L’ennemi obsessionnel est le « profit en forme de gigantesque capitalisation boursière » ! On croirait lire le torchon rouge du communisme étroitement sanglé au torchon brun du national-socialisme, tapant à bras raccourcis sur le libéralisme, en ne l’attribuant qu’à quelques groupes financiers, non à la liberté d’entreprendre pour tous, comme l’assènent les incultes patentés qui ne veulent surtout pas que l’on ouvre un Dictionnaire du libéralisme[3].

 

      Bien que prétendant dénoncer un « totalitarisme soft » (mais il est bien sûr le prélude d’ « un totalitarisme plus dur ») on ne peut que se désoler devant tant de légèreté conceptuelle. Il semblerait que l’on tient ici pour calembredaines les éliminations physiques massives et la « police de la pensée » qui régissent d’une main de fer autant l’espace du 1984 d’Orwell, que ceux du communisme, du fascisme et du califat…

      Faut-il rappeler au Comité Orwell, que le parti au pouvoir dans 1984 est « l’Angsoc, ou socialisme anglais[4] », que l’oppression totalitaire est celle de l’Etat ? Et qu’en conséquence ce Bienvenue dans le pire des mondes, qui gâche ainsi les pauvres bribes de son meilleur, est une bienvenue dans le pire des essais, usant d’un grave contresens. Qu’Orwell, s’il se redressait de sa tombe, se fusse offusqué des excès du capitalisme financier et du maillage internet, nous n’en doutons guère, mais il aurait d’abord craint que ces derniers, quittant les mains des entrepreneurs, des plus immenses aux plus modestes, deviennent la proie de l’Etat, qu’il soit socialiste brun ou rouge, ou qu’il soit théocratique. L’auteur de 1984 restait néanmoins fidèle à ce qu’il appelait le socialisme démocratique, et à un ancrage libertaire, qu’il est permis de discuter et d’aborder avec méfiance.  Un contemporain d’Orwell, Friedrich A. Hayek, savait en 1944, donc quatre ans avant la parution de 1984, de quoi était fait le socialisme anglais, dans son chapitre « Les totalitaires parmi nous », dans La Route de la servitude : « un rapprochement toujours plus grand entre les conceptions économiques de la gauche et de la droite, leur opposition commune au libéralisme[5] ». Si le capitalisme prend une direction monopolistique et de connivence avec l’Etat, alors il n’est plus libéral. Qu'avant de faire main basse sur son héros, le comité Orwell lise les penseurs libéraux[6], plutôt que de faire honte à sa figure tutélaire !

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[4] George Orwell : 1984, Club des Libraires de France, 1956, p 319.

[5] Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 1985, p 132.

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 12:45

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Corruption du Veau d’or ou sagesse de l’argent ?

 

D’Aristote à Milton Friedman,

 

en passant par Georg Simmel,

 

A propos de Pascal Bruckner :

 

La sagesse de l’argent.

 

 

Pascal Bruckner : La Sagesse de l’argent, Grasset, 320 p, 20 €.

 

 

 

 

      « Auri sacra fames[1] » ! L’exécrable faim de l’or… Et si cette exécration était une erreur ? Conforter les préjugés ne doit pas être le rôle du philosophe. L’essayiste, au sens noble du terme, cherche la vérité si difficile, voire déplaisante, soit-elle, plutôt que le confort du mensonge accepté par la doxa qu’aveugle l’haïssable Veau d’or. Mal peut en cuire au curieux qui prétend la dessiller. Ainsi, non sans polémiques, Pascal Bruckner dénonça le despotisme écologique culpabilisant dans Le Fanatisme de l’apocalypse[2], dénonça la repentance post-colonialiste dans Le sanglot de l’homme blanc[3] et La Tyrannie de la pénitence[4], non sans essuyer le ressentiment des détracteurs du capitalisme occidental. Autre occasion aujourd’hui de vouer aux gémonies de la honte l’empêcheur de penser en rond, lorsque que l’argent, ce dieu Plutus réputé fauteur d’oppression et d’inégalités, se voit, parapluie doré à l’appui, accolé à la sagesse au fronton d’un nouvel essai.

 

      C’est en effet en apparence un inqualifiable oxymore que La sagesse de l’argent. Lisez les Stoïciens, les Chrétiens, Jean-Jacques Rousseau, Karl Marx et Léon Bloy, et vous saurez, si vous n’êtes pas déjà vigoureusement persuadé, que l’argent est corrupteur, qu’il est sale et ostentatoire, qu’il est l’instrument planétaire de l’oppression, le nerf de la guerre du riche contre le pauvre, et autres billevesées ad libitum… Car « À l’argent tout obéit[5] », dit l’Ecclésiaste.

      Peut-on reprocher au couteau s’il n’a pas su sagement peler un fruit mais préféré le crime de sang ? Le seul responsable de la vertu ou du vice en action est la main qui le tient. De même pour l’argent prétendument corrupteur à soi seul. « Il est trop facile de lui attribuer des égarements qui sont de notre fait (p 98) », souligne Pascal Bruckner. Ce que confirme à sa manière Saint Thomas d’Aquin : « les richesses, objet de la cupidité, ne sont désirées que comme des moyens utiles à une certaine fin, d’après Aristote[6] ». Même si « l’argent excite la convoitise plus que ne font certains biens particuliers, parce qu’avec lui ont peut avoir des biens en même temps que beaucoup d’autres[7] ». Ainsi Aristote sépare « la monnaie inventée à cause des nécessités du troc » et qui permet « par l’échange le plus grand profit possible », d’une part, et « l’art d’acquérir non nécessaire » d’autre part. « Cet art d’acquérir » a deux formes : l’une « commerciale et familiale, indispensable et louable », quand « celle qui concerne l’échange, est blâmée à juste titre, car elle n’est pas naturelle mais se fait aux dépens des autres ; et il est tout à fait normal de haïr le métier d’usurier[8] ». Si cette haine de l’usure est déjà fort discutable (car raisonnable elle permet l’investissement), elle prendra chez Marx la forme d’une méfiance générale contre la monnaie, cette marchandise singulière qui masque selon lui un rapport social d’exploitation de l’homme par l’homme.

      Il est évident que Pascal Bruckner n’ignore pas ces concepts et ces auteurs ; même si l’on peut s’étonner que sa profuse bibliographie ne fasse pas mention d’un ouvrage monumental, quoique plus que discutable, de Georg Simmel, Philosophie de l’argent, publié en 1900 et qui reste symptomatique de notre exécration. Dans lequel ce dernier fait feu d’un romantisme anticapitalisme exacerbé, en accusant l’argent de dominer la vie sociale, de changer bien des valeurs humaines (honneur, talent ou beauté) en marchandises ; ce qui est originaire de l’obsession d’une marchandisation d’où viendraient tous les maux. Sans oublier qu’il accuse l’argent d’une collusion -pour lui infamante- avec la prostitution, ressentant « avec l’essence de l’argent quelque chose de l’essence de la prostitution[9] ».

      Pourtant l’argent, remplaçant avec succès les limites du troc, facilite les échanges, et permet de développer une économie fondée sur la division du travail, elle-même vantée par Adam Smith. Son utilité quotidienne et planétaire est incontestable, dans le cadre de la liberté économique, bien qu’il ne soit ni un bien de consommation en soi ni un bien de production, ce que développe Ludwig von Mises, parmi sa Théorie de la monnaie et des moyens de circulations[10], publiée en 1924.

 

      L’hubris de la vertu, intime, religieuse et politique croit devoir se targuer de ne pas aimer l’argent, de le dénoncer et de conspuer ceux qui le possèdent, le gagne et savent le faire fructifier. Pourtant, hors la fortune issue de la prédation, du vol et du crime, donc indue, l’argent est la vertu de qui sait la faire germer, la récolter, la multiplier.

      Ainsi Pascal Bruckner entrechoque en son premier chapitre « les adorateurs et les contempteurs » de l’argent, depuis Platon, « premier puritain de l’argent » et le « fumier du diable (p 19) » des sermons chrétiens, alors que les Français « le vénèrent comme les autres peuples, mais sur le mode du déni (p 75) ». Ce pays du « bolchevisme mou (p 72) », fantasmant un communisme paradisiaque en tondant les têtes du capitalisme qui les nourrit, préfère aux riches les pauvres, qu’il « nimbe d’une quasi-sacralité pour mieux les laisser dans leur condition (p 70) ». La charge contre la France est aussi saine que sans précautions de pudeur. En effet, notre pays taxe le travail et la richesse au point de décourager ses citoyens et d’encourager les plus entreprenants à faire fortune à l’étranger ! La haine du riche provient de François Hollande, autant que de Jean-Luc Mélanchon dont les discours exhortent à la violence contre les puissants, « les sorciers du fric […] les financiers qui vampirisent les entreprises (p 64) ».

      C’est en effet toute une tradition que d’ostraciser le riche. Depuis le « trou d’une aiguille plus facile à passer pour un chameau que la porte du paradis pour le riche[11] » de l’Evangile, en passant par l’éloge de la pauvreté christique, jusqu’à la collusion « du mépris aristocratique du négoce avec l’égalitarisme révolutionnaire (p 59) », sans oublier l’ire de Léon Bloy, qui prêchait « Malheur à vous, riches, qui avez votre consolation ![12] », la « haine envieuse (p 62) » gagne du terrain dans la sous-culture française : une nation qui maudit l’argent est une nation qui ne se fait pas crédit et ne croit plus en son avenir (p 97) ». C’est en effet une « maladie de l’égalité (p 156) » que l’envie.

      Trop souvent l’argent, ce « vice juif par excellence (p 165) », est associé à l’obscurité malheureuse de l’avarice, ou à la superbe de l’orgueil, alimentant l’antisémitisme. Comptant que la richesse est moins censée provenir du travail créatif que de la spoliation du pauvre, cliché honteusement propagé par les agitateurs du concept préhistorique et contreproductif de la lutte des classes. Hélas, « pour dévaloriser le vil métal, il faudrait dévaloriser le mérite, le travail, le goût des formes, de l’élégance, l’amour de la bonne chère (p 92) »…

      Heureusement, par le biais du protestantisme calviniste, une « morale de la réussite (p 49) permet que gagner de l’argent devienne une activité recommandée, ce qu’analyse Max Weber dans L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme[13]. Ce pourquoi les pays anglo-saxons et les Etats-Unis ont une vision positive de l’argent, sans compter le confucianisme chinois pour qui la richesse est une voie vers la vertu. N’oublions pas cependant que le catholicisme, de par la parabole évangélique des talents[14], exhorte à faire fructifier la richesse. Rockefeller pense que c’est son « devoir de gagner de l’argent (p 88) » et de l’utiliser pour le bien de son concitoyen.

 

 

      Il s’agit alors pour Pascal Bruckner de déboulonner mythes et fariboles qui servent les vues des envieux et autres ordonnateurs de ce qui doit être. Non l’argent n’est pas « le maître du monde (p 103) » ; non, « ce n’est pas lui qui crée le narcissisme, la volonté de puissance, le prosélytisme religieux ou politique, les inégalités de classe (p 111) » ; non, « l’opulence » ne rend pas malheureux (p 137) » ; non, le « calcul sordide » ne tue pas « l’amour sublime (p 169) », même si règne « l’endogamie patrimoniale (p 187) », même si « roucouler c’est calculer (p 175) ». Ce qui permet à notre essayiste de réhabiliter l’amour vénal de la prostitution, préférant « accorder un statut aux personnes qui exercent ce métier, leur permettre de jouir des fruits de leur travail et de sortir de leur condition, quand elles le souhaitent (p 196) ».

      La « sagesse de l’argent » est alors à considérer comme une aimable injonction à en user non pas seulement comme une fin, mais comme un outil au service de la circulation des richesses et d’un bonheur cultivé. En effet, « le détachement vis-à-vis des biens matériels (p 162) » est bien une scie des moralistes qui fait long feu ; de même préférer l’être à l’avoir. Savoir user des meilleurs biens serait plus judicieux, de façon à « réhabiliter les valeurs bourgeoises (p 205) ». C’est alors que le ploutocrate, le grand patron aux primes mirobolantes sans contrepartie de bonnes oeuvres seraient alors passibles de faute d’éthique et de goût. S’appuyant sur Adam Smith (qu’il omet de citer), notre auteur prétend que « la richesse et la grandeur vont de pair, elles impliquent la renommée, la moralité, l’aptitude à gouverner, à s’offrir en exemple aux autres (p230) » ; en quelque sorte « un art de vivre exemplaire (p 231) ». On aimerait que ce ne soit pas qu’un vœu pieux.

      Outre une succession argumentative parfois erratique de notre essayiste, il faut cependant rester sceptique devant de telles injonctions peu libérales : « Le capitalisme ne fonctionne que canalisé par l’Etat (p 113) ». Il est à craindre que bien des Etats confondent canal et barrage, paradis socialiste et enfer fiscal[15]. Lorsque le pire crime financier est d’empêcher les pauvres de s’enrichir, non par la redistribution, mais par le libre exercice de leurs capacités économiques…

 

      L’essai de Pascal Bruckner est de toute évidence une élégante et judicieuse vulgarisation autour d’un sujet plus complexe qu’il n’y parait, et surtout embastillé de préjugés et de polémiques. Regrettons seulement que ses notes et références soient trop régulièrement lacunaires (et en fin d’ouvrage, ce qui est d’une fastidieuse consultation), oubliant en citant Marx, Rousseau, ou le roman, L’Argent, de Zola, de nous offrir les sources précises. Reste que la composition de La sagesse de l’argent, émaillé d’agréables encarts -comme à son accoutumée- sur la « Petite phénoménologie du billet de banque (p 77) » ou « Le club du sperme chanceux (p90) », ou encore « Les jeux, version sécularisée de la grâce (p 198) », qui sont d’un agréable didactisme, non sans humour, permet de naviguer parmi les écueils des préjugés et de trouver un sens moral à l’argent, ce dans le cadre d’un presque libéralisme humaniste.

      Polémique, Pascal Bruckner n’hésite pas à dénoncer « l’anticapitalisme comme rente (p 118) ». En effet, du Front National au Front de gauche, du Pape aux écologistes radicaux, le capitalisme est à lui seul une « démonologie (p 118) ». Car le capitalisme n’a rien d’esclavagiste, au contraire du communisme du goulag, du nazisme des camps, de l’islamisme du califat… Quant à la marchandisation, concept prétendument diffamatoire, n’est-elle pas la capacité de rendre accessible au plus grand nombre ce qui ne l’était pas ? Sans tout confondre : si les sentiments et la pensée justes ne s’achètent pas, l’idéologie, elle, permet de les infester… Aussi Pascal Bruckner fait à juste titre un éloge bienvenu : «  l’époque du capitalisme intégral est aussi celle où la protection des biens inaliénables s’est étendue (p 126) ». Quant au blâme, il est offert à une « idéalisation perverse », celle d’ « un néo-paupérisme militant (p 240) ». La « gauche morale » en prend également pour son grade lorsqu’elle préfère « spolier les riches qu’enrichir les pauvres (p 242) ». Alors que plusieurs milliards d’êtres humains sont sortis de la pauvreté parmi les pays émergeants ; grâce à quoi ? Mais grâce au capitalisme honni ! À cet égard nous pourrions reprendre Milton Friedman : « Persuadons nos semblables que des institutions libres leur offrent une route plus sûre, bien que parfois plus longue, pour atteindre leurs buts, que le pouvoir coercitif de l’Etat[16] ».

 

      « À vociférer contre le Veau d’or […] on décourage les jeunes générations alors même qu’elles brûlent de l’envie d’inventer, de créer (p 133) ». Voilà peut-être la morale à aujourd’hui retenir, au cœur de cet essai, qui, s’il est par instant répétitif, d’une composition pas toujours rigoureuse, outre qu’il met à mal bien des clichés d’usage, s’empare d’une vertu rafraîchissante. Car, au-delà de l’ostracisme jeté à la face de l’argent, c’est un ostracisme qui est jeté à la face de l’humanité et de la liberté. En ce sens, Pascal Bruckner fait œuvre morale en rendant sa vérité à un humanisme de l’argent : « La sagesse consiste à le désacraliser, à ne pas l’aimer ou le détester plus que de raison (p 288) ». La platitude de la conclusion vaut moins que les analyses informées qui la précèdent. Et si la sagesse était plus simple qu’il n’y parait, « un immense sentiment de gratitude (p 290) » ? Notre gratitude envers Pascal Bruckner, quoique moins immense, sera donc une forme de sagesse.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Virgile : Enéide, III, 56.

[2] Pascal Bruckner : Le Fanatisme de l’apocalypse, Grasset, 2011.

[3] Pascal Bruckner : Le sanglot de l’homme blanc, Seuil, 1983.

[4] Pascal Bruckner : La Tyrannie de la pénitence, Grasset, 2006.

[5] L’Ecclésiaste, 10, 19.

[6] Saint Thomas d’Aquin : Somme théologique, Cerf, 1984, T II, p 528.

[7] Saint Thomas d’Aquin : Somme théologique, ibidem, T II, p 529.

[8] Aristote : Les Politiques, 1257-1258, traduit par Pierre Pellegrin, Œuvres complètes, Flammarion, p 2236, 2237, 2238.

[9] Georg Simmel, Philosophie de l’argent, PUF, 2009, p 474.

[10] Ludwig von Mises : Theorie des Geldes und der Umlaufsmittel, Munich-Leipzig, Duncker et Humblot, 1924.

[11] Matthieu, 19, 24.

[12] Léon Bloy : Le Sang du pauvre, Stock, 1948, p 65.

[13] Max Weber : L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, Plon, 1964.

[14] Luc, 19, 12-27.

[16] Milton Friedman : Capitalisme et liberté, Leduc, 2010, p 311.

 

San Millan de la Cogolla, La Rioja. Photo : T. Guinhut..

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 14:13

 

Toyen, collage pour Annie Le Brun : Sur le champ,

Editions surréalistes, 1967. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Pour un féminisme à Cologne :

 

humanisme et civilisation devant le viol.

 

 

 

 

      Cinq cents, puis 766, enfin plus de 800 plaintes, dont un demi-millier pour agressions sexuelles déposées à Cologne, après la nuit du nouvel an 2016. Quelques bonnes dizaines d’autres dans diverses villes allemandes, où douze Länder sont touchés par ces violences des migrants et autres descendants d’immigrés, même si cela n’excuse pas quelques avinés au vins du Rhin et à la bière munichoise qui, quoiqu’Allemands, en cette matière ne sont pas innocents. Mais aussi en Suisse, en Finlande, en Norvège, contrée qui compte 20% d’immigrés et descendants d’immigrés. En Suède, pays qui a le nombre le plus élevé de réfugiés par habitant en Europe, un festival de musique estival avait donné lieu à des centaines de plaintes pour agressions sexuelles, classées sans suite. Tous pays forts cléments à accueillir des réfugiés. Que récoltent-ils ? Sinon voir leurs femmes traquées comme du gibier sexué, sinon voir l’Europe chrétienne et laïque en voie d’être conquise en son ventre par le sabre de l’Islam.  Sans compter que d’après Le Parisien, 52% des viols commis en France le sont par des étrangers[1]. En quoi le viol est-il à cet égard une question de civilisation ? Du « Taharrush Gamea » au Coran, l’Islam se révèle bien une menace incompatible avec l’humanisme féministe : le « sexe d’Allah » n’est pas la liberté sexuelle dont nous devons nous réclamer.

 

      Le « Taharrush Gamea » est un concept islamique : il s’agit d’un jeu de harcèlement et d’attouchements sexuels, un jeu de viol collectif. C’est une constante parmi les populations musulmanes, ce dont témoignèrent les manifestations de la place Tahir au Caire en 2011, au cours desquelles plusieurs femmes, dont une journaliste américaine, Lara Logan, furent violées. On appelait d’ailleurs cela des « tournantes », lorsque dans des caves de banlieues, une jeune fille était ainsi souillée par plusieurs hommes. On considère à cet égard qu’une femme violée par un nombre de musulmans suffisant devient de facto musulmane. Les voilà violées pour avoir été demi-nues et parfumées, telle est la sanction que prononcent bien des imams. Ce sont alors nos filles, nos sœurs, nos amies, nos concitoyennes, qui sont attaquées, ou menacées par la migration musulmane, à laquelle s’ajoute un machisme opportuniste…

       Savons-nous qu’une dame respectable, puisque professeure à l’Université, quoique à celle d’Al-Azhar au Caire, Suad Saleh, énonce en toute bonne foi la sentence suivante : « Dans une guerre légitime, les Musulmans ont le droit de capturer des esclaves sexuelles ». N’en doutons pas, pour elle et ses semblables, la guerre musulmane contre les mécréants et apostats qui pourrissent Eurabia et la planète que Dieu fit, le Coran validant l’esclavage, est tout ce qu’il y a de plus respectable…

      Ces attentats à la pudeur et à l’intégrité du corps féminin sont-ils des attentats terroristes ? Certes pas au sens de l’assassinat, mais comment douter qu’ils viennent d’une décision concertée, d’un mot d’ordre passée de bouche en bouche, de portable en portable (ce que les enquêtes ont déjà montré et que confirme Thomas de Maizière, ministre allemand de l’Intérieur), de façon à marquer son nouveau territoire d’Islam, de façon à soumettre et terroriser les femmes blanches et d’Occident, et par voie de contagion les hommes d’Occident »… On taxera de surcroit les éventuelles défenses et représailles commises par les Européens d’islamophobie. C’est alors qu’il ne faut pas se laisser intimider par ce mot accusateur, alors que ce dernier est nécessaire en tant que critique raisonnée et humaniste d’une religion qui n’a guère d’humanité ni d’humanisme[2].

      Les viols par les troupes d’occupation, comme ceux subis par les Allemandes sous le soc des troupes soviétiques, voire américaines, pendant la seconde Guerre mondiale, sont hélas des pratiques guerrières récurrentes. Mais la nouveauté en l’occurrence est que les autorités des pays infiltrés par l’Islam tentent de les passer sous silence, voire de les excuser pour ne pas paraître post-colonialistes et islamophobes !

      Angela Merkel, chancelière allemande et femme, doit se mordre les doigts d’avoir, en ce qui est pour le moins une maladresse, et pour le plus juste un suicide national, fait entrer un million de migrants, quand Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie  confirme que les agresseurs étaient « presque exclusivement d’origine étrangère », et en l’occurrence Nord-Africains et Arabes[3]. Henriette Recker, maire de Cologne et femme, en un aveu de dhimmitude et de pusillanimité devant la violence sexiste, a recommandé aux femmes de sa ville de garder un bras de distance et d’adapter leurs vêtements face aux hordes d’adolescents et jeunes gens semblant islamiques. Validant la thèse abjecte selon laquelle la victime est coupable de son harcèlement à cause de son comportement. Où sont les mesures radicales qui doivent protéger la dignité de l’humanité ? Ne faut-il pas châtier selon la loi et expulser les réels coupables, y compris mineurs, fermer la grille devant toute nouvelle immigration venue de l’aire et de la confession islamique, hors cas avérés de dissidence devant cette dernière. Sauf que se lève une nouvelle difficulté, et de taille : les pays du Maghreb refusent maintenant de reprendre leurs ressortissants expulsés…

      Pire encore, si possible, des zones de charia, au Royaume-Uni, en France, en Belgique (et caetera), gonflent leurs métastases, au point qu’à Wuppertal, en Allemagne, une « Police de la Charia » incarnée par des barbus, chasse l’alcool, les drogues, les jeux d’argent, la musique, la prostitution, les femmes sans voile, nourriture et boisson pendant le ramadan, exige le halal et la prière à heure fixe. En Allemagne, encore, les Juifs se sentent à peine plus en sécurité que pendant le nazisme, les barbus envahissent, comme à Zwickau, les piscines, les vestiaires féminins, s’y masturbent, y défèquent, harcèlent sexuellement des enfants, pour signer la fin de la mixité, du maillot de bain, de l’Allemagne libérale… Et de surcroit, il faudrait accueillir des migrants dont les épouses sont des mineures, des enfants ! Le silence impétueux de nombre de féministes fait peine à entendre… Le prosélytisme vindicatif de l’Islam s’abrite sous le motif spécieux qu’il n’est pas interdit par la loi de faire des recommandations religieuses. Il serait largement temps de d’abord faire respecter les libertés individuelles. Et refuser, écarter cette tyrannie avec une radicale fermeté.

      Pourtant, par un hallucinant renversement des valeurs, ce sont les « Soldats d’Odin » finlandais, patrouillant dans les rues, pour protéger les passants et passantes des migrants, qui sont conspués, passant pour menacer la sécurité, alors que l’Etat n’assume plus sa mission régalienne de sécurité ! De même, les « Calaisiens en colère », patrouillent dans les rues, sans cesse menacées par les violences des migrants de la « Jungle de Calais ». On ne s’étonnera pas que les citoyens des deux sexes cherchent à s’armer pour protéger leurs vies et leurs biens. Bien sûr, l’on taxera d’extrême droite toutes manifestations de protestation, toutes représailles, quand nos Etats ne savent plus penser, ne savent plus assurer la sécurité des biens et des personnes. Alors qu’outre cette vague de violences sexuelles, l’on sait depuis bien des années que nos banlieues, dont celle de Cologne, sont vérolées par la délinquance et la criminalité des « Nafris », car c’est ainsi que l’on nomme là-bas les Nord-Africains. Plus d’un millions de migrants accueillis outre-Rhin en 2015, plus de 50 000 nouvelles demandes d’asile depuis début janvier, la coupe est plus que pleine pour que l’Allemagne de Goethe ne soit pas dénaturée, ravagée…

 

      Que penser de féministes autoproclamées lorsqu’elles prétendent craindre de « faire le jeu » du Front National en France et de Pegida en Allemagne, si d’aventure elles dénonçaient haut et fort des agressions sexuelles venues de migrants, prétendant ainsi donner prise au racisme, à la xénophobie. La dignité humaine et féminine ne serait-elle bonne que pour les Européennes et négligeables pour des migrants aux religieux exotiques et à l’éducation machiste ? Que l’on ne veuille pas accuser tous les migrants, étrangers et immigrés, de quelque génération que ce soit, doit tomber sous le sens, évitant ainsi le piège de la généralisation abusive. Il n’en reste pas moins que ce sont essentiellement des tenants de l’Islam, des islamistes à divers degrés de conviction qui sont les coupables de telles violences inacceptables. Dénier cela, comme le font ces femmes battues enferrées dans le déni, comme lorsque que la police suédoise n’est plus tenue de mentionner l’origine ethnique des délinquants et criminels, serait faire l’autruche dans le sable de la soumission, trahir la cause de la dignité humaine et féminine héritée du Christianisme et des Lumières.

      Il faut sortir de cette culpabilité postcolonialiste indue qui fait de l’immigré le nouveau prolétaire opprimé par le capitalisme du mâle blanc occidental, antienne postmarxiste débile. Quelques que soient les maux de la condition immigrée, l’Occident n’a pas à transiger quant au respect des valeurs d’intégrité et de liberté humaine et féminine. D’autant plus que cette agression massive est celle de l’Islam, rétrograde, totalitaire et infailliblement sexiste. Seule, ou presque, une femme, qui se signala par ces pages sensées contre le voile islamique, nous avons avec respect nommé Elizabeth Badinter[4], garde la tête haute et n’a pas crainte de s’élever contre ce scandale humanitaire. Il n’y a guère d’Amazones pour se révolter contre un viol collectif programmé par ces nouvelles armées d’occupation, guère d’Oriana Fallaci pour dresser le réquisitoire contre le totalitarisme islamique, contre « les féministes qui se fichent de leurs sœurs martyrisées par la burqa et le Coran[5] »… Quoiqu’Alice Schwarzer, célèbre féministe allemande, qui s’entretint avec Simone de Beauvoir[6], ne s’embarasse pas de politiquement correct en dénonçant les Turcs et autres migrants, en titrant : « Kalachnikovs, ceintures d’explosifs, et maintenant violences sexuelles», entretien dans lequel elle souhaite « plus de sincérité par rapport à la morale sexuelle et au potentiel de violence de l’Islam.[7] » Elle a bien conscience que fondamentalisme et harcèlement sexuel, sans compter criminalité et refus de l’intégration, vont en Allemagne main dans la main, rejoignant en cela l’essayiste Thilo Sarrazin[8].

 

      Comment comprendre, ce qui ne signifie en rien excuser, ce phénomène, sans se référer au Coran, aux Hadiths, sans analyser la fabrique du mâle musulman. On sait en effet que pour nombre de Musulmans, et leurs imams, le Coran est leur constitution, selon les mots de Mohamed Khattabi, imam de Montpelier.

      Il suffit alors de lire l’édifiante « Sourate sur les femmes » : « au mâle, une part égale à celle de deux femelles[9] ». À cette inégalité s’ajoute la polygamie, la parodie de justice et le meurtre : « Pour celles de vos femmes qui sont perverses, faites témoigner quatre d’entre vous. S’ils témoignent contre elles, faites-les demeurer dans les maisons jusqu’à ce que la mort les enlève ou qu’Allah fraye pour elles un sentier[10] ». Plus délicat : « Admonestez celles dont vous craignez la rébellion, reléguez-les dans des dortoirs, battez-les.[11] » Battre ses femmes est un ordre divin, tout comme les qualifier d’impures, puisque l’on ordonne avant la prière : « Si vous êtes malades ou en voyage ou si l’un de vous revient des latrines, ou si vous avez touché les femmes, et ne trouvez pas d’eau, recourez à un bon sable, frottez-vous le visage et les mains[12] ». On appréciera l’équivalence entre les latrines et les femmes.

      « L’homme a autorité sur la femme[13] », ajoute le Coran. Si l’on rétorque petitement que Saint-Paul, dans le Nouveau testament, ordonne « Femmes soyez soumises à vos maris[14] », c’est oublier la haute dignité de la Vierge Marie, la légitimité de Marthe et le pardon accordée à Madeleine, prostituée qui eut l’honneur de laver les pieds du Christ, c’est oublier les saintes et les femmes Docteurs de l’Eglise, comme Hildegarde de Bingen et Thérèse d’Avila. Sans compter les 72 vierges qui attendent à son service sexuel le combattant terroriste au paradis de mahomet, alors que le paradis chrétien ne fait pas la moindre différence sexuelle.

      La sexualité musulmane ne peut qu’être celle de la contrainte, du viol et du mépris des femmes. On note pourtant que le monde musulman sut s’honorer d’écrire, sous la plume d’Ali al-Baghdâdî, Les Fleurs éclatantes dans les baisers et l’accolement[15], au XIVème siècle, dans une ville du Caire passablement libertine, ou, sous la plume de Cheïkh Nefzaoui, Le Jardin parfumé[16], un traité d’érotologie qui fit au XVIème siècle autant la part belle aux hommes et aux femmes… Le sexe dans le monde arabe et la civilisation qui en découla permettent à Martine Gozlan d’affirmer : « la société islamique est donc une voluptueuse[17] ». Quoiqu’il faille se garder d’idéaliser comme elle les houris et les émois érotiques des hammams, et de ne pas oublier les prisons pleines d’esclaves sexuelles que furent les harems. Cette civilisation où l’érotisme avait sa part fut bientôt réprimée par divers pisse-vinaigres, entre salafisme, wahhabisme, talibanisme, fureur des imams et des ayatollahs.

      Or, comme en témoigne l’analyse de Martine Gozlan, dans Le Sexe d’Allah, la servilité sexuelle des femmes n’a d’égale que la frustration des mâles. Journaliste voyageant de l’Iran au Maghreb, elle voit « partout la lourde et terrible obsession sexuelle poignarder le gracieux Eros oriental ». Elle dénonce avec une verdeur bienvenue la terreur islamique : « Assouvi dans un coït haineux ou fantasmé dans un onanisme extatique, le sexe organise la furie de tous les désaxés du djihad ». Elle observe que « la sexualité en Islam est toujours le porte-drapeau des intégristes[18] ». Puis elle ajoute : « Voyager en terre islamique, pour une femme, équivaut à n’être plus rien que sexe, appareil génital et machine à copuler de la racine des cheveux à la pointe des pieds. Sans abaya ni burqa, elle est nue ». D’où vient une telle obsession ? Avec bien de l’illusion, elle avance que Mahomet ne fut pas ennemi de l’érotisme, quoique s’arrogeant des prérogatives pédophiles avec Aicha épousée à 9 ans et incestueuses avec Zeinab, quoiqu’infléchi vers le pire par le puritain colérique Omar. Aujourd’hui, le cheikh Qaradhawi, qui vit à Bahrein, reprochant à l’Occident sa vague de débordement sexuel, règne sur les mœurs avec son livre : Le Licite et l’illicite en Islam, qui, contraire aux droits humains, fut d’ailleurs interdit en 1975 en France ; censure bien vite abandonnée faute de pouvoir vider les « librairies islamistes de Paris où pullulent les écrits prônant la charia et légitimant les châtiments corporels ». Martine Gozlan en cite quelques propos affriolants : « le regard est le messager de la tentation, le postier de la fornication. […] Je ne vous regarde pas car le regard conduit au rendez-vous, le rendez-vous à l’adultère, et l’adultère au sida.» Ce fauteur de haine contre les femmes et les homosexuels, ordonne, aux dépens de différents hadiths historiques un peu plus indulgents, l’envoilage et l’encapuchonnage de la femme : « il est plus parfait pour la femme musulmane de voiler sa parure jusqu’à son visage. Cela devient d’autant plus nécessaire si elle est belle et que l’on craint qu’elle ne tente les hommes[19] ». Le crime contre l’identité individuelle se double d’un crime contre la beauté. Il suffit cependant de parcourir nos rues occidentales pour constater que foulards et burqas (malgré l’interdiction faite à cette dernière) parquent la femme dans une abjection à la fois consentie et imposée par une idéologie obscurantiste millénaire. Abjection validée de facto par une tremblante mansuétude et pour ne pas générer de troubles, entendez des guérillas urbaines.

      Ainsi, le sexe féminin invoilé devient une proie pour le viol, quand l’homme est au sommet de la frustration permanente, puisqu’il ne peut voir ni toucher aucune femme, hors la sienne, sans compter que la polygamie qui favorise certains prive mathématiquement d’autres de tout accès à la sexualité, hors la masturbation, la zoophilie, la pornographie et la prostitution, quoique ces deux dernières soient interdites en pays de Tartuffes… La polygamie n’est permise que pour les hommes, cela va sans dire, quand les 72 vierges qui attendent le fidèle combattant soumis à la loi du Prophète et de ses thuriféraires sont le signe d’un pénible fétichisme pour la virginité, sans compter que là encore aucun délice sexuel au gré de la femme n’est promis. On ne s’étonnera pas qu’une telle inéducation où l’enfant mâle apprend à survaloriser sa mère et mépriser toutes les autres femmes, où l’enfant mâle tête le lait du machisme, de la violence virile, de l’orgueil religieux, sans compter l’antisémitisme natif et le racisme anti blanc, conduise à d’immenses frustrations où la seule échappatoire se résout à travers le viol et la guerre. Ces derniers étant les bras armés du djihad.

 

      Dans le Code pénal français, le viol est distinct des « atteintes sexuelles, commises avec violence, par contrainte ou surprise » qui peuvent être punies de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende[20]. Que dire alors à une Allemande de Cologne, qui rapporte qu’on lui mit cent fois la main aux fesses et aux seins ?  Las, on a pu voir en Belgique en 2012 un viol collectif filmé puni de trente mois d’emprisonnement avec sursis. En France, au Blanc-Mesnil, deux violeurs d’une mineure de 13 ans condamnés à cinq ans avec sursis en décembre 2015. Et un millionnaire saoudien, Ehsan Abdulaziz, innocenté au cours d’un procès pour viol, le 15 décembre 2015 à Londres, arguant qu’il avait « pénétré la jeune femme de dix-huit ans par accident[21] ».

      L’on sait que 7% des femmes dans le monde seraient victimes d’un viol, et qu’en France, 86000 femmes en sont victimes chaque année, quoique seules 10% d’entre elles consentent à porter plainte[22]. Certes, si 52% des violeurs sont des étrangers, les 42 % restants sont Français, quoiqu’il faille s’interroger sur l’origine ethnique et culturelle de bien d’entre eux. Ce qui n’exclut pas les Français de souche, pour employer une expression controversée, de toute abjection du viol. La couleur de peau, l’appartenance religieuse et culturelle n’exonèrent personne du respect des libertés d’autrui.

 

      Au-delà de ce que les niais et autres négationnistes ne taxeront que de faits divers, un totalitarisme s’installe. Apparemment paisible lorsqu’il s’agit du halal, du voile et des mosquées, visiblement guerrier lorsqu’il s’agit de viol et d’attentat, tous les deux terroristes. Le Choc des civilisations professé par Samuel Huntington[23] n’est pas qu’une théorie controversée parmi les nuées du fantasme et de la philosophie politique : il est palpable parmi les places et les banlieues de Cologne et de nos villes occidentales. Quand notre culture a pour berceau Athènes et Jérusalem, elle se décline au travers des sciences, de la tolérance et de la liberté des Lumières, sans être incompatible avec des cultures apparemment fort lointaines, comme celle du Japon. Si l’Islam est dans l’incapacité de renier sa tyrannie religieuse, idéologique, guerrière et sexuelle, il reste rigoureusement incompatible tant avec un féminisme qui est de l’ordre du droit naturel, qu’avec un humanisme au service des droits individuels et du respect du développement d’autrui. Pour beaucoup, sinon la plupart, les Musulmans montrent que leur intégration est non seulement un ratage, mais un refus offensif. Pour résoudre ce conflit cruel, nous aimerions en appeler aux valeurs de tolérance professées par Voltaire[24]. Faudrait-il plutôt rappeler Charles Martel ?

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Le Parisien.fr, 23 01 2016.

[3] Le Figaro, 12 janvier 2016.

[4] Marianne, 21 janvier 2016.

[5] Oriana Fallaci : La Rage et l’orgueil, traduit de l’italien par Victor France, Plon, 2002.

[6] Alice Schwarzer : Entretiens avec Simone de Beauvoir, Mercure de France, 2008.

[7] Die Welt, 15 01 2016.

[9] Coran, 4-11, traduit de l’arabe par André Chouraki, Robert Laffont, 1990, p 165.

[10] Coran, 4-15, ibidem p 167.

[11] Coran, 4-34, ibidem, p 173.

[12] Coran, 4-43, ibidem, p 175.

[13] Coran, 4-34, ibidem p 173.

[14] Ephésiens 5-22, Bible, tome III, Le Club Français du Livre, 1965, p 3672.

[15] Ali al-Baghdâdî : Les Fleurs éclatantes dans les baisers et l’accolement, traduit de l’arabe par René Khawam, Phébus, 1989.

[16] Cheïkh Nefzaoui : Le Jardin parfumé, traduit de l’arabe par René Khawam, Tchou, 1981.

[17] Martine Gozlan : Le sexe d’Allah, Grasset, 2004, p 92.

[18] Martine Gozlan, ibidem p20, 65.

[19] Martine Gozlan, ibidem p 150, 154, 155,158.

[20] Article 222-22.

[21] Marie-Claire, 17-12-2015.

[22] Marie Claire, ibidem.

[23] Samuel P. Huntington : Le Choc des civilisations, Odile Jacob, 1997.

 

Photo : T. Guinhut.

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 17:49

 

Dolomitenhof, Sexten / Sesto, Südtirol / Trentino Alto-Adige.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Contre la « fiscocratie »,

 

repenser la facture de l’impôt :

 

Jonas Karlsson, Peter Sloterdijk.

 

 

Jonas Karlsson : La facture, traduit du suédois par Rémi Cassaigne,

Actes Sud, 192 p, 17 €.

 

Peter Sloterdijk : Repenser l’impôt,

traduit de l’allemand par Olivier Manonni, Libella Maren Sell, 320 p, 22 €.

 

 

 

      Qui est le premier voleur ? Mercure, dieu des commerçants et des voleurs, ou celui de Georges Darien[1], qui a signé son livre volé… À moins qu’il s’agisse du plus efficace et du plus pérenne, au-delà du rouge sanglant communisme, car agissant en toute l’égalité : l’Etat ! Un apologue apparemment léger, un essai philosophique : chacun à leur façon, ils sapent le délire de l’impôt, sa tyrannie, son universalité, son bien-fondé, qui est en fait celui d’une fiscocratie prédatrice. Sous le simple habit d’un récit gentiment fantaisiste, La Facture de Jonas Karlsson cache une terrifiante menace politique. Quant à Peter Sloterdijk, l’alliance du sérieux et d'une mordante ironie lui permet -ce qui doit être la tâche de tout philosophe qui se respecte- de repenser ce qui semble aller de soi, ce qui est préjugé : l’impôt lui-même, si nécessaire paraisse-t-il.

 

      Le titre de John Karlsson, simplement allusif, peut dissimuler une péripétie anecdotique, un inconvénient économique quotidien, ou un prix à payer pour une faute morale exorbitante. Le narrateur de La Facture est un vieux jeune homme, sans femme ni enfants, sans ambition ni richesses, qui se contente de travailler à mi-temps et sans grand peine dans un vidéo-club. Le salaire est aussi modeste que la sinécure. Hélas, dès la première page, le voilà sommé de payer 5 700 000 Couronnes, soit 600 000 € ! Bientôt, puisque l’on a omis d’avoir connaissance de sa liaison amoureuse passée avec l’Indienne Sunita, il lui faut acquitter le double, puis le triple. Il s’agit d’un impôt mondial sur le bonheur, une « redistribution », gérée par une compagnie tentaculaire et intrusive : « WDR », pour « World Ressource Distribution », pratique « le grand ajustement international » en calculant le taux de bonheur et de malheur de chacun. « On égalise », se justifie-t-elle, sans remord, lorsqu’elle visite les vies de chacun dans le moindre détail. « Vous crevez de bonheur, espèce de pervers », conclue-t-elle.

      N’est-ce qu’une galéjade imaginée pour nous divertir par ce facétieux auteur Suédois né en 1971 ? À moins de faire preuve d’une plus incisive perspicacité : la Suède n’est-elle pas parmi les pays les plus fiscalisés au monde ? Nous-mêmes, lecteurs français, sommes-nous si loin d’un tel abcès pesant sur la société au point de la dévorer, à moins de considérer que la justice sociale soit à ce prix… Pourtant le ciel de la sérénité du narrateur, charmé par une inspectrice fiscale prénommée Maud, avec laquelle il a de longues conversations téléphoniques, se déchire à peine, comme l’orage qui éclate à l’acmé du roman, rafraichissant…

      Au-delà de l’anti-utopie aux résonnances totalitaires, qui, rassurons-nous, se règlera de façon bénigne pour notre aimable narrateur, la capacité au bonheur sert aussi de support à une morale réconfortante pour un apologue hautement satirique, jailli au fil du talent pince sans rire du suédois Jonas Karlsson, que, n’en doutons-pas, l’impôt révolte plus que sourdement.

 

 

      Une fois de plus le vibrionnant philosophe allemand Peter Sloterdijk joue les troublions parmi les pays de la bonne conscience molle… Après avoir lancé : « Oui, le pauvre exploite le riche.[2] », le voici, dans un livre d’essais et entretiens, chamboulant nos certitudes (traduisez : nos préjugés) sur le bien-fondé de l’imposition en démocratie, proposant de changer la prédation subie en don. Peut-on moraliser la fiscalité ?

      Qu’est-ce que l’impôt ? Une contribution consentie de bonne grâce au bien commun ou une survivance de l’absolutisme ? Hélas, « Le fisc est le véritable souverain de la société moderne », sachant qu’il n’a cessé d’accroître son pouvoir, ses taux et ses taxes au court du XX° siècle. Ecornant sérieusement l’éthique de l’imposition, Sloterdijk y voit avec justesse l’alliance de la « soumission fiscale » et de la « kleptocratie ». Dans un essai polémique enlevé, il dénonce la « fiscalité contraignante » et son « irrationalité babylonienne ». Ajoutant avec une rare perspicacité qu’il est « un moyen idéal pour subventionner, privilégier et corrompre la clientèle des partis, sans oublier l’auto-alimentation de la classe des auxiliaires », entendez fonctionnaires et autres affidés.

      Dans « la tradition de la prise de butin guerrière », l’état se targue également d’une mission religieuse lorsqu’il s’agit de la redistribution en faveur de cette mythique, dangereuse et contreproductive justice sociale. C’est alors qu’il force avec une saine vigueur la charge contre « l’inconscient socialiste », « la boutique d’antiquité de gauche » et « la tradition paranoïaque du marxisme » ; entendez la foi en la monstruosité capitaliste exploitant le peuple qui signe à la fois une obsession du ressentiment et de l’envie, mais également une méconnaissance totale des mécanismes du travail, de l’investissement, du mérite et de cette production exponentielle des richesses qui diminue considérablement la pauvreté sur notre globe. A condition que le sale groin de la « fiscocratie » ne vienne gâter les truffes des libertés d’entreprendre et du progrès.

      Sloterdijk stigmatise dans la foulée, et en toute logique « l’état social » et ce « service public [qui] est en Allemagne la preuve vivante que l’Etat peut déployer une véritable créativité lorsqu’il s’agit de créer des postes de travail ». Il ne précise pas alors s’ils sont toujours nécessaires et s’ils se servent de l’argent public au lieu de servir le public ; mais on le devine.

      Est-ce à dire que l’hydre de l’Etat est en passe de se faire tyrannie ? Notre philosophe se contente, sourire en coin, de le laisser entendre. Que dirait-il alors de la France ? Lorsqu’il conspue l’endettement étatique généralisé, ne devrions-nous pas faire notre mea culpa, au lieu de charger le trop facile bouc émissaire de la finance mondialisée ? Il est temps de cesser de « béatifier les pauvres » et de décriminaliser la richesse : en effet, la seconde est bien l’avenir du premier, rendant de moins en moins nécessaire cette redistribution qui a le grave inconvénient de couper les ailes des richesses à venir au moyen de l’imposition progressive et pléthorique.

      Mais la deuxième partie de la thèse de l’auteur de Sphères[3], est bien plus renversante. Au-delà de ce qui n’est plus guère vécu que comme contrainte et passivité fataliste, l’impôt devrait, pour retrouver du sens, être en partie volontaire, de l’ordre du « don ». Ainsi le citoyen pourrait affecter un peu, sinon beaucoup, de sa contribution forcée à l’état omnivore, à l’institution de son choix, à l’action digne de sa préférence. Le contribuable assujetti devient alors donateur en faveur d’initiatives auxquelles il contribue personnellement. C’est à ce seul prix que selon Sloterdijk chacun d’entre nous peut retrouver sa dignité devant la ponction sociale, engager la construction du soi fier, ce « thymos » qui est un de ses concepts phares. Ainsi « Warren Buffet et Bill Gates […] se sont séparés d’une grande partie de leur fortune, dans une sorte d’auto-intensification cathartique ».

      Hélas, le lecteur grincheux, ou le lecteur du philosophe anglais Hobbes, qui a moins confiance en l’humanité vertueuse qu’en le Léviathan pour empêcher la guerre de tous contre tous, et qui pense tout un chacun animé par l’envie et le ressentiment, assurera qu’il n’y aura guère de candidats à cette conversion généreuse. On préfère, plutôt que la voix de l’investissement caritatif ou créatif, entendre le commandement suivant : « Tu dois désirer ce que d’autres ont déjà, et si les moyens légaux ne permettent pas d’atteindre l’objectif, alors tu dois voler ou redistribuer ».

      Non, réplique Sloterdijk. Au contraire de cette « fausse sociologie selon laquelle une société bourgeoise ne serait qu’une mosaïque d’agents rapaces de l’égoïsme », il y a un noyau d’empathie, de création et de volontarisme social à ranimer en chacun de nous. Comme les milliardaires qui se font un devoir d’investir une partie de leur fortune au service de projets altruistes. Une fois capitalisé le résultat de cet « égoïsme [qui] n’est souvent que le pseudonyme moral de nos énergies », mécènes, sponsors, associations pratiquent un capitalisme philanthropique, qui est un « espalier moral ». Ce dont témoigne le succès des fondations privées, caritatives ou culturelles dans les pays anglo-saxons. L’on sait que le capital de dons aux Etats-Unis dépasse considérablement, y compris par habitant, celui des pays européens. Ainsi à, « la vertu d’égoïsme[4] » du libéralisme selon Ayn Rand, il n’est pas impossible d’ajouter la libre « éthique du don démocratique », pour reprendre le sous-titre.

      Dans un court essai, « Capitalisme et cleptocratie », notre philosophe dresse un réquisitoire bien senti de la théorie rousseauiste dans laquelle la propriété est marquée de l’infamie du vol, qui, de Proudhon à Marx, guide à la fois les envieux revanchards et les sectateurs tyranniques de l’égalité. Hélas, à cause de cette théorie liberticide, la redistributive « main qui prend » est plus puissante que « la main invisible » du marché pensée par Adam Smith. Tel est le phénomène qui suffit à expliquer l’hypertrophie de l’état, de ses dettes exponentielles qui sont un « pillage du futur » et, partant, la crise actuelle et la déprime de la croissance. C’est également en cet essai qu’il s’étonne que la captation de la moitié -sinon plus- de la richesse par le fisc n’entraîne pas « la guerre civile anti-fiscale ». Parce nous avons intégré une culpabilité indue de la richesse, explique-t-il. Conclusion imparable : accaparés par les « travaux de Sisyphe qui découlent des exigences de justice sociale […] nous ne vivons pas du tout, à l’heure actuelle, dans le capitalisme ». Enfin, dans une perspective libérale, il pointe les thèses « plausibles » quant à « l’exploitation des productifs par les improductifs » et le risque de désolidarisation qui en découle.

      Le vocabulaire assumé de Sloterdijk est à la fois la marque d’une nécessité conceptuelle, anthropologique et historique, mais aussi l’aveu amusé de la provocation nécessaire à tout philosophe qui se doit d’agir sur la pensée de son temps et en réveiller la conscience. Ainsi la contradiction entre l’éros et le thymos est celle du tiraillement entre d’une part la perpétuelle reconduction des désirs du citoyen d’être satisfait par la consommation et couvé par la bienveillance de l’état providence redistributeur, fût-ce aux dépens des réels producteurs de richesse, et d’autre part la fierté justifiée de celui qui assume le mérite de sa contribution à la réalisation de son moi fier et de sa société admirable, y compris en contribuant aux richesses individuelles autant qu’à celles de l’état social. 

      La thèse du philosophe allemand a pu sembler ubuesque. Mais n’est-elle pas fondamentalement morale ; et finalement au service d’une authentique démocratie dynamique ? Plutôt que de cette veule démocratie dont parlait Tocqueville : au-dessus de « cette foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs […] s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. […] Tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre »[5]. C’est à cet humiliant tableau que la réflexion inhérente à Repenser l’impôt peut remédier.

      Reste, une fois de plus, que la position politique de Sloterdijk se fait de plus en plus ambigüe. Génial provocateur, il parait épouser une posture libérale et donc profondément humaniste et cohérente avec Les Lumières, avec l’Aufklärung, voire plus précisément libertarienne, quand pourtant il assure à de nombreuses reprises être fidèle à la social-démocratie. Il ne s’agit pas d’exiger de lui qu’il se range sous une quelconque bannière, mais il serait temps qu’il définisse un peu plus précisément son éthique politique, surtout lorsqu’il n’accorde pas de crédit à « la sagesse de la politique de baisse des impôts ». A moins que, de l’air de ne pas y toucher, histoire de rassurer la frilosité conceptuelle ambiante, cette apparente indécision soit le masque nécessaire et le moteur bouillonnant d’une dissémination de la pensée plus que stimulante…

 

      On a beau jeu de reprocher au parfait diagnostic de Sloterdijk une complicité avec les classes favorisées, voire de pratiquer une lutte des classes depuis le haut. Les cris d’orfraie des socialistes, des marxistes et autres rouges totalitaires « porteurs de fantasmes réactionnaires » qui ne veulent pas reconnaître que seules les libertés économiques contribuent à l’enrichissement des populations, ne manquent pas. Ce dont il se moque en parodiant Marx : « Fiscalistes de tous les pays, ne vous laissez pas priver de la captation ». Pourtant, la dignité humaine passe par une gestion assumée de l’argent dont chacun est le juste propriétaire, que ce soit par l’héritage ou par ce mérite qui est à l’origine de la plupart des petites et grandes fortunes de notre temps, mais aussi par la noblesse du don. Nous ne sommes pas des imbéciles qui consentons de fort mauvaise grâce à la spoliation par l’état, mais des consciences de notre apport libre et nécessaire à l’amélioration de nos conditions individuelles et de ce bien commun qui en est sa conséquence, et non sa tyrannie. Que l’on soit philosophe de haute volée, comme Peter Sloterdijk, ou modeste et lointain disciple de Voltaire au pays des contes philosophiques, comme John Karlsson, la vérité de l’impôt, qui aurait dû ne rester qu’au service de la Cité, finit par se faire jour : une institutionnalisation du vol…

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

La partie sur Jonas Karlsson a été publiée dans Le Matricule des anges, juin 2015

 

[1] Georges Darien : Le Voleur, Jean-Jacques Pauvert, 1955.

[2] Dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Et Courrier international du 1 au 19 août 2009.

[4] Ayn Rand : La vertu d’égoïsme, traduit de l’anglais par Alain Laurent, Les Belles Lettres, 2008.

[5] Alexis de Tocqueville : De la Démocratie en Amérique, II, IV, VI, Œuvres II, La Pléiade, Gallimard, 2001, p 836 et 837.

 

Georges Darien : Le Voleur, Julliard, 1964. Photo : T. Guinhut.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 17:16

 

Joan Blaeu : Atlas maior, 1665.

 

 

 

 

L’Identité française et son destin

 

face à l’immigration :

 

fantasme ou réalité ?

 

 

 

      En l’identité tout voudrait, selon son étymologie, être identique. La France serait alors identique à elle-même, à son essence, à l’idée que l’on s’en fait, et chaque Français identique à autrui selon des traits immédiatement reconnaissables, voire transcendants… Cependant, l’identité française, on ne l’ignore pas, dépasse la nation, tant au-delà des frontières de l’hexagone persistent des Français, Belges, Suisses, à Londres, en Afrique… Au-delà donc d’une nation, il s’agit d’une langue, d’une histoire, d’institutions, d’une culture, de paysages, de modes de vie : monolithiques et fermés sur eux-mêmes, ou en expansion, ouverts, mobiles et accueillants… En son méli-mélo de réalités et de fantasmes, que vaut notre identité française devant les défis que sont la mondialisation, l’immigration ? Peut-elle se perpétuer, s’enrichir, se magnifier, ou se dissoudre, s’abattre, enfin ?

 

      Que faut-il entendre par ce concept d’identité de la France ? Ce à quoi tente de répondre Fernand Braudel : « sinon une sorte de superlatif, sinon une problématique centrale, sinon une prise en main de la France par elle-même, sinon le résultat vivant de ce que l’interminable passé a déposé patiemment par couches successives, comme le dépôt imperceptible de sédiments marins a créé, à force de durer, les puissantes assises de la croûte terrestre. En somme un résidu, un amalgame, des additions, des mélanges. Un processus, un combat contre soi-même, destiné à se perpétuer. S’il s’interrompait, tout s’écroulerait ». Plus bas, l’historien ajoute : « il est certainement vain de ramener la France à un discours, à une équation, à une formule, à une image, à un mythe[1] »… L’on sait que ce dernier, dans L’Identité de la France, interrogea l’histoire et l’espace, la démographie, l’économie, les techniques et les traditions, le dynamisme du capitalisme. Omettant cependant la France de Racine et de Proust, celle de Rameau et de Monet…

      Certes l’on saura reconnaître l’identité française à nos campagnes hérissées de clochers, aux rives de la Seine parisienne, aux châteaux de la Loire, à nos boulangeries, à notre champagne et notre bordeaux, à notre gastronomie, à notre galanterie et notre diplomatie, à moins que ces dernières soient surévaluées et mises à mal. Bel héritage à préserver, à faire fructifier et augmenter. Mais quand nos lettres sont latines, notre démocratie grecque, notre chocolat ivoirien, notre thé indien, nos sushi japonais, quand nos chiffres sont arabes (mais plus exactement indiens), nos logiciels américains, nos smartphones californiens, coréens ou chinois, nos bibliothèques délicieusement lourdes de traductions parfois exotiques, aurions-nous la présomption de claironner que nous ne sommes que Français ? La mondialisation n’efface pas l’identité française, mais l’enrichit, qu’il s’agisse de technologies ou de nouveaux chefs d’œuvre littéraires, musicaux ou filmiques.

 

 

      Un héritage national, culturel et politique ne peut jamais être tout immaculé ou tout souillure. Si la Saint-Barthélémy et la contribution au commerce triangulaire de l’esclavage, le génocide vendéen et la Terreur, l’affaire Dreyfus et la collaboration, les maladresses désastreuses de la colonisation, le rôle trouble joué au Rwanda et la décision dommageable d’abattre Kadafi en Lybie font partie de notre histoire, ils doivent être regardés pour ce qu’ils sont. Sans pourtant que l’identité de la France, pas pire à cet égard que d’autres, voire moins infâme, soit obérée par une excessive culpabilité, une repentance contre-productive qui consisterait à jeter le bébé avec l’eau bien sale du bain…

     Hélas, quand dans les banlieues perdues de la Républiques se faire traiter de « Français », plus exactement de « céfran » est une insulte, il est clair que le blason de la France est à redorer avant de pouvoir être de nouveau respecté. L’identité française, comme toute identité nationale, se construit à partir et autour de sa police et de son armée. Quand la police, depuis mai 68, voire bien avant, est sans cesse décriée comme fasciste, en dépit de ses bévues, brutalités et incapacités de résolutions des crimes et délits, sans cesse interdite, caillassée, voire quand ses commissariats et gendarmeries (une vingtaine en juillet 2015) sont attaqués jusqu’à l’arme lourde dans les banlieues perdues de la République par des « bandes de jeunes », il est évident que le renversement des valeurs contribue au remplacement de l’identité française, républicaine de la civilisation par l’identité de la barbarie. A moins qu’il faille aller jusqu’à se demander si une infiltration de la police et de l’armée par des « jeunes issus de la diversité » puisse être indolore…

      Certaines voix s’élèvent pour regretter que l’armée de métier moderne ait évincé le service militaire, qui, quoique décrié pour sa ridicule inutilité à l’échelle individuelle et collective, sans compter son coût, permettait à chaque homme ou presque, à chaque famille d’avoir un lien personnel avec les forces du pays et leur nécessité. Ce dont témoigne encore le défilé du 14 juillet, car en ce sens la France est un des rares pays au monde à mettre en scène un défilé militaire sur sa plus belle avenue à l’occasion de la fête nationale. Quoique, ostentatoire et sûr de lui, il ressemble trop à une propagande grotesque pour y croire suffisamment, lorsqu’à quelques kilomètres des Champs Elysées, le Tartare de quelques arrondissements de Paris et de banlieues décérébrées organise à l’envie incendies de voitures, émeutes et pillages, embryons déjà trop mûrs de guérilla urbaine, évidemment celés, euphémisés, tolérés de fait, en conséquence encouragés par la lâcheté, l’opportunisme et l’électoralisme du pouvoir qui n’en est plus un. Ainsi le respect dus à une police et à une armée intègres doivent contribuer à ce que le territoire de l’identité française ne devienne pas un champ de mines et d’attentats comme l’Afghanistan.

 

      Accueillir au sein de l’identité plurielle française des migrants que la guerre a chassés de leurs terres parait d’abord un devoir moral républicain, une charité chrétienne, un humanisme universel. Certes.

      Mais avec deux réserves. D’abord que leur nombre reste mesuré de façon à ce qu’ils ne recouvrent, ne dispersent, n’effacent l’identité (même polymorphe) du pays et du continent d’accueil. Ensuite, et plus grave encore, qu’ils n’amènent pas avec eux un bagage culturel invasif et intolérant contrevenant aux libertés de pensée, d’expression, politiques et en particulier féminines, telles qu’elles fondent les Lumières européennes, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (sans omettre la déclaration des droits de la femme d’Olympe de Gouges), telles qu’elles fondent une démocratie libérale incompatible avec l’Islam[2].  

      En 1939, quelques centaines de milliers de réfugiés républicains espagnols ont afflué en France, de même pour les Pieds noirs venus d’Algérie dans les années soixante, de même pour les boat people vietnamiens et autres Chinois dans les années soixante-dix. Ils se sont adaptés, en contribuant à la vie économique, autant que faire se peut sous le croissant boisseau socialiste. On ne peut en dire tout à fait autant des Musulmans. Si un pourcentage non négligeable travaille et profite de l’éducation pour se qualifier et s’intégrer, une frange difficile à évaluer ne prospère que dans la délinquance, l’auto-ghettoïsation, le radicalisme religieux, parmi des poches exponentielles de banlieues… Regardons alors ces réfugiés venus du Moyen-Orient et de l’Afrique : environ 70 % d’hommes jeunes et célibataires, peu d’enfants, peu de femmes, souvent voilées avec plus ou moins de rigueur !

      Claude Lévi-Strauss avait dès 1984 cette prescience : « il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane.[3] » Plus tard, il ajoute, lors d’un entretien : « J’ai commencé à réfléchir à un moment où notre culture agressait d’autres cultures dont je me suis alors fait le défenseur et le témoin. Maintenant, j’ai l’impression que le mouvement s’est inversé et que notre culture est sur la défensive vis-à-vis des menaces extérieures, parmi lesquelles figure probablement l’explosion islamique. Du coup je me sens fermement et ethnologiquement défenseur de ma culture[4] ».

Joan Blaeu : Atlas maior, 1665.

 

      L’identité c’est d’abord un visage. Celui du drapeau national qu’il est suspect, au contraire des Etats-Unis, d’exhiber à sa fenêtre sous peine de passer pour un thuriféraire du front National. A évacuer le national on ouvre grand la porte au Front National. Un visage également lorsqu’il s’agit de l’enfermer entre les parois du hidjab, de le couvrir sous la burqa, de le nier, alors que notre police est contrainte de fermer les yeux sur son exhibition aux dépens d’une loi qui n’est guère appliquée. C’est bien le visage de la France et de la Française, de l’Occident et de la femme occidentale qui est ainsi avili, obéré, en dépit de la Sainte-face du Christ sur le voile de Véronique, en dépit de la tradition picturale et sculpturale du portrait depuis l’Antiquité gréco-romaine, jusqu’à la photographie, en passant par les portraits d’Ingres et d’Elizabeth Vigée Le Brun.

     Et pourtant le Salon Musulman du Val d’Oise, par exemple, n’oublie pas un instant son prosélytisme religieux, son antisémitisme et sa misogynie, ordonnant une soumission de la femme indigne des droits de l’homme.

      Faut-il alors imiter l’Australie qui raccompagne les bateaux de migrants d’où ils viennent ? Mais il s’agit d’une île et d’une nation unique, ce que l’Europe n’est pas. De surcroit leurs migrants économiques, voire prosélytes, ne fuient pas une guerre.

      Pourquoi les Etats Musulmans richissimes, telle l’Arabie Saoudite, ne reçoivent-ils pas les réfugiés et préfèrent financer pour eux des mosquées dans les pays européens et en particulier en Allemagne, dont la démographie native est en chute libre[5] ?

      Parce qu’au-delà des migrants consubstantiellement avides de liberté et de travail (alors que les 10% au bas mot du chômage français ne les y encouragent guère), à moins qu’il s’agisse de désir d’assistanat (l’allocation mensuelle de subsistance pour le demandeur du droit d’asile peut aller jusqu’à 718 €, sans compter la Couverture Maladie Universelle), la parabole du cheval de Troie de l’Odyssée d’Homère[6] est parlante : avec notre concours, un pourcentage, même minuscule et néanmoins terriblement dangereux de djihadistes terroristes éclaireurs du califat les infiltre d’une part, et, d’autre part, leurs cohortes d’adeptes de l’Islam n’amènent pas leur bréviaire d’un Islam des Lumières, mais celui d’une langue invasive et guère affamée de maitriser celle du pays d’accueil, du rituel halal, du voile, cet « uniforme idéologique » venu d’un « contexte patriarcal et phallocratique[7] », de l’oppression des femmes, des mariages forcés, de la polygamie, de la loi du talion et de ses infâmes châtiments corporels, de la charia enfin, qui parmi ses degrés divers peut devenir une « justice au service de la terreur[8] »… Quoiqu’il faille se garder de choir dans la généralisation abusive, il est loisible de se demander s’il s’agit d’accueillir de malheureux et valeureux migrants ou le fer de lance prolifique d’une invasion destinée à coloniser et islamiser l’Europe, jusqu’au Québec et ailleurs… Ce sur quoi ne se privent pas de nous avertir avec vigueur et pertinences des voix elles-mêmes venues de l’aire arabo-musulmane : comme Boualem Sansal avec son roman 2084[9] qui dénonce un totalitarisme plus ambitieux encore que ceux que le seul XXème siècle a connu, ou l’essayiste Ibn Warraq, dont l’argumentation imparable anime son Pourquoi je ne suis pas musulman[10].

      Est-ce à dire qu’il faut préférer les migrants chrétiens assyriens, les yazidis, les coptes, les baha’is, ces premières victimes du califat islamique (en tous cas nous ne devrions pas les oublier un instant), et bien sûr les athées, les esprits libéraux ? S’il faut faire un choix (et il sera délicat de trier le bon grain de l’ivraie), et pas uniquement selon des critères confessionnels, et en se souvenant que républicains espagnols, Pieds noirs et Boat peoples asiatiques n’ont guère été des fauteurs de troubles, que les Portugais forment encore le premier contingent d’immigrés, c’est pour valider le fait avéré que l’immigration (et son communautarisme) n’est pas un problème, si toutefois son chiffre reste assez modéré pour ne pas faire basculer les équilibres culturels de l’identité élargie de la France et de l’Europe, voire de l’Occident, mais aussi qu’une part de l’immigration venue de l’aire arabo-musulmane, voire sahélienne, est à même de saper les valeurs sur lesquelles l’Occident est assis, depuis au moins les Lumières…

      Si en 2008 l’immigration formait 8,4% de la population (un chiffre somme toute modéré au vu de pays voisins, dont l’Allemagne avec ses 13%), « la somme des personnes immigrées et de leurs enfants représente 20% de la population française », quand ceux « d’origine européenne et africaine représentent chacun 40% environ de l’immigration totale[11] ». Les chiffres ne paraissent ainsi pas effrayants, mais ils sont à relativiser devant l’afflux de ceux fuyant la Syrie, l’Erythrée, la Lybie et autres contrées voisines,  mais aussi les Balkans, quoiqu’ils préfèrent à la France des destinations économiquement plus généreuses et pour eux fourmillants de réseaux déjà installés, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suède gangrenée. Mais l’absence de mixité résidentielle en territoire pseudo-français (en des quartiers où la police ne pénètre plus guère), l’activisme prosélyte de l’Islam, la culture de l’honneur, du mâle dominant homophobe et misogyne ont de quoi inquiéter raisonnablement. De surcroît, en observant la jeunesse française, « on tremble en imaginant aujourd’hui que c’est un quart d’une génération qui frise l’illettrisme[12] ». Il est à craindre que, comme dans les prisons où l’on sait que près de 70% des individus incarcérés sont musulmans, cette dernière population fort peu diplômée soit concernée de trop près par une carence éducative grave, dont les conséquences pourraient être culturellement désastreuses…

 

      Au-delà d’une problématique nationale, largement fantasmée, voire passablement obsolète, à l’exception de la question linguistique, l’identité française n’est pas séparable d’une identité européenne, occidentale issue de la démocratie et de la république gréco-romaines, du christianisme et surtout des Lumières. C’est cela qu’il faut voir perdurer et s’étendre pour le bien des peuples et des individus. En ce sens nous nous sentons plus proche de la culture japonaise telle qu’elle a pu évoluer vers la démocratie que vers l’inculture et la tyrannie d’un califat. On ne gagnera rien, sinon de dangereuses crispations, à regretter, pire à vouloir ranimer, le piètre paradis fantasmé des années soixante et de l’entre-soi gaullien. Aller de l’avant en cultivant tant nos particularismes qu’un cosmopolitisme vivifiant, ranimer une culture économique et scientifique libérale créatrice de richesses et d’emplois feront beaucoup pour relever tant les défis de la mondialisation que de l’immigration. A la condition expresse de ne pas transiger sur nos valeurs de liberté issues des Lumières et de repousser, non pas les hommes, sauf s’ils sont criminels, mais l’obscurantisme d’un communautarisme régressif et invasif.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de-photographie

 

[1] Fernand Braudel : L’Identité de la France, Arthaud-Flammarion, 1986, volume I, p 17.

[3] Claude Lévi-Strauss : Tristes tropiques, Œuvres, Gallimard, La Pléiade, p 433-434.

[4] Propos recueillis par Dominique-Antoine Grisoni, « Un dictionnaire intime », Magazine littéraire, Hors-série Claude Lévi-Strauss, 2003.

[6] Homère : Odyssée, VIII, 492-495.

[7] Abdelwahad Meddeb : Face à l’islam, Textuel, 2015, p 201 et 203.

[8] Samuel Laurent : L’Etat islamique, Seuil, 2014, p. 66.

[9] Boualem Sansal : 2084 La fin du monde, Gallimard, 2015.

[11] Nicolas Bouzou : Le Grand refoulement, Plon, 2015, p 106.

[12] Nicolas Bouzou, ibidem, p 118.

 

C. F. Delamarche : Atlas élémentaire, 1806. Photo : T. Guinhut.

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 17:23

 

Bödmen, Wolfenschiessen, Suisse. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

La dette grecque au flot

 

du tonneau des Danaïdes.

 

 

 

       Si la Grèce antique a inventé la démocratie, elle a également créé des mythes qui sont encore notre miroir, et celui de la Grèce d’aujourd’hui. Parmi ceux et celles qui ont été condamnés par les dieux à purger d’éternelles peines dans la noire partie des Enfers que l’on nomme le Tartare, les Danaïdes sont trois sœurs qui doivent, sans espoir aucun de rémission, remplir un tonneau (une jarre plutôt, car ce sont les Gaulois qui l’ont inventé) dont l’eau s’enfuit sans discontinuer. Depuis des années, voire des décennies, sinon des siècles, la Grèce est ce tonneau d’où fuit irrémédiablement l’argent de l’Europe, cette génisse que Zeus a saillie. Quoique personne n’eût le pouvoir de couper l’arrivée d’eau dans les Enfers, Angela Merkel et les banquiers européens n’ont-ils pas le devoir de fermer le robinet pour cet impayé insolent et récurrent ?

 

      Au lieu d’agiter le mouchoir spectaculaire sur les pauvres Grecs, sans compter celui du catastrophisme salivant à l’avance de ce qui serait un château de cartes des pays européens ébranlé par une éventuelle sortie de la Grèce du giron de l’Union européenne, il serait bon de s’interroger sur les causes historiques et psychopolitiques de la chose.

      Que les Grecs aient inventé la démocratie, soit ! S’il faut s’en savoir redevable, ne faut-il pas reconnaître qu’elle a trouvé un terreau plus fécond encore avec la République romaine, puis avec la monarchie parlementaire anglaise et la constitution américaine inspirée des Lumières. Ce qui conduit à dévaloriser l’argument selon lequel nous ne pourrions abandonner un berceau de la démocratie qui après plus de deux millénaires n’a guère tenu ses promesses.

      Pensons aux quatre siècles pendant lesquels la Grèce a été violement soumise aux Turcs, à l’Islam donc. Rester Grec et Chrétien orthodoxe dans l’âme faisait du citoyen un dimmhi assujetti à de lourds impôts. D’où un atavisme certain -et sain- qui consiste à ruser avec une excessive fiscalité, à œuvrer sous le manteau. Au début du XIXème siècle, le pays retrouve son indépendance, mais peine à construire un Etat. Pas moins de six faillites ont ébranlé ce dernier. Certes l’Allemagne connu sept faillites étatiques, mais on sait comment elle a su s’en relever. Rien de tel en Grèce où l’Etat n’a jamais su collecter correctement l’impôt, oscillant entre fiscalité confiscatoire contre les uns et mansuétude pour les autres, sans compter l’Eglise orthodoxe traditionnellement exemptée. N’oublions pas que le berceau de Périclès, depuis la seconde guerre mondiale a vu se succéder quelques gouvernements fascistes (la Grèce des colonels) et socialistes (Papandréeou), toutes structures familières d’une économie antilibérale, du clientélisme, de l’embauche forcenée de fonctionnaires. De surcroît, la menace turque toujours d’actualité contraint à un budget militaire de l’ordre de 4% du Produit Intérieur Brut, soit le plus élevé d’Europe.

      N’oublions pas que la monnaie unique, l’Euro pour ne pas la nommer, fut surtout une volonté française, un rien présomptueuse. Que la Grèce n’entra en l’Union européenne qu’en présentant des comptes falsifiés, qu’en dilapidant maintes aides financières à l’occasion des Jeux olympiques. Que cette même Union a subventionné développement et infrastructures (le luxueux métro d’Athènes), alors que les tuyaux des Danaïdes grecques étaient percés par la corruption et l’impéritie de son administration. Ce pays vivait avant l’adhésion dans un état permanent d’inflation, soumis à des taux d’intérêts élevés, et dévaluait régulièrement la drachme. Soudain, il a pu emprunter des flots d’argents à des taux indolores. L’illusion économique et financière aveuglait les réalités. Jusqu’à ce que la crise de 2008 déchire le voile doré : le syndrome Madoff affectait la Grèce ! Seuls furent décillés quelques borgnes au pays des aveugles. L’Europe a-t-elle aussitôt fermé le robinet ? Que nenni ! Un clystère de 240 milliards, en 2010 et 2011 (mais aussi pour sauver les banques qui avaient eu l’imprudence de souscrire en titres de dette), un effacement d’ardoise de 107 milliards (en 2011) permirent de « restructurer » (admirez l’euphémisme et la langue de bois) la dette publique. Alimenter son vice n’est-il pas le meilleur moyen d’encourager le pécheur ?

      Ne nous leurrons pas sur l’état présent de l’économie grecque. Un chômage à 25,8 %, des fonctionnaires pléthoriques qui ne fonctionnent guère au point que certains soient payés pour rester chez eux, un enseignement public médiocre qui prétend avoir besoin de quatre fois plus d’enseignants par habitant que la France, des retraites à 57 ans, souvent à partir de 50 ans parmi les régimes spéciaux, des pensions de retraite à 95% du salaire précédent, une démographie peu dynamique, un treizième et un quatorzième mois payés à la fonction publique, un SMIC deux fois supérieur à celui des Tchèques ou des Polonais, peu d’impôts fonciers, alors que 70% des Grecs sont propriétaires… Et, bien sûr, au vu de l’incapacité à percevoir une fiscalité vécue comme confiscatoire ou come une galéjade, un travail au noir considérable, alors que l’on estime le patrimoine moyen des Grecs à environ cent mille euros, soit deux fois plus que les Français.

      Et enfin une dette publique stratosphérique et exponentielle : 172 % du PIB, dépassant largement d’autres excités de l’impéritie financière, l’Italie (133 %), le Portugal (126%), l’Espagne (99%) ou la France (97%). Une dette de 321,7 milliards d’euros, contractée auprès du Fonds Monétaire International, de la Banque Centrale Européenne, de divers organismes et banques, mais surtout auprès du Fonds Européen de Stabilité Financière, qui agrège une dizaine d’Etats : d’abord l’Allemagne pour 56,5 milliards d’euros, puis la France pour 42,4 milliards d’euros, etc.

      Que faire ? Effacer la dette, alors qu’il y a quelques années 54 % de celle-ci l’a déjà été ? Continuer de prêter de façon à rembourser les intérêts de la dette en permettant d’emprunter encore ? Et ainsi encourager d’autres Etats à recourir au même laxisme, aux mêmes revendications…

      Au-delà de l’argumentation victimaire, du délire anti grand capital, des haros contre les créanciers étrangleurs, l’Europe ne doit-elle pas assumer un égoïsme judicieux ? On plaidera que la solidarité, voire la charité, doit venir au secours des pauvres Grecs. Tous le ne sont pas, pour avoir placé leurs capitaux hors des frontières hellènes. Certains, de toute évidence le sont, pauvres et appauvris, non pas seulement par l’austérité nécessaire, mais floués par leurs gouvernements successifs, qu’ils ont eu le tort d’élire.

      Quant à ceux qui ont le front d’arguer que l’Allemagne n’a jamais remboursé ses dettes de guerre, ils font pour le moins preuve de légèreté. En effet, ce sont, au sortir de 1945, les Alliés qui ont décidé de ne lui imposer aucun remboursement, ayant trop bien compris le poids du ressentiment qui accabla les Allemands à la suite du Traité de Versailles ; ce qui conduisit aux conséquences nazies que l’on sait.

      Que l’Europe soit une structure surétatique qui exerce un pouvoir peut-être indu, il ne faut pas totalement en douter ; mais pas au point de choir dans l’antieuropéanisme primaire, dans le nationalisme souverainiste démagogique partagé autant par les extrêmes droites que les extrêmes gauches grecques et françaises et qui conduirait à rêver d’un grand soir où les dettes s’effacent par la volonté du peuple ! Ce qui serait un ersatz de pensée magique et de démocratie populiste, mais en rien de démocratie libérale fondée sur le respect des contrats.

      On n’a pas compris qu’une monnaie unique ne peut fédérer des Etats dont les modèles sont fourmis ou cigales. Les dépensiers insatiables ne dépensent qu’aux dépens de ceux qui produisent. Tant que l’Union européenne -et a fortiori la zone euro- ne bénéficie pas d’une convergence fiscale, budgétaire, voire sociale, grâce à des règles d’or qui limiteraient à la fois les régimes fiscaux et les dépenses des Etats, elle ne peut guère espérer une saine et fructueuse gestion ; quoiqu’au risque d’un déni de souveraineté des Etats. Mais que vaut être souverain si c’est pour commettre de monstrueuses erreurs aux dépens de ses citoyens ?

      Certes les banques, les Etats et les Fonds monétaires internationaux et européens ont leur part de responsabilité en cette affaire. Non pas toutefois en tant que créanciers étrangleurs, mais pour avoir prêté à l’insolvable et à tire-larigot, en pensant qu’il se trouverait toujours parmi eux un pompier pour arroser l’inondation en se branchant sur les sources les plus profondes et les plus captives, celles des citoyens contribuables, des économies privées qui ont le tort de trop bien investir et travailler au point d'être saignées à blanc.

      En attendant une radicale solution qui ne viendra pas, les histrions démagogues, qui préfèrent l’arrosage national des dépenses publics aux investissements privés productifs, affolent les chancelleries et les médias. Alexis Tsipras, premier ministre grec, parade au sommet des assemblées, pérore en bavant la salive qu’il suce au tonneau des Danaïdes sur les micros qu’avec complaisance on lui tend. Entre orgueil et addiction soudaine au pouvoir, il excite le reflet de son narcissisme, venu d’un autre mythe grec signifiant. Usant d’un référendum à la clarté pour le moins brouillonne, le manipulateur s’autorise du « non » populaire pour refuser les mesures d’austérité proposées par l’Europe ; ce pour proposer à son tour une purge plus sévère, flouant ses crédules électeurs une fois de plus.

      Mais de quelle prétendue austérité parle-t-on ? Proposer une retraite à 67 ans (c’est-à-dire 10 à 17 ans de travail en plus), alors que les Allemands s’en accommodent fort bien, allongement de la vie et sûreté budgétaire obligent ; une baisse du nombre de fonctionnaires dont on sait que la pléthore est une mortelle sangsue appliquée au budget de l’Etat, à la fiscalité et in fine à la croissance économique de tous… Quand à proposer une TVA haussée à 23%, même si celle-ci est l’impôt qui rentre le mieux, voilà qui est risible. Le travail au noir, les paiements en liquide non déclarés en Grèce sont tels qu’une mesure pareille ne ferait que les encourager encore plus, la rendant contreproductive. De même le vœu pieux de faire payer les armateurs qui acquittent une fiscalité minuscule ne conduirait qu’à une catastrophe de plus : l’exil entrepreneurial… En outre, taxer l’église orthodoxe autrement qu’avec circonspection pourrait être une erreur : quand elle possède surtout des églises, elle se consacre avec assez d’efficacité à pratiquer la charité envers les plus démunis.

      Sans oublier le coût induit par les contrôleurs eurotechnocrates, par la répétition des sommets censés prendre des décisions, continuer d’arroser d’argent frais la Grèce serait une faute morale autant que financière. Que dire alors à ceux dont la rigueur budgétaire est réelle, Lettons, Polonais, Autrichiens et Allemands, à ceux, Irlandais ou Portugais qui se redressent avec des efforts considérables, sinon : dépensez à vau-l’eau l’argent d’autrui, soyez les vampires des contribuables auxquels vous faites les poches ! Quel langage tenir à ceux, Slovaques, Lettons, Espagnols, Italiens, qui œuvrent sur la voie des réformes financières et économiques avec un résultat déjà tangible ? Que répondre aux pauvres Bulgares, Estoniens ou Slovaques qui paient pour les riches Grecs ? Quand les cigales chantent aux dépens des fourmis trop prêteuses, ne faut-il pas se souvenir que le socialisme ne dure qu’aussi longtemps que dure l’argent des autres…

      Aussi la pusillanimité d’Angela Merkel, sans parler de la mollesse compassionnelle de François Hollande, ne font que retarder l’inévitable, encourager la fuite des robinets ouverts au-dessus du tonneau des Danaïdes. Le manque de courage européen est plus que dommageable. Assumons nos erreurs, au premier chef celle d’avoir trop prêté à un panier percé. Quitte à assumer le coût d’un argent que nous ne reverrons plus, que cela soit tout de suite. Chaque nouveau prêt, alors que dans l’état actuel des créances les échéances grecques courent jusqu’en 2054, chaque atermoiement supplémentaire nous coûtera plus chers en énergies et en liquidités, malgré le soin de la planche à billet européenne. Cela dit, le principe de réalité est peut-être déjà à l’œuvre : les banques grecques ne délivrent plus guère d’euros quand les touristes paient en dollars, bien des Grecs pratiquent ou méditent l’exit vers des économies plus solides ; de facto la sortie de l’euro se profile insidieusement, avant le « Grexit ». Grexit duquel il ne faut peut-être pas avoir peur : une économie qui ne compte que pour 2% du PIB de la zone euro ne nous manquera guère. Quant au risque de dégradation des marchés, il semble évident que ces derniers l’ait déjà bien anticipé.

      Maintenir la Grèce sous la perfusion de l’argent européen est non seulement une erreur économique pour tous (il y va de la crédibilité de la zone euro), mais plus encore une forme de paternalisme infantilisant et méprisant. Que libres, les descendants de Platon et d’Aristote montrent de quoi ils sont capables !

 

      En attendant que l’on dégraisse, le feuilleton offert par la Grèce est un bel écran de fumée qui permet de masquer de pires menaces. La France elle-même, alourdie par le boulet de ses 2050 milliards de dette publique, pour laquelle la future et nécessaire hausse des taux d’intérêt est une autre épée de Damoclès, et de ses 80 milliards de déficit annuel moyen, devrait tirer l’indispensable leçon. Depuis quatre décennies, le budget aux pieds d’argile n’est plus à l’équilibre, la dette pourrit, alors que les socialismes corsètent de plomb les entrepreneurs. Conjointement, l’Etat-providence arrose d’aides sociales ou abandonne un peuple improductif, volontaire ou forcé, l’étatisme économique et l’antilibéralisme aveugle entretiennent et multiplient le chômage. Il n’y aura pas de refondation européenne et française sans cette refondation économique et politique dont l’Allemagne a donné l’exemple avec tant de talent…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Sankt Jakob in Deferenberg, Österreich. Photo : T. Guinhut.

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Le Pogge et Lucrèce par Greenblatt

Des romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Antisémitisme

Histoire et rhétorique de l'antisémitisme

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Céline et les pamphlets antisémites

Wagner, Tristan und Isolde et antisémitisme

Kertesz : Sauvegarde

Eloge d'Israël

 

 

 

 

 

 

Appelfeld

Les Partisans, Histoire d'une vie

 

 

 

 

 

 

 

Arbres

Leur vie, leur plaidoirie : Wohlleben, Stone

Richard Powers : L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Arendt

Banalité du mal, banalité de la culture

Conscience morale et littérature : lecture de Walter Benjamin

 

 

 

 

 

 

Argent

Veau d'or ou sagesse de l'argent : Aristote, Simmel, Friedman, Bruckner

 

 

 

 

 

 

Aristote

Aristote, père de la philosophie

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

 

 

 

 

 

 

Art contemporain

Que restera-t-il de l’art contemporain ?

L'art contemporain est-il encore de l'art ?

L'image de l'artiste de l'Antiquité à l'art conceptuel

Faillite et universalité de la beauté

Michel Guérin : Le Temps de l'art

Théories du portrait depuis la Renaissance

L'art brut, exclusion et couronnement

Hans Belting : Faces

Piss Christ une icone chrétienne par Serrano

 

 

 

 

 

 

Attar

Le Cantique des oiseaux

 

 

 

 

 

 

Atwood

De la Servante écarlate à Consilience

Contes réalistes et gothiques d'Alphinland

Graine de sorcière, réécriture de La Tempête

 

 

 

 

 

 

Averroès

La caduque opposition Averroès Ghazali

 

 

 

 

 

 

Babel

Isaac Babel ou l’écriture rouge

 

 

 

 

 

 

 

Bachmann

Celan Bachmann : Lettres amoureuses

Toute personne qui tombe a des ailes, poèmes

 

 

 

 

 

 

 

Bakounine

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

L'anarchisme : tyrannie ou liberté ?

 

 

 

 

 

 

Ballard

Le romancier philosophe de Crash et Millenium people

Nouvelles : un artiste de la science-fiction

 

 

 

 

 

 

 

Bande dessinée

Roman graphique et bande-dessinée

 

 

 

 

 

 

Barcelo

Cahiers d'Himalaya, Nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Barrett Browning

E. Barrett Browning et autres sonnettistes

 

 

 

 

 

 

Bashô

Bashô : L'intégrale des haikus

 

 

 

 

 

 

Basile

Le conte des contes, merveilleux rabelaisien

 

 

 

 

 

 

Bastiat

Le libéralisme contre l'illusion de l'Etat

 

 

 

 

 

 

Baudelaire

Les Fleurs du mal : « Une charogne »

"L'homme et la mer", romantisme noir

Vanité et génie du dandysme

Baudelaire de Walter Benjamin

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Beauté

Faillite et universalité de la beauté, de Platon à l’art contemporain

 

 

 

 

 

 

Beckett 

En attendant Godot : le dénouement

 

 

 

 

 

 

Benjamin

Baudelaire par Walter Benjamin

Conscience morale et littérature

Critique de la violence et vices politiques

Flâneurs et voyageurs

Paris capitale des chiffonniers du XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Bennet

La Reine des lectrices ou de l'horrible danger de la lecture

 

 

 

 

 

 

Benni

Toutes les richesses, Grammaire de Dieu

 

 

 

 

 

 

 

Bernhard

Goethe se mheurt et autres vérités

 

 

 

 

 

 

 

Bibliothèques

Bibliophilie : Nodier, Eco, Apollinaire

Eloges des librairies et des libraires

Babel des routes de la traduction

Des jardins & des livres, Fondation Bodmer

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Bibliothèques vaticane et militaires

L'ardeur des livres et des manuscrits de Saint-Jérôme au contemporain

La Haine de la littérature

Rabie : La Bibliothèque enchantée

Des prestigieuses bibliothèques du monde à l'or des manuscrits

Du papyrus à Google-books : Darnton, Eco

De la bibliothèque perdue aux bibliothèques fictionnelles : Mehring, Ménager, Stark

Livres perdus : Straten,  Schlanger, Olender

Manguel, Uniques Fondation Bodmer

Diane de Selliers : Dit du Gengi, Shakespeare

Eloge de l'Atelier contemporain

 

 

 

 

 

 

Blake

Chesterton, Jordis : William Blake ou l’infini

Le Mariage du ciel et de l’enfer

 

 

 

 

 

 

Blasphème

Eloge du blasphème : Thomas-d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

 

 

 

 

 

 

Blog

Du Blog comme œuvre d’art

Pour une éthique de la critique littéraire

 

 

 

 

 

 

Bloom

Amour, amitié et culture générale

 

 

 

 

 

 

Bloy

Le désespéré enlumineur de haines

 

 

 

 

 

 

 

Bolaño

L’artiste et le mal : 2666, Nocturne du Chili

Les parenthèses du chien romantique

Poète métaphysique et romancier politique

 

 

 

 

 

 

 

Bonnefoy

La poésie du legs : Ensemble encore

 

Borel

Pétrus Borel lycanthrope du romantisme noir

 

 

 

 

 

 

Borges

Un Borges idéal, équivalent de l'univers

Géographies des bibliothèques enchantées

Poèmes d’amour, une anthologie

 

 

 

 

 

 

 

Bounine

Coup de soleil, nouvelles élégiaques

 

 

 

 

 

 

Brague

Légitimité de l'humanisme et de l'Histoire

 

 

 

 

 

 

Brésil

Poésie, arts primitifs et populaires du Brésil

 

 

 

 

 

 

Bruckner

La Sagesse de l'argent

 

Brume et brouillard

Science, littérature et art du brouillard

 

 

 

 

 

 

Burgess

Folle semence de L'Orange mécanique

 

 

 

 

 

 

Burnside

De la maison muette à l'Eté des noyés

 

 

 

 

 

 

Butor

Butor poète et imagier du Temps qui court

Butor Barcelo : Une nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Cabré

Confiteor : devant le mystère du mal

 

 

 

 

 

 

 

Canetti

Des Années anglaises à L’Amant sans adresse

 

 

 

 

 

 

Capek

La Guerre totalitaire des salamandres

 

 

 

 

 

 

Capitalisme

Eloge des péchés capitaux du capitalisme

De l'argument spécieux des inégalités

La sagesse de l'argent : Pascal Bruckner

Vers le paradis fiscal français ?

 

 

 

 

 

 

Carrion

Les orphelins du futur post-nucléaire

Eloges des librairies et des libraires

 

 

 

 

 

 

Cartarescu

La trilogie roumaine d'Orbitor, Solénoïde ; Manea : La Tanière

 

 

 

 

 

 

Catton

La Répétition, Les Luminaires

 

 

 

 

 

 

Cavazzoni

Les Géants imbéciles et autres Idiots

 

 

 

 

 

 

 

Celan

Paul Celan minotaure de la poésie

Celan et Bachmann : Lettres amoureuses

 

 

 

 

 

 

Céline

Voyage au bout des pamphlets antisémites

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

 

Censure et autodafé

Requiem pour la liberté d’expression : entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Incendie des livres et des bibliothèques : Polastron, Baez, Steiner, Canetti, Bradbury

Le totalitarisme pas à pas : du renseignement comme sécurité sociale

 

 

 

 

 

 

Cervantès

Don Quichotte et le problème de la réalité

Don Quichotte par Pietro Citati et Avellaneda

 

 

 

 

 

 

Chesterton

William Blake ou l'infini

Le fantaisiste du roman policier catholique

 

Chevalier

La Dernière fugitive, À l'orée du verger

Le Nouveau, rééecriture d'Othello

Chevalier-la-derniere-fugitive

 

Chine

Chen Ming : Les Nuages noirs de Mao

Du Gène du garde rouge aux Confessions d'un traître à la patrie

Anthologie de la poésie chinoise en Pléiade

 

 

 

 

 

 

Civilisation

Petit précis de civilisations comparées

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

 

 

 

 

 

 

Climat

Histoire du climat et idéologie écologiste

Tyrannie écologiste et suicide économique

 

 

 

 

 

 

Coe

Peines politiques anglaises perdues

 

 

 

 

 

 

 

Colonialisme

De Bartolomé de Las Casas à Jules Verne

Métamorphoses du colonialisme

Mario Vargas Llosa : Le rêve du Celte

Histoire amérindienne

 

 

 

 

 

 

 

Colonomos

Politique des oracles, responsabilité du futur

 

 

 

 

 

 

Communisme

"Hommage à la culture communiste"

Karl Marx théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

 

 

 

 

 

 

Constant Benjamin

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Corbin

Fraicheur de l'herbe et de la pluie

Histoire du silence et des odeurs

 

 

 

 

 

 

Cosmos

Cosmos de littérature, de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Couleurs
Couleurs de l'Occident : Fischer, Alberti

Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


Crime et délinquance

Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

Cronenberg

Science-fiction biotechnologique : de Consumés à Existenz

 

 

 

 

 

 

Dandysme

Brummell, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire

 

 

 

 

 

 

Danielewski

La Maison des feuilles, labyrinthe

 

 

 

 

 

 

Dante

Traduire et vivre La Divine comédie

Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

De la Vita nuova à la sagesse du Banquet

Manguel : la curiosité dantesque

 

 

 

 

 

 

Daoud

Meursault contre-enquête, Zabor

Le Peintre dévorant la femme

 

 

 

 

 

 

 

Darger

Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

Darnton

Requiem pour la liberté d’expression

Destins du livre et des bibliothèques

Un Tour de France littéraire au XVIII°

 

 

 

 

 

 

 

Defoe

Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

Démocratie

Démocratie libérale versus constructivisme

De l'humiliation électorale

 

 

 

 

 

 

Derrida

Faut-il pardonner Derrida ?

Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

Dillard

Eloge de la nature : Une enfance américaine, Pèlerinage à Tinker Creek

 

 

 

 

 

 

Diogène

Chien cynique et animaux philosophiques

 

 

 

 

 

 

Dostoïevski

Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

Eco

Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Masques romanesque espagnols face à l'Histoire du franquisme

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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