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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 15:07

 

Port du Goisil, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Stevenson, aventure et utopie :

 

La Malle en cuir ou la société idéale.

 

 

Robert-louis Stevenson : La Malle en cuir ou la société idéale,

traduit par Isabelle Chapman et achevé par Michel Le Bris,

Gallimard, 304 p, 21 €.

 

 

 

Est-ce possible ? Un roman  inédit d’un des plus grands auteurs anglais du XIX° peut-il avoir été retrouvé ? Eh bien Michel Le Bris l’a fait. Mieux encore, à ce bel inachevé, ce dernier a bouclé l’écriture de la troisième et dernière partie pour tenter de lui rendre son intégrité. Comme enfermé dans une « malle  en cuir » qui a failli être définitive, ce manuscrit méritait-il l’oubli dans lequel l’auteur, ses héritiers et critiques l’ont maintenu ? Quant à Michel Le Bris, a-t-il bien su rendre justice à l’auteur de L’Etrange cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde ?

 

C’est à une véritable chasse au trésor que s’est livré ce passionné qui connaît à merveille son idole littéraire, à laquelle il a consacré les prémisses d’une monumentale biographie[1] et un Cahier de l’Herne[2]. En passant par un catalogue de vente aux enchères, il finit par dénicher dans une bibliothèque américaine, la Huntington Library de Pasadena, le précieux manuscrit.

On ne sera pas étonné d’apprendre qu’il s’agit d’un roman d’aventures. Entamé en 1877, cette écriture sans plan préconçu (de l’aveu même de l’auteur) fut abandonnée, à l’orée pourtant du couronnement de l’expédition narrée. Pourquoi ? Nous n’en saurons rien. Est-ce parce qu’il se reconnaissait mieux dans la rédaction des Nouvelles Mille et une nuits ? Il faut admettre, qu’entre « Le diamant du radjah » ou « Le club du suicide », il y a de fières pépites en ce recueil. Ou parce qu’il partait rejoindre sa chère Fanny Osborne ? Ou encore parce que cette fantaisie qui met en scène de jeunes bohêmes lui parut trop légère, voire puérile ?

Il faut admettre que le tableau initial de ces étudiants de Cambridge, quoique peint avec vigueur et non sans ironie, n’est pas aussitôt excitant. Ce sont six jeunes écervelés et désœuvrés, à l’exception d’Hardy qui a réussi à devenir major en mathématiques. L’un n’a « que deux amours au monde : la Bière et le Tabac », l’autre est « d’une rare banalité », un autre « a des crises de tout ». Mais, lorsqu’ils lancent le projet de partir à la recherche du « Bonheur tout fait sur les îles des Navigateurs » et d’y fonder une « Société idéale », l’intérêt du lecteur bondit. Même s’il faut en passer par la moins brillante « île d’Urquart », celui qui incarne parmi le sextuor « le seul naufrage complet de la bande ». C’est après le vol nocturne et rocambolesque de la fameuse « malle en cuir » que la bande imagine d’affréter un navire pour s’exercer à l’art de la navigation et rejoindre cette île écossaise et tempêtueuse. Où Stevenson ne nous emmènera pas ; et moins encore parmi l’île parfaite des mers du Sud…

 

 

Puisque « la Civilisation est un échec », l’utopie nécessiterait de « combiner l’extraordinaire puissance productive de la civilisation avec la liberté et la pureté de la barbarie ». On s’aperçoit bien vite que la réflexion politique est d’une intense qualité intellectuelle, que la maturité de l’écrivain de vingt-sept ans est à cet égard étonnante. La critique de la société victorienne, des « erreurs des phalanstères », le projet de « Redistribution des sexes » n’en aboutissent pas moins à ce que leur « petite utopie » puisse faire « le lit des bourreaux ». Et quoique nos héros pensent aller « dans un pays où les bienfaits de la nature rendent l’argent inutile », que l’un soit « contre la doctrine de la propriété », les lingots de la « malle en cuir » ne sont pas à dédaigner. Les « désenchantements romanesques » sont également politiques. Ainsi, le roman flirte avec le genre du dialogue philosophique, avec quelque chose des impromptus excentriques du Neveu de Rameau

C’est avec opiniâtreté que Stevenson creuse son sillon marin. Les aventures maritimes constituent l’un des fils d’Ariane de son œuvre, entre le célébrissime L’Ile au trésor et Le Trafiquant d’épaves. Non sans renier la tradition née avec Robinson Crusoé, il lui ajoute une dimension romantique : l’attraction pour des espaces exotiques et des utopies que les au-delàs de l’espace et de l’humain pourraient receler… Comme le laisse entendre Michel Le Bris à la fin de sa réécriture, seul Stevenson réalisera ce que ses personnages, ou alter-egos, n’ont pu faire : rejoindre les îles Samoa. Loin d’être une œuvre mineure, cet fulgurant inachevé peut voisiner sans honte avec le contenu des deux volumes de La Pléiade[3] consacrés à notre écrivain.

C’est alors que Michel Le Bris a su se tirer d’affaire avec une réelle ingéniosité. Il résout l’énigme du jeune Hugo Lemesurier qui croit défendre la malle de sa mère, il échafaude avec un brio digne du romancier Wilkie Collins une histoire de mélancolique fils illégitime qui récupère son héritage… On se demande cependant s’il était bien utile d’introduire un prologue à cette suite, assurant l’écriture d’un narrateur parmi la bande des aventuriers, s’il était nécessaire de faire aussi long que son devancier, si des développements lyriques et descriptifs ne nuisent pas à la concision, si les propos sur les « personnages de roman » ne sont pas un peu oiseux. Finalement, le pastiche du roman d’aventure, avec farouche île écossaise, abordage et naufrage, avec l’histoire d’amour d’Hardy et de la blonde et salvatrice Mary, reste assez réussi, quoique sans la puissance, l’acuité philosophique et psychologique de Stevenson.

 

Célèbre initiateur du festival « Etonnants voyageurs » de Saint-Malo, Michel Le Bris a ici trouvé son « île au trésor ». Certes, se mesurer avec un tel géant en prétendant tenir sa meilleure plume pour achever en une centaine de pages un chef-d’œuvre, a quelque chose d’outrecuidant ; même si, avec autodérision, il se compare à ceux qui « en des lieux médicalisés, se croient Napoléon ou Jules César ». Mais en ce défi colossal, notre découvreur et continuateur a répondu avec les honneurs. Quoique en déflorant le mystère qui peut-être présidait à la volonté de Stevenson. Ce qui ne nous empêchera pas, bien au contraire, de rêver à notre propre fin et d’amener les aventuriers jusqu’au miroir aux alouettes des îles bienheureuses…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Michel Le Bris : Robert-Louis Stevenson : Les Années bohémiennes, Nil, 1994.

[2] Paru en 1995.

[3] Stevenson : Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, tomes 1 et 2, 2001 et 2005.

 

 

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 13:39

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

James G. Ballard philosophe politique :

 

de Millenium people au Crash de civilisation.

 

 

James G. Ballard : Millenium people, traduit de l’anglais par Philippe Delamare,

Denoël 367 p, 22€.

 

James G. Ballard : Crash, traduit par Robert Louit, Folio, 272 p, 20€.

 

 

 

 

Pour impressionner, une fiction doit souffler sur nos peurs. Pas forcément les plus évidentes, catastrophes naturelles, terrorisme islamiste ou tours infernales venues du réel ou de scénarios éculés, mais les moins soupçonnables. C’est ainsi que Ballard s’est acharné à nous torturer avec l’érotisme cruel des accidents de la route dans Crash (aujourd’hui réédité), avec la menace des loisirs définitifs des vacanciers dans Fièvre guerrière, ou avec des enfants meurtriers dans Le Massacre de Pangbourne. C’est encore une révolution inattendue qui sourd du Millenium people : celle des classes moyennes venues des « Immeubles de Grande Hauteur » et des Îles de béton. Jusqu'au crash de la civilisation...

 

Bénéficiant des révolutions industrielles puis informatique, le peuple des classes moyennes et des banlieues voit ses tendances et fantasmes attiser l’évolution des mœurs. Mais lorsqu’on menace son pouvoir d’achat, ce « nouveau prolétariat, victime d’un complot séculaire » décrète : « la prochaine révolution concernera le stationnement ». Cet enfant gâté enchaîne les actes terroristes, puérils, violents. Avocats, enseignants, médecins, assureurs, journalistes, architectes, ils ont leur leader en Richard Gould, un pédiatre illuminé, et dévastent leur quartier. En quête d’un sens introuvable parmi leur « ennui féroce », ils s’attaquent aux pingouins du zoo, à la statue de Marx, aux musées, assassinent une vedette de la télévision...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Quel est le véritable ennemi des habitants de Millenium ? Infiltrés par le narrateur, David, un psychologue nanti d’une jolie femme handicapée et qui n’est pas sans jouir de participer à la guéguerre, ces cadres instruits ont « entrepris de démanteler leur monde bourgeois », d’en finir avec le tourisme, avec la culture. « Il n’y avait pratiquement pas une activité humaine qui ne fût  la cible d’un groupe concerné », animé par une « religion primitive » et « avide d’un personnage charismatique ». Le capitalisme de consommation, les valeurs libérales, l’Amérique et Hollywood sont au premier rang des accusés. Après les « manifs contre les OGM et l’Organisation Mondiale du Commerce », après l’attentat du 11 septembre qualifié de « courageuse tentative de libération », cette « abdication de la responsabilité civique » les conduit à incendier une cinémathèque, à tuer des innocents en rêvant de « changement cataclysmique ». Pour ériger quelle société ? En fait, ces nouveaux fascistes avides de « rôles intéressants », d’« une vie plus intense » rêvent de « bâtir une Angleterre plus saine d’esprit », « des lois sans sanctions », « un soleil sans ombres ». Fulminant contre la servilité bourgeoise, ne sont-ils pas de pires tyrans?

Qui lirait Millenium people pour s’exciter au spectacle de ces révolutionnaires à la mode en manquerait le propos. Certes, il est bien question d’excitation sexuelle par la violence. En témoigne la folle nuit d’amour de David et Kay après l’attentat à la Tate Modern. Mais plus qu’un roman à thèse sur la crise de la société d’abondance, il s’agit d’un portrait à l’acide de ceux qui la refusent au nom de leur « catéchisme d’obsession ». Là se dessine la veine satirique de Ballard. Jouer les rebelles, chercher des coupables fantasmés, dictature des médias de consommation ou capitalisme international, n’est-ce pas se renvoyer à soi-même sa vanité… Prenant la vie pour un divertissement dans un « immense parc à thèmes », l’homme consomme la santé, la liberté, le luxe, méconnaissant la face dangereuse de toute existence. En fait, Ballard, qui dénonça dans un entretien « une dictature soft  et un nouveau fascisme comme celui qui est en train de naître aux Etats-Unis», n’incrimine pas un totalitarisme démocratique ou commercial, mais notre amollissement dans une dépendance qui n’est plus celle de l’esclave mais celle du dernier homme nietzschéen, heureux de sa médiocrité, mais prêt à se parer de l’auréole du casseur révolutionnaire dès que l’un de ses hochets menace de lui manquer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Voici le moteur des événements barbaroïdes : la recherche forcenée de l’intensité des sensations. Fussent-elles celles de l’accidentologie, des prothèses, du handicap au cœur de l’explosif froissement des tôles automobiles, consomme le mariage de la douleur et de la jouissance sexuelle. C’est ainsi dans Crash, où le narrateur, James Ballard, à la façon d’un alter ego de l’auteur, fut la cause de la mort d'un homme lors d'un accident de voiture. Ce pourquoi, en une sorte de catharsis perverse, il développe une véritable obsession pour la tôle froissée, pour les spectres des casses de véhicules. Enrôlé par Vaugham, un ex-chercheur qui aime reconstituer des accidents célèbres et va jusqu'à en provoquer de nouveaux pour assouvir ses pulsions morbides, le narrateur est peu à peu initié à une nouvelle sexualité qui lie étroitement violence et technologie.
      Premier volet de la « Trilogie de béton », Crash jouit de l’union imprévue de l’accidentologie et du sexe, entre sadisme et masochisme, non sans un développement esthétique fascinant et repoussant à la fois.

      L’habitat contribue au déchaînement des mœurs. Ainsi des « Immeubles de Grande Hauteur » et des « îles de béton ». Sous le titre en forme d’acronyme, I.G.H. entasse l’humanité en dehors de toute nature, dans une artificialité d’abord propre et solide, mais qui se dégrade rapidement. Chaque immeuble abritant quarante étages et mille appartements luxueux, ce que l’on imaginait comme une homogénéité sociologique éclate bien vite en clans séparés, ennemis, en guerres tribales, pour rejouer un stade primitif et originel de l’anthropologie. Quant à l’île de béton, c’est celle où échoue, lors d’un banal accident de voiture aux alentours de Londres, Robert Maitland. En contrebas des voies autoroutières, le voilà coincé entre deux remblais, en haut desquels personne ne s’arrêtera pour sauver le naufragé. Robinson postmoderne, l’anti-héros doit se livrer à une inédite guerre de survie, entre « Proctor », un clochard, une jeune femme, redevenir « le mâle agressif » que la civilisation avait recouvert d’un vernis.

      Parmi l’enfermement des tours d’habitation et des « îles de béton », le désir sexuel et la mort seuls permettent de jouer sa vie aux dés pour un climax de sensations exacerbés, qui aboutit à un jouissif « jardin de sang », antithèse de celui d’Eden, qui n’est rien moins qu’une dérision de l’humanisme, une satire de l’urbanisme et du machinisme fétichiste, un retour aux pulsions de violence et de morts, autant qu’un crash de civilisation.

 

 Comme dans Super-Cannes dans lequel les cadres très supérieurs de l’Eden-Olympia peuplent leur loisirs du luxe du délit, du braquage et du meurtre, il s’agit dans Millenium people, ce diagnostic indispensable malgré une intrigue distendue, de radiographier moins les ressorts secrets de la bourgeoisie capitaliste que ceux de l’homme. De pires utopies ont plus encore déchaîné les pulsions criminelles au cours du siècle précédent. Si l’on suit Fukuyama qui voit dans la capitalisme libéral « La Fin de l’Histoire », il ne signifiera pas pour autant la fin du mal, ce fantasme humain, trop humain. Féminisme et écologie seront peut-être nos futures tyrannies, comme le propose Ballard dans La Course au paradis. Les technologies de réparation-rééducation corporelle animeront de nouveaux fantasmes érotiques comme le dépeint Crash. C’est ainsi qu’engagé dans les labyrinthes de La Foire aux atrocités (pour reprendre le titre programmatique publié par Tristram) Ballard philosophe politique, et néanmoins romancier, est l’un des sismographes les plus avancés de notre temps.

 

Thierry Guinhut,

Article paru dans Le Matricule des Anges, février 2005

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir également : Ballard : les Nouvelles complètes d'un artiste de la science-fiction

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 19:04

 

Vide-greniers de Villiers-en-Plaine, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

J. G. Ballard, les Nouvelles complètes

 

d'un artiste de la science fiction :

 

anticipations

 

technologiques et psychiques.

 

 

J. G. Ballard : Nouvelles complètes 1956-1996,

sous la direction de Bernard Sigaud, divers traducteurs de l’anglais,

Tristram,

Volume I : 704 p, 29 €.

Volume II : 706 p, 29 €.

Volume III : 508 p, 29 €.

 

 

      Parmi la « forêt de cristal » de l'œuvre protéiforme de J.G. Ballard romancier, le translucide chatoiement de ses narrations inquiétantes n’a jamais fait mieux que dans ses nouvelles. Au sommet de son art, mêlant anticipation psychique et présent visionnaire, Ballard nouvelliste fouille de nouvelles tyrannies. Certes, quelques-unes d’entre elles répondent aux canons de la science-fiction. Planètes, vaisseaux spatiaux et « tombes du temps » comptent cependant moins que la dimension d’infini qui déstabilise le voyageur. Ainsi l’on frôle le fantastique borgésien, avec l’inversion temporelle, les rêves géologiques ou l’audition « Du fond des âges ». Mieux vaut alors parler d’anticipation psychique. Car il s’agit d’explorer des potentialités de l’homme : sa vie, ses arts, ses industries, ses sentiments, tout dérive vers des merveilles délicieuses, des terreurs inconnues. Parmi ces trois fascinants volumes, bellement publiés par Tristram, et rassemblant la totalité des cent trois nouvelles de l'anglais J. G. Ballard, les mystères de la psyché sont alors aussi fascinants que ceux du futur.

 

      La meilleure science-fiction est peut-être celle qui n’en est pas. Depuis La Machine à explorer le temps de Wells jusqu’à Hypérion de Simmons, des technologies irréalisables ont survolé guerres des étoiles et space opéra en d’indiscutables réussites. Mais Ballard ne pratique guère le culte monothéiste des vaisseaux spatiaux. Il repoussa tellement les limites que des lecteurs des magazines où il publiait se sont plaint de ce crime de lèse-genre. En effet, au-delà de la seule anticipation technologique, il aine explorer autant une biologie poétique qu'un transhumanisme de la psyché.

      Certaines de ses nouvelles ressortissent pourtant à une science-fiction traditionnelle. Sur une planète volcanique, « Les terrains d’attente » sont des stèles de pierre gravées de langues venues des « quatre races stellaires », en l’attente d’une révélation du temps cyclique. Mais dans « Le sourire de Vénus », une sculpture de métal se met à chanter au cours de sa croissance. Une fois détruite, son métal fondu et refaçonné fait chanter tout un immeuble grâce au talent de la revancharde sculptrice. De nouveaux matériaux, mais aussi une nouvelle branche de l’art sont postulés par la fiction. D’autres nouvelles sont ouvertement fantastiques, ou borgésiennes, comme lors de l’infini de « La ville concentrationnaire », entre image paranoïaque et réalité palpable de notre urbanisme.

      Car il s’agit surtout d’explorer des potentialités de l’homme : sa vie, ses arts, ses sentiments, tout dérive vers des merveilles dangereuses, des terreurs inconnues, à la limite de l’anti-utopie. Le Docteur Neill revoie le fonctionnement du cerveau et libère ses patients du sommeil : vingt ans de vie gagnés. Hélas, la réalité devient un « trou d’homme » ; sans rêves, la « régression vers la grande matrice du sommeil » est définitive. L’amour se dénature au point de préférer aux hommes le mensonge mystique des « Statues qui chantent ». Le futur sera-t-il le lieu d’une multiplication du corps et de l’intellect humain, ou un avilissement, un dessèchement de l’humanité ?

 

 

      Ballard nouvelliste a su inventer un espace fétiche et récurrent où loger les développements de son imaginaire technologique et « psychopathologique » : « Vermillon Sands », sorte de Californie ou de Nouveau Mexique, parfois en déshérence, où les lumière du désert favorisent une vision à la fois hallucinatoire et particulièrement nette d’une architecture et d’une robotique qui, au-delà de la mécanique, est œuvre d’art. Au point de produire elle-même des œuvres d’art, semblant ainsi dépasser et rejeter l’homme, pourtant leur créateur originel. Les nouvelles ici situées sont habitées par des starlettes, des déjantés, des artistes excentriques, des « sculptures soniques », et voient les ordinateurs produire des poèmes, les orchidées chanter, les mythologies se réactiver. Ainsi, au hasard des recueils, l’esprit humain se déglingue, bourgeonne, le corps se déchire ou se reconstruit avec masochisme. Au-delà du surréalisme, Ballard fait de la science-fiction avec les émotions de notre cerveau : la peur et le désir, de l’érotisme des corps et des personnalités à celui des machines, en passant pas la chirurgie et l’accidentologie, comme dans son roman Crash[1]. Les personnages tentent de maîtriser la beauté fascinante des créations picturales ou musicales inouïes et des apparitions souvent féminines, terriblement émerveillantes.

      Cependant l’anticipation de Ballard est également une satire des mœurs, un « présent visionnaire ». Les nouvelles donnes sociales, urbaines et environnementales conduisent à des violences inédites, dans le cadre d’anti-utopies inquiétantes. La société industrielle, souvent laide, oscille entre psychose, paranoïa et béton postnucléaire. Surpopulation inculte, « embrigadement social », urbanisation et trafic exponentiels, surproduction et surconsommation, surveillance technicienne et kafkaïenne amoindrissent l’homme, fondamentalement dérangé. Phobies, inquiétudes morbides et autres pulsions amoureuses détournées le rendent étranger à lui-même. Notre écrivain, autant anthropologue que scientifique, sinon psychiatre, entre Lovecraft[2], Max Ernst et Einstein, interroge notre temps, notre futur, constituant à sa manière l’équivalent d’un vaste essai politique, sorte de Léviathan post hobbesien, menacé par une tyrannie diffuse, virtuelle et soudain violente. Ou par une perversion de la nature et de l’art, comme ce « tragique assaut d’insectes incrustés de gemmes ».

 

 

      Le deuxième volume de la trilogie de nouvelles, plus encore que les romans, est tout simplement époustouflant. Au-delà du laboratoire romanesque, un puzzle introuvable se construit sous nos yeux : le monde de Ballard vient remplacer le notre. La concision, qui n’est pas toujours son romanesque péché mignon, est ici d’une redoutable efficacité. L’aisance narrative côtoie le flamboiement des allusions cultivées. L’écriture cristallise poésie colorée et précision hallucinatoire du merveilleux, de l’aphorisme au rêve éveillé, jusqu’à la critique sociétale aiguisée, comme si le temps du dernier homme nietzschéen était advenu, dans la dégénérescence de la civilisation et l’excroissance d’une nature et d’un mental terrifiants. Mort il y a peu, Ballard nous a laissé ses mémoires, indispensables à l’aficionado : La vie, et rien d’autre[3]. Nous serions pourtant tentés de dire : l’œuvre, ces nouvelles toujours surprenantes, et rien d’autre. Sommes-nous encore les mêmes après ces ballardiennes possibilités poétiques et monstrueuses des technologies et de la psyché ?

      Ainsi, une société technologisée à outrance laisse aux ordinateurs le soin d’écrire les poèmes dont elle aurait besoin pour ajouter un supplément d’âme à la sécurisation absolue d’une vie étouffée. « Numéro 5, les étoiles » est en effet une nouvelle splendide, associant une allégorie de la poésie retravaillée depuis la mythologie grecque à un « verséthiseur » qui produit des banderoles de citations, à moins qu’il s’agisse de l’inspiration démente d’Aurora Day qui les écrirait encore à la main. Lorsque l’élite s’abandonne à la sophistication technologique, plantes chantantes, sculptures sonores, machines à poèmes, nos créations deviennent nos rivales. Pire, une société anxiogène et en déliquescence oblige l’homme devenu virtuel à retourner in utero, ou à se changer en peinture abstraite. Là sont les textes les plus somptueux de l’écrivain britannique.

      « Présent visionnaire » encore lorsque le futurisme de Ballard est également une radicale critique sociale. Sauvagerie[4], longue nouvelle ou bref roman si l’on veut, reste une anticipation plausible dans les limites réalistes de notre contemporain. L’assassinat mystérieux des adultes d’une cité résidentielle de luxe nous laisse imaginer qu’à trop protéger des chérubins nous en faisons des monstres, en qui le meurtre est indéracinable de la nature humaine, y compris dans notre condition aisée et policée. La fulgurance de Sauvagerie diffuse une inquiétude empoisonnée sur le devenir de nos sociétés opulentes où informatique et surveillance vidéo traquent et déshumanisent, en une douce tyrannie où la violence ne demande qu’à ressurgir, y compris où on ne l’attend pas.

 

 

      Ce n’est pas par présomption que Ballard vante l’art de la nouvelle au détriment de romans trop longuement délayés -comme son Super-Cannes[5] qui aurait gagné à cultiver la concision. Mais dans la belle et dangereuse Forêt de cristal[6], quoique également ce roman semble devenu le caoutchouc trop étiré d’une nouvelle originellement brillante, la jungle et les corps se cristallisent avec une redoutable efficacité romanesque : l’effrayant merveilleux (ou l’hallucination collective) dénonce la dureté cristalline de nos âmes.

      « Bizarrement, il y a beaucoup de nouvelles parfaites, mais pas de romans parfaits », confie, avec un rien de mea culpa, Ballard en son introduction. Parfaites en leur surexotique divertissement, parfaites en ce qui concerne leurs qualités politiques et philosophiques. Une nouvelle de 1972 imagine une « Télévision Transtemporelle », qui va filmer dans le passé les conflits, les grands assassinats, et surtout la Seconde Guerre mondiale. Se tournant vers le XIX° siècle, les réalisateurs sont surpris par le peu de combattants de Waterloo. Pour augmenter l’audience télévisuelle, il faut donc guérir par antibiotiques et à leur insu les soldats malades, ajouter des mercenaires, « refaire l’Histoire pour la rendre plus attrayante au public ». Hannibal bénéficia de deux cents éléphants de plus. Dommage, « tous les événements entourant la vie du Christ furent déclarés tabous ». On se console avec le passage de la Mer rouge par les Israélites, qui réserve une surprise immense : outre les Egyptiens, « sous une lumière surnaturelle […] la quasi-totalité du matériel TVT mondial avait été détruite, les meilleurs producteurs et techniciens avaient disparu pour toujours ». Voilà qui signa la fin des « safaris dans le passé ». On appréciera avec délectation la chute offerte par « un prêtre doté d’un sens de l’humour particulièrement ironique : « Cette grande chaîne là-haut dans le ciel a elle aussi ses idées sur la valeur des émissions » ».

 

      La plupart des nouvelles de notre Ballard préféré sont de la stupéfiante qualité de ce « plus grand spectacle télévisé du monde ». Pensons encore à une nouvelle de 1992, dans laquelle « une planète obscure » (entendez la terre) voit ses habitants « s’adonner au jeu ultime -l’exploration de leur propre psychopathologie », au point que leurs ordinateurs les aient expédiés dans une « caverne de l’illusion » pour rester en sécurité. Les potentialités infinies de l’avenir, les mutations du présent, technologiques ou biologiques, pourtant riches de nouvelles libertés, et parfois grosses de menaces, portent un sérieux coup à notre moi, à notre univers, ainsi qu’à l’éthique traditionnelle. Jusqu’à menacer l’humanité d’une sournoise entropie, d’apocalypses inédites. Ballard, ce fabuleux visionnaire, serait-il séduit par ces perspectives ou au contraire saisi d’un effroi réactionnaire ? À moins que le feu d’artifice de son invention soit le masque de la prudence…

 

Thierry Guinhut

À partir d'articles parus dans Le Matricule des anges, ici augmentés.

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir également : Ballard : de Millenium people au Crash de civilisation

 


[1] J.G. Ballard : Crash, Calmann Lévy, 1974.

[3] J.G. Ballard : La Vie, rien d’autre, Denoël, 2009.

[4] J.G. Ballard : Sauvagerie, Tristram, 2008.

[5] J.G. Ballard : Super-Cannes, Fayard, 2001.

[6] J.G. Ballard : La Forêt de cristal, Denoël, 2008.

 

 

 

Ballard-3.jpgBallard

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 14:35

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Réussir Martin Amis,

 

le satiriste de la décomposition :

 

des Poupées crevées à L'Information,

 

par La Flèche du temps.

 

 

 

 

La parution française de Poupées crevées (1) permet enfin de retrouver le chaînon manquant dans l’évolution du romancier britannique Martin Amis (né en 1949). Après les indignations contre les barrières des classes sociales des « Angry young men », dont son père, l’écrivain Kingsley Amis, fit partie, il semble bien que le but ultime et toujours renouvelé de Martin Amis soit « réussir ». Réussir chaque roman comme un challenge, réussir son ascension sociale par la littérature, réussir à changer le chaos contemporain en succès personnel, tout en s’attaquant aux valeurs du succès et de l’argent avec l’ironie acérée, jubilatoire de la satire. Ecrivant à l’acide sur le fol aujourd’hui au lieu de sauter dans le hors-jeu d’une désuète nostalgie, il est le disjoncteur d’une génération qui voit son enfance se lever sous le signe de la menace atomique, sa jeunesse s’affirmer avec la libération sexuelle et sa maturité atteindre son acmé à l’occasion du millénium.

 

On s’étonne que Poupées crevées ait attendu un quart de siècle pour être traduit. Paru en 1975, après Le Dossier Rachel (2) méprisant roman d’initiation amoureuse, c’est un Decameron ravageur d’après la libération sexuelle. Marvell anime un week-end de dope, d’alcool et de sexe, dans un presbytère converti en manoir, où chacun des dix personnages parcourt « la galerie neuronale de son propre passé ». Expérimentateur et théoricien, il manipule ses cobayes à la façon de l’écrivain qui les amène à « servir les objectifs de cette fiction ». L’itinéraire de ces riches oisifs, ou rejetons de communautés hippies, est réactivé par les vrais et « faux souvenirs » que les drogues autant que le mouvement de la construction romanesque aux récits emboîtés jettent dans les cerveaux et dans les pages. Le week-end est un révélateur et une apogée.

           L’aristocrate Quentin est marié avec Celia, Andy le baiseur macho et violent est flanqué de Diana, Giles est obsédé par le cauchemar de sa dentition et par la « tristesse des rues ». Keith, leur souffre-douleur, est un « nain de cour » obèse, souffreteux,  puant, digne de toutes les expérimentations et tortures. Ils reçoivent les américains : Skip, ex gamin violé par son père, et Roxeanne, sculpturale baiseuse rousse, tous deux placés sous l’autorité de Marvell qui a des théories définitives sur la libération sexuelle : les sentiments sont des « poupées crevées », on a enfin « séparé le sexe des émotions ». Baisant comme on exécute les autres fonctions corporelles, les acteurs du « Théâtre psychologique » tentent de remédier à leurs manques, déséquilibres, terreurs et béances grâce à un arsenal de drogues sensées leur apporter euphorie et oubli, force et grandeur, intensification des perceptions sensorielles et « sentiment de contrôler les choses ». L’un veut être « sexuellement excité , bien membré, violent et fort », l’autre veut se « sentir remplie d’amour ». L’énigme et le ratage du cerveau, « système mécanique » obéissant à « des phénomènes purement chimiques », seront-ils solutionnés grâce au cocktail de drogues?

La surenchère des vidéos pornographiques (zoophilie, coprophilie et meurtre sexuel) ne dépoussière plus leur ennui, leur nostalgie d’une séduction empêchée par la morale traditionnelle. Parmi les mâles impuissants, qui parviendra à satisfaire les appétits de la surhumainement belle Roxeanne ? Le nain, symbole de l’exclusion du royaume d’Eros, trouvera-t-il à satisfaire sa libido ? Après le débarras des sentiments, le syndrome du « sexe contrarié », de son échec, se rue sur les antihéros. Le « théâtre contre alternatif » ne pourra que déboucher sur des « bébés morts». L’apocalypse finale n’est pas sans faire penser à une autre jeune littérature, celles des « Cannibales italiens », dont le chef de file Niccolo Ammaniti imagina en 1996 un  Dernier réveillon (3) festif et vengeur, couronné d’un explosif carnage.

Les narrateurs du Décameron pouvaient ordonner leurs récits dans une cohérence aux claires visées morales. Chacun était en possession d’un équilibre psychologique indéniable qui lui permettait de ranger sa prose sous l’éclairage de la raison. De même, Boccace, en humaniste consommé, savait devoir disposer ses dix journées et leurs enseignement en un tout reflétant l’ordre d’une société médiévale en pleine expansion, contrecarrant ainsi les effets de la peste qui les a chassé de Florence. Chez martin Amis, les personnages n’ont ni l’énergie ni la cohérence nécessaires pour assumer leurs propres récits. Seules les drogues leurs permettent de revivre, et de nous transmettre, en une schizophrénie douloureuse, leur histoire et leur psyché dévastées. Ce qui n’est possible que par la main mise et la manipulation de leur maître es drogues, leur gourou et expérimentateur fascisant : Marvell. La société démocratique des narrateurs du Décaméron, quoique élus par Boccace parmi une aristocratie de l’esprit, s’est changée en un groupuscule dont l’assomption n’est pas la connaissance mais la destruction, l’apocalypse désirée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En toute logique perverse, Amis retourne La Flèche du temps (6) contre l’un des auteurs de l’apocalypse assénée aux juifs. Reprenant le principe d'une nouvelle d'Alejo Carpentier (« Retour aux sources » dans Guerre du temps)il fait subir à son personnage une vie à rebours. Celui-ci avance depuis sa mort en Amérique pour être en son âge mûr médecin expérimentateur à Auschwitz, et rentrer enfin dans le ventre de sa mère alle­mande. Au-delà du tour de force narratif, c'est un exercice continu d'ironie, épinglant le ridicule nazi, ainsi que le principe de causalité, le mythe de la formation de l'individu. L’anti-héros est le répugnant agent d’une catastrophe à la mesure du siècle.

 

Cette «flèche» se fait fléchettes lorsque le très médiocre héros de London Fields (7) ne sait parvenir à l'excellence que sur sa cible de concours de bistrots. Nous sommes à la veille de l'an 2000, une menace d'apocalypse colore le ciel de Londres. La flèche du millenium finira par apporter à la jeune victime son meur­trier désiré et manipulé. Les champs de Londres sont par­courus de malfrats, de vantards, de bébés monstrueux et d'un narrateur hanté par «le blocage de l'écrivain». Sur une intrigue trop distendue, la force du style reste cata­clysmique. Argot et néologismes, images coup-de-poing et métaphores proliférantes, sarcasme et parodie cinglent les personnage et font d'Amis un grand styliste couplé d’un critique féroce de la décadence du Royaume Uni. Ses marionnettes n'ont aucun libre arbitre, leur destinée est biologiquement et sociologiquement prévisible, les certitudes humanistes ne sont pas leur fort, ils sont ballottés par le hasard et par des machinations qui les dépassent et que personne ne contrôle vraiment : une société pour le moins fanfaronne, inquiète et vouée à sa perte. Seuls l'humour, l'ironie et les étincelles du style peuvent rattraper les personnages aux yeux du divertissement et de la morale hésitante du lecteur. Attitude postmoderne où les propositions idéologiques et morales sont rempla­cées par le brio du narrateur. Ce qui fait la force du livre est moins la puissance de son contenu que la déstabilisation pratiquée à l’égard d’une ville ainsi portraiturée. Londres n’est plus la splendide métropole, le phare du monde civilisé, mais un immense faubourg sans foi ni loi, sans queue ni tête.

Certes, à l’époque victorienne, Dickens avait opéré un semblable renversement en se penchant sur les bas fonds londoniens, ses malfrats, ses enfants dévoyés et ses Grandes espérances déçues. Mais c’était pour garder et réaffirmer un point de vue humaniste selon lequel toute créature pouvait être remise dans le droit chemin. Martin Amis fait pire. Aucune rédemption ne guette ses fantoches. Au point que la victime attende et suscite son meurtrier, tandis que Londres paraît se coucher sous la menace nucléaire désirée pour être enfin changée en « champs ». Si, un siècle plus tôt, l’allégorie de Londres pouvait être une forte femme appuyée sur une lance, un bouclier, aux pieds jonchés des richesses de ses colonies, aujourd’hui Martin Amis fait de sa pute velléitaire en attente d’un sordide sacrifice une choquante allégorie d’une ville envahie d’immigrés guère plus brillants que ses traditionnels habitants, pourris de l’intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Information (8) est peut-être son livre le plus entraînant, le plus significatif, le plus métafictionnel. Deux écrivains paraissent d'abord s'épauler. Mais ce n'est que concurrence sauvage pour le pouvoir, le succès et l'argent. Tous deux sont des héros de merde. L'un, Richard Tull, après deux livres aussitôt oubliés que publiés, accumule les manuscrits aussi intel­lectuels qu'illisibles jusqu'au dernier, Sans titre, sans compter Informulé. L'autre, Gwyn Barry, après avoir tiré le diable par la queue avec son compagnon d'université, a soudain un succès fabuleux: Amelior, roman simplet, galvanise les foules. Tull a une femme baisable qu'il n'arrive plus à baiser et deux jumeaux accaparants, il est alcoolo et nico­tiné, il traîne dans les rues, tel Laocoon, un aspirateur défaillant au tuyau serpentiforme, déconsidérant ainsi les grands mythes. Alors que Barry a une Lady riche et sexy, un agent littéraire carnassier, une tournée triomphale aux Etats-Unis... Equipée burlesque et sordide pour Tull qui l'accompagne en vue d'écrire un portrait de son rival qui, par ironie, lui est commandé.

Le roman est en fait une formidable satire des mœurs littéraires contemporaines où fric et coups bas sont de règle. L'Amelior de Barry est une utopie gentillette sans sexe, sans conflits, sans vie. Le Sans titre de Tull est une «prose aussi contournée que capricieuse » «plus rasoir que Joyce», bourrée de subtilités linguis­tiques, avec une «structure temporelle à huit niveaux» et «seize narrateurs peu fiables». Une carica­ture de ces bluettes pseudo philosophiques genre L'Alchimiste de Coelho, quand l'autre singe les excès d’auteurs postmodernes comme Gass, Gaddis ou Coover… L'Information se fait théorie du roman, montrant la décadence du genre, depuis les dieux-héros jusqu'à la comédie des «déchets de la société». Evolution parallèle aux «progrès de l'humiliation» subis par notre univers géocentrique devenu médiocrement excentrique dans le chaos cosmique. Impuissant, l’homme voit la perte de la « sensation de l’érection » aller de pair avec « la perte de la transcendance ». Après l’épopée vient « le romanesque de supermarché », « l’anti-comédie ».

Quelle est cette «information» ? L'entropie, la catas­trophe de la chute du roman, « l'inévitable décomposi­tion», la fin de la naine jaune du soleil, la crise de la qua­rantaine et sa pente de décrépitude ? Ou celle qui fera tomber l'adversaire, scandale de Lady qui coucherait avec des noirs et des délinquants, ou faux plagiat ? Comme lorsque Tull a droit enfin à une interview parodique, mangée par la pub, le sport et les sponsors... Férocité et humour sont les maîtres mots du style d'Amis qui manie à plaisir ironie stylistique et ironie du sort. Dommage qu'il tire sur le chewing-gum nar­ratif pour allonger un roman splendide qui aurait pu par­fois être plus concentré... Il brode avec délectation sur son thème favori: l'être humain est une catastrophe.

 

         Peut-on être belle, douée de tous les dons, sereine, équilibrée, et finalement catastrophique ? Hélas oui. L’héroïne de Train de nuit (9) s’est-elle suicidée ? Impossible dans un tel contexte, malgré les preuves. Sûrement faut-il chercher un meurtrier, un mobile… Ou se rendre à l’évidence : la perfection d’une vie, quoique nourrie de conventions, est insupportable. Là réside la catastrophe inhérente au genre humain. Depuis Darwin, Nietzsche et Freud, un nombre considérable de catastrophes ont fait descendre l’être humain depuis le nombril des Dieux jusqu’au sol d’une solitude viciée : le champ de Londres, tel qu’Amis nous le décrit. Peut-on survivre avec la consolation de l’ironie et l’effervescence du style ? Malheureusement, dans ce soporifique Train de nuit, sur ce sujet tout en délicatesse, Amis n’a guère affûté l’arme de son style. La ténuité de l’argument, et peut-être sa dimension métaphysique, auraient mérité autre chose qu’une narration dont les ficelles sont empruntées à la banalité d’un télépolar qui tombe à plat.

Parmi les neuf nouvelles d’Eau lourde (10) on trouve un écho superparodique à L’Information : un scénariste peine à publier ses scripts dans de minables revues, tandis qu’un poète voit son sonnet mériter un remake chez son hollywoodien producteur… L’ironie passe par le retournement des situation usuelles et conventionnelles. Dans « L’envers du placard », le lobby des hétéros peine à s’affirmer dans une Amérique majoritairement gay. Quand à l’onaniste forcené de « Combien de fois » ce sont les héroïnes des romans anglais, plutôt que la pornographie, qui attisent son priapisme. On pense à ces récits déments de Will Self où l’interversion fait loi. Renversement des sexes dans Vice versa, renversement utopique dans Les Grands Singes (11)… Plutôt que les propositions immorales, c’est le questionnement ludique sur les mœurs qui fait de Martin Amis -et de son héritier né en 196O- un moraliste politiquement incorrect.

 

Grégory, l’héritier pourri d’arrogance de Réussir (12) croit, malgré son insolent succès, s’attirer notre compassion en se plaignant d’être convoité par trop d’hommes et de femmes. Terry, son frère adoptif, lâche, laid, minable, n’attire guère notre indulgence. Une fois de plus, personne ne paraît être épargné. Jusqu’à la caricature. Le brio sadomasochiste du narrateur reste seul vainqueur sur le terrain de la mise en abyme des mœurs contemporaines, manipulant et chargeant ses personnages comme on perce d’aiguilles des poupées vivantes. Où l’on voit resurgir cette récurrente dynamique romanesque construite à l’aide personnages contrastés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les inséparables couples littéraires, Don Quichotte et Sancho Pansa, Bouvard et Pécuchet, San Antonio et Bérurier, sont liés par une complicité, par un idéal commun, qu’il s’agisse d’aboutir au succès ou à la déception. Martin Amis, lui aussi, bâtit L’Information et Réussir en suivant pas à pas les pérégrinations d’un indissociable duo. Cependant le ciment qui unit les protagonistes est loin d’être aussi enchanteur. Richard et Gwyn, Terry et Gregory forment des couples violemment contrastés que les sentiments les plus bas, sinon pervers, sanglent dans le fil barbelé d’une impitoyable narration. La jalousie, l’envie, le mépris, la haine les lient plus sûrement que l’amitié. Abattre son rival littéraire au succès fracassant est l’obsession de Richard, sa raison d’être, sans laquelle il existerait moins sûrement qu’avec ses manuscrits illisibles. Quant à Terry, il ne peut se concevoir sans une relation profondément sadomasochiste à son riche cousin. C’est un raté, un « contre-exemple », à coté d’un Gregory qui affiche tous les signes extérieurs et intérieurs de la réussite. Du moins si l’on en croit les récits qu’en font de manière alternés les deux malheureux qui ont au moins en commun « cette simple envie d’avoir un copain coupable, un complice pour vos méfaits, un homologue pour votre honte »… Car peu à peu, le prétentieux bellâtre, beau, riche et séducteur, se révèle un narrateur peu fiable, un affabulateur. Le masque tombe. Plus minable que Gregory, il n’y a pas. Et c’est cet aveu enfin qui le rend humain. Quand au Terry méprisé, après un long couloir de déboires sexuels et professionnels, il ne s’en sort pas si mal, recouvrant comme une dignité d’homme. Le renversement de situation a placé la réussite sur le plan de l’humain. Mais que pèsent les pauvres valeurs morales ? L'argent et le sexe sont encore et toujours les clés les plus visbles de la réussite. 

 

 C'est dans Don Juan à Hull (13) qu’Amis avertit des risques encourus par celui qui ne passe pas par les diktats du moralisme présent et futur. Philip Larkin, mort en 1985, fut le poète préfé­ré des anglais. Jill (14) fut son roman de la solitude, de la mesquinerie et du rêve... Préféré jusqu'au jour où l'on découvrit le sordide ordinaire de sa vie. Accusé de sexisme, de racisme, de radinerie et d'opinions quasi fascistes, une intelligentsia décida soudain que sa poésie ne valait plus rien. C'est ce triste amalgame que dénonce Martin Amis, qui fut son filleul. Ne comptez pas sur lui pour être l'écri­vain politiquement correct de service. Mais le satiriste passionné de nos mœurs contemporaines, si. Au regard de cet opuscule dénonçant la versatilité des jugements et des valeurs, on peut se demander ce qu’il adviendra de Martin Amis. Une autre vague de moralisme risquerait-elle de le mettre à mal ? Les mémoires et mises au point d’Experience (15) accueillies avec enthousiasme par la critique outre Manche, suffiront-elles pour que le lecteur lui pardonne sa prédilection pour les figures de veules débauchés, de drogués, de victimes caressant le désir du meurtrier, pour les « champs » de dévastation de la psyché contemporaine ?

De par son insolente modernité thématique et stylistique, Martin Amis se range dans la noble tradition de la satire : Horace et Boileau, Dryden, Pope et Byron. Lui aussi attaque les vices, les travers et les ridicules de son temps. Sans cesse, les flèches de l’ironie sont tirées par l’écrivain sur ses personnages ficelés dans de prédatrices fictions, caricatures de nos sociétés.  Ses pages médisantes et railleuses, sa verdeur cinglante, sa verve prolifique sont ils la preuve de son seul amusement ou de son indignation devant nos mœurs? S’il ne paraît pas se retrancher derrière la raison et la morale, c’est pour mieux confronter son lecteur aux portraits charges des ses contemporains, pour « dévouer sa vie à la vérité » selon le vœu de Juvénal, auteur latin de Satires, célèbres pour leur aigreur, leur jalousie, leur rhétorique lourde d’exagérations. En ce sens, la plupart des livres de Martin Amis sont des soties, farces bouffonnes où s’agite un peuple sot et monstrueux, pour le seul bénéfice spirituel du lecteur…

 

La satire va-t-elle jusqu’à l’auto-ironie ? Réussissant son parcours en flèche d’écrivain à succès, Martin Amis publiait un titre lourd de désirs et d’avertissements : Money (16) monologue de John Self (John soi-même) un nullard, un «shit hero», téléphage alcoolo et coureur de filles endetté. Les arnaques et attrape-nigauds dont il est victime ne lui sont expliqués que par Martin Amis lui-même –son contre-exemple ou son double ?- en un périlleux exercice de méta­fiction. L'argent et le succès, piliers des valeurs occiden­tales, sont ridiculisés comme miroirs aux alouettes pour benêts pitoyables. Sauf que de telles valeurs, morales ou non, sont indispensables à l’écrivain et à son lecteur pour réussir Martin Amis.

 

Thierry Guinhut

Publié dans L'Atelier du Roman, mars 2002.

Une vie d'écriture et de photographie

(1)     Gallimard, 2001

(2)     Le Serpent à plumes, 1994

(3)     Hachette Littérature, 1998

(4)     Christian Bourgois, 1989

(5)     Christian Bourgois, 1990

(6)     Christian Bourgois, 1993

(7)      Christian Bourgois, 1992

(8)     Gallimard, 1996

(9)     Gallimard, 1999

(10)   Gallimard, 2000

(11)   Les livres de Will Self sont publiés chez L’Olivier

(12)   Gallimard, 2001

(13)   Les Belles Lettres, 1995

(14)   Autrement, 1995 

(15)   Hyperion Books, 2000; à paraître chez Gallimard

(16)  Mazarine, 1987

Voir : Martin Amis : un Chien jaune satiriste en guerre contre le cliché

 

Photo : T. Guinhut.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 14:14

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Will Self ou la théorie de l'inversion :

 

des Grands singes à Dorian.

 

 

 

          Il va de soi qu’afficher Mon idée du plaisir au fronton d’une fiction ne va pas sans affirmer un hédonisme, une déontologie tout personnels, à l’écart de la doxa, voire résolument paradoxaux. Un tel « seuil », pour reprendre le concept de Genette, est poussé à bout par un autre titre, Vice-versa, et va jusqu’à opérer une « inversion des valeurs » beaucoup plus que nietzschéenne, des saturnales pour le moins piquantes, au pire résolument immorales dans une société contemporaine pour le moins bousculée. Cette idée du plaisir romanesque par Will Self, qui permet à nos cousins Les Grands singes de prendre, non pas momentanément, mais définitivement, la place des grands hommes, du dernier homme, fonctionne grâce au moteur de l’inversion, présent dans l’oxymore d’un autre titre, Ainsi vivent les morts. Il est également consubstantiel au milieu, au mode d’être, cette fois-ci exhibé, de Dorian, héraut et anti-héros de l’inversion sexuelle. Onirique, fantastique, satirique, cette inversion, provoquée par une overdose de substances chimiques, par un soudain déraillement de l’esprit, ou par une surface mentale et sexuelle radicalement hors normes, qu’elle soit au pays étrange d’une normalité apaisée chez les grands singes, ou tragique dans la réécriture contemporaine du mythique Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, est peut-être, moins que perverse, avant tout cathartique.

 

           Cette génération technochimique anglaise et américaine, qui compte également Alan Warner, Irvine Welsh, Douglas Rushkoff ou Jef Noon (1), ne serait pas aussi brillante sans Will Self (né en 1960) qui est un héritier -quoique infidèle- d’un Martin Amis qui touche peu au fantastique, sauf, dans les nouvelles d’Eau lourde (2) où il pratique justement l’inversion, par exemple lorsque les gays sont la norme et les hétéros l’exception. Sexe et drogues sont également les mots de passe de Will Self, mais avec un recours presque systématique au fantastique. Dans le contexte d’un réalisme social exacerbé, d’étranges dislocations mentales, de délirantes interversions phagocytent les personnages. Le miroir narratif n’est pas promené le long du chemin mais selon les distorsion psychiques des personnages. Car la fiction selfienne est non mimétique : son fantastique, venu du roman gothique et de l’illusion chimique, remplace les mécanismes de l’enquête policière empruntés par les romans postmodernes d’Antonia Susan Byatt (Possession) et d’Umberto Eco (Le Nom de la rose) pour construire un sens à la réalité. Il ne s’agit donc plus de mimer un réel, mais, par le jeu de l’inversion fantastique, de le changer partiellement, au moyen d’une perturbation de l’anatomie ou de la psyché, ou de le radicalement métamorphoser en son contraire. C’est ainsi que notre réel est remis en question et que le romancier peut faire basculer nos interprétations du monde.

          Dans Vice-versa (Cock and Bull), quand un rugbyman voit naître un vagin au creux de son genou, Carol trouve à sa féminine intimité un phallus en formation. Nul doute que l’abracadabrant et le scabreux cachent une parabole sur les conditionnements sexuels qui feront de notre viril engrossé une mère séduite et abandonnée, tandis que la dame verra l’agressivité phallique bien connue la pousser au meurtre vengeur contre les hommes. La caricature n’est pas à prendre à la légère. L’inversion, cette action d’inverser qui fait prendre à deux objets une position relative inverse de la précédente et en change la position, l’ordre, est aussi une interversion, un dérangement, un renversement de l’ordre naturel, habituel ou logique. Sauvagement ironique, elle ne vise qu’à dénoncer les préjugés, les comportements conformes à des mentalités culturellement sexuées.

Profondément révolté et fasciné par le spectacle de nos contemporains, Will Self pratique ainsi le « dirty unrealism ». Personnages infects, aussi dégueulasses que l’autoportrait d’Une Ordure d’Irvine Welsh (3), réalisme sans fard et croustillant associé à un fantastique délirant sont les pivots de ce registre. Un monde de psychopathes et de petits bourgeois anxieux semble mené à la baguette par un Méphistophélès malicieux sinon pervers, métaphore du romancier. C’est ainsi que Mon idée du plaisir relate l’existence d’un surdoué de l’eidétique (ou faculté de représentation hallucinatoire du réel) aiguillé par « l’Obèse contrôleur ». Ce dernier étant l’auteur et le cosignataire d’un contrat satanique vers la connaissance et la conception des pires et improbables atrocités commises par autrui, comme copuler avec le cou d’un clochard assassiné. A moins qu’il prenne ses hallucinations pour le quotidien du commun des mortels. Sûrement est-ce le rôle de l’écrivain, si bon père de famille que Will Self soit, que de lire parmi et sous les réalités et de donner à ses fictions l’acuité d’un miroir irréfutable et signifiant de nos inconscients et de nos sociétés. Une sorte d’hyperperception, venue plus de son génie que de sa fréquentation des drogues et des cures de désintoxication -dans la tradition de Thomas de Quincey et d’Henri Michaux- impulse l’impressionnant travail romanesque, même si le trop long cours de cette « idée du plaisir » peut sembler filandreux, même si le projet avoué « de montrer la fin du progrès, des sciences et de la raison » peut sembler très discutable. Sous titré par antiphrase « Conte moral » Mon idée du plaisir peut se lire, comme une version gore de l’association entre la conscience immorale et le moi pervers polymorphe, ou, en creux, comme une parodie du mythe de l’ange gardien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Une dizaine de volumes jalonnent aujourd’hui un parcours subversif pour les lecteurs non prévenus. Ce sont des jouets coriaces destinés à des garçons coriaces (pour paraphraser un de ces titres : Tough, Tough Toys for Tough, Tough Boys). Le doux parfum de la psychose (The Sweat Smell of Psychosis) flotte sur ses short stories lorsqu’un  « roc de crack gros comme le Ritz » attise les convoitises. La Théorie quantitative de la démence mise au point par un chercheur de l’équipe du Docteur Busner, permet de répartir et d’intervertir la distribution des affections psychiques et des comportements déviants grâce à une projection statistique sur le principe des vases communicants. Un riche oisif peut échanger une phase dépressive contre une tranche de monomanie. Une fois « le quotient psychosanitaire du pays tout entier » mesuré, la voie vers le totalitarisme d’une gestion et d’une démence psychiatrique nouvelle paraît tracée grâce à une vaste interversion programmée. Comme en utopie…

Il faut à Simon Dykes une cuite colorée de pilules hallucinogènes lors d’un soir aux vanités de l’avant garde londonienne pour basculer parmi Les Grands singes. Dans la tradition de Swift au pays des chevaux, la déflagration de métaphores selfienne et le brio du vocabulaire simien explorent une île d’utopie qui n’est rien moins que Londres inchangée, hors les « prises » et les « arbres à grimper », et dont les habitants dédaignent les hommes confinés dans de lointaines réserves ou zoos. Comme chez les Houyhnhnms, bons et vertueux chevaux qui tiennent sous leur dépendance la fruste espèce humaine : ces Yahoos répugnants et dégénérés portant les marques de la pire bestialité. Même affreusement poilu, Simon refuse d’accepter sa « chimpanité ». D’où l’intervention de l’antipsychiatre Busner -personnage reparaissant à l’égal de ceux de Balzac- qui l’initie aux hiérarchies des « chimpes » : tout groupe, social ou familial, a son mâle dominant. Jusque là, pas grand changement, même si on se lèche le cul et s’épouille à qui mieux mieux. Hors les mœurs sexuelles. On baise en groupe et à répétition en périodes de chaleur. Un bon coup tient en dix secondes ; plus longtemps c’est être hors jeu. Le père doit honorer filles et femelles du groupe sous peine de traumatisme. Au delà du topos carnavalesque du « monde inversé » qui en des saturnales continues permet de faire des esclaves les maîtres de toujours -ici les chimpes sont les maîtres de la nature- est-ce une immonde anti-utopie ? Peut-être faut-il ici imaginer un écho au communisme érotique prôné par le Houellebecq des Particules élémentaire (4)… Serait-ce une meilleure gestion du sexe et de l’amour ? Une inversion salutaire ? Nos chimpanzés méprisés sauraient-ils régler plus efficacement et pour le contentement universel la question érotique ? Question qui, malgré la libération sexuelle, la contraception et l’hygiène antisida ne sait toujours pas offrir autant de bonheur que l’on pourrait croire, engoncés que nous sommes dans nos craintes et frustrations, dans nos « idées du plaisir » qui fonctionnent trop souvent sur la rétention, la possession jalouse, la chasteté menteuse, l’oppression de soi et de l’autre… Le mâle dominant n’étant que l’hyperbole de notre machisme, l’exhibition de notre bestialité sexuelle et sociale, ce qui nous paraît un monde inversé n’est peut-être que le moi profond de notre monde. En ces sens, l’inversion permet mieux que tout autre représentation de dénoncer les fausses valeurs.

 

 

A moins qu’il faille lire Les Grands singes comme une Divine Comédie. Pauvre Dante déjanté, Simon Dyke est changé pour ses vices en « chimpe » et n’a d’autre solution que de suivre son Virgile, le Docteur Busner, qui, pour le guérir de l’enfer de son nouveau corps et de ses semblables, lui inflige le purgatoire d’une cure psychiatrique. C’est ainsi que s’ouvrira le paradis de l’acceptation de sa condition, de sa chimpanité (notons la réussite de telles créations linguistiques). On imagine alors une Béatrice velue, mais à la sexualité rigoureusement communautaire… Après La Comédie humaine, la comédie des singes. Descente vertigineuse depuis le poème divin, en passant par le réalisme bourgeois, jusqu’à la satire simiesque…

          Une autre inversion affecte les vivants et les morts : Ainsi vivent les morts . Chez Will Self, la ville est phagocytée de l’intérieur par des faubourgs sinistres dont on ne sait s’ils sont métaphysiques, métaphoriques ou terriblement réalistes, des lieux où circulent comme vous et moi les morts. Car la seule perspective possible -la mort- est dépassée par quelque chose de pire : les morts vivent d’une vie inutile, fantomatique, comme Lily Bloom ne va pas tarder à s’en apercevoir. Car dans « le pli d’une manche retroussée » de Londres, « ville assez crasseuse », gît cette contrée incolore des morts qui renvoie à l’agitation et aux espérances humaines le miroir noir de la vanité.

          C’est un aborigène qui sert de Virgile à Lily Boom dans sa traversée de la « mortocratie ». Victime de l’attentat du cancer, elle voit s’agiter l’hypocrisie de ses filles, bourgeoise et droguée, qui ont emprunté deux vies tout aussi stériles. Quittant « les mondes respectifs de la grossesse, de la folie, de la carie dentaire et de la toxicomanie », la mort change Lily Bloom en « corps subtil ». Très cool, l’aborigène l’avertit : « Vous, les Occidentaux, vous pigez pas le truc de la mort ». Ce pourquoi les guides viennent des « peuples traditionnels » pour les amener à la « Grande Lumière ». Illusoire croyance peut-être dans les qualités spirituelles des primitifs… Lily rencontre « les Graisses », un « bébé fossile » ; elle épie sa descendance. Renonçant « à sortir de la ronde » avec les « fibules de grâce », elle préfère renaître, donc remourir… De laquelle de ses filles sera-t-elle le malheureux bébé ? La déferlante d’images coup de poing, de métaphores au scalpel (« linceul Playtex : il sépare les seins de la vie et vous soutient jusqu’au ciel ») fait de Will Self un styliste impénitent, aux prouesses continues, quoique souvent porté sur le peu ragoûtant, sujet et complaisance obligent… Une sorte de gore-styliste en fait.

          Will Self a écrit là une Divine comédie inversée, sans salut ni paradis. Son « Livre des morts » est un étonnant écho des grands mythes désavoués. Le paysage métaphysique est morose, les acteurs et accessoires de ces « limbes écœurants » évoluent dans les décors ordinaires de notre contemporain : les « Personnellement Morts » ont des jobs, des réceptions et baignent dans « la crétinerie collective ». L’ironie du sort de l’anti-utopie post mortem ne rachète pas la vie. Les grands singes était également une anti-utopie dans un Londres voué à une totale « chimpanité ». Aucune vie n’intéresse Will Self si elle n’est fantastiquement pervertie, aucun lieu n’est possible hors les non-lieux de fictions hallucinatoires. Fuite ? Retour sur image ? Comme le Persan de Montesquieu, mais en plus cynique, ses personnages voient dans Londres, dans notre monde, les miroirs cocasses et déprimants de nos comportements qui pourraient tout aussi bien être autres, meilleurs ou pires, en tous cas condamnés au relativisme, à la dépréciation. De la « foire aux vanités » londonienne (pour reprendre le titre de Thackeray) ne subsistent que des singes grotesques ou des morts flottants. A moins qu’ils ne soient doués d’infiniment plus de pénétration que nous autres et que leur monde inversé en dise plus sur les hommes et les vivants… Après l’inversion bestialement séduisante des Grands singes, l’inversion effarante, grise et sans sortie d’une vie pour les morts. Car trop souvent nous vivons comme des morts. Comment inverser cette mécanique collective et individuelle ? Ne serait-il pas temps d’inventer son « idée du plaisir » sans seulement y trouver la satisfaction de voir et de générer les péchés, les vices de nos contemporains. Will Self, lui, et nous à travers lui, la trouve par la fiction, une fois de plus cathartique, épurant les pires passions.

 

 

          Fallait-il adapter Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde? Pour se faire, Will Self s’est livré à une véritable réécriture. L’histoire est la même, les noms et les types des personnages inchangés. Il a suffit au plus caustique des auteurs de la génération technochimique anglaise de changer d’époque, décadente pour décadente, et de pousser à l’extrême le goût des paradoxes et des « bons mots » de son ancêtre littéraire.

           Un siècle plus tard, Dorian n’est plus portraituré à l’huile et sur toile, mais dans une installation vidéo aux neuf moniteurs sur lesquels tournoient neuf silhouettes nues du même jeune et superlativement bel homme. L’homosexualité -cette inversion qui mena l’auteur de La Ballade de la geôle de Reading en prison et qui était suggérée par un non-dit insistant- est ici la règle exhibée, dans un milieu gay festif et bientôt rongé par le sida. Les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix sont celles de la démocratisation, de l’explosion du sexe et des drogues, et de la mort d’une Lady Di qui devient un double mythique de notre héros. Criminel, Dorian l’est en poignardant l’artiste, mais aussi en injectant sciemment et à tout va le virus du sida, sans que sa beauté en soit touchée. Seule, bien sûr, les images des vidéos vieillissent et se creusent, mangées par le syndrome de Karposi.

           Avec un inimitable brio qui rend cette lecture tout à fait digne de son modèle Oscar Wilde et de son mentor Henry Woton, maître es paradoxe, Will Self nous assaille sans fléchir de métaphores coruscantes, de figures de rhétoriques brillantes pour professer au travers de son nouvel Henry Wotton un cynisme ludique et stupéfiant en dépit de la maladie qui le détruit : « je veux que mes péchés soient comme des sushi : frais, petits et entièrement crus. » Le plus surprenant est sans doute la révélation selon laquelle ce Dorian serait une fiction montée de toutes pièces par un Wotton écrivain lui léguant un manuscrit qui s’achève par le suicide du héros devant ses portraits corrompus. Pire encore, en une structure narrative indécidable qui n’est pas sans rappeler le David Lynch de Mulholland Drive, le fantôme du narrateur vient assassiner un Dorian dont on ne sait plus s’il est coupable ou innocent, Docteur Jekyll ou Mister Hyde, retrouvant ainsi une source du roman de Wilde… Les morts deux fois écrites ou foncièrement gore, témoignent de la distance énorme que prend Will Self par rapport à un Oscar Wilde nettement plus secret et allusif, pour se rapprocher, en un développement digne du leitmotiv, des personnages et des fantasmes de vie répétée dans la mort d’Ainsi vivent les morts. Et si l’on imagine qu’il s’agit de deux fins possibles, on retrouverait ce procédé inauguré par John Fowles, dans ce que d’aucuns considèrent comme le premier roman postmoderne : La Maîtresse du Lieutenant français.

           Peut-être ne restera-t-il de ce remake littéraire que l’écorce d’un style acéré, que le tableau d’une époque. Comme les anciens imitaient si bien Homère ou Virgile, Will Self a su faire courir au mythe une deuxième vie en le dotant d’une étrange interrogation sur le pouvoir de la fiction, pur fantasme ou catharsis à visée philosophique et morale. Immoralité crue et cruelle aussi propre à être appétissante avec la distance de la lecture qu’à servir de repoussoir et finalement encourager son lecteur dans la voie de la vertu. Car les méchants sont ici punis. Mais si l’on considère que le narrateur n’épargne personne, qu’il n’y a pas, même contaminés à leur insu par Dorian, d’innocents, la prédestination au mal et au malheur semble universelle, sans issue, sauf par les joies sadiques de la narration et du langage…

 

           On peut se choquer de l’exhibitionnisme de Will Self, gourmand de drogués poisseux, de veules marionnettes, de pervers clinquants. Clinicien des réalités et irréalités extrêmes du comportement humain, peut-être est-il un voyeur dangereux, montant en épingle des exemples à ne pas suivre. Mais au-delà de l’humour noir, de la satire, n’est-il pas temps de voir en cet écrivain rien moins qu’un moraliste, certes paradoxal, usant de l’inversion et chargeant tant de personnages immoraux pour, en les retournant comme un gant, laisser imaginer la seconde peau d’une autre morale ? Les mondes inversés de Swift où les chevaux parlent et sont plus sensés que les hommes étaient une bonne utopie, une société meilleure proposée en exemple. Mais entre temps, les anti-utopies, Huxley, Orwell, sont passés par là, pour nous montrer le pire sous le masque sidaïque des lendemains qui chantent. Les inversions de Will Self ne sont ni meilleures ni pires, ou juste à peine pire, renvoyant au seul horizon immanent de nos sociétés. Une inversion pour le rire grinçant qui stigmatise une société de la réussite et de la jouissance à tous prix, une inversion pour nous renvoyer notre grisaille existentielle, une inversion pour problèmatiser  notre rapport à autrui et aux mœurs, c’est l’ « idée du plaisir » du texte d’un nouvel et croustillant  immoraliste…

 

Thierry Guinhut

Etude publiée dans L'Atelier du Roman, septembre 2006

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

Les livres de Will Self sont publiés par L’Olivier.

Les titre en anglais sont publiés par Penguin.

1 : Alan Warner : Morvern Callar, Jacqueline Chambon, 1998; Jeff Noon dans Disco Biscuits, Alpha Bleue, 1998 et Douglas Rushkoff: Ecstasy club, Alpha Bleue, 1998, tous auteurs friands de techno, rave et drogues hallucinogènes.

2 : Gallimard, 2000.

3 : L’Olivier, 2000.

4 : Flammarion, 1998.

Photo : T. Guinhut.

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Révolutions vertes et libérales : Manier

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Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

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Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

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Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

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Masques romanesque espagnols face à l'Histoire du franquisme

 

 

 

 

 

 

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Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

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Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

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Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

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Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

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Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

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Harcèlement et séduction

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Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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