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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 13:15

 

Bois Henri IV, La Couarde, Ile de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Stefan Brijs,

l’esprit de la guerre et de la science :

 

Courrier des tranchées, Le Faiseur d'anges.

 

 

Stefan Brijs : Courrier des tranchéesLe faiseur d'anges,

traduits du néerlandais (Flandre) par Daniel Cunin,

Héloïse d’Ormesson, 2015, 464 p, 23 €, 2010, 592 p, .

 

 

      Il suffit à Stefan Brijs de deux romans aussi sombres, voire noirs, que de lecture aisée pour ausculter l’esprit de la guerre et de la science. Visiblement il ne porte aucune des deux en haute estime, ce que l’on peut comprendre pour la première, mais bien moins pour la seconde. Un jeune homme vit son inquiet roman de formation dans l’Angleterre contemporaine de la Grande Guerre et se fait observateur du Courrier des tranchées. Un médecin pratique des expérimentations génétiques pour le moins risquées en ce Faiseur d’anges qui fait de lui l’héritier des « faiseuses d’anges », ces avorteuses désignées par euphémisme. Deux romans excitants pour l’intellect, quoique désespérés.

 

      Rien de trop volontairement sensationnel en ce Courrier des tranchées. Plutôt que de nous plonger ex abrupto dans l’enfer bien connu des tranchées de la guerre 14-18, le romancier choisit de se pencher sur le regard de l’arrière, sur ceux qui restent en une Angleterre menacée jusque dans ses ports, voire jusqu’à Londres, et saignée à grands flots par les troupes de jeunes gens qu’elle envoie au front. Deux personnages opposés sont au centre de l’intrigue : John Patterson et son ami Martin Bromley, du moins celui qu’il pense devoir rester son ami. Le premier préfère la paix des livres et de la littérature, digne héritier de sa mère décédée et de son père qui constitue une splendide bibliothèque qu’il ne lit pas et calfeutre contre la guerre, en toute fidélité pour la disparue. Le second est son frère de lait, un trop jeune garnement, voire un délinquant, qui ne rêve que d’endosser l’uniforme et qui y parviendra grâce à une douteuse entourloupe. L’affaire se complique lorsque la jeune fille, Mary, que convoite amoureusement John, parait céder aux avances des uns et des autres. Amitié et amours contrariés façonnent rudement le développement intellectuel et affectif de notre jeune héros, d’autant que, bientôt, son père, facteur de son état, miné par les avis de décès militaires qu’il doit livrer à la pelle, omet de remettre à la mère de Martin un courrier affligeant…

      Au-delà du chassé-croisé sentimental, le tableau de l’époque est parfaitement mis en scène. Autour de John la pression est considérable : ne pas s’engager est vu par ses camarades, par la société entière, par les femmes, comme une indigne lâcheté. C’est à un autre courage que se livre William, un condisciple de John, en envoyant aux journaux une lettre ouverte qui ne sera jamais publiée, mais qui dénonce avec une furieuse acuité le bellicisme ambiant ainsi que les manipulations du gouvernement et d’une propagande  éhontée.

      A cet égard la seconde partie, plus mince, est un peu moins convaincante. Cerné par les fins tragiques de ses proches, notre jeune narrateur s’engage et patauge parmi les champs boueux et macabres des tranchées. Il devient l’ordonnance d’un officier, qui, passionné de botanique, lui confie : « Il faut savoir se satisfaire du moindre témoignage de beauté ». C’est au cours d’une excursion entre les champs de bataille qu’avec joie de dernier trouve la fleur de la « vinca minor », avant de réaliser qu’elle a poussé entre les doigts d’un cadavre… Dans l’abri d’une tranchée, il s’extasie devant un œuf de merle, ce qui donne l’occasion aux deux militaires de communier dans le souvenir de la poésie de John Keats: « Un objet de beauté est une joie éternelle ». Ce qui est un leitmotiv du roman puisque les Lettres de Keats à Fanny Browne ne quittent jamais notre jeune héros, souvenir de sa mère et lien imaginaire avec cette Mary qu’il n’aime qu’avec l’idéalisation illusoire de son ardent désir, sans l’ombre du moindre succès.

      Alors que son père était « un collectionneur qui ne lisait pas », il est « devenu un lecteur qui ne collectionne rien ». Fort heureusement, le romancier a su collectionner pour nous une vie, un monde, quoique également brisés. Le roman d’éducation, profondément déceptif, est cependant un torrentiel tableau d’une époque orageuse. Son réalisme scrupuleux, son art consommé d’une narration solidement classique ne font tout de même pas de Stefan Brijs un brillant styliste, alors qu’il sait avec sûreté saisir son lecteur entre ses griffes, comme dans son précédent volume, aux menaces fort différentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Ne vous fiez pas à l’incipit apparemment conventionnel de ce Faiseur d’anges, avec juste ce qu’il faut de suspense. Un Docteur débarque dans une ville frontalière (entre Belgique, Pays-Bas et Allemagne) en étonnant les braves gens. N’a-t-il pas, comme son père, un « bec de lièvre » et, dit-on, trois bébés jumeaux dont les cervelles ressemblent « A une noix. Mais en bien plus gros. Et tout visqueux. » On prendra la chose pour de stupides commérages…

      Mais gare ! Ce roman va bientôt, et dans un crescendo efficace et crédible, nous emporter vers une fin proprement hallucinante. Car notre mystérieux et peu sympathique Docteur, souffrant du syndrome d’Asperger (difficulté à ressentir des émotions, à différencier le bien et le mal, à communiquer) même s’il sauve d’abord un enfant, finit par nous délivrer le secret de son enfance martyre, puis de sa vocation : la médecine, le clonage. Ainsi les trois bambins, élevés par une aimable institutrice, ressemblent-ils violemment à leur père, sans pouvoir espérer d’échapper au vieillissement accéléré. Notre Docteur se révolte contre « une faute commise par Dieu, une erreur qu’il convenait de réparer ». Autour de lui, on s’inquiète : « Fallait-il freiner un génie au motif qu’il montrait des signes de démence ? » Avant de peut-être parvenir à affiner sa technique pour un couple en mal d’enfant perdu, son mysticisme délirant le poussera au sacrilège suprême au bout d’un chemin de croix… Ce que l’habitué de la culture flamande pourrait lire comme une mise en scène digne de l’enfer de Jérôme Bosch.

      Bien sûr, on peut lire cette fiction d’abord réaliste, qui culmine cependant parmi le fantastique et la science-fiction, en ce sens ressortissant du réalisme magique, comme une réécriture du mythe de Frankenstein[1], dans une vision où l’aventure scientifique ne peut rivaliser avec Dieu et ne mène qu’au désastre, selon une tradition morale, bien établie, trop bien établie. En ce sens, il est permis de considérer ce roman comme un brin réactionnaire, déniant à l’homme le droit de corriger la nature, le droit de prendre des risques pour améliorer ses enfants. Si l’on est en droit de trouver Stefan Brijs excessif dans son propos mystique et antiscientifique, il a mérite de poser d’indéniables problèmes éthiques.

 

      Critique de l’emballement de ceux qui se prennent de passion pour la guerre, des dérive d’une science sans conscience qui n’est que ruine de l’âme, pour reprendre Rabelais, notre romancier néerlandais, né en 1969 dans le Limbourg belge, est bien un humaniste. Si son Faiseur d’anges était une réussite, quoique empreint d’un double anathème contre le viol de la nature par la science et contre les scientifiques sans âme, anathème passablement excessif, son Courrier des tranchées, plus simplement réaliste, à mi-chemin du roman historique et du roman d’initiation d’un jeune homme, passera pour une radiographie, pleine d’humanité, d’une époque terrible.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Voir : Lecture du mythe de Frankenstein

 

Bois Henri IV, La Couarde, Ile de Ré. Photo : T. Guinhut.

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 09:15

 

Ecorce de figuier en Poitou. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Peter Nadas, les Histoires parallèles

 

de la mémoire,

 

ou la mélancolie des sirènes

 

 

 

Peter Nadas : Mélancolie, Chant de sirènes,

traduits du hongrois par Marc Martin, Le Bruit du temps, 2015, 80 p, 15 €, 120 p, 18 €.

Peter Nadas : Histoires parallèles, traduit par Marc Martin, Plon, 2012, 1152 p, 39 €.

 

 

 

      Les « histoires parallèles » de Peter Nadas font chanter les sirènes de la mémoire et de la mélancolie. Un roman interminable, parmi une trilogie, fait se heurter des personnages pléthoriques, une pièce de théâtre aux vers homériques jette les sirènes d'Ulysse dans une mer pourrie. Seule une patience angélique paraît idoine pour glisser l’entendement du lecteur en ces chaos lentement structurés. À moins que de plus modestes portes s’ouvrent afin de tenter de l’apprivoiser. Peut-être est-ce ainsi qu’il faut lire cette Mélancolie, médusée devant un tableau de Caspar David Friedrich…

 

      Les Anciens appelaient ekphrasis la description d’une œuvre d’art. L’archétype en est celle du bouclier d’Achille dans l’Iliade[1]. Partagé en deux, ciel chargé de nuées d’une part et roches maritimes de l’autre, le tableau de Caspar David Friedrich, intitulé « Rivage au clair de lune », s’ouvre sur deux infinis. Mélancolie de Peter Nadas semble au premier abord ne vouloir être qu’un exercice de regard. Pourtant sa modestie première, peu à peu, s’enfle en une cosmique dimension, à mi-chemin du poème en prose et de l’essai philosophique.

      Dans l’amas sombre des nuages, l'auteur hongrois voit un visage, une « horrible Gorgone », voire l’autoportrait au fusain « où Caspar David Friedrich campa son regard dément ». Mais aussi le « Protée » homérique, ce « Vieux de la mer[2] », dont l’Odyssée conte la sortie des eaux, friand de métamorphoses et de violences. Ainsi le mince feu de naufragés, ou de pêcheurs, sur un rocher à marée basse, stimule la réflexion métaphysique, entre être et non être. Car « nous sommes des chercheurs d’abri », sur « une route des ténèbres à la lumière et de la lumière aux ténèbres ». Parmi l’espace ordonné et le chaos qui nous entourent, « le point fondamental de la mélancolie est ce retour effectué sur ordre protéen ». Entre expérience et oubli, entre souvenir et imaginaire, le mythe et la culture offrent leur « troisième dimension à l’espace des dimensions de l’existence et de la non existence ». Le rapport qui unit et sépare la peinture et l’écriture dépasse bien évidemment le simple « Ut pictura poesis[3] » d’Horace (« la poésie est comme la peinture »). Lessing est passé par là, constatant en 1763 dans son Laoccon[4], l’irréductibilité des deux arts…

      Mais au-delà du tableau, auquel il trouve plus d’un centre, une autre mélancolie pointe, celle de l’impuissance de l’observateur et du langage : « tout ce qu’on sent, c’est la manière dont on pourrait parler si les mots ne nous manquaient ou ne nous abusaient : tel est le propre de la mélancolie. » Cette dernière, de surcroit, est une « activité », qui « tend à établir des correspondances entre les images de ses sentiments et les concepts de son savoir ». Le lecteur ne sera pas surpris de découvrir que Peter Nadas s’appuie sur le livre fameux de son compatriote Foldenyi, intitulé également Mélancolie[5], quoique abritant un plus vaste et bouillonnant traité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Notre lecteur d’Homère n’en a pas fini avec la mélancolie de Protée et des « dieux des mers », au point qu’il consacre à l’Odyssée une réécriture satirique : Chant de sirènes. Il s’agit là d’une bien étonnante pièce de théâtre, du moins du cinquième et avant-dernier épisode d’un spectacle commandé par le Théâtre de la Rhur, qui, en 2010, avait invité six auteurs de nationalités différentes à œuvrer sur le thème suivant : « Ulysse, de retour à Ithaque, ne reconnaît plus son île natale ». Ce qui aurait pu sembler un pensum académique devient sous la plume de Peter Nadas un drame satirique virulent, un dantesque enfer contemporain.

      Perséphone et Hadès mènent le bal, entre Mères et Fils, entre « mouches à viande grosses comme des chihuahuas », soldats et « blessés à l 'agonie », alors que des trios humains errent sans pouvoir ni communiquer ni exprimer des sentiments, aussitôt moqués par le chœur des Néréides. Sur la mer « polluée par de déchets industriels, / l'aurore aux doigt de rose / point encore » sur les camps de réfugiés, tandis que l'apocalypse de l'Histoire du XXème siècle ravage l'humanité. La pièce culmine avec la victoire immonde des « petits vieux révolutionnaires », Bakounine, « le père à longue barbe des attentats », Robespierre, au moi « enkysté ». « Terroriste », on se voue « à la liberté, fût-ce aux dépens de la liberté ». Ainsi les vieux systèmes totalitaires dévorent l’humanité. Ainsi les fils tuent leur vieux père Ulysse, sans qu'il ait « trouvé le chemin d'Ithaque ». Les dieux homérique approuvent le dénouement de la tragédie : « Tout le monde a faim et le monde est vide, / Dévasté à toutes les sauces. »

      D'une manière plus qu'ironique, l'écho de l'Enfer de Dante a contaminé l'épopée homérique en intégrant les pires génocides de notre temps enfantés par les utopies. L'impressionnante réécriture oscille entre pastiche et parodie. La poésie chante et raille, quand seules les sirènes de la déréliction engluent spectateur et lecteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      De même, l’Europe déploie et enchevêtre dans les romans de Peter Nadas « les scènes primitives de son passé ». Les mille cent trente pages d'Histoires parallèles sont une pâte feuilletée de personnages, qui évoluent entre la Première Guerre mondiale et les destinées contrariées de l'amour et du sexe. Peter Nadas avoue volontiers avoir eu besoin de dix-huit ans pour patiemment tisser ce roman. Roman-somme entre tous, il agrège le policier et l'épique, le panorama historique, la saga familiale, l'amour charnel et éthéré, l'intime et l'exhibitionnisme. Au point qu'un épisode masturbatoire soit narré avec une gourmandise précieuse, qu'une copulation soit étirée sur quatre jours et cent quarante pages, avec une précision anatomique à la limite de la technicité et de l'extase.

      Une bonne centaine de personnages se croise et se disperse, depuis l'incipit dans le Berlin des années 90 (où  l'on découvre avec Döhring, à l'occasion de la chute du Mur, un mort affalé sur un banc) et la Budapest des années 60. Entretemps et autres motifs en mosaïques, on aura visité un camp de concentration nazi, une enclave homosexuelle sur « l’île Marguerite » au milieu d'un fleuve, des mères névrosées et des familles qui étranglent l'individualité et la liberté, mais aussi l'insurrection hongroise de 1956 qui se souleva contre l'oppression communiste. Ainsi la narration fonctionne comme une débâcle d'îlots en archipels, qui ne permettent que des histoires « parallèles » et inachevées, des confrontations irrésolues : que deviennent par exemple Gyöngyvér et l'homme qui est au lit avec elle, et qui « constatait qu'assassiner le stimulait davantage que faire l'amour », alors qu'ils prennent plaisir à l'ondinisme ? Comment se résoudra le jeu de dupes entre trois anciens camarades de pensionnat qui se sont fait tous les trois espions ?

      Du « Territoire muet » au « Souffle de la liberté », en passant par « le fin fond de la nuit », il n’est pas du tout certain qu’un « Jugement dernier » puisse racheter les meurtres parmi les camps. Là où « le fichier à des fins d’hygiène publique », permet d’asseoir « le système d’épuration raciale », au point que Von der Schuer se prenne à rêver : « ce sont les fichiers de Dieu qu’il nous faudrait ». Hélas pour ceux qui voudraient appeler « L’ange de la vengeance », « sans criminels, leur lutte contre les criminels n’aboutirait pas ». La quête mémorielle de Peter Nadas est un labyrinthe aux sombres lueurs criminelles, sexuelles et difficilement métaphysiques…

      Une langue sensuelle et minutieuse, un système d'échos complexe, parmi lequel le leitmotiv de la solitude semble central, qu'il s'agisse de celle des amants ou de celle de ces enfants livrés aux expérimentations de biologie raciale nazie, ou encore de Döhring obsédé par le passé trouble de sa famille au cours de l'holocauste, par le « Liebestod » des images insupportables des massacres... Sommes-nous devant un chef-d'œuvre qui nous échappe encore ? Initialement paru en 2005 en Hongrie, ce roman monstre fit alors scandale, autant par sa forme que par l'émulsion d'une sexualité sans fard et du volcanisme mémoriel réveillé. Comme ce que nous nommons chaos faute d'en maîtriser la structure et la logique, probablement ces Histoires parallèles sont-elles le sommet du triptyque composé avec l'également torrentiel Livre des mémoires[6]et le plus modeste et autobiographique récit La Fin d'un roman de famille[7].

 

      Etrange et opiniâtre Peter Nadas... Né en 1942 à Budapest, il vit son œuvre couronnée par le Prix de littérature européenne dès 1995. Comment un aussi petit pays que la Hongrie a-t-elle pu engendrer tant d’écrivains fabuleux depuis un siècle ? Dezsö Kosztolanyi[8], Ferenc et Frigyes Karinthy[9], Imre Kertész[10], Laszlo Krasznahorkai[11]… La puissance de la mélancolie créatrice n’est certainement pas pour rien dans la trajectoire complexe autant que séminale de Peter Nadas. Lui aussi est une sirène fascinante dont le chant romanesque et poétique n’a pas fini de nous hanter…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

                


[1] Homère : Iliade, XVIII, 478-617, Garnier, 1960, p 345-348.

[2] Homère : Odyssée, IV, 386, Garnier, 1960, p 53.

[3] Horace : Art poétique, vers 361, Œuvres, Janet et Cotelle, 1823, p 442.

[4] Lessing : Laocoon, Hermann, 1990.

[6] Peter Nadas : Le Livre des mémoires, Plon, 1998.

[7] Peter Nadas : La Fin d’un roman de famille, Le Bruit du temps, 2014.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:31

 

Sierra de Bernera, Aisa, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Entre polar baroque et veine fantastique,

 

le roman monstrueux de la conscience balte :

 

Ricardas Gavelis : Vilnius poker.

 

 

 

 

Ricardas Gavelis : Vilnius poker,

traduit du lituanien par Margarita Le Borgne,

Monsieur Toussaint Louverture, 544 p, 24 €.

 

 

 

      Venu des tréfonds de l’Europe, voici un opus sombre, inquiétant, monstrueux. En un mot : fascinant. Il émane d’ « au-delà des barbelés » du goulag, ravivant le passé de la Lituanie, entre chape de plomb soviétique et indépendance rêvée. En autant de parties, quatre voix effectuent cette descente aux Enfers littéraire, se débattent à la recherche d’une liberté impossible : Vytautas, l’ex-prisonnier, au sexe de « bête couvert de cicatrices », Martynas, auteur d’un « Extrait des marmoires », la blonde Stefania, enfin la « Vox canina » d’un étrange chien philosophe.

 

      Vytautas Vargalys, qui est peut-être le double de son auteur, n’est-il qu’un narrateur paranoïaque ? Dans un immense et labyrinthique monologue intérieur, seulement parfois coupé de dialogues, il exhibe sa personnalité trouble, ses errances dans Vilnius, la capitale lituanienne, sa brève passion pour une « Circé des carrefours ». Epié, pense-t-il, par une « organisation fantomatique », il se fait embaucher par la bibliothèque, parmi les « informaticiens sans ordinateurs », chargés d’un catalogue absurde et inaccessible, mais pour « mener [son] enquête clandestine ». Qui sont-ils ? Tous ceux qui, au cours de l’Histoire, ont incendié des livres. Ils ont pour « but de kanuk’er les gens, de les priver de leur cerveau et de leur résolution ». À moins qu’ils soient l’allégorie du communisme qui vampirise la Lituanie, « des suppôts de Satan -tous ces Staline, Hitler, Pol Pot »… Au cours de cette quête des entités malfaisantes qui menace la raison de Vytautas, seule la jeune, séduisante -et presque nabokovienne- Lolita parait lumineuse (il aime « le jazz de ses paroles »), si elle n’est pas un leurre dangereux. Elle participe à la tension érotique, parfois obscène, en aimant ceux qui sont marqués « par les glyphes du malheur ». En effet, l’anti-héros ne poursuivra son errance que jusqu’à son arrestation, sa disparition, probablement dans les « caves du KGB ».

      Suite à la confession tourmentée de Vitautys, qui remplit les deux tiers du volume, les témoins présentent leur version du drame. Son collègue Martynas est un penseur, un bavard. Cerné par le « Pouvoir Exécutif des Grabataires », il aiguise son réquisitoire contre Vytautas : ce dernier est bien l’assassin de Lolita, démembrée, dépecée, dont il ne reste d’intact que « le mont de Vénus ». Stéfania, la « fille de la campagne », au contraire, le disculpe. Quant à celui qui s’est réincarné en chien,  comme en écho du fameux « Colloque des chiens[1] de Cervantès, il pense qu’elle « portait le parfum du suicide ». Sous les feux sombres de ces trois projecteurs mentaux, Vytautys reste un mystère urbain, une conscience politique brisée, un trou noir métaphysique. Quant à Vilnius, elle est également un personnage polymorphe, hallucinatoire, menteur, rusé, dont Vytautys est « la clé du code ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

            En ce roman touffu, profus, crépusculaire, dépourvu des balises que seraient de plus précis chapitres, l’atmosphère sourde, vibrionnante de menaces réelles et fantastiques, est évidemment une transfiguration, sur le plan du fantasme, de la tyrannie totalitaire opposée à la conscience de l’artiste. À la lisière du roman policier baroque et du réalisme magique, la prose de Gavelis est une pieuvre au mille bras imagés et dangereux. Ainsi, l’écrivain agit sur le lecteur comme un Kafka qui aurait gonflé, pourri de l’intérieur, comme un Borges qui aurait joué au poker avec les poupées vaudou de ses personnages…

 

      On comprend alors pourquoi, malgré la compacité proliférante du roman, Vilnius Poker fut reçu à sa sortie en 1989, comme un incendie littéraire, rallumant les noirceurs de la traumatique occupation soviétique dans les pays Baltes, reçu comme une catharsis sans pitié et nécessaire. Soudain Ricardas Gavelis (1950-2002) comble un vide dont nous ne savions rien, affame une curiosité nouvellement née pour son théâtre, ses nouvelles, ses romans aux titres toujours anglophones, comme The Last Generation of People on Earth. Trop tôt disparu, il hante les bibliothèques de l’angoisse métaphysique et politique. Sans oublier l’appel salvateur de la liberté créatrice.

 

Thierry Guinhut

Article publié dans Le Matricule des Anges, avril 2015

Une vie d'écriture et de photographie

 

 


[1] Miguel de Cervantès : « Le Colloque des chiens », Nouvelles exemplaires, La Pléiade, Gallimard, 2001.

 

Book cover © Gosia Herba 2014

 

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 18:05

 

Col de Rubio, Pallars Sobira, Catalunya. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Andri Snaer Magnason : LoveStar,

 

un enfant gâté de la science-fiction.

 

 

Andri Snaer Magnason : LoveStar,

Traduit de l’islandais par Eric Boury, Zulma, 432 p, 21,50 €.

 

 

 

      Aimeriez-vous devenir, parmi les constellations, une étoile ? C’est bien ce que nous propose, post-mortem, LoveStar, roman délicieusement étonnant de l’Islandais Andri Snaer Magnason, dans lequel une agréable tyrannie publicitaire mène -qui sait ?- le monde à sa perte. Est-ce un conte écologique, une réécriture de Roméo et Juliette, une anti-utopie politique ? Devant ce roman pour enfants gâtés de la science-fiction, nous hésitons à lui coller une abusive étiquette sur le dos. Jusqu’à ce que toutes soient finalement signifiantes, enlaçant les séductions du désir et celle de la répulsion. Qui ne voudrait en effet trouver, grâce à une science rigoureuse, l’âme-sœur ? Qui ne craindrait pas pour sa liberté devant l’omniscience de la publicité ?

 

      Dans le cadre d’un récit aux prémices réalistes, deux intrigues alternent et se nouent : l’histoire d’un jeune couple amoureux, puis celle de LoveStar, qui conduit son « idée » jusqu’à la réussite planétaire. Du même nom que son entreprise en expansion, il nous confie ses recherches sur les oiseaux, alors que sternes et mouches à miel envahissent et détruisent les villes. Bientôt, la compréhension et l’utilisation de leurs ondes rendent inutiles fibre optique et satellites. Chacun est connecté grâce à sa rétine, les « aires langagières » sont capturées ; ainsi Indridi devient « aboyeur de publicités », d’« annonces de rééducation ». L’immense firme capitaliste permet qu’un mauvais enfant soit « rembobiné », crédité d’une nouvelle naissance. On consulte « ReGret » pour justifier son destin. Grâce à une autre succursale de LoveStar, « LoveMort », les défunts envoyés dans l’espace deviennent des « étoiles filantes » : l’Islande est  « à la fois le Gange, Bethléem, La Mecque et Graceland ». L’hyperbole n’est pas sans ironie.

      Cependant, le drame se noue entre les deux amants, lorsqu’ils apprennent par « inLove » que Sigridur a une « âme sœur ». En effet, « LoveStar se chargeait de l’amour autant que de la mort », en une entité totalitaire bénéfique. Conséquence : « les guerres et les conflits appartiendront au passé ». Magnason n’est pas dupe de cette niaiserie en sa satire : « Les fêtes calculatoires d’inLove étaient l’un des programmes télévisés les plus populaires » ; où l’on voit deux « moitiés » se rencontrer ; ce qui permet de citer Le Banquet de Platon… Mais où est passée le libre choix, quand ceux qui refusent d’être « calculés » sont les « dernières victimes de la liberté » ? De fait, Indrodi et Sigridur, sans « confirmation scientifique », sont des rebelles de l’amour. À moins qu’un pervers ait « falsifié les calculs »…

       Sous l’apparence d’une fantaisie, d’un récit d’aventure poétique, la dimension morale s’affirme : « Il comprit que la faute n’incombait pas au service Ambiance, mais qu’elle était intrinsèque à la nature humaine ». A la faveur de la perspective ascendante du roman, l’on saura comment l’argent sépare l’au-delà entre paradis et enfer, comment « LoveDieu » peut devenir une tyrannie théocratique : jusqu’à l’apocalypse…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     L’œuvre de Magnason unit le grandiose et le puéril, le grotesque et le métaphysique, le réalisme et le merveilleux, le poétique, l’économique et le politique, non loin des Cosmicomics de Calvino, de L’écume des jours de Vian. Les échos littéraires et mémoriels fourmillent en ce volume : le roman rose et sentimental est caressé dans le sens du poil, le méchant loup technologique venu de Charles Perrault fait peur et beaucoup rire, le scientifique d’opérette a un air de Docteur Frankenstein, le conte emboité de « Medias » reprend le mythe de Midas, quand le Big Brother d’Orwell prend les couleurs du magnat LoveStar qui s’offre les services d’un écrivain-biographe indiscipliné…

      Il est toujours délicat d’user d’une définition de la science-fiction ; ce dont témoigne la somme magistrale d’histoire littéraire, fort documentée, d’André-François Ruaud & Raphaël Colson : Science-fiction, les frontières de la modernité[1]. Cependant, l’on s’accordera sur des constantes minimales, quoiqu’incomplètes : anticipation et perspectives scientifiques. Car en un monde imaginaire futur, promesses et terreur de la science amènent à la réalisation d’une utopie ou d’une anti-utopie. En un conte pour enfants devenus dangereusement adultes, ou un roman pour adultes fort sérieux restés quelque part enfants, Magnason met à la portée du plus naïf les chatoyantes et sombres complexités philosophiques et politiques de l’anti-utopie.

 

      On ne s’étonnera pas que Magnason, né à Reykjavik en 1973, ait d’abord publié pour la jeunesse, puis un documentaire sur « la crise écologique et financière » en son île. Premier roman étonnement réussi, comme un coup de jeune féérique et inquiétant sur le versant anti-utopique de la science-fiction, LoveStar, malgré son titre facile et gentiment racoleur, a tout pour nouer une histoire d’amour avec ses lecteurs. Surfant sur deux thèmes éternels de la littérature, amour et mort, captés comme il se doit peut-être par les nouvelles technologies, Magnason les renouvelle avec brio, grâce au relief troublant de la science-fiction et de l’apologue, comme un conte de Voltaire revu par la NASA, Google et Facebook.

 

Thierry Guinhut

À partir d'un article, ici augmenté, paru dans Le Matricule des anges, février 2014

Une vie d'écriture et de photographie

 


[1] André-François Ruaud & Raphaël Colson : Science-fiction, les frontières de la modernité, Mnémos, 2014, 400 p, 22 €.

 

 

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 11:36

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Florina Ilis ou la Roumanie prise en écharpe :

 

  La Croisade des enfants, Les Vies parallèles.

 

 

Florina Ilis : La Croisade des enfants

traduit du roumain par Marily Le Nir, Syrtes, 512 p, 25€.

 

Florina Ilis : Les Vies parallèles,

traduit du roumain par Marily Le Nir, Syrtes, 664 p, 25 €.

 

 

 

      Que pouvons-nous attendre d’un grand roman ? Que l’ampleur de son sujet s’accorde avec le soin dans les détails. Que la dynamique narrative permette à chaque page, voire chaque ligne, d’ouvrir à la pensée des perspectives, d’offrir une réelle et succulente richesse stylistique… « Toute œuvre littéraire qui aspire, si humblement soit-il, à s’élever à la hauteur de l’art, doit justifier son existence à chaque ligne », c’est ainsi que Joseph Conrad, dans sa préface au Nègre du Narcisse, formulait l’exigence esthétique du romancier. Sans nul doute, cette exigence est également celle de Florina Ilis, au vu de La Croisade des enfants, volume final d’une trilogie. Avec La descente de la croix et La Vocation  de Matthieu, qui sont moins des textes religieux qu’une réflexion sur la création artistique et les tentations du virtuel, ce vaste roman complète la Trilogie de la connaissance ou de la virgule. À l’œuvre abondante, il faut ajouter Les Vies parallèles, consacré au poète roumain Eminescu.

 

      Professeure de littérature japonaise, amatrice de Kawabata, Tanizaki et de Bashô (elle a elle-même publié des haïkus), on devine que le goût de la langue, de ses pouvoirs de suggestion, ne lui est pas étranger. Admiratrice de Proust, on entend que ne lui font pas peur l’écriture au long cours et les réseaux de sens qu’une œuvre d’ambition réclame. Néanmoins, la rencontrant, sa modestie, sa discrétion peuvent ne pas laisser pas préjuger de la puissance de son souffle narratif et encyclopédique. Et pourtant !

      La Croisade des enfants commence de manière innocente pour un roman pas si innocent. Un chef de gare ordonne le départ d’un train. Il n’est qu’un des multiples personnages entourant le voyage d’une colonie de vacances vers sa maritime destination qu’elle n’atteindra jamais. Très vite, la succession des paragraphes qui s’achèvent par une virgule avant d’entrer dans la vie, la parole, la pensée d’un autre protagoniste -ce qui aurait pu n’être que le sec procédé postmoderniste de la multiplication des voix narratives et des focalisations internes- nous emporte sans heurt et bientôt avec un train d’enfer, dans l’aventure. Selon une succession aléatoire et récurrente, au rythme sans ennui, ou parfois par association d’idées, dans un flux qui paraît ne jamais devoir s’arrêter, les strates de la société roumaine (voire de toute société) sont visualisées, comme par une parfaite et immense coupe. Coupe également à travers chaque protagoniste en quelque sorte radiographié. On plonge dans la psyché de ceux qui amènent leur rejeton et quittent le quai de la gare, de ceux qui prennent ce train, enfants, professeurs accompagnateurs, croyants et athées, dont un clandestin de douze ans : Calman… Et ceux qui gravitent autour de l’action, depuis une sorcière tzigane en passant par un concepteur de sites web, un « Baron » de la pègre, un député corrompu, un chef de la police… Au point qu’ils paraissent nous livrer tous les secrets de leur passé, de leur vie, sinon de leur futur. Pavel, le journaliste et rédacteur en chef, peut-être la métaphore de l’auteure, s’est écartée de son père, parfait ouvrier du communisme, pour dénoncer les failles du régime de Ceausescu. Puis pour traquer les scandales politiques et les réseaux de la prostitution d’enfants abandonnés. Promesse  d’un avenir meilleur, pourtant confronté à la déliquescence générale de la Roumanie, il sera celui qui comprend le premier la portée de l’événement, le premier converti par cette croisade. Ne serait-ce que par cette plongée dans les composantes individuelles d’un pays grâce à un redoutable narrateur omniscient, ce roman engage, par un réalisme plus qu’efficace, une vision impressionnante de l’humanité et du monde.

 

 

      Mieux encore, autour de l’incroyable événement qui voit les enfants s’engager dans « des stratégies de conquête du train », enfermer les professeurs dans leur compartiment, arrêter le train, chacun y va de sa participation à l’action, de son commentaire, de son angoisse ou de son enthousiasme. Ce sont les bambins eux-mêmes, leurs parents, des policiers et des militaires, un journaliste, des voisins, un truand qui planque une camionnette surarmée dans des bois jouxtant le train bloqué, ce qui permettra aux sales gosses de s’approvisionner. Sans compter la vieille tzigane passablement magicienne qui veille de loin, grâce à une amulette volée, sur Calman, le délinquant aguerri du haut de ses douze ans : celui qui est le déclencheur de la révolte, de l’incarcération des profs, du meurtre du chauffeur… S’ensuit une sorte de république des gamins, dont les wagons sont cernés par les bois et par une armée démunie devant cet adversaire inattendu, et surtout, grâce à la traînée de poudre de l’information, l’afflux incontrôlé de colonnes d’orphelins et autres délinquants abandonnés qui confluent vers le lieu du miracle pour en attendre une satisfaction de leurs besoins les plus élémentaires et les plus fous, de pain, de justice et d’affection, un improbable salut… Développant alors une vie en marge des règles adultes, ils changent la  colonie de vacances ordonnée en anarchie charmante, puis criminelle, aux dépens de ceux qui représentent l’autorité parentale, pédagogique et politique, mettant presque en déroute le pouvoir, y compris de l’armée. Peut-on croire à « la pureté des petits monstres qu’ils ont mis au monde » ? L’hypothèse terroriste, les armes trouvées par les mutins qui « jouent à la guerre », puis l’irruption des cohortes des enfants des rues affolent l’opinion publique et les médias, ébahis par les victimes et les revendications de ceux qui veulent « un parlement des enfants ». Dans le cadre du réalisme, le crescendo devient hallucinant, frôlé par l’aile du fantastique. Si tout cela reste bien plausible (nul pays n’est à l’abri de ce genre de déraillement sociétal), la prescience inquiète de la vieille magicienne, la jeune fille malade en quête de miracle, le délire mystique s’emparant de ceux qui confluent autour du site web « Order of innocence » font de cette « croisade des enfants » un double parodique et néanmoins illuminé de celle du XIII° siècle. On comprend alors que l’auteur soit également une aficionada du réalisme magique latino américain.

      Est-ce par ironie que ce roman étonnant est ainsi titré ? On sait l’échec que fut cette médiévale et insensée « croisade des enfants »; d’ailleurs largement un mythe, puisque les enfants n’étaient en fait que des pauvres qui moururent presque tous avant de ne jamais atteindre la Terre Sainte. En la Roumanie de l’aube du XXI° siècle, il s’agit bien d’enfants, mais on n’est pas sûr qu’elle soit inspirée par un quelconque Dieu des enfants… La naïve odyssée, réécriture de la révolution roumaine de 1989, autant propagée par quelques prédicateurs anonymes que par la rumeur, par internet et la presse, bascule dans l’imprévu dantesque, dans l’horreur. Autour de quelques dizaines, puis centaines de bambins et ados, la sympathique colonie de vacances qui devait ne rallier que la mer Noire, puis la prometteuse quête des enfants perdus pour la reconnaissance, entraînent la Roumanie entière dans leur sillage dévastateur. Pourtant, le désordre moral en sera à peine changé.  En ce sens, la dimension épique, comme dans un jeu vidéo qui multiplie ses combattants et ses possibilités, est patente. Sauf que la distribution entre le Bien et le Mal n’est pas si claire.

      Sans cesse, le roman se déploie selon une multiple spirale narrative : spirale temporelle qui ajoute les péripéties les unes aux autres en une vaste gradation ascendante ; spirale géographique le long du parcours ferroviaire, dans la région, dans le pays, voire le monde entier grâce à l’usage d’internet ; spirale politique, jusqu’à un baron de la mafia, jusqu’au Premier ministre... Car dans cette fresque intense et encyclopédique, hallucinante et cependant distanciée, Florina Ilis révèle la déliquescence de la Roumanie postcommuniste. Ce qui n’excuse évidemment en rien le régime tyrannique auquel ont succédé une démocratie et une économie plus que maladroitement libérales. Ce qui est en cause, autant que les bases d’une société qui n’a pas encore su digérer le régime communiste de Ceausescu, et qui de la liberté d’entreprendre connaît surtout celle de la criminalité et de la corruption, c’est la question de la destinée d’un pays en difficile mutation. Ses enfants souhaitent le bonheur, qu’ils soient privilégiés et choyés par leurs familles ou orphelins abandonnés à leur déréliction, mais ils n’ont évidemment pas, encore moins que les adultes, les moyens de leur utopique ambition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Au-delà du constat autobiographique, lyrique et pathétique de Cartarescu qui narre dans une autre trilogie (Orbitor, L’œil en feu et L’Aile tatouée) ses années de formation dans la Roumanie de Ceausescu, l’intention dénonciatrice du roman de Florina Ilis est également porteuse d’une interrogation sur l’irruption des nouveaux médias et d’internet (nouvelle génération oblige) qui sont alors autant les moyens d’une connaissance aiguisée du réel que l’entonnoir d’une irrationalité que l’on croyait résolue.

      Il va sans dire qu’un tel roman intéressera les sociologues politiques autant que les spécialistes de l’éducation. En effet le bien fondé de l’innocence et de l’autorité sont au centre du débat induit par l’action. La dimension satirique, voire humoristique, est sans cesse présente sous la plume d’une écrivaine guère encline au messianisme puéril. Pensons à la liste grotesque des revendications enfantines : « davantage de vacances », « un balai marque Nimbus 2000 », jusqu’à un « parlement des enfants »…

      L’ironie, le sens de la narration et la culture aussi rayonnante qu’acérée de Florina Ilis font merveille, éveillant chez le lecteur mille étages de réflexion, au cours d’un texte aux complexités aussi nombreuses que miraculeusement aisées. Qu’est-ce qu’ « Order of innocence » : un virus informatique, un site polarisant les fantasmes, ou le génie du mal inhérent aux plus jeunes? Plus encore que dans Sa majesté des mouches de Golding, l’enfance est ici démythifiée, prodigue qu’elle est en sauvagerie, en barbarie menaçant toute civilisation. La limite entre les jeux vidéo, Harry Potter, Eminem (ces héros adulés) et la conquête du pouvoir réel est gaillardement franchie. S’emparant du train en « 3D », nos petits héros posent au lecteur la question de la responsabilité des jeux et des médias corrupteurs, à moins qu’il s’agisse de celle de leurs parents et maîtres défaillants, ou encore de celle de la nature humaine…  Ainsi, le roman-somme affirme ici sa vocation à figurer, interpréter et interroger le monde, en un examen à la fois sans concession, social, satirique et métaphysique, jusqu’au « mysticisme délirant ». Sans oublier la structure « autoreverse » du roman, comme le walkman final…

      Image du chaos postcommuniste et de la condition parfois exécrable des jeunes Roumains, de la dégringolade des utopies, ce vaste apologue est bourré de talents jusqu’à la gueule. L’acuité politique, la dissection des psychés autant que du contexte socioculturel contribuent à la réussite d’une fresque romanesque intense, encyclopédique et sans lourdeur, au point que notre conception de la nature humaine en soit ébranlée, que la remise en cause de nos préjugés soit initiée. Indubitablement, Florina Ilis entre dans la cour des grands du roman européen, comme le fit en 2006 Jonathan Littell avec Les Bienveillantes, rare roman de l’aube du XXI° siècle à avoir atteint cette qualité d’ampleur thématique et de richesse dans le détail (il est vrai qu’il est américain d’origine, ceci expliquant peut-être cela). « On appelle classique un livre qui, à l’instar des anciens talismans, se présente comme l’équivalent de l’univers. » disait Italo Calvino, dans Pourquoi lire les classiques. Considérons donc La croisade des enfants comme un classique.

 

 

      Plutarque avait fait de ses Vies des hommes illustres des Vies parallèles, dans lesquelles il comparait les figures de l’antiquité grecques et romaines, au bénéfice des premières, sans cesse parées des grandes vertus. De même, un écrivain a plusieurs vies parallèles, celles de sa biographie, celles de ses œuvres et de ses personnages, celle enfin de sa postérité. Le nom de l’homme illustre Eminescu ne dira rien au lecteur français. Pourtant, il est encore considéré comme le poète national roumain, trop national probablement, au point de donner lieu à de nombreux avatars, mis au jour dans ces romanesques Vies parallèles. La romancière Florina Ilis propose à son sujet une hallucinante fiction documentaire.

      En juin 1883, Mihai Eminescu, le « jeune homme à crinière romantique », devient fou. Jusqu’à sa mort, en juin 1889, il est d’abord confiné dans un asile psychiatrique, où, atteint de « verbigération », il se prend pour un « Pharaon », avant de plus ou moins végéter, paraître en bonne santé, errer et délirer. Bien que le diagnostic, entre syphilis et psychose maniaco-dépressive, ne fit guère de doute, l’on se demanda s’il fut victime d’une conspiration politique. Le récit embrasse cette période agitée, mêlant réalisme des témoins et imaginaire du protagoniste, alternant rapports et « auditions », monologue intérieur et écrits du poète ébranlé en sa psyché. « Malgré son génie omniscient », il commit des articles antisémites et restait « un grand naïf pour ce qui est des problèmes de la vie ». Il fut « heureux pour un poète, malheureux pour un homme ». Sans oublier les intrigues et amours contrariées, les retours en arrière, les anticipations, le poète maudit est ranimé, diffracté, en cette vaste fresque chaotique et colorée. Car ce sont « soixante et onze pièces d’un puzzle tout en enfilade ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Il y a bien des lectures parallèles à envisager de ces Vies parallèles bavardes et torturées, peut-être exagérément touffues, terriblement encyclopédiques. Au-delà de notre curiosité pour la figure contrastée d’un conservateur, la récurrente « récupération des valeurs du passé » n’a pas manqué : il fut lu comme un tenant du racialisme de l’extrême droite des années trente, « annexé à la pensée légionnaire », lu comme un social prolétaire par le communisme de l’après-guerre, comme un parangon enfin du nationalisme choyé par Ceausescu. Ce dont le roman se fait le réquisitoire prolixe et documenté. Le mythe national est ainsi déconstruit avec le scalpel de la littérature elle-même, avec les moyens d’un immense orchestre symphonique générique et stylistique.

      L’un des plus étonnants chapitre de ce roman polyphonique emprunte en 1960 la voix, peut-être une réincarnation d’Eminescu, de la « muse ». Elle embouche un parfait morceau de bravoure, chantant les bienfaits du communisme, en un modèle d’ironie corrosive et enjouée : « Polymnie, celle du lyrisme et du mime, s’est vue attribuer des tâches dans le domaine de la censure (elle se tait, coupe, ajoute et intercale au besoin). Mes autres sœurs, dont le travail restait sans objet, Melpomène, Thalie, Terpsichore et Uranie, ont suivi une formation en vue d’une nouvelle qualification professionnelle et ont été dirigées vers divers secteurs artistiques où elles pourraient utiliser leurs compétences (théâtre, ballet, traduction, etc.). Nous quatre qui sommes restées, nous avons suivi des cours de marxisme-léninisme et avons assimilé consciencieusement les tendances esthétiques et les directives artistiques préconisées par le parti ». Les pouvoirs totalitaires ne visent qu’à s’approprier les écrivains, les poètes, pour les juguler ou pour en décorer leurs bannières…

 

      Le défi a été relevé avec un brio impressionnant par Florina Ilis : rendre son identité, son morcellement, au poète, inventorier les oripeaux de l’Histoire pour l'en débarasser. En ce roman de société biographique, ce roman-somme, cette satire idéologique, cette traversée des errements d’un pays, tout à la fois essai et enquête, le flot narratif séduit autant que l’invention stylistique, que le maelstrom politique.

 

 

Thierry Guinhut

La partie sur La Croisade des enfants a été publiée dans L'Atelier du roman, décembre 2010,

celle sur Les Vies parallèles dans Le Matricule des anges, janvier 2014

Une Vie d'écriture et de photographie

 

Plutarque : Vies des hommes illustres, Dezobry, 1861. Photo : T. Guinhut.

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 17:02

 

Glacier de Zinal, Valais, Suisse. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Tarjei Vesaas : Le Palais de glace,

 

un roman venu de la splendeur du froid.

 

Tarjei Vesaas : Le Palais de glace, traduit du néo-norvégien

par Jean-Baptiste Coursaud, Cambourakis, 176 p, 18 €.

 

 

 

 

 

      A la recherche de la chaleur du froid… Etrange Tarjei Vesaas ; cet homme monolithique, né en 1897 et mort en 1970, n’a guère quitté les provinces reculées de Norvège, mais pour y ancrer une œuvre abondante, quoique aussi lapidaire que profonde. La scène emblématique du Palais de glace est à cet égard révélatrice : une jeune fille reste splendide au cœur d’une cascade de gel, dans une sorte de continuité allégorique entre la vie et la mort. Au moment où une nouvelle traduction  offre à ce roman une plus rugueuse vie, il est de nouveau temps de s’interroger sur la dimension existentielle de l’auteur des Oiseaux et de L’Incendie.

 

      Une fillette se change en cristal de beauté ; tel pourrait être l’argument du Palais de glace. Pourquoi ? Parce que « les hommes déterrent les peines qu’ils pourraient ressentir puis les enracinent dans ce jeu nocturne tout en lumières et en pressentiment de mort ». On comprend alors que l’ancrage réaliste du récit est dépassé par la dimension du conte.

      Avec retenue, la dimension psychologique s’impose également : le narrateur (alors que Vesaas avait soixante ans) parvient à s’immiscer en toute plausibilité dans le psychisme et l’amitié de deux fillettes de douze ans, Siss et Unn, qui, si elles se montrent nues l’une à l’autre, sont moralement mises à nu, ce dans leur découverte prudente et ébahie de l’autre et du monde. En une étonnante différence avec la population alentour, qui veut sauver et retrouver l’enfant perdue, Siss préfère le silence et préserver la pureté de cette glaciation sculpturale : là où un rêve est vécu jusqu’à l’assomption fatale… Régis Boyer, éminent traducteur et spécialiste de la littérature scandinave, qualifie la mort de la petite Unn, pétrifiée dans la glace, de « morceau le plus parfait qu’ait jamais conçu Vesaas ». Mieux, « elle a changé d’état, elle est entrée, consentante, dans une gloire de beauté totale »[1].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Tarjei Vesaas écrit à peine dans la perspective du suspense. Au contraire d’un quelconque thriller, il faut lire Le Palais de glace, voire ses autres romans, comme Les Oiseaux[2], pour y trouver un bref tableau des mœurs, des paysages où les excès et les douceurs éphémères de la nature règnent en maître, une atmosphère envoûtante. On découvre ainsi une imagerie plastique, surtout lorsqu’il s’agit de dresser le décor de cette cascade et grotte de glace qui est le motif récurrent, provisoirement figé et en évolution, parmi ce qui confine au poème en prose, impitoyable et cristallin :

      « Elle était fin prête pour le sommeil. N’avait-elle pas chaud, peut-être ? Le froid, en tout cas, avait délaissé ces lieux. Les motifs sur le mur de glace dansaient dans la pièce, la lumière se faisait plus éblouissante. Ce qui était censé se redresser, se renversait -et tout à l’intérieur n’état que lumière déflagratrice. Pas un instant Unn ne songea que c’était étrange : c’était comme ça, il ne devait pas en être autrement. Elle voulait dormir à présent ; elle était indolente, alanguie, et elle était prête pour le sommeil. » Ce qui s’écrivait ainsi dans la précédente traduction d’Elisabeth Eydoux[3] : « Elle se sentait prête à s’endormir. Et même n’avait-elle pas chaud ? En tout cas, il ne faisait plus froid. Les dessins sur les murs se mirent à danser, comme dans un tourbillon. Tout se confondait dans cet éclatement de lumière. Pas une seule fois, elle n’eut une idée d’étrangeté. Ce qui se passait lui semblait normal. Elle éprouvait une impérieuse envie de sommeiller. » Si la différence n’est pas toujours flagrante, il semble bien que la nouvelle traduction de Jean-Baptiste Coursaud, en dépit de notre ignorance abyssale de cette langue rurale qu’est le « néo-norvégien », soit plus âpre, plus suggestive ; plus initiatique en fait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      La vie n’est alors qu’un bref épanouissement parmi l’impitoyable don de la nature. À quelques-uns, dont le lecteur bousculé, effrayé et choyé à la fois, il est donné de contempler la transfiguration de l’être en œuvre d’art naturelle, ce qui est un oxymore. Non content de passer pour un auteur régionaliste, Tarjei Vesaas, en nombre de ces pages, est à la recherche de ces moments où l’écriture transfigure le quotidien, l’espace, les êtres. Il ne semble pas y avoir d’au-delà pour lui, seuls le rythme des travaux et des jours ruraux et l’immanence de la beauté peuvent donner un sens un désarroi existentiel ainsi calmé.

      Car en d’autres romans de notre Norvégien, le tragique s’impose d’une manière moins lumineusement poétique : dans L’Arbre de santal [4], une femme enceinte, et hantée par les menaces d’une obscurité innommée, part pour un voyage que l’on devine dangereux, malgré la venue espérée d’une nouvelle vie ; dans Le Germe[5], une île presque édénique et ses habitant sont bouleversés par l’arrivée d’un homme qui est peut-être l’allégorie du mal, là où il est question « d’expier leur sauvagerie ». Quant à La Maison dans les ténèbres[6], son huis clos de tortures et de mort n’est pas seulement une allégorie satanique. Cette œuvre noire entre toutes, « là où la mort nettoiera la maison », fut conçue pendant que la Norvège était occupée par les Allemands : résistance, collaboration, gestapo y sont implicitement figurées.

 

       Que reste-t-il de l’art quand « le palais s’écroule » ? Que restera-t-il de l’art quand la figuration du mal n’aura même plus de sens, quand la mort du soleil aura anéanti tout lecteur possible d’un livre de Tarjei Vesaas ? Le tissu fragile des phrases, du massif romanesque, reste avec lui un ancrage éprouvant et lumineux au sein de notre interrogation métaphysique.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

[1] Cahier Tarjei Vesaas, Plein Chant, 1985, p 8.

[2] Tarjei Vesaas : Les Oiseaux, Plein Chant, 2000.

[3] Flammarion, 1975.

[4] Tarjei Vesaas : L’Arbre de santal, Actes Sud, 1993.

[5] Tarjei Vesaas : Le Germe, Flammarion, 1992.

[6] Tarjei Vesaas : La Maison dans les ténèbres, Flammarion, 1994.

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 19:44

 

Monument aux morts, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Laszlo Krasznahorkai :

La Venue d’Isaïe, Guerre & guerre :

le vent du chef d’œuvre ?

 

 

Laszlo Krasznahorkai : La Venue d’Isaïe, Guerre & guerre,

traduits du hongrois par Joëlle Dufeuilly,

Cambourakis, 32 p, 6 €, 368 p, 24 €.

 

 

 

      « Un manuscrit, naturellement ». Ainsi Umberto Eco, au fronton du Nom de la rose, présente-t-il l’histoire d’Adso de Melk, roman historique et policier dans lequel le rire d’Aristote hante la bibliothèque. L’artifice du manuscrit retrouvé sillonne la littérature : entre Potocki -son Manuscrit trouvé à Saragosse- et Cervantès glanant les feuillets arabes de Ben Engeli pour son Don Quichotte, l’écriture romanesque fourmille de ce topos, jusqu’aux plus contemporains écrivains. De même, le personnage principal peut lui aussi découvrir un manuscrit, le lire et le transmettre, comme Korim, dans Guerre & guerre. De ce Hongrois né en 1954, Krazsnahorkai, nous découvrons avec stupéfaction le sixième volume traduit en France. Peut-être s’agit-il du roman fondamental, ébouriffant, en quelque sorte annoncé par un prophète de malheur pitoyable dans La Venue d’Isaïe. Est-ce alors le vent du chef d’œuvre que nous sentons souffler, ou une outre gonflée de vent ?

 

      Peut-être vaut-il mieux commencer par La Venue d’Isaïe, ce prologue d’un opéra vériste, dans lequel Korim annonce, parmi les clients et clodos enlacés d’un sordide buffet de gare et à un « ange » d’une creuse banalité, rien moins que la disparition de « toute forme de noblesse, de grandeur, d’excellence ». Pire encore, l’humanité, au-delà de « raison et lumière », est menacée par un avenir où « le mal serait tout aussi absent que le bien ». Parmi le « chaos de crasse » du lieu, « ombre et poésie » surgissent maladroitement de « la masse visqueuse et grouillante de larves de syllabes ». Parlant à l’intention d’un « secrétaire céleste et terrestre », le prophète commence « le douloureux inventaire de tout ce qui avait disparu avec cette Atlantide : […] ce qu’étaient l’innocence, la probité, la générosité, la compassion, ces milliers d’histoires d’amour et de liberté si émouvantes »… Tout fout-l’camp, j’vous dis, ma pauv’dame ! Le mythe de l’âge d’or a bon dos dans l’affaire, même si l’on est en droit d’accuser une humanité qui sut mettre en scène guerres et holocauste autour du vortex hongrois. Nonobstant le magma prophétique et pré-apocalyptique passablement grandiloquent, l’opuscule est d’une impressionnante et sombre beauté. Le suicide pitoyable et raté de Korim clôt ce qui n’est en fait qu’un préambule pour Guerre & guerre. Glissons alors joliment ce récit en forme d’enveloppe dans le rabat de couverture prévu à cet effet, comme si nous postions la révélation de Korim dans le dos ailé de sa tétralogie angélique…

      L’auteur de La Mélancolie de la résistance[1], réactive, dans une atmosphère cendreuse, le dépressif personnage de Korim, « petit archiviste travaillant au fin fond de la province hongroise » et clodo presque beckettien. Cette fois il a quelque chose d’un peu plus concret à annoncer : un manuscrit anonyme -mais peut-être d’un certain Wlassich- découvert dans un dossier numéroté lui enjoint d’être révélé au monde, à la postérité. Peut-être guidé par le dieu Hermès, il enchaîne les péripéties que lui ordonne et provoque sa folie obsessionnelle, avant d’échouer dans ce qu’il pense être le nombril du monde : New York où il a « placé sa vie au service de l’art ». Sarvary, un trafiquant de drogue, lui loue une chambre pour qu’il puisse s’initier à l’ordinateur et confier à « l’éternel Internet ce magnifique texte poétique » jusque-là oublié, et dont il assène en même temps la teneur à Maria, la servante et partenaire de lit portoricaine de son logeur et « interprète », qui ne le comprend pas, hors quelques mots d’anglais qui parsèment le récit.

      Monologue intérieur et dense prolixité, sans compter des digressions et considérations un brin oiseuses, de banals événements secondaires racontés par le menu (on n’ignore rien du vol du Boeing ou du fonctionnement d’un ordinateur), des répétitions et récapitulations à la Thomas Bernhard, voilà qui permet d’entrer dans les méandres et les strates d’un cerveau double, de celui du Korim à celui du romancier introuvable. Mais aussi d’y cimenter le lecteur, englué dans les circonvolutions d’une langue tour à tour séduisante et pâteuse. Difficile d’abord de se sentir le complice, l’ami du narrateur qui ne nous laisser guère de légèreté, d’humour, assuré qu’il est de la gravité de l’entreprise. D’autant qu’il faut attendre la page 105 pour entrer enfin en ce fameux manuscrit, où sont enfin les plus belles pages…

      Qui trop embrasse, mal étreint, dit-on. Annoncer avec toutes les grandeurs symphoniques la venue d’un livre plus que biblique, une somme indispensable à l’humanité, ne peut être que dangereux pour l’écrivain. Malgré les moyens considérables de Krazsnahorkai, son souffle indéniable, sa culture et son phrasé haletant, le lecteur est en droit de se demander jusqu’où il a les moyens de sa prétention. Les longs paragraphes numérotés faits d’une seule phrase, « une phrase monstrueuse et infernale qui engloutissait tout », le ton comminatoire du chef d’œuvre annoncé -opus sacré ou palimpseste raté on ne sait- et qui n’est que peu à peu révélé dans toute son ampleur, mais pas dans toute sa réalité, peuvent épuiser la bonne volonté du lecteur. Qui, à bon droit, se demande par instant si on ne lui pas vendu le vent pour le concert. Reste un « message indéchiffrable », « l’insondable mystère de la finalité ».

 

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Le tournant romanesque, après deux chapitres un peu erratiques et creux, est stupéfiant. Mise en abyme et ecphrasis se conjuguent pour écrire un roman dans le roman et décrire une œuvre d’art. Dans laquelle quatre personnages voyagent à travers des lieux et des époques figurant des acmés de civilisation. Parmi eux, un être méphistophélétique nommé « Mastemann », apparait périodiquement, annonçant la venue de la guerre et de ses ruines, écho de La Venue d’Isaïe. Le roman philosophique, oscillant entre réalisme sordide, irénisme humaniste et surnaturel illuminé, visite la Crète minoenne, la Venise Renaissance, Rome et son Mur d’Hadrien à l’orée du surgissement des barbares, l’Espagne de 1492, la Cologne du XIXème… Sont-ce quatre « anges », ou l’envers des quatre cavaliers de l’apocalypse ?

 

Désarroi kafkaïen, pointes de polar et de cavalcades burlesques, crise spirituelle et mysticisme échevelé, dimension angélique des voyageurs philosophes, apologue et parabole, mélange des genres, fulgurances et ténèbres, tout se conjugue pour faire de ce roman aux étages labyrinthiques un fabuleux palais aux fenêtres donnant sur l’équilibre et la ruine. Mais aussi pour laisser en bouche une sensation mi-figue-mi-raisin de délire prophétique empreint de religiosité abracadabrantesque. Alors qu’il s’agit de la prise en écharpe de l’Histoire, l’« impossible accès à la vérité » est aux mains de l’atavisme récurrent du mal. Le puzzle n’a pas de solution ; seule la fin, dans un musée suisse, auprès d’une sculpture de Mario Merz, semble annoncer « une plaque sur laquelle serait gravée une seule phrase », celle qui reconstituerait l’histoire de Korim, et que le roman ne nous livrera pas, nous laissant devant l’introuvable conjecture de la solution de l’univers, des civilisations et du mal…

 Il y a indubitablement, à partir du chapitre III, des pages splendides, parfois lyriques, des pépites conceptuelles. Un coucher de soleil crétois, « la sublime tragédie de toute transition et impermanence » ; la pelle jetant les « détritus […] par la lucarne de ventilation », métaphore de la disparition de la civilisation minoenne. Chaque époque est alors cristallisée en un espace, une image symbolique de civilisation apaisée : la construction de la cathédrale de Cologne, où l’on peut faire « un éloge du bien et de l’amour, les deux inventions majeures du monde occidental », avant un imminent conflit contre les Français. Les quatre voyageurs temporels évoquent « la différence scandaleuse entre l’amour pur par nature et l’ordre par nature impur du monde », se demandant « si cette liberté découlant de l’amour représentait le stade le plus élevé de la condition humaine », quoique « accordée qu’aux êtres éternellement solitaires »… Ils rejoignent Venise et sa « rencontre entre beauté et rationalité », avant de méditer sur les limites du monde depuis Gibraltar où « le définitif s’effacerait au profit de l’euphorie de la découverte ». Bientôt les temps se télescopent, l’effet de Mastemann se fait sentir, en particulier sur la sensualité des prostituées, le « Seigneur de la Mort » parait, comme un romanesque Roi des aulnes…

 On trouve à point d’audacieux moments où Krazsnahorkai, en doutant du manuscrit et de ses personnages, critique son propre roman, fustigeant « l’usage démesuré et abusif du procédé de répétition », l’écriture « de la réalité en boucle jusqu’à la folie », pour que tout soit « gravé dans le cerveau » ; se comparant aux légionnaires bâtissant le Mur d’Hadrien et « érigeant le monumental face au morcellement », mais aussi remplaçant « la guerre par la paix ». En vain ; la dernière partie, où « la langue se rebellait », devient, « illisible et dans le même temps d’une beauté incroyable » : un « effondrement ».

Comme lorsque, en un niveau parodique de mise en abyme supplémentaire, l’interprète, par ailleurs alcoolique et violent contre sa Portoricaine, s’imaginant vidéaste, « envisage de créer une œuvre vidéo magistrale, globale et fondamentale, sur l’espace et le temps, sur le silence et la parole, et surtout naturellement sur les sentiments, les instincts, la passion, tout ce qui constituait l’essence, le socle permanent de la condition humaine ». Fantasme irréalisé, n’en doutons pas, il s’agit là du miroir, de la synecdoque du roman qui pèse sur nos mains. Passionné par l’art sacré autant que par les installations de l’art contemporain (qu’il pratique), notre insolite et rare écrivain réalise le grand écart entre errance picaresque, questionnement métaphysique et encyclopédisme hallucinatoire, « là où l’esprit de la guerre domine la vie humaine », quoique Korim et Krasznahorkai, aux initiales semblables, bénéficient d’une plage de paix...

Ainsi, depuis la déflagration du troisième chapitre, jusqu’au huitième et dernier, l’adhésion du lecteur est devenue sans faille, conquis par Korim, par l’envoi de ces « quatre hommes dans le monde réel, dans l’Histoire, c’est-à-dire dans l’état de guerre permanent [tentant] de les installer en divers endroits prometteurs de paix »…

 

Comment le terreau littéraire hongrois peut-il se révéler si fructueux ? Il fallait compter avec Kertesz[2], Nadas, Kosztolanyi[3], les Karinthy[4]… Laszlo Krasznahorkai semble les balayer, les supplanter, s’écroulant sous le poids du mythe qu’il tente de créer. Faut-il alors retourner autour de New-York et comparer l’incomparable ? L’Américain Mark Danielewski avait également usé du topos du manuscrit trouvé autour d’une vidéo. Mais, parmi ses pages, les feuilles bruissent d’une écriture moins grandiose pour un roman bien également profus, peut-être plus séduisant et troublant : La Maison des feuilles[5]. Cette maison était inquiétante, bourdonnante de signifiés et fascinante, quand l’immense musée aux splendeurs et ruines de l’Histoire de Guerre & guerre, cette histoire d’amour d’un anti-héros pour un livre mystérieux, est lui dévastateur et sidérant : là où souffle également le vent du chef d’œuvre…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 10:32

 

Musée Sainte-Croix, Poitiers, Vienne. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Frigyes et Ferenc Karinthy, de père en fils :

 

Farémido, Epépé, ou les pays du langage.

 

 

Frigyes Karinthy : Farémido, le cinquième voyage de Gulliver,

Cambourakis, 80 p, 9 €.

 

Ferenc Karinthy : Epépé, Zulma, 288 p, 9,95 € ;

traduits du hongrois par Judith et Pierre Karinthy.

 

 

 

Dans la famille Karinthy, on demande le père. Mais il faut compter également avec le fils, sans oublier les descendants qui se font traducteurs. Le vingtième siècle hongrois, malgré de sérieux concurrents (Marai, Nadas ou Kostolanyi) semble outrageusement dominé par la dynastie Karinthy dont les hasards de l’édition française réunissent aujourd’hui deux romans, que le langage, entre Epépé et Farémido, qu’il soit utopiquement ouvert ou douloureusement fermé, préoccupe, en d’étranges apologues.

 

Frigyes (1887-1938) fut un polygraphe hongrois à succès dont les articles, les pièces de théâtre, les pastiches et les romans firent fureur, sans compter plus de deux mille nouvelles. Dont le recueil La Ballade des hommes muets[1] offre un choix amoureux, tour à tour tendre et satirique. Peut-on à son égard parler de surréalisme ? Malgré son goût tonitruant pour la fantaisie, son humour invétéré, ses figures et images incessamment poétiques, ce serait excessif. Mieux vaut imaginer de la classer dans la grande tradition de Swift, dans laquelle les voyages de l’esprit s’unissent à la satire. Ne serait-ce qu’en lisant son Capillaria, le pays des femmes[2], merveilleux microcosme sous-marin, où « l’homme est un animal domestique méprisé », ce pourquoi le narrateur tente d’édifier une société communiste, comme prémonitoire des mondes effrayants de George Orwell[3]. Ainsi, son Farémido, inspiré de Swift, n’hésite pas à s’adonner au genre ancestral de la réécriture. L’on sait que les chefs d’œuvre de la littérature entraînent les écrivains à les parodier, les continuer, les actualiser. Comme Gautier ou Stevenson ajoutèrent des contes aux Mille et une nuits, comme le moqueur Scarron reprit l’Enéide en son Virgile travesti, Frigyes Karinthy imagine d’ajouter aux quatre voyages originels fomentés par Jonathan Swift une autre escale. Après « Lilliput », Brobdingnac », « Laputa » et les « Houyhnhnms »[4], pays tour à tour sages ou délirants, visités par le Gulliver du XVIIIème, le cinquième se nomme « Farémido ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre science-fiction et conte philosophique, la satire de l’humanité, de sa bêtise et de son goût immémorial pour la guerre, va bon train, non sans retrouver quelque écho avec le Candide de Voltaire. Car le narrateur de Farémido, chirurgien sur un navire de guerre, n’hésite pas à pratiquer l’ironie : « il n’y a rien qui puisse autant faire progresser l’admirable science de la chirurgie qu’une belle guerre moderne ». Suite à un naufrage lors du premier conflit mondial, l’anglais Gulliver est jeté sur une nouvelle planète. Où l’autre humanité de Farémido a dépassé ces errements. Les « Sollasis », ces machines intelligentes minérales qui le peuplent, sont non seulement douées d’une beauté raffinée, mais d’un lange musical inouï, à l’image de la musique des sphères et de l’harmonie du cosmos, dont les quatre notes de base sont celles du titre de cette trop brève fantaisie. Peu à peu, notre nouveau Gulliver converse avec leur « tête d’or ovale », au sein de leur civilisation paisible et sophistiquée.

Les Sollasis ont alors la voix de la sagesse, se moquant de l’humain philosophe qui, comme lorsqu’un des leurs est altéré par des « substances périmées, toxiques […] voit son propre cerveau à la place de ce qu’il faudrait voir ». Il est évident que, comme chez Swift, ce voyage science-fictionnel est prétexte à une réflexion politique : le Sollasi malade, au lieu de son langage musical, prononce les mots, « matérialisme historique ». On aura compris que le marxisme n’est pas la tasse de thé du judicieux Frigyes… De même, l’espèce humaine et piètrement organique est considérée comme une maladie par ceux qui, comme le Micromégas de Voltaire, observent la terre et voient leurs habitants s’entretuer. En revanche l’ « harmonie plus pure » des Sollasis est évidemment une haute leçon morale à l’adresse du Gulliver que nous sommes tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si le Gulliver de Frigyes parvient à apprendre le langage des Sollasis, celui de son fils Ferenc en reste pour ses frais. Car en Epépé, point de salut pour le personnage plongé dans le vaste abîme de l’incompréhensible, fût-il linguiste émérite. En effet, Ferenc Karinthy (1921-1992), pourtant moins célèbre que son père, a commis en 1970 un roman infailliblement marquant pour le lecteur. Essai spéculatif et didactique sur les langues ? Errance kafkaïenne d’un individu condamné au silence cotonneux de l’incommunicabilité ?

Budaï, anti-héros malgré lui, s’envole pour Helsinki. Et débarque en une ville inconnue dont le langage échappe à toute pénétration, intuitive ou intellectuelle. Linguiste réputé, érudit pratiquant une dizaine de langues, familier de Champollion, des idéogrammes et des cunéiformes, travailleur obstiné et méthodique, il ne parviendra jamais, malgré son « glossaire » aussitôt incohérent, à trouver la faille qui lui permettrait de comprendre un seul mot, de déchiffrer une seule phrase de ce « parfait charabia ». Pas plus il ne comprend le sport qui se joue dans un stade bondé. Ce monde, décrit avec un réalisme fort riche, fonctionne avec ses lois propres, et procure à Budaï de nombreuses péripéties incongrues et épuisantes : une arrestation policière, un quartier de prostitution, un procès volubile, inextricable, un temple où « l’office est bizarre et violent », une librairie hallucinante, un travail de portefaix… Pourtant il aura une brève aventure amoureuse avec une jeune femme blonde attentive, liftière de l’hôtel, dont le nom parait ressembler, malgré les variantes absconses de la prononciation, à ce qu’il entend au téléphone : « Epépé ».

Dans la ville populeuse, multiethnique, surchargée d’activités, de spectacles, mais aussi de files d’attente pléthoriques, l’échec de la raison face à l’absurde est patent. Devant « l’immense beauté de cette ville […] il peut presque dire qu’il l’aime ». Démission intellectuelle ? Plutôt une inquiétante figuration du monstre collectif qu’est l’humanité, plus encore monstrueux lorsqu’il s’incarne dans le Léviathan étatique aux lois incompréhensibles et fermées. Un alphabet de plus de deux cent signes, l’absence de son passeport irrécupérable, un aéroport inaccessible, excitent les capacités de résistance de Budaï, à jamais confiné dans une cité au sens inerte, dans sa chambre d’hôtel cellulaire dont il est bientôt évincé, faute d’argent. Le pauvre vagabond devient enfin le témoin effaré d’une révolte populaire réprimée dans le sang par l’armée, ce que l’on lira comme un écho d’un roman-reportage de Ferenc Karinthy sur la révolution hongroise de 1956 : Automne à Budapest[5]. Soudain, suivant le fil d’un ruisseau, qui sait d’une rivière vers la mer, Budaï imagine, peut-être en vain, bientôt s’en sortir, et retourner chez lui. Mais jamais sans la clé de la langue d’Epépé. Il y a quelque chose de fabuleusement borgésien en cet univers profus, que ne parvient pas à baliser l’intellect du protagoniste…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-être est-il regrettable qu’en cette réédition en tous points nécessaire d’Epépé, les éditions Zulma aient permis une préface trop verbeuse d’Emmanuel Carrère. Non qu’elle soit indigne, qualifiant avec pertinence ce roman de « fiction horlogère ». Mais lors de la première édition française[6], ce fut au linguiste Claude Hagège que l’on confia le soin de préfacer cette énigme littéraire non résolue et cependant haletante, palpitante. En sa trop brève préface, « où la science cohabite avec le fantastique », il loue en Ferenc Karinthy un « romancier tout autant qu’expert en langues », non sans remarquer avec la plus grande justesse que la « stupeur permanente devant un idiome très singulier est indissociable du sentiment d’oppression devant un monde absurde dans lequel les hommes et les femmes ont un comportement mécanique ou irrationnel ». Ce qui ne manque pas d’ajouter une folle dimension politique à l’époustouflant apologue. Car sous le masque de ce monde au langage inaccessible, se cache peut-être le totalitarisme socialiste qui matraquait en 1970 l’Europe de l’est et la Hongrie, quoique cette dernière fût un peu moins lourdement opprimée. L’engagement et la dissidence de Ferenc restent alors allusifs, néanmoins efficaces, dans la grande tradition de l’anti-utopie. A moins qu’il suffise de le lire comme une expérience métaphysique : celle de la solitude humaine au milieu de la foule et d’autrui, celle du noyau d’incommunicabilité niché en et autour de chacun de nous…

 

Nul doute que Farémido et Epépé soient à ranger parmi les utopies et les anti-utopies les plus solaires et les plus inquiétantes. En chacun de ces deux romans, les questions de la liberté individuelle et de la dimension morale de l’humanité se font criantes, bien que sous le masque de la fantaisie. Car quelle liberté a le terrien de devenir un pur Sollaci, qui semble emprunter son nom au soleil, comme le fit l’utopiste Campanella, imaginant au XVIIème une Cité du soleil[7], d’ailleurs pas si libérale puisque l’état gère les accouplements en vue de meilleures générations ? Quelle liberté a Budaï de comprendre, de communiquer et d’exister, dans la ville monstrueuse d’Epépé où l’oppression enserre chacun dans ses tentacules urbains…

 

L’incroyable singularité des Karinthy peut se mesurer grâce aux thématiques surprenantes abordées, du fantastique le plus débridé au réalisme le plus immédiatement politique. Dans L’Âge d’or[8], Ferenc oppose au chaos de Budapest en 1944, où s’affrontent le siège des Soviétiques et les exactions des « Croix fléchées », ces fascistes hongrois à la recherche des derniers Juifs, un personnage hors temps : Joseph vit en effet son donjuanisme en toute insouciance, affirmant son hédonisme salvateur au nez et à la barbe des totalitarismes meurtriers. Difficile pourtant était de s’affirmer, pour Ferenc, malgré la réussite magnétique d’Epépé, devant l’immense stature paternelle. Ce Frygies était un humoriste encyclopédique touche-à-tout ; allant jusqu’à faire de son opération d’une tumeur au cerveau un roman pour le moins déjanté : Voyage autour de mon crâne[9]. Or, qui sait si lors d’une enquête vers l’au-delà nous retrouverons les esprits visionnaires des Karinthy ? Frygies avait déjà prévu la chose. En son Reportage céleste, de notre envoyé spécial au paradis[10], il réécrivit d’une plume cocasse le voyage de Dante au travers des cercles eschatologiques, mais cette fois guidé par Diderot, l’encyclopédiste bien connu. Décidément, aucun monde, réel, fantastique, merveilleux, n’échappe à ces deux génies écrivains. Mais pour mieux lire les perspectives du nôtre.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Editions des Syrtes, 2005.

[2] La Différence, 1976.

[4] Jonathan Swift : Voyages de Gulliver, Œuvres, Pléiade, 1995.

[5] In Fine V&O, 1992.

[6] In Fine Austral, 1996.

[7] Mille et une nuits, 2000.

[8] Denoël, 2005.

[9] Viviane Hamy, 1990.

[10] Le Passeur, 1998.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 09:04

 

Monasterio de Leyre, Navarra. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Hitler, une histoire de famille

 

par Harry Mulish et Norman Mailer :

 

Siegfried, Un Château en forêt.

 

 

 

 

 

Harry Mulisch : L’Affaire 40/61,

traduit du néerlandais par Mireille Cohendy, 272p, 14,50€ ;

 

Harry Mulisch : Siegfried, une idylle noire, traduit par Anita Concas,

192p, 16,90€, Gallimard, 7,50 € en Folio.

 

Norman Mailer : Un Château en forêt,

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Gérard Meudal, Plon, 464 p, 22 €.

 

 

 

Sous la voûte de l'Histoire, ce serait abuser que de réduire la quête d’Harry Mulisch (1921-2010) à celle de ses origines. Fils d’un pro-nazi et d’une juive, ce métissage détonnant aurait pu faire de lui un névrosé, mais la liberté de son caractère et de son écriture lui permettent de dépasser l’auto complaisance d’une mémoire viciée. L’Affaire 40/61 est sa lecture du procès d'Heichmann, quand Siegfried, une idylle noire imagine une filiation d'Hitler. Plus fantasmagorique encore, Norman Mailer, fait d'Un Château en forêt celui des affreux contes où bouillonne la gestation du loup, Hitler lui-même.

 

Lisons L’Affaire 40/61 comme une investigation sur cette dualité qui présida à sa conception. Journaliste pour un grand hebdomadaire néerlandais, Mulisch assiste en 1961 au procès Eichmann. Certes, cette chronique n’a pas la portée philosophique du grand œuvre de Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem[1]. Cependant, entre de lumineuses et plus détendues promenades sur le sol israélien, quoique hantées par la dimension métaphysique de l’état d’Israël, il ne manque pas de poser le problème moral. Comment la banalisation, la mécanisation du mal, est-elle possible chez un être aussi chétif qu’Eichmann? L’obéissance au grand corps de l’état et à son idéal aryen suffit-elle à légitimer la mise à mort industrielle du peuple juif ?

La filiation du mal serait alors le fil noir qui relierait les différents versants de l’œuvre de l’écrivain néerlandais. Pourtant, ce serait rater toute la virtuosité de l’écrivain, sa liberté entière devant les pouvoirs du romanesque, que de ne faire de Siegfried qu’une lecture documentaire et biographique : en quoi le fils imaginé d’Hitler, ce fils du mal absolu, est-il le fils spirituel de l’essayiste et du romancier ?

Le vieil écrivain néerlandais Herter, fêté dans toute l’Europe, alter ego peut-être de Mulisch lui-même, est accueilli à Vienne. Là se réveille le « daimôn » de l’imagination créatrice, mais aussi les vieux démons allemands, Hitler et Eva Braun… Lors d’une interview, il se surprend à annoncer l’écriture d’une histoire pour tenter de comprendre le Führer. A la fin d’une lecture-conférence de sa « Découverte de l’amour » -notons l’écho d’un vaste roman d’initiation de Mulisch : La découverte du ciel[2]- au cours de laquelle il affirme moins son attachement au sujet, devenu banal, qu’à la manière de l’envisager, il se voit aborder par un mystérieux vieux couple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est alors que dans la seconde partie du roman, la fiction bascule dans une fiction supplémentaire, à moins qu’intellectuellement et mythiquement vraie, comme savent l’être les plus grandes fictions. Ils ont été les domestiques privés d’Eva Braun au Berghof, ils ont dû se faire passer pour les parents de ce jeune et attendrissant Siegfried qui, d’abord incognito, pour ne pas désespérer les femmes allemandes du mythe du Führer, aurait dû succéder à son véritable père dans la continuité d’un Reich de mille ans… Bientôt l’on saura comment l’auteur d’un des péchés capitaux du XXème siècle ira jusqu’au bout du mal, comme une boule de néant qui implose tout sur son passage, allant jusqu’à ordonner l’exécution de son fils Siegfried.

Troublants sont les rapprochements envisagés par Mulisch: douze ans de pouvoir pour Hitler, douze ans pour la folie de Nietzsche qui se déclara au moment même, en juillet 1888, où naquit l’auteur de Mein Kampf. Quoique Mulisch montre qu’il n’ignore pas que l’auteur du Zarathoustra, lui anti-antisémite, ne put voir sa sœur falsifier ses écrits inédits et fabriquer une dangereuse Volonté de puissance qui « n’existe pas », pour reprendre le titre du livre de Mazzino Montinari[3]. Certes, on peut contester, pour Nietzsche, preuves à l’appui, l’exactitude de cette date, à quelques mois près. Mais faire d’Hitler le fruit d’une distorsion démente du philosophe ainsi trahi n’a rien de fou : c’est bien le chemin qu’empruntèrent les thuriféraires du nazisme en travestissant le sage surhomme nietzschéen en brute blonde totalitaire…

Tout sonne juste dans ce roman brillant, « idylle noire » et uchronie. La rencontre avec le chef « dictateur » d’orchestre, les remarques sur Wagner, la puissante évocation du Berghof et des dignitaires nazis, d’Hitler lui-même, comme passé au scalpel d’une inquiète réflexion psychologique, sans compter ce feu d’artifice de l’imagination créatrice de l’écrivain qui parvient à faire se lever, depuis des réalités enfouies, des hypothèses impressionnantes. Et si Hitler avait eu un fils ? L’aurait-il emporté dans son « crépuscule des dieux » ? Serait-il ressorti du futur, comme un fantôme malodorant, comme l’agent séducteur et efficace du mal ; et pour quelles destinées… Quant au petit-fils d’Herter, son enfantine remarque coupe le souffle : « Hitler est en enfer. Mais comme il adore les méchancetés, cet endroit est pour lui le ciel. Dans le vrai ciel se trouvent tous les Juifs, et pour lui, c’est donc l’enfer. Si on veut le punir, il faudrait donc le mettre au ciel. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Quelle est la racine du mal ? Surtout s’il est en Hitler incarné… Norman Mailer est loin d’interroger les circonstances socio-économiques, les motivations politiques et les préjugés antisémites, loin de narrer en historien la jeunesse du Führer (comme l’excellent Kershaw). Sans complexe, il écarte la thèse d’Hannah Arendt sur « la banalité du mal ». Seul le diable peut être à l’origine de la naissance d’unmonstre, de la personnalité d’Hitler et des atrocités commises en son nom.

      Après que le narrateur, officier SS, ait avec Himmler disserté, puis enquêté sur la généalogie incestueuse - prétendue condition du génie -, sur l’unique testicule et sur l’hypothèse gênante et cachée d’une ascendance juive, on assiste à une scène ébouriffante : la conception du futur « Adi ». Le père douanier et sa jeune femme font salement l’amour « en compagnie du Malin ». Un brin coprophile et saisi par la jouissance lorsqu’il voit son père battre au sang le chien, l’enfant fait son apprentissage de sadique pervers. Il hait son père, déteste le lycée ; la frustration et l’envie le déchirent autant que les coups de ceinture paternels. Il a des érections en voyant ses beaux camarades. Bientôt, il manifeste un surprenant charisme : « Optimisme feu, sang et acier » leur fait-il reprendre…

       C’est à la fois documenté et absolument délirant. Si l’on admet que le diable est une fiction, le livre ne tient pas. Mais au combat entre le bien et le mal qui agite chacun de nous, les réponses à opposer sont déjà délicates et complexes. Alors, s’il s’agit d’Hitler, on peut bien rendre à la fiction ses lettres de noblesse. Et si l’explication est simpliste, l’efficace déroulement romanesque permet de dresser un portrait dérangeant, quoique en gestation, d’un médiocre, d’un des monstres du XXème siècle.

 

Thierry Guinhut

La partie sur Mullish a été publiée dans Europe en 2003,

celle sur Mailer dans Le Matricule des anges, novembre 2007.

Une vie d'écriture et de photographie

 

[2] Galimard, 2002.

[3] Mazzino Montinari : La Volonté de puissance n’existe pas, Editions de L’Eclat, 1996.

 

Fiè allo  Sciliar, Trentino Alto-Adige. Photo : T. Guinhut.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 13:13

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

L'alliance insolite de la poésie

 

et du roman policier.

 

Björn Larsson :

 

Les Poètes morts n’écrivent pas de romans policiers.

 

 

Björn Larsson : Les Poètes morts n’écrivent pas de romans policiers.

Traduit du suédois par Philippe Bouquet, Grasset, 2012, 496 p, 22 €.

 

 

 

       Roman policier ou poésie ? A ce choix cornélien il faudra dorénavant répondre par Les Poètes morts n’écrivent pas de romans policiers, un roman un brin naïf, efficace cependant et plus malin qu’il n’y parait, sous la plume incisive de Björn Larsson. L’on y tue avec des stylos, l’on y vit avec des poèmes…

 

     Un prestigieux éditeur suédois, qui a l’oreille des jurés Nobel, découvre un pendu sur son bateau. Le pauvre et confidentiel poète Jan Y. Nilsson s’est-il suicidé, alors qu’il lui apportait un mirifique contrat avec droits étrangers, ce pour un roman policier qu’il est parvenu à lui convaincre d’écrire ? On parcourt le milieu portuaire sous la conduite du commissaire Barck, les amis du défunt, une admiratrice fanatique, un éditeur talentueux, des commerciaux peu portés à publier de peu vendables recueils, une famille hypocrite. C’est un peu manichéen et satirique : les meilleurs meurent, le talentueux Jan Y. Nilsson n’est soudain lu que parce qu’il fut le héros d’un fait divers, le premier d’un trio de crimes. Ainsi, son polar se vendra pour enrichir ceux qui n’ont guère mérité…

     Vivre pauvre en poésie était une ascèse, écrire un polar sur les profits exacerbés du capitalisme et la corruption financière est un cri d’indignation en même temps qu’un facile cliché : « Comment ne pas publier un roman qui lui permettrait de régler ses comptes avec les rapaces de la finance ? » Autant dénoncer la dette abyssale des états, la surfiscalité et la démagogie des gouvernements et l’on aura peut-être mieux fait pour la prospérité du genre humain. Des formules un peu simplettes (« une dose de beauté et de poésie ne pouvait pas faire de mal ») ternissent parfois l’écriture. Pourtant, jusqu’à la chute fulgurante, jusqu’à la révélation d’un criminel paradoxal et effrayant, qui peut vacciner tout écrivain contre une admiration excessive, on se laisse prendre au piège.

       Qui l’eût cru ? Un certain humour se glisse dans cette trame macabre, ne serait-ce qu’au travers du personnage du commissaire maritime qui se pique, non seulement de lire de la poésie, mais d’en écrire avec une opiniâtre conviction. Au point de proposer un recueil au fameux éditeur, qui voudra bien se pencher sur ces modestes productions et y apprécier quelques vers érotiques. Hélas, la mort de ce dernier laissera l’impétrant hors-jeu…

        Quant à la satire du monde littéraire et de l’édition, elle reste assez convenue, opposant la figure de l’éditeur dévoué à la découverte des grands textes et les commerciaux aux trousses de la rentabilité. Comme si le phénomène était si récent. Comme si la dévotion littéraire ne suscitait que des chefs-d’œuvre et non des médiocrités convenues ou sibyllines, au service de l’horizon d’attente des lecteurs banals ou élitistes… Quoique l’on puisse imaginer qu’il s’agisse là de se moquer de cette vogue du polar suédois qui a conquis le monde avec le Millenium que l’on sait, au point de disqualifier tout plumitif qui ne passerait pas sous les fourches caudines du genre cliché d’aujourd’hui. Autodérision non sans piquant de la part de Björn Larsson, qui a pourtant su conquérir un public avec de précédents romans, Long John Silver (détournant les codes du roman de piraterie) ou Le Capitaine et les rêves, (prix Médicis étranger 1999). A moins d’imaginer de faire ainsi se frôler la poésie et le terrain du bestseller. Et de ne pas oublier que Martinson et Tanströmer vendent leurs recueils par dizaines de milliers, mais en Suède où l’on lit incomparablement plus qu’en France…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       C’est moins au service du roman policier, qui parvient sans peine à capturer son lecteur dans le filet de l’enquête et dans la montée du suspense meurtrier, que dans l’évocation de la poésie que ce roman excelle. Intéresser, par le biais de l’enquête criminelle et de l’inscription dans la sociologie réaliste suédoise, le lecteur et quidam à la poésie n’est pas une mince réussite. Au point de nous confier in extenso quelques poèmes de la victime, en fait emprunté à un Français qu’il nous est soudain essentiel de découvrir, Yvon Le Men[1] :

« ils se sont tellement aimés

que la mort recula d’une heure

pour les laisser passer »

Ou encore :

« Je t’aime

mais qu’ai-je fait pour ce verbe

trop grand pour moi »

       Cerise sur le gâteau, des questions d’esthétique et d’éthique littéraire sont ici abordées avec justesse : « sa poésie se nourrissait d’ambition presque scientifiques : tout devait être le reflet exact de quelque chose qui avait été vu, ressenti ou expérimenté. » Pour nourrir sa réflexion, le commissaire sollicite les lettres d’un historien de la littérature sur les romanciers assassinés ; alors que la menace à l’encontre de l’éditeur n’est pas sans allusion à Salman Rusdie[2]. Sans compter qu’en une judicieuse mise en abyme, notre romancier insère des extraits du manuscrit du poète : « Au total, l’enquête lui en avait beaucoup plus appris sur la poésie que sur l’identité éventuelle du meurtrier. »

     

      En jouant avec les codes du policier, le roman de Björn Larsson met en scène moins une enquête criminelle, qu’une enquête sur la poésie, une quête de ses moyens, de ses séductions et de ses fins. Nous sommes en droit de préférer les secondes.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Les recueils d’Yvon Le Men ont été publiés par les éditions du Seuil, Rougerie… On lira un choix de poèmes : Le Jardin des tempêtes, Flammarion, 2000.

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Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


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Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

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Science-fiction biotechnologique : de Consumés à Existenz

 

 

 

 

 

 

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Dante

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Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

De la Vita nuova à la sagesse du Banquet

Manguel : la curiosité dantesque

 

 

 

 

 

 

Daoud

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Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

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Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

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Dick

Philip K. Dick : Nouvelles et science-fiction

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

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Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

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Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Biophilia : Wilson, Bartram, Sjöberg

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers écoromancier de L'Arbre-monde

Ernest Callenbach : Ecotopia

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

Haine de la littérature et de la culture

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Histoire romanesque du franquisme
Rivas : Les Livres brûlent mal

 

 

 

 

 

 

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Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

Bernardine Evaristo : Fille, femme, autre

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

Herland parfaite république des femmes

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

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L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Adam et Eve, mythe et historicité

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Des peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

La Sirène d'Isé

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable, Nouvelles de jour et nuit

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Faim romantique et passion nazie

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'intégrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

George Steiner, tragédie et réelles présences

Vocabulaire européen des philosophies et autobiographie par Barbara Cassin

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lorca

Federico Garcia Lorca par Ian Gibson ; Une Colombe si cruelle

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Lumière de L'Esprit des lois

 

 

 

 

 

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Troubadours et érotisme médiéval

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, L'Estomac, Orgasme

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Peinture

Arasse : Le Détail ; Poindron : Brueghel ; Thelot : Géricault ; Slimani : Parfum

Sonnets des peintres : Tapies, Titien, Rohtko, Twombly

 

 

 

 

 

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Populisme

Populisme, complotisme et doxa

 

 

 

 

 

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, 75 feuillets

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

De Jésus aux chrétiennes uchronies

Le Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Renaissance

Renaissance historique et humaniste

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

Science et guerre : Volpi, Labatut

L'Eglise est-elle contre la science ?

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie ; No Smoking

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare et la traduction des Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorcières

Sorcières diaboliques et féministes

 

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

 

 

 

 

 

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

Temps de Chronos et politique des oracles

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Hayes : Je suis Pilgrim ; Tejpal

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

À la recherche des années Trump : G Millière

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies

Ernest Callenbach : Ecotopia

Herland parfaite république des femmes

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Culture et littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

Volpi : Klingsor. Labatut : Lumières aveugles

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Lazare, Le ghetto de Varsovie

 

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