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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 13:13

 

Périgné, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Thomas Bernhard se mheurt :

 

à la recherche de la vérité de Goethe,

 

de l’Autriche et du moi.

 

 

 

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt,

traduit de l’allemand par Daniel Mirsky ;

 

Sur les traces de la vérité, discours, lettres, entretiens, articles,

traduit par Wolfram Bayer, Raimund Fellinger et Martin Huber ;

Gallimard, 130 p, 13,50 € et 420 p, 22,50 €.

 

 

 

On n’a guère connu Thomas Bernhard en odeur de bienveillance. Il faut dire que le contexte de son apparition fut bien peu réjouissant, et qu’on lui a rendu au centuple la hargne avec laquelle il caressait l’Autriche, la culture allemande et l’humanité. Iconoclaste, bougon, volontiers revêche, la langue baignée d’ironie, l’écrivain autrichien (1931-1989) récidive post-mortem avec un meuglement acerbe contre Goethe le grandiose, accompagné de trois autres récits, mais aussi avec un bouquet d’articles et de discours passablement vénéneux.

 

La figure immense de l’auteur de Faust domine l’Allemagne ; au point qu’on y parle, dit-on, la langue de Goethe. La richesse de l’œuvre mérite le plus grand respect, mais pas au point de la religiosité, au point qu’il soit devenu « le tétaniseur de la littérature allemande », « l’anihilateur des Allemands ». La pure mauvaise foi de Thomas Bernard n’a d’égale que la pleutrerie de ses flagorneurs, comme le sont à leur manière les célinolâtres. C’est au chevet de Goethe mourant que nous convie le romancier; mais au moyen d’anachronismes hallucinants : le maître invite impérativement Wittgenstein, couchant le Tractatus sous son oreiller. Il trouve autour de lui à peu près tout le monde « bête », c’est-à-dire sa cour d’admirateurs, ceux qui s’emparent du génie pour avoir le privilège de le passer à la postérité, au premier chef Eckermann, « encore plus bête ». De plus, le vieil auteur polymorphe réduit son œuvre à « un déballage de mes sentiments les plus intimes ». La vache sacrée du romantisme et du classicisme ne sait plus que meugler… Probablement il devient gaga lorsqu’il conseille à l’une de ses correspondantes de s’adresser à Voltaire. Est-ce facilité à descendre ainsi les idoles, ou nécessaire remise en cause des inconditionnels gonflés de leur importance, comme le fit à sa manière Arno Schmidt dans Goethe et ses admirateurs[1] ? Le conte philosophique n’en reste pas moins vivifiant.

Pourtant Thomas Bernhard est capable d’admiration sans mélange. « Fuyant ma famille, c’est-à-dire mes persécuteurs, je me réfugiai dans un coin de la tour », c’est ainsi que commence son récit de la redécouverte de Montaigne. « Coiffé d’un véritable bonnet en toiles d’araignées », il médite là encore sur ses « anihilateurs », parents et proches. Nul doute qu’il faille lire ce trop bref et fulgurant apologue comme un manuel d’hédonisme, comme une relecture du « familles, je vous hais » de Gide, et comme une morale nécessaire : il s’agit, en dépit d’autrui, de ses hargnes et de ses préjugés, d’être soi-même, ce en quoi Montaigne est infiniment précieux. Car, aux yeux de la famille et autres tyrans, « le simple fait de pénétrer dans la bibliothèque était un crime ». Ainsi « Montaigne a toujours été mon sauveur et mon secours », s’exclame celui qui recherche là un père de substitution. Ce bel et poignant exercice d’admiration n’a qu’un défaut : pas un instant Bernhard ne nous dit en quoi l’auteur des Essais est pour lui salvateur, ni ce que lui apporte précisément cette lecture…

 

 

« Retrouvailles », le troisième récit, reprend cette litanie bernhardienne : « les maisons familiales sont toujours des cachots ». Avec un ami d’enfance retrouvé, notre auteur revient sur leur traumatisme commun. Quand le premier d’entre eux n’a pu s’affranchir de ses parents, le second peut formuler un verdict sans appel : « Tu lis des livres avec la même hébétude et écoutes de la musique avec la même hébétude que celle que t’ont inculquée tes parents ». L’un des deux pères écrit et publie des « imbécillités rimées » ; l’autre, dessinateur fêté de paysages montagnard, se voit qualifié de faiseur d’« abjection » et de « kitsch. Les ascensions sont alors des calvaires, entre forfanterie des parents et tempête glacée, ce qui met à mal le mythe alpin. Le réquisitoire dépasse le cercle étroit de la famille pour embrasser toute la culture autrichienne et allemande.

Ce qui n’a pas empêché Thomas Bernhard de voir son œuvre rencontrer un réel succès, quoique controversé. Au point que l’on puisse se demander si la haine et le ressentiment ne sont pas son fonds de commerce, comme dans le plus faible et dernier récit « Parti en fumée » où l’aigreur balaie également la Suède, voire l’humanité entière. Au-delà de la mort de Goethe et des pères, dont l’ami d’enfance n’a pas su profiter pour ouvrir les yeux, au-delà des départs et des lieux égrenés, seule compte la gestation douloureuse d’un écrivain et d’un art hors du commun.

 

Toute cette bile finirait-elle par devenir fatigante ? A moins que l’on en trouve la clé nécessaire dans le recueil titré Sur les traces de la vérité. En particulier dans un poème intitulé « Manie de la persécution ? » qui conclue chaque strophe d’une pérégrination autrichienne consacrée à un personnage plus qu’irritant par un « c’était un nazi ». Autrement dit, pour reprendre le titre d’un autre réquisitoire : « Rien n’a changé en Autriche ». L’amateur passionné trouvera en ces quelques dizaines de discours, entretiens, lettre et articles, les variations éclairantes et parfois décevantes d’un credo littéraire et existentiel. « Je travaille sur moi-même », répond-il, laconique, à des questions au lors de la réception du Prix de littérature de la ville de Brême. Plus généreusement, il répond à Victor Suchy : « il y a chez moi un intérêt pour le psychisme sur le fil du rasoir, les actes de somnambulisme au-dessus de l’abîme ». Les scandales, les insultes volent vers lui lorsqu’il stigmatise les théâtres et les festivals, leur conservatisme. Ne se représente-t-il pas sous le masque du philosophe lorsque dans une de ses pièces il confronte Emmanuel Kant aux Etats-Unis, où il finit dans un asile de fous ? Pensons également à ce drame,  Avant la retraite,  dans lequel il mit en scène un juge allemand qui célèbre en secret l’anniversaire de la mort d’Himmler, mettant au passage en cause un ministre. Cela va sans dire, nombre d’Autrichiens se sentirent insultés en ce qu’ils ont de plus précieux : leur nation. Dans la même veine, il justifie sa détestation des familles avec enfants en arguant avec réalisme : « Car ils donnent naissance à des adultes, pas des enfants. Ils mettent au monde un aubergiste ou un tueur en série, transpirant, bedonnant, répugnant, pas des enfants ».

Pourtant, dans un entretien titré « D’une catastrophe à l’autre », suite à la question d’Asta Sheib, « Qui est Thomas Bernhard ? », il finit par répondre : « La vie est merveilleuse ». Comme quoi le personnage est plus complexe qu’il n’y parait. Au-delà de la mauvaise humeur chronique, l’écrivain justifie son combat d’homme et d’écrivain en ajoutant : « on est aussi un peu amoureux de la haine et du mépris ».

 On retrouve évidemment en ces deux volumes et chez cette tête de cochon forcenée qu’est Thomas Bernhard, fidèle à lui-même, le don de la répétition, le laminage de la parole, l’opiniâtreté du discours à coup de marteau -ce qui peut irriter le lecteur, ou le fasciner, comme dans les anneaux du serpent prédateur de l’âpre musicalité de son style. Mais aux récits féroces et sobres de Goethe se mheurt s’adjoignent un humour et une légèreté peu usités. Quant à ses écrits divers, au-delà du politiquement correct qui n’est certes pas sa tasse de thé, le troublion des lettres autrichiennes approche-t-il la vérité ? En tout cas la sienne, précieuse parce que garante pour chacun de sa vérité possible, non pas au sens du relativisme, mais de l’indépendance individuelle et sainement égoïste.

 

Quoique posthumes, ces récits, pourtant inégaux, ces exercices de détestation et de libération, ne sont en rien des œuvres mineures. Ils supportent, en dépit ou au gré de leur qualité de miniature, la comparaison avec les œuvres phares de Thomas Bernhard, son autobiographie en cinq volumes, de L’Origine à L’Enfant, et ces points culminants que sont Maîtres anciens et Extinction, un effondrement… Comme il resta marqué par son combat contre la maladie pulmonaire qui saccagea son enfance, le misanthrope et provocateur autrichien reste profondément lacéré par les séquelles du nazisme et du kitsch qui défigurent son pays ; seule l’écriture, invaincue, lui permit de survivre. Nous permettant, moins les outrances de sa haine et de son agressivité maladives, de chercher et trouver à son côté, sans l’imiter pourtant -il aurait haï des disciples- les traces de notre vérité.

Thierry Guinhut

 Une vie d'écriture et de photographie

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 09:12

 

Grand-Rue, Poitiers. Photo : Guinhut.

 

 

 

 

L’hydre de Lerne du Baudelaire

 

de Walter Benjamin.

 

 

Walter Benjamin : Baudelaire, traduit de l’allemand par Patrick Charbonneau,

La Fabrique, 1040 p, 30 €.

 

Benjamin, cahier dirigé par Patricia Lavelle, L’Herne, 392 p, 39 €.

 

 

 

Littérature ou philosophie ? Walter Benjamin lui-même ne savait tracer la ligne de démarcation entre ses deux disciplines, ni oser se dire littérateur ou philosophe. On se doute alors que s'observant dans le miroir de Baudelaire, il n’a su s’il se faisait critique littéraire ou s’il faisait de son poète favori un philosophe. L’auteur du « Livre des passages » parisiens pratique en effet l’art du passage interdisciplinaire, ouvrant nos yeux sur la ville littéraire et capitale économique du XIX° siècle. Jamais pourtant Benjamin ne parviendra à faire passer du côté de l’œuvre achevée son travail d’Hercule sur le poète des Fleurs du mal. Il ne nous reste que des bribes splendides, qu’un chantier inachevé, dont l’entièreté est enfin publiée en France, conjointement avec un dossier magistral des Cahiers de l’Herne, consacré à celui qui avait dû fuir une « enfance berlinoise ». Pourquoi Walter Benjamin fascine-t-il tant ? Et quels sont, à travers ses deux monuments dont il a longuement construit les ruines, ses apports à la pensée ?

 

De ce Baudelaire, « poète lyrique à l’apogée du capitalisme », nous connaissions des îlots : « Le Paris du second empire, La bohème, Le flâneur, La modernité ; Sur quelques thèmes baudelairiens ; Zentralpark »[1] ; ainsi que 175 pages fichées au centre de Paris capitale du XIXème siècle[2], qui d’ailleurs se recoupent, parties émergées d’un iceberg enfoui… Mais grâce à Giorgio Agamben, par ailleurs préfacier[3] de ce volume, nous avons l’archipel entier, quoique brusquement interrompu. C’est en effet en 1981 que l’on découvrit à la Bibliothèque Nationale de France une liasse de manuscrits que Walter Benjamin confiait à Georges Bataille avant de devoir quitter Paris en 1940. La genèse, la méthode de travail, les perspectives critiques de ce vaste ouvrage s’éclairent. C’est comme dans l’amitié d’un travailleur acharné, de ses milliers d’heures studieuse à la BNF, que l’on peut enfin lire avec lui, ces briques d’un puzzle fabuleux, à moins que ce soient les ruines d’un projet trop cyclopéen.

      Ruines magnifiques que ces pages : « palais neufs, échafaudages, blocs, / Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie », disait Baudelaire dans « Le cygne », poème né parmi les « Tableaux parisiens » où Benjamin puise le centre de son inspiration. Ruines d’un monument à venir et jamais advenu en sa totalité, peut-être plus beau de son inachèvement. Ruines apparentées à cette esthétique du fragment de Lichtenberg et de Novalis encyclopédiste, qu’il connaissait bien pour avoir étudié Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand. En ce sens le dispersé du fragment et la totalité de l’encyclopédie fantasmée participent à la fascination exercée par Benjamin sur la secrète confrérie de ses lecteurs un brin fétichistes. En ce sens ces pages boulimiques et impeccablement documentées sont une allégorie de l’œuvre d’art totale en son utopie. Interrompue par la fuite et le suicide à Port-Bou, aux portes de l’Espagne, en 1940, cette stèle immense à Baudelaire aurait peut-être trouvé son achèvement ; à moins que sa nature, entre accumulation et perspectives éclairées, l’eût rendue impossible. C’est ainsi que les livres majeurs de Walter Benjamin, chacun d’entre eux se faisant « livre des passages », exercent une irrémédiable fascination sur les intellectuels : ils sont le matériau énorme d’une œuvre jamais totalement réalisée, le fantasme de l’incapacité de beaucoup d’entre nous à parvenir à la totalité de la pensée et de l’art, la projection de la justification mythique d’une vie fauché par le destin contraire.

A son corps défendant, Walter Benjamin réalise ce qu’il étudiait dans Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand : « L’idée de l’Art comme médium crée donc pour la première fois la possibilité d’un formalisme non dogmatisme ou libre, d’un formalisme libéral, comme auraient dit les romantiques[4] ». Pourtant, la perception synthétique de l’œuvre ultime est rendue particulièrement délicate par la proximité de Baudelaire et de Paris capitale du XIX° siècle, cette déambulation raisonnée, cependant proche des surréalistes Breton et Aragon. Au point que ces deux forts volumes puissent apparaître comme des frères siamois, reliés par le sternum ; en l’occurrence les pages baudelairiennes qui participent de l’ossature de deux projets, sans avoir pu trouver le temps de construire leurs propres territoires, s’il était possible. Ainsi le lecteur s’invite, entre documentation, invention et rédactions partielles, à la reconstruction de ces deux work in progress…

 

 

L’apport de Walter Benjamin dépasse évidemment la critique biographique, à la façon de Sainte-Beuve qui plaçait Baudelaire « à la pointe extrême du Kamtchatka littéraire romantique », avec un rien de dédain, se gaussant de la « la folie Baudelaire[5] ». Ne se limitant pas à la critique thématique, relevant les occurrences du haschich, de la prostitution, il œuvre dans la perspective du « matérialisme historique », et de Marx lui-même, souvent nommé. Là encore se trouve le noyau de la fascination, voire de l’idolâtrie, vouée à Walter Benjamin : à la destinée errante du brillant intellectuel juif chassé de l’Allemagne nazie et de la France occupée, s’ajoute, bien mieux que cette dernière, la figure du penseur marxiste qui a su donner ses lettres de noblesse au « matérialisme historique » grâce à des travaux joignant à une impeccable érudition une dimension poétique et encyclopédique.

Pourtant, son « marxisme libertaire », son « communisme messianique » (pour reprendre l’analyse de Michaël Löwy dans le Cahier de L’Herne) restèrent de l’ordre de la rêverie ; et de son amour pour Asja Lacis qui l’initia au marxisme à partir de 1924.  Les concepts périmés et tyranniques de « lutte des classes », la phraséologie marxiste rendent parfois ses pages désagréablement pâteuses et plus collantes qu’un vieux et vénéneux chewing-gum qui ne veut pas se décoller. Jusqu’à ce qu’il exprime bien des nuances critiques dans cette poignée de pages de 1940, « Sur le concept d’histoire » : parlant de la « poupée qui porte le nom de matérialisme historique », il ironise en ajoutant qu’ « elle n’aura aucun adversaire à craindre si elle s’assure les services de la théologie, cette vieille ratatinée et mal famée qui n’a sûrement rien à faire d’autre que de se nicher où personne ne la soupçonnera[6] ». Mieux encore, il dénonce « les vices fonciers de la politique de gauche » : « la confiance aveugle dans le progrès ; une confiance aveugle dans la force ; dans la justesse et dans la promptitude des réactions qui se forment au sein des masses ; une confiance aveugle dans le parti[7] ». On aimera supposer que l’intelligence de Benjamin, par ailleurs critique du totalitarisme[8], qui parlait, dans le cadre de sa foi communiste, et donc d’un hallucinant paradoxe, d’ « abandonner la perspective immodeste de systèmes totaux[9] », si elle n’avait été fauchée à la fleur de la maturité intellectuelle, aurait pu évoluer vers une mise en cause égale du communisme et du socialisme d’une part, et du fascisme (qui est un « national-socialisme ») de l’autre, à l’instar du libéral Hayek écrivant La Route de la servitude[10]

Arpentant sa lecture de Paris et de Baudelaire dans le cadre du « matérialisme historique, il parait entendu qu’il fait une lecture critique du capitalisme, en un mot un blâme. Est-ce si sûr ? Magnifiant les « passages parisiens » et « l’homme des foules » baudelairien devant l’éclat des marchandises, comme plus tard Zola devant le grand magasin haussmannien du « Bonheur des dames », paraitrait-il plutôt qu’il en fasse l’éloge ?

Cependant l’analyse de Walter Benjamin ne se limite pas à décrypter à travers les vers des Fleurs du mal et les Petits poèmes en prose les seuls bouleversements économiques et sociaux, comme le changement radical infligé et offert aux Parisiens par les travaux du préfet Haussmann, comme la montée d’une industrie de masse, le gonflement démographique du prolétariat, ou l’ostentation de la marchandise. Ce sont aussi la vie des foules, sensible parmi le coup de foudre du sonnet « A une passante », la « passion esthétique », « l’érotologie du damné », la « perte d’auréole » du poète et de la prose qui le cerne, qu’il tente de rédimer en ses Petits poèmes en prose, le spleen féroce, le dandysme, la capacité du romantique à être moderne, ou encore « la sorcellerie évocatoire[11] » du vers baudelairien… Notre chercheur s’intéresse à tout ce qui environne et constitue son héros : les « marchands de vin », en relation avec le poème « Le vin de l’assassin », les « stupéfiants » qui menèrent à l’écriture des Paradis artificiels, les « abonnements aux journaux », la « mode » et « la nouveauté », le « rapport allégorie et correspondances », le « Paris en ruine » du graveur Charles Meryon… Des formules lumineuses frappent l’œil du lecteur : « La femme chez Baudelaire : le butin le plus précieux dans le triomphe de l’allégorie ». Plus loin : « Avec la prostitution des grandes villes, la femme elle-même devient un article de masse ». Sociologie et poétique s’entrelacent en ce gigantesque pêle-mêle infiniment séduisant, stimulant…

S’il n’avait dû fuir Paris menacé par le nazisme, s’il n’avait cru devoir se suicider à Port Bou, Walter Benjamin aurait-il achevé son Baudelaire ? Telle une hydre de Lerne, les têtes de chapitres achevées repoussaient sans cesse au gré des nouvelles notes, des nouvelles fulgurances du travail d’Hercule de cet assidu qui avait fait de la Bibliothèque Nationale une nouvelle patrie, un éden dont, Juif, il fut chassé… Le protéiforme penseur aux multiples têtes pensantes méritait bien, si l’on nous permet de jouer sur les mots, son cahier de L’Herne…

 Benjamin L'Herne       

La réputation des Cahiers de L’Herne n’est plus à faire. Souvenons-nous des volumes consacrés à Soljenitsyne ou Lovecraft, Borges ou Vargas Llosa, Steiner ou Musil… Une fois de plus inédits et analyses, aussi claires qu’érudites, voisinent en un généreux opus. Les bribes biographiques, comme les esquisses pour Enfance berlinoise, n’y sont pas anecdotiques, constitutives qu’elles sont de la formation de la pensée du philosophe. Les lectures des poètes Goethe et Stefan George, de « Socrate », les correspondances avec Hannah Arendt, les rapports amicaux et intellectuels avec Gershom Sholem ou Adorno, tout cela bouillonne avec intensité. L’on saura même, sous la plume d’un Walter Benjamin humoriste « Pourquoi l’éléphant s’appelle l’éléphant ? », pas loin d’une réflexion « Sur le langage et la mimésis » et de « notes antithétiques sur le verbe et le nom ». Des critiques avisés s’interrogent sur la « théologie politique » et le judaïsme de celui qui nous surprend en proposant une « Conversation sur l’amour », dialogue platonicien dans lequel Sophia livre à Agathon le secret de l’art d’aimer et de la philosophie : « Qui a l’amour est contraint de devenir meilleur ». Protéiforme une fois de plus se révèle Walter Benjamin, pratiquant le mélange des genres littéraires et philosophiques, depuis la thèse doctorale et l’essai, en passant par l’autobiographie, la collection de citations et les contes pour enfants, jusqu’aux récits de Rêves[12]. Nul doute que les universitaires et autres critiques autorisés, ou plus simplement amateurs au sens noble du terme, y trouvent de quoi butiner parmi les arcanes de la pensée et du monde : là où, selon Patricia Lavelle, « nous pouvons donc comprendre le projet théorique de Benjamin comme la restitution de ces instants d’éternité qui font la vérité de notre existence individuelle et collective ».

 

L’auteur d’Enfance berlinoise et de L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, qui infléchirent notablement les codes de l’autobiographie -entre chronique personnelle et géographie urbaine- et de la critique esthétique -entre élitisme et perception des masses-, apparait alors comme un « Angelus novus », pour reprendre le titre d’un dessin de Paul Klee qu’il aimait tant, de la création littéraire et philosophique. Comme s’il avait voulu se faire l’ange de Baudelaire et du Paris du XIXème siècle avant que le Satan du Troisième Reich balaie l’Europe et en efface les richesses culturelles. Si ce dernier n’a heureusement pas réussi son entreprise, quoique marquée les immenses champs de batailles et l’holocauste, Walter Benjamin n’a-t-il pas réussi la sienne, quoique encore partielle, hélas de manière trop posthume ? Si Baudelaire est un auteur capital du XIXème siècle, le Baudelaire de Walter Benjamin et son Paris capitale du XIXème siècle, restent des œuvres capitales de l’encyclopédisme historique et poétique de notre temps. Il est certain que, dans nos bibliothèques, ces deux livres savent parler, répétant pour nous et pour la mémoire du philosophe allemand qui sut traduire « Les tableaux parisiens », ces vers du « Balcon » : « Je sais l’art d’évoquer les minutes heureuses », celles du travail de la pensée.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir : Charles Baudelaire : « Une charogne »

 

[1] Publiés dans Walter Benjamin : Charles Baudelaire, Petite bibliothèque Payot, 2002.

[2] Walter Benjamin : Paris, capitale du XIXème siècle, Cerf, 1989. 

[3] A qui l’on inflige de désastreuses coquilles : « qui aurait pu fait naître » (p 7) ; « en abîme » au lieu d’en abyme (p 8), etc.

[4] Walter Benjamin : Le Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand, Flammarion, 1986, p 122. 

[5] Cité par Roberto Calasso : La Folie Baudelaire, Gallimard, 2011, p 379.

[6] Walter Benjamin : Ecrits français, « Sur le concept d’histoire », Folio essais, 2003, p 432.

[7] Ibidem p 439.

[8] Par exemple dans « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée », Ecrits français, Folio Essais, 2003.

[9] Walter Benjamin : Correspondance 1929-1940, Aubier, 1979, p 124.

[10] Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 2010.

[11] Charles Baudelaire : « Fusées », Œuvres complètes, Pléiade I, p 658.

[12] Walter Benjamin : Rêves, le Promeneur, 2009.

 

 

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 18:18

 

Forêt domaniale du Bois Henri IV, La-Couarde-sur-mer, Île de Ré.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Arno Schmidt, marcheur de l’immortalité :

 

On a marché sur la lande,

 

Tina ou de l'immortalité,

 

Goethe et un de ses admirateurs.

 

 

 

 

Arno Schmidt : On a marché sur la lande,

traduit de l’allemand par Claude Riehl, Tristram, 384 p, 25 €.

 

Arno Schmidt : Tina ou de l'immortalité,

traduit de l’allemand par Claude Riehl, Tristram, 128 p, 11,43 € ;

 

Arno Schmidt : Goethe et un de ses admirateurs,

traduit de l’allemand par Claude Riehl, Tristram, 64 p, 10 €.

 

 

 

 

      L’étrangeté d’Arno Schmidt (1914-1979) a encore frappé. Il est un de ces rares écrivains dont on peut dire qu’il marche littérairement sur la lune. Il lui suffit d’arpenter la lande, son paysage fétiche, son désert hors du monde, son poste d’observation caustique au-delà et dessus de nos sociétés. Aussi étrange qu’un sol lunaire, elle essaime l’œuvre entière. Il suffit de se rappeler les Scènes de la vie d’un faune,[1] pour y voir gambader l’auteur qui échappe à la vigilance nazie en reprenant la cabane oubliée d’un déserteur de l’armée napoléonienne. Une fois de plus, la lande est la métaphore d’un espace vide, abstrait, en retrait, d’où regarder l’humanité s’agiter en son désordre. Mais aussi lire Goethe et imaginer immortalité.

 

 

       « Fieffé satiriste », comme le qualifie sa compagne Herta, Karl, le narrateur d’On a marché sur la lande, associe à une chronique des années de rationnement parmi de frustres habitants, une intrusion fantasque chez les puissants de la Maison Blanche et du Kremlin rouge. Peu à peu, pour tromper l’amertume et l’ennui de celle qui l’a convié chez sa tante Heete, véritable phénomène dialectal, il échafaude, alternativement avec les paragraphes domestiques et leur rançon d’incompréhension, de dialogues maladroits, acerbes ou affectueux, de réconciliations, un autre étage du roman -comme on parle d’étage d’une fusée. C’est du haut d’une lune imaginaire que se déploie la vision d’une terre apocalyptique, atomisée au cours d’une guerre froide devenue brûlante. Et tout là-haut, en Sélénites nouveaux, Américains et Soviétiques, toute une société de savants et militaires dévoués aux cosmonautes, reprennent depuis leurs bases autour de « Mare Crisium » une nouvelle guerre froide grâce à leurs « scie=ences fusiques »…

      Sans cesse, en funambule littéraire aussi à l’aise qu’insensé, Arno Schmidt se joue du langage et du monde qui l’entoure en ironiste distingué, caustique et réjouissant. Grâce à ces paragraphes discontinus introduits par quelques mots en italiques, la narration se fait bondissante et détentrice d’une liberté folâtre, irrépressible. La langue parlée envahit le discours (« kekchose »), les onomatopées roulent, les néologismes jubilent (« un plaisir diésélique »), les mot-valises pullulent (« ça batracoassait ferme »)… On devine la performance du traducteur perpétuellement aux prises avec la languomanie de l’écrivain: « ptêtre suis=je expressément aménagé par mère=nature pour être 1 récipient pour les mots, dans lequel on essaie, mélange & com=bine en permanence. » Plus d’une allusion à Joyce se glisse par là…

      On a marché sur la lande, publié en 1960, est le dernier et le plus impressionnant  roman avant les tapuscrits géants. Si l’ambition, l’ampleur, la dimension tous azimuts y gagne, peut-être y a-t-on perdu au passage cette folle vivacité romanesque qui ajoutait au bonheur de Léviathan, de Tina ou de l’immortalité ou de La République des savants. Ce dernier roman, également science-fictionnel, évoquait lui aussi la rivalité soviéto-américaine, mais sur une île artificielle : celle d’une utopie où l’on réunissait dans une parodique rivalité savants et agents secrets des deux nations mégalomanes. Devenue folle, l’île se mettait à tourner sur elle-même. Dans On a marché sur la lande, l’utopie est lunaire : l’écrivain est « dans la lune » certes, mais il n’en sonde pas moins les folies, les mobiles et les possibles des hommes… Sans compter qu’une autre utopie, amoureuse celle-là, traverse le roman, avec l’aide d’une Tante Heete prodigue en attentions et conseils destinés à raviver leur entente sexuelle, pour que, peut-être également, Herta suive Karl et notre écrivain parmi les méandres et les fusées de son esprit créateur.

      Longtemps, l’œuvre d’Arno Schmidt, à été négligée en France. Fort heureusement les éditions Christian Bourgois, puis Tristram ont relevé le flambeau pour nous offrir les Miroirs noirs, Histoires, Cœur de pierre et autres Vaches en demi-deuil, afin de donner un goût de lande, de faune et de lune à nos bibliothèques qui, sans lui, ne pourraient maintenant que s’ennuyer un peu.

      Chimère ardemment poursuivie depuis l’antiquité, l’immortalité littéraire est cependant  le gage d’une bibliothèque réussie. Vaut-il mieux alors, pour y entrer, être un sérieux auteur abscons ou un facile histrion génial ? Proust ou San Antonio ? Quant à l’Allemand Arno Schmidt, réputé pour un écrivain difficile, le sort parait réglé. Pourtant lire Tina ou de l’immortalité permet d’entrer dans son univers avec une aisance insoupçonnée. C’est une nouvelle d’à peine cinquante pages, dont le défaut ne réside que dans brièveté, dans cette sensation de trop peu, de soif de lire encore, de poursuive le fol destin de ses immortels. Heureusement Goethe et un de ses admirateurs permet de prolonger avec brio le propos, en ressuscitant un autre immortel…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Si l’on en croit les pompeux commentateurs, les grands auteurs sont immortels. De Goethe au plus médiocre plumitif, tous visent cette éternité de l’esprit post mortem. Jusqu’à la vanité de l’académicien qui prétend, une fois élu, accéder au rang des « immortels ». Cet état est sans doute des plus délectables… Mais chez Arno Schmidt, bien entendu, la chose ne se passe pas avec une telle naïveté : rien de plus barbant que d’exister encore à travers la pérennité du nom.

      Grâce à la délicieuse Tina, le narrateur -alter ego implicite de l’auteur- est initié à cet enfer qui paraîtrait une sinécure si l’on n’y tenait une comptabilité pointilleuse. Une fois morts, les écrivains sont reçus par une administration zélée qui ne manque pas de repérer toute apparition d’un nom dans un journal, dans une thèse, dans un livre, sur une tombe, ou sur le moindre confetti perdu dans les archives ou dans un grenier : « Chacun est damné à vivre ici-bas aussi longtemps que son nom apparaîtra sur terre sous une forme acoustique ou optique ». Enfin bienheureux, l’un des condamnés à l’immortalité verra un incendie consumer la dernière mention de son nom. Mais pour l’essayiste, le poète, quelle déception si un critique avisé retrouve son œuvre, son pseudonyme alors qu’il était sur le point d’accéder à la disparition, à la paix de l’oubli. Etrange et paradoxale eschatologie…

      L’humour est parfois grinçant, bardés de discrètes allusions politiques, quand les hommes et femmes de lettres sont logés dans de « vastes baraquements », des « maisons des communautés rurales », des « camps ». Ou plus léger quand il s’agit de persifler contre les mœurs de l’édition et du lectorat : « rien que lors de la Foire de Francfort, il y a eu 12000 nouveautés », ou encore : « ma meilleure vente, le Léviathan paradait à 902 exemplaires ». Tina, quant à elle, soupire : « Enfin 90 pour cent de mes romans sont déjà passés au vieux papier – t’avise surtout pas d’en lire un ! – ». Ce n’est pas encore demain que ces deux-là passeront « les quelques marches qui mènent au néant »…

      La « foire aux vanités » est irrémédiablement moquée. Le burlesque donne un ton particulièrement savoureux à ce qui, mine de rien, est un conte philosophique pas si loin de Voltaire, avec son content d’au-delà merveilleux bafoué. A moins qu’il ne s’agisse de la trace romanesque d’une crise existentielle : Arno Schmidt douterait-il de son œuvre singulière, de son immortalité, au point de les récuser ? L’exercice d’ironie est d’autant plus méritoire que l’écrivain pratiqua sans  vergogne la biographie (sur l’auteur d’Ondine, La Motte Fouqué) et l’insémination autobiographique en ses récits, perpétuant ainsi d’autant plus les noms et les vies.

      Il s’agit évidemment d’une désillusion métaphysique. Les dieux, qui accordaient au travers des Muses l’inspiration et recueillaient les corps glorieux des poètes, ne sont plus. La grandiloquence de l’immortalité n’est plus qu’une prérogative, qu’une fiction humaine, donc faillible, peu à peu désagrégée dans les mémoires et la paperasserie, toutes deux corruptibles et éphémères.

      Une fois de plus, après la satire des artistes de tous poils et de toutes plumes dans La République des savants, la caste des faux écrivains courtisans a de quoi s’inquiéter, si même les plus solides ne rêvent que d’effacer leur trace de l’Histoire. De même, dans les trois récits de Léviathan, Arno Schmidt ne craint pas d’arracher aux idéologies totalitaires ce qu’il arrache aux prétendus immortels : les plumes de paon de leur vanité.

      En une sorte de contre miroir, le plus bref encore récit intitulé Goethe et un de ses admirateurs, ressort de la naphtaline le cadavre prestigieux, impressionnant du grand écrivain tutélaire de l’Allemagne : ne dit-on pas, par antonomase, la langue de Goethe ? En on ne sait quelle contrée science fictionnelle, on a trouvé comment ressusciter les morts. Mais une fois par siècle, pour une seule journée. Ainsi l’Académie des Arts et des Lettres » confie à un professionnel, Arno Schmidt en personne, l’honneur insigne de guider l’auteur du Faust parmi notre monde, neuf pour ce dernier. L’on peut alors compter sur l’humour de notre écrivain pour nous surprendre, en nous présentant un Goethe plus curieux des bonheurs de la dive bouteille et des plaisirs lascifs que de ceux de la pensée philosophique… « Le Grand Old Man avec des yeux cuités au Bordeaux » n’est pas vraiment politiquement correct. Il reste cependant inquiet de sa popularité, ce à quoi il lui est répondu : « Quelle idée : un poète « vivant dans le peuple ». Dieu sait si nous pouvons nous estimer heureux quand les intellectuels se souviennent encore de nous. »

      L'on apprend au passage, guère surpris, « combien d’Allemands, sur la seule foi d’une rumeur, s’étaient proposés pour servir de guide » à la « sortie d’Hitler » ; combien de guides, pourtant spécialistes, se sont trouvés incompétents et moqués par leur honorable revenant. Situation fort cocasse. Sans oublier la narration folâtre et facétieuse, la dispersion du récit en paragraphes discontinus, comme de caustiques points de suspension, qui contribuent à la désacralisation de la littérature, cependant efficace en la langue aux registres divers et inventifs du nouvelliste.

 

      Arno Schmidt souhaitait-il pour lui-même cette immortalité rompue, cette brève et secrète palpitation de gloire, coquetterie de ce solitaire un rien bougon, suivie par l’oubli réparateur ? Autodérision certes, légèreté salutaire sûrement, mais aussi peut-être un regret : que les auteurs les plus fabuleux, au premier chef desquels Goethe, soient momifiés par la postérité. Et pas lus comme s’ils jaillissaient tout jeunes de la cuisse jupitérienne de la littérature. Que le joyeux drille bourru de la lande de Lunebourg se rassure, c’est ainsi que nous le lirons…

 

Thierry Guinhut

Augmenté à partir d'un article paru dans Europe, novembre-décembre 2001

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 19:53

 

Mosaïque romaine, Museo Nazionale Romano, Roma. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Arno Schmidt,

un faune pour notre temps politique :

des Scènes de la vie d’un faune

à La République des savants.

 

 

Arno Schmidt : Scènes de la vie d'un faune,

traduit de l'allemand par Nicole Taubes, Tristram, 214 p, 19 €.

 

Arno Schmidt : La République des savants,

traduit de l'allemand par Jean-Claude Riehl, Christian Bourgois, 224 p, 14,48 €.


 

 

 

      Aussi singulier, inventif, hors normes, solitaire et tête de cochon que lui, on trouve peu. Arno Schmidt n'a pas en France la place qu'il mérite. Cet Allemand né en 1914 et mort en 1979 a connu au début des années 60 le bonheur de la traduction. Hélas, trop irrespectueux, trop novateur pour l'esprit français d'alors, Scènes de la vie d'un faune et La république des savants ne firent guère de ronds dans une eau stagnante. Est-ce aujourd'hui l'heure de le reconnaître parmi les plus grands ? Après maintes tracasseries juridiques qui bloquèrent toute initiative pendant des années, les éditions Bourgois, puis Tristram, purent enfin envisager un programme cohérent de publication avec la traduction des Enfants de Nobodaddy, triptyque dont Scènes de la vie d'un faune est le premier volet, avant Brand's Haide, puis Miroirs noirs. Il faut également compter sur les terribles et fascinantes nouvelles de Léviathan, sur un autre plus complètement antique et pourtant complètement contemporain, Alexandre ou Qu’est-ce que la vérité ? ; et sur un roman grotesque et sérieux : La République des savants. Tous titres dont la riche concision et l’halluciante portée politique étonnent durablement. Mais ne pas compter de suite -ou jamais- sur l’hydre de son énorme Zettel’s Traum

 

      La forme du roman-journal fait des Scènes de la vie d'un faune[1] une de ces « mythautobiographies » dont il vaut mieux garder le manuscrit hors de portée de tout régime totalitaire, de tout pouvoir abusif, qu'il soit nazi ou domestique, de guerre ou d'après-guerre, d’hier ou de demain, d'Est ou d'Ouest. Par courts fragments successifs, se déroule une très personnelle chronique des années de guerre, entre 1939 et 1944. Comme le romantique allemand Jean-Paul Richter qui « aimait mieux sauter que marcher », le narrateur passe avec une fantaisie débridée, une verve langagière jamais en défaut, du coq à l'âne, de ses affinités littéraires à la satire, pour notre plus grand plaisir, si l’on veut bien se laisser surprendre. « Ma vie n'est pas un continuum », dit-il. Elle n'est pas non plus unitaire. Sous le masque du fonctionnaire obscur et zélé, le narrateur louvoie habilement pour rester en lui-même indépendant malgré l'oppression des consciences assénée par le Troisième Reich. Retrouvant dans les landes de Lunebourg la hutte d'un déserteur français des temps napoléoniens, il mène une vie parallèle d'ermite, un peu comme les personnages de Jünger -dans Eumeswill et Le recours aux forêts- mais avec plus de simplicité et d'humour. Le « faune » est alors une métaphore d’une liberté innée, mi-animale, mi-humaine, irréductible, quoique prudente et discrète, insolente et heureuse…

     Dans Brand's Haide[2] , second volet des Enfants de Nobodaddy, le narrateur-diariste traverse 1946 en témoin goguenard du rationnement, du retour des prisonniers, du désarroi des réfugiés et surtout de l'amnésie volontaire de la population. Les conditions de la survie quotidienne et intellectuelle sont le théâtre d'une ironique opiniâtreté, dans le contexte des occupations américaine et soviétique. Quant à cette dernière, il ne se fait guère d'illusions, haïssant toute bureaucratie. Il trouve ses échappatoires dans la fréquentation des jeunes « louves » qui lui procurent des amours précaires, l'une étant appâtée par un projet de vie meilleure au Mexique, dans celle d'une forêt aux esprits rebelles nommée « Brand's Haide », et dans les livres de l’Américain des grands espaces Fenimore Cooper, des romantiques allemands Tieck ou Hoffmann. Car, dit-il, avec son sens de la formule abrupte et revigorante : « l'art m'est aussi nécessaire que l'air que je respire, ma seule nécessité, tout le reste est cabinet ou vidange ». Ou la devise d'Arno Schmidt: « Liberté et insolence. En allemand il n'y a qu'une lettre de différence : Freiheit und Frecheit ».

      Nous sommes après la troisième guerre mondiale, vers 1960, dans le dernier volet : Miroirs noirs[3], récit de sombre anticipation. La dispersion atomique a cinq ans plus tôt éliminé toute vie humaine, hors l'observateur-écrivain dont la fonction, quoique solitaire, reste mémoire et création, y compris en postant une lettre critique à un professeur très certainement mort, à propos de son livre « Man, an autobiography » !  Explorant à vélo les restes du pays couvert de squelettes, courant après le ravitaillement rescapé, il finit par se construire une maison et recueillir livres et tableaux pour y couler des « journées magnifiques de solitude. » C'est bien sûr une « louve » qui rompra cet isolement. Mais le narrateur, qui affiche un beau scepticisme envers les qualités de l'humanité, ne pourra rejouer avec Lisa Adam et Eve repeuplant la terre. La brève illusion amoureuse s'efface sous le soupçon de l'enfer domestique et sous l'urgence de la quête de Lisa : trouver d'autres hommes... Alors qu'Arno Schmidt, en solitaire intempestif, plutôt que d'écrire « pour d'autres hommes », « par devoir militant ou moral » se suffit bien d'écrire pour le seul plaisir du dernier homme. Voilà, en ces Miroirs noirs, en leur centaine de pages, une post-apocalypse tout aussi puissante et autrement stimulante intellectuellement que nombre de romans exploitant à l’envie ce topos, voire ce cliché ; que, par exemple, ce monde d’errance parmi les cendres, La Route4] de Cormac Mc Carthy, certes impressionnant, mais où l’encéphalogramme du lecteur reste plat. Pas comme avec l’humour d’Arno Schmidt, lorsque en son univers désolant, son narrateur offre un de ses paragraphes à la structure légendaire :

      « Un piano : je me ramassai une poignée de fausses notes et de bourdonnements achéroniens, no use. Orphée demandé d’urgence. Celui-là avec sa lyre il aurait pu me procurer bois & charbon. Ou une baignoire. Je poussai un bref juron et refis un tour au premier. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      L'on retrouve ce thème obsessionnel de l’opposition aux systèmes dans les trois récits de Léviathan[5]. Malgré la chape de plomb des totalitarismes antiques aussi bien que nazi, reste toujours une liberté intérieure, une échappatoire par la souplesse et l’ironie de la pensée et de l'imaginaire. Qu'on soit, dans « Gadir », prisonnier des Carthaginois, qu'on tente, dans « Enthymésis », de prouver en Egypte la platitude infinie de la terre pour contrer Eratosthène, ou qu'on périsse, dans « Léviathan ou Le meilleur des mondes », sous l'apocalypse des bombardements alliés en Silésie, le texte survivra à son narrateur, exaltant la connaissance, scientifique ou mystique, y compris erronée, soulevant le rêve jusqu'à l'envol. Ainsi la figure de l'homme changé en « gigantesque oiseau » et l'écriture témoin et création toujours conservée restent les signes de l'irrépressible liberté. Il s’agit par exemple de lutter contre celui « qui règne en tyran sur la vie intellectuelle d’Alexandrie »… Ce triangle de récits, contes philosophiques et historiques, aux accents et aux thématiques parfois borgésiens, animé par une enfiévrée dynamique narrative, est d’une beauté marmoréenne ; mais de ces marbres menacés par les failles et les lierres de la ruine. Des mondes s’écroulent, des hommes meurent sous la tyrannie. Pourtant la stature étatique du Léviathan de Hobbes se voit privée de son éternité : « Sa puissance est gigantesque, mais limitée. » Qu’elle soit antique ou nazie, elle est ici à la fois splendide et effrayante, épicée avec ce parfum d’anti-utopie que cimentent les empires. Seuls les rebelles d’Arno Schmidt se réalisent dans les désastres de l’Histoire et dans des poétiques farouchement individualistes. Reste « donc la possibilité d’opposer la volonté individuelle à la monstrueuse volonté universelle de Léviathan ».

     Pour soulever les masques des totalitarismes, Arno Schmidt, convoque de nouveau l’antiquité dans Alexandre ou Qu’est-ce que la vérité ?[6]  Un élève d’Aristote file sur l’Euphrate avec des comédiens. Peu à peu, grâce aux révélations et argumentations qui ponctuent le voyage, sa passion pour le conquérant Alexandre se délite. Le bref roman d’apprentissage (il découvre une autre passion avec une belle danseuse) se double d’un réquisitoire politique conte le tyran sanguinaire, atteint de « folie des grandeurs » : « fou depuis des années (…) avant tout au sens moral. Ainsi que le devient forcément tout grand tyran ». Le chef macédonien voit sa vie s’achever avec le poison. Aristote l’a-t-il assassiné ? Comme dans tout apologue, l’écrivain qui, adolescent, s’enthousiasma pour le grand héros, emprunte le passé pour mieux lire le contemporain : celui des Allemands et de leur adhésion massive à un autre conquérant de plus sinistre mémoire.

 

      Anti-utopie encore que La République des savants[7], superbe et parodique lieu de communauté des artistes et des savants parqués en 2009 par les maîtres du monde, pour une problématique survie, sur une île artificielle. Les gouvernements soviétique et américain ne s’affrontent plus que sur le terrain grotesque de la rivalité culturelle, de la mégalomanie, au point que « l’érection d’un monument nécessite l’accord des deux moitiés (…) les têtes sont démontables ; on peut les remplacer à volonté ». Pire, les livres arrivent en abondance, jusqu’à ce que lieu devienne « dépotoir ». Les Russes estiment « vraiment qu’une œuvre d’art peut-être produite collectivement ». Bientôt, désaxée, l’île, truffée d’agents secrets et de fonctionnaires culturels, se met à tourner sur elle-même, devenue folle. Le narrateur, arrivé en ce sanctuaire après la traversée d’un no man’s land atomisé, et grâce au concours d’une ravissante « centauresse », redevient jubilatoire, lorsque « l’appareil vertical tend ses moignons de réacteurs », et finit par s’élever « au-dessus de l’île en délire », en un gigantesque pied de nez : « Une seule journée, j’aurais vécu l’égal des Dieux », lance le pilote, citant Hölderlin. Le pamphlet est aussi sombre qu’hilarant, peut-être prémonitoire…

 

      Mais tout ce que le critique saura dire ne restera en fait que le malheureux synopsis du texte originel et faunesquement original. Aussi ludique que profondément grave, il saura nous faire divaguer, nous désarçonner, nous enchanter, par sa technique en paragraphes-flashs, sa marelle de sensations, sa mosaïque heurtée d'images, de réflexions et aphorismes. Dans Roses et poireau[8], suite à des scènes d'après-guerre qui n'ont d'indulgence pour aucun Allemand, apparaissent les pages intitulées « Calculs », où l’écrivain, que l’on sait être également un photographe curieux, attentif et onirique, nous fait pénétrer dans son laboratoire d'écriture avec notes sur l'éclatement de la prose et autres tableaux thématiques et formels... On a dit d’Arno Schmidt qu'il était le Joyce allemand. Avec plus de légèreté et d'allant sûrement.

 

      Quoique Zettel's Traum[9], tapuscrit magnifique comptant neuf kilos probablement intraduisibles, 1334 pages en un format immodeste, monstre éléphantesque et cumulonimbus de rêves, dépasse Joyce et son Finnegans wake lui-même en folie. Pourtant, si l’on s’aventure parmi les vingt-cinq heures d’une nébuleuse de personnages qui s’agitent autour d’un projet de traduction des œuvres d’Edgar Poe, on discerne un narrateur, Daniel, dont les humeurs et les pensées, biographiques, géographiques et cosmiques, balaient un espace labyrinthique et multilingue… Sans compter les ajouts photographiques, les lettres, additions diverses sur plusieurs colonnes et pavés, encarts et graphismes divers. Comme si l'écriture avait absorbé le monde et le moi du double cerveau de ses pages ouvertes, de ses innervations, notes en marges, ratures, tyrannies et libertés, poésie et anti-utopies, surcharges et constellations scripturales ad infinitum…

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Scènes de la vie d’un faune, traduit de l’allemand par Nicole Taubes, Tristram, 2011.

[2] Brand’s haide, traduit par Claude Riehl, Christian Bourgois, 1992.

[3] Miroirs noirs, traduit par Claude Riehl, Christian Bourgois, 1994.

[4] L’Olivier, 2008.

[5] Léviathan, traduit par Dominique Dubuy, Pierre Pachet, Jean-Claude Hémery et Claude Riehl, Christian Bourgois, 1991.

[6] Alexandre ou Qu’est-ce que la vérité ? traduit par Claude Riehl, Tristram, 2008.

[7] La République des savants, traduit par Martine Valette et Jean-Claude Hémery, Julliard, 1964.

[8] Roses et poireaux, traduit par Claude Riehl, Maurice Nadeau, 1994.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 12:21

 

Vall Besiberri, Aigues Tortes, Catalunya. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Paul Celan, minotaure de la poésie

 

et neige du souffle :

 

John E. Jackson, L’Herne cahier Celan.

 

 

John E. Jackson : Paul Celan, contre-parole et absolu poétique,

José Corti, 2013, 160 p, 20 €.

Paul Celan. L’Herne, 2020, 256 p, 33 €.

 

 

 

 

        Paul Celan est-il le minotaure de la poésie ? Car qui pense affronter le labyrinthe de Partie de neige et de Renverse du souffle se heurte à de nombreuses difficultés. Le laconisme, les césures et les ellipses, l’explosion des blancs, les anaphores fuguées, les métaphores mystérieuses, les vocabulaires spécialisés (en particulier géologique)… Pourtant le préjugé courant voudrait que la poésie soit immédiatement accessible à la sensibilité et à la compréhension. Faut-il, sous peine d’hermétisme, rejeter cet expert sensuel et abrupt de la langue, d’autant plus inaccessible que nous ne lisons qu’en de mendiantes traductions ? Il fallait bien, avant d’avancer notre propre cheminement, un initiateur, aussi modeste qu’efficace, à l’univers de Paul Celan : John E. Jackson est celui-là. À moins de se pencher sur le providentiel cahier de L’Herne consacré au poète, pour croiser au plus près la neige de son souffle…

 

       Saluons la clarté de l’essai de John E. Jackson. Ce sont quatre leçons au Collège de France, en 2010, à l’invitation d’Yves Bonnefoy et d’Antoine Compagnon, comme lorsque Thomas M. Greene proposa celles, magistrales sur Poésie et magie[1]. Il ne fait pas que s’autoriser d’avoir connu le poète, de lui avoir offert une pierre de Massada, ce haut lieu de la résistance d’Israël, mais il conjugue pertinence et modestie pour nous entraîner dans sa lecture initiatique en quatre points : « La contre-parole », « Le principe dialogique », « La poétique de la Strette », « Russkij Poète » et « Le tournant des dernières années ».

        La langue allemande, dans laquelle écrit Paul Celan, natif de Bucovine humiliée tant par les nazis que par les communistes, est pour lui un placenta déchiré. Métaphysiquement décrédibilisée par les mots du nazisme, elle ne peut que devenir dans le poème « contre-parole ». Il faut en effet inlassablement offrir une tombe dans la poésie, prétendument impossible après Auschwitz selon Adorno, aux Juifs assassinés, qu’ils soient six millions d’anonymes ou qu’il s’agisse de sa mère, comme dans « Fugue de mort » : pour ceux qui boivent « le lait noir de l’aube », qui n’ont plus que des « cheveux de cendre », qu’« une tombe au creux des nuages[2] »… Ainsi, la judaïté est une clé incontournable, qu’il s’agisse de l’image de l’amande qui lui est associée (« comme le chiffre de l’œil du Juif » p 25), aussi bien que, pour reprendre la formule de Derrida, de « la circoncision de la parole[3] ». Ecrire dans la langue de Goethe est une contre-parole qui « nait de l’ambiguïté du statut de cette langue qui est à la fois celle de la mort et de la survie. » (p 31)

        Dialogique, parce que le « tu » s’installe sans cesse dans le creux de la voix poétique, en un dialogue impossible avec les disparus, quand les pierres des poèmes sont autant tombales que mémorielles, en une dédicace empêchée à celles qu’il a aimées, quoique en ces vers jamais nommées : la poétesse Ingeborg Bachmann[4], dont le père était inscrit au parti nazi autrichien, sa femme Gisèle Lestrange, Ilana Schumueli… Bien sûr avec tout Juif, ou encore avec la « figure négative de Dieu » (p 61). Mais aussi avec un lecteur, dans l’altérité aérienne et vocalique de la poésie : « Je bâtis des noms pour toi, qui les fixes / avec des chevilles[5] ».

        Quant à la « strette », c’est cette figure musicale associée à la fugue, qui, répétition, variation et miroir, entrelace les voix et les motifs : « la commémoration des morts a du s’astreindre à l’ascèse qu’exige la pratique de la strette » (p 105). En particulier dans la « Fugue de mort[6] », où s’entrelacent reprises et  échos autour de « lait noir de l’aube », de « la mort est un maître venu d’Allemagne », ou encore de : « tes cheveux d’or Margarete / tes cheveux de cendre Sulamith ». Pourtant on ne se gêna pas pour « reprocher à Celan d’avoir musicalisé la mort » (p 85). De même, les poètes allemands d’après 1945 ont contre lui pensé que « seule pouvait être légitime une poésie déniant la beauté » (p 83).

      C’est en une révérence complice et terriblement pathétique avec Ossip Mandelstam que Celan peut être qualifié de poète russe. Tous deux déchirés par les totalitarismes jumeaux du XX° siècle, nazisme et communisme, tous deux légitimés par la poésie. C’est à la mémoire de celui qui caricatura Staline dans un poème et qui mourut parmi la Sibérie des camps que fut dédiée La Rose de personne[7], son recueil le plus juif. Ses traductions, qui révélèrent son cher Ossip au public allemand, « avaient autant d’importance pour lui que ses propres poèmes » (p 120). Au point que nous aimerions lire la langue de Rilke pour découvrir ces derniers, mais aussi les Sonnets[8] de Shakespeare sous ses propres mains…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        Enfin, les dernières années roulent la pierre de Sisyphe que fut ce terrible soupçon de plagiat de la part de la veuve d’Yvan Goll qui reprochait, avec une acharnée mauvaise foi, à Celan d’avoir volé la substance de l’œuvre de son mari. Sans compter les détresses intérieures qui affectèrent son équilibre psychique. Au point que son écriture, au travers de la Grille de parole[9], où « la cartographie lexicale du savoir poétique s’élargit » (p 136), devienne plus condensée, plus elliptique et métapoétique, plus traquée : il est de plus en plus difficile, et néanmoins stimulant, de réaliser ce vœu pieux du poète : « Le schibboleth, fais-le retentir / dans l’étranger de la patrie[10] ».

       L’erreur aura trop souvent été d’associer Celan à Heidegger ; comme si celui qui avait adhéré au part nazi, qui n’avait jamais eu le moindre mot sur la shoah lors de la visite du poète à « Todtnauberg », pouvait délivrer une once de vérité ultime : « de qui a-t-il recueilli le nom avant le mien ?[11] ? » Ce que dénonça d’ailleurs John E. Jackson lors de la sortie du livre de Philippe Lacoue-Labarthe : La Poésie comme expérience[12], détournant selon lui Celan au profit de ce philosophe peut-être verbeux et surestimé.

        Certes, au-delà des quatre volets de la réflexion initiale et initiatique de John E. Jackson, on pourra poursuivre le commentaire, l’exégèse avec Martine Broda[13], Jean Bollack[14] ou encore Jean-Pierre Lefebvre, dont les traductions de chaque poème de Renverse du souffle[15] et de Partie de Neige[16] sont accompagnées de notes substantielles qui nous permettent d’aller à la recherche de « la plus lointaine / connotation, au pied du paralytique / escalier-amen[17] »… Hélas, en cette hauteur oraculaire, le texte persiste à demeurer abrupt, acéré, lapidaire et aphoristique ; il semble parfois interdire l’accès à la pourtant bienveillante empathie du lecteur, même si son auteur ne tient pas à s’exiler au sommet de la tour d’ivoire d’un sens introuvable : « Car on sait bien que l’hermétisme de Celan n’appartient à aucune religion de l’art, ni à un formalisme dédaigneux du sens. Il laisse la place, la première, à la dimension éthique de la poésie[18] ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre lecture, en mosaïque, bénéficiant d’une vingtaine de contributeurs, s’élève comme une stèle nombreuse dans le cahier de L’Herne. Sous la direction d’un trio composé de Clément Fradin, Bertrand Badiou et Werner Wögerbauer, l’hommage et l’analyse ordonnée se conjuguent avec soin et intelligence. Nous saurons par exemple ce que la vie du poète insémine dans l’œuvre, bien qu’elle ne soit guère autobiographique. Et que, selon Bertrand Badiou, Paul Celan est « un adepte du drapeau noir plutôt que du drapeau rouge ». Les témoignages, non sans tendresse, révèlent un homme « timide », à la voix « murmurée », « un être suprêmement déchiré », selon Cioran. Mais aussi faut-il tenter de comprendre l’irrattrapable d’un homme terrassé par les diffamations et l’accusation de plagiat à laquelle Peter Szondi fait un sort ; un homme à la fois « Juif », « Allemand » et « fou », qui tente la rédemption par la poésie, bien au-delà de ses affinités avec Hölderlin et Kafka.

Si l’on pourrait être au premier et superficiel regard être déçu de l’absence de vers inédits, il faut songer que tant a été déjà édité. Pourtant bien des essais citent ici in extenso des poèmes, bilingues, parfois en de nouvelles traductions ; ou, plus surprenant celle d’Andrée Chédid (« Seul, le visage ») par Paul Celan lui-même. Poèmes souvent commentées avec une sourcilleuse perspicacité, ainsi de « Tard et profond », entre mythologie, national-socialisme, judaïté et résurrection. Et l’on découvre de nombreuses lettres, dont celle à Nina Cassian : « une littérature est bien une chose politique » ou « cette progression vers le réel qu’est la poésie », écho du Discours de Darmstadt : « La poésie, cette manière de proclamer l’infinitude de ce qui est mortel et voué à l’échec ». Ou celle à Siegfried Inseld : « Mes poèmes ne sont devenus ni plus hermétiques, ni plus géométriques ; ce ne sont pas des codes secrets, c’est de la langue ». En effet, sa « palette de vocables », selon Markus May, est parmi les plus variées de l’histoire de la poésie allemande. Il s’agit de nombreux « entrelacements référentiels thématiques et structurels » où loge l’herméneutique du poème. L’on saura comment, par exemple, « Radix, matrix », convoque à la fois un écho de l’avortement d’une amante de Celan, la Shoah, l’arbre de Jessé et une « fleuraison sauvage », en une réelle dimension esthétique. Et pour entrer dans le seul mystère d’un bref poème de dix vers, l’on lira un article étonnant intitulé « Rembrandt, Mandelstam et les limites de l’ekphrasis », ou comment faire tenir un univers pictural dans un portrait poétique.

Ainsi, un tel cahier, avec le traditionnel feuillet de photographies, ne dément pas, voire couronne, la réputation de cette collection dirigée par Laurence Tâcu, qui mit à l’honneur tant Ezra Pound que Joris-Karl Huysmans, tant Walter Benjamin que George Steiner…

 

 

         Reste à faire son propre cheminement dans l’œuvre lumineuse et noire, aporétique de Paul Celan. Chercher « les calices de la grande / rose du ghetto[19] » là où la dimension tragique irrigue l’œuvre celanienne, au point que ce Minotaure fut peut-être son propre Thésée. Le poids des morts de la Shoah dans sa famille (en particulier sa mère) et sa langue, les immondes accusations de plagiat, les rejets de sa poésie qualifiée trop vite d’absconse et vide, voire une intimité névrotique, le conduiront à jeter sa vie dans la Seine en avril 1970 : « Aucun son, seule la lumière d’agonie / aide à la porter[20]. » L’impossible transcendance pèse quand « Personne ne nous repétrira de terre et de limon », quand le « Psaume » ne s’adresse plus qu’à un Dieu absent : « Loué sois-tu, Personne. / Pour l’amour de toi nous voulons / fleurir. / Contre / toi.[21] » Sans savoir si ce « contre toi » reste le signe d’une proximité ou celui d’un rejet. Voire d’un Dieu coupable auquel s’adresse dans « Tenebrae » un implacable réquisitoire, rayant toute transcendance : « Nous sommes allés à l’abreuvoir, Seigneur, / C’était du sang, c’était, ce que tu as versé,  Seigneur[22]. » Peut-on s’abstenir de dire, en sa brièveté : « Maintenant que les prie-Dieu brûlent, / je mange le Livre / avec tous / les insignes[23]. » ?

     Pourtant des lueurs de joie innervent le texte, comme le note Maurice Blanchot : « l’affirmation poétique, chez Paul Celan, toujours peut-être à l’écart de l’espoir comme à l’égard de la vérité -mais toujours en mouvement vers l’un et vers l’autre-, laisse encore quelque chose, sinon à espérer, à penser, par des phrases brèves qui éclairent brusquement, même après que tout a sombré dans l’obscurité.[24] » Car « Ce n’est pas toujours / que le mot solaire se pose sur ton front[25] ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Peut-être saura-t-on ce qu’est la poésie, « le Mien – poème / aux cent bouches, / le Rien-poème.[26] »,  pour « celui dont l’art obsède le regard, et la pensée, jamais ne garde conscience de soi. L’art déporte le Moi au plus loin. (…) La poésie, qui, par force s’enfonce, pourtant, dans le chemin de l’art (…) ce lieu où tous les tropes et métaphores nous pressent de les conduire à l’absurde. (…) Mais dans la clarté de ce qui demeure à explorer, dans la clarté de l’utopie. (…) La poésie - : conversion en infini de la mortalité pure et la lettre morte.[27] »

       Ainsi, nous voilà ébahis, soulevés par des métaphores inouïes : « le cilié de glace aux bras de pieuvre[28] », ou encore « des bouches de boue, j’en ai avalées, dans la tour, / langage, pilastres en lisière des ténèbres[29] »… Ne rêvait-il pas, au-delà des cendres de la poésie gazée à Auschwitz, d’un espoir possible en un nouveau Pétrarque :

« POUPEE DE LOESS : donc

ici ça ne se pétrifie pas,

 

seules des coquilles d’escargots terrestres,

non vidées par le vent,

disent au désert : tu

es peuplé - :

 

les chevaux sauvages soufflent dans

des défenses de mamouth :

 

Pétrarque

est de nouveau

en vue[30]. »

 

        C’est sans injonction d’autorité narcissique qu’il faut, moins que commenter, lire Paul Celan ; et tenter d'y trouver sa catharsis poétique. Au-delà de la disparition des commentateurs et des témoins, quand « le poème prend valeur de philosophème[31] » et surgit seul dans l’éblouissement intellectuel et sensible. Avec l’humilité de celui qui ne comprend pas souvent, car personne ne sera le Thésée ultime qui abattra ce pacifique et magnifique Minotaure de la poésie, de celui qui, soudain, au détour d’Enclos du temps, s’émeut, touché par la foudre moussue des mots :

« chiquenaude

dans l’abîme, dans les

carnets de gribouillages

le monde se met à bruire, il n’en tient

qu’à toi[32]. »

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Thomas M. Greene : Poésie et magie, Juillard, 1991.

[2] Paul Celan : Pavot et mémoire, Christian Bourgois, 1987, p 85.

[3] Jacques Derrida : Schibboleth pour Paul Celan, Galilée, 1986, p 112.

[5] Paul Celan : Enclos du temps, Clivages, 1985, p 15.

[6] Paul Celan : Pavot et mémoire, ibidem.

[7] Paul Celan : La Rose de personne, Le Nouveau commerce, 1979.

[9] Paul Celan : Grille de parole, Christian Bourgois, 1991.

[10] Paul Celan : De seuil en seuil, Christian Bourgois, 1991, p 97.

[11] Paul Celan : Contrainte de lumière, Belin, 1989, p 53.

[12] Philippe Lacoue-Labarthe : La Poésie comme expérience, Christian Bourgois, 1986.

[13] Martine Broda : Dans la main de personne. Essai sur Paul Celan, Cerf, 1986.

[14] Jean Bollack : Poésie contre poésie. Celan et la littérature, PUF, 2001 et L’Ecrit. Une poétique dans l’œuvre de Celan, PUF, 2003.

[15] Paul Celan : Renverse du souffle, Seuil, 2003.

[16] Paul Celan : Partie de neige, Seuil, 2007.

[17] Paul Celan : Enclos du temps, ibidem, p 27.

[18] Martine Broda : Dans la main de personne. Essai sur Paul Celan, ibidem, p 103.

[19] Paul Celan : La Rose de personne, ibidem p 117.

[20] Paul Celan Gisèle Celan-Lestrange : Correspondance, Seuil, 2001, p 620.

[21] Paul Celan : La Rose de personne, ibidem, p 39.

[22] Paul Celan : Grille de parole, ibidem p 33.

[23] Paul Celan : Contrainte de lumière, ibidem p 56.

[24] Maurice Blanchot : Le Dernier à parler, Fata Morgana, 1984, p 33.

[25] Paul Celan Gisèle Celan-Lestrange : Correspondance, ibidem, p 38.

[26] Paul Celan : Renverse du souffle, ibidem p 29.

[27] Paul Celan : Le Méridien, Fata Morgana, 2008, p 32, 37 et 39.

[28] Paul Celan : Contrainte de lumière, ibidem p 171.

[29] Ibidem p 179.

[30] Paul Celan : Partie de neige, ibidem, p 78.

[31] Jacques Derrida : Schibboleth pour Paul Celan, ibidem, p 88.

[32] Paul Celan : Enclos du temps, ibidem, p 45.

 

Bois de Saint-Benoit, Vienne. Photo : T. Guinhut.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 08:58

 

Sepvret, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

  Paul Celan et Ingeborg Bachmann :

 

fragiles Lettres amoureuses.

 

 

Ingeborg Bachmann Paul Celan : Le Temps du cœur, Correspondance,

traduit de l’allemand par Bertrand Badiou, Seuil, 464 p, 30 €.

 

Ingeborg Bachmann : Journal de guerre,

traduit par Françoise Rétif, Actes Sud, 128 p, 16 €.

 

 

      Pourquoi publier la fragile correspondance, absolument intime, de deux écrivains ? Est-ce voyeurisme obscène que de chercher à surprendre leurs secrets, mais aussi la trace créatrice de leurs amours dans leurs œuvres… Pourtant, combien émouvants, exaltants peuvent être les échanges poétiques, amoureux et épistolaires de deux grands poètes ! Même aussi lacunaires, marqués d’angoisses… Derrière les poèmes indépassables, qu’il s’agisse de la poignante « Invocation à la grande ourse[1] » d’Ingeborg Bachmann (1926-1973) ou de la saisissante évocation d’Auschwitz, cette « Fugue de mort[2] », de Paul Celan (1920-1970), il n’est pas inutile d’aller soulever le voile des lettres et des journaux pour tenter d’approcher des personnalités rocailleuses et fragiles à la fois.

 

       Il faut imaginer la distance irréductible qui éloigne l’Autrichienne dont le père s’inscrivit au parti nazi avant qu’Hitler soit élu et le Juif du nord de la Roumanie dont les parents périrent dans les camps… Pourtant, seuls la langue allemande, leur inquiète furia poétique et l’amour -excusez du peu- les réunirent. Leur correspondance, passionnée, trouée de longs silences, ne peut qu’en partie permettre de reconstituer le récit de leur liaison, des corps, lyrique et spirituelle, et bien sûr de la savante alchimie des vers qui se répondent. Mais, y compris dans la tension des silences et des non-dits, une vibration passe, au-delà même, parmi dix-neuf ans d’échanges, du mariage de l’un avec Gisèle Lestrange[3] et des quatre ans de vie commune de l’autre avec Max Frish. L’une se met au service de la publication de l’œuvre de son alter égo, l’autre est d’abord plein d’attentions, d’attentes. Hélas, le langage qui les réunit les éloigne avec la même insistance : malentendus, incommunicabilité, incapacité expressive, mutisme révolté, guerre contre les mots et leur brisure intime entre dire et ne pas être, tout cela creuse une fosse temporelle, psychique et affective difficile à combler. Sans compter des personnalités difficiles, dépressives parfois, au point que Celan finit par se jeter dans la Seine en 1970, que Bachmann brûla dans son lit d’hôtel dans des circonstances restées mystérieuses. L’un périt par l’eau, l’autre par le feu…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      A tous deux, il leur faut laver les mots allemands du nazisme, à elle de les décaper de la prise de pouvoir de la masculinité. Sans empêcher que la dimension métaphysique de leurs vers soit époustouflante. De plus leurs lyrismes se sont entre-nourris, au particulier autour de la thématique de l’obscur et de l’orphisme. Mais, s’ils se dédient longtemps des textes, la fêlure entre la poésie et l’amour se fait de plus en plus vive, les métaphores minérales et géologiques abondent chez Celan, les pierres ne fleurissent plus : « nous nous aimons comme pavot et mémoire (…) Il est temps que la pierre veuille fleurir[4] », disait-il en 1948… Ingeborg semble croire en la capacité du désir à rapprocher les êtres, Paul est trop vite écartelé entre la béance de son moi et l’autre. Leur échange est tissé pour elle de « Je t’aime et je ne veux pas t’aimer. C’est trop et trop dur. » Et des « nombreuses étreintes que tu ne peux pas accueillir » (p 43). Lui est plus réticent, empêché par lui-même, par la parole ; il lui redemande sa bague. Devant la déception, il demande pardon, se défausse : « les mots risquent de se figer » (p 53). Dans les années cinquante, s’il ne reste qu’ « amitié » (p 61), elle est sans cesse au service de sa carrière poétique ; pourtant, marié avec Gisèle Lestrange, il répond à peine. Il doute : « A quoi bon celui qui a fait entrer sa vie dans l’écriture » (p 144). Ou se fait exigence, lui offrant des textes intenses : « Les deux parlent avec la culpabilité de l’amour » (p 84). Cette relation bouleversante et distendue semble alors résonner au loin, sinon au centre, de maints de leurs poèmes : « tu étais, quand je t’ai rencontrée, les deux pour moi : le sensuel et le spirituel. C’est à jamais inséparable, Ingeborg. Pense à « In Ägypten ». Chaque fois que je le lis, je te vois entrer dans ce poème » (p 88). Plus tard, elle épouse Max Frish avec qui Paul peut devenir ami. Ils échangent leurs livres, leurs projets et traductions, ils s’offusquent du « manquement politique » d’Heidegger (p 149), et de l’immonde accusation de « maître plagiaire » (p 181) infligée par Claire Goll.  Pourtant, ils restent jusqu’en 1961 conscients de leurs difficultés : « avec toutes ces blessures que nous sommes infligées » (p 162). Les appels épistolaires se raréfient dans les années soixante, alors que Paul devient violent envers son épouse, avant de confier ses tourments à la Seine. Dans une stupéfiante lettre non envoyée, Ingeborg dresse un réquisitoire : « Tu veux être la victime, mais il dépend de toi de ne pas l’être » (p191). A ces documents capitaux, complétés par un riche appareil de notes, s’ajoutent les lettres complétant le quatuor, avec Max Frish, avec Gisèle. Ainsi le sentiment de voyeurisme devant les cassures des couples voisine en nous avec une intime connaissance des ressorts d’un lyrisme entravé dans l’œuvre poétique…

 

 

      La poésie intimidante, complexe, et néanmoins d’un intellect infiniment sensuel, de Paul Celan, est une sorte de Minotaure au fond du labyrinthe de tout accomplissement poétique contemporain. Lapidaire, elliptique, comme faite d’éclats, hermétique, pétrie d’allusions à la culture juive, d’un appel à Heidegger qui ne répond pas de son identité nazie, malgré l’« arnica », cette initiale étoile jaune de « Todtnauberg »[5], elle est comme celle d’un homme qui tente de construire son souffle jusqu’à une transcendance difficilement atteignable : « Décapé par / la bise irradiante de ton langage / le bavardage bariolé du Mon- / vécu –le Mien- / poème aux cent bouches, / le rien-poème. »[6]

      Celle d’Ingeborg Bachmann parait d’un lyrisme qui confie plus aisément son exaltation et sa blessure et à l’ampleur du vers. Elle évolue (faut-il dire hélas ?) vers un tragique poignant : « En toutes langues se taisent / Les morts contre moi serrés / Personne ne m’aime et pour moi / N’a de lampe balancé ! »[7]. Avant que l’abandon de la poésie ne la conduise à n’être plus qu’une grande prosatrice.

      C’est à la fin de la seconde guerre mondiale que la si jeune poétesse tint un Journal de guerre, aussi concis que coloré, peignant avec puissance Klagenfurt bombardée, mais aussi avec bonheur son amour utopique pour un soldat anglais, Jack Hamesh, dont peut lire ici les lettres avant qu’il rejoigne la Palestine, puis dresse pour elle un âpre tableau de cette démocratie en construction. La fille de nazi aime un jeune Juif cultivé qui quitta l’Autriche en 1938 pour l’Angleterre (ce qui n’est pas sans préparer son amour pour Celan). On apprend comment on vivait sous l’acharnement jusqu’au-boutiste des Hitleriens (« dans ma tête, j’ai fait mon testament », p 22), comment elle dut se préparer à enseigner à des enfants, s’engager à abandonner les études pour échapper à la conscription nazie. La Libération est pour elle à comprendre dans tous les sens du terme, comme le plus beau moment de sa déjà amoureuse vie, l’épisode qui joua un rôle séminal pour son roman Franza[8].

 

 

      C’est grâce à ce bref journal, découvert vingt-cinq ans après sa mort prématurée, dans ses draps enflammés à Rome (« mes pensées sont lugubres (…) je crains (…) de m’y brûler » p 77) que l’on put imaginer que les Lettres à Felician[9] étaient peut-être destinées à Jack. Ecrites en effet en 1946, d’abord pour « aucun nom » (p 60), elles sont lumineuses. A dix-huit ans, il s’agit moins d’une expansion amoureuse naïve que nourrie par déjà tant de lectures et d’écritures lyriques. Elles sont prose et vers, offertes à « Mon ami, mon maître » (p 78), celui qui toujours a quelque chose de fictif, celui qui est un miroir projeté, car le seul ami (ou seule amie) du poète n’est peut-être que lui-même en gestation (il en est de même pour le maître) : « juste un désir artificiel qui tâche d’évoquer les images de ce qui m’est le plus cher en substitut de tout ce qui me manque » (p 80). Ingeborg « cherche (…) les mots pour toi qui me jetteraient de nouveau dans tes bras », une « bouche qui essaie de boire à moi » (p 53). Au-delà de l’art des lettres, ce sont de purs emportements lyriques : « Je t’aime comme le plus radieux des jours, comme les nuits les plus joyeuses de la pensée. » (p 56). « Aussi n’ai-je qu’un vœu, pour Toi, être « Je. » »  (p 77). Est-il possible d’aller criant à travers le monde sans jamais être entendu ? »… Ainsi ce Felician rêvé et radieux s’oppose à l’immense poète réel, au karst de création et de dépression, à l’homme poétiquement créateur et psychiquement destructeur que fut Paul Celan…

 

      Nous ne sommes pas sûrs que la question du destinataire des Lettres à Felician soit primordiale. Peut-être est-elle contre-productive. Qu’importe en effet qui sont le jeune homme blond et la dame brune des Sonnets[10] de Shakespeare dont l’énigme irrésolue a rempli des bibliothèques. Résoudre la curiosité vulgaire du lecteur et du critique en nommant un homme ou une femme ne fait que détourner des véritables dimensions de l’œuvre, d’autant que les personnages aimés par les lettres ou les poèmes ont quelque chose de composite, cristallisés par l’imaginaire et la nécessité de la polysémie de l’art. Ainsi ce Felician est moins le Jack Hamesh aimé par la jeune Ingeborg que l’heureuse (pour reprendre l’étymologie du prénom fictif) concrétion du désir amoureux avec toute son aura de création poétique. Toutes ces précieuses productions épistolaires ne sont pourtant, aussi bien pour Celan que pour Bachmann, que le terreau, l’humus, ou l’écume humaine, trop humaine, de la poésie qui seule importe. A moins que les lettres des poètes s’adressent définitivement aux mots, à la poésie elle-même : « Devrais-je (…) sonder la libido d’une voyelle, / établir la valeur amoureuse de nos consonnes[11] ? »

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Voir : Paul Celan, minotaure de la poésie : John E. Jackson, contre-parole et absolu poétique

 


[1] Poèmes,p 81, Actes Sud, traduits par François-René Daillie, 1989.

[2] Pavot et mémoire, p 85, Christian Bourgois, traduit par Valérie Briet, 1987.

[3] Paul Celan Gisèle Lestrange : Correspondance, Seuil, 2001.

[4] « Corona », Pavot et mémoire, Christian Bourgois, 1987, p 79.

[5] Voir « Todtnauberg », Contrainte de lumière, traduit par Bertrand Badiou et Jean-Claude Rambach, p 53, Belin, 1989.

[6] Paul Celan : Renverse du souffle, traduit par Jean-Pierre Lefebvre, Seuil, 2003, p 29.

[7] Ingeborg Bachmann : Poèmes, p 139, Actes Sud, 1989

[8] Actes Sud, 1985.

[9] Actes Sud, 2006.

[10] On préférera les traductions d’Armel Guerne, Desclée de Brouwer, 1964,  et d’Henri Thomas, Club Français du Livre, 1968.

[11] Ingeborg Bachmann : Poèmes, p 172, Actes Sud, 1989.

 

Photo : T. Guinhut.

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Cahiers d'Himalaya, Nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Barrett Browning

E. Barrett Browning et autres sonnettistes

 

 

 

 

 

 

 

Bashô

Bashô : L'intégrale des haikus

 

 

 

 

 

 

Basile

Le conte des contes, merveilleux rabelaisien

 

 

 

 

 

 

Bastiat

Le libéralisme contre l'illusion de l'Etat

 

 

 

 

 

 

Baudelaire

Baudelaire, charogne ou esthète moderne ?

"L'homme et la mer", romantisme noir

Vanité et génie du dandysme

Baudelaire de Walter Benjamin

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Beauté, laideur

Faillite et universalité de la beauté, de Platon à l’art contemporain

Laideur et mocheté

Peintures et paysages sublimes

 

 

 

 

 

 

Beckett 

En attendant Godot : le dénouement

 

 

 

 

 

 

Benjamin

Baudelaire par Walter Benjamin

Conscience morale et littérature

Critique de la violence et vices politiques

Flâneurs et voyageurs

Walter Benjamin : les soixante-treize sonnets

Paris capitale des chiffonniers du XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Benni

Toutes les richesses, Grammaire de Dieu

 

 

 

 

 

 

Bernhard

Goethe se mheurt et autres vérités

 

 

 

 

 

 

 

Bibliothèques

Histoire de l'écriture & Histoire du livre

Bibliophilie : Nodier, Eco, Apollinaire

Eloges des librairies, libraires et lecteurs

Babel des routes de la traduction

Des jardins & des livres, Fondation Bodmer

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Bibliothèques pillées sous l'Occupation

Bibliothèques vaticane et militaires

Masques et théâtre en éditions rares

De Saint-Jérôme au contemporain

Haine de la littérature et de la culture

Rabie : La Bibliothèque enchantée

Bibliothèques du monde, or des manuscrits

Du papyrus à Google-books : Darnton, Eco

Bibliothèques perdues et fictionnelles

Livres perdus : Straten,  Schlanger, Olender

Bibliophilie rare : Géants et nains

Manguel ; Uniques fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Blake

Chesterton, Jordis : William Blake ou l’infini

Le Mariage du ciel et de l’enfer

 

 

 

 

 

 

Blasphème

Eloge du blasphème : Thomas-d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

 

 

 

 

 

 

Blog

Du Blog comme œuvre d’art

Pour une éthique de la critique littéraire

 

 

 

 

 

 

Bloom

Amour, amitié et culture générale

 

 

 

 

 

 

Bloy

Le désespéré enlumineur de haines

 

 

 

 

 

 

 

Bolaño

L’artiste et le mal : 2666, Nocturne du Chili

Les parenthèses du chien romantique

Poète métaphysique et romancier politique

 

 

 

 

 

 

 

Bonnefoy

La poésie du legs : Ensemble encore

 

Borel

Pétrus Borel lycanthrope du romantisme noir

 

 

 

 

 

 

Borges

Un Borges idéal, équivalent de l'univers

Géographies des bibliothèques enchantées

Poèmes d’amour, une anthologie

 

 

 

 

 

 

 

Bounine

Coup de soleil, nouvelles élégiaques

 

 

 

 

 

 

Brague

Légitimité de l'humanisme et de l'Histoire

 

 

 

 

 

 

Brésil

Poésie, arts primitifs et populaires du Brésil

 

 

 

 

 

 

Bruckner

La Sagesse de l'argent

 

Brume et brouillard

Science, littérature et art du brouillard

 

 

 

 

 

 

Burgess

Folle semence de L'Orange mécanique

 

 

 

 

 

 

Burnside

De la maison muette à l'Eté des noyés

 

 

 

 

 

 

Butor

Butor poète et imagier du Temps qui court

Butor Barcelo : Une nuit sur le mont chauve

 

 

 

 

 

 

Cabré

Confiteor : devant le mystère du mal

 

 

 

 

 

 

 

Canetti

La Langue sauvée de l'autobiographie

 

 

 

 

 

 

Capek

La Guerre totalitaire des salamandres

 

 

 

 

 

 

Capitalisme

Eloge des péchés capitaux du capitalisme

De l'argument spécieux des inégalités

La sagesse de l'argent : Pascal Bruckner

Vers le paradis fiscal français ?

 

 

 

 

 

 

Carrion

Les orphelins du futur post-nucléaire

Eloges des librairies et des libraires

 

 

 

 

 

 

 

Cartarescu

La trilogie roumaine d'Orbitor, Solénoïde ; Manea : La Tanière

 

 

 

 

 

 

Cartographie

Atlas des mondes réels et imaginaires

 

 

 

 

 

 

Casanova

Icosameron et Histoire de ma vie

 

 

 

 

 

 

Catton

La Répétition, Les Luminaires

 

 

 

 

 

 

Cavazzoni

Les Géants imbéciles et autres Idiots

 

 

 

 

 

 

 

Celan

Paul Celan minotaure de la poésie

Celan et Bachmann : Lettres amoureuses

 

 

 

 

 

 

Céline

Voyage au bout des pamphlets antisémites

Guerre : l'expressionnisme vainqueur

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

 

Censure et autodafé

Requiem pour la liberté d’expression : entre Milton et Darnton, Charlie et Zemmour

Livres censurés et colères morales

Incendie des livres et des bibliothèques : Polastron, Baez, Steiner, Canetti, Bradbury

Totalitarisme et Renseignement

Pour l'annulation de la cancel culture

 

 

 

 

 

 

Cervantès

Don Quichotte peint par Gérard Garouste

Don Quichotte par Pietro Citati et Avellaneda

 

 

 

 

 

 

Chesterton

William Blake ou l'infini

Le fantaisiste du roman policier catholique

 

Chevalier

La Dernière fugitive, À l'orée du verger

Le Nouveau, rééecriture d'Othello

Chevalier-la-derniere-fugitive

 

Chine

Chen Ming : Les Nuages noirs de Mao

Du Gène du garde rouge aux Confessions d'un traître à la patrie

Anthologie de la poésie chinoise en Pléiade

 

 

 

 

 

 

Civilisation

Petit précis de civilisations comparées

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

 

 

 

 

 

 

Climat

Histoire du climat et idéologie écologiste

Tyrannie écologiste et suicide économique

 

 

 

 

 

 

Coe

Peines politiques anglaises perdues

 

 

 

 

 

 

 

Colonialisme

De Bartolomé de Las Casas à Jules Verne

Métamorphoses du colonialisme

Mario Vargas Llosa : Le rêve du Celte

Histoire amérindienne

 

 

 

 

 

 

Communisme

"Hommage à la culture communiste"

Karl Marx théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

 

 

 

 

 

 

Constant Benjamin

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Corbin

Fraicheur de l'herbe et de la pluie

Histoire du silence et des odeurs

 

 

 

 

 

 

Cosmos

Cosmos de littérature, de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Couleurs
Couleurs de l'Occident : Fischer, Alberti

Couleurs, cochenille, rayures : Pastoureau, Roque, Jarman

Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


Crime et délinquance

Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

Cronenberg

Science-fiction biotechnologique : de Consumés à Existenz

 

 

 

 

 

 

Dandysme

Brummell, Barbey d'Aurevilly, Baudelaire

 

 

 

 

 

 

Danielewski

La Maison des feuilles, labyrinthe psychique

 

 

 

 

 

 

Dante

Traduire et vivre La Divine comédie

Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

De la Vita nuova à la sagesse du Banquet

Manguel : la curiosité dantesque

 

 

 

 

 

 

Daoud

Meursault contre-enquête, Zabor

Le Peintre dévorant la femme

 

 

 

 

 

 

 

Darger

Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

Darnton

Requiem pour la liberté d’expression

Destins du livre et des bibliothèques

Un Tour de France littéraire au XVIII°

 

 

 

 

 

 

 

Daumal

Mont analogue et esprit de l'alpinisme

 

 

 

 

 

 

Defoe

Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

De Luca

Impossible, La Nature exposée

 

 

 

 

 

 

Démocratie

Démocratie libérale versus constructivisme

De l'humiliation électorale

 

 

 

 

 

 

Derrida

Faut-il pardonner Derrida ?

Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

Descola

Anthropologie des mondes et du visible

 

 

 

 

 

 

Dick

Philip K. Dick : Nouvelles et science-fiction

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

Dillard

Eloge de la nature : Une enfance américaine, Pèlerinage à Tinker Creek

 

 

 

 

 

 

Diogène

Chien cynique et animaux philosophiques

 

 

 

 

 

 

Dostoïevski

Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

Eco

Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie, Ecologismes

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique

Monstrum oecologicum, éolien et nucléaire

Ravages de l'obscurantisme vert

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Naomi Klein : anticapitalisme et climat

Biophilia : Wilson, Bartram, Sjöberg

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Emerson : Travaux ; Lane : Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers écoromancier de L'Arbre-monde

Ernest Callenbach : Ecotopia

 

 

 

 

 

 

Editeurs

Eloge de L'Atelier contemporain

Diane de Selliers : Dit du Genji, Shakespeare

Monsieur Toussaint Louverture

Mnémos ou la mémoire du futur

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

Haine de la littérature et de la culture

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers d'Asie, Pu Songling, Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Histoire romanesque du franquisme

Benito Pérez Galdos, romancier espagnol

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Amendements libéraux à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

Impéritie de l'Etat et de la France

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

Bernardine Evaristo : Fille, femme, autre

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava, Marissa Pessl : les agents du mal

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

Wright, Ellison, Baldwin, Scott-Heron

 

 

 

 

 

 

Europe

Du mythe européen aux Lettres européennes

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : tyrannie ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

Morselli Dissipatio, Longo L'Homme vertical

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Christine de Pizan, féministe du Moyen Âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

Herland, Egalie : républiques des femmes

Bernardine Evaristo, Imbolo Mbue

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L'Après littérature

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Flanagan

Livre de Gould et Histoire de la Tasmanie

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

 

 

 

 

 

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Maîtres de vérité, Question anthropologique

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Destin des prisons et angélisme pénal

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

La France de Sloterdijk et Tardif-Perroux

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Maison politique, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte, Vraiment peindre

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gilgamesh
L'épopée originelle et sa photographie


 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

Adam et Eve, mythe et historicité

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Des peintres : Crivelli, Titien, Rothko, Tàpies, Twombly

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

La Sirène d'Isé

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable, Nouvelles de jour et nuit

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Faim romantique et passion nazie

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

Croisade des enfants, Vies parallèles, Livre des nombres

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inégalités : Rousseau, Marx, Piketty, Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

Arbre du terrorisme, forêt d'Islam : dénis

Arbre du terrorisme, forêt d'Islam : défis

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Averroès et al-Ghazali

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

Jaccottet

Philippe Jaccottet : Madrigaux & Clarté

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Rires du Japon et bestiaire de Kyosai

 

 

 

 

 

 

Jean Paul Richter

Le Titan du romantisme allemand

 

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'intégrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

Kehlmann

Tyll Ulespiegle, Les Arpenteurs du monde

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Le Conquérant, Aléa

 

 

 

 

 

 

Knausgaard

Autobiographies scandinaves

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langage politique et informatique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

George Steiner, tragédie et réelles présences

Vocabulaire européen des philosophies

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lorca

Federico Garcia Lorca par Ian Gibson ; Une Colombe si cruelle

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

Du mythe européen aux Lettres européennes

 

 

 

 

 

 

 

Mann Thomas

Thomas Mann magicien faustien du roman

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

Méditerranée

Histoire et visages de la Méditerranée

 

 

 

 

 

 

Mélancolie

Mélancolie de Burton à Földenyi

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Schéhérazade, Burton, Hanan el-Cheikh

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Lumière de L'Esprit des lois

 

 

 

 

 

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Troubadours et érotisme médiéval

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Pour l'amour du piano et des compositrices

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe controversé

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

SurVeillance, holocauste, hermaphrodisme

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Censures et Autodafés

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et Format américain

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, L'Estomac, Orgasme

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Panofsky

Iconologie de la Renaissance

 

 

 

 

 

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Dictionnaire khazar, Boite à écriture

 

 

 

 

 

 

Peinture

Traverser la peinture : Arasse, Poindron

Le tableau comme relique, cri, toucher

Peintures et paysages sublimes

Sonnets des peintres : Crivelli, Titien, Rohtko, Tapiès, Twombly

 

 

 

 

 

 

Perec

Les Lieux de Georges Perec

 

 

 

 

 

 

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Philosophie

Mondialisations, féminisations philosophiques

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie

Anthologie de la poésie chinoise

À une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Japon poétique d'aujourd'hui

Lyrisme : Riera, Voica, Viallebesset, Rateau

Marteau : Ecritures, sonnets

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Poésie en vers, poésie en prose

Poésies verticales et résistances poétiques

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Schlechter : Le Murmure du monde

 

 

 

 

 

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Populisme

Populisme, complotisme et doxa

 

 

 

 

 

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

Tavares : un voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Générosité, Chambre aux échos, Sidérations

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : À l'ombre des jeunes filles en fleurs

Illustrations, lectures et biographies

Le Mystérieux correspondant, 75 feuillets

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Ecrivains noirs : Wright, Ellison, Baldwin, Scott Heron

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

 

 

 

 

 

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

De Jésus aux chrétiennes uchronies

Le Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

De l'origine des dieux ou faire parler le ciel

 

 

 

 

 

 

Renaissance

Renaissance historique et humaniste

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

 

 

 

 

 

 

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

Rilke

Sonnets à Orphée, Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome

Rome de César à Fellini

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

Isaac Babel ou l'écriture rouge

Ludmila Oulitskaia ou l'âme de l'Histoire

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

 

 

 

 

 

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

Science et guerre : Volpi, Labatut

L'Eglise est-elle contre la science ?

Inventer la nature : aux origines du monde

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Le Guin : La Main gauche de la nuit

Magnason : LoveStar, Kling : Quality Land

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Mnémos ou la mémoire du futur

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie ; No Smoking

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare et la traduction des Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

La Tempête, Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Ecrits des camps, Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Faire parler le ciel. De la théopoésie

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

Surveillances étatiques et entrepreneuriales

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Dictionnaire amoureux de Venise

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorcières

Sorcières diaboliques et féministes

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

 

 

 

 

 

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Spengler

Déclin de l'Occident de Spengler à nos jours

 

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

 

 

 

 

 

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tabucchi

Anges nocturnes, oiseaux, rêves

 

 

 

 

 

 

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

Temps de Chronos et politique des oracles

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

 

 

 

 

 

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Pour l'annulation de la Cancel culture

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Hayes : Je suis Pilgrim ; Tejpal

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

À la recherche des années Trump : G Millière

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies

Ernest Callenbach : Ecotopia

Herland parfaite république des femmes

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Culture et littérature contre la Civilisation du spectacle

Rêve du Celte et Temps sauvages

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Venise

Strates vénitiennes et autres canaux d'encre

 

 

 

 

 

 

Vérité

Maîtres de vérité et Vérité nue

 

 

 

 

 

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

Volpi : Klingsor. Labatut : Lumières aveugles

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Lazare, Le ghetto de Varsovie

 

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