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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 18:00

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés :

 

de La Fête au Bouc

 

aux Cahiers de don Rigoberto.

 

 

 

 

On ne peut séparer Vargas Llosa, essayiste et politique, du romancier. « Tant pis pour le Pérou, tant mieux pour la littérature », dit-on lorsqu'il fut battu à la présidentielle de 1990. On sait que le pays se vit imposer les pleins pouvoirs par un Fujimori qui termina sa carrière en débandade... Narrant sa campagne électorale avec le Poisson dans l'eau, l'écrivain précisa le sens de son libéralisme tempéré : « Le principe de la redistribution de la richesse a une force morale indiscutable, mais aveugle bien souvent ses défenseurs en les empêchant de voir qu'il ne favorise pas la justice sociale si les politiques qu'il inspire paralysent la production, découragent l'initiative, font fuir les capitaux, autrement dit, accroissent la pauvreté. » Le penseur « désenchanté du marxisme et du socialisme » réunit cinquante essais dans les Enjeux de la liberté, dont un éloge d'une Margaret Thatcher controversée, pourfendant « purs » islamistes et corrompus de tous bords, nationalismes et nationalisations, prônant l'économie de marché et la mondialisation, ce qui ne lui attire pas l'amitié de maints bienpensants et autres intolérants...

 

Les libertés sont également le maître mot du romancier. Sans jamais se clôturer dans le récit engagé, à thèse, pas un de ses romans n'omet de réclamer la liberté des peuples et des consciences, la liberté des Lettres et de l'Éros... Après Conversation à la Cathédrale, qui conspirait contre la dictature militaire péruvienne, vint la Guerre de la fin du monde. Un illuminé parcourt le Sertao brésilien, quand s'installe une république musclée. Si les méthodes et l'ampleur de la répression effrayent légitimement le lecteur, qu'en est-il du phalanstère fondé par ce prophète christique où s'épanouit la liberté des gueux ? Du moins croient-ils se libérer de l'impôt, du recensement et de l'économie de marché. Car c'est pour trouver dans cette fanatique cité de Dieu une pire oppression, une « utopie archaïque » fermée, intolérante, suicidaire... Un souffle narratif fabuleux emporte ce roman-fleuve, dont la conclusion remettra en cause les espérances de l'anarchiste écossais qui tente de rejoindre ce paradis libertaire, cet enfer sur Terre. C'est encore un terrible prophète qui, dans Pantaleôn et les Visiteuses, galvanise les indigènes, poussant à crucifier animaux et humains. Frère Francisco croit ainsi conjurer le « Mal » : la pacification sexuelle des troupes, au moyen d'un bordel géant que Pantaleôn dirige d'une main de fer, pour le bien du Pérou. Machiavel de l'Amazonie, il détruit corps, coeurs et âmes. Burlesque et tragique tableau du fanatisme religieux et de la bureaucratie militaire... Comme lorsque dans la Ville et les Chiens, vaste métaphore de la société péruvienne, un cadet de collège est tué pendant l'exercice de tir : la hiérarchie, malgré ses principes d'honneur affichés, tente d'étouffer le scandale...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dénoncer la nature perverse des utopies par une satire effrénée, polymorphe, reste le moyen d'une catharsis et le véhicule d'un espoir de jours meilleurs dans une civilisation apaisée. Le trotskiste de l'Histoire de Mayta, généalogie et rouages du terrorisme, les maoïstes du Sentier lumineux de Lituma dans les Andes, tous des illuminés, des purs meurtriers, rouges fers de lance du totalitarisme. Le « progressisme » d'ultra-gauche dont s'était réclamé le jeune romancier est retourné comme un gant de sang. Ce qui choque maints détracteurs des orientations libérales de sa maturité.

La Fête au Bouc s'inscrit dans la tradition latino-américaine des portraits de dictateurs. Gabriel Garcia Marquez (l'Automne du patriarche), Auguste Roa Bastos (Moi, le Suprême), Miguel Angel Asturias (Monsieur le Président) ont brossé de monstrueux tyrans, fantastiques ou réalistes. Sans faillir à la vérité historique, mais avec la toutepuissance de la fiction, Vargas Llosa surprend Trujillo en 196l, dernière année de son pouvoir criminel à Saint-Domingue, grâce à un rythme ternaire : le retour d'Urania après trente-cinq ans d'exil aux États-Unis, les hauts faits et méfaits de « l'homme qui ne sue jamais », l'embuscade nocturne des tyrannicides. Fille chérie d'un ministre de ce Bouc qui asservit trois millions d'habitants à sa démence froide pendant trente ans, elle tente de rappeler à son père invalide l'infâme secret de sa fidélité au régime. N'a-t-il pas livré sa femme au Bouc ? Ou pire ? Vargas Llosa, en libéral opposé à tous les totalitarismes, brocarde un généralissime fasciste que, contrairement aux légendes, les États-Unis ont contribué à renverser. Les personnages cruels, émouvants ou grotesques, la spirale impeccable de la narration font de cette « fête » un superbe monument offert à l'Histoire politique et au plaisir du lecteur... On n'attend plus qu'après avoir disséqué Trujillo, Vargas Llosa déboulonne la statue du dictateur voisin et marxiste dont est féru Garcia Marquez : Fidel Castro soi-même.

Mais quand l'Espagne porta sur la liste des meilleures ventes les Cahiers de Don Rigoberto, la France n'offrit qu'un silence pudibond, étonné qu'un libéral soit également du côté de la liberté des mœurs, de la fête d'Éros. Liberté économique (non sans respect des contrats et de la concurrence) vient rimer avec liberté érotique. Pensant aux libertins du XVIIIe siècle, ce livre n'est pas, comme l'affirme l'éditeur français, un hommage à Sade dont la liberté a le cruel défaut de sacrifier autrui. Monogame et néanmoins libertaire, Don Rigoberto est-il un avatar de l'auteur ? Ses cahiers portent le réel et le fantasme au paroxysme d'une virtuosité où la composition arborescente - essai, dialogue et récit - rappelle le Décaméron. La « Diatribe contre le sportif », la « Lettre au lecteur de Playboy », la « Rébellion des clitoris » sont savoureuses... Admirateur de ses « Princes de l'Église qui furent capables de marier au plus haut degré la pourpre et le sperme », il propose un éros spirituel et sensuel, une « vie mentale riche et personnelle ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'utopie emporte, via un rythme binaire, le Paradis – un peu plus loin, où l'on croise Flora Tristan, l'une des initiatrices du féminisme français, et son petit-fils : Paul Gauguin. Selon la double postulation romantique, le paradis est au-delà et en deçà. Au-delà de l'exploitation capitaliste et bourgeoise des ouvriers, Flora travaille à bâtir un paradis en plein XIXe siècle. Sans pourtant cristalliser l'inatteignable utopie collective dans un réel qui laisse toujours à désirer; quoique seul le siècle suivant, du moins dans les pays développés d'économie libérale, ait vu s'améliorer la condition ouvrière et féminine, peut-être un peu grâce à elle. Rêvant de « palais ouvriers », pendant son tour de France des enfers des fabriques, lavoirs et ateliers, elle se heurte aux dissensions entre les saintsimoniens et les communistes icariens, à la résistance du pouvoir, à l'abrutissement des masses. Sans compter que son absolu libertaire risque de charrier le danger révolutionnaire, la terreur : « L'utopie sociale débouche sur la catastrophe. » En deçà de notre civilisation moderne, Paul s'exile vers la nature tahitienne : « Ses origines, ce passé éclatant où religion et art, cette vie et l'autre, étaient une seule réalité. » L'utopie individuelle de Gauguin parvient à son acmé artistique, mais se heurte à la colonisation, à la nécessité du travail et de l'argent, au racisme antichinois délirant du peintre lui-même. Rêve d'autant plus illusoire que l'auteur ne remet pas en question cette idyllique société sauvage, « utopie archaïque » en fait, pour reprende le titre de son livre sur Arguedas. Néanmoins, une égale aspiration irrigue nos héros : liberté des ouvriers et des femmes pour Flora, de l'art, des mœurs et d'une sexualité brisée par la syphilis pour Paul. Malgré la monotonie du ton, c'est une émouvante narration, émaillée des souvenirs de deux vies, à la lisière du roman historique et encyclopédique.

 

« Ce monde cohérent, beau, rationnel, juste, sans tache, à la mesure de nos désirs, n'existe pas en dehors du domaine de l'art, de la littérature ou de l'imagination, il est incompatible avec la réalité de la vie collective qui requiert les avancées sinueuses, désespérantes, toujours menacées de recul, de la culture démocratique. » Ainsi, dans le Cahier de l'Herne qui lui est consacré, l'écrivain tire la leçon d'une quête cependant jamais reniée. C'est dans cette somme indispensable, réunissant inédits et contributions de l'Israélien Shimon Pères, du Japonais Kenzaburo Oé, du Français Jean-François Revel, des Mexicains Ignacio Padilla et Octavio Paz... où il pourfend la frileuse politique de l'exception culturelle française, que Vargas Llosa nous montre que cette liberté, ce « paradis - un peu plus loin » est à notre portée : dans la littérature, ces fictions célébrées et brillantes des grands romans du XXe siècle. Parmi lesquelles il faudrait compter ceux de Vargas Llosa, romancier des libertés.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Etude publiée dans La Revue des Deux Mondes, juillet-août 2003

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 18:40

 

Estany de Baborte, Vall Ferrara, Catalunya. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Pyrénées entre Aneto et Canigou.

 

Rando Editions, 216 p, 400 photographies, 2008, 35 €.

 

 

 

 

Couv-Aneto-Canigou.JPG

 

 

 

 

 

       Du haut balcon de Garonne au Roussillon, entre Ariège et Catalogne, sans oublier l'Andorre et ses églises romanes, Thierry Guinhut, marcheur, écrivain et photographe, saisit la beauté polymorphe des Pyrénées de l'Est, moins prestigieuses sans doute que celles situées plus à l'Ouest, et pourtant profigieusement variées, offrant comme une revanche à ces montagnes parfois méconnues.

 

        Avec 400 photographies, souvent grandioses, sinon à la limite de la pure abstraction, toujours précisément commentées, nous marchons parmi les grands monuments naturels, mais aussi à la découverte de sites plus intimes. Profondes vallées du Couserans, bergers et brebis, brumes errantes, cabanes et refuges ariégeois, "pierres écrites" du Capcir s'opposent aux tours lombardes et aux fresques romanes du Val de Boi, aux falaises et gorges fauves du versant Sud, aux serras catalanes rougeâtres qui prennent une dimension incroyablement exotique. Des centaines de lacs et d'aiguilles, comme dans le Parc national des Aigües Tortes, alternent avec les villages parfois abandonnés, les sentiers automnaux succèdent aux traces neigeuses vers les crêtes, depuis les glaciers de l'Aneto, jusqu'aux flancs méditerranéens du Canigou, en passant par l'emblématique Pedraforca qui est un peu l'Ossau des Catalans...

 

       Grâce à trente-deux semaines de marche, tant par ses images que par la richesse de ses textes évocateurs, Thierry Guinhut déplie pour nous les contours, les couleurs et les enjeux d'une chaîne montagneuse aux formes époustouflantes et parfois jamais vues.

 

         Un régal pour l'oeil autant que pour l'esprit par la dimension esthétique de la photographie et par la patience encyclopédique d'un voyage médité, ordonné et documenté, de part et d'autre des contrastes des versants et des frontières..

 

Format à l'Italienne 25 X 30 cm,

216 p, 400 photographies couleurs,

Rando-Editions, novembre 2008, 35 €.

 

 

Page de titre.

 

 

Pic de l'Har, Seintein, Ariège. Photo : T. Guinhut.

 

 

Etang rond des Estagnous, Les Bordes-sur-Lez, Ariège. Photo : T. Guinhut.

 

 

Cascade de Varrados, Val d'Aran. Photo : T. Guinhut.

 

 

Rifugio de Mulleres, Espitau de Vielha, Val d'Aran. Photo : T. Guinhut.

 

 

Bescarran, La Seu d'Urgell, Catalunya. Photo : T. Guinhut.

 

 

Pla Guillem, Py / Casteil, Pyrénées orientales. Photo : T. Guinhut.

 

Une vie d'écriture et de photographie

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 14:41

 

Playa de Luana, Cantabria. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Roberto Bolano ou l’artiste devant le mal

 

De Nocturne du Chili à 2666...

 

 

 

            On pourrait ainsi grossièrement résumer nombre de romans de Roberto Bolano : un groupe d’intellectuels, jeunes poètes enthousiastes ou critiques passionnés, se livre à la joie de l’art lorsque l’irruption du mal balaie leurs certitudes, voire leurs vies. Un régime fasciste brutal, un prêtre cultivé à l’innocence suspecte, un écrivain peut-être lié à une pléthore de meurtres de femmes… D’où vient le mal ? Qui est ce trouble génie ? Comment lier roman de l’incertitude au roman en réseau ?

 

Il semble qu’avec le Chilien Bolano la vérité soit définitivement inatteignable, « étoile distante » de la littérature et de toute pensée. Ses personnages sont des énigmes, et le narrateur est celui qui est le plus affecté par cette énigme. Et quels que soient les procédés employés pour cette connaissance -observation, analyse textuelle, enquête,  témoignages, souvenirs ou introspection, ces « détectives sauvages »- la vérité des êtres soumis à l’attraction de la prose de Bolano est toujours hors-jeu. On a beau mettre sur la piste d’un héros ou d’une héroïne un énorme cortège de témoins, comme dans Les Détectives sauvages où les deux tiers d’un roman de près de 900 pages sont une accumulation de choses vues et autres confessions de dizaines de protagonistes plus ou moins pertinents, rien de définitif n’est réellement révélé. Le récit, comme dans le roman Etoile distante, est une planète dont l’attraction est plus véritable que sa complétude : il paraît décrire un éternel et fabuleux présent puis explose comme une constellation qui ne serait que les débris de l’étoile inaugurale. Pire encore, le narrateur est lui même peu fiable, voire totalement fourbe, malgré son retour sur soi, sa conscience, ses remords. Car la conflagration du mal, dans 2666 ou Nocturne du Chili, a imposé sa trajectoire mystérieuse et cependant destructrice. Poètes et artistes nombreux prêtent leurs figures et leurs voix d’hétéronymes à un inaccessible Bolano dans une œuvre aussi polymorphe que le continent sud-américain, pour, dans une interrogation éthique, dire combien l’artiste est une « étoile distante ». Examinons d’abord la vie et les ouvrages de notre auteur avant de s’attacher à ceux qui nous semblent les plus marquants…

Arrêté à vingt ans par les militaires de Pinochet, Roberto Bolano passe, en 1973, huit jours en prison. D’où son goût pour les personnages traqués, clandestins, aux personnalités interlopes et schizoïdes… L’arrestation fondatrice est contée parmi Des putains meurtrières, récits à fort substrat autobiographique, où le père emmène son fils dans des boites à putes et jeux d’argent. Il ne peut que vomir devant l’impudeur du mal triomphant… Mais dans un monde où les frontières de la réalité et du fantastique sont parfois poreuses, les fragments d’un roman de formation sont intotalisables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette arrestation lui laissa le souvenir du « typique nazi sud-américain » d’où viennent peut-être les silhouettes de La littérature nazie en Amérique. Essai ou fictions plausibles? En disciple de Borges, Bolano concocte trente biographies, maisons d’édition et revues, toutes imaginaires, toutes liés par la fascination pour le nazisme, jusqu’à 2015 compris. Que penser de Mariluce idolâtrant Hitler, de « la fraternité aryenne » de Murchison le délinquant, du plagiaire nègre Max Mirebalais, chantant les races aryennes et Massaï, de Borda peuplant sa science-fiction de vaisseaux allemands, du Brésilien De Souza qui publie cinq « réfutations » des philosophes des Lumières… Pur délire, ou satire riche d’enseignements ? N’oublions pas que l’Amérique latine où se réfugièrent bien des nazis fut un vivier de dictateurs, et que le fascisme, pulsion totalitaire, est hélas « humain, trop humain » -sans vouloir inculper Nietzsche- quelque soit la couleur de peau. Ces écrivains sont des artistes, mais dévoyés…

Les quatorze vies ou auto-fictions d’artistes d’Appels téléphoniques appellent une mélancolie infinie, ou la compassion, sur des destins effilochés : l’amoureuse d’un acteur porno atteint du sida, l’écrivain que tue la disparition de son fils, des poètes ratés, suicidés. Sauf quand crier le mot « art », dans « Un autre conte russe », sauve la vie…

Après Anvers, polar de jeunesse spectral, éclaté en poèmes en prose, surgit Monsieur Pain, spécialiste es sciences occultes, qui approche le poète Cesar Vallejo mourant d’un incompréhensible hoquet, cependant éclot avec la victoire franquiste. Même révolte dans Amuleto qui raconte le massacre étudiant de 1968 à Mexico, vu par une Uruguayenne sans papier, enfermée treize jours dans un immeuble. Sans concession, elle juge ce pays qui se targue d’avoir connu la Révolution, l’a dévoyée ou plutôt l’a poussée jusqu’à sa fatale conséquence. Elle glisse dans la folie avec un chant d’amour et de bravoure qui est « notre amulette » et la preuve d’une confiance hallucinée en la mission de la poésie.

             Critique féroce du fascisme, Bolano avoue avoir longtemps cherché des partis de gauche, pour ne trouver au Chili qu’un rance réalisme socialiste, dominé par « le premier des écrivains nationaux, Neruda, patriarche machiste de type Fidel Castro ». Au milieu des poètes atteints de « néruditose », Bolano est un beatnik inclassable, détective errant fasciné par les vies ratées et méconnues, qui fuit le Chili en 1974 pour le Mexique puis l’Europe, où il vécut en Catalogne jusqu’à sa mort prématurée en 2003. Dernier manuscrit confié à son éditeur, Le Gaucho insupportable bascule dans le fantastique, les changements de points de vue déstabilisent le lecteur. Le retour à la pampa entraîne à côtoyer des lapins féroces. Un moine aux pieds nus est admirable ou criminel. Une conférence sur littérature et maladie -celle qui conduira Bolano, faute de greffe de foie, à la mort- est universitaire autant qu’épitaphe personnelle. Celle sur « Les mythes de Cthulu » est une charge contre les écrivains « glamour » aisément compris par leur public et qui visent succès et respectabilité. La polémique est au service d’une haute et libre idée de l’art, seul témoignage et feu d’artifice créatif qui outrepasse la mort du corps de l’auteur.

 

 

Dans Etoile distante, roman noir où prolifèrent les artistes, on ne peut pas rater l’aviateur Carlos Wieder, adulé par la junte chilienne, qui illustre ses « poèmes de fumée » de photographies des corps torturés par la dictature. Art immonde au point de faire vomir les généraux lors du vernissage ; appendice ou palimpseste de L’Histoire universelle de l’infamie de Borges. Quant à Lorenzo, né sans bras, homosexuel sous Pinochet, quel genre d’artiste peut-il être ? Romantique incorrigible, promis aux désillusions, au mépris, « il décida se suicider ». Après un plongeon avec une de ces vertigineuses accumulations du meilleur de la vie que l’on connaît à l’instant de la mort, il remonte pour « se métamorphoser en poète secret ». L’ « étoile distante » est-elle celle d’un art qui serait à la fois esthétique et moralement irréprochable ?

Les personnages, énigmatiques, fascinants et quelque part inquiétants, ont parfois plusieurs identités. Le jeune, beau et courtois poète d’Etoile distante, Ruiz Teagle, qui séduisit sans peine l’une de deux « jumelles monozygotes », Veronica Garmienda, est accueilli avec bonheur dans leur maison de campagne -où elles se sont réfugiées après le coup d’état de Pinochet- pour une soirée de discussions poétiques et peut-être d’amour avec Veronica, s’appelle en fait Carlos Wieder. Ce que l’on n’apprend qu’au moment où le narrateur veut bien nous le montrer en train d’égorger la tante des jumelles, puis nous laisser supposer qu’il est l’orchestrateur de l’enlèvement des deux poétesses. Ellipse et métaphore se conjuguent pour effacer ce que l’on peut ni veut dire : « la nuit ressort, tout de suite la nuit entre, la nuit sort, efficace et rapide. Et on ne retrouvera jamais les cadavres ». Sauf celui d’Angelica, dans une fosse commune. Hors la tragédie de la botte fasciste chilienne, ce sont ici les mobiles et les psychés pour le moins mystérieux des individus qui sont interrogés, sans guère de réponse, sans compter le rapport trouble entre la poésie et la violence politique… Comme dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell, où la culture sophistiquée (mais peut-être kitsch pour reprendre l’argument de Georges Steiner) de Max Aue ne l’empêche en rien de devenir un gestionnaire du génocide nazi. Carlos Wieder, lui, est un poète qui écrit ses textes au-dessus des prisons et des cérémonies officielles du gouvernement militaire de Pinochet, parmi le ciel bleu et les nuages d’orages, en lettres de fumée avec son avion. Comment ne pas être dégoûté, comme le narrateur, par « l’océan de merde de la littérature », s’il ne s’agit que d’illustrer le mal ?

Naïvement « de gauche », « trotskistes » ou autres, les étudiants et le narrateur d’Etoile distante ne peuvent comprendre cette alliance entre culture raffinée et fascisme meurtrier. Ce qui ne les empêche pas d’être des admirateurs et prosélytes de Fidel Castro. Dans quelle mesure Arturo Bolano est-il conscient de cette contradiction ? Si l’on en croit la façon dont on entend parler de Stein dans Etoile distante, Bolano n’est pas tout à fait dupe : « Comment concilier dans le même rêve, ou le même cauchemar, le neveu de Tcherniakovski, le Juif Bolchevique des forêts du sud du Chili, avec les fils de pute qui tuèrent Roque Dalton, pendant qu’il dormait, et parce que ça convenait à leur révolution ? »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quoi qu’il en soit, ses personnages sont pris dans le maelström d’une époque incompréhensible qui réveille les pires instincts, alors qu’ils continuent à croire dans la poésie, seule salvatrice peut-être, sous forme d’illusion romanesque. Les alter ego de Roberto Bolano (dont Arturo Bolano) sont d’éternels adolescents à qui le coup d’état de Pinochet à ouvert les yeux sur la laideur d’un réel qu’on à peine à accepter. Y compris dans la prison, le narrateur d’Etoile distante, lui aussi arrêté, ne veut voir que les instants les plus poétiques, comme le vol de cet avion qui écrit en lettres de fumées dans le ciel les premières phrases latines de la Genèse. Là encore une ellipse permet de refouler le non dit des circonstances trop laides et triviales de l’arrestation. Il y a toujours une « étoile distante » pour fixer la poésie au-delà d’un réel qu’on ne veut toucher qu’avec circonspection. En ce sens Bolano est un romantique attardé, un errant, une figure de l’exil hors des terres à jamais ressassées et balayées d’une poésie qui est à la fois le pays natal, l’efflorescence estudiantine, la vocation des clubs de poètes, l’amour impossible des belles filles… Tout cela idéalisé, irrattrapable ; et seule l’écriture romanesque en forme de nostalgique poème en prose tournoyant permet d’en fixer la trace. La politique et la poésie prennent le personnage bolanien entre leurs serres pour ne plus le lâcher, le broyer. Et ceci à l’image de la désintégration du récit qui se produit après que la cassure Pinochet ou la menace de mort d’un souteneur aient dispersé les clubs de poètes qui rêvaient un avenir idéal, lorsqu’il se disperse en amas de particules narratives décousues, en quêtes de personnages disparus, comme dans Etoile distante et Les Détectives sauvages. A la découverte émerveillée des amitiés et des amours adolescentes -qui coïncide avec celle de la poésie et de la nébuleuse des poètes- succède la tragédie sans cesse effilochée de la perte, la dispersion des destinées fauchées, inabouties ou introuvables : « dans le triste folklore de l’exil -ou plus de la moitié des histoires sont falsifiées, ou ne sont plus que l’ombre de l’histoire réelle- ». Si l’on finit par retrouver Carlos Wieder, ou plutôt son fantôme gris en « poète barbare », en raté d’extrême droite qui « ne ressemblait pas à un assassin de légende », si par vengeance il est tué, son mystère reste toujours « aux étoiles chaque fois plus distantes »… L’indécidabilité et l’incertitude rongent et structurent le roman.

Il nous semble que les récits, nouvelles et romans, qui ne se situent pas au Chili (hors évidemment 2666) mais parmi les figures des chiliens exilés en Espagne, n’ont plus l’intensité qu’on serait en droit d’attendre. Mais leur mélancolie, à la limite de balzaciennes « illusions perdues » et du polar le plus noir, faite de destinées ratées, de coups foireux, de crimes sordides, d’ambitions clandestines et condamnées dans La piste de glace (l’un de ses premiers textes) n’est ni sans valeur ni brio. Son poète mexicain, veilleur de nuit sans permis de séjour, est évidemment bien plus qu’un personnage anecdotique : une métaphore de la condition humaine et une mise en abyme de l’œuvre entière de Bolano. De plus ces récits sont le nécessaire antipode d’un paradis perdu où la violence fasciste fut à la fois le serpent du jardin et le détonateur d’une prise de conscience, d’une réelle écriture.

            Car l’écriture croise et mène un jour ou l’autre à la violence, comme dans Etoile distante, où l’écrivain, l’intellectuel Soto, pourtant heureux au Chili, croyant avoir « échappé à la malédiction », meurt sous les couteaux de jeunes nazis en gare de Perpignan, au retour d’un colloque : « Entre Tel Quel et Oulipo, la vie a décidé et a choisi la page des faits divers ». Lorsque Carlos Wieder finit avec son avion par écrire des poèmes sur la mort au dessus des officiers chiliens, lorsqu’il les invite à une exposition de photos des disparus, c’est comme si le retour du refoulé assiégeait les élites de tous bords, à moins qu’il s’agisse d’une ultime œuvre d’art à la fois conceptuelle et nazie. Au-delà des fictions pas si fictionnelles de La Littérature nazie en Amérique, le mal est donc au cœur de la problématique bolanienne, et nulle part ailleurs elle n’est autant accusée que dans Nocturne du Chili et 2666.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est ainsi que le prêtre Ibacache de Nocturne du Chili est lui aussi un poète de talent, un critique littéraire autorisé. Il a en quelque sorte deux responsabilités devant le monde : celle de l’artiste et celle de l’homme de Dieu. Et c’est aux portes de la mort qu’à usage intime, devant le lecteur ou devant Dieu, il rédige son autobiographie -il n’ose pas dire sa confession. Obsédé par un « jeune homme aux cheveux blancs », allégorie peut-être de la poésie saccagée par la dictature, il est en fait un narrateur retors et surtout peu fiable, qui peine -et il le sait- à convaincre de son innocence. Certes, il n’a pas les mains directement tachées de sang, mais sa conscience le ravage : sans jamais vraiment glisser dans l’introspection, sa plaidoirie est un mea culpa qui ne dit pas son nom. Car « le Chili tout entier s’était transformé en arbre de Judas ».

             Ornement des soirées cultivées de l’épouse d’un tortionnaire dont la maison est un « centre d’interrogatoires », et qui cache ses victimes dans les dédales de la cave, à quelques pas des mondanités élégantes, le prêtre de Nocturne du Chili va devoir enseigner le marxisme à Pinochet et ses généraux. Ce qui donne lieu à des scènes surréalistes pendant lesquelles il donne une série de cours à des militaires impavides ou sommeillants. Le plus attentif est le Général Pinochet lui-même qui lui fera ses confidences : « Pourquoi croyez-vous que je veux apprendre les rudiments élémentaires du marxisme ? me demanda-t-il. Pour servir la patrie du mieux possible. Exactement, pour comprendre les ennemis du Chili, pour savoir comment ils pensent, pour imaginer jusqu’où ils sont prêts à aller ». Le devoir de vérité du serviteur d’Orphée et de Dieu est bafoué : « Peu à peu, la vérité commence à remonter comme un cadavre ». Parmi ces incarnations faussement idéalistes et finalement souillées par le déchaînement d’une « tempête de merde », quelle est la place du poète et de la vérité dans le contemporain ? Le mal n’a-t-il pas contaminé les meilleures intentions ?

Le pire, le plus fabuleux est encore à venir. Bolano fut surpris par la mort alors qu’il peaufinait encore les mille pages aux cinq parties de 2666, titre renvoyant au chiffre du diable. Quatre professeurs de littérature venus de pays divers s’enthousiasment pour l’œuvre de Beno von Archimboldi, mystérieux écrivain allemand dont la souterraine réputation va croissant. Un ménage à trois parmi le quatuor, un pèlerinage à Santa Teresa, au Mexique et à deux pas des Etats-Unis, sont quelques unes des étapes de cette quête de l’écrivain génial, sorte de Pynchon insaisissable. On découvre qu’en ce lieu frontière ont eu lieu nombre de crimes atroces : des centaines de femmes, parfois adolescentes, violées et torturées. Dans quelle mesure l’écrivain allemand est-il lié à cette série noire ? Voilà qui permet à Bolano d’opérer un va et vient vertigineux parmi l’Histoire de l’Europe et des Amériques. Sillonnant les ruines de la civilisation et de la culture -car Archimboldi écrit entre souvenirs du nazisme et son oubli- l’écriture n’est-elle qu’un simulacre de salut et de transcendance ? Ce sont encore des passionnés de littérature, parmi lesquels des intellectuels latino-américains (dont son traducteur, Amalfitano) souffrant de l’annihilation des grands idéaux, partis à la recherche d’un artiste mythique qu’on ne saurait croiser sans rencontrer le mal. Au cœur du livre, voici le cimetière du roman : la litanie des « crimes » propose une énumération insoutenable des mortes -parfois assommante il faut l’avouer- de leurs vies plus ou moins sordides entre pauvreté, corruptions, machismes et espoir d’une condition meilleure. On peut avancer que la création littéraire, comme la création originelle, révèle une fois de plus sa face cachée, sa matière noire : cette pulsion de meurtre qui est le moteur de l’Histoire autant que des histoires. Car la mort est peut-être le plus éblouissant versant obscur de la vie, du moins pour un écrivain comme Bolano qui a vu de près un des totalitarismes du XX° siècle à l’œuvre et qui, de plus, écrit en sachant combien la maladie le ronge. Derrière tout cela, un narrateur perfidement omniscient joue à dissimuler ses atouts maîtres : Archimboldi lui-même, Roberto Bolano ou son double, ou l’écriture de la création toute entière…

           Œuvre ouverte, au sens d’Umberto Eco, 2666 réunit donc cinq parties que l’auteur pensa un moment publier séparément. Heureusement, son éditeur et ses ayant-droits, comme Max Brod désobéissant à Kafka, n’hésitèrent pas à publier d’un seul bloc ce monstre plus mystérieux que Moby Dick. « La partie des critiques », celles « d’Amalfitano », « de Fate », « des crimes » et enfin celle « d’Archimboldi », au premier regard disjointes, ont un « sens caché » : la ville de Santa Teresa, centre de l’archipel des assassinats et cachette probable de l’écrivain Archimboldi, lui même fait des pièces de son passé et des ajouts de ses créations, comme le suggère l’allusion au peintre. Evidemment, il s’agit d’un pseudonyme : c’est un jeune criminel de guerre qui a découvert la littérature à travers un manuscrit trouvé sur le front russe. Il « a tué un assassin de Juifs » et devient portier de bar avant d’écrire des livres auxquels croit, malgré leur peu de succès, son éditeur, Bubis, jusqu’à ce qu’ « une lecture marginale, un caprice d’universitaires » le comptent parmi les grands de la fiction allemande. Amant d’une femme qui mourut de la tuberculose en Bavière, jardinier incognito à Venise, amant occasionnel de la splendide Madame Bubis, anachorète en Grèce, il reste introuvable, sans cesser de publier. Le lecteur le reverra dans une maison des « écrivains disparus », puis peut-être à Santa Teresa où son neveu, comme lui évidemment d’origine allemande (« un type énorme, très blond ») est emprisonné pour avoir tué quatre femmes, sans que l’on sache s’il est le véritable assassin en série ou seulement l’un d’entre eux, sinon un innocent. Archimboldi ne va-t-il le voir que pour respecter le vœu dernier de sa mère, enquêter et l’innocenter, ou pour se disculper d’on ne sait quel péché originel ? A moins qu’il s’agisse d’écrire un nouveau livre au plus près du vortex tragique…

 

 

            Le roman de l’incertitude se double alors d’un roman en réseau. 2666 contient cinq histoires aux liens d’abord invisibles, mais bientôt elles apparaissent comme « des histoires qui maintenant tournent autour d’un centre gravitationnel chaotique », des livres « avec leur propre unité, mais fonctionnellement reliés par le dessein de l’ensemble ». Si Amalfitano lit cette dernière phrase sur la jaquette d’un Testament géométrique, ne doutons pas qu’il s’agit d’une mise abyme due aux bons soins de Bolano. « Cela transformait un récit barbare d’injustices et d’abus, un hululement incohérent sans début ni fin, en une histoire bien structurée où il y avait toujours la possibilité de se suicider. » Pourtant, pour Fate, journaliste noir qui porte le nom du fatum et qui n’aura pas l’autorisation d’écrire sur les crimes, « la beauté c’est le sacré, une femme belle et jeune aux traits parfaits ». Ainsi les viols mortels sont des profanations contre le sacré, contre l’art, contre « l’esprit voué à la création, à l’unique vérité transcendante de la vie, cette vérité qui crée plus de vie et encore plus de vie, une abondance inépuisable de vie, de joie et de luminosité ». Le meurtre travaille en réseau avec les vies et avec l’écriture des critiques et de l’artiste Archimboldi : « Personne n’accorde d’attention à ces assassinats, mais en eux se cache le secret du monde. » Un monde où « tout est livre brûlé ». De plus, le genre policier paraît se laisser prendre dans les filets de Bolano, avant qu’il soit bafoué par l’effilochement des enquêtes. Une sévère déception du genre barre l’accès à la solution même si elle paraît suggérée lorsqu’une femme influente mobilise tous ses moyens avant de se heurter au mur de la corruption…

            A Santa Teresa donc également piétine l’enquête des critiques qui ne pourront trouver Archimboldi… Pauvres critiques qui rêvent encore de découvrir ce que nous connaissons: la biographie cependant incomplète de l’écrivain… De fait, c’est moins Archimboldi que le mystère de l’art qui reste inconnaissable en même temps que celui du mal. N’en doutons pas, ils ont partie liée. Mis à part les titres, on ne sait presque rien des romans « obscurs » de l’écrivain qui aimante 2666. Non que Bolano et son narrateur presque omniscient soient incapables d’imaginer une myriade de situations et d’intrigues, mais par volonté de seulement frôler le mystère fascinant de la nébuleuse de l’écrivain génial et introuvable qu’il aurait peut-être aimé être. Seul Le Roi de la jungle révèle un peu de son contenu. La sœur d’Archimboldi à la surprise d’y « lire une partie de son enfance » et de pouvoir ainsi le revoir. Que restera-t-il d’Arcimboldi ? L’ironie du sort lui fera rencontrer le petit fils d’un écrivain qui ne sera passé à la postérité que pour avoir laissé son nom à une « glace aux trois parfums »…

 

            Les personnages de Bolano se cherchent, ne rencontrent qu’un autre ou le vide. Reste au lecteur de 2666 à reconstituer la puzzle des vies et de l’art en assemblant s’il le peut les cinq parties. « Thanatos » passe et prend. Restera-t-il à Archimboldi le temps d’écrire le final qui les couronnerait ? Pour Bolano, qui n’en avait nullement l’intention, il n’est pas resté de temps, la greffe du foie attendue n’a pu venir. Le mystère fascinant de ses livres reste entier. Même son double, Archimboldi, semble écrire des livres lacunaires. Il n’y a que des livres lacunaires pour dire le secret de l’homme et de l’univers. Est-ce cela le mal incarné dans Nocturne du Chili et 2666 ?

 

La crise des modèles (la figure fasciste, le poète socialiste, sans compter hélas l’écrivain de l’Aufklarung -pour reprendre la thèse de Sloterdijk-) accompagne à la fois le paradigme de la quête qui charpente l’œuvre et l’épuisement du roman policier qui la disperse dans une mélancolie baroque et macabre. Le récit est écartelé entre un réalisme poétique et un surréalisme vénéneux truffé de culture, ce qui le rend infiniment séduisant. Parodie et pastiche, détournement et satire, ellipses, changement impromptu de registre et de narrateur, concourent à faire de Bolano un écrivain aussi polymorphe qu’ambitieux. Servi par une technique narrative impressionnante, il n’hésite ni devant les digressions absurdes, ni devant des passages apparemment banals qui télescopent d’immenses phrases bourrées jusqu’à la gueule de trésors stylistiques, pulvérisant les temps, dans une sorte de modernité baroque et gothique. La capacité d’inventer des bibliographies fabuleuses et secrètes, les énumérations démentes et fantaisistes font partie de cette dette assumée venue de Borges, sans compter ce regard sur le réel et ses êtres quotidiens peut-être venu de l’Argentin Juan Carlos Onetti.  Mais à Roberto Bolano seul, appartiendra toujours cette voix immense, pleine d’émotion mais aussi de force, malgré le monde brisé dont il tente de rassembler la cohérence dans autant de romans soumis à implosion ou explosion, comme une de ces naines brunes qui entachent l’univers de leur cruauté et de leur beauté. La tentation du romanesque paraît s’emballer, puis se décevoir dans une inaction qui n’a ni solution, ni au-delà, sauf dans le fantasme poétique. La création déborde le questionnement éthique. Comme si, toujours, parmi ses multiples avatars, l’œuvre d’art, autant que l’artiste, restait une « étoile » que le mal a rendu à jamais « distante ».

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Etude publiée dans L'Atelier du Roman 59, septembre 2009.

 

 Nota bene : Les livres de Roberto Bolano sont publiés par Christian Bourgois,

à l’exception de Monsieur Pain et de Amuletto par les Alllusifs.

Roberto Bolano : Entre parenthèses

Roberto Bolano, le chien romantique

 

Val Ferrara, Pallars Sobira, Catalunya. Photo : T. Guinhut.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 14:35

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Réussir Martin Amis,

 

le satiriste de la décomposition :

 

des Poupées crevées à L'Information,

 

par La Flèche du temps.

 

 

 

 

La parution française de Poupées crevées (1) permet enfin de retrouver le chaînon manquant dans l’évolution du romancier britannique Martin Amis (né en 1949). Après les indignations contre les barrières des classes sociales des « Angry young men », dont son père, l’écrivain Kingsley Amis, fit partie, il semble bien que le but ultime et toujours renouvelé de Martin Amis soit « réussir ». Réussir chaque roman comme un challenge, réussir son ascension sociale par la littérature, réussir à changer le chaos contemporain en succès personnel, tout en s’attaquant aux valeurs du succès et de l’argent avec l’ironie acérée, jubilatoire de la satire. Ecrivant à l’acide sur le fol aujourd’hui au lieu de sauter dans le hors-jeu d’une désuète nostalgie, il est le disjoncteur d’une génération qui voit son enfance se lever sous le signe de la menace atomique, sa jeunesse s’affirmer avec la libération sexuelle et sa maturité atteindre son acmé à l’occasion du millénium.

 

On s’étonne que Poupées crevées ait attendu un quart de siècle pour être traduit. Paru en 1975, après Le Dossier Rachel (2) méprisant roman d’initiation amoureuse, c’est un Decameron ravageur d’après la libération sexuelle. Marvell anime un week-end de dope, d’alcool et de sexe, dans un presbytère converti en manoir, où chacun des dix personnages parcourt « la galerie neuronale de son propre passé ». Expérimentateur et théoricien, il manipule ses cobayes à la façon de l’écrivain qui les amène à « servir les objectifs de cette fiction ». L’itinéraire de ces riches oisifs, ou rejetons de communautés hippies, est réactivé par les vrais et « faux souvenirs » que les drogues autant que le mouvement de la construction romanesque aux récits emboîtés jettent dans les cerveaux et dans les pages. Le week-end est un révélateur et une apogée.

           L’aristocrate Quentin est marié avec Celia, Andy le baiseur macho et violent est flanqué de Diana, Giles est obsédé par le cauchemar de sa dentition et par la « tristesse des rues ». Keith, leur souffre-douleur, est un « nain de cour » obèse, souffreteux,  puant, digne de toutes les expérimentations et tortures. Ils reçoivent les américains : Skip, ex gamin violé par son père, et Roxeanne, sculpturale baiseuse rousse, tous deux placés sous l’autorité de Marvell qui a des théories définitives sur la libération sexuelle : les sentiments sont des « poupées crevées », on a enfin « séparé le sexe des émotions ». Baisant comme on exécute les autres fonctions corporelles, les acteurs du « Théâtre psychologique » tentent de remédier à leurs manques, déséquilibres, terreurs et béances grâce à un arsenal de drogues sensées leur apporter euphorie et oubli, force et grandeur, intensification des perceptions sensorielles et « sentiment de contrôler les choses ». L’un veut être « sexuellement excité , bien membré, violent et fort », l’autre veut se « sentir remplie d’amour ». L’énigme et le ratage du cerveau, « système mécanique » obéissant à « des phénomènes purement chimiques », seront-ils solutionnés grâce au cocktail de drogues?

La surenchère des vidéos pornographiques (zoophilie, coprophilie et meurtre sexuel) ne dépoussière plus leur ennui, leur nostalgie d’une séduction empêchée par la morale traditionnelle. Parmi les mâles impuissants, qui parviendra à satisfaire les appétits de la surhumainement belle Roxeanne ? Le nain, symbole de l’exclusion du royaume d’Eros, trouvera-t-il à satisfaire sa libido ? Après le débarras des sentiments, le syndrome du « sexe contrarié », de son échec, se rue sur les antihéros. Le « théâtre contre alternatif » ne pourra que déboucher sur des « bébés morts». L’apocalypse finale n’est pas sans faire penser à une autre jeune littérature, celles des « Cannibales italiens », dont le chef de file Niccolo Ammaniti imagina en 1996 un  Dernier réveillon (3) festif et vengeur, couronné d’un explosif carnage.

Les narrateurs du Décameron pouvaient ordonner leurs récits dans une cohérence aux claires visées morales. Chacun était en possession d’un équilibre psychologique indéniable qui lui permettait de ranger sa prose sous l’éclairage de la raison. De même, Boccace, en humaniste consommé, savait devoir disposer ses dix journées et leurs enseignement en un tout reflétant l’ordre d’une société médiévale en pleine expansion, contrecarrant ainsi les effets de la peste qui les a chassé de Florence. Chez martin Amis, les personnages n’ont ni l’énergie ni la cohérence nécessaires pour assumer leurs propres récits. Seules les drogues leurs permettent de revivre, et de nous transmettre, en une schizophrénie douloureuse, leur histoire et leur psyché dévastées. Ce qui n’est possible que par la main mise et la manipulation de leur maître es drogues, leur gourou et expérimentateur fascisant : Marvell. La société démocratique des narrateurs du Décaméron, quoique élus par Boccace parmi une aristocratie de l’esprit, s’est changée en un groupuscule dont l’assomption n’est pas la connaissance mais la destruction, l’apocalypse désirée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En toute logique perverse, Amis retourne La Flèche du temps (6) contre l’un des auteurs de l’apocalypse assénée aux juifs. Reprenant le principe d'une nouvelle d'Alejo Carpentier (« Retour aux sources » dans Guerre du temps)il fait subir à son personnage une vie à rebours. Celui-ci avance depuis sa mort en Amérique pour être en son âge mûr médecin expérimentateur à Auschwitz, et rentrer enfin dans le ventre de sa mère alle­mande. Au-delà du tour de force narratif, c'est un exercice continu d'ironie, épinglant le ridicule nazi, ainsi que le principe de causalité, le mythe de la formation de l'individu. L’anti-héros est le répugnant agent d’une catastrophe à la mesure du siècle.

 

Cette «flèche» se fait fléchettes lorsque le très médiocre héros de London Fields (7) ne sait parvenir à l'excellence que sur sa cible de concours de bistrots. Nous sommes à la veille de l'an 2000, une menace d'apocalypse colore le ciel de Londres. La flèche du millenium finira par apporter à la jeune victime son meur­trier désiré et manipulé. Les champs de Londres sont par­courus de malfrats, de vantards, de bébés monstrueux et d'un narrateur hanté par «le blocage de l'écrivain». Sur une intrigue trop distendue, la force du style reste cata­clysmique. Argot et néologismes, images coup-de-poing et métaphores proliférantes, sarcasme et parodie cinglent les personnage et font d'Amis un grand styliste couplé d’un critique féroce de la décadence du Royaume Uni. Ses marionnettes n'ont aucun libre arbitre, leur destinée est biologiquement et sociologiquement prévisible, les certitudes humanistes ne sont pas leur fort, ils sont ballottés par le hasard et par des machinations qui les dépassent et que personne ne contrôle vraiment : une société pour le moins fanfaronne, inquiète et vouée à sa perte. Seuls l'humour, l'ironie et les étincelles du style peuvent rattraper les personnages aux yeux du divertissement et de la morale hésitante du lecteur. Attitude postmoderne où les propositions idéologiques et morales sont rempla­cées par le brio du narrateur. Ce qui fait la force du livre est moins la puissance de son contenu que la déstabilisation pratiquée à l’égard d’une ville ainsi portraiturée. Londres n’est plus la splendide métropole, le phare du monde civilisé, mais un immense faubourg sans foi ni loi, sans queue ni tête.

Certes, à l’époque victorienne, Dickens avait opéré un semblable renversement en se penchant sur les bas fonds londoniens, ses malfrats, ses enfants dévoyés et ses Grandes espérances déçues. Mais c’était pour garder et réaffirmer un point de vue humaniste selon lequel toute créature pouvait être remise dans le droit chemin. Martin Amis fait pire. Aucune rédemption ne guette ses fantoches. Au point que la victime attende et suscite son meurtrier, tandis que Londres paraît se coucher sous la menace nucléaire désirée pour être enfin changée en « champs ». Si, un siècle plus tôt, l’allégorie de Londres pouvait être une forte femme appuyée sur une lance, un bouclier, aux pieds jonchés des richesses de ses colonies, aujourd’hui Martin Amis fait de sa pute velléitaire en attente d’un sordide sacrifice une choquante allégorie d’une ville envahie d’immigrés guère plus brillants que ses traditionnels habitants, pourris de l’intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Information (8) est peut-être son livre le plus entraînant, le plus significatif, le plus métafictionnel. Deux écrivains paraissent d'abord s'épauler. Mais ce n'est que concurrence sauvage pour le pouvoir, le succès et l'argent. Tous deux sont des héros de merde. L'un, Richard Tull, après deux livres aussitôt oubliés que publiés, accumule les manuscrits aussi intel­lectuels qu'illisibles jusqu'au dernier, Sans titre, sans compter Informulé. L'autre, Gwyn Barry, après avoir tiré le diable par la queue avec son compagnon d'université, a soudain un succès fabuleux: Amelior, roman simplet, galvanise les foules. Tull a une femme baisable qu'il n'arrive plus à baiser et deux jumeaux accaparants, il est alcoolo et nico­tiné, il traîne dans les rues, tel Laocoon, un aspirateur défaillant au tuyau serpentiforme, déconsidérant ainsi les grands mythes. Alors que Barry a une Lady riche et sexy, un agent littéraire carnassier, une tournée triomphale aux Etats-Unis... Equipée burlesque et sordide pour Tull qui l'accompagne en vue d'écrire un portrait de son rival qui, par ironie, lui est commandé.

Le roman est en fait une formidable satire des mœurs littéraires contemporaines où fric et coups bas sont de règle. L'Amelior de Barry est une utopie gentillette sans sexe, sans conflits, sans vie. Le Sans titre de Tull est une «prose aussi contournée que capricieuse » «plus rasoir que Joyce», bourrée de subtilités linguis­tiques, avec une «structure temporelle à huit niveaux» et «seize narrateurs peu fiables». Une carica­ture de ces bluettes pseudo philosophiques genre L'Alchimiste de Coelho, quand l'autre singe les excès d’auteurs postmodernes comme Gass, Gaddis ou Coover… L'Information se fait théorie du roman, montrant la décadence du genre, depuis les dieux-héros jusqu'à la comédie des «déchets de la société». Evolution parallèle aux «progrès de l'humiliation» subis par notre univers géocentrique devenu médiocrement excentrique dans le chaos cosmique. Impuissant, l’homme voit la perte de la « sensation de l’érection » aller de pair avec « la perte de la transcendance ». Après l’épopée vient « le romanesque de supermarché », « l’anti-comédie ».

Quelle est cette «information» ? L'entropie, la catas­trophe de la chute du roman, « l'inévitable décomposi­tion», la fin de la naine jaune du soleil, la crise de la qua­rantaine et sa pente de décrépitude ? Ou celle qui fera tomber l'adversaire, scandale de Lady qui coucherait avec des noirs et des délinquants, ou faux plagiat ? Comme lorsque Tull a droit enfin à une interview parodique, mangée par la pub, le sport et les sponsors... Férocité et humour sont les maîtres mots du style d'Amis qui manie à plaisir ironie stylistique et ironie du sort. Dommage qu'il tire sur le chewing-gum nar­ratif pour allonger un roman splendide qui aurait pu par­fois être plus concentré... Il brode avec délectation sur son thème favori: l'être humain est une catastrophe.

 

         Peut-on être belle, douée de tous les dons, sereine, équilibrée, et finalement catastrophique ? Hélas oui. L’héroïne de Train de nuit (9) s’est-elle suicidée ? Impossible dans un tel contexte, malgré les preuves. Sûrement faut-il chercher un meurtrier, un mobile… Ou se rendre à l’évidence : la perfection d’une vie, quoique nourrie de conventions, est insupportable. Là réside la catastrophe inhérente au genre humain. Depuis Darwin, Nietzsche et Freud, un nombre considérable de catastrophes ont fait descendre l’être humain depuis le nombril des Dieux jusqu’au sol d’une solitude viciée : le champ de Londres, tel qu’Amis nous le décrit. Peut-on survivre avec la consolation de l’ironie et l’effervescence du style ? Malheureusement, dans ce soporifique Train de nuit, sur ce sujet tout en délicatesse, Amis n’a guère affûté l’arme de son style. La ténuité de l’argument, et peut-être sa dimension métaphysique, auraient mérité autre chose qu’une narration dont les ficelles sont empruntées à la banalité d’un télépolar qui tombe à plat.

Parmi les neuf nouvelles d’Eau lourde (10) on trouve un écho superparodique à L’Information : un scénariste peine à publier ses scripts dans de minables revues, tandis qu’un poète voit son sonnet mériter un remake chez son hollywoodien producteur… L’ironie passe par le retournement des situation usuelles et conventionnelles. Dans « L’envers du placard », le lobby des hétéros peine à s’affirmer dans une Amérique majoritairement gay. Quand à l’onaniste forcené de « Combien de fois » ce sont les héroïnes des romans anglais, plutôt que la pornographie, qui attisent son priapisme. On pense à ces récits déments de Will Self où l’interversion fait loi. Renversement des sexes dans Vice versa, renversement utopique dans Les Grands Singes (11)… Plutôt que les propositions immorales, c’est le questionnement ludique sur les mœurs qui fait de Martin Amis -et de son héritier né en 196O- un moraliste politiquement incorrect.

 

Grégory, l’héritier pourri d’arrogance de Réussir (12) croit, malgré son insolent succès, s’attirer notre compassion en se plaignant d’être convoité par trop d’hommes et de femmes. Terry, son frère adoptif, lâche, laid, minable, n’attire guère notre indulgence. Une fois de plus, personne ne paraît être épargné. Jusqu’à la caricature. Le brio sadomasochiste du narrateur reste seul vainqueur sur le terrain de la mise en abyme des mœurs contemporaines, manipulant et chargeant ses personnages comme on perce d’aiguilles des poupées vivantes. Où l’on voit resurgir cette récurrente dynamique romanesque construite à l’aide personnages contrastés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les inséparables couples littéraires, Don Quichotte et Sancho Pansa, Bouvard et Pécuchet, San Antonio et Bérurier, sont liés par une complicité, par un idéal commun, qu’il s’agisse d’aboutir au succès ou à la déception. Martin Amis, lui aussi, bâtit L’Information et Réussir en suivant pas à pas les pérégrinations d’un indissociable duo. Cependant le ciment qui unit les protagonistes est loin d’être aussi enchanteur. Richard et Gwyn, Terry et Gregory forment des couples violemment contrastés que les sentiments les plus bas, sinon pervers, sanglent dans le fil barbelé d’une impitoyable narration. La jalousie, l’envie, le mépris, la haine les lient plus sûrement que l’amitié. Abattre son rival littéraire au succès fracassant est l’obsession de Richard, sa raison d’être, sans laquelle il existerait moins sûrement qu’avec ses manuscrits illisibles. Quant à Terry, il ne peut se concevoir sans une relation profondément sadomasochiste à son riche cousin. C’est un raté, un « contre-exemple », à coté d’un Gregory qui affiche tous les signes extérieurs et intérieurs de la réussite. Du moins si l’on en croit les récits qu’en font de manière alternés les deux malheureux qui ont au moins en commun « cette simple envie d’avoir un copain coupable, un complice pour vos méfaits, un homologue pour votre honte »… Car peu à peu, le prétentieux bellâtre, beau, riche et séducteur, se révèle un narrateur peu fiable, un affabulateur. Le masque tombe. Plus minable que Gregory, il n’y a pas. Et c’est cet aveu enfin qui le rend humain. Quand au Terry méprisé, après un long couloir de déboires sexuels et professionnels, il ne s’en sort pas si mal, recouvrant comme une dignité d’homme. Le renversement de situation a placé la réussite sur le plan de l’humain. Mais que pèsent les pauvres valeurs morales ? L'argent et le sexe sont encore et toujours les clés les plus visbles de la réussite. 

 

 C'est dans Don Juan à Hull (13) qu’Amis avertit des risques encourus par celui qui ne passe pas par les diktats du moralisme présent et futur. Philip Larkin, mort en 1985, fut le poète préfé­ré des anglais. Jill (14) fut son roman de la solitude, de la mesquinerie et du rêve... Préféré jusqu'au jour où l'on découvrit le sordide ordinaire de sa vie. Accusé de sexisme, de racisme, de radinerie et d'opinions quasi fascistes, une intelligentsia décida soudain que sa poésie ne valait plus rien. C'est ce triste amalgame que dénonce Martin Amis, qui fut son filleul. Ne comptez pas sur lui pour être l'écri­vain politiquement correct de service. Mais le satiriste passionné de nos mœurs contemporaines, si. Au regard de cet opuscule dénonçant la versatilité des jugements et des valeurs, on peut se demander ce qu’il adviendra de Martin Amis. Une autre vague de moralisme risquerait-elle de le mettre à mal ? Les mémoires et mises au point d’Experience (15) accueillies avec enthousiasme par la critique outre Manche, suffiront-elles pour que le lecteur lui pardonne sa prédilection pour les figures de veules débauchés, de drogués, de victimes caressant le désir du meurtrier, pour les « champs » de dévastation de la psyché contemporaine ?

De par son insolente modernité thématique et stylistique, Martin Amis se range dans la noble tradition de la satire : Horace et Boileau, Dryden, Pope et Byron. Lui aussi attaque les vices, les travers et les ridicules de son temps. Sans cesse, les flèches de l’ironie sont tirées par l’écrivain sur ses personnages ficelés dans de prédatrices fictions, caricatures de nos sociétés.  Ses pages médisantes et railleuses, sa verdeur cinglante, sa verve prolifique sont ils la preuve de son seul amusement ou de son indignation devant nos mœurs? S’il ne paraît pas se retrancher derrière la raison et la morale, c’est pour mieux confronter son lecteur aux portraits charges des ses contemporains, pour « dévouer sa vie à la vérité » selon le vœu de Juvénal, auteur latin de Satires, célèbres pour leur aigreur, leur jalousie, leur rhétorique lourde d’exagérations. En ce sens, la plupart des livres de Martin Amis sont des soties, farces bouffonnes où s’agite un peuple sot et monstrueux, pour le seul bénéfice spirituel du lecteur…

 

La satire va-t-elle jusqu’à l’auto-ironie ? Réussissant son parcours en flèche d’écrivain à succès, Martin Amis publiait un titre lourd de désirs et d’avertissements : Money (16) monologue de John Self (John soi-même) un nullard, un «shit hero», téléphage alcoolo et coureur de filles endetté. Les arnaques et attrape-nigauds dont il est victime ne lui sont expliqués que par Martin Amis lui-même –son contre-exemple ou son double ?- en un périlleux exercice de méta­fiction. L'argent et le succès, piliers des valeurs occiden­tales, sont ridiculisés comme miroirs aux alouettes pour benêts pitoyables. Sauf que de telles valeurs, morales ou non, sont indispensables à l’écrivain et à son lecteur pour réussir Martin Amis.

 

Thierry Guinhut

Publié dans L'Atelier du Roman, mars 2002.

Une vie d'écriture et de photographie

(1)     Gallimard, 2001

(2)     Le Serpent à plumes, 1994

(3)     Hachette Littérature, 1998

(4)     Christian Bourgois, 1989

(5)     Christian Bourgois, 1990

(6)     Christian Bourgois, 1993

(7)      Christian Bourgois, 1992

(8)     Gallimard, 1996

(9)     Gallimard, 1999

(10)   Gallimard, 2000

(11)   Les livres de Will Self sont publiés chez L’Olivier

(12)   Gallimard, 2001

(13)   Les Belles Lettres, 1995

(14)   Autrement, 1995 

(15)   Hyperion Books, 2000; à paraître chez Gallimard

(16)  Mazarine, 1987

Voir : Martin Amis : un Chien jaune satiriste en guerre contre le cliché

 

Photo : T. Guinhut.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 14:14

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Will Self ou la théorie de l'inversion :

 

des Grands singes à Dorian.

 

 

 

          Il va de soi qu’afficher Mon idée du plaisir au fronton d’une fiction ne va pas sans affirmer un hédonisme, une déontologie tout personnels, à l’écart de la doxa, voire résolument paradoxaux. Un tel « seuil », pour reprendre le concept de Genette, est poussé à bout par un autre titre, Vice-versa, et va jusqu’à opérer une « inversion des valeurs » beaucoup plus que nietzschéenne, des saturnales pour le moins piquantes, au pire résolument immorales dans une société contemporaine pour le moins bousculée. Cette idée du plaisir romanesque par Will Self, qui permet à nos cousins Les Grands singes de prendre, non pas momentanément, mais définitivement, la place des grands hommes, du dernier homme, fonctionne grâce au moteur de l’inversion, présent dans l’oxymore d’un autre titre, Ainsi vivent les morts. Il est également consubstantiel au milieu, au mode d’être, cette fois-ci exhibé, de Dorian, héraut et anti-héros de l’inversion sexuelle. Onirique, fantastique, satirique, cette inversion, provoquée par une overdose de substances chimiques, par un soudain déraillement de l’esprit, ou par une surface mentale et sexuelle radicalement hors normes, qu’elle soit au pays étrange d’une normalité apaisée chez les grands singes, ou tragique dans la réécriture contemporaine du mythique Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, est peut-être, moins que perverse, avant tout cathartique.

 

           Cette génération technochimique anglaise et américaine, qui compte également Alan Warner, Irvine Welsh, Douglas Rushkoff ou Jef Noon (1), ne serait pas aussi brillante sans Will Self (né en 1960) qui est un héritier -quoique infidèle- d’un Martin Amis qui touche peu au fantastique, sauf, dans les nouvelles d’Eau lourde (2) où il pratique justement l’inversion, par exemple lorsque les gays sont la norme et les hétéros l’exception. Sexe et drogues sont également les mots de passe de Will Self, mais avec un recours presque systématique au fantastique. Dans le contexte d’un réalisme social exacerbé, d’étranges dislocations mentales, de délirantes interversions phagocytent les personnages. Le miroir narratif n’est pas promené le long du chemin mais selon les distorsion psychiques des personnages. Car la fiction selfienne est non mimétique : son fantastique, venu du roman gothique et de l’illusion chimique, remplace les mécanismes de l’enquête policière empruntés par les romans postmodernes d’Antonia Susan Byatt (Possession) et d’Umberto Eco (Le Nom de la rose) pour construire un sens à la réalité. Il ne s’agit donc plus de mimer un réel, mais, par le jeu de l’inversion fantastique, de le changer partiellement, au moyen d’une perturbation de l’anatomie ou de la psyché, ou de le radicalement métamorphoser en son contraire. C’est ainsi que notre réel est remis en question et que le romancier peut faire basculer nos interprétations du monde.

          Dans Vice-versa (Cock and Bull), quand un rugbyman voit naître un vagin au creux de son genou, Carol trouve à sa féminine intimité un phallus en formation. Nul doute que l’abracadabrant et le scabreux cachent une parabole sur les conditionnements sexuels qui feront de notre viril engrossé une mère séduite et abandonnée, tandis que la dame verra l’agressivité phallique bien connue la pousser au meurtre vengeur contre les hommes. La caricature n’est pas à prendre à la légère. L’inversion, cette action d’inverser qui fait prendre à deux objets une position relative inverse de la précédente et en change la position, l’ordre, est aussi une interversion, un dérangement, un renversement de l’ordre naturel, habituel ou logique. Sauvagement ironique, elle ne vise qu’à dénoncer les préjugés, les comportements conformes à des mentalités culturellement sexuées.

Profondément révolté et fasciné par le spectacle de nos contemporains, Will Self pratique ainsi le « dirty unrealism ». Personnages infects, aussi dégueulasses que l’autoportrait d’Une Ordure d’Irvine Welsh (3), réalisme sans fard et croustillant associé à un fantastique délirant sont les pivots de ce registre. Un monde de psychopathes et de petits bourgeois anxieux semble mené à la baguette par un Méphistophélès malicieux sinon pervers, métaphore du romancier. C’est ainsi que Mon idée du plaisir relate l’existence d’un surdoué de l’eidétique (ou faculté de représentation hallucinatoire du réel) aiguillé par « l’Obèse contrôleur ». Ce dernier étant l’auteur et le cosignataire d’un contrat satanique vers la connaissance et la conception des pires et improbables atrocités commises par autrui, comme copuler avec le cou d’un clochard assassiné. A moins qu’il prenne ses hallucinations pour le quotidien du commun des mortels. Sûrement est-ce le rôle de l’écrivain, si bon père de famille que Will Self soit, que de lire parmi et sous les réalités et de donner à ses fictions l’acuité d’un miroir irréfutable et signifiant de nos inconscients et de nos sociétés. Une sorte d’hyperperception, venue plus de son génie que de sa fréquentation des drogues et des cures de désintoxication -dans la tradition de Thomas de Quincey et d’Henri Michaux- impulse l’impressionnant travail romanesque, même si le trop long cours de cette « idée du plaisir » peut sembler filandreux, même si le projet avoué « de montrer la fin du progrès, des sciences et de la raison » peut sembler très discutable. Sous titré par antiphrase « Conte moral » Mon idée du plaisir peut se lire, comme une version gore de l’association entre la conscience immorale et le moi pervers polymorphe, ou, en creux, comme une parodie du mythe de l’ange gardien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

           Une dizaine de volumes jalonnent aujourd’hui un parcours subversif pour les lecteurs non prévenus. Ce sont des jouets coriaces destinés à des garçons coriaces (pour paraphraser un de ces titres : Tough, Tough Toys for Tough, Tough Boys). Le doux parfum de la psychose (The Sweat Smell of Psychosis) flotte sur ses short stories lorsqu’un  « roc de crack gros comme le Ritz » attise les convoitises. La Théorie quantitative de la démence mise au point par un chercheur de l’équipe du Docteur Busner, permet de répartir et d’intervertir la distribution des affections psychiques et des comportements déviants grâce à une projection statistique sur le principe des vases communicants. Un riche oisif peut échanger une phase dépressive contre une tranche de monomanie. Une fois « le quotient psychosanitaire du pays tout entier » mesuré, la voie vers le totalitarisme d’une gestion et d’une démence psychiatrique nouvelle paraît tracée grâce à une vaste interversion programmée. Comme en utopie…

Il faut à Simon Dykes une cuite colorée de pilules hallucinogènes lors d’un soir aux vanités de l’avant garde londonienne pour basculer parmi Les Grands singes. Dans la tradition de Swift au pays des chevaux, la déflagration de métaphores selfienne et le brio du vocabulaire simien explorent une île d’utopie qui n’est rien moins que Londres inchangée, hors les « prises » et les « arbres à grimper », et dont les habitants dédaignent les hommes confinés dans de lointaines réserves ou zoos. Comme chez les Houyhnhnms, bons et vertueux chevaux qui tiennent sous leur dépendance la fruste espèce humaine : ces Yahoos répugnants et dégénérés portant les marques de la pire bestialité. Même affreusement poilu, Simon refuse d’accepter sa « chimpanité ». D’où l’intervention de l’antipsychiatre Busner -personnage reparaissant à l’égal de ceux de Balzac- qui l’initie aux hiérarchies des « chimpes » : tout groupe, social ou familial, a son mâle dominant. Jusque là, pas grand changement, même si on se lèche le cul et s’épouille à qui mieux mieux. Hors les mœurs sexuelles. On baise en groupe et à répétition en périodes de chaleur. Un bon coup tient en dix secondes ; plus longtemps c’est être hors jeu. Le père doit honorer filles et femelles du groupe sous peine de traumatisme. Au delà du topos carnavalesque du « monde inversé » qui en des saturnales continues permet de faire des esclaves les maîtres de toujours -ici les chimpes sont les maîtres de la nature- est-ce une immonde anti-utopie ? Peut-être faut-il ici imaginer un écho au communisme érotique prôné par le Houellebecq des Particules élémentaire (4)… Serait-ce une meilleure gestion du sexe et de l’amour ? Une inversion salutaire ? Nos chimpanzés méprisés sauraient-ils régler plus efficacement et pour le contentement universel la question érotique ? Question qui, malgré la libération sexuelle, la contraception et l’hygiène antisida ne sait toujours pas offrir autant de bonheur que l’on pourrait croire, engoncés que nous sommes dans nos craintes et frustrations, dans nos « idées du plaisir » qui fonctionnent trop souvent sur la rétention, la possession jalouse, la chasteté menteuse, l’oppression de soi et de l’autre… Le mâle dominant n’étant que l’hyperbole de notre machisme, l’exhibition de notre bestialité sexuelle et sociale, ce qui nous paraît un monde inversé n’est peut-être que le moi profond de notre monde. En ces sens, l’inversion permet mieux que tout autre représentation de dénoncer les fausses valeurs.

 

 

A moins qu’il faille lire Les Grands singes comme une Divine Comédie. Pauvre Dante déjanté, Simon Dyke est changé pour ses vices en « chimpe » et n’a d’autre solution que de suivre son Virgile, le Docteur Busner, qui, pour le guérir de l’enfer de son nouveau corps et de ses semblables, lui inflige le purgatoire d’une cure psychiatrique. C’est ainsi que s’ouvrira le paradis de l’acceptation de sa condition, de sa chimpanité (notons la réussite de telles créations linguistiques). On imagine alors une Béatrice velue, mais à la sexualité rigoureusement communautaire… Après La Comédie humaine, la comédie des singes. Descente vertigineuse depuis le poème divin, en passant par le réalisme bourgeois, jusqu’à la satire simiesque…

          Une autre inversion affecte les vivants et les morts : Ainsi vivent les morts . Chez Will Self, la ville est phagocytée de l’intérieur par des faubourgs sinistres dont on ne sait s’ils sont métaphysiques, métaphoriques ou terriblement réalistes, des lieux où circulent comme vous et moi les morts. Car la seule perspective possible -la mort- est dépassée par quelque chose de pire : les morts vivent d’une vie inutile, fantomatique, comme Lily Bloom ne va pas tarder à s’en apercevoir. Car dans « le pli d’une manche retroussée » de Londres, « ville assez crasseuse », gît cette contrée incolore des morts qui renvoie à l’agitation et aux espérances humaines le miroir noir de la vanité.

          C’est un aborigène qui sert de Virgile à Lily Boom dans sa traversée de la « mortocratie ». Victime de l’attentat du cancer, elle voit s’agiter l’hypocrisie de ses filles, bourgeoise et droguée, qui ont emprunté deux vies tout aussi stériles. Quittant « les mondes respectifs de la grossesse, de la folie, de la carie dentaire et de la toxicomanie », la mort change Lily Bloom en « corps subtil ». Très cool, l’aborigène l’avertit : « Vous, les Occidentaux, vous pigez pas le truc de la mort ». Ce pourquoi les guides viennent des « peuples traditionnels » pour les amener à la « Grande Lumière ». Illusoire croyance peut-être dans les qualités spirituelles des primitifs… Lily rencontre « les Graisses », un « bébé fossile » ; elle épie sa descendance. Renonçant « à sortir de la ronde » avec les « fibules de grâce », elle préfère renaître, donc remourir… De laquelle de ses filles sera-t-elle le malheureux bébé ? La déferlante d’images coup de poing, de métaphores au scalpel (« linceul Playtex : il sépare les seins de la vie et vous soutient jusqu’au ciel ») fait de Will Self un styliste impénitent, aux prouesses continues, quoique souvent porté sur le peu ragoûtant, sujet et complaisance obligent… Une sorte de gore-styliste en fait.

          Will Self a écrit là une Divine comédie inversée, sans salut ni paradis. Son « Livre des morts » est un étonnant écho des grands mythes désavoués. Le paysage métaphysique est morose, les acteurs et accessoires de ces « limbes écœurants » évoluent dans les décors ordinaires de notre contemporain : les « Personnellement Morts » ont des jobs, des réceptions et baignent dans « la crétinerie collective ». L’ironie du sort de l’anti-utopie post mortem ne rachète pas la vie. Les grands singes était également une anti-utopie dans un Londres voué à une totale « chimpanité ». Aucune vie n’intéresse Will Self si elle n’est fantastiquement pervertie, aucun lieu n’est possible hors les non-lieux de fictions hallucinatoires. Fuite ? Retour sur image ? Comme le Persan de Montesquieu, mais en plus cynique, ses personnages voient dans Londres, dans notre monde, les miroirs cocasses et déprimants de nos comportements qui pourraient tout aussi bien être autres, meilleurs ou pires, en tous cas condamnés au relativisme, à la dépréciation. De la « foire aux vanités » londonienne (pour reprendre le titre de Thackeray) ne subsistent que des singes grotesques ou des morts flottants. A moins qu’ils ne soient doués d’infiniment plus de pénétration que nous autres et que leur monde inversé en dise plus sur les hommes et les vivants… Après l’inversion bestialement séduisante des Grands singes, l’inversion effarante, grise et sans sortie d’une vie pour les morts. Car trop souvent nous vivons comme des morts. Comment inverser cette mécanique collective et individuelle ? Ne serait-il pas temps d’inventer son « idée du plaisir » sans seulement y trouver la satisfaction de voir et de générer les péchés, les vices de nos contemporains. Will Self, lui, et nous à travers lui, la trouve par la fiction, une fois de plus cathartique, épurant les pires passions.

 

 

          Fallait-il adapter Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde? Pour se faire, Will Self s’est livré à une véritable réécriture. L’histoire est la même, les noms et les types des personnages inchangés. Il a suffit au plus caustique des auteurs de la génération technochimique anglaise de changer d’époque, décadente pour décadente, et de pousser à l’extrême le goût des paradoxes et des « bons mots » de son ancêtre littéraire.

           Un siècle plus tard, Dorian n’est plus portraituré à l’huile et sur toile, mais dans une installation vidéo aux neuf moniteurs sur lesquels tournoient neuf silhouettes nues du même jeune et superlativement bel homme. L’homosexualité -cette inversion qui mena l’auteur de La Ballade de la geôle de Reading en prison et qui était suggérée par un non-dit insistant- est ici la règle exhibée, dans un milieu gay festif et bientôt rongé par le sida. Les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix sont celles de la démocratisation, de l’explosion du sexe et des drogues, et de la mort d’une Lady Di qui devient un double mythique de notre héros. Criminel, Dorian l’est en poignardant l’artiste, mais aussi en injectant sciemment et à tout va le virus du sida, sans que sa beauté en soit touchée. Seule, bien sûr, les images des vidéos vieillissent et se creusent, mangées par le syndrome de Karposi.

           Avec un inimitable brio qui rend cette lecture tout à fait digne de son modèle Oscar Wilde et de son mentor Henry Woton, maître es paradoxe, Will Self nous assaille sans fléchir de métaphores coruscantes, de figures de rhétoriques brillantes pour professer au travers de son nouvel Henry Wotton un cynisme ludique et stupéfiant en dépit de la maladie qui le détruit : « je veux que mes péchés soient comme des sushi : frais, petits et entièrement crus. » Le plus surprenant est sans doute la révélation selon laquelle ce Dorian serait une fiction montée de toutes pièces par un Wotton écrivain lui léguant un manuscrit qui s’achève par le suicide du héros devant ses portraits corrompus. Pire encore, en une structure narrative indécidable qui n’est pas sans rappeler le David Lynch de Mulholland Drive, le fantôme du narrateur vient assassiner un Dorian dont on ne sait plus s’il est coupable ou innocent, Docteur Jekyll ou Mister Hyde, retrouvant ainsi une source du roman de Wilde… Les morts deux fois écrites ou foncièrement gore, témoignent de la distance énorme que prend Will Self par rapport à un Oscar Wilde nettement plus secret et allusif, pour se rapprocher, en un développement digne du leitmotiv, des personnages et des fantasmes de vie répétée dans la mort d’Ainsi vivent les morts. Et si l’on imagine qu’il s’agit de deux fins possibles, on retrouverait ce procédé inauguré par John Fowles, dans ce que d’aucuns considèrent comme le premier roman postmoderne : La Maîtresse du Lieutenant français.

           Peut-être ne restera-t-il de ce remake littéraire que l’écorce d’un style acéré, que le tableau d’une époque. Comme les anciens imitaient si bien Homère ou Virgile, Will Self a su faire courir au mythe une deuxième vie en le dotant d’une étrange interrogation sur le pouvoir de la fiction, pur fantasme ou catharsis à visée philosophique et morale. Immoralité crue et cruelle aussi propre à être appétissante avec la distance de la lecture qu’à servir de repoussoir et finalement encourager son lecteur dans la voie de la vertu. Car les méchants sont ici punis. Mais si l’on considère que le narrateur n’épargne personne, qu’il n’y a pas, même contaminés à leur insu par Dorian, d’innocents, la prédestination au mal et au malheur semble universelle, sans issue, sauf par les joies sadiques de la narration et du langage…

 

           On peut se choquer de l’exhibitionnisme de Will Self, gourmand de drogués poisseux, de veules marionnettes, de pervers clinquants. Clinicien des réalités et irréalités extrêmes du comportement humain, peut-être est-il un voyeur dangereux, montant en épingle des exemples à ne pas suivre. Mais au-delà de l’humour noir, de la satire, n’est-il pas temps de voir en cet écrivain rien moins qu’un moraliste, certes paradoxal, usant de l’inversion et chargeant tant de personnages immoraux pour, en les retournant comme un gant, laisser imaginer la seconde peau d’une autre morale ? Les mondes inversés de Swift où les chevaux parlent et sont plus sensés que les hommes étaient une bonne utopie, une société meilleure proposée en exemple. Mais entre temps, les anti-utopies, Huxley, Orwell, sont passés par là, pour nous montrer le pire sous le masque sidaïque des lendemains qui chantent. Les inversions de Will Self ne sont ni meilleures ni pires, ou juste à peine pire, renvoyant au seul horizon immanent de nos sociétés. Une inversion pour le rire grinçant qui stigmatise une société de la réussite et de la jouissance à tous prix, une inversion pour nous renvoyer notre grisaille existentielle, une inversion pour problèmatiser  notre rapport à autrui et aux mœurs, c’est l’ « idée du plaisir » du texte d’un nouvel et croustillant  immoraliste…

 

Thierry Guinhut

Etude publiée dans L'Atelier du Roman, septembre 2006

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

Les livres de Will Self sont publiés par L’Olivier.

Les titre en anglais sont publiés par Penguin.

1 : Alan Warner : Morvern Callar, Jacqueline Chambon, 1998; Jeff Noon dans Disco Biscuits, Alpha Bleue, 1998 et Douglas Rushkoff: Ecstasy club, Alpha Bleue, 1998, tous auteurs friands de techno, rave et drogues hallucinogènes.

2 : Gallimard, 2000.

3 : L’Olivier, 2000.

4 : Flammarion, 1998.

Photo : T. Guinhut.

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:43

 

Bois Henri IV, La Couarde-sur-mer, Île de Ré. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Robert Marteau : Ecritures,

 

ou le sonnet quotidien.

 

Robert Marteau : Ecritures, Champ Vallon, 304 p, 20 €.

 

 

 

        Bien avant l’ « Ode à un rossignol[1] » de John Keats, les poètes ont cru imiter de leur plume le chant des oiseaux, s’inspirer de leurs ailes pour animer leurs « écritures ». Celles de Robert Marteau, en contradiction avec l’apparent projet poétique contemporain, choisissent l’inactuel sonnet, quoique en conscience de l’exigence de quotidienneté, voire d’attention au banal qui croit aujourd’hui assurer sa légitimité. « Pour sa jubilation vocale », tenant sur le sol et vers le ciel un journal de bord et de promenades poitevines, ce diariste s’applique moins à la description qu’à la traduction du monde de feuillages et de présences qui l’entoure.

 

     Dans la continuité patiente, opiniâtre et assumée d’un précédent recueil, Le Temps ordinaire[2], Robert Marteau marche à l’écoute des oiseaux, tel un modeste Messiaen du sonnet, des arbres et des horizons de campagne. Mais si l’on pouvait craindre les clichés bucoliques, que l’on soit rassuré : l’inspiration se pose sur une herbe, sur une mousse, une salamandre, pour, « Consacrant ses loisirs à la métaphysique », prendre, comme Rilke, son envol en des thèmes cosmiques. Et prendre assise en des convictions chrétiennes : « Dans le jardin clos tu entends le rouge-gorge / Affirmer face au ciel le triomphe du verbe / Révélé. » Mais aussi en des instants satiriques (parfois un peu lourds -sinon viellots-) envers la civilisation contemporaine : « les positivistes / Sont devenus les négateurs ». Pourtant Marteau sait avec retrait cultiver le paysage, non pas dans le projet d’une écologie militante, régressive et hyperbolique, mais dans la simple et nécessaire attention à la nature qui l’entoure et le fait respirer, humainement et poétiquement, son carnet en main sur les chemins :

 

« Mêlée à la mélodie ouverte qu’expulse

La gorge du merle, un épanchement de l’âme

Humaine par le biais d’un piano : bois, cordes

Qu’un clavier meut sous les doigts de qui, interprète,

D’une partition chiffrée induit le souffle

Que contenait le cahier du poète mort,

Plus vif que le vivant le restitue aux sources,

Aux chemins infréquentés sans aucune trace

De qui que ce soit dont il nous arriverait

De côtoyer le corps. Gerbe accueillie où à

Satiété il y a de quoi se nourrir même

Si on sait que la moisson ne suffit pas à

Assouvir la faim quand d’abord on a goûté

Aux confitures dont les anges ont la clé. »

         Que devient le sonnet en cette démarche ? Certes, il a perdu la stricte noblesse de ses deux quatrains et de ses deux tercets séparés par une blanche ponctuation. De même pour ses rimes, comme souvenir d’un retour musical et rythmique obligé trop artificiel. Ne reste, excusez du peu, comme pour ne pas se faire ostensiblement remarquer en sonnet, que le bloc des quatorze vers, que le respect pour le juste alexandrin, vers noble adapté ici à l’humilité de l’écrivain, sans compter le scrupuleux usage de la diérèse. En outre, il n’hésite pas à terminer un vers par « c’est », « dans »  ou « qui », jouant avec un brin d’humour avec la trop régulière scansion. Faux ou vrais sonnets ? Sans oublier de dater chacun d’entre eux, nanti parfois d’un lieu, petite ville ou musée, où « Sonne le sens si les sons résonnent en si- / Lence. »

 

 

       Deux années, 560 sonnets, sans compter ceux des précédents recueils, puisqu’il s’agit du sixième volume d’une longue série : « Liturgie VI, 2001-2002 ». Les 154 de Shakespeare, les 336 de Pétrarque, dépassés, pulvérisés, et cependant fondateurs et inoubliables… Mais qu’importe la quantité, même si quelques poignées peuvent sembler moins nécessaires, une telle application à la mesure de l’observation, du souffle et de l’intensité, vaut bien cette avalanche tranquille qui ne s’est arrêtée qu’au dernier souffle du poète, en 2011 :

 

« Et chacun chante du fond de la nuit pour être

Reconnu de la postérité qui n’est qu’une

Société anonyme au bord du désastre. »

       L’écriture de ces Ecritures tend à vouloir faire oublier qu’il s’agit de poésie, ce en usant du langage de la prose en ces vers. Comme Wordsworth en 1800, il pourrait plaider sa cause : « certains des passages les plus intéressants des meilleurs poèmes sont écrits strictement dans le langage de la prose, pour autant qu’elle soit de qualité[3] ». En ajoutant : « En réponse à ceux qui défendent encore la nécessité d’agrémenter le langage versifié de certaines couleurs de style qui lui permettraient d’atteindre son but (…) peut-être suffira-t-il de faire observer que des poèmes sur des sujets plus humbles et dans un style plus dépouillé et simple que ceux que j’ai visés survivent encore, lesquels poèmes n’ont cessé de procurer du plaisir, d’une génération à l’autre[4]. » Mais, en usant de modestie rhétorique, dans le cadre d’une attention au spectacle quotidien des champs, des bois et de la transcendance, le poète ne risque-t-il pas d’omettre de nous emporter dans une musicalité supérieure, dans des fulgurances langagières décalées et somptueuses ? Le risque est, comme pour de trop nombreux poètes contemporains, de verser dans la continuité de la banalité, dans la quotidienneté langagière de ce qui aurait pu être élagué. Reste au lecteur à picorer sonnets et vers pour que « Quelques gouttes de rosée apaisent sa soif », en décrochant bien des moments éblouissants :

 

« Astronautes, ils avaient invoqué la grâce,

L’art et l’intercession des ombellifères, »

       Comme Corot, puis les impressionnistes, il versifie sur le motif. Lui qui a écrit sur les peintres, Cézanne, Le Brun, sur le Louvre, il est ici plutôt aquarelliste. Loin du romantisme exalté devant la nature sauvage, c’est en au réalisme attentif et sensuel du naturaliste que nous sommes invités. Le sens du détail et de la couleur, de la sensation et de l’émotion, est au service d’un repliement sur l’essentiel. Mais pour y puiser une « louange », une « liturgie[5] ». Celles de chaque identité de vie de la nature autant que du respect d’un regard qui fixe l’éphémère dans le poème ; ce pour le relier à l’universel et au divin, oiseaux et arbres vers le ciel, dans une esthétique presque taoïste : « C’est l’échelle où la Création / Se renouvelle perpétuellement neuve, / Fontaine jouventielle où ce qui est rien / Revit ayant extrait le vide du divin. »

 

       La comparaison avec le Catalogue d’oiseaux d’Olivier Messiaen est alors justifiée. Mais on s’en tiendra à ce vaste cycle de pièces pour piano. C’est déjà une rare louange à offrir aux cendres de Robert Marteau. S’il n’a que parfois atteint dans ses vers la dimension orchestrale fabuleuse du Saint François d’assise du compositeur, peut-être l’a-t-il, dans la fiction de son Dieu, trouvée.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] En 1819. John Keats : Poèmes, L’Imprimerie nationale, 2000, p 371-377.

[2] Champ Vallon, 2009.

[3] William Wordsworth : Préface aux Ballades lyriques, José Corti, 1997, p 74.

[4] Ibidem, p 90.

[5] Pour reprendre deux titres de robert Marteau : Liturgie, Louange, Champ Vallon, 1992 et 1996.

 

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 10:25

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Golden Gate :

le roman californien en sonnets versifiés

de Vikram Seth.

 

 

Vikram Seth : Golden Gate,

traduit de l’anglais (Inde) par Claro, Grasset, 352 p, 20 €.

 

 

 

 

 

Quelle double gageure ! Ecrire, puis traduire un roman en vers… Dans la tradition plus que centenaire des sonnets de Pétrarque, Michel-Ange, Shakespeare, José Maria de Hérédia, ce sans exhaustivité, Vikram Seth vient respecter la forme tout en bousculant avec alacrité la modernité. En quelques centaines de sonnets, le romancier brosse les amours de la Californie des yuppies. Le lecteur contemporain s’attend à quelque chose de compassé, de solennel et d’ennuyeux, bourré des clichés scolaires de l’imitation des genres disparus. Pourtant, la magie narrative et poétique opère au plus vite.

 

Certes, l’écrivain indien Vikram Seth, né en 1952, qui se fit connaître par une immense saga pleine de perspicacité, Un Garçon convenable, publiée en 1995, conçut en 1986 ce premier roman en pensant à un autre roman versifié, icône de la littérature russe : Eugène Onéguine. Comme chez Pouchkine, prosaïsme et élan poétique se mêlent avec finesse dans Golden gate, mais il ne s’agit en rien d’une servile réécriture. Comme chez son modèle, qui contait l’amour contrarié du jeune aristocrate oisif éponyme et de Tatiana, le lyrisme s’empare des aventures de jeunes californiens à la recherche du grand amour au pied de la porte dorée de San Francisco. Mais à partir de là, tout sépare les deux poètes. On croise l’inquiétude et l’enthousiasme d’une jeunesse qui travaille, manifeste contre le nucléaire, cherche l’âme sœur avec force images actualisées: « Et le Dow Jones de mon cœur est au plus bas », ou « Toi seul est le DJ de ton précieux destin ».

 

 

John, « yuppie » employé dans l’informatique, est le personnage moteur au cœur d’un quintette. Janet, son ex, sculptrice, lui concocte une petite annonce (en vers bien sûr) grâce à laquelle il va rencontrer Liz. Les voilà amoureux, « esclaves d’Eros ». Cette dernière a un frère, Ed, qui révèle son homosexualité latente à Phil pour une autre lune de miel. C’est à peu près tout pour l’intrigue. Mais à force de détails attachants et réalistes, d’impressions et de réflexions, ce monde prend chair au point de constituer un portrait fort réussi d’une génération californienne, mais aussi de son humanité. L’humour côtoie le sérieux, le lyrisme omniprésent est à petites touches, parmi mille choses vues (y compris les graffitis autoroutiers), sans que l’ennui pointe jamais son nez froid. L’ironie, douce et parfois cruelle, permet à l’auteur d’éviter une sentimentalité qui aurait pu choir dans la niaiserie. Un clin d’œil au grand genre épique se glisse lorsque le chat de Liz nommé Gengis Khan défend son territoire, tandis que l’iguane d’Ed s’appelle benoitement Schwarzenegger. Le pathétique sourd de manière imprévue à l’occasion d’une pub qui « Vante les attraits du motel Cucaracha: / « Cafards, vous qui entrez, laissez toute espérance » / On dirait la morale de mon existence ! », parodie d’un vers bien connu de la Divine comédie de Dante, au fronton de l’Enfer. La satire s’aiguise à l’occasion d’une soirée qui réunit parents et amis. Imaginez de plus un excès de vitesse versifié, une élégie de Phil à sa femme aimée qui l’a laissé avec son fils, pourtant guigné par une « Militante acharnée dont la cause est la paix »… Un sommet est atteint lorsque Phil et Ed font l’amour et que « l’austère censure » écrase les vers du poète qui doit « remplacer la scène déchaînée / Que j’espérais t’offrir par le présent sonnet ». Un autre est l’annonce de la mort de Janet et d’un couple qui laisse un orphelin au seuil du treizième et dernier chant. C’est entre bonheurs et drames, « familles recomposées » et grossesse heureuse, entre réalisme et poésie que l'art de Vikram Seth joue sa partition :

« C’est le dernier quatuor en ré de Mozart.

Liberté et contrainte : ainsi triomphe l’art !

Ah Mozart, digne prince des compositeurs

Que de miracles tu nous as fait partager

Toi qui mourus ruiné avant que d’être âgé !

Tous les grands de ce monde, empereurs et seigneurs,

Roitelets et videurs, ont fini en rondelles,

Tandis que ta magie nous donne encor des ailes ».

 

Vikram Seth

     

      Si l’on compare avec le sonnet original ci-dessus, l’on saura combien l’alliance de la fidélité nécessaire et de la trahison inventive permet de faire vivre le prosaïsme, la facétie et l’émotion qui anime la poésie de Vikram Seth :

« Le jour se lève et c’est sur un lit inconnu

Que John revient à lui, inondé de soleil.

« Une couette lilas ? Quel rêve saugrenu…

Des motifs bleus, hexagonaux - moi qui m’éveille

Chaque jour des dans draps unis ! et ce plafond :

Le clair rectangle d’un Velux qui se confond

Avec un bout de ciel. Et là, sur mes pieds, qu’est-ce ?

Un chat ! Mon Dieu ! » Son cœur bat à toute vitesse…

Il sursaute alors qu’apparait, en négligé

Négligeable, une Liz épanouie, munie

D’un plateau. Odeur de café, de pain de mie.

Elle remplit sa tasse et l’invite à manger.

Les yeux encor tout embrumés par le sommeil

Et l’amour, ils songent aux baisers de la veille. »

 

      Comme André Markowicz, traduisant en strophes de quatorze vers rimés le chef-d’œuvre de Pouchkine (Actes Sud, 2005), Claro, le titanesque Claro, qui vient de nous offrir (excusez du peu, parmi bien d’autres pavés subtils) le Contre-jour de Pynchon[1], s’est attaché à restituer les 594 sonnets de Vikram Seth en alexandrins rimés. Si l’on n’a pas entre les mains le texte original, on peut néanmoins s’extasier devant la prouesse, devant la légèreté et la gravité mêlées d’un texte fluide, musical et animé. Et comme Vikram Seth a offert la dédicace de ses « sonnets tyranniques » à Timothy Steele en vers, ainsi qu’une biographie express du même souffle, Claro ajoute un sonnet qui est la « Note du traducteur » dans laquelle il justifie son travail, ses libertés avec l’original, non sans préciser : « Mais la langue pour moi est tout sauf un caniche ». Qui sait si Vikram Seth et Claro ne vont pas contribuer à lancer une mode bien rafraîchissante…

Thierry Guinhut

Article paru dans Le Matricule des anges, juin 2009

Une vie d'écriture et de photographie


 

Le Livre des Sonnets, Lemerre, 1874. Photo : T. Guinhut.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 13:39

 

Autoportrait, cabane du Couret, Gazost, Hautes-Pyrénées.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Une vie d'écriture et de photographie.

 

 

 

        Après une maîtrise en Histoire de l'Art Contemporain, Thierry Guinhut devient Agrégé de Lettres Modernes. Critique d'art et de littérature, il a animé une revue et collaboré à Art-Press, Europe, Calamar, La République des Lettres, La Revue des Deux Mondes, Encres Vagabondes, Edelweiss… Aujourd’hui, on lit ses articles et études principalement consacrés aux littératures étrangères dans Le Matricule des Anges et L’Atelier du roman. Il nourrit un blog littéraire et photographique qui réunit également sa réflexion dans les domaine de l'esthétique et de la philosophie politique, dont les articles sont parfois repris par Contrepoints et L'Institut des Libertés et dans des anthologies. Ecrivain, il a publié un roman, Voyages en archipel, et relaté quelques unes de ses expériences de marcheur dans des récits, Le Recours aux monts du Cantal et autres récits en Massif central, et dans Le Passage des sierras et autres récits pyrénéens et espagnols, à paraître. Photographe, il a réalisé des expositions sur les étangs de la Brenne et sur la Montagne noire : journal de marche, en y ajoutant les peintures et collages des triptyques géographiques. Salué par la presse, Le Marais poitevin fut couronné par le Grand prix Hippolyte Bayard de Photographie 1991 et lui valut de figurer parmi les 70 Modern Masters of Right Brain Left Brain Photography (Amphoto, New York, 1994). Après son abécédaire photographique Ré une île en paradis, ses seize semaines de marche photographiques entre Béarn, Bigorre et Aragon, Au coeur des Pyrénées, il fit le portrait du Parc naturel régional du Haut-Languedoc. Suite à ses trente-deux semaines de marche entre Haute Garonne, Ariège et Catalogne, Pyrénées entre Aneto et Canigou ferme un diptyque complet des Pyrénées. Après avoir achevé un vaste roman polymorphe, La République des rêves, ce fut un roman mêlant fantastique, critique sociale et dialogue philosophique : Les Métamorphoses de Vivant. Achevés également le roman Muses Academy, les sonnets d'À une jeune Aphrodite de marbre, alors que La Bibliothèque du meurtrier est en cours d'écriture...

 

Thierry Guinhut, Sevilla, Andalucia, marzo 2010.

 

 

 

 Voyages en archipel, roman, Noël Blandin. 1988

Voyages en archipel

Voyages archipel

 

Ré entre terre et mer, journal et photographies, G .E.R. Rupella, 1988

Re-entre-terre-et-mer.jpg

 

Montagne Noire, journal et photographies, Cimaises et Portiques, 1990

Montagne-Noire-Cimaise-et-Portique--1990.jpg

 

Le Marais poitevin, récit et photographies, Duculot, 1991,

rééd. La Renaissance du Livre, 1998, 2003

Le Marais poitevin

Marais poitevin Couv

 

Montagne Noire, Presses du Languedoc, 1991

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

Montagne Noire OK

 

Le Recours aux monts du Cantal et autre récits en Massif Central, Actes Sud, 1991

Le Recours aux Monts du Cantal

 

 

Ré, une île en paradis, essai et photographies, Patrimoines et Médias, 1995

Ré une île en paradis

IMG 0411

 

 Revue Calamar (article "Retour de l'utopie?" et photo de couverture), hiver 1998/99

 

Au coeur des Pyrénées, entre Anie et Aneto, récit et photographies,

La Renaissance du Livre, 1999

 Au Coeur des Pyrénées

 

Haut-Languedoc, récit et photographies, La Renaissance du Livre, 2000

Haut-Languedoc

Haut Languedoc 2

 

Pyrénées entre Aneto et Canigou, textes et 400 photographies,

Rando-Editions, 2008

Pyrénées entre Aneto et Canigou

Couv-Aneto-Canigou

 

Libres, Collectif La Main invisible, 100 auteurs,

Editions Roguet, 2012 : article Pour une éducation libérale

Libres.jpg

 

Le Phénix renaissant de ses cendres, The Phoenix Rising from the Ashes, Anthologie de sonnets du début du troisième millénaire Friesen Press, 2013 : six sonnets dont quatre d' A une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets-ashes.jpg

 

Libres 2, Collectif La Main invisible, 100 auteurs, 2014 :

Article Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Libres 2

 

Contrepoints. Regards sur la Liberté. Collectif. Libéraux.org, 2014 :

Article Thoreau : le Journal de la désobéissance civile en question

Contrepoinst-Regards-sur-la-liberte.jpg

 

Les Carnets d'Eucharis 2015 :

cinq sonnets d' À une jeune Aphrodite de marbre

 

Paysages écrits 27, juin 2016 :

Trois vies dans la vie d'Heinz M.

I Une année sabbatique, vers libres, fragment 2.

Trois vies dans la vie d'Heinz : Une année sabbatique

 

Méthodes, octobre 2018

Violence biblique et romaine,

terreur révolutionnaire et contemporaine

 

Sonnet autobiographique

Thierry Guinhut : Sonnet peint.

 

 

Thierry Guinhut : Ré une île en paradis, Pyrénées entre Anie et Aneto, Pyrénées entre Aneto et Canigou.

Photo : T. Guinhut.

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Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

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« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

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Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Masques romanesque espagnols face à l'Histoire du franquisme

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manea

La Tanière, La Cinquième impossibilité

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Le Livre des vices privés et politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

De la Famille royale au Grand partout

Guerre et paix en Central Europe

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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