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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 11:08

 

La chute de Phaéton, Villa Borghese, Rome. Photo : Guinhut.

 

 

 

 

 

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal,

 

postérité de Surveiller et punir de Foucault.

 

 

Michel Foucault : Surveiller et punir. Naissance de la prison, Gallimard, 1975.

 

Alain Laurent : En finir avec l'angélisme pénal,

Les Belles Lettres, 130 p, 17,50 €.

 

 

 

       L’angélisme va-t-il rédimer les prisons ? Purger la crasse dégradante des lieux de détention parait être une évidence si l’on considère l’humanité de ceux qui y sont enfermés, à moins que l’on aille jusqu’à réclamer la disparition de ces espaces criminogènes pour les changer en agoras de la socialisation… L’apport considérable de Foucault fut bien de montrer que la prison, comme la folie et la sexualité, avait une histoire, qu’il fallait en établir la généalogie et s’interroger sur les stratégies de pouvoirs normatifs qui la légitiment. Mais pas au point de considérer cet ouvrage savant comme une Bible dont le raisonnement viserait à déconsidérer définitivement l’incarcération, coupable qu’elle est de promiscuité, de condition humaine indigne, de faire lit des crimes à venir… Notre actuelle Garde Sceaux fait-elle preuve de réalisme ou d’angélisme dans son éthique du « surveiller et punir » ? Reprenant à bon droit les thèses de Foucault, ne risque-t-elle de paraître préférer l’humanité du criminel à celle de celui qui a été bafoué dans sa chair et ses biens…

 

       Ainsi, selon Foucault, psychiatrie, morale et prisons seraient tous des moyens de « surveiller et punir ». Leur légitimité serait dévaluée dans le cadre de la tyrannisation du pouvoir et de la négation arbitraire de la liberté des individus. Cependant nul ne doit douter qu’un mécanisme social juste doive mettre les victimes passées, présentes, voire potentielles, à l’abri du délinquant et du criminel.

       Du crime biblique puni sept fois à la loi du talion qui exigeait œil pour œil et dent pour dent, des grecques Furies devenues les Bienveillantes, la surimposition du délit par la peine s’est vue peu à peu humanisée. C’est au XVIIIème que le philosophe des Lumières italien Beccaria[1], pour qui le droit de punir ne va pas au-delà de la nécessité de protéger les citoyens des éléments perturbateurs, sépara la législation criminelle de tout lien avec la religion, préparant la transition de la punition au pardon républicain. Si l’on refuse désormais la peine de mort, qui plus est publique, voire la perpétuité, c’est parce que l’humanisme voit dans tout contrevenant aux biens et à la vie d’autrui, si responsable et pervers soit-il, un être amendable, digne d’approcher la rédemption de la réinsertion morale et sociale. A moins qu’en ce dernier point un angélisme illusoire fasse de tout criminel, qu’il soit psychopathe ou simplement intéressé au crime, dans la naïve perspective rousseauiste, un innocent perpétuel que la société a corrompu…

       Seule la prison alors peut réparer l’homme de ses errances, en le séparant de la société, en le préparant à une seconde vie meilleure. Mais en visitant nos établissements pénitentiaires, souvent immondes, à moins de considérer que l’on n’y vient pas pour de douces festivités, on ne peut que douter de la démarche pédagogique instituée en ces lieux par nos gouvernements et administrations successifs.

 

 

       Connait-on assez les thèses de Michel Foucault en conclusion de son Surveiller et punir, paru en 1975 ? « Les prisons ne diminuent pas le taux de la criminalité (…) La prison provoque la récidive (…) ne peut pas manquer de fabriquer des délinquants (…) rend possible, mieux, elle favorise l’organisation d’un milieu de délinquant, solidaires les uns des autres, hiérarchisés (…) Les conditions qui sont faites aux détenus libérés les condamnent fatalement à la récidive[2] ». Rien de changé donc, trente-huit ans plus tard. Son réquisitoire a-t-il permis que l’on suive ses « sept maximes universelles de la bonne condition pénitentiaire » ? Méditons-les aujourd’hui : « 1. La détention pénale doit donc avoir pour fonction essentielle la transformation de comportement de l’individu (…) 2. Les détenus doivent être isolés ou du moins répartis selon la gravité pénale de leur acte, mais surtout selon leur âge (…) 3. Les peines dont le déroulement doit pouvoir se modifier selon l’individualité des détenus, les résultats qu’on obtient, les progrès et les rechutes (…) 4. Le travail doit être une des pièces essentielles de la transformation  et de la socialisation (…) 5. L’éducation du détenu est de la part de la puissance publique à la fois une précaution indispensable dans l’intérêt de la société et une obligation vis-à-vis du détenu (…) 6. Le régime de la prison doit être, pour une part au moins, contrôlé et  pris en charge par un personnel spécialisé possédant les capacités morales et techniques de veiller à la bonne formation des individus (…) 7. L’emprisonnement doit être suivi de mesures de contrôle et d’assistance jusqu’à la réadaptation définitive de l’ancien détenu[3] ».

       « Réadaptation définitive »… N’est-ce pas une foi digne du plus grand angélisme qui se donne pour vertu de condamner « le pouvoir normalisateur[4] ».  On se demande au passage comment dans un pays offrir du travail au détenu quand socialisme et antilibéralisme ont condamné l’offre de travail pour leurs malheureux citoyens… L’on ne saurait de plus manquer de conseiller aux Français de regarder du côté des Suédois qui en ce domaine, comme dans ceux du chômage et de l’économie sont bien plus performants…

       L’on sait également que Michel Foucault, par ailleurs propagandiste de la révolution iranienne et de bien des causes relevant de l’extrême-gauche, ce dont l’Histoire lui saura gré, espérons-le, avec circonspection, avec une justice plus humaniste que totalitaire, contribua par ses actions militantes à permettre l’entrée de la presse et de la radio dans les cellules, à permettre aux prisonniers de s’exprimer sur les conditions de leur détention. Indéniable progrès humaniste. On a beau avoir commis les pires outrages sur autrui, tant que ce dernier en est protégé, on ne peut réduire le coupable à un état larvaire dans un cachot collectif, sourd et muet.

        Pourtant la prison semble avoir oublié de convier en la sûreté de son asile les innombrables brûleurs de voitures, les auteurs des 200 viols commis par jour qui pourraient concerner une femme sur sept[5]. Ainsi que les caillasseurs, frappeurs, braqueurs, flingueurs et dealers de banlieues, qui interdisent leurs territoires à une police victimisée… Ouvrons donc les yeux sur la surabondance délinquante et criminelle. En effet, en 2011, pour la France métropolitaine, on compte 468012 « atteintes volontaires à l’intégrité physique » (soit 7,49 pour mille habitants), 2146479 « atteintes aux biens » (soit 34,36 pour mille habitants)[6], donc près de sept millions de crimes et délits (sans comprendre ceux strictement financiers)… En simplifiant grossièrement on peut justement imaginer qu’un Français sur dix est coupable et qu’un second est victime en notre République… Si les causes peuvent être psychiatriques, venues des drogues, des antidépresseurs, des intoxications au plomb, la misère sociale compte moins que pourraient l’imaginer ceux qui, pour reprendre les mots pertinents de Chalamov, « comme Victor Hugo ont tout fait pour porter aux nues l’univers des malfaiteurs. Hugo avait l’impression que le monde du crime était une couche de la société qui protestait vigoureusement, résolument et ouvertement, contre l’hypocrisie de l’ordre régnant. » Foucault, comme Hugo, aurait-il « paré la pègre d’une auréole romantique[7] » ?

        Doit-on alors lire sans ironie la déclaration suivante de la Garde des Sceaux.: « La prison de la République doit ressembler à la République, c'est-à-dire respecter  les valeurs de dignité, dans le respect des gens qui y sont détenus et des personnes qui y travaillent[8]. » Considérant qu’une personne sur mille est en état d’incarcération en France, avec une très forte majorité masculine, jeune de surcroît, ce sont 57000 places de prisons en décembre 2012, pourtant bien insuffisantes, pour un objectif de 63000 à venir, peut-être lui-même sous-évalué. Cette république carcérale est alors, en notre territoire, une ville en archipel peuplée de ses détenus et de son personnel, pour ne pas dire comme Soljenitsyne un Archipel du goulag[9], à laquelle on ne peut imposer qu’une dictature éclairée…

      Comment diminuer sans danger cette population ? Notre Garde des Sceaux propose des peines de probation à la place des courtes incarcérations (indemnisation des victimes, formation et recherche d’emploi, sevrage alcoolique et des drogues) suffiront-elles à prévenir la récidive, au lieu de recourir à une incarcération mutilante et coûteuse ? Quel personnel social et éducatif pléthorique faudra-t-il engager pour un résultat aléatoire ? « La prison est nécessaire, mais elle ne peut pas être la seule peine de référence, justement parce qu’elle est créatrice de récidive[10]. », énonce-t-elle. En effet, cinq ans après leur libération, 60% des anciens détenus retrouvent les verrous. A moins qu’il y ait confusion entre la cause et la conséquence ? La dévaluation morale de la sanction et de la punition dans une société qui n’ose plus assumer l’autorité qu’une idéologie soixante-huitarde et post-foucaldienne disqualifia comme fasciste (on connait le phénomène délétère de la reductio ad hitlerum) aboutit à une valorisation du délinquant, du rebelle forcément opprimé par l’insolence et l’oppression capitalistes… Argumentation pour le moins spécieuse qui responsabilise la société pour les crimes commis par ses membres déresponsabilisés.

      Les peines planchers pour les récidivistes, les tribunaux correctionnels pour mineurs sont dans le collimateur de la Garde des Sceaux. Est-ce forcer la main des juges que de leur intimer de ne pas jouer la carte d’une trop généreuse clémence à l’égard des pires crimes, en particuliers ceux des prédateurs sexuels attachés à des enfants ? Faut-il, devant l’impunité des mineurs, abaisser encore l’âge de la majorité pénale, créer de réelles prisons éducatives pour mineurs ?

       Reste, en amont de la prison, la question l’efficacité de la justice. Des peines prononcées avec un long retard au point que le lien de causalité entre délit et peine ne soit plus perceptible, des dossiers mineurs remis ou oubliés, tout cela pose la question du nombre insuffisant des juges. Si l’état et les collectivités locales doivent réduire drastiquement l’embauche de fonctionnaires, la justice est un des rares ministères régaliens à devoir adapter la proportion de ses juges à la population. L’on sait d’ailleurs qu’à population égale, les Allemands disposent de trois fois plus de juges que nous, pour une délinquance par conséquent moindre. Sans compter chez nous la question délicate de leur laxisme devant l’afflux des jeunes délinquants, y compris mineurs, qui se voient gratifiés d’un simple rappel à l’ordre qu’ils traitent par le sarcasme. Et s’ils goûtent à la prison, c’est parfois comme un rite initiatique honorifique, dont ils se glorifient…

       Le mythe de la prison dissuasive vole alors en éclat. Non seulement dégradante par sa saleté et son mépris, par sa promiscuité elle est criminogène, elle est l’école du crime où ses studieux élèves confortent leurs techniques et leurs réseaux, sans compter leur autojustification, leur arrogance, leur radicalisme antisociétal, mafieux, sans oublier la fanatisation religieuse, lorsque l’on sait que (comme c’est le cas au Danemark) plus de 70% des prisonniers sont musulmans, et que l’Islam est la première religion des prisons, probablement assez peu dans une perspective de paix et d’amour…

    Vider les prisons en faveur de peines alternatives, éducatives serait-il de l’ordre de l’angélisme ? De l’impunité institutionnalisée ? Accompagner les sorties de prison d’une prise en charge allant jusqu’à fournir un logement, une formation, voire un emploi, serait-il affreusement discriminatoire envers ceux qui n’enfreignent pas la loi et ont bien autant de mal à s’insérer dans une vie décente, tant le contexte économique est dégradé… Reste la pertinence des bracelets électroniques, peu coûteux, mais seulement tout indiqués pour les délits mineurs et financiers.

       Faut-il voir dans cet exercice de culpabilisation des prisons une surestimation des coupables, qu’ils aient été condamnés, relâchés ou jamais inquiétés, au détriment de la victime abandonnée ? Ce qui ne manquerait pas d’expliquer, voire de justifier l’exaspération autour des propositions de notre Garde des Sceaux… 

      Loin des hystéries et de la paranoïa d’un populisme qui voit le crime à toutes les portes et va jusqu’à réclamer le retour à la peine de mort, l’essayiste Alain Laurent, par ailleurs directeur de la collection « Bibliothèque classique de la liberté » aux Belles Lettres, peaufine une argumentation aussi claire qu’informée. Le versant polémique du titre, En finir avec l’angélisme pénal, n’empêche pas de s’appuyer sur une connaissance des penseurs classiques de la justice et de l’humanisme libéral : Aristote, Erasme, Locke, Kant, Tocqueville, Bergson... Tous, ils fondent la nécessité morale de la punition sur une « éthique de la responsabilité individuelle », sur la « rétribution pénale » du délit, au lieu d’incriminer la société et les conditions socio-économiques, et « au nom du droit de l’homme de vivre en sécurité ».  

 

Laurent-Angelisme-penal.jpg

 

       

La compassion pour le délinquant devient un « irénisme ». A cet « irréalisme », il faut opposer la raison pénale. Hélas « la justice molle », qui rêve de « recycler » le criminel dans la société, qui veut « décriminaliser le crime et criminaliser le châtiment », se heurte au bon souvenir du réel : la récidive et l’insécurité insupportables à l’honnête citoyen. Quand le « laxisme moral » du pénalisme contemporain est une « incitation supplémentaire à la primo-délinquance », la prison juste peut être alors une incitation au respect des lois en société. Il n’empêche que, de toute évidence, Foucault n’est pas oublié par Alain Laurent, lorsqu’il réclame des « prisons décentes et respectueuses de la diversité des détenus ». Quoique notre essayiste lui reproche « l’amalgame entre détenus de droit commun et prisonniers politiques des régimes totalitaires ». Ce qui permet à Alain Laurent de dresser l’archéologie de l’angélisme pénal, ironique réponse au philosophe de « l’archéologie du savoir » : en passant par le mythe du bon sauvage, le sophisme spécieux de la prison intrinsèquement génératrice du crime, la dénonciation du « populisme pénal » et du « tout répressif », la « connotation infamante » tatouée sur le mot « sécuritaire », le rejet de la compassion victimaire, par lequel la victime « se trouve frappée d’illégitimité judiciaire », tout témoigne d’une inversion des valeurs pratiquée par la doxa de gauche. Le despotisme législatif viendrait-il au secours du « criminel despote », pour reprendre les mots de Beccaria…

Reste le souci de la surpopulation carcérale. Qui, comme en Suède, peut être en partie résorbée par « la dépénalisation des crimes sans victimes ni violence ». On imagine qu’Alain Laurent, en bon libéral classique, pense aux trafics de drogues, dont l’activité légalisée viderait une partie des lieux de privation de liberté, pour employer l’euphémisme des magistrats, dont l’angélisme ne nous protège plus des anges du mal. Il termine alors son brillant essai par une allusion à Platon et Juvénal, demandant : « Qui gardera les gardiens ? »

       Que faire ? S’il doit être nécessaire de penser les peines alternatives à la prison pour les délits mineurs ou strictement financiers, ne faut-il pas également repenser la prison ? La construire, aussi bien du point de vue architectural que moral, pour qu’elle trouve une digne dimension ascétique, pour qu’elle soit réellement dissuasive. Tout au moins pour assurer la sécurité et la liberté des victimes passées et potentielles…

       Construire des prisons dignes et sûres, de façon à éradiquer la surpopulation carcérale. Et non pas seulement par l’hasardeuse remise de peine, mais par la réelle adaptation du nombre de cellules au nombre des individus. Au point d’exiger que la prison soit strictement individuelle (c’est d’ailleurs une recommandation européenne), mieux encore solitaire, de façon à éviter les agressions de la promiscuité, ses tares criminogènes, mais aussi de façon à encourager un réel retour sur soi, quoique l’on dise du traumatisme de la solitude…

 

        Se pose le délicat exercice de la prévention de la récidive. Jusqu’où faut-il supposer que le déterminisme violeur et criminel d’un individu le poussera inévitablement à réitérer ses outrages ? Si le droit du citoyen libre est bien d’être à l’abri des exactions prévisibles, il ne s’agit pourtant pas de parvenir à ce paradoxe de la prévention que dépeint Philip K. Dick dans Rapport minoritaire : « Précrime a réduit la criminalité de quatre-vingt-dix-neuf virgule huit pour cent. Le meurtre ou la trahison sont devenus très rares, puisque le coupable sait que nous allons l’enfermer en camp de détention une semaine avant qu’il puisse commettre son crime[11] »

 

Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Cesare Beccaria : Des délits et des peines, Garnier Flammarion, 1991.

[2] Michel Foucault : Surveiller et punir. Naissance de la prison, Gallimard, 1975, p 269 à 272.

[3] Ibidem p 274 et 275.

[4] Ibidem p 311.

[5] Selon Laurent Obertone : La France Orange mécanique, Ring éditions, 2012.

[6] http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/124000180/0000.pdf : link

[7] Varlam Chalamov : Essai sur le monde du crime. Récits de la Kolyma, Verdier, 2003, p 869.

[8] Le Monde, 9 01 2013.

[9] Alexandre Soljenitsyne : L’Archipel du goulag, Seuil, 1974.

[10] Le Parisien, 21 02 2013.

[11] Philip K. Dick : Rapport minoritaireNouvelles (1953-1981), Denoël, 2006, p 350.

 

 

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 07:47

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Anthony Trollope : L'Ange d'Ayala,

 

feuilleton satirique de l’amour.

 

 

Anthony Trollope : L’Ange d’Ayala,

traduit de l’anglais par Béatrice Vierne, L’Herne, 664 p, 23 €.

 

 

 

      On a reproché au prolifique Anthony Trollope (1815-1882) de n’écrire qu’à heures fixes, pour gagner de l’argent, des romans au kilomètre. Pire, on pourrait rejeter d’un revers de mépris L’Ange d’Ayala, roman rose et pavé feuilletonnesque. Grave erreur. Certes Henry James, qui lui rendit hommage, plus grand et plus énigmatique que lui, n’appréciait pas ses interventions intempestives d’auteur jouant avec sa fiction ; mais c’est un des aspects pour nous les plus séduisants de ce Victorien beaucoup plus talentueux qu’il n’y parait. Ce grâce à l’alliance du roman sentimental et de la satire sociale, pour notre plus grand plaisir

 

      Le drame domestique s’installe autour de deux sœurs orphelines : Ayala, la plus jolie, Lucy, plus passable. Recueillies chez leurs oncles et tantes, la première rejoint la richissime famille Tringle, quand la seconde s’installe chez de pauvres bourgeois. Entre le tourbillon des fêtes et des intrigues d’une part, et le morne quotidien d’autre part, « où jamais on n’y lisait un poème », leur destin semble fixé à jamais. Quand des différents poussent Lady Tringle à vouloir faire l’échange des sœurs ! Moment dramatique et facétieux. Evidemment la grande affaire est de trouver un mari : Ayala cherche « son Ange de lumière, même s’il ne devait jamais se manifester en chair et en os ». Malgré les embûches, Lucie est prête à une vie plus terre à terre, avec l’affection de son sculpteur.

      L’argent est une des principales préoccupations du roman réaliste, et la première pour la plupart des protagonistes, sauf ceux qui croient à la vérité de l’amour, à moins d’être fou d’amour au point de boxer leur rival et de finir au poste… Les classes sociales sont compartimentées ; seules la beauté, l’élégance et la répartie d’Ayala, certes cousine d’une famille du plus haut monde, permettent de franchir les barrières, en une sorte d’élitisme rafraichissant. La satire sociale, entre aristocratie et bourgeoisie besogneuse, reste alors bon enfant, non sans profondeur, lorsqu’il s’agit de tenir son rang, d’en être digne, de gagner de l’argent et non de le gaspiller : l’un « porte son arrogance dans ses sourcils et dans sa panse rebondie ». Ce contemporain de Dickens parait plus sucré, plus léger ; reste que le divertissement n’est pas sans enseignement.

 

Le conflit de génération, entre un père soupe au lait, cependant généreux, et ses filles entêtées, voire frondeuses jusqu’à la « sottise » est traité avec vigueur et pénétration, lors de situations hilarantes : Sir Tringle traverse la Manche pour ramener sa cadette enfuie à Ostende avec un soupirant maladroit. Ce qui nous vaut une parodie réaliste et truffée d’ironie, très réussie, de la fuite romanesque et romantique… Mais au-delà, même si tout cela aboutit à une splendide (et parfois plus mitigée) salve de mariages, ne voit-on pas poindre au cœur du XIXème siècle, l’émancipation féminine, les futures suffragettes…

Le délicieux roman-feuilleton du XIX° anglais est rythmé par des titres de chapitre alléchants : « XIII Comment la zizanie s’installa chez les Tringle », « LXII A quel point extrême il l’aimait »… Trollope alterne les destinées croisées, faisant avancer son intrigue aux multiples fils impeccables, narrateur omniscient qui ménage avec entrain ses effets, ses suspenses. Il arrive cependant qu’il ait oublié un prénom ou qu’une lettre fût déchirée et jetée ; qu’importe, le plaisir reste intact. On comprend qu’il fit fureur en son temps. Sans compter son humour, comme lorsque Tom, l’amoureux rejeté, porte « un gilet qui, à lui-seul, aurait été suicidaire ».

 

Le but du roman, comme le propose Trollope, qui fut également voyageur et autobiographe, est-il d’« établir une concorde universelle » ? A travers les dimensions sociale et psychologique, la résolution de situations complexes, par la fluidité du récit et de l’empathie avec les personnages, il peut servir de manuel de savoir-vivre, de guide moral, dans un monde victorien qui ne doit pas être dépourvu de « charme intellectuel »…

 

Thierry Guinhut

Article publié dans Le Matricule des Anges, juillet-août 2013

Une vie d'écriture et de photographie

 

Photo : T. Guinhut

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 16:43

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

La faillite du communisme cubain.

 

par Roberto Ampuero et Reinaldo Arenas :

 

Quand nous étions révolutionnaires ;

 

La Couleur de l'été.

 

 

 

Roberto Ampuero : Quand nous étions révolutionnaires,

traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet, JC Lattès, 496 p, 22,90 €.

 

Reinaldo Arenas : La Couleur de l’été,

traduit de l’espagnol (Cuba) par Liliane Hasson, Mille et une nuits, 576 p, 25 €.

 

 

 

 

 

Trop souvent, on a présenté le castrisme comme une espérance opprimée par le blocus des Etats-Unis. Voici, par le Chilien Roberto Ampuero, né en 1953 et par ailleurs auteur de romans policiers, une charge irréfutable et bienvenue contre le communisme cubain, un rare document, efficace, édifiant, moins élégiaque que satirique : Quand nous étions révolutionnaires. En un double « désenchantement », amoureux et politique, le second domine et rend irremplaçables ces pages autobiographiques. Quand à Reinaldo Arenas, lui Cubain, le voici préférant la satire grandguignolesque de La Couleur de l'été.

 

Jeune Chilien communiste balayé par la dictature infecte de Pinochet - qui d’ailleurs n’a fait que remplacer celle déjà bien mûre d’Allende - l'alter ego de Roberto Ampuero parvient à fuir son pays. Pour l’Allemagne de l’est d’abord, où quelques doutes au-devant de l’autre côté du mur de Berlin commencent à effleurer sa foi idéologique. Soudain amoureux de Margarita, belle Cubaine aux yeux verts, il la suit dans son île caraïbe pour l’épouser. Sous les yeux protecteurs de son beau-père, Cienfuegos, grand officier de Castro et assassin sans remords d’opposants et de traitres, il est sommé de participer à la construction du socialisme. Ce en quoi Margarita n’a aucun doute : « A ses yeux de fonctionnaire, la Révolution était parfaite, sans tache, et elle était persuadée qu’elle habitait le meilleur des mondes possibles, attribuant les limites du processus à l’embargo américain. » Mais au contraire de sa femme qui devient un pilier du régime, il découvre censure et médiocrité intellectuelle, mensonge, pauvreté, terreur, sans compter les privilèges éhontés des dignitaires castristes.

Cuba, grâce à Fidel et ses sbires, est en effet devenue terre de rationnement, de geôles immondes et d’absence de toute liberté politique. « La pauvreté dans laquelle se débattaient les gens depuis le triomphe de la Révolution était inexplicable et parfois effrayante », dit-il, avant d’en avoir découvert l’explication, qui tient en un seul concept : une économie dirigée par les idéologues incultes du parti communiste, en un mot, par Castro lui-même. Ce qui n’est pas sans contribuer au déboulonnage du mythe Che Guevara, meurtrier sanguinaire de surcroit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rejeté, divorcé de force et privé de son fils, le narrateur, remué par sa vocation d’écrivain, devient l’ami d’un poète dissident menacé d’être condamné pour l’ « avoir détourné du chemin révolutionnaire ». Les travaux alimentaires de traduction, mais aussi agricoles et collectifs harassants, les péripéties idéologiques et picaresques s’enchaînent avec le soin d’un réel conteur, aux notations aussi précises que colorées, qui n’omet pas les aventures érotiques : « Un spasme profond nous unit dans la pénombre parfumée de la forêt de La Havane ». Ainsi, l’écriture est sensuelle, contrastée, à l’image des touffeurs de la politique et de la nature, de ses habitants, tyranniques ou tyrannisés. Désabusé, lisant cependant « les romans interdits », il travaille à fuir cette île-prison qu’il est obligé de comparer sans ambigüité avec la dictature de Pinochet : rêvant des Etats-Unis, y parviendra-t-il grâce à une barque cachée, ou en retrouvant officiellement, quoiqu’en rusant, l’Allemagne de l’Est ?

 

Autobiographie, ou « roman autobiographique » (où « tout souvenir est fiction »), ce « genre le plus subversif qui soit, et le plus détesté par les dictatures », tel que le qualifie son auteur ? S’il lui a été nécessaire de changer les noms des personnages pour raison de sécurité, dissuadant ainsi de « brutales représailles », le parcours de ce narrateur nostalgique de la démocratie chilienne est bien le sien, précieux témoignage personnel et tableau exemplaire de la tyrannie castriste, d’ailleurs salué à sa juste valeur par Mario Vargas Llosa qui se fait  son préfacier. En ce récit aux riches péripéties, à l’exacte observation et analyse, presque sans faute, Roberto Ampuero, « interdit de séjour à Cuba », ne va cependant pas au bout de son raisonnement : alors qu’il n’a pas pensé à remettre en question le communisme d’Allende, lui faut-il ou non préférer le capitalisme libéral ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Romancier carnavalesque et d’avant garde, esprit critique impénitent et homosexuel, voilà en quelques mots le portrait du Cubain Reinaldo Arenas (1943- 1990). Ainsi fiché, on ne s’étonnera pas que le régime castriste le conspue comme un dangereux contre-révolutionnaire, le traque, puis l’emprisonne. Exilé aux Etats-Unis, jusqu’à ce qu’il meure du sida, il dirigeait sans cesse les armes de l’écriture contre cette dictature infâme. Parmi la quinzaine de livres publiés en français, La Couleur de l’été reste le plus énorme, le plus ambitieux et le plus abouti. Apparemment désarticulé, protéiforme, voilà un opus monstrueux, démentiel et magnifique. Sous couvert d’acte théâtral, de poèmes, de nouvelles et de « conférences » prononcées par d’autres écrivains cubains (Lezama Lima ou Virgilio Pinera) il s’agit d’un immense tableau satirique de la dictature de Fidel Castro, figuré sous les traits burlesques du « superenculeur » Fifo, « recevant l’œuvre de mâle de Che Guevara ». Quarante ans de tyrannie et « les Sept merveilles du socialisme cubain » ont réduit le peuple à la famine alors qu’il doit louer liberté et abondance… L’évasion est impossible, y compris sur un rafiot. Et si l’on rongeait la base de l’île entière pour qu’elle vogue à la rencontre du monde libre ? L’entreprise est, faute de pouvoir s’entendre, vouée à l’échec : l’île sombre sous les revendications nationalistes, les « trépignements ». Démesurément obscène, scatologique, c’est aussi un roman prodigieusement cultivé, un sommet du baroque contemporain. On ne ratera pas « L’éloge de Fidel Castro » en appendice, éloge paradoxal et ironique bien sûr. Esprits sérieux et adorateurs de la révolution cubaine sont priés de s’abstenir d’ouvrir un tel ouvrage blasphématoire…

 

Thierry Guinhut

La partie sur Ampuro est parue dans Le Matricule des anges, septembre 2013,

celle sur Arenas, avril 2007.

Une vie d'écriture et de photographie

 

Rue Clerc, VII°, Paris. Photo : T. Guinhut.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 07:49

 

Vitoria-Gasteiz, Pais Vasco. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

 

Alan Bennett : La Reine des lectrices

 

ou de l’horrible danger de la lecture.

 

 

Alan Bennett : La Reine des lectrices,

traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Pierre Ménard,

Denoël, 176 p, 12€ ; Folio, 4,40 €.

 

 

 

 

 

Qu’irait faire la Reine d’Angleterre dans un bibliobus ? Seulement y suivre ses chiens emportés par une banale indignation. La politesse voudra qu’elle s’en excuse et qu’elle emprunte un livre, elle que « la lecture n’avait jamais beaucoup intéressée ». Ainsi commence un conte, dont l’humour léger va cependant jusqu’à la qualité d’un apologue. Au point qu’Alan Bennett pourrait marcher dans les traces de Voltaire…

 

Etre reine, c’est remplir une fonction, suivre une étiquette ; eh bien, imaginez vous que cette étiquette va être mise à mal. La soudaine passion de la lecture va la conduire à bouleverser son comportement, à choquer son entourage, voire le pays entier. N’ira-t-elle pas jusqu’à demander son avis au Président de la République Française, bien embarrassé, au cours d’une réception officielle, sur le sulfureux et homosexuel Jean Genet ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       Grâce à Norman, jeune client du bibliobus et employé à la cuisine du palais, elle s’initie au monde des livres en de féconds dialogues. Le voilà qui passe de la vaisselle à l’emploi officiel de « Tabellion », ou assistant littéraire de sa Majesté. Elle découvre avec stupeur les œuvres des auteurs qu’elle a croisés, s’étonne d’apprendre que le service de sécurité a fait exploser un volume laissé dans le carrosse : « une véritable bombe pour l’imagination ». Bien que sur le tard (elle approche les 80 ans), elle lit en toute occasion et voit sa vision du monde considérablement évoluer. Au point que les tomes de Proust soient « aussi appétissants que les gâteaux de chez Fuller». Evidemment, une sourde réprobation l’entoure. Et, jalousé, le pauvre Norman se verra écarté. Quant à la Reine, on la soupçonne d’être atteinte de « la maladie d’Alzheimer » au prétexte qu’elle prend sans cesse des notes. Ecrirait-elle à son tour un livre ? C’est ainsi qu’elle parvient à « découvrir » sa vie et agir enfin. Son discours final d’abdication, qui est aussi le point de départ de sa carrière littéraire, est aussi surprenant qu’hilarant.

 

Fort connu en Grande Bretagne, pour ses romans, pièces de théâtre et séries télés, Alan Bennet signe ici une satire aigre douce et un éloge de la lecture qui nous montre tout ce que nous avons à gagner non seulement en connaissances, en ouverture au monde, mais aussi en humanité, en ouvrant les bons livres. Dont, bien sûr, on n’exceptera pas cet habile petit conte philosophique qui n’est pas si loin de ceux des auteurs des Lumières. Ainsi notre ironiste préféré, Voltaire, dans « De l’horrible danger de la lecture[1] », imagina un « Mouphti du Saint-Empire ottoman » qui défendit de « jamais lire aucun livre ». En effet, « Il se pourrait que de misérables philosophes, sous le prétexte spécieux, mais punissable, d’éclairer les hommes et les rendre meilleurs, viendraient nous enseigner des vertus dangereuses dont le peuple ne doit jamais avoir connaissance. » Il est évident qu’on n’y verra pas la moindre allusion à la libéralité intellectuelle de nombre de nos concitoyens, voire de régimes politiques et de cultures religieuses de notre temps…

 

Thierry Guinhut

A partir d'un article paru dans Le Matricule des anges, juillet-août 2009

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Voltaire : « De l’horrible danger de la lecture », Mélanges, Pléiade, Gallimard, 1995, p 713-714.

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:55

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Trois peintres, sonnets :

 

Tàpies, Titien, Rothko.

 

 

 

 

I Tàpies

 

Graffiti, fœtus, croix, linges d’ocre et de feu,

Corps lacérés dans la terre, viandes, vieux sang,

Flèches et doigts de pourpre, empreintes et pigments,

Sont autant de stèles aux absences des dieux.

 

Comme carte mentale et cerveau écrasé,

Tes toiles, vanités, tes thorax, sont linceuls,

Où marelles de lettres sont crayons abrasés,

Où brosses et pinceaux sont sauvage écureuil.

 

Tu es ta signature et ton autoportrait,

Cher Antoni brunâtre aux mains de goudron frais,

Crabouilleur insolent et poète hirondelle…

 

Comme calligraphiant tes trainées d’aquarelle,

Tes sables et ton bistre où sèche et pleut le roux,

Tu sais, Tàpies, l’art laid, sa délicieuse boue.

 

 

Tapies-Cruz-y-tierra--1975.jpg

Tàpies : Cruz y tierra, 1975.

 

 

 

II Titien

 

La Vierge marche sur les dallages du beau,

Parmi d’immenses, transcendants, cumulus clairs ;

Des Christs souffrent, des Amours et des angelots

Rient où flamboient des allégories sévères.

 

Vénus, l’amour sacré, l’amour profane nu,

La bacchanale des corps, léopards émus,

Elèvent le cristal rouge de la passion,

Parmi des bleus ciels d’orage et d’annonciation…

 

Violante au blond de feu, splendeur en sentinelle,

Reste vibrante, méditative et sensuelle,

Un homme au gant regarde la pensée rêver ;

 

Flora, les yeux soie, seins pudiques, lèvre ourlée,

Fleurs du toucher, vit en platonicien visage :

Peuple d’amis choisis de l’esthète et du sage.

 

 

Titien : Bacchus et Ariane, 1523.

 

 

 

III Rothko

 

Nage sereine et jour dans la baie de ton rouge,

Etreinte, vibration et fibrilles d’ocelles,

Vaste artère carmin et plage d’étincelles,

Matité de papillon pur où l’esprit bouge.

 

Ton jaune ! Pollen, œuf ouvert, citron et miel,

Dont je vêts paupières, pupilles et peau nue,

Versant sur mon sexe et intellect ce soleil

D’eau, Ariel de joie, abeilles de paix et vue.

 

Tout un bleuté lointain, mers du sud d’assomption,

Sont aux Alpes d’iris, supplice du beau,

Couette de soins et luminescence, évasion…

 

Or, puis-je m’oublier dans l’art, son nirvana,

Absent à soi, neurones poudrés en ses bras,

A moins d’être don, pleurs et couleurs de Rothko ?

 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Voir : Trois Requiems, sonnets : Selma Meerbraum, Ossip Mandelstam, Malala Yousafzai

 

Rothko, 1952.

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 17:56

 

Ange de bois peint XVII°. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Cher Big Brother :

 

George Orwell et Edward Snowden

 

au Prism américain et français.

 

 

 

Cher Big Brother,

 

Cher Big Brother, qui me lis au travers du programme Prism de la NSA, collectant les milliards d’informations circulant sur internet, parmi nos mails, no téléphones, nos messages, nos réseaux sociaux, viens coller la ventouse de ton oreille affamée sur ces mots. Imposant à chaque serveur de communications d’ouvrir ses portes, ses canaux, ses réseaux et ses archives à ton intrusive auscultation, peut-être même me lis-tu avant que cette page soit publiée, à chaque naissance des caractères sur mon clavier, voire en mon cortex, en ma Muse. Et vous aussi lecteur, « Big Brother vous regarde[1] ». Est-ce un hasard si un nom a la même initiale que celle d’Orwell, pour vérifier la véracité de son anticipation, pour réifier la conclusion autrefois romanesque et aujourd’hui réelle selon laquelle Orwell et Obama aiment Big Brother. Et selon laquelle chacun d’entre nous devra peut-être répéter avec la plus intime conviction les derniers mots de 1984 d’Orwell : « La lutte était terminée. Il avait emporté la victoire sur lui-même. Il aimait Big Brother[2] ».

 

Pour l’heure Edward Snowden, ex employé de la CIA et de la NSA (National Security Agency) qui a révélé au monde cette forfaiture totalitaire, n’aime pas encore Big Brother, il est provisoirement libre, ou à peu près, quelque part en Russie. Ce qui ne manque pas d’un certain sel d’ironie si l’on se souvient de la guerre froide, du monstre soviétique et communiste opposé à cet ex continent de la liberté, les Etats-Unis.

La signification de l’acronyme, ou plutôt nom de code, PRISM nous reste inconnue. A moins qu’il s’agisse du prisme du regard intrusif. Jeté sur les fonts baptismaux par l’administration Bush pour lutter contre le terrorisme, dans le cadre du « Patriot Act » et suite à l’attentat du 11 septembre, il fut renforcé par le premier Président noir et prix Nobel de la Paix. Jusqu’à ce que la NSA emploie à son service 55000 personnes, avec un budget annuel de plus de dix milliards de dollars. S’est-il assuré la main mise sur Microsoft, Google, Apple, Facebook, malgré leurs démentis ? Pour reprendre George Orwell : « Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu’elle surveillait tout le monde, constamment[3] ». Comment ne pas voir dans cette violation régulière de la vie privée une violation, sinon de la lettre, du moins de l’esprit, du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression ?

 

Cher Big Brother français, qui siége à la DGSE, cette émanation de notre Etat qui sait si bien prospérer en « ogre philanthropique[4] », stockes-tu tous nos mots de passe ? Est-ce bien dans le « salon de lecture » de ta « Piscine », grâce à ton millier ou deux d’employés fascinés par le « télécran » orwellien, tes satellites et tes puces branchées sur les fibres optiques, que tu croises et enregistres nos conversations, nos courriels, nos sites et blogs, nos Facebook et Twitter ? Te limiterais-tu à chercher à savoir qui communique avec qui ? Avant d’installer de plus précises écoutes téléphoniques, des filatures… Dans quelle mesure la loi naturelle, loi seule légitime, au côté d’un vide juridique qui en ce domaine n’encadre aucun usage, sans compter la dignité des citoyens, est-elle ainsi bafouée ?

On ne doute pas, cher Grand Frère français que tu uses de ces moyens précieux pour traquer, outre le crime et le terrorisme, le blanchiment d’argent et la fraude fiscale. Est-ce ajouter cette arme à la panoplie socialiste qui serre le cordon de l’étranglement fiscal autour de notre enfer d’impôts et de taxes ? Peut-on imaginer que tu t’en serviras pour contraindre la liberté d’expression politique, alors qu’au pays de l’ironie de Voltaire, auteur oublié de Mahomet ou le fanatisme et du Traité sur la tolérance, elle est déjà bien mise à mal par ta police et tes tribunaux…

 

 

Faut-il alors, cher Big Brother, que nous sombrions dans la paranoïa ? La connaissance du problème est cependant déjà un chemin vers une éventuelle solution… Pourquoi ne pas imaginer que chaque citoyen puisse avoir accès aux informations stockées à son sujet, qu’elles aient une rapide obsolescence programmée ; mieux, qu’elles ne soient espionnées et prélevées que de manière cryptée, de façon à ce que puisse n’en surgir que ce qu’en prévoira un cadre législatif sécuritaire précis et strictement attaché à la criminalité et plus particulièrement au terrorisme. Ainsi, la surveillance et l’enregistrement des données doivent-elles moins compter que la prudence et la justesse du législateur. Saura-t-il jusqu’où doivent servir les données récoltées, à quelle fragile limite se heurter ?

Comment comprendre que des organismes policiers et dévolus à la sécurité publique se soient chargé de la violation de la vie privée de tout un chacun ? Nous sommes en effet coincés entre deux impératifs catégoriques : la protection des personnes et des bien garantie par l’état et la police (même s’il n’est guère sûr qu’ils en soient complétement capables, ni qu’ils puissent nécessairement être les seuls détenteurs de ce devoir), et d’autre part la liberté et la discrétion réservées aux vies publiques et a fortiori privées. Que la police puisse avoir les devoirs et moyens de traquer les terroristes dès lors qu’ils fomentent des attentats terroristes, soit. Encore qu’il faille se demander si l’on n’approche pas là de ce que Philip K Dick, dans Rapport minoritaire avait subodoré : « Précrime a réduit la criminalité de 99,8%. Le meurtre ou la trahison sont devenus très rares, puisque le coupable sait que nous allons l’enfermer en camp de détention une semaine avant qu’il puisse commettre son crime[5] ». Reste que l’impétrant terroriste n’a pas encore fait exploser sa bombe et qu’il faut s’appuyer sur des délits d’association de malfaiteurs, de menace sur la sécurité de l’Etat, des personnes et des biens. L’inconvénient juridique est bien connu : non seulement on emprisonne l’innocent du crime qu’il n’a pas encore commis et l’on peut manipuler des armes sans jamais assassiner un ministre. Reste que voulons impérativement être protégés du terrorisme, y compris par un dôme de surveillance communicationnelle…

Quant à celui qui ne sera jamais un terroriste, il est puni sans même l’ombre de la virtualité criminelle, puisqu’y compris sans le savoir il est épié, enregistré, fiché, qui sait dans quelle perspective d’un délit d’opinion, propos racistes et discriminatoires, souvent stupides ou anodins, parfois rationnels en ce qui concerne une réflexion discriminatoire. Voire de délits d’expression que la loi n’a pas encore prévus…

 

Mais peut-être avons-nous eu la naïveté de confier en toute quiétude les secrets de nos vies à nos IPhones, la rigueur ou la folie de nos argumentations politiques à nos blogs. Valait-il mieux choisir, n’en doutons pas, ces fabuleux déploiements de liberté, ou le « recours aux forêts[6] » du fugitif, comme le préconisait Ernst Jünger, le recours aux malles de fer bourrées de livres imprimées, de carnets manuscrits, cachées dans des sous-sols, des granges lointaines, parmi des rochers montagneux…

 

On devine alors pourquoi, chez Orwell, Big Brother est à l’origine du « Novlangue ». L’hypersurveillance des communications trouve en effet son corollaire dans la traque du langage. Comment y échapper sinon en adoptant une langue nouvelle et vide, conventionnelle et politiquement correcte ? « Ne voyez-vous pas que le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer[7]. » Pour beaucoup en effet, et pour l’Etat-Léviathan anthropophage qui ne saurait avaler une penser de travers, le crime par la pensée vaut pour terrorisme conceptuel. En ce sens, « La liberté c’est l’esclavage[8] ».

 

Ainsi l’état est devenu, au-delà du Léviathan, un Big Brother sans paupière qui ne dort jamais, dont les flashs rétiniens ininterrompus sont d’incessants spams, cookies et pishings, non plus commerciaux, mais politiques, policiers et judicaires. Sa bienveillance sécuritaire voudrait nous faire taire qu’elle n’agirait plus insidieusement. Il faut alors un courage titanesque à un modeste individu comme Edward Snowden pour se dresser seul contre le projet d’hégémonie planétaire du Big Brother communicationnel…

L’Etat comme « hyperutérus imaginaire pour des enfants politiques[9] », selon Sloterdijk, se veut à la fois nourricier et vampire, passant en 1918 de 9% du PBI français à 56 % en 2013. Son cordon ombilical inarrachable relie tous les citoyens par une vascularisation pléthorique en forme de poulpe, le sustentant de salaires, de subventions et d’aides sociales, l’épuisant par une ponction fiscale et taxatoire complexe et ramifiée, le surveillant enfin en restant hyperinformé du moindre battement de cœur, de la moindre activité neuronale. Au-dessus du citoyen infantilisé, règne « l’homme d’état comme chirurgien des peuples[10] », prêt à légitimement retirer du grand corps malade de la société les épines infectées du terrorisme, sans qu’il ait le courage de nous immuniser contre les bactéries délétères d’un Islam fanatique, sexiste et liberticide. La thérapie en serait alors en grande partie inefficace. Reste que le geste intrusif du thérapeute ne doit pas lobotomiser la liberté individuelle libérale, ni étaler sous le microscope antibiotique d’Etat l’intimité des individus. Nul doute que la raison d’état a accouché d’une folie. A la « société ouverte » se sont opposés deux « ennemis[11] », l’islamofaschisme et le PRISM qui devait le combattre. Des alliés objectifs ?

 

En conséquence, cher Big Brother, nous attendons justice : qu’Edward Snowden, nouvel Orwell et antidote à la tyrannie, soit reçu en invité précieux à la Maison blanche et à L’Elysée, qu’il soit de droit citoyen d’honneur des Etats-Unis et de l’humanité…

Cher George Orwell, tu comprendras très certainement mon ironie littéraire, mon amertume libérale et ma fragile jubilation intellectuelle. Tu me pardonneras de te secouer dans ta tombe, de te consoler en reconnaissant tes qualités prospectives et spéculatives. Mais de te rassurer puisque ce texte peut encore paraître, cette lettre encore être entendue, même si la modestie de ce site lui assure l’impunité de la presque invisibilité. Ou bien me tairai-je ? Fermera-t-on mon site, ma connexion, qu’elle soit internet ou neuronale ? Comme Winston, le malheureux héros rebelle, puis anti-héros définitif et niaisement heureux d’Orwell, aimerai-je Big Brother ?

Cher Edward Snowden, tu as mon amitié.

Votre attentionné Thierry Guinhut

Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

[1] George Orwell : 1984, Club Français du Livre, 1956, p 12.

[2] George Orwell, ibidem p 316.

[3] George Orwell, ibidem p 13.

[4] Carlos Fuentes : La Volonté et la fortune, Gallimard, 2013, p 281.

[5] Philip K. Dick : Nouvelles, tome 2, Denoël, 2006, p 350.

[6] Ernst Jünger : Le Recours aux forêts, Christian Bourgois, 1981.

[7] George Orwell, ibidem, p 62.

[8] George Orwell, ibidem, p 14.

[9] Peter Sloterdijk : Dans le même bateau, Rivages, 1997, p 40.

[10] Peter Sloterdijk, ibidem, p 41.

[11] Allusion au titre de Karl Popper : La Société ouverte et ses ennemis, Seuil, 1979.

 

Orwell-1984.jpgOrwell 1984 Illustré

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 16:52

 

Feuille de noisetier, bois d'Orgeix, Ariège. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Mark Z. Danielewski : La Maison des feuilles,

 

ou l'ébouriffant labyrinthe romanesque du fantastique.

 

 

Mark Z. Danielewski : La Maison des feuilles,

traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claro,

712 p, 29 €, 2002, réédition 2013.

 

 

 

 

       Dans la tradition totalement dévastée et revivifiée de Poe et de Lovecraft, les soupçons et séductions du cauchemar nous prennent par la main jusqu'en une perdition existentielle. Grâce à l'artifice classique du manuscrit retrouvé, qui plus est dans l'appartement d'un mort, nous voici entraînés dans le commentaire d'un film pour le moins étrange et lacunaire. Dans une « maison » inqualifiable. Et dans un roman plus labyrinthique que la spirale intérieure d'un coquillage aux dimensions insoupçonnées : celles de l'univers.

 

       Johnny Errand, le narrateur initial de La Maison des feuilles[1], est un apprenti tatoueur un tantinet délirant qui découvre chez un vieil aveugle décédé, nommé Zampano, un manuscrit surprenant. Il s'agit d'un essai prolixe autour du « Navidson record », un film qui est l'objet central et obsessionnel de la curiosité de tous... Ce dernier narre l'emménagement d'une famille, puis sa perplexité, sa terreur devant les propriétés inédites de la « maison ». Le jeune Will Navidson est un photoreporter voyageur qui s'est marié avec Karen, belle ex-mannequin. De cette union sont nés deux enfants. Les bonheurs apparemment prévisibles liés à l'installation dans leur nouveau foyer parmi les campagnes de Virginie vont bientôt se fissurer devant l'obstination de Navidson à découvrir ce quelque chose qui cloche : en effet, la maison a des dimensions intérieures qui excèdent d'un rien celles extérieures. Est-ce possible ? On se fait géomètre, épiant chaque détail architectural, jusqu'à ce qu'une porte imprévue s'ouvre, découvrant un sombre couloir que l'on ne résiste pas explorer. Las, sa démesure dépasse les forces de l'aventurier en herbe qui a manqué s'égarer, qui doit, à l'aide d'explorateurs professionnels, se charger d'un impressionnant matériel de spéléologie pour dérober les secrets vides de ces pentes, de ces puits et tourbillons. C'est alors que le monstrueux dédale de la maison se creuse de nouvelles chambres noires, d'aventures épuisantes qui déchirent le couple, de folies intestines, voire d'abîmes meurtriers...

       Chargé d'énigmes irrésolues, de références bouillonnantes et d'analyses prolixes, le roman se déploie en quelque sorte à l'identique de l'objet de sa narration, de par sa typographie, sa mise en page. Ainsi, parmi la prolifération des notes de bas de page, cette abondance de la critique cinématographique, littéraire, et philosophique (on y croise par exemple Derrida et Stephen King) qui boursoufle avec gourmandise, voire cannibalisme, le volume, peut être lue comme une tentative d'investigation des contenus et d’un sens aporétique -à la fois du film, de la maison et du livre-, mais aussi comme une satire assez réjouissante de la critique universitaire. De plus, autour de cet arachnéen récit emboîté, se tisse l'histoire fragmentée du lecteur Johnny, qui, bien sûr, est un reflet biaisé de notre propre lecture. Sa paranoïa est-elle causée par l'abus de substances psychédéliques ou par ce manuscrit omnivore qu'il travaille à éditer ? Ou encore par son désir exacerbé pour une strip-teaseuse ? Quant à sa mère, Pelafina, qui est garée dans un institut psychiatrique, on en saura un peu plus sur son labyrinthe intérieur et sa relation confuse à son fils en lisant Les Lettres de Pelafina[2], retranchées du vaste roman et publiées de manière indépendante.

       Sans compter Tom, le frère de Navidson qui se sacrifie pour sauver la fille de ce dernier, (Daisy faillit être avalée par la maison), un personnage crucial du roman est l'explorateur Holloway que s'adjoint Navidson. Acculé par le bruit des profondeurs, il sombre dans la folie, trucide un de ses compagnons, pour enfin se suicider devant l'effroi de la perte de tous repères... Comme le capitaine Achab de Melville, il a échoué devant sa baleine blanche : La Maison des feuilles peut en effet être lue comme un nouveau Moby Dick, non plus marin, mais terrien, chtonien, quoique plus encore terriblement métaphysique. Car l'adversaire de cette épique entreprise est totalement inconnaissable, une sorte de présence du vide, de trou blanc, envers et au-delà des trous noirs du cosmos qui nous fait et nous détruit.

 

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       A l'intertextualité explicite qui phagocyte les notes, s'ajoute une intertextualité implicite, parmi lesquelles, il n'est pas toujours évident de démêler le vrai du faux. Il est rapidement évident que la cécité de l'écrivain Zampano puisse être une allusion au légendaire aède aveugle : Homère lui-même, comme pour appuyer la dimension épique de cette inégale lutte avec l'ange qu'est le combat sanglant contre la perverse maison. Celui qui paraît porter un nom de cirque fellinien a l'étrange particularité d'avoir eu sept amantes, chiffre mystique s'il en est, de plus aux prénoms empruntés aux sept lignes de défense de la bataille de Diên Biên Phù où il perdit la vue, métaphore supplémentaire de cette prédatrice maison des feuilles.

 

      Plus vertigineuse qu'un dessin d'Escher, évidemment associée au labyrinthe et à son Minotaure, cette « maison » (mot toujours imprimée en bleu) se multiplie en elle-même sans jamais dépasser par l'extérieur, comme un inépuisable cerveau. Nantie d'un couloir qui défie les lois de l'architecture, de la géologie et du fantastique, la maison prend la forme des désirs, des angoisses et des phobies des personnages. L'événement est un « viol spatial » autant qu'un viol mental : « la maison tout entière est une incarnation physique des affres mentales de Navidson ». Sauf que bâtie en 1720, elle a eu « 0,37 propriétaires par an, la plupart traumatisés ».

       La tradition du fantastique et de l'horreur, dans laquelle s'inscrit Danielewski, entre trois  grands Américains du genre, d'Henry James à Stephen King, en passant par Lovecraft, trouve ici une acmé exceptionnelle. « Est-ce possible ? » se demandent tous les auteurs et lecteurs de ces récits et romans inquiétants. C'est ainsi que Todorov[3] définit le genre : « Le fantastique, c'est l'hésitation éprouvée par une être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel ». Entre rationnel et irrationnel, il s'agit plus de donner une forme à nos interrogations scientifiques irrésolues, à nos questionnements métaphysiques, plus de figurer nos peurs, que de représenter le réel. Sans compter le plaisir de s'adonner aux spéculations de l'imaginaire, à la construction du vertige, comme le conçoivent les espaces intérieurs du cerveau de Danielewski.

       En cette maison, nous sommes à la lisière de deux des thèmes du fantastique tels que les définit Roger Caillois[4] : La demeure hantée, bien sûr, dans la continuité du roman gothique du XVIII°, depuis Le Château d'Otrante[5], mais aussi, non pas comme le propose cet essayiste, « la maison, la rue effacée de l'espace [6]», mais au contraire, en un subtil renversement, la maison qui se creuse et s'agrandit jusqu'à l'inconnaissable. Cet univers en expansion, mais vers l'intérieur, car rien de cet infini ne dépasse ni dehors ni dessous, est une sorte d'astrophysique aussi irrationnelle que fascinante, comme si la peau des choses était retournée. Une sorte de bruit de fond périodique, parmi « l'antichambre », le « grand hall » ou « l'escalier en spirale » ajoute alors à la dimension cosmologique. Peut-on imaginer que cette perspective architecturale interne et sans cesse changeante, où la boussole ne parle plus, soit une image de la nouvelle science, une sorte de figuration métaphorique de la physique quantique soudain parvenue à notre échelle pour y perturber notre perception du monde, une déclinaison de la théorie des cordes, de ces univers parallèles, tels que les postulent des physiciens comme Stephen Hawking…

       La problématique de la représentation innerve le roman en son entier. Qu’elle soit réalité, image filmique, dessins traumatiques des enfants Chad et Daisy, ou mots qui sont sous nos yeux, la maison est finalement irreprésentable : « A certains égards, le distillat de crayon et de pastel laissé par les mains de deux enfants rend mieux compte de l’horreur qui habite cette maison que tout ce qu’a pu restituer la pellicule ou la bande magnétique ». Ce qui n’est pas sans conséquence sur la démesure et la déconstruction derridienne qu’affecte la forme du livre tel qu’il est publié.

      En effet, feuilles du livre et arborescences de l'esprit concourent à faire de ce roman postmoderne un exploit typographique autant que conceptuel. Les notes, les blancs des pages de plus en plus désertées, puis repeuplées de signes, les polices de caractères qui permettent de  repérer les différents narrateurs, les encadrés et ratures, les annexes et l'index, les commentaires parfois boulimiques, voire les essais et récits surajoutés, les bibliographies souvent fictives paraissent devoir laisser le lecteur perplexe, quoiqu'il se sente rapidement séduit, conquis, envoûté jusqu'à l'addiction fabuleuse, de l'ordre de cette « horreur délicieuse » dont parle Burke dans son Essai sur le sublime[7]. En particulier lors de cette descente vertigineuse dans le blanc omnivore des pages où les mots finissent par être mutilés, par disparaître, au moment de la pire intrusion et implosion douloureuse au plus profond du secret et abyssal tunnel de la maison dont la couleur gris cendre affecte la rétine, la perception et la raison.

        Mais c'est aussi, à travers le couple Navidson et ses enfants, une attendrissante et pathétique histoire d'amour familiale, d'autant que Karen se révèle bientôt claustrophobe, ce qui est bien sûr abondamment commenté. A la suite de l'ouverture du couloir, son intense appétit sexuel s'éteint. Sans compter, dans les notes parfois prolixes, entremêlant essai et passages narratifs, de Johnny, son amour intensément lyrique, voire mystique pour la rousse strip-teaseuse nommée « Pan-pan », ses expériences érotiques avec Tatiana et post-linguistique avec la belle Kyrie : « frissons et tremblements et tout au fond de sa gorge un millier de lettres s'écrasant en une chute non modulée », métaphore de la chute de la maison qui n'est plus celle d'Usher, mise en scène par Poe...

          Et, que ce soit dans le récit ou dans les notes, les plus ou moins dévorantes bribes d'essai contribuent à faire de ce livre, au-delà du roman d'aventure, psychologique et métaphysique, un objet littéraire en même temps que métalittéraire ; il se commente en même temps qu'il se fait, en même temps qu'il est sur la voie de l'édition, tout cela dans une mise en abyme généralisée. On sait d'ailleurs que Danielewski, suite à douze ans d'écriture, ayant un mal fou à accéder à la publication, a dû avoir recours à internet, où son texte acquit un statut d'objet culte auprès de quelques aficionados, avant de pouvoir convaincre un éditeur new-yorkais de le publier à deux mille exemplaires. Nul doute qu'il ait eu le temps de s'interroger sur les affres de la création, sur la justice discutable des dieux vides et tutélaires de l'édition...

          Hélas, nous sommes bien moins conquis devant la difficulté auquel nous nous heurtons à la parution du second roman de Danielewski : O Révolutions[8] qui juxtapose les récits de deux héros -se lisant à l'endroit et/ou à l'envers-, dans lequel les adolescents Sam et Hailey sillonnent les points chauds de l'Histoire de l'Amérique, tout cela au moyen d'un éparpillement de paragraphes faits de courtes phrases saccadées, ce qui peut laisser le lecteur dubitatif ; à moins que nous n'ayons pas perçu le bien-fondé de l'entreprise...

 

          Mieux vaut alors revenir à La Maison des feuilles, chef-d'œuvre indubitable. En ce roman fascinant, inoubliable, voire obsédant, coexiste une narration à toute première vue anodine, cependant bouleversante, déstabilisatrice, et l'avalanche d'innombrables strates culturelles : La Divine comédie de Dante, le Minotaure, la nymphe Echo... et fourmillant d'interprétations et de surinterprétations. Le plus étonnant est que la complexité postmoderne du roman expérimental bourré jusqu'à la gueule de richesses pléthoriques et sans cesse troué de blancs, passe par un suspense haletant, par une légèreté narrative, une lecture aussi aisée que l'aventure est angoissante, que les perspectives intellectuelles sont ébouriffantes. Un grand roman de la littérature mondiale est né pour longtemps. Vite, réveillez Borges du tombeau : il va adorer...

 

Thierry Guinhut

 Thierry Guinhut: une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claro, 712 p, Denoël, 2002.

[2] Denoël, 2003.

[3] Tzvetan Todorov : Introduction à la littérature fantastique, Seuil, 1970, p 29.

[4] Dans la préface de son Anthologie du fantastique, Club français du Livre, 1958.

[5] Horace Walpole : Le Château d'Otrante, Club français du Livre, 1964.

[6] Roger Caillois, Anthologie du fantastique, Club français du Livre, 1958, p 10.

[7] Edmund Burke : Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau, Vrin, 2009, p 227.

[8] Denoël, 2007.

 

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 17:00

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Martin Amis : Lionel Asbo,

 

l'état de l'Angleterre délinquante.  

 

 

Martin Amis : Lionel Asbo, l'état de l'Angleterre,

traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Bernard Tule,

Gallimard, 384 p, 21 €.

 

 

 

Les contes de fées ne récompensent pas toujours les enfants sages. Pire, ils tombent sur la tête bénie des affreux. Tel Lionel Asbo, 24 ans de délinquance, de prison et de crimes parfois impunis, ce nouvel anti-héros déjà fameux du romancier Martin Amis. N’ayons pas peur des mots : le personnage est un plouc vulgaire, un « grand asocial », frimeur, inculte et fier de l’être, sauf « en droit criminel », aussi violent et machiste que ses pitbulls nourris au Tabasco. Pourtant, comble d’injustice du sort, parmi tant de quidam de la planète terre, c’est à lui qu’échoit le gros lot : « cent quarante millions de livres sterling » ! C'est ainsi qu'est lancé le roman du fric, de la voyoucratie et des destins croisés au fond du maëlstrom de l'Angleterre délinquante...

 

Lionel est un père, voire une mère de substitution pour son neveu Desmond, abrégé en « Dès ». Mais le premier abhorre l’intelligence, quand le second a un « Arbre de la connaissance personnel ». Le roman offre alors une belle image contrariée de la filiation. Cependant, lorsque, comme cet « anti-père », on a le mal dans la peau, peut-on transmettre son contraire ? Si le parcours du roman d’éducation dans le roman qu’est l’histoire de Dès est proche du sans faute, il est pourtant entaché d’un péché originel : il devient, un temps, l’amant incestueux de sa jeune mamie. Ce dont un autre jeune homme sera soupçonné par le vindicatif Asbo, qui l’enlève et probablement le tue. La modeste part de complicité de Dès dans l’affaire n’est-elle que comptable au titre de l’irrésistible influence et autorité de Lionel ? Pourtant l’adolescent saura, lors d’années pas toujours sereines, alors qu’il doit continuer de veiller sur les chiens meurtriers de son mentor, évoluer vers le meilleur : des études réussies, un métier de journaliste, une fiancée charmante, puis une enfant qui autorise tous les espoirs. Quand Lionel et la sulfureuse poétesse Threnody (« la Jézabel du X et l’Idiot de Diston ») forment un couple modèle (« la covergirl courage et son pote patriote ») qui n’aboutira qu’à une fausse couche. Ainsi, reflets et contre-reflets, échos et antithèses balisent la construction en miroir inversé, pas si naïve, de ce récit étonnamment efficace…

 

 

La satire des mœurs, avilis par le délitement moral de la racaille, se double de celle de la presse à scandale, à l’affut des frasques de celui qui met le feu à son hôtel et boxe plus souvent qu’à son tour, presse accrochée aux basques de ce chéri de la fortune qu’elle épingle en « Taré du Tirage », en « Détraqué du Quarté » : c’est « l’affolement médiatique autour du Voyou du Loto ». Son nom est d’ailleurs un acronyme grinçant : Asbo signifiant « Anti-Social Behaviour Orders », allusion aux ordonnances gouvernementales contre les comportements délinquants. Pour le « crétin du Mégaflouze », « Les signes extérieurs de richesse ne sont qu’un rappel constant de sa nullité ». Il loge en un hôtel d’hyper luxe, « où la clientèle type était riche et célèbre ; aucun de ses membres n’était devenu l’un et l’autre grâce à son intelligence » ; coup de patte cinglant jeté aux nouveaux riches.

 

 

Voici une synthèse romanesque réussie de la misère sociale et de l’amoral égoïsme de l’Angleterre, certes abusive s’il s’agissait d’une allégorie du pays entier. Dans laquelle on appréciera les métaphores ludiques, clinquantes, dévastatrices de l’écrivain : « le soleil bien planté dans le ciel, comme une punaise dorée » ; un garçon ressemble à « une pizza à l’acné », l’autre a « le visage sous un manteau de sueur ». La plus sale pornographie, c’est « quand un zoo viole un aquarium »… Ainsi, ce roman est, conceptuellement, stylistiquement, l’un des meilleurs de Martin Amis ; au-delà de baisses de régime, comme la récente Veuve enceinte ou les nouvelles d’Eau lourde, dont le manque de conviction et de concision déçurent. Il retrouve l’excellence de L’Information et de Poupées crevées, mais aussi la dimension programmatique de son recueil d’essais : Guerre au cliché.

 

Satiriste patenté du fric, démiurge des villes désœuvrées, il veut, comme Dès, son jeune héros, « l’unique poème » et « le cosmos de l’universalité ». En faisant de ses deux personnages, sans manichéisme excessif, le parangon du mal, de la pulsion violente, et l’espérance du mérite, du bien, peut-être Martin Amis, romancier vigoureux entre roman picaresque et roman d'éducation, y a-t-il réussi…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Article publié dans Le Matricule des Anges, juin 2013

 

Voir : Réussir Martin Amis

 

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 17:12

 

Emmaüs Prahecq, Deux-Sèvres. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

L’art laid de la guerre

 

ou

 

Honni soit qui Syrie pense !

 

 

 

 

 

 

Il y a, décidément, au creux de la testostérone de l’humanité un goût pour la guerre et la tyrannie. Mais aussi, ce qui n’échappera pas au lecteur de ce mince article, une vanité pitoyable à vouloir raisonner de toute sa hauteur sur les destinées des guerres présentes et à venir. La lecture de Thucydide, de Sun Tzu, de Clausewitz et de milliers de pages d’actualités et d’opinions ne protègeront pas de la méconnaissance et de l’erreur, surtout prospectives. Il faut cependant tenter de penser l’art et les laideurs de la guerre, qu’elles soient simples rodomontades, ou actions et exactions sur le terrain ; pour l’heure syrien, moyen-oriental, sinon mondial. Honni soit qui Syrie pense ! Car à force d’y chercher le camp du bien, l’on risque fort de s’y lourdement tromper…

 

Quel bal des hypocrites ! La guerre ne serait sale que lorsqu’elle use d’armes non conventionnelles, interdites par la Convention de Genève. Pourquoi les gaz seraient-ils plus infâmes, moins nobles, que le fer et le feu ? Essentiellement parce que les vainqueurs, à moins de vouloir se parer d’une robe d’humanisme en tentant de protéger les femmes et les enfants qui ne sont pas censés demeurer sur le terrain de la guerre, quoiqu’ils y soient invariablement soumis, savent trop bien la volatilité de l’arme que le caprice des vents peut renvoyer vers l’émetteur, selon le principe de l’arroseur arrosé.

Certes, les guerres contemporaines, lorsqu’elles sont menées par quelques démocraties occidentales, ont vu en leur sein et leurs conséquences un réel progrès humanitaire : les frappes dites « chirurgicales », les drones ciblés, l’injonction au respect de l’ennemi, jusque dans une armée américaine capable de s’autoflageller, de condamner ses agents lorsqu’ils se conduisent en tortionnaires, épargnent une part croissante de la population. Mais seulement dans le cadre d’une conscience borgne. L’agent Orange versé sur les forêts du Vietnam par les Américains fit 400 000 morts, sans compter les malformations. Et pourtant ces guerriers ont failli dans leur mission impossible : rendre la liberté à ceux agressés par le communisme, comme ils étaient parvenus à le faire en Corée du Sud. Comme quoi un motif noble et juste ne préjuge pas de la sale laideur de la guerre ; et de son échec.

Une centaine de milliers de morts en Syrie dans le cadre d’une guerre civile ; et c’est seulement lorsque peu de milliers meurent sous les gaz qu’il faudrait se mobiliser ! L’indignation est bien sélective. Mais à moins de mettre un pur soldat de l’ONU derrière chaque paire de bras syrienne de plus de quinze ans et de sexe masculin (et encore…), sans compter les infiltrés jihadistes venus de nations voisines, voire lointaines, la cause est probablement perdue.

Comment choisir entre un dictateur socialiste criminel contre sa propre humanité et un peuple de rares révoltés démocrates et libéraux (cette dernière catégorie étant encore plus rares), de nombreux idéologues, plus ou moins fondamentalistes, salafistes et Frères musulmans, sans compter les pléthoriques jeunes désœuvrés que le goût de la poudre et du sang surexcite, le doigt en érection sur la kalachnikov… Pire, qu’espérer de l’immémoriale détestation entre Chiites et Sunnites, venue d’une pitoyable querelle de succession dans la famille du prophète coranique ? Que penser alors du sort des Chrétiens, coincés entre l’enclume d’Assad et la faux du croissant, victimes expiatoires du jihadisme et du ressentiment, victimes outrageusement oubliées de l’aire arabe entière…

S’il pouvait paraître loisible, sinon judicieux, d’éradiquer un dictateur de la face de la terre, un Saddam Hussein, un Kadhafi, donc un Bachar Al-Assad, on n’est certainement pas confiant en la capacité de peuples que la culture de la démocratie libérale n’a guère irrigués à les remplacer par de plus humanistes régimes. Hélas, la tyrannie, plus ou moins torride, d’un seul homme, d’un seul parti, d’un seul clan, risque de n’être que petit lait devant celle d’un peuple entier contre lui-même, en particulier contre ses femmes, y compris consentantes, peuple agité par les ataviques structures claniques  éprises de conflits et par le démon de l’islam politique, 

Faut-il alors à l’Occident s’en mêler ? Incarner le bien contre l’Assad du mal ? Surtout, faites la guerre, mais avec un couteau propre ! Si chef suprême syrien a bien utilisé un gaz mortel contres ses rebelles, il est probable que ces derniers aient pu l’utilisé de même, contre lui, contre leur propre population, pour pouvoir mieux l’en accuser. Aurait-on là d’ailleurs retrouvé ces « armes de destruction massive » que Washington feignit de ne pas trouver en Irak, alors que Saddam en avait généreusement usé contre ses propres Kurdes ? Ainsi choisir un camp relève-t-il de la gageure, de l’idéalisme niais, à moins qu’il s’agisse d’un calcul politique…

Comment comprendre en effet que Paris, après avoir chassé les djihadistes du Mali, aille leur prêter main forte en Syrie ? La figure du dictateur meurtrier est-elle si haïssable, les yeux grands fermés sur l’abomination de ceux qui œuvrent à le renverser ? Mais, dans le cas malien, il s’agissait moins d’aider un pauvre pays en déliquescence, pas trop tyrannique, de trop facilement chasser une pincée de terroristes abjects, que de protéger les intérêts africains de la France, en particulier la proximité des mines d’uranium d’Areva au Niger. Ne vaudrait-il pas mieux d’ailleurs, pour un hexagone qui n’en a plus les moyens, abandonner toute présence en Afrique, son relent de néocolonialisme, vendre ces mines aux Chinois et acheter l’uranium au prix du marché…

Quant à rétablir la démocratie, la paix et la liberté en Syrie, on sait combien l’occident y a échoué en Afghanistan, en Irak, en Lybie. Il y échouera donc en Syrie ; sacrifiant des soldats (qu’heureusement il n’est guère question d’envoyer), des matériels militaires et des aides humanitaires détournées par des mafias locales, quoique l’envoi de tenues de protections, d’antidotes au gaz sarin soient d’excellentes initiatives. Pensons combien Le palais de l’Elysée est incapable de rétablir cette même paix, sécurité et liberté à Marseille, dans nos banlieues délinquantes et chariaisées, et il voudrait apparaître en chevalier blanc lavant le linge sale d’une poudrière enclavée dans les rets de conflits d’intérêts et d’idéologies du Moyen-Orient, voire du monde entier !

En effet, entre le scorpion chiite iranien et la vipère saoudienne d’une part, la menace russe qui bénéficie d’une base navale sur la côte syrienne et les velléités américaines de mettre un terme aux exactions du maître de Damas d’autre part, sans compter la poudrière libanaise et le coin israélien, cette seule démocratie réelle au succès économiques avérés, qui blesse en majesté la susceptibilité arabe, il faut craindre la réaction en chaîne. En conséquence, un égoïsme nécessaire, et peut-être une sagesse olympienne, devraient nous ordonner ne pas mettre la main, pas si propre, guère immunisée, dans le panier de crabes syrien et moyen-oriental. Il ne nous restera plus qu’une pieuse et laïque pensée pour tous les innocents sacrifiés que nous ne pouvons aider à leur juste mesure. En particulier, puisqu’il faut user d’une judicieuse discrimination, tous ces chrétiens que nous pourrions être inspirés de recueillir, en une immigration bien moins dangereuse que d’autres, comme ces Coptes d’Egypte, hélas si maltraités, quoiqu’il faudrait s’assurer que chez nous ils abandonnent cette coutume d’une barbarie inouïe : l’excision.

 

 

L’on sait, mais pas assez, que les gouvernements aux abois, incapables d’assurer l’équilibre économique et libéral de leur pays, se rabattent sur les faits d’armes, qu’ils espèrent devenir des hauts faits, pour racheter leur impéritie. Ainsi le fascisme argentin envoya ses troupes sur les Malouines, heureusement taclé par Madame Thatcher, ce qui contribua d’ailleurs à assurer la chute des militaires de Buenos Aires. Ainsi, la France, à demie ruinée, agita l’étendard du mirage en envoyant les Rafales bombarder Kadhafi. L’affaire, pour des raisons géostratégiques (il n’y avait pas grand monde pour soutenir le Richard III des sables) était certes moins risquée qu’aujourd’hui. Le Président Sarkozy réglait ainsi une vieille rancune, lorsque pour des raisons économiques il avait été forcé de recevoir les tentes luxueuses du dictateur, par ailleurs complice actif du terrorisme, sur les jardins de l’Elysée. Un infâme tyran est tombé, soit ; mais l’on ne sache pas que la Lybie s’en soit relevée, infiltrée qu’elle est par le fondamentalisme, les guérillas claniques, et les jihadistes qui ont essaimé au Mali et ailleurs. Mali provisoirement débarrassé par la geste du Président Hollande (qui voudrait dépasser Sarkozy en ses hauts faits d’armes) de ses derniers, mais sans la moindre assurance de pérennité et de paix, à moins de placer un soldat français derrière chaque grain de sable saharien, derrière chaque motte de terre sahélienne. Sans que l’on sache encore si, à long terme, le ressentiment terroriste ne frappera pas la France. Non qu’il ne faille pas lutter contre ce dernier. Mais, encore une fois, assainissons notre territoire avant de prétendre gendarmer la planète aux côtés des Américains, pas toujours mieux armés que nous en ce domaine. Et dont certains inclinent à penser que le Moyen-Orient et ses conflagrations barbares, ses printemps arabes qui courent vers des étés à quarante degrés, ne sont plus qu’une zone sale et perfide, qu’il vaudrait mieux abandonner à ses démons, en lui préférant les économies émergentes, d’autres marchés pétroliers, son propre développement, y compris de gaz de schistes.

 

En combattant Assad, la France voudrait-elle faire allégeance à l’Islam, pour s’assurer son indulgence, bien illusoire ? Graisser la patte de l’Arabie Saoudite et du Qatar, alliés et instigateurs de la rébellion djihadiste en Syrie, qui n’accorderont aucune clémence aux infidèles, laïcs et athées, et préféreront le couteau déterminé de l’Islam conquérant ? Se positionner dans le cadre des géostratégies énergétiques en cours, lorsque des gazoducs venus de la péninsule arabique seront en concurrence avec les immenses champs pétrolifères et gaziers sous-marins, entre Syrie, Chypre et Israël, ce dans le contexte de l’affrontement des intérêts russes et américains ?  Ou encourager cette industrie de l’armement qui est un pilier économique français, en graissant la patte des pétromonarchies elles-mêmes clientes ? Il ne faudrait pas mécontenter le Qatar, aux investissements pharaoniques et religieusement prosélytes en notre hexagone…

  En effet, hors la vanité d’incarner la splendeur du bien, les mobiles, y compris peu ragoutants, sont nombreux, y compris lorsqu’il s’agit de lécher le talon d’islam qui en France vote à gauche avant de vous écraser. C’est ainsi qu’honni soit qui Syrie pense… N’y pas penser serait peu charitable, quoique la pensée n’ait aucun effet sur ceux à qui l’on pense. Penser en gesticulant sans rien y faire ne servirait qu’une abjecte bonne conscience, à peine repentante. Penser et agir serait-il assuré d’autre chose que de la satisfaction morale sans effets, voire aux effets discordants et pire que les maux à curer ? Des frappes ciblées (sans pouvoir annihiler les armes chimiques) et symboliques sur le régime, les matériels et les sbires d’Assad, pour s’attirer l’ire de Poutine et la détermination réactive farouche des Alaouites et des Chiites qui s’estiment incompris par un Occident honni ? Une zone d’exclusion aérienne ? Des livraisons militaires ? Tout ce trop et ce presque rien pour que l’explosion civile qui tente de balayer le régime y substitue une collection de guérillas entre factions rebelles, exponentielles et contagieuses hors des frontières syriennes ; mieux, un djihadisme vainqueur ? Précipiter la Syrie de Charybde en Scylla ? Serait-ce réellement protéger les civils, lorsque s’efface la distinction entre civils et militaires ? Tout cela, qui plus est, sans l’aval de L’ONU et de son conseil de sécurité qui autorisa les frappes de l’OTAN sur la Lybie en 2011, mais qui saura se prémunir du véto russe et chinois ; pire encore, sans l’aval de la Ligue arabe ? Et pour que l’Occident, qu’il vaudra mieux taxer d’indifférence, de pusillanimité, apparaisse comme un chien dans un jeu de quilles, un agresseur indu…

 

Il faut hélas avec réalisme s’en accommoder et s’en prémunir : l’homme, voire la femme, aime la guerre. Pour le plaisir de la sueur et du sang, pour la satisfaction d’une volonté de puissance, d’une libido dominandi, d’une exacerbation virile de l’honneur. Et s’il ne la fait pas lui-même, comme les chefs d’état et leurs parlements abrités par les ors de leurs palais, ces derniers y envoient leurs soldats sacrifiés ; ou, tout du moins, si l’opinion consent à renâcler, ils se contentent d’une gesticulation oratoire viriloïde, idéaliste et autosatisfaite, aux frais du contribuable qui n’en peut mais.

Certes le personnage de Poutine, dangereux sécateur des libertés, devient de plus en plus autocratique et postsovétique, allant jusqu’à réhabiliter Staline. Certes, il a lui-même utilisé les armes chimiques contre les Tchétchènes ; et livré des stocks au régime syrien. A ce triste personnage, allié intéressé d’Assad, auquel il n’a pas su conseiller le dialogue au début du conflit syrien, à ce complice d’un écrasement, il faut pourtant reconnaître une salutaire absence totale de naïveté envers l’islam politique et ses séides, dont il connait trop l’activisme sur ses marches caucasiennes. Un cynique dirait qu’il vaut mieux lui laisser la manipulation des braises, plutôt que de tenter d’éteindre ce foyer dont les doses létales parcourent à des degrés divers tous les pays arabes, sans compter l’Occident qui en accueille l’immigration…

 

La guerre est-elle un art ? Il faut alors se demander, dans une démarche également éthique, si l’art peut être cruel. Comme une belle partie d’échec, mais, de plus, avec une conjonction de la stratégie et de la nécessité humaniste. N’y résistent que les guerres nécessaires et moralement justifiables : se défendre contre les tyrannies, comme lorsque La Fayette vint contribuer à l’indépendance et à la justesse de la constitution des Etats-Unis. Service d’ailleurs rendu lorsque les Nazis ne furent chassés d’Europe qu’avec l’aide américaine. Art éthique en ce cas et cependant forcément laid, contraignant la liberté individuelle à abdiquer devant le dilemme discutable entre raison d’état et raison politique juste. Art laid de dommages collatéraux et de bombardements iniques sur Dresde et Hiroshima, dont les conséquences vont jusqu’à Guantanamo, jusqu’aux cercueils drapés de tricolore au retour d’une veille perdue contre le terrorisme taliban dont il faut se désengager. Veille pourtant peut-être nécessaire comme l’est la veille de la civilisation contre la barbarie. Comme la neutralité suisse, armée autant d’une saine économie que des moyens d’une guerre de défense, comme la force d’Israël, malgré d’inévitables et lourdes maladresses… Art à réinventer pour que le seul ennemi de la guerre soit la guerre elle-même.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Photo : T. Guinhut.

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 10:12

 

Hotel Tierra de Biescas, Alto Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Carlos Fuentes : La Volonté et la fortune,

 

réalisme magique et roman philosophique.

 

 

Carlos Fuentes : La Volonté et la fortune,

traduit de l’espagnol (Mexique) par Vanessa Capieu, Gallimard, 528 p, 24,90 €.

 

 

 

 

Choisir son narrateur parait aller de soi. Il ou je s’impose, venu d’une évidence inconsciente ou fermement déterminée. Narrateur interne au récit ou vague déité plus ou moins en retrait, il n’est guère courant qu’il soit posthume, pourtant ainsi parfaitement apte à dérouler une vie. Mieux, Carlos Fuentes (1928-2012) a élu, en son roman La Volonté et la fortune, une tête coupée flottant sur les eaux du Pacifique pour narratrice. Elle appartint à Josué qui, au moyen de cette bouche irréparablement séparée de son corps, raconte toute son existence, brève, et néanmoins d’autant plus riche qu’elle est le miroir des destins et du Mexique.

 

C’est à vingt-sept ans, à la suite de coups de machette, que Josué Nadal est devenu une tête d’Orphée parlant sur les eaux. Comme le bon millier de décapités par an que compte un Mexique violent et criminel, il est le chantre et le témoin de son pays autant que de sa propre biographie, à la lisière du réalisme le plus cru et d’un fantastique halluciné. Ce en quoi nous retrouvons ce réalisme magique qui fit les grandes heures de deux des romans les plus vastes, les plus ébouriffants de Carlos Fuentes : Terra Nostra et Christophe et son œuf.

Les allusions mythologiques et bibliques parcourent et structurent le récit. Non par artifice gratuit, mais parce ces dernières sont parmi les invariants signifiants de nos destins. Ainsi, Josué forme avec son ami Jéricho un duo surnommé « Castor et Pollux », avant de devenir des « Caïn et Abel ». Pourquoi ? Ils sont lycéens, unis dans leur passion pour la culture, ils lisent tous les deux Saint-Augustin et Nietzsche, sous la bienveillante tutelle du Père Philopater, substitut paternel et professeur de philosophie, mais aussi tous deux orphelins venus de familles absentes, quoique tutélaires. Josué, par exemple, vit sous la garde d’une autoritaire servante, qui laisse sa place à une infirmière venue soigner par le repos les premières éjaculations de son « caleçon », avant de lui offrir l’éducation de son beau corps et de disparaitre. Le roman-feuilleton, à la marge du thriller, laisse dans une ombre mystérieuse son ascendance alors qu’elle commet un laconique homme de loi pour lui verser de suffisants émoluments…

Deux frères spirituels, autant en lectures qu’en bordel, peuvent-ils devenir des frères ennemis ? Josué étudie le droit, sous l’autorité initiatique d’un autre père spirituel, le professeur de droit international Sanginés. Son stage pratique a lieu parmi la sordide et effrayante prison de San Juan de Aragon, occasion de dénoncer les effarantes conditions de détention, dont des enfants. Plus tard, Jéricho, nommé assistant présidentiel, ira découvrir les ors du palais de l’état, quand Josué deviendra un proche collaborateur de Max Monroy, magnat des télécommunications. En deux miroirs opposés, si pour Jéricho « la politique est l’ultime recours de l’intelligence », Josué choisit avec Max Monroy l’économie, le développement des télécommunications au service du peuple des pauvres ; ou, plus exactement, Sanginés choisit pour eux.

Des personnages fascinants et effrayants balisent le récit : Miguel Aparecido, un assassin qui se refuse à sortir du cachot, de peur de se laisser aller au parricide ; Lucha Zapata est une « polytoxicomane », dont le nom programmatique montre bien que la lutte révolutionnaire est une drogue addictive, hallucinatoire et meurtrière. Ainsi, frayant parmi les sphères du pouvoir, Jéricho fomente bientôt la cause clandestine et risquée de la révolution. Illusion que ne partage pas Josué. Le couple désassemblé est alors le reflet des fractures internes et politiques de la population et de l’Amérique latine.

 

 

Sans cesse, les structures et motifs binaires structurent, innervent et opposent le puzzle du roman et le Mexique. La « volonté » est celle du personnage volontaire et libre, croit-il, de son destin, quand la « fortune » est à entendre en ses deux sens : hasard et  chance, mais aussi abondance d’argent, comme ces chèques anonymes que reçoivent les deux protagonistes, dont l’origine est, qui sait, bénéfique ou maléfique. Comme le père d’Errol, un camarade des deux compères, qui tira sa fortune, certes des meubles qu’il fabriqua, mais surtout des bordels qu’il exploita. Plus loin, c’est une splendide et dangereuse femme de pouvoir -et pivot de l’intrigue- Asunta Jordan, qui, aiguisant les convoitises amoureuses et sexuelles des deux jeunes gens, contribue à leur bifurcation inéluctable et délétère. « Volonté » politique et « fortune » économique sont les deux faces jumelles des sociétés, quand l’autoritaire Saint-Augustin et Nietzsche, chantre de la liberté intellectuelle et morale, figurent les deux extrêmes de la pensée. De même, la prison est un enfer « dantesque » opposée à l’utopie d’un pouvoir politique et économique juste.

 

Faute de suffisante liberté économique et de réelle autorité de l’état régalien, le Mexique, cette « Narconation », navigue entre tyrannie étatique (on connait son Parti Révolutionnaire Institutionnel, longtemps au pouvoir), clientélisme et pléthore de corruption et de criminalité. Faussement généreux, « l’Etat est un monstre philanthropique ». En conséquence, « l’état est une œuvre d’art jalouse, ennemie de l’individu libre et du pouvoir économique ». Ce pourquoi les deux héros d’abord presque jumeaux du roman bifurquent l’un vers la traitrise et le délire révolutionnaire avorté, pour Jéricho, l’autre vers la confiance dans un libéralisme économique prometteur, pour Josué. On ne peut alors qu’être surpris par la perspicacité de l’analyse d’un auteur au crépuscule de sa vie, qui, à quatre-vingts ans, balayant l’impéritie du pouvoir présidentiel, brosse des perspectives de consommation, d’éducation et d’entreprenariat, grâce, entre autres, au portable destiné aux pauvres, créé et diffusé par Max Monroy.

Nous laisserons au lecteur découvrir comment et pourquoi Josué fut décapité, quelle toile d’araignée bienveillante fut tressée par Sanginés, quel rôle vilainement machiavélique joue enfin la belle héritière Asunta, « Médée jalouse » et « Gorgone du pouvoir ». Pourtant, quand le Mexique va sans tête pensante, sans éthique, seul le romancier a toute sa tête…

 

La dimension fantastique transparait puis s’expose avec pétulence. Lorsque Philopater parle de Spinoza observant une toile d’araignée, ses combats et ses proies, ne s’agit-il pas d’une mise en abyme du roman et du Mexique ? Lorsque le prophète Ezéchiel s’adresse à Josué, lorsqu’ « Ancienne Conception », la mère de Max Monroy, s’adresse au même en toute franchise depuis l’outre-tombe, lorsque Machiavel (sur lequel Josué écrit sa thèse) et Piranèse prennent la parole, le réalisme magique n’est en rien futile ornementation : il est au service à la fois d’une argumentation de philosophie politique serrée et d’une esthétique baroque immensément efficace. Là où Carlos Fuentes à l’acmé de sa vie, pensait avoir écrit son meilleur roman, il faut non seulement en convenir mais l’en remercier. Il rejoint ici la force de construction, la beauté, l’acuité stylistique et d’idées, la séduction narrative et intellectuelle de ces retables romanesques que sont Terra Nostra et Christophe et son œuf. Une fois de plus, l’immense romancier mexicain, rival et complice du péruvien Mario Vargas Llosa, offre un de ces rares livres qui rendent leur lecteur plus intelligent.

 

A mille et une lieux de l’anorexie romanesque et intellectuelle de la plupart des auteurs français, ce roman de Carlos Fuentes, malgré un pardonnable manque de concision sur la fin, dégage une puissance narrative, analytique et métaphorique stupéfiante. Une langue vive, « d’un dramatisme confinant à l’opéra lyrique », tranchante, évocatrice et jamais à court d’éclairante pensée innerve l’espace narratif et le parcours exemplaire, quoique souvent déceptif des personnages. Le chatoiement des métaphores est sans cesse signifiant : comme «  Estrellita, qui avait un cadenas psychique entre les jambes », ou, pour rester dans le champ érotique, les sous-vêtements d’Asunta « bien rangés, telle une petite armée de la libido, dans leurs casiers respectifs ». Poétique romanesque, dialogue philosophique, tout concourt à une excitante réussite. De la volonté et de la fortune de deux amis devenus ennemis, notre auteur tutélaire tire un vaste chant épique au service d’une nation acéphale, au service de la juste volonté et de la bonne fortune de la littérature.

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

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Couleurs des monstres politiques

 

 

 

 

 


Crime et délinquance

Jonas T. Bengtsson et Jack Black

 

 

 

 

 

 

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Enfer et Purgatoire de la traduction idéale

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Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

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Philip K. Dick : Nouvelles et science-fiction

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

 

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Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

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Numéro zéro, pamphlet des médias

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Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

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Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Biophilia : Wilson, Bartram, Sjöberg

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Education

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Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

Haine de la littérature et de la culture

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Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

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L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

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Histoire romanesque du franquisme
Rivas : Les Livres brûlent mal

 

 

 

 

 

 

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Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

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Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

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Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

Bernardine Evaristo : Fille, femme, autre

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

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Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

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Dracula et autres vampires

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Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

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De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

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Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

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Földényi

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Foucault

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Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

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Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable, Nouvelles de jour et nuit

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'intégrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

George Steiner, tragédie et réelles présences

Vocabulaire européen des philosophies et autobiographie par Barbara Cassin

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lorca

Federico Garcia Lorca par Ian Gibson ; Une Colombe si cruelle

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Lumière de L'Esprit des lois

 

 

 

 

 

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Populisme

Populisme, complotisme et doxa

 

 

 

 

 

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

De Jésus aux chrétiennes uchronies

Le Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

 

 

 

 

 

 

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

Science et guerre : Volpi, Labatut

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie ; No Smoking

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare et la traduction des Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

 

 

 

 

 

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

Temps de Chronos et politique des oracles

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Hayes : Je suis Pilgrim ; Tejpal

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

À la recherche des années Trump : G Millière

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

Volpi : Klingsor. Labatut : Lumières aveugles

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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