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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 19:16

 

Manga japonais XIX°. Photo T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Kamo no Chômei, le vieux sage du Japon :

 

Notes d’une cabane de moine et de l’éveil poétique.

 

Suivi d'En longeant la mer de Kyôto à Kamakura.

 

 

Kamo no Chômei : Notes de ma cabane de moine,

traduit du japonais par le Révérend Père Sauveur Candau, 2010, 80 p, 11 € ;

 

Notes sans titre, traduit par le Groupe Koten, 2010, 224 p, 15 € ;

 

Récits de l’éveil du cœur, traduit par Jacqueline Pigeot, 2014, 464 p, 19 €,

 

Les trois volumes sous coffret illustré, Le Bruit du temps, 42 €.

 

Anonyme : En longeant la mer de Kyôto à Kamakura,

traduit du japonais par le Groupe Koten, Le Bruit du temps, 168 p, 15 €.

 

 

 

 

            Le hôjô-ki, ou « Livre d’une hutte de dix pieds de côté », n’a même pas un pied de côté, à peine quarante pages, parmi la modestie du « Bruit du temps ». Pourtant, ce recueil d’impressions, ici titré Notes de ma cabane de moine, laisse une bien longue impression. Observateur autant que philosophe, Kamo no Chômei (1155-1216) fut à Kyoto secrétaire du « Bureau de la poésie », avant de se sentir le dégoût du monde et d’abandonner la vie publique pour la vie intérieure du bonze : il se contenta dès lors d’un ermitage dans les montagnes de Hino. L’idée était trop tentante pour Antoine Jaccottet, talentueux éditeur du Bruit du temps : il vient de réunir en un charmant coffret trois proses de Kamo no Chômei, adjoignant au premier des Notes sans titre et les Récits de l’éveil du cœur. Pour former le triptyque de la solitude montagneuse, de la poésie et de la spiritualité bouddhique, non sans humour. Qui sait si l'auteur anonyme d'En longeant la mer de Kyôto à Kamakura fut son contemporain ?

 

         Prose et chronique autobiographique dans une période politique troublée du Japon (des guerres de succession impériale), les Notes de ma cabane de moine sont d’abord une image de la vanité du monde et des gloires humaines, symbolisée par l’image de l’eau qui s’écoule. Ces « essais écrits au fil du pinceau », selon une expression consacrée, évoquent d’abord des « calamités extraordinaires », ouragan, famine, épidémie, tremblement de terre, incendie « en forme d’éventail déployé », contemporaines du changement de capitale : « N’ayant pas d’ailes, on ne pouvait s’enfuir vers le ciel ; n’étant pas dragon, on ne pouvait monter sur les nuages ». Devant les servitudes sociales, Kamo no Chômei cherche où goûter « le contentement du cœur ».

         C’est à cinquante-quatre ans que le poète se construisit un ermitage parmi les montagnes pour se consacrer à son salut personnel, renonçant au monde, sauf à la poésie et à la musique :

« Ce monde, à quoi le comparer ? Dans le petit jour,

blanc sillage d’une barque qui à la rame s’éloigne. »

        Nanti de quelques livres, un « koto » et un « biwa », un modeste jardin, un petit foyer, il jouit d’un « beau panorama qui rend facile la contemplation ». Près des coucous, il  fait « un pacte avec eux pour qu’ils [lui] servent de guide au suprême passage de la montagne de la mort ». Les voix animales l’émeuvent, la nature toute entière est sa confidente. En digne épicurien, il « estime que le bonheur consiste en l’absence des soucis ».

          Au-delà de l’exotisme temporel et géographique, les pages de celui qui « assimile [sa] vie à un nuage inconsistant » nous parlent, comme nous enchante la peinture zen (quoique postérieure). Une esthétique est cohérente avec l’éthique, sereinement individualiste et reliée au cosmos. Célèbres au Japon, ces Notes de ma cabane de moine ne sont pas tout à fait inconnues en France, puisqu’une anthologie crut bon de les publier in extenso, en 1910[1]. De même, la belle anthologie Mille ans de littérature japonaise[2] n’omit pas l’œuvre de Chômei. Il faut compter aujourd’hui les Notes sans titre et les Récits de l’éveil du cœur, comme l’indispensable complément, formant les trois volets de la spiritualité traditionnelle la plus raffinée au Japon, si l’on omet la peinture et la musique.

 

Coffret_CHOMEI_1re.jpg

 

        Chômei fut un grand compositeur de poèmes, au point qu’il compila son propre recueil dès l’âge de vingt-six ans : ce sont 105 « waka », soit des quintains de 31 syllabes. Il peut alors se permettre ce parfait manuel du compositeur de poésie, ainsi que l’on pourrait moins modestement intituler les Notes sans titre, quoique le sous-titre soit « « Propos sur les poètes et la poésie ». Le genre très codifié du waka doit s’assortir de retenue et d’élégance, de « formulation limpide ; il est majestueux, éblouissant », selon son maître Shun.e. L’amour et les saisons se partagent le plus souvent les thématiques proposées lors des manifestations poétiques de la cour impériale. D’où se dégage une intemporalité absolue.

         Si l’on suit Chômei, le poème doit être chargé « d’un sentiment intense ». Qui ne le voudrait d’ailleurs suivre en cette matière ? Pour se faire, il s’agit de se préoccuper du « sens du sujet », du « bon et du mauvais enchaînement des mots ». Il cite alors de nombreux waka d’autres poètes, d’où l’on aimera détacher deux vers : « La brume printanière / Où donc s’élève-t-elle ? » Peut-être vient-elle :

« De la Semi-no-Ogawa

-La rivière caillouteuse-

Limpide sont les eaux

Et la lune vient loger

Dans le courant son clair reflet »

         Mais surtout, après cette lecture, ne croyez pas un instant pouvoir imiter en toute facilité le waka : il vaut mieux « ne pas se considérer comme un génie de la poésie », et n’en pas faire un métier. Il est également conseillé de veiller aux « retouches qui peuvent gâcher un poème ».

         C’était le temps « du raffinement des réunions poétiques », le temps ou une femme « vous adresse un poème dans un lieu public » et laisse « un chef d’œuvre » :

« Sur cette couche

Qu’il devait selon ses dires

Ne déserter qu’une nuit

La poussière inexorable

Est venue se déposer »

        C’est ainsi que « les poèmes se composent spontanément quand l’émotion déborde ». Et que ceux « d’une beauté supérieure font penser à un tissu broché : en émane une image ». Gageons que celui de Shunzei est d’une beauté supérieure :

« Prenant pour guide

L’image des fleurs

Comme une vision

J’en ai franchi tant et tant

Blanches nuées des sommets ! »

 

            Kamo no Chömei a-t-il atteint une dimension supérieure en se faisant moine ? Dans le cadre d’une expansion historique du bouddhisme voué à la recherche de la « Terre Pure », promise par Amida (incarnation de Bouddha), la réflexion morale et spirituelle l’emporte dans les Récits de l’éveil du cœur, mais sans le moindre didactisme pesant. Loin de tout guide de développement personnel passablement niais, il ne s’agit pas d’aller où le cœur nous mène : « ne prends jamais ton cœur pour maître ! »

        Ce sont des petites anecdotes, presque des nouvelles, alternant les scènes comiques, les historiettes amoureuses, la satire et la louange des moines… Car, parmi ces derniers l’un est « dévoré d’ambition », ou « cache ses vertus », ou encore voit sa tête irradier d’une lumière. D’autres parviennent à « l’éveil », à la porte du Nirvana, et accomplissent leur « Renaissance ». Pas mieux, pas pire, en somme, que les moines occidentaux… Parfois le fantastique pointe son museau, lorsqu’une « mère qui jalousait sa fille vit ses doigts se transformer en serpents » ; lorsqu’une morte revient voir son mari inconsolable et laisse un « cordon à cheveux » pour preuve de son éphémère retour. À moins de s’intéresser à l’ironie du sort d’une « vieille nonne qui se transforma, après sa mort, en vers attaquant un mandarinier » ; n’avait-elle pas souhaité rendre le mal pour le mal ? Ainsi l’apologue offre une morale bienvenue. Sans compter que l’on apprend souvent à bien mourir, en une philosophique préoccupation. Plus loin, les curieux un tantinet coquins sauront « comment une courtisane de l’escale de Muro noua un lien de salut avec un saint homme en chantant une chanson ». Non content de nous amuser, jusqu’au rire, comme lorsqu’un « Vénérable » fait « voler son bol » qu’il voit revenir vide, ce recueil unit les qualités poétiques et celles de l’édification bouddhique.

 

         « On pourra dire que j’ai saisi des nuages, que j’ai capturé du vent : à qui cet ouvrage sera-t-il utile ? » confie, non sans autodérision, Kamo no Chômei en son préambule des Récits de l’éveil du cœur. La modestie de cette profession de foi conviendrait à ses trois ouvrages ici réunis. Mais c’est bien à nous, lecteurs intemporels, que ces lectures seront utiles : peut-être nous permettent-elles, outre de saisir un passé lointain, de chercher un essentiel contemplatif, de frôler l’essence de la poésie, de savoir rire et s’émouvoir de personnages dont les travers et les vertus ne sont pas loin d’être, presque un millénaire plus tard, nos reflets. Un éveil des sens devant la nature, de la vivacité de l’esprit devant le monde… Plus tard, au XVIIIème siècle, un autre ermite, Bashô[3], offrit au Japon et au monde entier ses poèmes plus brefs encore que le waka : ses haïkus, parmi lesquels, avec humour, nous aimons citer :

« Dans la rosée matinale

un melon boueux –

Quelle fraîcheur ! »

 

 

      Montagnes et rivages sont les bornes du voyage, bornes exaltantes, surtout si le voyage se fait à pied et à cheval En longeant la mer de Kyôto à Kamakura. Comme celui d’un Japonais anonyme qui parcourut les sites du Tokaido dans les débuts du XIII° siècle. Tous ses efforts et tous ses moments contemplatifs visent à dépasser la cinquantaine qui vient et accéder à l’« Eveil » bouddhique : « des sandales de paille pour tout véhicule, j’emprunte la voie de l’érémitisme ».

      Le récit, ponctué de descriptions évocatrices, comme ces « rochers qui semblent des tigres », de légendes étranges, d’anecdotes curieuses, est également enrichi de courts poèmes, ou waka, de trente et une syllabes, qui touchent à la perfection : « Je ne m’attache pas / à cette existence, mais / pour avoir vécu jusqu’à ce jour / j’ai contemplé le Mont-Blanc / du pays de Kai / une raison de vivre ! » Cependant, il n’est pas sans nostalgie à l’égard de sa mère âgée. La traduction, élégante, se lit comme un bel et vaste poème en prose, aux accents lyriques et discrètement pathétiques, également métaphysiques. Ainsi l’on partage  les émotions mélancoliques et esthétiques de celui qui chemine, dort sous un pin, médite ses « divagations ».

      Quel plaisir que de découvrir, soigneusement édité, avec notes et postface éclairantes, ce classique du genre kikô ou « notes de voyage », qui oppose la paix des paysages et le souvenir des guerres civiles qui ont amené au pouvoir le gouvernement militaire des shôgun. Se ressourcer, pratiquer une ascèse, affiner sa vision et son expression, tels sont les buts de celui dont nous aimerions connaître le nom. Qu’importe ; il a vécu et marché pour atteindre le sommet de son art.

      Au XVIII° siècle, un peintre, Hiroshige, fit lui aussi le voyage du Petit Tokaido (Hazan, 2010) au moyen de ses estampes colorées, entre pluies et grand soleil, le peintre et le poète se répondant.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Michel Revon : Anthologie de la littérature japonaise, Delagrave, 1910, p 245 à 266.

[2] Ryôji Nakamura et René de Ceccatty : Mille ans de littérature japonaise, Picquier, 2005.

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 16:53

 

Amantes de Teruel, Aragon. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

Comment être philosophe de l’amour ?

 

De Ruwen Ogien à Diane Ackerman.

 

 

 

Ruwen Ogien : Philosopher ou faire l’amour, Grasset, 2014, 280 p, 18 €.

 

Diane Ackerman : Le Livre de l’amour, traduit de l’anglais (Etats-Unis),

Grasset, 1995, 360 p, 135 F.

 

 

 

 

      Idéaliser le pays d’amour… Nous cédons tous à cette beauté, à moins de tomber dans ce travers. Dante, en ces Rimes[1], s’est appliqué à faire rimer, amour, beauté et vertu. On se doute que Ruwen Ogien, logicien, non sans un brin de cynisme bienvenu, va s’appliquer à débusquer les clichés et déconstruire ces préjugés en hésitant à choisir entre Philosopher ou faire l’amour. Le choix de l’œuvre d’art de la couverture, en dit long à cet égard : pas de « Carte du Tendre » venue de L’Astrée, ni d’ « Amour sacré et amour profane », peint par Le Titien, mais un couple, qui ne tient compte ni du genre ni de la race, formé d’un ours et d’un lapin en peluche, en train de s’envoyer en l’air avec joie, selon Paul McCarthy. C’est ainsi que les hasards de l’édition et de la bibliothèque font voisiner sur le bureau du critique deux livres antinomiques. Ruwen Ogien parlera-t-il à Diane Ackerman, dont l’essai encyclopédique et sensible, Le Livre de l’amour, arbore en couverture une allégorie de l’amour du XVIème siècle ? Peut-être le seul lieu où les réconciliés serait leur alacrité…

 

      Comme le postule Ruwen Ogien en son Philosopher ou faire l’amour, la poésie et le roman sauraient mieux parler d’amour que la philosophie. Mais aussitôt, en sceptique des illusions, il prend le contrepied de ce préjugé anti-intellectuel qui ferait « de l’amour une sorte d’exception par rapport à toutes les autres questions existentielles ». Et plus ncore si cet hormonal sentiment est associé sans cesse au bien moral et absolu. Ainsi le voilà, à travers un De l’amour post-stendhalien, présentant un rapide panorama des diverses formes d’amour : sexuel, romantique, moral et céleste… Ainsi, le mérite de cet essai est d’abord de faire le catalogue analytique des représentations de l’amour. Par exemple au sujet de « l’illusion amoureuse » : elle est pour les moralistes « le produit de la vanité humaine », pour les naturalistes « une ruse de la nature qui favorise le désir de se reproduire », pour les féministes « une idéologie qui contribue à l’assujettissement de la femme ». Si, dit-on, le véritable amour est désintéressé, ceux romantique et sexuel ne le sont guère. D’où la dimension égoïste de l’amour, qu’il soit physique (se procurer du plaisir) ou spirituel (monter les marches du salut). Or, il n’existe « aucune bonne raison philosophique de dévaloriser complètement l’amour physique et de survaloriser l’amour romantique, l’amour moral ou céleste ». De plus il n’existerait pas « une nature essentielle de l’amour ».

      « Affect contemplatif », ou désir, l’amour peut être une admiration, comme s’accoler à la rage, au mépris, au dégoût de la personne aimée. Est-ce alors retrouver les caractéristiques antiques de l’Eros spirituel et de l’Eros vulgaire ? À cet égard, une longue citation extraite du roman de Somerset Maugham, Servitude humaine, dans lequel un narrateur dresse un portrait désastreux de celle qui l’obsède, en dit bien plus que notre essayiste. Ce qui entraîne que lorsque l’amitié est volontaire, l’amour l’est bien moins.

      Rigoureux, systématique, Ruwen Ogien s’attelle à la tâche qui consiste à « évaluer les six clichés sur l’amour » : « L’amour est-il plus important que tout ? », « L’être aimé est-il vraiment irremplaçable ? », « Peut-on aimer sans raison ? », « L’amour est-il au-delà du bien et du mal ? », « Peut-on aimer sur commande ? », « L’amour qui ne dure pas est-il un amour véritable ? ». Les réponses attendues par les lieux communs sont évidemment déconstruites ; là où le rationnel, la liberté et le respect l’emportent sur l’amour. Seul l’Occident donne une valeur ultime à sa « moitié » (comme Aristophane dans Le Banquet). Alors que le moi est aussi changeant qu’indéfinissable, l’amour d’un moi est fort sujet à caution. Nous répugnons à considérer les causes « biologiques, psychologiques, sociologiques » de l’amour, pourtant elles sont premières ; et nos raisons d’aimer sont loin d’être toujours bonnes, surtout s’il s’agit d’une « crapule ». L’amour empêchant l’impartialité, il est forcément bien faible devant les critères du bien et du mal, malgré la valeur du partialisme amoureux. Enfin, l’amour pourrait être « désacralisé », « devenir physique, éphémère, démocratique. […] Reste à savoir si ce serait souhaitable ! » Au-delà, existent les « sexualités négociées », les « polyamoureux »…

 

 

      La démarche d’Ogien, entre philosophie normative et philosophie descriptive, entre déontologisme et conséquentialisme, ne peut qu’aboutir à une vision réaliste ; et à la question de savoir s’il y a « une place pour l’amour en morale »… Il ne se fait pas faute de ne pas remarquer que « l’éloge de l’amour est un genre qui exprime la pensée conservatrice à droite comme à gauche […] puritaine, antisexuelle », servant « à justifier le refus de toute innovation […] loin de tout asservissement à l’idée de couple fidèle, obstiné, durable, éternel, etc. » Reste alors à accepter la liberté d’être traditionnel autant que de ne l’être pas…

      Cependant, au-delà de cette judicieuse déconstruction des mythes et clichés, doit-on être sûr que les surabondants emprunts à la chanson, de Françoise Hardy à John Lennon, faits par Ruwen Ogien en cette démonstration rendent justice à l’ambition de sa réflexion ? Si leur interprétation est conceptuellement juste, la niaiserie et la pauvreté de la plupart de ces vers n’ont d’excuse que leur intérêt sociologique, au sens où le philosophe analytique vise à examiner les pensées de ses contemporains, donc des lieux communs récurrents de leur piètre culture musicale et poétique. Pire, en s’embourbant dans des considérations sur les émotions, notre philosophe parait s’éloigner de son objet, voire être démuni devant lui. Au point de tergiverser entre plusieurs amours sans vouloir ou savoir nous dire duquel il veut parler, alors qu’il sait pertinemment combien le mot amour recouvre d’orientations et de nature, selon qu’il soit hétérosexuel, de l’art, fraternel, passion, etc. Le plus ennuyeux est que l’entreprise de désacralisation manque tout au long de concision, ce qui entraîne que la dimension percussive de l’essai tombe un peu à plat. Malgré l’appel au Banquet de Platon, petitement confronté à une nouvelle de l’Américain Robert Carver, Ruwen Ogien reste parfois péremptoirement creux, sans pousser l’avantage d’une argumentation plus fine qui ne vient guère…

      Aurions-nous lors de cette lecture, dont nous nous étions promis merveille -ne serait-ce qu’après les problématiques controversées dans L’Etat nous rend-il meilleur ?[2] perdu le feu sacré du critique ? Jusqu’à ne plus guère être stimulés par ce nouvel essai, conceptuellement assez solide, mais littérairement décevant, moins nourrisant qu’attendu pour la pensée…

 

 

      Au-delà de la classique réflexion sur le mythe transhistorique qu’est L’Amour et l’Occident[3] de Denis de Rougemont, à moins de se transporter vers Robert Van Gulik et sa Vie sexuelle dans la Chine ancienne[4], puis jusqu’à cette judicieuse réévaluation de l’époque de la libération sexuelle que fut Le Nouveau désordre amoureux[5] de Pascal Brukner et Alain Finkielkraut, peut-être faudrait-il se tourner vers une tentative synthétique un peu méconnue : sous la plume de Diane Ackerman, un essai aussi gouleyant qu’érudit : Le Livre de l’amour. Avec un brio stupéfiant - d’autres diront avec trop de rapidité et d’esbroufe - elle parcourt les civilisations et les siècles pour aller d’Orphée et Eurydice, des troubadours et de l’amour courtois au « chic sexuel : la mode de la perversion », en passant par « l’ange et la sorcière » et « l’attachement chimique » ; sans oublier « bites et cons » ou « sirènes », ou encore les cheveux et la « sensualité du regard. En sa traversée encyclopédique, elle balaie Platon, Freud et Proust, sans oublier les plus pittoresques et pour le moins curieuses, voire choquantes, manifestations de l’éros contemporain[6]. Son coté féministe splendidement intelligent ne manque pas de voir dans nos voitures « des objets brûlants, durs, phalliques », grâce auxquels les hommes vont « chevauchant une érection chromée. […] Bolides et poitrines féminines sont célébrées dans une orgie de décibels et de testostérones ». Humour et satire coexistent en ce brillant essai avec une attachante sensualité de la métaphore (elle n’est pas pour rien professeur de stylistique), autant qu’avec une réelle tendresse humaine pour son pléthorique objet d’étude. Où l’on sait avec rigueur combien l’amour se définit quelque part à la rencontre de la sexualité et du sentiment.

      « Le béguin chimique » a lieu lorsque les hormones, oxytocine, phényléthylamine, sont produites en abondance, sous l’influence d’un regard, de la poésie amoureuse, autant que du rapport sexuel, qu’il s’agisse d’homo ou d’hétérosexualité ; alors « le corps frissonne sous un jaillissement ». L’amour est une neurophysiologie autant qu’une histoire littéraire et culturelle, une résultante de notre sociologie, moins - faut-il dire hélas ? - qu’une approche rationnelle. En même temps qu’une source d’aventure, d’élévation de soi, de découverte de l’autre, du corps et de l’esprit, d’enthousiasme, de fureur, de suavités et de déceptions, de création littéraire et artistique. Toute la gamme de la vie, en somme…

 

      La différence est considérable. Dante était de sa Béatrice inconsidérément amoureux, dépliant à plaisir les émotions, péripéties, douleurs et spiritualités afférentes à l’amour. Quand Ruwen Ogien n’est ici pas le moins du monde amoureux. Au point qu’il traite l’objet de son étude avec toute l’absence de feu de l’analyste un brin poussif, en débusquant les clichés, les masques et les prétentions, non sans une pointe de caustique ironie. Seule Diane Ackerman considère avec autant d’enthousiasme ces deux versants, entre romantisme et surexcitations biochimiques. Devrions nous souhaiter à notre cher Ruwen que le dieu Eros, s’il existe - mais il existe sûrement quelque part, sous quelque forme, virus, hormone ou concept, qu’il soit - vienne le frapper de sa flèche aigre-douce en lisant l’essai de Diane Ackerman ? À moins qu’il ait déjà été, qu’il soit amoureux, et tienne à toute force à le cacher : serait-ce indigne d’un philosophe ? La seule solution pour bien philosopher de l’amour, après Le Banquet de Platon et le De l’Amour de Stendhal, là où Ruwen Ogien philosopherait en faisant l’amour, ne serait-elle pas de faire de lui un nouveau poète…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie


[3] Denis de Rougemont : L’Amour et l’Occident, Plon, 1972.

[4] Robert Van Gulik : La Vie sexuelle dans la Chine ancienne, Gallimard, Tel, 1987.

[5] Pascal Brukner et Alain Finkielkraut : Le Nouveau désordre amoureux, Seuil, 1977.

 

Carte du Tendre, Honoré d'Urfé : L'Astrée, 1607-1628.

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 18:54

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

Handicap et génie littéraire : Leopardi

 

et l’infini du Zibaldone en toute beauté,

 

par Pietro Citati et René de Ceccatty.

 

 

Pietro Citati : Leopardi, traduit de l’Italien par Brigitte Pérol,

L’Arpenteur Gallimard, 2014, 542 p, 28 €.

 

Giacomo Leopardi : Zibaldone, traduit de l’italien,

présenté et annoté par Bertrand Schefer, Allia, 2003, 2398 p, 50 €.

 

René de Ceccatty : Noir souci, Flammarion, 272 p, 19 €.

 

 

 

      D’où vient-il que certaines biographies soient plus goûteuses, plus enclines à faire se dresser dans la perception du lecteur la stature, l’œuvre et les émotions d’un écrivain ? Brian Boyd avec Nabokov, Richard Ellmann avec Joyce, ou Peter Ayckroyd avec Shakespeare et Poe sont sans conteste de très talentueux biographes ; mais aucun n’atteint à l’étoffe dont sont pétries les vies et l’univers intellectuel par Pietro Citati. Nous avions déjà eu le bonheur de lire son Goethe[1], voire son Kafka, le voici abordant un autre romantique, cette fois italien : Giacomo Leopardi. Comment les doigts de Citati vont-ils ressusciter le solitaire et reclus de Recanati, le poète de « L’Infini », et l’immense diariste-essayiste du Zibaldone ? Sera-ce sans compter avec le « noir souci » de l’amour, comme l’analyse René de Ceccatty…

 

      « Un tuberculeux affligé de deux bosses, persécuté par toutes les maladies de la terre », telle fut dès sa jeunesse Giacomo Leopardi (1798-1837). Pourtant, dès dix-huit ans, sans qu’il eût encore rien publié de valeur, et à la seule lecture de ses lettres, son ami Pietro Giordani lui « trouvait cette noblesse, cette fureur, cette densité, cette variété de style » qui est celle du génie. L’amour du jeune disciple pour le maître, quoique sans éros, et qui « était une forme de sa passion pour la littérature », se trouva grandi par leur rencontre. Plus tard, il éprouvera un semblable sentiment pour Antonio Ranieri. C’est ainsi que Pietro Citati nous communique l’ardeur de son modèle, en même temps que sa profonde empathie pour lui…

      Reclus dans la bibliothèque paternelle aux dix mille volumes, le jeune Leopardi devient un philologue ardent, qui sut cinq ou six langues, dont le grec et le latin, un graphomane brillant. Mais son désir de gloire était vain : « Aucun éditeur ne publiait ce qu’il écrivait ». De guerre lasse, il remplit les quatre mille pages manuscrites de son fameux Zibaldone (qui compte deux mille pages bien abondantes en l’édition française) ; ce que l’on peut traduire par sabayon, ou pot-pourri, pour signifier des « Mélanges ». Accès mélancoliques et éclairs d’écriture autobiographiques, bribes d’essais et chimères s’y accumulent : « Enfermé dans la prison de sa bibliothèque, il explorait, examinait, reconstruisait l’univers -littérature, politique, histoire, linguistique, économie, philosophie, psychologie, rêveries et fantaisies- avec une furieuse énergie qui nous parait aujourd’hui presque inimaginable. » Sans oublier la musique, la religion… La précision et la force de la « fureur philosophique[2] » s’y déploie avec faste autant qu’elle illumine des aphorismes, tel : « on ne connait jamais parfaitement aucune vérité, si l’on ignore l’ensemble des relations qui unissent les vérités entre elles[3] ». Picorer le Zibaldone au hasard assure de recueillir des pensées aussi éclairantes qu’inattendues, dont plusieurs laisseraient penaud un Cioran : « Pour jouir de la vie, il faut nécessairement être désespéré.[4] »
 

 

      Quoique les accès de « quasi-cécité », d’ennui et de sensation de néant, accablant celui qui avait un merveilleux talent pour le désespoir, paraissent lui empêcher toute activité intellectuelle, il poursuit de manière erratique son travail de « grand architecte-orfèvre », qui n’aura jamais d’harmonieuse architecture, mais auquel il ajoutera un précieux index. Est-ce la faute de l’irréductible séparation entre la nature et la raison ? Il se sert « de la philosophie moderne, de la raison analytique, acérée, négative, pour retrouver l’œil originel de l’homme ». Est-ce position nostalgique, régressive et antiscientifique ? Ce que confirme la lecture du Zibaldone, au 11 mai 1821 : « Une fois que la raison fut introduite en ce monde, tout devint peu à peu et en fonction de ses progrès, laid, petit, mort, monotone[5] ».

        Aussi, à vingt et un ans, pense-t-il à fuir Recanati. En une lettre au père jamais envoyée, qui rappelle celle ultérieure de Kafka, il conspue la tyrannie et la dissimilation paternelles. La tentative de fuite se solde d’abord par un échec. Le voilà encore coincé entre une mère bigote et glacée et un père autoritaire de comedia dell’arte. Enfin, en 1823 (il avait vingt-quatre ans) il file à Rome, couvrant de chagrin son frère Carlo, qui est son « amour de rêve », et qui épousera une Paolina. Le poète, qui, hélas, « détestait le progrès », va mener une existence studieuse, au service d’un éditeur milanais, pour lequel il traduit Epictète, quoique égayée par Rossini, errante entre Pise et la cité pontificale, entre Florence et surtout Bologne, où il trouve une nouvelle vie, affective et sociale et intellectuelle. Avant de finir ses jours au pied du Vésuve…

         Si laid (du moins le pensait-il), presque nain, horrifié par son corps difforme, il ne se lavait guère, sentait le renard, et ne pouvait qu’être amoureux sans l’ombre d’une réciprocité. Mieux valait que ces égéries ne connaissent pas ses sentiments, partagés entre sensualité refrénée et idéalisation. L’amour, ou plutôt « un désir angoissé », une « autoexaltation amoureuse [qui] devint désespérance », le saisit à la vue de Gertrude Cassi, avant de se tourner vers « la femme qu’on ne trouve point ». Le poème « À sa dame », est un hymne à l’impossible beauté platonicienne qui ne console point dans « la nuit du siècle[6] ». Plus tard, il aima Fanny, qui devint l’Aspasie de ses Chants. Mort plus vierge qu’une hostie, il connut cependant les joies de l’amitié, surtout épistolaires, cependant fort exaltées. Ranieri, en effet, de quatre ans son cadet, admirait son génie, au point de veiller son agonie et de se charger de faire connaître, de manière posthume, son œuvre à l’Italie. Car, de son vivant, il n’avait publié que ses poèmes, Canzone et Canti, A Silvia, Il pensiero dominante (les deux derniers étant respectivement un hommage à une jeune fille morte de tuberculose et une exaltation de l’amour) ainsi que deux textes autobiographiques. Les essais virent peu à peu le jour, comme le Discours d’un italien sur la poésie romantique, et surtout les Petites œuvres morales, qui compte quelques dialogues philosophiques, perles de fantaisie et d’humour irrévérencieux envers la mythologie, dont avec un Christophe Colomb renaissant de ses cendres, avec des gnomes, démons et autres morts, puis un curieux « Eloge des oiseaux ». Qu’il termine avec cet émouvant souhait : « j’aimerais un moment être changé en oiseau pour connaître la jouissance et la joie de leur vie[7] ». Ajoutons qu’il fait dire au « démon » du Tasse ce qui le résume absolument : « Ainsi, entre le rêve et les fantasmes, tu passeras ta vie ; et sans autre profit que la consumer[8] ».

        S’il est un écrivain analytique avec le Journal du premier amour, il est aussi un théoricien du romantisme avec le Discours d’un Italien sur la poésie romantique dans lequel il fait l’éloge de la nature, de l’imagination et de la substance de la beauté, pour cependant préférer radicalement celle des anciens et céder à la nostalgie de l’âge d’or des nymphes et du temps de Brutus dans ses Chants. Il fustige les modernes qui cherchent « le renom immortel que ceux-ci n’obtiendront jamais, qui échut aux artistes italiens, latins et grecs, mais n’appartiendra jamais aux romantiques, aux sentimentaux, aux orientaux, ni à aucun tenant de l’engeance moderne[9] ». Certes, l’on peut arguer de sa méconnaissance de nombreux poètes romantiques allemands et anglais… En septembre 1821, Leopardi notait : « Mon passage de l’érudition au beau, ne fut pas instantané, mais progressif ». De « la belle littérature » à « la philosophie[10] », il s’agit d’une transmutation de la connaissance en beauté philosophique, en une démarche résolument classique. Pourtant, le voici soudain romantique, lorsqu’il écrit son plus célèbre poème, « L’infini » : « Ainsi par cette / Immensité ma pensée s’engloutit : / Et dans ces eaux il m’est doux de sombrer.[11] » Alors, nous confie Citati, il est le « poète moderne, c’est-à-dire sentimental et mélancolique », confronté à « la dramatique contradiction entre la raison et la poésie ». Mais aussi au Massacre des illusions, pour reprendre un de ses titres.

 

 

      Ni flou, ni niaiserie dans l’analyse de Citati. C’est à propos de la Correspondance, en particulier avec Pietro Giordani, qu’il note : « il inventa une nouvelle langue du cœur. La fureur, le désespoir, l’amour, la tendresse, la noblesse et la grandeur du ton, la profondeur des passions, la concentration, le don pour l’aphorisme, la fluidité familière, les figures rhétoriques, les soudaines et suaves détentes, l’expression physique des sentiments, créent un texte qui n’a pas de précédent dans la littérature italienne, ou peut-être seulement dans les lettres du Tasse. » Celui qui « avait l’âme ouverte, mobile, chaude, vive », est sans conteste l’objet de l’amour-amitié de son biographe, attentif à son romantisme terriblement mélancolique autant qu’à son universalité.

        Tour à tour, Pietro Citati se fait critique biographique, lorsqu’il commente les passages autobiographiques du Zibaldone, transparents malgré « le « jeune homme sans nom » ; critique comparatiste lorsqu’il associe « Les Souvenances » à Proust ; critique thématique et poétique (même si parfois ses commentaires des poèmes, comme « Le passereau solitaire », confinent à la paraphrase) lorsqu’il s’intéresse aux éléments, par exemple au motif de cette lune qui, dans les vers du poète « comprend peut-être cette vie terrestre ». Cette vie trop tôt fauchée, à trente-neuf ans : « C’est là le sort du peuple des mortels ? / À peine parut le vrai / Que tu tombas, fragile[12] »…

         Prince des biographes, Pietro Citati ne se contente au grand jamais d’une sèche narration factuelle -où l’on se doute d’ailleurs que la traductrice a mis tout son soin. Plutôt qu’un homme dans son siècle, il nous ouvre « un système solaire de personnalités ». N’omettant pas de dire « je » en son essai, il fait de son lecteur un complice dans ce qui ressemble à une enquête sentimentale autant qu’intellectuelle, comme si Pietro Citati était un Sherlock Holmes de la biographie, mâtiné d’un poète de la sensibilité morale, sans oublier le commentateur érudit de l’oeuvre. Lit-on Leopardi en France ? Tellement peu… Il est pourtant, avec Dante et Pétrarque, considéré par les Italiens comme l’un parmi leur triumvirat de poètes incontournables. Il faut espérer que le volume, à la fois encyclopédique et si doué d’humanité, de Pietro Citati, puisse ouvrir la précieuse porte qui mène à la connaissance d’un immense lyrique, malgré la brièveté de ses vers, et d’un diariste, épistolier et essayiste aux monstrueux talents, déchiré entre une vie brève et maladive, entre un romantisme fiévreux et un classicisme intemporel.

 

 

      Une « passion chaste » ; c’est ainsi qu'en son Noir souci René de Ceccatty peut qualifier ce lien entre le poète italien du XIX° Giacomo Leopardi et son ami Antonio Ranieri qui lui survécut assez longtemps pour permettre la publication de ses œuvres complètes. Resté vierge et laid, l’intellectuel romantique du Zibaldone, ce monstrueux journal d’essayiste aux aphorismes puissants, était-il capable d’amour homosexuel ? Non, répond avec autant de perspicacité que de pudeur René de Ceccatty, évoquant son mépris pour les passions charnelles masculines de l’antiquité. Leopardi, nain bossu et maladif, dont la vie fut fort brève formait un couple détonnant avec son jeune ami blond, aussi beau que séducteur avec les femmes. « L’attrait pour l’intelligence » l’incite alors à renoncer à ces dernières et à se consacrer au « noir souci » du poète philosophe autant que tyrannique ami. Ranieri, fidèle soutien et intellectuel cultivé, eut, lui aussi, à souffrir de la censure, pour son roman Ginevra. Le romancier n’aura pas la gloire météorique de Léopardi, mais le respect fasciné de notre écrivain narrateur qui, à sa manière, se fait l’ami posthume de ces deux figures incroyables de la littérature italienne. Son livre en forme de double hommage est aussi une réflexion sur ses proches recherches, une sorte de journal de travail personnel en même temps qu’un discret autoportrait. Il n’en reste pas moins que René de Ceccatty sait s’effacer devant son prestigieux et mystérieux modèle, qu’il compare parfois à Barthes pour ses « biographèmes ». Cette investigation attentive où le « je » de l’auteur s’interpose et prend sa responsabilité complice et affective, convoquant ses rêves, ses amours, ses livres, est à la lisière du récit, de l’essai, voire du vaste poème en prose. Sinon de l’autofiction, où d’aucuns verraient un désordre élégant au service du génie inquiet et éphémère que fut l’auteur des Chants. Ainsi René de Ceccatty nous invite à goûter l’intelligent poison de la mélancolie que distille un Zibaldone fascinant.

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[2] Giacomo Leopardi : Zibaldone, Allia, 2003, traduit par Bertrand Schefer, p 1377.

[3] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 536.

[4] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 1107.

[5] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 507.

[6] Giacomo Leopardi : Chants, traduits par Michel Orcel, Aubier, 1995, p 133.

[7] Giacomo Leopardi : Dix petites pièces philosophiques, traduit par Michel Orcel, Le Temps qu’il fait, 1985, p 105.

[8] Giacomo Leopardi : Dix petites pièces philosophiques, ibidem, p 53.

[9] Giacomo Leopardi : Discours d’un Italien sur la poésie romantique, Allia, 1995, p 138.

[10] Giacomo Leopardi : Zibaldone, ibidem, p 816.

[11] Giacomo Leopardi : Chants, Ibidem, p 103.

[12] Giacomo Leopardi : « À Silvia », Chants, Ibidem, p 155.

 

Photo : T. Guinhut.

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 12:48

 

Fénelon : Abrégé de la vie des plus illustres philosophes de l'Antiquité,

par Diogène Laërce, David, 1822.

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Diogène, chien cynique 

 

ou apôtre de la vertu et de la décroissance ?

 

Prélude au catalogue des animaux philosophiques.

 

 

 

 

 

 

Diogène le Cynique : Fragments inédits, préfacé par Michel Onfray,

traduit de l’anglais et commenté par Adeline Baldacchino, Autrement, 176 p, 13 €.

 

Michel Onfray : Bestiaire nietzschéen. Les animaux philosophiques, Galilée, 82 p, 14 €.

 

Diogène et les cyniques ou la liberté dans la vie simple :

présenté par Etienne Helmer, Le Passager clandestin, 112 p, 8 €.

 

 

 

 

      Peu d’animaux sont philosophes, sauf les cyniques. Surtout Diogène, cet anti-Platon, qui aboie contre les vices, contre le luxe ; et ne consent qu’à vivre à la dure, sans la moindre pudeur, presque nu, se masturbant en public, dormant dans le tonneau -plus exactement la jarre- qu’il pousse devant lui. Une saine pensée vertueuse, une pensée conforme aux thuriféraires actuels de la décroissance ? Deux ouvrages, tombés du tonneau des Danaïdes de l’actualité éditoriale, ramènent au jour la pensée sans indulgence du franc râleur de l’Antiquité : surprenants Fragments inédits et réunion exhaustive de ce que les Grecs anciens ont conservé de l’intempestive pensée du plus célèbre des cyniques. Prélude au catalogue des animaux philosophiques, le canidé grec est tenu en laisse par Michel Onfray, au voisinage de son Bestiaire nietzschéen.

 

        Le chien aurait laissé des inédits ? Le titre laisse d’abord incrédule : aurait-on nouvellement découvert dans une urne grecque, ou dans les sables de la bibliothèque d’Alexandrie, quelque papyrus retraçant ses dialogues, traités et tragédies disparus ? En fait non. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces fragments ou aphorismes de Diogène, longtemps oubliés, dont l’original grec est perdu, avaient été traduits en arabe, puis en anglais par Dimitri Gutas dans son volume intitulé Greek philosophers in the Arabic tradition. Comparant les textes grecs déjà connus, ceux arabes et la version anglaise, Adeline Baldacchino se fait à son tour traductrice de ces inédits, sans oublier de nous offrir une présentation bien documentée. Ainsi Diogène de Sinope renait de ses cendres, éteintes depuis le temps d’Alexandre, au IVème siècle avant Jésus-Christ, avec une insolence ravivée.

        Pourquoi « le cynique » ? Parce que c’est un chien qui mord les méchants. Kunos, en grec, est en effet le nom de cet animal. C’est ainsi qu’il se justifie : « Parce que j’affronte le mal et les hypocrites avec la vérité et que je leur dis la vérité sur eux-mêmes, et parce que j’agite ma queue devant les gens de bien et grogne devant les gens mauvais ». Cet usage de la vérité, devant les puissants et la doxa, est aussi rafraichissant que dangereux. Voilà un philosophe qui, depuis sa niche, sait mordre pour veiller sur son seul maître : la morale juste. Ce qui ne l’empêche pas de prendre de la hauteur : « Le juge prononce des sentences sur les hommes, alors que le philosophe prononce des sentences sur les juges ; la philosophie est par conséquent plus puissante et supérieure. » Certes ces quelques fragments n’ajoutent rien de fondamental à la connaissance que nous avions du philosophe, mais ils sont le mérite, outre leur précision caustique, d’ajouter à notre plaisir de lecteur moraliste et d’historien de la pensée.

       Certes un lecteur d’aujourd’hui pourra se trouver mal devant le Diogène machiste qui accable la femme, qualifiée de « tromperie et perte », quoiqu’il prêchât l’égalité des sexes. Voire préférer s’abstenir de la préface, présentant ces Fragments inédits, un brin péremptoire et à l’emporte-pièce de Michel Onfray qui se targue d’être supérieur aux « fonctionnaires de la recherche », de préférer Diogène à « Lucrèce, Montaigne et Nietzsche », rien de moins ! Glorifiant le prototype antique du politiquement incorrect, il regrette (et nous avec lui) la disparition de son traité intitulé La République, dans lequel sont abolis esclavage (ouf !) et propriété privée (aïe !), « dans lequel il fait l’éloge de la licence sexuelle, de l’inceste, du meurtre de ses parents, du cannibalisme… » Diogène, en son anti-cité, aurait-il été un précurseur de Sade ? Notre estime pour lui, qui n’était pourtant pas béate d’admiration, en prend un sérieux coup. Sauvons cependant un beau trait d’esprit de Michel Onfray, préfacier à tout faire, lorsqu’il conclut, en notant que ces inédits ont été sauvés par un traducteur arabe : « Ce détour par l’Arabie invite moins à islamiser Diogène qu’à diogéniser l’islam »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     De là à dire que Diogène est le plus emblématique des « animaux philosophiques », il n’y a qu’un pas ; au point que Michel Onfray aurait pu ajouter avec lui un appendice à son Bestiaire nietzschéen. En effet, « Jadis / dans sa cave / Zarathoustra / Avait des chiens / Sauvages et hurleurs / Libres et forts / Puissants et magnifiques. / Aujourd’hui / Il les a transformés en oiseaux / Puis il les a libérés. » Il eût été bon que pareille métamorphose arrivât à notre professionnel du cynisme… L’irrévérence critique de Nietzsche a-t-elle quelque chose de Diogène, fouillant des motivations moins avouables sous les bons sentiments ?

         En une trentaine de poèmes en vers libres (et non « en prose », comme l’affirme bien faussement la quatrième de couverture), Michel Onfray énumère ces compagnons symboliques de Nietzsche -et surtout de Zarathoustra- en les classant entre « bêtes humaines » et « bêtes surhumaines ». Les premières sont celles de l’humanité vicieuse et malheureuse : le buffle est veule, l’âne « enveloppe toutes ses vertus de gris » et « crée le monde à son image / Autrement dit / Aussi bête que possible », le chameau est servile car « Il exige la souffrance », le cochon est « volupté impure », la tarentule est le monstre « du ressentiment », car elle « prêche l’égalité », ce en quoi brille une perspicacité redoutable. Quant au chat, il est hélas chargé d’une bordée de vices. Heureusement les secondes sont le dépassement des premières : l’aigle jouit d’une sérénité solaire, les colombes sont la paix de l’âme, le lion est la volonté, enroulé sur lui-même, le serpent est l’éternel retour du même, ce mythe qui n’est pas la meilleure conquête du philosophe de Sils-Maria.

         Comme autant de petites fables aux qualités inégales, mais à la limite parfois du koan zen, Michel Onfray distille en ses animaux un talent inattendu. L’agneau sacrifié, cuisiné « de sauge » et d’ « énigmes », sert « à nourrir le philosophe / À l’estomac d’oiseau ». S’il n’a commis qu’une modeste réécriture d’oiseau, Michel Onfray s’est autant amusé qu’il amuse son lecteur, ainsi efficacement initié à la philosophie de Nietzsche[1]. Quand ce dernier est un aigle, quel animal est donc Michel Onfray ? Paon philosophique ou chouette de Minerve ?

       L’animal Diogène était-il un « Précurseur de la décroissance » ? Ce pour reprendre le nom de la collection publiée par les éditions du Passager clandestin. Certes, notre philosophe pour le moins bourru parait pouvoir, non sans un brin d’abus, être enrôlé sous la bannière idéologique, verte, trop verte, des écologistes, qui prônent la décroissance des activités humaines, forcément polluantes et destructrices, non durables et antinaturelles, des activités de ces chiens de capitalistes dont le cynisme est sans discernement condamné par ce gauchisme rouge qui croit se refaire une conscience en verdissant. « Une croissance infinie de la production et de la consommation matérielles ne saurait être tenable dans un monde fini », annonce le prêt à penser de la collection. Derrière l’apparence inéluctable de l’antithèse se cache une argumentation spécieuse : un, loin de décroître, une stabilisation devrait suffire ; deux, la population achève de croître en de nombreux pays jusqu’à une transition démocratique bientôt universelle ; trois, de nouvelles technologies rendent sans cesse obsolètes les modes de production et de consommations gourmands en ressources non renouvelables, voire épuisées ; quatre, l’humanité peut savoir rendre à la nature une vaste part de son intégrité, sinon toute. Enfin, quiconque veut s’adonner à la décroissance reste libre de le faire, à condition de ne pas l’imposer à autrui, en une doxa écologique bientôt totalitaire…

         Se priver de tout, jusqu’à son écuelle car les chiens lapent à même le sol ou la main, est-ce un cycle vertueux, anti-technologique et respectueux de la supposée pureté originelle de la nature ? À moins que Diogène, plutôt que sage dissident, ne soit qu’un vieux machin, un râleur antisystème, quel qu’il soit, donc sans le discernement nécessaire à la vertu politique. Rétorquer à la venue d’Alexandre « Ôte-toi de mon soleil », à rebours de la provocation contre la tentation de l’orgueil et de la saine pensée selon laquelle le roi est toujours nu, peut être compris comme un dommageable refus de penser le politique.

          Reste qu’Etienne Helmer, présentant son anti-festif héros comme le modèle de « la liberté dans la vie simple », de la « pauvreté volontaire », autarcique et frugale, et plus encore du « respect de la dignité humaine et de l’égalité », est un essayiste spécieux, tant la dignité humaine ne peut souffrir des inégalités si elles sont judicieuses et méritées, si elles contribuent, par leurs services rendus au développement, aux libertés individuelles… Or, il a le mérite insigne d’être un préfacier fort informé, voire érudit, avant de rassembler en ce petit volume les textes épars du chien. C’est en effet grâce aux Vies et doctrines des philosophes de l’Antiquité, par Diogène Laërce, écrit au IIIème siècle de notre ère, et dans une moindre mesure à l’empereur romain Julien ainsi qu’au Grec Lucien de Samosate, que nous conservons les bribes de la pensée du maître en chienneries.

        «  L’été, il se roulait dans le sable brûlant, et l’hiver, il tenait embrassées des statues couvertes de neige ». Après avoir falsifié la monnaie de Sinope, il cherche le bonheur de la vie simple, armé de son bâton et de ses bons mots pour frapper les consciences, quoique non sans orgueil (selon Platon). Ainsi, il s’étonnait que « les musiciens accordent avec soin les cordes de leur lyre, mais laissent désaccordées les habitudes de leur âme » ; il admirait « les esclaves qui, voyant leurs maîtres manger avec avidité, ne dérobaient pas une partie des mets ». Mieux, ou pire si l’on veut, « conduit dans une maison somptueuse par quelqu’un qui lui défendit de cracher, il lui cracha au visage en disant qu’il n’avait pas trouvé de meilleur endroit ». Pédagogue, il l’était à sa manière, rude, ou plus bienveillante : « Voyant un jeune homme s’appliquer à la philosophie, il lui dit : C’est bien de détourner la beauté de ton corps vers la beauté de ton âme. » Hélas, « il négligeait la musique, la géométrie, l’astronomie, et les autres sciences de ce genre, sous prétexte qu’elles ne sont ni utiles, ni nécessaires ». Hélas, selon Lucien, il regardait « le luxe comme un vice ».

 

        Prenons enfin nos distances avec ce cynique apôtre de la vertu et de la décroissance, avec toute cette « Eloquence digne des chiens ». Car, rappelle Erasme, cette formule d’Appius « est devenu, chez les érudits, un adage destiné à ceux qui appliquaient leur étude de l’éloquence à la calomnie ; ils ont reçu leur épithète des aboiements des chiens, car la lettre « r » qui est à l’initiale du mot rixando [en se bagarrant] est appelée lettre de chien »[2]. Diogène n’a-t-il pas calomnié le luxe ? S’il est forcément opposé aux cyniques d’aujourd’hui (sans compter que le cynisme est toujours celui de l’autre), on peut supputer qu’il se serait fortement opposé à tous ses commentateurs (y compris le modeste auteur de cet article). Or, reprend Diogène, non sans contradiction avec lui-même, « tout ce qui est en excès est désirable, sauf l’excès de parole ».

 

Thierry Guinhut

La partie sur les Fragments inédits a été publiée dans Le Matricule des anges, octobre 2014

Une vie d'écriture et de photographie

 

 


[2] Erasme : Adages, 1334, Les Belles Lettres, 2011, volume II, p 234.

 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 16:03

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Montagne Noire :

 

Journal de marche, photographies

 

et triptyques géographiques.

 

 

Thierry Guinhut : Montagne Noire,

 Presses du Languedoc, 1991, 98 p, 185 F.

 

 

 

 

 

          Entre Tarn et Aude, la Montagne Noire doit son nom à sa sombre couverture forestière. La beauté farouche et contrastée de ces versants atlantique et méditerranéen fascine et inquiète le voyageur qui, au hasard de sa promenade, découvrira des lieux tels que le Gouffre de Malamort, le bois du Trou Obscur, le Désert de Saint-Ferréol, la forêt de Crabemorte, l’Embut de Polyphème et autre moulin du Purgatoire…

        Thierry Guinhut, marcheur infatigable, nous révèle des itinéraires documentés et inédits à travers cette terre singulière où errance et contemplation favorisent le voyage initiatique. Ainsi se déploie sous nos yeux une montagne témoin et à l’écart du monde contemporain, une montagne métaphysique.

         L’auteur nous livre son journal de bord, proposant, grâce à des triptyques géographiques, une autre approche de l’espace, et une exploration en soixante-trois photographies en couleurs pour nous conduire sur les sentiers de la Montagne Noire et dans ses villes et villages découverts aux débouchés de routes solitaires. Ainsi s’ouvre une voie nouvelle de connaissance et de figuration du paysage. L’artiste ne prétend pas épuiser un espace, mais, à travers une marche-démarche, à travers un acte de regard contemporain, inviter le lecteur spectateur à initier sa propre aventure, nouvel accès à la Montagne Noire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caunan-Engelis, Labruguière, Tarn.      Photos : T. Guinhut.      Forêt de Montaud, Labruguière, Tarn.

 

 

   Février 1990

            Bientôt j’en eus assez de broyer un beau noir sur mes palettes cartonnées…

          Pendant sept heures, des trains successifs, pluie battante, bruine, grand beau peu à peu, m’amenèrent au pied de la montagne, dans ces villes, Aussillon, Mazamet, où des réunions de travail me laissèrent tout juste le temps furtif de de lever les yeux au travers des fenêtres vers des fragments urbains  dominés par de hauts contreforts boisés gris-roux.

 

   8 février

          Aussillon-village. Sous un ciel semi-couvert à couvert (comme un crépuscule sombre à dix heures du matin) dans une étroite et courte vallée, une usine de délainage semble, malgré sa cheminée muette au-dessus des branches, encore en activité. Dans une lumière couleur d’ardoise, un relent putride et salé monte d’un tas de déchets de peaux de moutons délainées dont on distingue le souple pointu des oreilles.

         Montée sous les châtaigniers, les hêtres, les chatons de noisetiers balancés comme au mouvement du marcheur. Je pousse un cri dans la montagne… Un de ces coups de poumons qui mènent le marcheur jusqu’au col… Bougre ! la suée… Au-delà du lac des Montagnès, la masse étalée du Pic de Nore. Grise, violette, noir et vert-sapin. Menant au sommet, la nécessaire et logue ascèse de la montée par le noir des sapinières. Je veux savoir pourquoi la montagne est « noire », pourquoi au-dessus du noir le sommet…

 

Photo : T. Guinhut.

 

          Puis, par à-coups, en voiture, transporté en des endroits divers. Le Roc du Bougre (où de méchants bougres médiévaux guettaient, dit-on le voyageur) et ses jardinets de jonquilles au flanc des abrupts schisteux, la porte peinte aux couleurs vives du Cabardès derrière l’église de Miraval, le roulement sombre des boules de nuées sur glacis de gris au-dessus de la ruine et du cimetière de Saint-Julien. Derrière un tombeau de marbre, une montagne de non-paysage, la mastaba des débris de mine de Salsigne. Cuivre, arsenic, or surtout dont les réserves s’épuisent, semant chômage et inquiétudes dans l’économie locale. L’or sent ici le noir de la terre, les fissures enfouies, les bancs de quartz aveugles. Je serais assez fou pour aller perdre un moment de ma vie, sinon ma vie, à gratter entre mes ongles, remué par le roulement de camions, menacé d’ensevelissement sous un sale éboulement, un minable et introuvable déchet aurifère.

          Marchant sous Pradelles-Cabardès, la montagne avait la tête sous un sac pour assister au crépuscule. Buées charbonneuses et mobiles… Il allait se passer quelque chose… Foutre, voilà la lumière, m’écriai-je, avisant un torchon mal lavé de ciel bleu, aussitôt balayé sous le couvert d’une noire roustée passée à la montagne. Au sortir du hameau des Jouys, une lourde bruine nocturne se mit à graisser ce qu’il restait de la haute vallée de l’Arnette. Dans l’invisible, dans le noir enfin, j’atteignis l’hôtel du Pic de Nore.

 

Montagne-Noire-OK.jpg

 

   13 février

          Au matin, une pluie massive continuait à ennoyer la montagne… Hier, au plus haut de ma marche interrompue, il m’avait semblé voir quelques gouttes s’alléger, virevolter… Au Pic de Nore, en effet, il avait neigé en effet, me dit-on. Je montais en voiture, le long de l’Arnette furieuse et grosse, contournant par vallées et cols secondaires un arbre tombé au travers de la route, rêvant d’accéder au blanc pur du sommet, au-dessus d’une masse crachineuse tombée. Hélas, dans le gris court du brouillard, une mince couche ne faisait que mollir là-haut sous une pluie tiède, les troncs noirs de la hêtraie nord se tortillaient contre un blanc conspué de poussières d’écorces, troué de taches pluvieuses.

          Il ne me restait plus qu’à descendre en versant méditerranéen, espérer là-bas une accalmie des pluies, manger la soupe à l’auberge de Lastours, devant trois murs de cartes postales du monde entier, accumulées par dizaines au carré. Dehors, il pleuvait dru.

         Comment, être là, au pied des tours cathares tronquées par le devers de la paroi, par l’averse, et ne pas être touché par la lumière des Parfaits !

 

Saussenac, La Livinère, Hérault. Photo : T. Guinhut.

 

           Le repas achevé, je me décidai néanmoins. Je dus m’abriter un quart d’heure dans un renfoncement de quartz grisé avant de reprendre sous un indulgent crachin. Et, quittant la route, posant mes pas dans les gradins aigus et mal assurés de la garrigue calcaire, une accalmie se fit, une lueur s’ouvrit. Je vis défiler, de blocs d’ombre en rais de lumière, contre un ciel déchiré, les tours Quertigneux, Fleur d’Epine, Régine et Cabaret, sur leur étroit piton. Me hissant entre les ruines, j’étais fou de lumière, comme ici les Cathares avaient pu être fous de leur Dieu, brassant en tous sens mon appareil photo, captant, maladroit, une révélation de lumière, non pour me dissoudre en Dieu par elle, mais pour me construire et m’élever en forme et en espace, ce dont l’image ne serait qu’un mince témoignage et la voie dynamique. Air et lumière, un tel vent pour me soulever, m’emporter le long de l’aspiration vers le haut impulsée par les tours, me souffler vers une  crête, un ciel autre…

          Puis, quelque chose se ferma dans la montagne, un capuchon de pluie couvrit la lumière ; je marchais vers Les-Ilhes sous un glauque après-midi, regagnant Mazamet nord et noir…

        En nuit, je songeais à ces Cathares intolérés, rasés au XIIIème siècle de la surface du Languedoc pour avoir aspiré à un Dieu parfait à leur gré. Mais comme ces « Parfaits », vêtus de noir, marcheurs eux aussi, trop « parfaits » pour supporter ce qu’autre ils nommeraient « imperfection », comme ces « hérétiques » sonnent comme « fanatiques »… Comme ma perfection, du moins ces essais dans le voir et le faire, qui n’est ni déiste, ni dualiste en séparant si arbitrairement le monde en bien et en mal, ni méprisante du corps et de ses œuvres terrestres, qu’ils auraient imputés au diable, leur semblerait impure ! J’aime ici l’alternance et le mêlé indémêlable du noir et du blanc ; et même si, non sans humanisme, je ne suis certes pas thuriféraire du mal, bien malin qui saura séparer le blanc du noir. Une Montagne Noire passée toute entière au blanc -au-delà même de l’enneigement, car il resterait l’ombre- serait mort des couleurs, disparition, hors-être…

 

 

Photo : T. Guinhut.

 

   8 avril

       Depuis Labastide-Rouairoux, ses fabriques et filatures dominées par le premier vert tendre des châtaigniers, j’abordais la frange est de la Montagne Noire. Aux Verreries-de-Moussans dont le nom dit l’activité des verriers jusqu’au XVIIIème siècle, au-dessus d’une maison peinte en rouge-vif, bleu-roi et safran, le ciel écharpe ses dernières vapeurs matinales. Passage en versant méditerranéen au col de Serrières, cerisiers en fleurs et chênes verts dans la descente. Soudain, une image de terroir convenue : un berger et ses moutons auprès d’une chapelle à crépi rose à Cassagnoles. C’était pourtant là, comme par miracle, ou comme arrangé d’avance pour l’image et le symbole. Symbole usé cependant, le berger menant son troupeau vers l’église-mère, derrière les vignes du Seigneur, vie impensable aujourd’hui, fausse Arcadie où ce berger aussi était, bouffant des châtaignes trois cent-soixante jours l’an.

 

Photo : T. Guinhut.

 

          Sur les fondations arasées d’un rocher ocre, une garrigue éclatante de soleil, lavandes et genets en fleurs à Saint-Julien-des-Molières, puis un vignoble épousant les formes possibles entre les rocs calcaires à Saussenac. Je me défaisais de toute pensée, tout entier usurpé par cette fête du regard, la lumière seule dépliait, révélait le paysage entier, je ne savais que voir, m’étourdir, me cantonner et me dire avec le voir, dire par le cadre justement parfait de ma photographie, étonnement et jubilation de voir, voir jusqu’à la vision, jusqu’à je suis la forme qui est là, que je découpe et dispose là… Un instant, je suis en moi cet équilibre et cette beauté auxquels le paysage et mon geste de vision m’ont permis de parvenir. Face et versant or méditerranéen après le noir et vert du nord atlantique, fragments encore des bonheurs visibles du paysage, parce que conservé-délaissé, paysage-musée peut-être… Paysage que je construisais par la photographie, image artificielle, par la rigueur, l’équilibre et la complétude de ses éléments.

         À Notre-Dame-du-Cros, je m’insinue dans un canyon miniature et retiré, intouché du monde, marbre buriné, gouge et ciseau des eaux, poli jusqu’à ses veines roses. Plus haut, un coin de roc gris-bleu pris dans la mortaise des parois, ferme le ruisseau asséché. Dans le même marbre, taillé en obélisque sur la place de Caunes-Minervois, une phrase, incisée au-dessus d’une bouche à eau, dit combien le temps s’enfuit. Combien en Montagne Noire le paysage est prodigue en inscriptions, nominations, injonctions humaines et métaphysiques…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

Photo : T. Guinhut.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 08:37

 

Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Alejandra Pizarnik,

la comtesse aux poèmes de sang et de silence.

 

 

Alejandra Pizarnik : Journaux 1959, 1971,

traduit de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard, José Corti, 370 p, 24 €.

 

Les Travaux et les nuits, La Comtesse sanglante,

traduits par Jacques Ancet, Ypsilon, 80 p et 76 p, 17 € chaque.

 

César Aira : Alejandra Pizarnik, un pur métier de poète,

traduit par Susana Penalva, Revue Nunc / Editions de Corlevour, 112 p, 19 €.

 

 

 

      Dépressive jusqu’au suicide, poète jusqu’à l’exigence de concision et de perfection, telle fut Alejandra Pizarnik. Elle tint son nom étrange d’une famille juive polonaise qui eut la chance d’émigrer en Argentine avant l’arrivée au pouvoir du nazisme, et son prénom d’une involontaire éviction administrative, alors qu’elle était née Flora en 1936. Jusqu’à sa mort volontaire en 1972, elle n’eût de cesse de vivre en poète, uniquement en poète, et seules les morsures d’une dépressive mélancolie l’empêchaient de réaliser pleinement cette assomption. Comme sa Comtesse sanglante, « elle vivait devant son grand miroir sombre, le fameux miroir dont elle avait elle-même dessiné le modèle ». Infailliblement, ses amples récits, ses brefs poèmes, ses Journaux d’études et d’angoisses, renvoient pour nous, en leur miroir sombre, le destin et l’acuité métaphorique de son écriture.

 

« Je réunissais des mots très purs

Pour créer de nouveaux silences »

      Si seulement les mots de ses vers et de ses phrases avaient pu avoir la fonction thérapeutique définitive, hélas si provisoire, qu’elle avait rêvée. Trente-six années seulement pour tenter de dresser devant la mort, sa mort désirée, sa « comtesse sanglante » fascinatrice, un mur de poésie suffisamment pur… Plaintes, hantise de l’amour refusé, souffrances remâchées, accelerando tragique courent avec une lente vélocité parmi les pages des Journaux, vers un dénouement annoncé : « Ne pas oublier de se suicider », note-t-elle en 1962. Mais c’est dans la « forêt d’images » de la poésie que ces plaintes trouvent leur antidote, leur quintessence, que le réel et le vide qui la cernaient ne trouvèrent pourtant pas assez persuasive.

      En ces Journaux qui ne sont qu’un choix parmi une vingtaine de cahiers, sa « solitude est faite de chimères amoureuses, d’hallucinations ». La folie la guette ; à moins qu’il s’agisse d’un souhait : « Ne plus jamais sortir des rêves ». Elle se voit « laide », elle est « une incarnation de tous les péchés capitaux ». Maniaco-dépressive, elle se nourrit de sa douleur et cultive sa morbidité : « Je sais que je naitrai morte ». Son irrépressible besoin d’amour est celui d’une petite fille autant que celui d’une sexualité vorace et vaine, parfois bisexuelle. Une fin psychiatrique l’attendait, avant de s’administrer un psychotrope massif et définitif. Un an avant sa disparition, elle écrivit : « Mon besoin de tendresse est une longue caravane ».

 

 

La pose littéraire colle à la peau de l’auto-clinique psychologique. Quand le contrepoison, ou le supplément d’addiction, sera l’écriture : « Je pressens un langage à moi, un style qui n’a jamais existé. » Pourtant, elle déchire tant de ses textes, déchirée entre son peu de prise et sa maîtrise : « Je le possède, oui, mais je ne suis pas ce langage ». Ces poèmes en prose sont sans cesse amendés, sa tentative d’écrire un roman sera un échec : « Ma méthode de correction débouche sur la poésie pure, sèche et aride. » Elle se sent séparée de ses œuvres les meilleures : « Je ne peux pas croire que c’est moi qui ai écrit la prose sur la comtesse ».

Etrange comme ces pages de Journaux sont prenantes, intenses, émouvantes, de par et malgré les tourments d’un esprit qui se débat dans un corps et parmi les autres, dans sa solitude, quoiqu’elle n’eût pas manqué d’amis. Une intensité adamantine et violacée explose de jour en jour ; jusqu’à la combustion prévisible de la locutrice. Son art est « terriblement bref et intense comme la mort ». Curieusement, elle fut intensément éditée, admirée en Argentine, alors que la France, où elle passa quatre années, devenant amie avec Breton, Paz, Cortazar, Mandiargues et Michaux, lui reste passablement imperméable, ce malgré bien des éditeurs courageux. Quant à ses lectures abondantes, elles oscillent entre rejet (Don Quichotte) et identification (Pavese). Artaud, surtout Le Pèse nerfs, Les Frères Karamazov la fascinent. La psychanalyse la dévore avant qu’elle l’abandonne. Si philosophie, journalisme et peinture firent le lit de ses études et de ses modestes emplois, seule la tension vers le sang de la métaphore la porte vers une autre dimension intérieure.

 

 

Elle n’est évidemment pas qu’un épigone du surréalisme. Au point qu’elle disciplina l’écriture automatique, pour en contrôler le résultat, et le tailler en ses vers. Au travers du drame du langage, il s’agit de se trouver autant que de trouver sa plus pure expression. En ce sens chaque poème des Travaux et les jours est un éclat d’autoportrait :

« Du combat avec les mots cache-moi,

éteins la fureur de mon corps élémentaire. »

À moins qu’il s’agisse d’un vertige autobiographique :

« Tu as fait de ma vie un conte pour enfants

dans lequel naufrages et morts

sont prétextes à des cérémonies adorables »

Le flamboiement des images, vigoureuses dans leur concision, s’associe à des antithèses surprenantes, à des paradoxes. L’amour, l’autre, fantasmé ou vécu, imprime son sceau incisif ; car il est « Embusqué dans [son] écriture ». Cependant, elle ne cesse de se risquer sur la falaise extrême du poème, auprès de son vide :

« je réunissais des mots très purs

pour créer de nouveaux silences »

Cette exigence de pureté se heurte à son contraire, à son impossibilité :

« une tribu de mots mutilés

cherche asile dans ma gorge »

La confrontation tragique atteint alors la fulgurance :

« ne me livre pas

très triste minuit

au midi impur et blanc »

À la lisière de la poésie philosophique et du haïkaï, l’ « Horloge » devient une allégorie :

« Dame toute petite

logée dans le cœur d’un oiseau

elle sort à l’aube et prononce une syllabe

NON »

Faute de lire une édition bilingue de ces miniatures, on aura du mal à juger de l’exactitude de la traduction. Pourtant la restitution de Jacques Ancet possède une évidence et une fulgurance remarquables qui augurent merveilleusement de la beauté de l’écriture originelle de notre Alejandra. Qui serait une petite sœur poétique d’Octavio Paz, mais beaucoup plus resserrée sur elle-même, sur l’os de son intériorité torturée qui tente de trouver son cristal lyrique, à la limite de l’aphonie.

 

 

Maladivement et extatiquement fascinée par les tentations et les figures de la mort, Alejandra Pizarnik se réincarne-t-elle littérairement dans sa Comtesse sanglante ? S’il est risqué d’engager une lecture biographique à la Sainte-Beuve, il est loisible de tenter une lecture fantasmatique : repoussoir fascinant ou désir inassumé ; à moins qu’il ne s’agisse de la part de la poète que d’une posture esthétique assumée. Elle fut stupéfiée par le livre, aussi érudit que poétique, de Valentine Penrose[1] sur la fameuse Hongroise Erzsébet Bathory (1560-1614), qui, selon la légende, assassina 650 jeunes filles. De suite, elle va pratiquer l’art de la réécriture, dégageant la substance fantasmatique pour aboutir à un poème en prose, par tableaux successifs, dangereux et sensuels, comme en une épure baroque : « la comtesse la mord frénétiquement et la transperce d’aiguilles […] on verse l’eau sur son corps et l’eau se change en glace ». Les tortures se succèdent en une anthologie digne de Sade[2], qui donnerait envie de lâcher un livre si inutile, si complaisant, s’il n’avait été écrit que par ce dernier, s’il n’était relevé par l’esthétisme glacé de l’écriture d’Alejandra, impassible et colorée : la comtesse ne se baignait-elle pas, encore une fois selon la légende, dans le sang de ses pauvres victimes, dont personne ne parait avoir pitié, pas même notre poète. Ce en quoi l’héroïne abjecte de cette œuvre d’art paradoxale -au sens où toute éthique l’a abandonnée à jamais- apparait comme un précurseur de Dracula[3]. Elle ne fut que condamnée « à la prison perpétuelle en son château »…

Alejandra Pizarnik pratique-t-elle le masochisme en écrivant de telles pages ? Essaie-t-elle de recueillir la jouissance rouge de la tortionnaire « en transes » ? Garder en sa distanciation plastique l’apparente indifférence du rapport factuel et judiciaire n’empêche pas d’imaginer une fantasmatique identification, grâce à laquelle la littérature devient peinture et pertinence psychologique : « la pamoison sexuelle nous pousse à des gestes, des pamoisons de mort ». Cette comtesse était « mélancolique » et probablement « épileptique », à cause d’une généalogie consanguine ; elle traitait ses migraines avec « une colombe blessée mais vivante sur le front ». On devine que ces images aussi fastueuses que terribles faisaient palpiter Alejandra, comme en son miroir, ou son contre-miroir. Que cette créature maléfique lui offrait une aura de magie noire et rouge : « pour un instant -soit du fait d’une musique sauvage, d’une drogue ou de l’acte sexuel à son maximum de violence-, le rythme très lent du mélancolique non seulement parvient à s’accorder au monde extérieur, mais à l’excéder en une démesure, un bonheur indicible ; et le moi vibre, traversé d’énergies délirantes. » En ces poèmes en proses stylisés, ne parlait-elle pas d’expérience, non au sens criminel, mais au regard de la mélancolie ? Reste qu’Alejandra sait conclure en jugeant son personnage : « Elle est une preuve de plus que la liberté absolue de la créature humaine est horrible ». À moins que l’on puisse y lire, comme Jacques Ancet en sa postface, une préfiguration de la dictature sanglante argentine à partir de 1976…

 

 

Une synthèse essentielle sur l’œuvre d’Alejandra Pizarnik nous est obligeamment fournie par César Aira qui éclaire son « pur métier de poète » au moyen de quatre conférences. On se souvient de César Aira, narrateur de voyages de peintre et peintre de montagnes[4]. Sa plume d’essayiste est tout aussi précise, évocatrice et analytique. Même si Alejandra « a toujours manqué de l’élan narratif », il observe que « le moi critique [est] aux commandes de l’écriture automatique », ce qui lui permet de dépasser les facilités du surréalisme. Il n’y a chez elle « aucun déguisement utopique ou idéologique, mais un objectif unique et explicite : écrire de bons poèmes ».

Pour qui veut caresser de près l’esthétique scripturale d’Alejandra Pizarnick, le propos de César Aira est essentiel, observant combien « sa poésie s’est exclusivement nourrie de termes soutenus ou nobles », combien un lexique aussi peu nombreux que prestigieux irrigue sa pensée et ses images. Son « minimalisme » n’en est pas moins chatoyant, car « c’est la configuration des éléments qui fait l’art, et non pas les éléments en soi. » Avec une rare efficacité, il ausculte son art de la brièveté, « son sens » audible « dans la confession et le pathétique », sa « volonté de pureté », la « dislocation du sujet », « la négativité et le nocturne », comme dans Les Travaux et les nuits ; sans compter le rappel de la folie de ses écrivains favoris : Hölderlin, Nerval, Artaud…

 On sera cependant moins enthousiaste envers César Aira lorsqu’il clame qu’ « avec elle la poésie est morte » : l’on sait combien les grandes annonces de clôtures apocalyptiques en art sont aussi péremptoire que rapidement démenties, même s’il faut avec lui prendre en compte l’ironie postmoderne qui affecte la noblesse de la poésie du passé...

 

Fatale Princesse de sa propre vie, Alejandra Pizarnik, a quitté les désordres et les tortures mentales pour ne nous en laisser que la substantifique essence, ces proses colorées, ces poèmes épurés ; et cependant d’une intensité qui nous touchera encore longtemps.  La comtesse de la poésie, dernier « poète maudit », entre noire mélancolie et blancheur du silence, entre sang de ses poèmes en prose et spiritualité sans dieu de sa pensée, reste néanmoins un universel mystère : comment peut-on vivre une telle vie d’angoisses et la clarifier avec tant de netteté dans l’insolent diamant noir de la poésie ?

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Valentine Penrose : Erzsébet Bathory, la comtesse sanglante, L’Imaginaire, Gallimard, 1984.

[4] César Aira : Un Episode dans la vie du peintre voyageur, André Dimanche, 2001.

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:19

 

Santa Maria de Sobrado, Galicia. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

Michel Delon : Sade, un athée en amour.

 

 

Michel Delon : Sade, un athée en amour,

Albin Michel / Fondation Martin Bodmer, 336 p, 49 €.

 

 

 

        Le mythe Sade envahit, déniaise, excite, fascine, empuantit les bibliothèques, jusqu’au trop plein, jusqu’à déborder d’indulgence pour son exercice raisonné et irraisonné du mal. De 1740 à 1814, il vécut pour jouir et penser, pour fantasmer et écrire des récits obscènes et d’une cruauté inouïe, qui culminent en l’obsessionnelle calligraphie des Cent vingt journées de Sodome, sur un long rouleau de papier alors qu’il était embastillé. Donatien Alphonse de Sade eut pourtant pour lointaine ancêtre Laure de Sade, dont les sonnets de Pétrarque chantent les vertus. Ce qui ne l’empêcha en rien de devenir ce satanique Marquis de Sade, pervers et criminel en ses pages… Plutôt que l’amour des exactions de ses personnages, mieux vaut l’amour d’un beau livre, grâce à Michel Delon qui réunit à la Fondation Bodmer de Genève, entre les pages de Sade, un athée en amour, et entre nos mains, une iconographie absolument somptueuse. Il est cependant permis de se demander jusqu’où peut nous mener la philosophie du divin Marquis, ainsi nommé par antiphrase, à moins qu’il s’agisse d’un fascinant Moloch, d’une allégorie du Mal…

 

         Dans la lignée des chercheurs et éditeurs Gilbert Lély et Jean-Jacques Pauvert, Michel Delon met sa passion pour Sade, moins au service d’une idéologie suspecte que d’une démarche muséographique et bibliophilique. Un des extrêmes de la pensée et de l’écriture de notre civilisation, quoique l’on doive en juger, ne doit-il pas être conservé, exposé, critiqué ? Ainsi cent quarante documents précieux émaillent ce fort volume, élégamment et rigoureusement conduit par les soins conjugués de Michel Delon, spécialiste des Lumières, et de la Fondation Bodmer qui, en ses murs de Genève, expose cette collection ahurissante.

         En ouverture, Michel Delon se livre à un éloge bienvenu de son scabreux héros. Le maître en athéisme confie, avec un talent rhétorique exceptionnel, sa voix aux persécuteurs qui initient Justine aux « malheurs de la vertu », à la supérieure du couvent où Juliette connait « les prospérités du vice », à Dolmancé et Madame Saint-Ange, les « instituteurs immoraux » de La Philosophie dans le boudoir. Michel Delon pointe alors la « dénonciation des freins religieux et sociaux ». Empruntant son titre, Un athée en amour, à un obscur contemporain de Sade, Pigaut-Lebrun, il examine en son Marquis « la question d’un amour sans illusion religieuse, ni garant métaphysique ».

         Tout à fait étonnante est l’apparition d’un tableau et des gravures représentant Laure, dont la légende pétrarquiste a fait le lit des plus beaux sonnets. Quelle antithèse extraordinaire nous ont fourni les hasards de la descendance et de l’Histoire, du XIVème siècle au XVIIIème siècle, de l’amour courtois au sadisme, de l’humanisme à la Terreur révolutionnaire ! À partir de 1764, l’oncle de l’auteur des Cent vingt journées de Sodome, l’abbé de Sade, publia en effet trois volumes de Mémoires pour la vie de François Pétrarque, dans lesquels il affirmait cette prestigieuse généalogie. Ainsi (qui l’eût cru ?), Sade en sa Bastille devient admirateur de ce pur amour idéalisant la jeune Laure… Passerat-il le reste de sa vie de graphomane à se venger de cette parfaite figure inatteignable ? Les sacrilèges contre la beauté de la vertu, contre la beauté du corps seront en son œuvre innombrables. Où la laideur devient également désirable et sublime. Quand les romans historiques et convenables du Marquis tentent de s’afficher, ils cachent de plus terribles littératures clandestines à l’ « âme noire ». Aussi noire que la biologie créatrice de fantasmes de celui qui passa plusieurs années enfermé parmi les fous, à Charenton. Et qui mit ses talents d’argumentateur philosophique hors pair au service des « prospérités du vice ». Or, à l’égard du styliste élégant dans Aline et Valcour, et du maître en dissection des jouissances cruelles, entre matricide et incestes sanglants, Michel Delon manie le paradoxe en écrivant : « Sade retrouve finalement Pétrarque dans l’exigence du style ». Vingt-sept ans de prison pour la suprême liberté et compensatoire  d’écrire, était-ce trop cher payé ?

         Plus loin, en effet, grâce à Jacques Berchtold, l’on saura tout sur la Bastille et autres châteaux qui enfermèrent le Marquis, pour « pratique sexuelle cruelle et blasphématoire » et autres affaires de mœurs. Maquette de cette Bastille, gravures anciennes du château de Vincennes, de l’hospice pour malades mentaux de Charenton, photographies époustouflantes de Saumur, de Miolans (en Savoie) ponctuent avec soin et splendeur ce livre. Au point que l’on se prenne à rêver de l’excellente « cellule de l’espérance » avec vue montagneuse pour séjour d’écrivain… Le livre alors vagabonde sur les traces des deux voyages en Italie effectués et narrés par Sade. Où il observe le Vésuve, ce qui lui est occasion d’imaginer de précipiter dans sa gueule de lave une des malheureuses héroïnes de l’Histoire de Juliette : la princesse Borghèse. L’on découvre enfin un Sade polymorphe, dramaturge et metteur en scène à Charenton, lecteur prodigieusement cultivé, ce dont témoigne son Idée sur les romans ; un Sade « obsessionnel méthodique » en ses manuscrits (selon Jean-Christophe Abramovici).

        Sous sa superbe couverture volcanique, le livre révèle bientôt les gravures attendues, et publiées sous le manteau en 1797, d’un texte peut-être « irreprésentable », selon Christophe Martin. Elles sont en effet  absolument indécentes et obscènes, à moins que naïves et grotesques, là où les accumulations de corps nus s’empilent et se suspendent comme dans un cirque, et sont bien dignes du plus émoustillant enfer des bibliothèques, aussi bien à destination des érotomanes que des bibliophiles. Venues des rarissimes éditions originales du vivant de Sade, qui en étaient probablement l’auteur, elles s’étalent ici avec exactitude. C’est également à ce titre que ce beau livre est précieux, car ces cent gravures de La Nouvelle Justine et l’Histoire de Juliette, si elles ont été déjà reproduites en fac-simile, (mais pas avec le même soin) ne figurent trop souvent que dans des volumes épuisés et recherchés, aux éditions Obliques Borderie, ou sans même la moindre mention d’éditeur. Sans oublier l’hallucinant rouleau des Cent-vingt journées de Sodome aux douze mètres d’une lilliputienne graphie, embastillé lui aussi ; les nombreux manuscrits et lettres ici miraculeusement lisibles…

         On n’omettra pas de faire honneur à des illustrations plus récentes de l’œuvre sadienne : entre l’art raffiné d’Hans Bellmer et les silhouettes rondouillardes et parodiques de Dubout, on s’amuse des couvertures du Spiegel, témoignant de la sulfureuse fortune germanique du Marquis. À l’histoire de la lecture du scandaleux auteur au cours des XIXème et XXème siècles, Daniel Maggetti ajoute la réception de « Sade en pays de Vaud », puisque l’exposition est sise en la Fondation Bodmer, au bord du lac genevois. L’écrivain, que l’on pourrait qualifier de Pape de l’obscénité, est évidemment l’objet de la fascination des collectionneurs : au détour d’un entretien avec Pierre Leroy, on découvre un cadenas du château d’enfance de l’écrivain, des lettres inédites et retranscrites avec minutie, des éditions originales, aux couvertures de papier dominoté… Le catalogue aux cent quarante-quatre pièces est suffocant : du moulage du crâne de Sade en personne à son testament autographe, en passant par le buste du même, mais comme fait des pierres de bronze de la Bastille, d’après le dessin de Man Ray…

 

Sade-Athee-en-amour.jpg

 

        Concédons que les pires œuvres sadiennes, qui culminent avec le délirant catalogue de massacres à la fin des Cent-vingt journées de Sodome, ne sont à peu près que les fantasmes d’un incarcéré à la Bastille, quoiqu’il se livra de facto à quelques exactions qui n’étaient pas peu graves sur des femmes de son temps. Mais il est assez curieux de constater combien d’intellectuels du XX° siècle ont été aimantés, charmés, par Sade, entre les surréalistes et les thuriféraires de Tel Quel, pour lesquels on imagine sans peine que le goût de l’interdit, des transgressions, et, in fine des libertés intellectuelles, fut un utile aiguillon. Sauf que leurs passions politiques confinant par ailleurs trop souvent avec Trotski, Mao ou les extrêmes de la gauche anticapitaliste, on peut légitimement s’inquiéter de la confluence, voire de la similitude de ces deux admirations pour la tyrannie. Pourquoi le XX° siècle a-t-il pris Sade au sérieux ? se demanda Eric Marty[1], énumérant Klossowski, Adorno, Bataille, Blanchot, Foucault, Sollers, Barthes, Deleuze, qui mirent leurs plumes au service d’un culte sadien au demeurent suspect. Les analyses discutables de ces derniers, entre éloge de la transgression et survalorisation d’un écrivain victime du diktat moral, sont pourtant loin d’être ridicules, et parfois d’une rare pertinence : « sans doute, la vision d’une société à l’état de criminalité permanente se présente comme une utopie du mal », commente par exemple Klossowski préfacier, ajoutant en note « cette méthode, aujourd’hui, est la technique et l’industrie de l’état totalitaire[2] ». Cependant cette pléiade de modernes tourne autour de Sade comme des mouches auprès du miel qui va les engluer. Veut-on passer pour un esprit fort, au-dessus des préjugés et des lois ? Bravade post-adolescente et pose philosophique ? Identification de la libido dominandi sadienne à la libido dominandi de l’intellectuel ? Il est curieux que ceux qui prétendent par ailleurs lutter contre le pouvoir et l’aliénation éprouvent une telle fascination pour cette contre-icone qu’est Sade. Sade devient un outil politique, au service du déni anti-bourgeois de la morale, puis une source de gloses ludiques, avant que Pasolini, lui qui savait être amoureux[3], mette en scène Salo ou les 120 jours de Sodome, où d’infects fascistes torturent, y compris au moyen de l’énucléation, une troupe de jeunes gens nus. C’est ainsi qu’en 1976, il mit ces intellectuels le nez dans leur caca : même si la réduction du fascisme à l’extrême droite, en particulier nazie, aux dépens du communisme, était une cécité bien partagée, l’admirable récit sadien n’est qu’une illustration du comportement fascistoïde.

        Avec sa proverbiale perspicacité, Hannah Arendt a su pointer le problème dans Les Origines du totalitarisme : « Les écrivains de l’après-guerre n’avaient plus besoin des démonstrations scientifiques de la génétique, et se référaient peu ou pas aux œuvres complètes de Gobineau […] Ils ne lisaient pas Darwin, mais le Marquis de Sade. […] Pour eux la violence, la puissance, la cruauté étaient les qualités suprêmes de ces hommes qui avaient définitivement perdu leur place dans l’univers et qui étaient trop fiers pour appeler de leurs vœux une théorie du pouvoir qui les réintègreraient dans le monde, en toute sécurité. Ils se satisfaisaient d’être les partisans aveugles de tout ce que la société respectable avait banni, sans considération de théorie ou de contenu, et ils élevaient la cruauté au rang de vertu cardinale parce qu’elle contredisait l’hypocrisie humanitaire et libérale de la société »[4].

        Si Sade est l’aboutissement extrême des Lumières, ce n’est pas après avoir abattu les fausses idoles de la morale corsetée et de la religion qu’il faut se déprendre du droit naturel de chacun à la liberté. Le libéralisme de Montesquieu, de Voltaire et de Kant, y compris le libertinage du XVIIIème, est à l’exact opposé de La Philosophie dans le boudoir, qui n’a que le mérite rhétorique de donner une justification philosophique spécieuse aux démons du roman gothique[5], ainsi délivrés du remord et ivres de leur toute puissance sexuelle coercitive : « Aussitôt qu’il est démontré que le crime lui plait, l’homme qui la [la nature] servira le mieux sera nécessairement celui qui donnera le plus d’extension ou de gravité à ses crimes […] il a servi la nature par l’action qui plait le mieux à cette nature sanguinaire dont le crime entretient l’énergie et qui ne se nourrit que de crimes.[6] »

         Certes la prose romanesque d’Aline et Valcour est d’une facture remarquable, et les talents dialectiques de l’argumentation sadienne étourdissants. Comme le « Dialogue entre un prêtre et un moribond », dans lequel ce dernier récuse vertement tous les dieux : « Que vois-je au lieu de cela dans tout l’univers, autant de dieux que de pays, autant de manières de servir ces dieux que de différentes têtes ou de différentes imaginations, et cette multiplicité d’opinions dans laquelle il m’est physiquement impossible de choisir serait selon toi l’ouvrage d’un dieu juste ? » Ce moribond est bientôt plus juste que Sade : « A Dieu ne plaise que je veuille par-là encourager au crime […] La raison -mon ami, oui, la raison toute seule- doit nous avertir que de nuire à nos semblables ne peut jamais nous rendre heureux, et notre cœur, que de contribuer à leur félicité, est la plus grande pour nous que la nature nous ait accordé sur la terre ; toute la morale humaine est enfermée en ce seul mot : rendre les autres aussi heureux que l’on désire de l’être soi-même et ne jamais faire plus de mal que nous n’en voudrions recevoir. »[7]. Puissent les lecteurs de Sade suivre cet excellent précepte !

Sade aux éditions Jean-Jacques Pauvert. Photo : T. Guinhut.

 

      Plutôt un athée en sexualité qu’en amour : pourquoi ? S’il faut admettre que le Marquis, comme tout un chacun, put être amoureux, et fut résolument athée, la sexualité de ses personnages, qu’il s’agisse de Dolmancé ou de ceux de La Philosophie dans le boudoir, n’est pourvue d’aucun sentiment d’amour, ni pour autrui, ni pour l’humanité. Ni philia au sens grec, ni caritas au sens chrétien. Tout juste l’amour démesuré de soi et de sa jouissance, tout juste une relative complicité dans le crime avec ses compagnons d’orgie. Jouissance irrépressible de la violence, pulsion de mort, domination quasi divine exercée sur l’autre, réduction satanique de l’autre à la victime souffrante et d’autant plus jouissive, répétition obsessionnelle de l’expulsion orgasmique. Y compris dans la sexualité, il n’y a pas de dieu chez Sade, pas même l’instinct de reproduction qui pourrait être une soumission à la nature, sinon à un dieu. En la brièveté de sa vie, l’homme, mais aussi quelques maitresse-femmes, non seulement n’a rien de sacré, mais s’ingénie à profaner les traces convenues du sacré. À l’époque du préromantisme triomphant, l’amour est rayé de la carte par Sade, autant que Dieu. Ne reste alors que la noria d’une sexualité qui épuise son imagination dans d’infinies postures et scénarios, sans cesse mue par son allié le plus noir : l’excitation tyrannique, y compris par des moines luxurieux en diable. Tyrannie qui s’exerce contre soi, puisque le héros sadien ne peut ni ne veut échapper à la chaîne sans fin de ses désirs nerveux, et a fortiori contre toute victime réduite à l’état de belle viande-objet consommable, destructible et jetable. Ce dans les cris irréfragables de la toute-puissance, et de la toute impuissance, illusoires devant le néant qui nous attend tous. Ce en quoi le sadisme est néanmoins une inquiétude métaphysique autant qu’un système politique réunissant, d’Héliogabale à Staline, en passant par Robespierre, cet exact contemporain de Sade, tous ceux à qui le pouvoir absolu permet cette ivresse du sexe et du sang d’autrui, et qu’on appelle perversion. Au point que le héros sadien soit le prototype achevé du Fasciste (rouge, brun ou vert qu’importe), point nodal sur lequel le doigt de Pasolini s’est exactement posé.

        Relisons quelques perles des personnages de La Philosophie dans le boudoir : « La destinée de la femme est d’être comme la chienne, comme la louve : elle doit appartenir à tous ceux qui veulent d’elles[8] ». Et encore, c’est une femme, Mme de Saint-Ange, si bien nommée, qui parle. Sous les espèces du dialogue philosophique, l’éloge du libertinage et le blâme d’une morale ligotée, la surexcitation forcenée, puis les extrémités de la violence préparent l’acmé des Cent-vingt journées de Sodome qui n’est qu’un camp de tortures et d’exécutions sexuelles… Quoique Sade, dans une note, prétende qu’il ne faille pas confondre  « l’absurde despotisme politique avec le très luxurieux despotisme des passions de libertinage »,  Dolmancé est bien un tyran sexuel qui conclut sa carrière ainsi : « Je ne mange jamais mieux, je ne dors jamais plus en paix que quand je me suis jamais souillé dans le jour de ce que les sots appellent des crimes[9] ». L’éloge du vol et du meurtre culmine dans « Français, encore un effort si vous voulez être républicains[10] », essai délibératif inséré dans le cinquième dialogue, et qui se veut un système politique complet, inexcusablement tyrannique.

        Une célèbre conversation des Frères Karamozov semble confirmer le postulat sadien : « Que faire, si Dieu n’existe pas, si Rakitine a raison de prétendre que c’est une idée forgée par l’humanité ? […] Pour Ivan, il n’y a pas de Dieu. […] Alors, tout est permis ?[11] » Dieu n’existant pas, le philosophe dans le boudoir s’affranchit de toute autorité morale, érige son caprice sexuel en liberté absolue, en infatigable oppression sur ses esclaves. À cet argumentaire sadien, Helvétius, philosophe des Lumières, répond : « On a demandé s’il y avait une nation qui n’eût aucune idée de Dieu, et si un peuple composé d’athées pourrait subsister ? […] On nous dit que l’Athéisme fait disparaître la sainteté des serments. […] Il n’est pas douteux qu’une société nombreuse, qui n’aurait ni Religion, ni Morale, ni Gouvernement, ni Lois, ni principes, ne pourrait se soutenir, qu’elle ne ferait que rapprocher des êtres disposés à se nuire. Mais avec toutes les Religions du monde, les sociétés ne sont-elles pas à peu près dans cet état ? Une société d’Athées gouvernée par de bonnes lois, invitée à la vertu par des récompenses, détournée du crime par des châtiments, serait plus vertueuse que ces sociétés religieuses où tout conspire à ennuyer l’esprit et à corrompre le cœur.[12] » Comme quoi l’athéisme n’empêche pas la vertu : une société des libertés n’a pas besoin d’un dieu pour assurer sa morale et ses mœurs. « Athée de l’amour », Sade n’a plus de dieu qui soit amour, certes. De même, son athéisme de la sexualité ne subordonne cette dernière à aucune divinité qui puisse être  garante du respect d’autrui. L’erreur sadienne, une fois dieu disparu, une fois postulé que la nature fomente un plaisir qui est la seule loi du tortionnaire, est de faire disparaître la dignité humaine et d’y trouver son plaisir, sans même le secours de l’art, comme à Auschwitz ou la Kolyma, où s’effacent civilisation et humanité.

 

         Sade est-il un philosophe des Lumières ? Bien évidemment non ! À moins que l’on considère qu’il fasse la lumière sur le raisonnement du mal. Quoique contemporain du fameux manifeste libéral Qu’est-ce que les Lumières ? de Kant, paru en 1784, il en est le contre-modèle, l’antithèse irréductible. Son argumentation ne plaide que la cause de la liberté du tyran absolu, au service donc des plus noirs desseins pour l’humanité : un Caïn sans l’œil de Dieu, sans l’ombre d’une morale des libertés. En ce sens, exposition et livre splendide, Sade, un athée en amour, est à la fois un trésor historique et bibliophilique, et un procès, dans lequel les pièces justificatives (dont les romans peut-être trop peu cités) sont au service d’un réquisitoire évident. Et d’une plaidoirie non moins évidente : les vices des œuvres de Sade ne sont aujourd’hui des Crimes de l’amour et de la sexualité qu’entre leurs pages à préserver, et non sur le sol des réalités. Ce « vice impuni, la lecture », pour reprendre le titre de Valéry Larbaud, reste une vertu, même avec Sade, si l’on sait lire, armé de la raison et du souci des libertés individuelles, pour y traquer le mystère et l’argumentaire du mal[13]

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1]  Eric Marty : Pourquoi le XX° siècle a-t-il pris Sade au sérieux ?  Seuil, 2011.

[2]  Sade : La Philosophie dans le boudoir, La Bibliothèque Oblique, Borderie, 1980, t I, p 23.

[4]  Hannah Arendt : Les Origines du totalitarisme, Quarto, Gallimard, 2010, p 643-644.

[6]  Sade : « La Vérité », Œuvres diverses, Le Club Français du Livre, 1967, p 267.

[7]  Sade : Œuvres diverses, ibidem, p 78, 81-82.

[8]  Sade : La Philosophie dans le boudoir, ibidem, t I, p 63.

[9]  Ibidem, t II, p 59, 79.

[10] Ibidem, t II, p 8 à 54.

[11]  Fiodor Dostoïevski : Les Frères Karamazov, Le Livre de poche relié, 1965, t II, p 235-236.

[12]  Helvétius : Le Vrai sens du système de la nature, Œuvres complètes, t I, Londres, 1777, p 324-325.

[13]  Voir : De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

 

Sade aux éditions Jean-Jacques Pauvert. Photo : T. Guinhut.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:41

 

Sevilla. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Christianophobie et désir de barbarie :

 

Le Livre noir de la condition des Chrétiens dans le monde.

 

 

 

 

Le Livre noir de la condition des Chrétiens dans le monde.

Sous la direction de Jean-Michel di Falco, Timothy Radcliffe, Andrea Riccardi,

XO Editions, 814 p, 24,90 €.

 

 

 

        Si l’on pense au célébrissime Livre noir du communisme[1] et à ses cent millions de morts, une lecture malavisée de ce nouveau titre pourrait laisser penser à un semblable réquisitoire à l’encontre des Chrétiens coupables de millions d’exactions. Pourtant, non ; aux rebours de bien des préjugés, au rebours d’une islamophobie bien plus stigmatisée qu’une plus sanglante christianophobie, ce sont eux les victimes des nouvelles bêtes de l’apocalypse en notre contemporain planétaire. Il s’agit bien du Le Livre noir de la condition des Chrétiens dans le monde ; quoique l’on eût pu, pour les trois quart de ce volume fort de ses huit cents vastes pages exhaustivement documentées, l’appeler Livre noir de l’Islam. Là où la pulsion de mort et le désir de barbarie sont pour beaucoup d'êtres humains une positivité du mal...

 

        Voici un monstre livre, une caisse noire, insoulevable par la seule compassion, de dossiers destinée au tribunal divin -s’il existe-, plus exactement à celui de la conscience de l’humanité entière, autant que de chacun de nous. Car si nous avons dit ailleurs « Pourquoi nous ne sommes pas religieux[2] », cela ne doit en rien empêcher de prendre fait et cause pour des victimes innocentes de par le monde. Les Chrétiens en effet sont aujourd’hui les premiers visés (même si leur grand nombre contribue à statistiquement expliquer cela) : 150 à 200 millions d’entre eux sont persécutés, quand 75% des violences religieuses les visent directement. Entre Syrie et Irak, le christianisme, qu’il soit nazaréen ou catholique, est en voie de disparition, Bible et croix sont rigoureusement proscrites, la crucifixion n’est plus un souvenir pittoresque de l’empire romain, n’est plus un objet de contemplation muséal et de méditation ecclésiale… Pourtant nous ne consentirons pas à illustrer cet article avec ces photos de charniers qui circulent avec raison sur le net…

      Savions-nous qu’en Inde, au Sri-Lanka ou en Birmanie, les nationalismes hindouistes et bouddhistes exercent des exactions contre les minorités paisibles : le pogrom anti-chrétien d’Orissa, en Inde, a fait 500 morts en 2008 et 50 000 sans-abris. Décidemment, il ne faut faire confiance à aucune religion, fut-elle aussi sage et méditative que le bouddhisme ! Certes, l’homme sait s’emparer de toutes les confessions pour jouir avec voracité de son pouvoir de violence, sait dénaturer et trahir leurs textes fondateurs, comme les Chrétiens eux-mêmes ont pu bafouer le message des Evangiles en fondant l’Inquisition, en brûlant les sorcières, en abattant les idoles païennes, et contribuer au génocide de nombre d’Indiens d’Amérique[3]. Ce qui ne doit entraîner aucune vengeance contre des innocents, si abondamment paisibles, la croix contre la poitrine.

      Savions-nous qu’en Chine, Corée du Nord, Vietnam et Cuba, ces délicieux paradis communistes, les intimidations, les persécutions, les emprisonnements guettent les Chrétiens ? La foi totalitaire et matérialiste ne supporte pas qu’une foi concurrente l’ignore et la dépasse, ne serait-ce qu’en sa dimension spirituelle et philosophique. Ainsi, les camps de travaux forcés de Corée du Nord recrutent et exécutent qui ne sacrifie pas au culte du leader rouge : « Posséder une Bible peut valoir le camp d’internement, voire l’exécution capitale ».

       Savions-nous qu’en Amérique latine, continent le plus christianisé, prêtres et pasteurs sont assassinés lorsqu’ils s’engagent contre la corruption et le narcotrafic ?

         Savions-nous que la distribution géographique de la répression anti-chrétienne est un nouvel archipel de la honte ? Le plus vaste, le plus terrible va du Maroc à l’Indonésie, de l’Iran au Nigéria et au Centrafrique, en passant par l’affreux Pakistan nanti d’une glorieuse loi contre le blasphème : l’aire arabo-musulmane est gangrénée par les tracasseries quotidiennes contre ceux qui doivent se résoudre à pratiquer leur culte et leurs vertus en secret, par les mouvements islamistes radicaux à l’affut du crime à commettre avec gourmandise contre l’infidèle. Là où charia et fanatisme livrent un combat manichéen : « Djihad versus McWorld[4] »

      Nous connaissons tous Boko Haram (signifiant « livres impurs ») qui, au Nigéria, est responsable de 3000 morts et vend des esclaves sexuelles.  Un autre exemple : il y a 25 ans, l’Irak comptait un million et demi de Chrétiens ; ils ne sont plus que 150 000. Songeons également que les Musulmans ahmadis, non reconnus comme Musulmans, souffrent également de répressions. Au point qu’une « éminence grise des Frères musulmans […] défend également l’idée que l’assassinat et la crucifixion sont des réponses appropriées face au crime que constitue le fait de quitter l’Islam pour une autre religion ».

        Et si l’on en est pas à ce point en Europe et en France, il suffit de parcourir les entrefilets des journaux pour y découvrir de nombreuses exactions contre des cimetières, des églises, profanés, voire pillées pour alimenter on ne sait quelles caisses…

       On estime alors que 80 % des persécutions religieuses dans le monde sont perpétrées contre des Chrétiens ; sinon ils sont Baha’is, animistes, et de toutes les confessions selon les régimes politiques et les pays qui ne tolèrent pas le libre-arbitre. Car « la liberté religieuse est un droit orphelin », selon la formule de Caroline Cox…

         Toutes « choses sur les persécutions, qu’il ne parait pas prudent de raconter ici pour n’offenser personne », dit le Pape François, cité par Jean-Michel di Falco. Quand dénoncer le crime n’est pas une offense, n’est-ce pas une façon trop chrétienne de tendre l’autre joue ? Cette « guerre globale », y compris contre femmes et enfants, ne voit guère se lever la main de la justice, dont la force est la vertu nécessaire, pour résister aux injures sanglantes.

 Chretiens-livre-noir.jpg

         À la barre des témoins, sous les espèces du réquisitoire, ce sont huit cents pages affolantes et encyclopédiques pour un ouvrage de référence qui a demandé deux ans de travail, soixante-dix contributeurs, forts de leurs soixante-dix témoignages et reportages, sans compter leurs analyses judicieuses ; trois directeurs d’ouvrage, l’un évêque et conseiller culturel (Jean-Michel di Falco Léandri), l’autre dominicain et enseignant dans le monde entier (Timothy Radcliffe), le troisième historien des religions (Andrea Riccardi). Ils sont dix-sept nationalités d’historiens, de journalistes, de dignitaires religieux, qu’il s’agisse du grand rabbin de France Haïm Korsia ou du recteur de la mosquée de Bordeaux Tareq Houbrou… Ce qui montre bien que l’Islam reste parfois capable d’enfanter des défenseurs de l’humanité et de la tolérance ; si nous ne nous risquons pas à le qualifier de taqiya, c’est-à-dire cette dissimulation et hypocrisie, qui est une catégorie juridique musulmane, prescrite par la charia…

        Une seule réserve face à cet imposant, émouvant et tragique ouvrage qui invite à la paix : trop souvent les auteurs, comme le mantra d’un cliché obligé, incriminent « la mondialisation ». C’est sans compter, grâce à cette dernière, le développement des échanges, des activités économiques, l’amélioration générale des conditions de vies des hommes et des femmes, sauf là où les tyrannies politiques et religieuses sont un frein considérable aux libertés commerciales, entrepreneuroriales, aux libertés de pensée et de conscience…

        Ne faut-il pas ouvrir les yeux sur ce martyr généralisé, pire que ceux figurés par l’imagerie de l’empire romain ? Car l’ « agneau du Seigneur [est] mené à l’abattoir ». Coptes ou Nazaréens, l’Egypte et la Syrie visent leur disparition, comme le monde arabe en sa plus grande part vise à désintégrer Israël. La Turquie, elle-même, à force d’ostracisme, a fini, ou à peu près, par effacer la poussière des pas chrétiens de son territoire. Cet « équivalent religieux de la purification ethnique » est commis « dans une quasi-indifférence » de nos médias et de nos politiciens.

        Force est de constater que la litanie sur les droits de l’homme ne mentionne guère ceux des Chrétiens ostracisés, pillés, exilés, massacrés. Que le génocide oublié du Sud-Soudan, que le fameux génocide arménien perpétré par le Turcs au début du XX° siècle ne sont que très rarement associés à une guerre de religion perpétrée par l’Islam, y compris contre les cultes animistes. Que les femmes chrétiennes sont trop souvent « violées, humiliées, lapidées », y compris des religieuses, rappelle une judicieuse féministe : Lucetta Scaraffia… À force d’associer abusivement le Christianisme à la répression physique et morale, on ne veut pas percevoir combien il est bafoué, immolé de par le monde. On monte en épingle la pédophilie réelle de quelques prêtres, et l’on ferme les yeux sur la forêt de glaive qui éventre les Chrétiens…

         Pourtant, y compris au Maghreb (où seule la Tunisie promulgue, en sa récente constitution, la liberté de conscience) les conversions au christianisme sont loin d’être rares ; sans compter la montée de l’athéisme. C’est ainsi qu’une spiritualité plus humaine et humaniste prend la place d’une religion si souvent régressive, tyrannique et barbare.

 

Gerlos, Zillertal, Österreich. Photo : T. Guinhut.

 

        En ce frénétique désir universel de barbarie, d’où vient cette radicalisation de jeunes occidentaux tentés par la terreur djihadiste ? Jeunes gens souvent banals, souvent dépressifs, aux profils psychologiques instables, venus très majoritairement de familles athées, qui trouvent soudain une vocation, une certitude, et surtout l’intensité de testostérone qui leur manquait. Soumission extatique au groupe, à une religion aux ambitions planétaires, servitude volontaire au service de la force, adhésion enthousiaste au leader, quête de sens et de reconnaissance, récupération des racailles délinquantes que la pression fiscale et le droit du travail contraignent à écarter de ce dernier, diabolisation de l’Occident perçu comme dominateur, instrumentalisation du ressentiment et de la haine, manipulation des impétrants via internet et les réseaux sociaux, propagande au service des convertis, manichéisme radical, tout cela impose une force de succion qui avale l’individu sans pensée, ni valeurs propres -au sens des Lumières-, comme le firent en leur temps (mais encore aujourd’hui) le marxisme et le communisme. S’y ajoutent, pèle-mêle, le mythe du chevalier héroïque, venu de Saladin, au service d’une cause transcendante et d’une eschatologie, la solution à la haine de soi, la réalisation concrète du jeu vidéo de guerre, la griserie de l’aventure exotique et du combat viril, l’assomption extatique de l’immolation, le sentiment de toute puissance lorsque meurt par soi et devant soi le réprouvé, Juif, Chrétien, apostat, infidèle…

        De plus, la constante anthropologique du mal et de la violence, cette pulsion de mort sur soi et sur autrui, enfouie à divers degrés en chacun de nous, n’attend que l’occasion pour se manifester et prospérer. Qu’il s’agisse de l’aubaine nazie ou communiste, de l’aubaine islamique, une idéologie de la force pour ses servants et chevaliers s’acoquine à celle d’une catégorie humaine à mépriser, déshumaniser, détruire, démembre, décapiter : Juifs, bourgeois, Juifs encore une fois et Chrétiens. Tout ceci étayé par des théories du complot s’appuyant sur Les Protocoles des sages de Sion -un faux avéré- et sur la satanisation de l’autre.

 

        Hélas, le sectarisme de la laïcité à la française s’exerce au premier chef à l’égard du christianisme. Certes il ne va pas jusqu’au martyr, mais un certain ostracisme l’écarte du droit de cité, au point que ses vertus morales, éducatives, soient ignorées, méprisées, au bénéfice d’une autre religion plus conquérante, rigoureusement intolérante, finalement terrifiante ; pour cette raison même tolérée, voire caressée dans le sens du poil par l’institution et les élus.

        Ainsi, en France, voire en Occident, quoique nous puissions en toute liberté et rationalité ne pas être religieux, du moins jusqu’à nouvel ordre, rejeter et reléguer le christianisme, en tant que rituel et spiritualité, est non seulement contreproductif, mais dangereux. Il ne s’agit pas un instant de revenir aux temps du catholicisme triomphant et arrogant, ni d’omettre le risque de fondamentalisme que peut receler l’adhésion à une religion. Mais d’avoir, comme Jean-Michel di Falco, cette conscience : « Dès lors qu’une religion se trouve en situation de pouvoir et d’hégémonie, la tentation pour elle est d’imposer sa vision à tous. Ce n’est pas le message de l’Evangile. » Ni du Judaïsme. D’où la position humaniste et supérieure de ces théologies et philosophies. Ne faut-il pas, en particulier dans l’éducation, ménager au Christianisme une dignité, dont ses valeurs de paix doivent être les garants, face à cet islamisme prédateur et totalitaire, contre lequel nous sommes loin de prendre les mesures qui s’imposent : réduction drastique de son immigration si elle est envenimée par la christianophobie, de son prosélytisme, de ses quartiers de charia, de sa délinquance, de son machisme… Pourquoi faisons-nous l’autruche, la tête dans le sable du désert relativiste ? Pourquoi tardons-nous à réagir ? Par angélisme communautariste, par culpabilité postcoloniale, par électoralisme, par peur inavouée de celui qui devient le plus fort, de l’omelette que l’on ne fera pas sans casser des œufs, avant que toute les poules juives, chrétiennes et laïques soient décapitées ? Sans compter les Musulmans innocents et respectueux de la démocratie libérale qui seront des victimes collatérales ? Tableau excessif, perspective alarmiste, nous direz-vous, probablement avec raison. Pourtant c’est déjà le cas entre l’Euphrate et le Tigre, là où le mythe biblique plaçait l’Eden…

     Christianophobie et judéophobie, qui ne reposent que sur une haine irrationnelle, puisque les arguments qui les justifient sont à peu près inexistants, s’opposent, de par le désir de barbarie avérée, assumée, d’une grande part de l’Islam, à l’islamophobie[5], qui n’est que très peu meurtrière alors qu’elle repose sur une peur rationnelle d’un Islam génocidaire… Ce qui ne signifie pourtant pas qu’il faille être musulmanophobe, car ce serait, par une excessive généralisation, reprocher à des individus innocents les crimes de certains de leur corréligionnaires.

 

        La vertu du Livre noir des Chrétiens dans le monde touchera-t-elle suffisamment de lecteurs ? Sera-t-elle l’occasion d’une nouveau devoir de mémoire, y compris du présent, comme le devraient être les crimes du communisme à l’égal de ceux du nazisme ? Certainement il faut apprendre à ne pas reprocher au Christianisme les crimes de quelques-uns de ses pères, au demeurant à la fois trop et assez peu nombreux au regard de l’Histoire, face aux quatorze siècles de jihad, dont notre aujourd’hui, et peut-être notre futur, deviennent une redoutable acmé. Nous aimerions tant que l’on écoute, plutôt que la torride pulsation du désir de barbarie et de sang, le cri d’alarme pour une civilisation en péril que nous livre Le Livre noir de la condition des Chrétiens dans le monde. Mais aussi, pour reprendre le titre du texte de Jean-Arnold de Clermont, ce « Plaidoyer pour un œcuménisme de paix »… 

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Collectif : Le Livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression, Robert Laffont, 1997.

[4] Benjamin R. Barber : Djihad versus McWorld, Desclée de Brouwer, 1996.

[5] Voir : Sommes-nous islamophobes ?

 

Casere / Kasern, Trentino-Alto-Adige / Südtirol. Photo : T. Guinhut.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 15:35

 

Saint-Martin-lès-Melles. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Ivan Bounine : Coup de soleil et autres nouvelles,

 

une Russie élégiaque brisée par la révolution.

 

 

 

Ivan Bounine : Coup de soleil et autres nouvelles,

traduit du russe par Joëlle Dublanchet, Syrtes, 192 p, 16 €.

 

 

 

          Une atmosphère élégiaque et passionnée innerve sans cesse les huit nouvelles de cet écrivain russe (1870-1953), poète et romancier, également traducteur de Byron et Tennyson, qui reçut le Prix Nobel en 1933. Ecrites à Paris et dans les Alpes Maritimes, au cours des années vingt, où il s’était réfugié après avoir fui le bolchevisme, qu’il dénonce dans « Le fardeau », elles sont révélatrice de son art, intime, explosif : entre réalisme  suggestif et postromantisme échevelé.

 

        Venues d’une Russie qu’affecte la nostalgie, les scènes intimistes et réalistes ressortissent au sillage littéraire de Tchekhov. Les amours splendides, passagères, éblouissent les yeux du lecteur : l’éphémère nuit d’un officier avec une femme mariée est « comme un coup de soleil ». Plus proche de l’instantané policier, voire de la terreur gothique, « Une histoire effrayante » relate en un bref poème en prose le meurtre d’une vieille dame égorgée, s’attardant sur « ses yeux d’écrevisse fous », sans que l’on ne sache rien des coupables. Quant à « Sur les eaux immenses », il s’agit d’un journal de voyage, d’une ode enthousiaste à l’océan, au cosmos, bien caractéristique de l’atmosphère élégiaque dédiée à une Russie disparue, même si passablement idéalisée. À l’instar d’un autre récit, « La Grammaire de l’amour[1] », qui aurait pu trouver sa place en ce beau recueil, car il est également un carnet de voyage puissamment lyrique, en même temps que la mise en abyme d’un livre qui parviendrait à enseigner l’amour. Toutes pages affleurant d’un art protéiforme.

 

 

        Bounine était un postromantique acharné, aux talents d’évocations certains, un psychologue adroit. Le récit central de ce recueil est sans conteste « L’affaire du cornette Elaguine ». Au point qu’elle figure, avec « Le sacrement de l’amour »,  dans le volume qui lui fut consacré par la « Collection des Prix Nobel de Littérature[2] ». Les amours scandaleuses du jeune officier et de l’actrice exaltée, contées dans le cadre d’un récit judiciaire, s’exaspèrent jusqu’à un climax tragique. Celle qui déplore la concupiscence de ses amants, assène une pertinente et terrible vérité générale : « Tous veulent mon corps, et pas mon âme ». Elle cherche un cœur « capable d’aimer » et de « mourir pour une nuit passée avec elle ». Elle aménage « une pièce à suicide », dans laquelle elle attirera sur elle le révolver salvateur qui n’est pas le sien : meurtre ou auto-immolation ? La protagoniste, victime ou actrice d’une sensibilité à vif, qui aspire à l’introuvable sublime,  ne sait trouver qu’une issue tragique pour acmé de son existence… Le lecteur y verra, selon, une satire des êtres surexcités par leurs sentiments, ou une adhésion an constat d’impossibilité existentielle. À moins qu’il s’agisse de catharsis, comme au sein d’une tragédie grecque.

        Car la pire tragédie est passée par la Russie : la révolution. Loin du romantisme révolutionnaire qui, d’une salutaire tabula rasa ferait surgir un monde meilleur, Bounine sait les horreurs du réel, les bassesses des acteurs de l’Histoire, les cruautés génocidaires de ceux qui veulent changer la vie des autres et transformer le monde, pour employer une rhétorique marxiste abjecte. Sa nouvelle « Le fardeau », n’est pas une vaste épopée à la façon de Babel[3], l’écrivain rouge, mais une émouvante promenade, un bref dialogue avec un vieux paysan, « ridé », « vêtu d’une pelisse crasseuse », le type du moujik qui n’a plus rien d’idéalisé, néanmoins fort sensé : Efrem. En gaillard bourru, il vomit la destitution du Tsar, qu’il qualifie de « profanation », ironise à l’égard des « promesses » de la révolution. Restant allusif, en demi-teintes, Bounine est-il assez efficace en sa satire politique, préférant conclure avec « les troncs blancs de lointains bouleaux séculaires », métaphore d’une nature conservée par les prestiges du passé ?

 

 

        Il faut souhaiter que cette iridescente poignée de nouvelles, ténébreux et brillant kaléidoscope de l’écrivain, permette de redécouvrir l’auteur de La Vie d’Arseniev[4], vaste roman autobiographique où lire une enfance et une jeunesse initiatique parmi une Russie perdue, une vie sentimentale violente ; que d’aucuns considèrent comme son livre-phare. Il faut également remercier les éditions des Syrtes de s’être spécialisée dans les auteurs slaves et russes. De Sophia Tolstoï, et de son époux Léon[5], à Bounine, en passant par Les Trésors du Siècle d’or russe, de Pouchkine à Tolstoï[6], un splendide ouvrage pour les amoureux de la littérature russe et de la bibliophilie, les classiques s’exposent avec bonheur. Quand les souvenirs de l’innommable tyrannie communiste blessent la mémoire d’Irina Golovkina[7], de d’Ariadna Efron et de Marina Tsvetaeva[8] ou d’Alexeï et Valentina Lossev, qui disent la « Joie pour l’éternité »[9] d’une correspondance amoureuse, sainte et philosophique, venue d’un échange entre Mer Blanche et blanche Sibérie, et des tréfonds du goulag…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

Augmenté à partir d'un article paru dans Le Matricule des anges, juin 2014

 

[1] Ivan Bounine : La Grammaire de l’amour, Sables, 1997.

[2] Rombaldi, La Guilde des bibliophiles, sans date.

[4] Ivan Bounine : La Vie d’Arseniev, Bartillat, 1999.

[5] Léon Tolstoï : La Sonate à Kreutzer ; Sofia Tolstoï : À qui la faute ? Romance sans paroles ; Léon Tolstoï fils : Le Prélude de Chopin, Syrtes, 2010.

[6] Sous la direction de Georges Nivat, Syrtes, 2009.

[9] Alexeï et Valentina Lossev : « La joie pour l’éternité ». Correspondance du goulag (1931-1933), Syrtes, 2014.

 

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 16:41

 

Richard Texier : gravure, collage et peinture sur papier, 1987.

Collection particulière. Photo : T. Guinhut.

 

 

 

 

 

 

Richard Texier, démiurge de L’Alchimie du désir :

 

Muses et Atlas des sciences.

 

 

Jo Frémontier : Richard Texier : L’Alchimie du désir,

Albin Michel, 208 p, 35 €.

 

 

 

        Trop longtemps Richard Texier (né en 1955) s’est complu dans l’imagerie. Certes, il fallait lui reconnaître une constance, une opiniâtreté dans l’exploration méthodique et tous azimuts des figures, des symboles empruntés aux géographies et cosmologies anciennes. Traits de crayons, coups de peintures, collages de pages de livres anciens, tout cela faisait un décoratif et délicieux bric-à-brac, mais pas encore un ensemble qui eût trouvé sa patte et sa pâte pour unifier et construire un monde somptueux, si multiple soit-il. Enfin aujourd’hui, avec les sculptures « Atlas » ou la série des « Homo vortex », les déclinaisons photographiques des Muses et des Priapes,  Richard Texier peut accéder à la condition du démiurge. Un beau livre, réalisé sous l’égide de Jo Frémontier, réussit à transmettre au lecteur, aux visiteurs des nombreuses expositions de l’artiste, non seulement « l’alchimie du désir », mais l’accession au grand œuvre.

 

        Atlas et cartes, calendriers lunaires, notules astronomiques, balafres et joies de couleurs venues de l’abstraction lyrique, spirales et toupies, échelles et roues dentées, étoiles et vertiges, comètes, tel était le vocabulaire plastique de Richard Texier dans les années quatre-vingts[1]. À mi-chemin de l’astrologie de Ptolémée et de l’astronomie de Galilée, comme à la traîne des recherches de motifs et des couleurs de Paul Klee, voire de Kandinsky, usant de rouilles, d’ocres et d’or, parmi les noirs et les bleutés, tout cela n’était pas sans charme, sinon magique, presque enfantin, non sans puissance à venir. L’apprenti démiurge fouillait l’histoire des sciences et de l’imaginaire pour se constituer, en un creuset déjà personnel, un pays d’enfance, une fenêtre de grenier sur le ciel des fixes et des mobiles. Des bribes de collage -papiers anciens ou fragments métalliques- offraient en guise de palimpseste, un embryon de dimension supplémentaire à la surface picturale. Déjà, rassemblant et distribuant des éléments d’ordre cosmologiques, il amassait avec patience et opiniâtreté les signes épars de l’univers : en vue de quelle complétude, sinon celle de l’art…

         Plus tard, comme si ses bras s’étendaient vers un plus vaste espace, il investit la tapisserie, la sculpture, sans négliger le cadre pictural. Dans le lequel, dépassant ce qui aurait pu apparaître avec le recul comme une maladresse, une gaucherie plastiques, il trouva une liberté du pinceau et de la couleur, une aisance et une élégance surprenantes, parfois subjuguantes. Sans abandonner son vocabulaire, il le fondait dans le creuset -peut-on dire au sens alchimique ?- de toiles imposantes aux formes plus concises, plus évidentes dans leur énigme, où collages et gravures anciennes s’intégraient à merveille. Ainsi les années 90 et 2000 virent éclore des chefs d’œuvres, comme « Copernic cardinal », « L’esprit des terres jointes », « Océan », « Au matin du monde »…

        La sculpture figura des stèles, collages de bois et matériaux divers, comme cadrans et médailles, en particulier dans la série « Le système du monde » ; des tableaux de bois à la lisière de la gravure et de la sculpture comme « Umbra terra », ou « La chevelure de Bérénice », qui forcent la méditation ;  des « Toupies nomades » de métal que l’artiste traîna sur une plage ; un « Homme nature » de bronze régnait au sommet d’un pilier enturbanné d’une branche aux bourgeons hardis. Il conçut des trépieds étranges, comme son « Viseur d’étoiles », utilisa des pierres à huitres du rivage rétais pour supporter « le cercle du poisson ». Ainsi au cosmos étoilé s’agrégeait l’espace maritime. Et les couleurs des ors et des bistres incendiaient l’énigmatique sérénité de ses toiles[2]

 

 

Atlas : © Richard Texier,

prises de vue Alexandre Hertoghe et Jade Quintin.

 

         Passant il y a peu d’années devant une galerie d’antiquités, Richard Texier, fasciné, osa enfin entrer : pour y  reconnaître son monde. Bientôt le galeriste lui proposa une audacieuse collaboration. Avec cette toute récente Alchimie du désir, visiblement Richard Texier a rencontré sa Muse ; au point de pouvoir la figurer. Pas seulement en photographiant une jeune femme nue d’une pureté native, mais en lui donnant la hauteur et la dignité d’une allégorie. Comme en compagnie du cinéaste et plasticien Peter Greenaway[3], il réinvestit l’ancienne figure pensante de l’allégorie qui encombrait l’Histoire de l’art pour lui rendre une vivacité, une évidence contemporaines : celles de la rencontre de l’artiste mûr et de l’inspiration la plus solide.

        Le livre que nous ouvrons entre nos mains attentives est l’équivalent d’une installation dans la galerie Jo Frémontier, mais aussi l’aboutissement du même projet. Car peuplé d’objets scientifiques et d’art extraordinaires et rares, cet espace étonnant attise la libido sciendi de l’artiste. L’artiste étant évidemment un être pétri de fantasmes qui réussit à les figurer, les cristalliser, les réaliser parmi son œuvre. C’est l’hybridation qui permet à Richard Texier d’intégrer les objets exposés au cœur du processus de sa création. Désir « alchimique », désir « mythologique » et désir « cosmique », unissent alors leurs énergies pour propulser cette apparition plastique d’un cerveau universel : le nôtre, celui de l’histoire de la pulsion érotique, autant que celui de la civilisation.

        Une évidente cohérence se dessine au cheminement de ce beau livre : une partie intitulée « Genèse » (un entretien), précède « L’Alchimie du désir » elle-même, qui se décline d’abord en « Elastogénèse », pour, passant par l’indispensable intercession des « Muses », aboutir à l’ « Homo Vortex ».

        Les « Elastogénèses » sont celles de tableaux qui explorent la nature plastique de la création. À cet « éloge du mou », à ce mollusque cervical, correspond la métamorphose de formes ovoïdes, parfois spermatozoïdales, « force du désir qui structure le monde depuis toujours », parmi les blancs, les bleutés, et que n’interrompt pas la fixation en des tableaux de techniques mixtes et « porcelaines organiques ».

        Les « Muses », s’acoquinent sereinement avec le marbre apollinien de phallus priapiques, ou dansent nues dans des « cabinets chinois ». Le désir de possession érotique s’allie avec celui du collectionneur en ses cabinets de curiosités. Ce réinvestissement de la statuaire grecque de l’antiquité n’a rien de réactionnaire, de régressif ou de simplement néoclassique : en un geste postmoderne, Richard Texier fait dialoguer la beauté des corps avec les mesures scientifiques, le marbre praxitélien de Paros et la photographie contemporaine, comme des poètes d'aujourd'hui ont pu réinvestir le mythe d’Aphrodite[4]. Rien d’iconoclaste, au contraire : inviter des femmes nues à érotiser un lieu d’art est un souffle, associant amour créateur et libido sciendi. Les objets d’art antiques, phallus, statues, et les objets scientifiques anciens sont de fait revitalisés par la chair spirituelle de ces « Muses ».

 

Homo Vortex : © Richard Texier,

prises de vue Alexandre Hertoghe et Jade Quintin.

 

        L’ « Homo Vortex » supporte en ses bras de poulpe un bloc d’ambre brut. Ce gnome, comme un nouvel Atlas de l’alchimie, supporte ce qui peut être perçu comme une pierre philosophale, métaphore de l’artiste qui transmue des matériaux originels et terriens en la splendeur imaginative de l’œuvre d’art : « une manière d’enlacer spirituellement les forces du mondes. Ce qui montre bien que Richard Texier est non seulement fort conscient de sa démarche, mais capable, en son entretien avec Nicolas de Cointet, de l’exprimer avec les mots choisis du juste poète.

        Quant aux sculptures « Archétype » et « Atlas », ils sont ces merveilleux monstres fantasmés par le monde médiéval : gnomes à la tête rentrée dans la poitrine, ils supportent de splendides sphères armillaires, voire une corne de narval, fantasmant la licorne, tiennent à la main des lunes et des étoiles, des cornues de verre, ils basculent sur des hémisphères. Entre alchimie fantaisiste et prémisses de la science moderne, ne sont-ils pas des « Guetteurs de sens » ? Sans compter que ce livre (qui propose une biographie profuse), décidément fabuleux, riche d’une cinquantaine d’œuvres inédites, offre des pages du « codex » préparatoire, des photographies de la fonderie où ces êtres allégoriques jaillissent du feu et des moules, en une genèse volcanique…

 

         Certes, nous n’irons pas jusqu’à prétendre que Richard Texier soit un « Génie du savoir universel » (pour reprendre le titre d’une de ses sculptures inspirées, et encore une fois allégorique), il a d’ailleurs trop de modestie pour entendre cela. Force est d’admettre que la persévérance du travail de plusieurs décennies l’a conduit vers une tentation de l’universalité, aussi séduisante qu’impressionnante, conceptuellement et plastiquement. Ce sont témoigne son « Autoportrait », en fonte de fer, moins identitaire qu’ouvert sur le souffle de l’ailleurs. Plus qu’un cabinet de curiosités, l’œuvre, en forme de triptyque, est le « monde intérieur et mental », de Richard Texier, cet héritier du Jésuite encyclopédiste du XVII° Athanasius Kircher. Plus qu’un cabinet de curiosités, il en est la réinvention plastique, au croisement des routes cosmiques, maritimes et temporelles, en une hybridation de l’Histoire de l’art et des sciences, pour le bonheur des yeux de la pensée et du désir…

 

Thierry Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

[1] Richard Texier : Pinturas 1985-1986, Museo de Gijon, 1987.

[2] Toutes œuvres reproduites dans : Kenneth White : Richard Texier, Atlantic latitude, Palantines, 2001.

[3] Peter Greenaway : 100 allégories pour représenter le monde, Adam Biro, 1998.

 

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Daoud

Meursault contre-enquête, Zabor

Le Peintre dévorant la femme

 

 

 

 

 

 

 

Darger

Les Fillettes-papillons de l'art brut

 

 

 

 

 

 

Darnton

Requiem pour la liberté d’expression

Destins du livre et des bibliothèques

Un Tour de France littéraire au XVIII°

 

 

 

 

 

 

 

Defoe

Robinson Crusoé et romans picaresques

 

 

 

 

 

 

Démocratie

Démocratie libérale versus constructivisme

De l'humiliation électorale

 

 

 

 

 

 

Derrida

Faut-il pardonner Derrida ?

Déconstruire Derrida et les arts du visible

 

 

 

 

 

 

 

Dickinson

Devrais-je être amoureux d’Emily Dickinson ?

Charyn : La Vie secrète d’Emily Dickinson

 

 

 

 

 

 

 

Dillard

Eloge de la nature : Une enfance américaine, Pèlerinage à Tinker Creek

 

 

 

 

 

 

Diogène

Chien cynique et animaux philosophiques

 

 

 

 

 

 

Dostoïevski

Dostoïevski par le biographe Joseph Frank

 

 

 

 

 

 

Eco

Umberto Eco, surhomme des bibliothèques

Construire l’ennemi et autres embryons

Numéro zéro, pamphlet des médias

Société liquide et questions morales

Baudolino ou les merveilles du Moyen Âge

Eco, Darnton : Du livre à Google Books

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie

Greenbomber, écoterroriste

Archéologie de l’écologie politique : d’Ovide et Rousseau à Sloterdijk

Wohlleben, Stone : La Vie secrète des arbres, peuvent-il plaider ?

Tout peut changer, sauf Naomi Klein : anticapitalisme et changement climatique

Wilson : Biophilie, Bartram : Voyages

John Muir, Nam Shepherd, Bernd Heinrich

Fredrik Sjöberg : La Troisième île

Emerson : Les Travaux et les jours ; Lane : La Vie dans les bois

Révolutions vertes et libérales : Manier

Kervasdoué : Ils ont perdu la raison

Powers éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Education

Pour une éducation libérale

Allan Bloom : Déclin de la culture générale

Déséducation idéologique

De l'avenir des Anciens

 

 

 

 

 

 

Eluard

« Courage », l'engagement en question

 

 

 

 

 

 

Emerson

Les Travaux et les jours de l'écologisme

 

 

 

 

 

 

 

Enfers

L'Enfer, mythologie des lieux

Enfers et fantômes d'Asie, Pu Songling, Lafcadio Hearn

 

 

 

 

 

 

Erasme

Erasme, Manuzio : Adages et humanisme

Eloge de vos folies contemporaines

 

 

 

 

 

 

Esclavage

Esclavage en Moyen âge, Islam, Amériques

 

 

 

 

 

 

Espagne

Masques romanesque espagnols face à l'Histoire du franquisme

 

 

 

 

 

 

Etat

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Constructivisme versus démocratie libérale

Libéralisme et amendements à la Constitution

Couleurs des monstres politiques

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Socialisme et connaissance inutile

Patriotisme et patriotisme économique

La pandémie des postures idéologiques

Agonie scientifique et sophisme français

L'impéritie de l'Etat et la France contre l'Europe : Verdier-Molinié, Bouzou

Retraite communiste ou raisonnée

 

 

 

 

 

 

Etats-Unis romans

Dérives post-américaines

Rana Dasgupta : Solo, destin américain

Eugenides : Middlesex, Roman du mariage

La Muse de Jonathan Galassi

Gardner : La Symphonie des spectres

Lauren Groff : Les Furies

Hallberg, Franzen : City on fire, Freedom

Jonathan Lethem : Chronic-city

Luiselli : Les Dents, Archives des enfants

Rick Moody : Démonologies

De la Pava : Une Singularité nue

Penn Warren : Grande forêt, Hommes du roi

Pessl : La Physique des catastrophes

Shteyngart : Super triste histoire d'amour

Scott-Heron : La Dernière fête

Tartt : Chardonneret, Maître des illusions

 

 

 

 

 

 

Fables politiques

Le bouffon interdit, L'animal mariage, 2025 l'animale utopie, L'ânesse et la sangsue

Les chats menacés par la religion des rats, L'Etat-providence à l'assaut des lions, De l'alternance en Démocratie animale, Des porcs et de la dette

 

 

 

 

 

 

Facebook

Facebook, IPhone : perversion totalitaire ou libertés ?

 

 

 

 

 

 

Fallada

Seul dans Berlin : résistance antinazie

 

 

 

 

 

 

Fantastique

Dracula et autres vampires

Lectures du mythe de Frankenstein

Montgomery Bird : Sheppard Lee

Karlsson : La Pièce ; Jääskeläinen : Lumikko

Michal Ajvaz : de l'Autre île à l'Autre ville

 

 

 

 

 

 

Fascisme

Histoire du fascisme et de Mussolini

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Haushofer : Sonnets de Moabit

 

 

 

 

 

 

 

Femmes

Lettre à une jeune femme politique

Humanisme et civilisation devant le viol

Harcèlement et séduction

Les Amazones par Mayor et Testart

Federici : Caliban et la Sorcière

Christine de Pizan, féministe du Moyen-âge

Naomi Alderman : Le Pouvoir

Histoire des féminités littéraires

La révolution du féminin : Froidevaux-Metterie, Friedan, Chemaly, Goettner-Abendroth

Jalons du féminisme : Bonnet, Fraisse, Gay

Camille Froidevaux-Metterie : Seins

 

 

 

 

 

 

Ferré

Providence du lecteur, Karnaval capitaliste ?

 

 

 

 

 

 

 

Ferry

Mythologie et philosophie

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

De l’Amour ; philosophie pour le XXI° siècle

 

 

 

 

 

 

 

Finkielkraut

L’identité malheureuse

 

 

 

 

 

 

Földényi

Mélancolie, essai sur l’âme occidentale

 

 

 

 

 

 

Foster Wallace

L'Infinie comédie : esbroufe ou génie ?

 

Foucault

Pouvoirs et libertés de Foucault en Pléiade

Herculine Barbin : hermaphrodite et genre

Les Aveux de la chair

Du destin des prisons et de l'angélisme pénal, postérité de Surveiller et punir

 

 

 

 

 

 

Fragoso

Le Tigre de la pédophilie

 

 

 

 

 

 

 

France

Identité française et immigration

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Antilibéralisme : Darien, Macron, Gauchet

Peter Sloterdijk : Ma France, élégie ; Tardif-Perroux : La France, son territoire

 

 

 

 

 

 

France Littérature contemporaine

Blas de Roblès de Nemo à l'ethnologie

Briet : Fixer le ciel au mur

Haddad : Le Peintre d’éventail

Haddad : Nouvelles du jour et de la nuit

Jourde : Festins Secrets

Littell : Les Bienveillantes

Louis-Combet : Bethsabée, Rembrandt

Nadaud : Des montagnes et des dieux

Le roman des cinéastes. Ohl : Redrum

Eric Poindron : Bal de fantômes

Reinhardt : Le Système Victoria

Sollers : Vie divine et Guerre du goût

Villemain : Ils marchent le regard fier

 

 

 

 

 

 

Fuentes

La Volonté et la fortune

Crescendo du temps et amour faustien : Anniversaire, L'Instinct d'Inez

Diane chasseresse et Bonheur des familles

Le Siège de l’aigle politique

 

 

 

 

 

 

 

Fumaroli

De la République des lettres et de Peiresc

 

 

 

 

 

 

Gaddis

William Gaddis, un géant sibyllin

 

 

 

 

 

 

Gamboa

Prières nocturnes, un roman baroque

 

 

 

 

 

 

 

Garcia Lorca

Homosexualité, mort et création

 

 

 

 

 

 

Garouste

Don Quichotte

 

 

 

 

 

 

 

Gass

Au bout du tunnel : Sonate cartésienne

 

 

 

 

 

 

 

Gavelis

Vilnius poker, conscience balte

 

 

 

 

 

 

Genèse

Adam et Eve, mythe et historicité

La Genèse illustrée par l'abstraction

 

 

 

 

 

 

Gibson

Neuromancien, Identification des schémas

 

 

 

 

 

 

Goethe

Chemins de Goethe avec Pietro Citati

Goethe et la France, Fondation Bodmer

Thomas Bernhard : Goethe se mheurt

Arno Schmidt : Goethe et un admirateur

 

 

 

 

 

 

Gothiques

Frankenstein et autres romans gothiques

 

 

 

 

 

 

Golovkina

Les Vaincus de la terreur communiste

 

 

 

 

 

 

 

Goytisolo

Un dissident espagnol

 

 

 

 

 

 

Gracian

L’homme de cour, Traités politiques

 

 

 

 

 

 

 

Gracq

Les Terres du couchant, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Grandes

Le franquisme du Cœur glacé

 

 

 

 

 

 

Greenblatt

Shakespeare : Will le magnifique

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

 

 

 

 

 

 

Guarnieri

Etrange amour, Brahms et Clara Schumann

 

 

 

 

 

 

 

Guerre et violence

John Keegan : Histoire de la guerre

Storia della guerra di John Keegan

Guerre et paix à la Fondation Martin Bodmer

Violence, biblique, romaine et Terreur

Violence et vices politiques

Battle royale, cruelle téléréalité

Honni soit qui Syrie pense

Emeutes et violences urbaines

Mortel fait divers et paravent idéologique

Violences policières et antipolicières

Stefan Brijs : Courrier des tranchées

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Une vie d'écriture et de photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut Muses Academy

Muses Academy, roman : synopsis, Prologue

I L'ouverture des portes

II Récit de l'Architecte : Uranos ou l'Orgueil

Première soirée : dialogue et jury des Muses

V Récit de la danseuse Terpsichore

V bis Le fantôme du CouloirdelaVie.com

IX Récit du cinéaste : L’ecpyrose de l’Envie

XI Récit de la Musicienne : La Gourmandise

XIII Récit d'Erato : la peintresse assassine

XVII Polymnie ou la tyrannie politique

XIX Calliope jeuvidéaste : Civilisation et Barbarie

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Au coeur des Pyrénées

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Pyrénées entre Aneto et Canigou

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Haut-Languedoc

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Montagne Noire : Journal de marche, photographies et triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Triptyques

Le carnet des Triptyques géographiques

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Recours aux Monts du Cantal

Traversées. Le recours à la montagne

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Le Marais poitevin

 

 

 

 

 

 

Guinhut La République des rêves

La République des rêves, roman

I Une route des vins de Blaye au Médoc

II La Conscience de Bordeaux

II Le Faust de Bordeaux

III Bironpolis. Incipit

III Bironpolis. Les nuages de Titien 

IV Eros à Sauvages. Prologue. Les belles inconnues

IV Eros à Sauvages. Mélissa et les sciences politiques

VII Le Testament de Job

VIII De natura rerum. Incipit

VIII De natura rerum. Euro Urba

VIII De Natura rerum. Montée vers l’Empyrée

 

 

 

 

 

 

Guinhut Les Métamorphoses de Vivant

I Synopsis, sommaire et prologue

II Arielle Hawks prêtresse des médias

III La Princesse de Monthluc-Parme

IV Francastel, frontnationaliste

V Greenbomber, écoterroriste

VI Lou-Hyde Motion, Jésus-Bouddha-Star

 

 

 

 

 

 

Guinhut Voyages en archipel

I De par Marie à Bologne descendu

IX De New-York à Pacifica

 

 

 

 

 

 

 

Guinhut Sonnets

À une jeune Aphrodite de marbre

To a young marble Aphrodite

Sonnets des paysages

Sonnets de l'Art poétique

Sonnets autobiographiques

Trois peintres : Tàpies, Titien, Rothko

Trois requiem : Selma, Mandelstam, Malala

 

 

 

 

 

 

Guinhut Trois vies dans la vie d'Heinz M

I Une année sabbatique

II Hölderlin à Tübingen

III Elégies à Liesel

 

 

 

 

 

 

Guinhut Le Passage des sierras

Le Passage du Haut-Aragon

Vihuet, une disparition

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Ré une île en paradis

 

 

 

 

 

 

Guinhut

Photographie

 

 

 

 

 

 

Guinhut La Bibliothèque du meurtrier

Synospsis, sommaire et Prologue

I L'Artiste en-maigreur

II Enquête et pièges au labyrinthe

III L'Ecrivain voleur de vies

IV La Salle Maladeta

V L'Hôtel-Monastère Santa Cristina

VI Le Club des tee-shirts politiques

 

 

 

 

 

 

Haddad

Nouvelles du jour et de la nuit

Le Peintre d’éventail, Les Haïkus

Corps désirable : médecine et amour

 

 

 

 

 

 

Haine

Procès contre la haine : juste réquisitoire ou culpabilisation abusive ?

 

 

 

 

 

 

Hamsun

Rêveur romantique, conquérant du nazisme

 

 

 

 

 

 

 

Haushofer

Albrecht Haushofer : Sonnets de Moabit

Marlen Haushofer : Mur invisible, Mansarde

 

 

 

 

 

 

Hayek

De l’humiliation électorale

Serions-nous plus libres sans l'état ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

 

Histoire

Histoire du monde en trois tours de Babel

Eloge, blâme : Histoire mondiale de la France

Statues de l'Histoire et mémoire

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Rome du libéralisme au socialisme

Destruction des Indes : Las Casas, Verne

Jean Claude Bologne historien de l'amour

Jean Claude Bologne : Histoire du scandale

Histoire du vin et culture alimentaire

Corbin, Vigarello : Histoire du corps

Berlin, du nazisme au communisme

De Mahomet au Coran, de la traite arabo-musulmane au mythe al-Andalus

L'Islam parmi le destin français

 

Hobbes

Emeutes urbaines : entre naïveté et guerre

Serions-nous plus libres sans l'état ?

 

 

 

 

 

 

Hölderlin

Trois vies d'Heinz M. II Hölderlin à Tübingen

 

 

 

 

 

 

 

Homère

Dan Simmons : Ilium science-fictionnel

 

 

 

 

 

 

Homosexualité

Pasolini : Sonnets du manque amoureux

Libertés libérales : Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Garcia Lorca : homosexualité et création

 

 

 

 

 

 

Houellebecq

Extension du domaine de la soumission

 

 

 

 

 

 

 

Humanisme

Erasme et Aldo Manuzio

Etat et utopie de Thomas More

Le Pogge : Facéties et satires morales

Le Pogge et Lucrèce au Quattrocento

De la République des Lettres et de Peiresc

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Pic de la Mirandole : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Hustvedt

Vivre, penser, regarder ; Un été sans les hommes

Le Monde flamboyant d’une femme-artiste

 

 

 

 

 

 

 

Huxley

Du meilleur des mondes aux Temps futurs

 

 

 

 

 

 

 

Ilis 

La Croisade roumaine des enfants, Les Vies parallèles du poète Eminescu

 

 

 

 

 

 

Impôt

Vers le paradis fiscal français ?

Sloterdijk : fiscocratie, repenser l’impôt

La dette grecque,  tonneau des Danaïdes

 

 

 

 

 

 

Inde

Les hijras d'Arundhati Roy et Anosh Irani

 

 

 

 

 

 

Inégalités

L'argument spécieux des inegalités : Rousseau, Marx, Piketty , Jouvenel, Hayek

 

 

 

 

 

 

Islam

Lettre à une jeune femme politique

Du fanatisme morbide islamiste

Dictatures arabes et ottomanes

Islam et Russie : choisir ses ennemis

Humanisme et civilisation devant le viol

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam I Analyses et dénis

L'arbre du terrorisme et la forêt de l'Islam II Un défi politique français

Islamologie I Mahomet, Coran, al-Andalus

Islamologie II arabe et Islam en France

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Vérité d’islam et vérités libérales : d’Iribarne, Schemla, Sarrazin

Identité, assimilation : Finkielkraut, Tribalat

Sommes-nous islamophobes ?

Guerre : Honni soit qui Syrie pense

Christianophobie et désir de barbarie

Attar : Le Cantique des oiseaux

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Israël

Une épine démocratique parmi l’Islam

Résistance biblique Appelfeld Les Partisans

Amos Oz : un Judas anti-fanatique

 

 

 

 

 

 

James

Voyages et nouvelles d'Henry James

 

 

 

 

 

 

Jankélévitch

Faut-il pardonner Jankélévitch ?

L'enchantement musical


 

 

 

 

 

 

Japon

Bashô : L’intégrale des haïkus

Kamo no Chômei, cabane de moine et éveil

Kawabata : Pissenlits et Mont Fuji

Kiyoko Murata, Julie Otsuka : Fille de joie

Battle royale : téléréalité politique

Haruki Murakami : Le Commandeur, Kafka

Murakami Ryû : 1969, Les Bébés

Mieko Kawakami : Nuits, amants, Seins, œufs

Ôé Kenzaburô : Adieu mon livre !

Ogawa Yoko : Cristallisation secrète

Ogawa Yoko : Le Petit joueur d’échecs

À l'ombre de Tanizaki

101 Poemes du Japon d'aujourd'hui

 

 

 

 

 

 

Jünger

Carnets de guerre, tempêtes du siècle

 

 

 

 

 

 

 

Kafka

Justice au Procès : Kafka et Welles

L'integrale des Journaux, Récits et Romans

 

 

 

 

 

 

 

Kant

Grandeurs et descendances des Lumières

Qu’est-ce que l’obscurantisme socialiste ?

 

 

 

 

 

 

 

Karinthy

Farémido, Epépé, ou les pays du langage

 

 

 

 

 

 

Kawabata

Pissenlits, Premières neiges sur le Mont Fuji

 

 

 

 

 

 

K. Dick

Miller ou l'avatar de Philip K. Dick

Hitlérienne uchronie par Philip K. Dick

 

 

 

 

 

 

Kertész

Kertész : Sauvegarde contre l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

 

Kjaerstad

Le Séducteur, Aléa

 

 

 

 

 

 

Kosztolanyi

Portraits, Kornél Esti

 

 

 

 

 

 

Krazsnahorkaï

La Venue d'Isaie ; Guerre & Guerre

Seiobo est-descendue sur terre

 

 

 

 

 

 

La Fontaine

Des Fables enfantines et politiques

Guinhut : Fables politiques

 

 

 

 

 

 

Lagerlöf

Le voyage de Nils Holgersson

 

 

 

 

 

 

 

Lamartine

Le lac, élégie romantique

 

 

 

 

 

 

Lampedusa

Le Professeur et la sirène

 

 

 

 

 

 

Langage

Euphémisme et cliché euphorisant, novlangue politique

Langue de porc et langue inclusive

Vulgarité langagière et règne du langage

L'arabe dans la langue française

Georges Steiner, tragédie et réelles présences du langage

Ben Marcus : L'Alphabet de flammes

 

 

 

 

 

 

Larsen 

L’Extravagant voyage de T.S. Spivet

 

 

 

 

 

 

 

Leopardi

Génie littéraire et Zibaldone par Citati

 

 

 

 

 

 

Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss juge de l’Islam

 

 

 

 

 

 

 

Libertés, Libéralisme

Pourquoi je suis libéral, Dictionnaire du libéralisme

Pour une éducation libérale

Du concept de liberté aux Penseurs libéraux

Lettre à une jeune femme politique, socialisme, islamisme

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Requiem pour la liberté d’expression

Qui est John Galt ? Ayn Rand : La Grève

Ayn Rand : Atlas shrugged, la grève libérale

Mario Vargas Llosa, romancier des libertés

Homosexualité, drogues, prostitution, immigration

Serions-nous plus libres sans l'Etat ?

Tempérament et rationalisme politique

Front Socialiste National et antilibéralisme

Rome du libéralisme au socialisme

 

 

 

 

 

 

Lins

Osman Lins : Avalovara, carré magique

 

 

 

 

 

 

Littell

Les Bienveillantes, roman historique et mythologique

 

 

 

 

 

 

 

Lovecraft

Depuis l'abîme du temps : l'appel de Cthulhu

Lovecraft, Je suis Providence par S.T. joshi

 

 

 

 

 

 

Lugones

Fantastique, anticipation, Forces étranges

 

 

 

 

 

 

Lumières

Grandeurs et descendances des Lumières

D'Holbach : La Théologie portative

Tolérer Voltaire et non le fanatisme

 

 

 

 

 

 

Machiavel

Actualités de Machiavel : Le Prince

 

 

 

 

 

 

 

Magris

Secrets et Enquête sur une guerre classée

 

 

 

 

 

 

Makouchinski

Un bateau pour l'Argentine

 

 

 

 

 

 

Mal

Hannah Arendt : De la banalité du mal

De l’origine et de la rédemption du mal : théologie, neurologie et politique

Le libre arbitre devant le bien et le mal

Christianophobie et désir de barbarie

Cabré Confiteor, Menéndez Salmon Medusa

Roberto Bolano : 2666, Nocturne du Chili

 

 

 

 

 

 

Maladie, peste

Maladie et métaphore : Wagner, Maï, Zorn

Pandémies historiques et idéologiques

Histoire des pandémies littéraires : M Shelley, J London, G R. Stewart, C McCarthy

 

 

 

 

 

 

Mandelstam

Poésie à Voronej et Oeuvres complètes

Trois requiem, sonnets

 

 

 

 

 

 

 

Manguel

Le cheminement dantesque de la curiosité

Le Retour et Nouvel éloge de la folie

Voyage en utopies

Lectures du mythe de Frankenstein

Je remballe ma bibliothèque

 

 

 

 

 

 

 

Marcher

De L’Art de marcher

Flâneurs et voyageurs

Le Passage des sierras

Le Recours aux Monts du Cantal

Trois vies d’Heinz M. I Une année sabbatique

 

 

 

 

 

 

Marcus

L’Alphabet de flammes, conte philosophique

 

 

 

 

 

 

Mari

Les Folles espérances, fresque italienne

 

 

 

 

 

 

Marino

Adonis, un grand poème baroque

 

 

 

 

 

 

Marivaux

Le Jeu de l'amour et du hasard

 

 

 

 

 

 

Martin Georges R.R.

Le Trône de fer, La Fleur de verre : fantasy, morale et philosophie politique

 

 

 

 

 

 

Martin Jean-Clet

Philosopher la science-fiction et le cinéma

Enfer de la philosophie

Déconstruire Derrida

 

 

 

 

 

 

Marx

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

« Hommage à la culture communiste »

De l’argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Mattéi

Petit précis de civilisations comparées

 

 

 

 

 

 

McEwan

Satire et dystopie : Une Machine comme moi, Sweet Touch, Solaire

 

 

 

 

 

 

 

Melville

Billy Budd, Olivier Rey, Chritophe Averlan

Roberto Abbiati : Moby graphick

 

 

 

 

 

 

 

Mille et une nuits

Les Mille et une nuits de Salman Rushdie

Hanan el-Cheikh, Schéhérazade féministe

 

 

 

 

 

 

Mitchell

Des Ecrits fantômes aux Mille automnes

 

 

 

 

 

 

 

Mode

Histoire et philosophie de la mode

 

 

 

 

 

 

Montesquieu

Eloge des arts, du luxe : Lettres persanes

Du renseignement comme sécurité sociale à la lumière de L'Esprit des lois

 

Moore

La Voix du feu, Jérusalem, V for vendetta

 

 

 

 

 

 

 

Morale

Notre virale tyrannie morale

 

 

 

 

 

 

 

More

Etat, utopie et justice sociale : de Thomas More à Ruwen Ogien

 

 

 

 

 

 

Morrison

Délivrances : du racisme à la rédemption

L'amour-propre de l'artiste

 

Moyen Âge

Rythmes et poésies au Moyen Âge

Umberto Eco : Baudolino

Christine de Pizan, poète feministe

Le Goff, Hildegarde de Bingen

 

 

 

 

 

 

 

Mulisch

Siegfried, idylle noire, filiation d’Hitler

 

 

 

 

 

 

 

Murakami Haruki

Le meurtre du commandeur, Kafka

Les licornes de La Fin des temps

 

 

 

 

 

 

Musique

Musique savante contre musique populaire

Les Amours de Brahms et Clara Schumann

Jankélévitch : L'Enchantement musical

Lady Gaga versus Mozart La Reine de la nuit

Lou Reed : chansons ou poésie ?

Schubert : Voyage d'hiver par Ian Bostridge

Grozni : Chopin contre le communisme

Wagner : Tristan und Isold et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Mythes

La Genèse illustrée par l'abstraction

Frankenstein par Manguel et Morvan

Frankenstein et autres romans gothiques

Dracula et autres vampires

Testart : L'Amazone et la cuisinière

Métamorphoses d'Ovide

Luc Ferry : Mythologie et philosophie

L’Enfer, mythologie des lieux, Hugo Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

Nabokov

La Vénitienne et autres nouvelles

De l'identification romanesque

 

 

 

 

 

 

 

Nadas

Histoires parallèles de la mémoire, mélancolie des sirènes

La Bible, Almanach

 

 

 

 

 

 

Nadaud

Des montagnes et des dieux, deux fictions

 

 

 

 

 

 

Naipaul

Masque de l’Afrique, Semences magiques

 

 

 

 

 

 

Nietzsche

Bonheurs, trahisons : Dictionnaire Nietzsche

Pourquoi lire Nietzsche ? Romantisme, philosophie critique et politique

Nietzsche poète et philosophe à l'innocence controversée : Poèmes, Losurdo, Safranski

Jean-Clet Martin : Enfer de la philosophie

Violences policières et antipolicières, une inversion des valeurs

 

 

 

 

 

 

Nooteboom

L’écrivain au parfum de la mort

 

 

 

 

 

 

Norddahl

Panoptique de surveillance et holocauste

 

 

 

 

 

 

Oates

Le Sacrifice, Mysterieux Monsieur Kidder

 

 

 

 

 

 

Ôé Kenzaburo

Ôé, le Cassandre nucléaire du Japon

 

 

 

 

 

 

Ogawa 

Cristallisation secrète du totalitarisme

Au Musée du silence : Le Petit joueur d’échecs, La jeune fille à l'ouvrage

 

 

 

 

 

 

Onfray

Faut-il penser Michel Onfray ?

Cosmos

 

 

 

 

 

 

Oppen

Oppen, objectivisme et lyrisme

Oppen

 

Orphée

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

 

 

 

 

 

 

Orwell

L'orwellisation sociétale

Cher Big Brother, Prism américain, français

Euphémisme, cliché euphorisant, novlangue

Contrôles financiers ou contrôles étatiques ?

Orwell 1984

 

Ovide

Métamorphoses et mythes grecs

 

 

 

 

 

 

Palahniuk

Le réalisme sale : Peste, A l’estomac, Snuff

Orgasme et science-fiction politique

 

 

 

 

 

 

Palol

Le Jardin des Sept Crépuscules, Le Testament d'Alceste

 

 

 

 

 

 

 

Pamuk

Autobiographe d'Istanbul

Le musée de l’innocence, amour, mémoire

 

 

 

 

 

 

Panayotopoulos

Le Gène du doute, ou l'artiste génétique

Panayotopoulos

 

Paris

Les Chiffonniers de Paris au XIX°siècle

 

 

 

 

 

 

Pasolini

Sonnets des tourments amoureux

 

 

 

 

 

 

Pavic

Le Dictionnaire khazar, une oeuvre ouverte

 

Perrault

Des Contes pour les enfants ?

Perrault Doré Chat

 

Pétrarque

Eloge de Pétrarque humaniste et poète

Du Canzoniere aux Triomphes

 

 

 

 

 

 

Petrosyan

La Maison dans laquelle

 

 

 

 

 

 

Photographie

Photographie réaliste et platonicienne : Depardon, Meyerowitz, Adams

La photographie, biographème ou oeuvre d'art ? Benjamin, Barthes, Sontag

Ben Loulou des Sanguinaires à Jérusalem

Ewing : Le Corps, Love and desire

 

 

 

 

 

 

Picaresque

Smollett, Weerth : Vaurien et Chenapan

 

 

 

 

 

 

Pic de la Mirandole

Humanisme philosophique : 900 conclusions

 

 

 

 

 

 

Pizan

Cent ballades, La Cité des dames

 

 

 

 

 

 

Platon

Faillite et universalité de la beauté

 

 

 

 

 

 

Poe

Edgar Allan Poe, ange du bizarre

 

 

 

 

 

 

Poésie 

A une jeune Aphrodite de marbre

Brésil, Anthologie XVI°- XX°

Anthologie de la poésie chinoise

101 poèmes du Japon d'aujourd'hui

Chanter et enchanter en poésie 

Emaz, Sacré : anti-lyrisme et maladresse

Robert Marteau : Ecritures, sonnets

Fonctions de la poésie, pouvoirs d'Orphée

Oppen, Padgett, Objectivisme et lyrisme

Poésie en vers, poésie en prose

Pizarnik, poèmes de sang et de silence

Trois vies d'Heinz M, vers libres

Aphrodite Shakespeare

 

Pogge

Facéties, satires morales et humanistes

 

 

 

 

 

 

Policier

Chesterton, prince de la nouvelle policière

Terry Hayes : Je suis Pilgrim ou le fanatisme

Les crimes de l'artiste : Pobi, Kellerman

Bjorn Larsson : Les Poètes morts

Chesterton father-brown

 

Porter
La Douleur porte un masque de plumes

 

 

 

 

 

 

Portugal

Pessoa et la poésie lyrique portugaise

 

 

 

 

 

 

Pound

Ezra Pound, poète politique controversé par Mary de Rachewiltz et Pierre Rival

 

 

 

 

 

 

Powers

Les mystères du moi : Générosité, La chambre aux échos

Orfeo, le Bach du bioterrorisme

L'éco-romancier de L'Arbre-monde

 

 

 

 

 

 

Pressburger

L’Obscur royaume, ou l’enfer du XX° siècle

Pressburger

 

Proust

Le baiser à Albertine : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le Mystérieux correspondant, nouvelles

Céline et Proust, la recherche du voyage

 

 

 

 

 

 

Pynchon

Contre-jour, une quête de lumière

Fonds perdus du web profond & Vice caché

Vineland, une utopie postmoderne

 

 

 

 

 

 

Racisme

Métamorphoses du racisme et de l'antiracisme

 

 

 

 

 

 

Rand

Qui est John Galt ? La Source vive, La Grève

Atlas shrugged et La grève libérale

Rand Atlas

 

Raspail

Sommes-nous islamophobes ?

Camp-des-Saints

 

R.D.A.

Tellkamp : La Tour ; Seiler : Kruso

 

 

 

 

 

 

Reed Lou

Chansons ou poésie ? L’intégrale

 

 

 

 

 

 

Religions et Christianisme

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Réquisitoire et plaidoyer pour le catholicisme suivi d'un éloge du polythéisme

Eloge du blasphème : Thomas d'Aquin, Rushdie, Cabantous, Beccaria

Jésus l'Encyclopédie et chrétiennes uchronies

Livre noir de la condition des Chrétiens

D'Holbach : Théologie portative et humour

 

 

 

 

 

 

Revel

Socialisme et connaissance inutile

Revel Conaissance

 

Rios

Nouveaux chapeaux pour Alice, Chez Ulysse

Rios Alice

 

Rilke

Poésies d'amour

 

 

 

 

 

 

Rivas

L'Eclat dans l'abîme. Mémoires d'un autodafé

Rivas

 

Roman 

Adam Thirlwell : Le Livre multiple

L'identification romanesque : Nabokov, Mann, Flaubert, Orwell...

Nabokov Loilita folio

 

Rome

Causes et leçons de la chute de Rome : Barbares, socialisme, climat, épidémies

Rome de César à Fellini, par la poésie latine

Romans grecs et latins

 

 

 

 

 

 

Ronsard

Sonnets pour Hélène LXVIII Commentaire

 

 

 

 

 

 

Rostand

Cyrano de Bergerac : amours au balcon

 

 

 

 

 

 

Roth Philip

Hitlérienne uchronie contre l'Amérique

Les Contrevies de la Bête qui meurt

 

 

 

 

 

 

Rousseau

Archéologie de l’écologie politique

De l'argument spécieux des inégalités

 

 

 

 

 

 

Rushdie

Joseph Anton, plaidoyer pour les libertés

Entre Averroès et Ghazali : Deux ans huit mois et vingt-huit nuits

Rushdie 6

 

Russell

De la fumisterie intellectuelle

Pourquoi nous ne sommes pas religieux

Russell F

 

Russie

Islam, Russie, choisir ses ennemis

Golovkina : Les Vaincus ; Annenkov : Journal

Les dystopies de Zamiatine et Platonov

 

 

 

 

 

 

Sade

Sade, ou l’athéisme de la sexualité

 

 

 

 

 

 

San-Antonio

Rire de tout ? D’Aristote à San-Antonio

San-Antonio- Boucq chah

 

Sansal

2084, conte orwellien de la théocratie

Le Train d'Erlingen, métaphore des tyrannies

 

Schlink

Filiations allemandes : Le Liseur, Olga

 

 

 

 

 

 

Schmidt Arno

Un faune pour notre temps politique

Le marcheur de l’immortalité

Arno Schmidt Scènes

 

Sciences

Agonie scientifique et sophisme français

Transhumanisme, intelligence artificielle, robotique

Tyrannie écologique et suicide économique

Wohlleben : La Vie secrète des arbres

Factualité, catastrophisme et post-vérité

Cosmos de science, d'art et de philosophie

 

 

 

 

 

 

Science fiction

Philosopher la science fiction

Ballard : un artiste de la science fiction

Carrion : les orphelins du futur

Dyschroniques et écofictions

Gibson : Neuromancien, Identification

Miller : L’Univers de carton, Philip K. Dick

Magnason : LoveStar, conte et anti-utopie

Silverberg : Roma, Shadrak, stochastique

Stalker, entre nucléaire et métaphysique

Simmons : Ilium et Flashback géopolitiques

Sorokine : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

Longo : L'Homme vertical devant la barbarie

Théorie du tout : Ourednik, McCarthy

Ursula Le Guin : La Main gauche de la nuit

 

 

 

 

 

 

Self 

Will Self ou la théorie de l'inversion

Parapluie, une conscience londonienne ; No Smoking, un Candide au pays des non-fumeurs

 

 

 

 

 

 

 

Sender

Le Fugitif ou l’art du huis-clos

 

 

 

 

 

 

Seth

Golden Gate. Un roman en sonnets

Seth Golden gate

 

Shakespeare

Will le magnifique ou John Florio ?

Shakespeare : six Sonnets traduits

Traduire et vivre les Sonnets de Shakespeare

Sonnet à Shakespeare

A une jeune Aphrodite de marbre

Un faussaire shakespearien, Arthur Philips : La Tragédie d’Arthur

Réécritures de La Tempête à Othello : Atwood, Chevalier

 

 

 

 

 

 

Shelley Mary et Percy Bysshe

Le mythe de Frankenstein

Frankenstein et autres romans gothiques

Le Dernier homme, une peste littéraire

La Révolte de l'Islam

Frankenstein Shelley

 

Shoah

Durmarque : Philosophie de la shoah

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Paul Celan minotaure de la poésie

 

 

 

 

 

 

Silverberg

Uchronies et perspectives politiques : Roma aeterna, Shadrak, L'Homme-stochastique

 

 

 

 

 

 

Simmons

Ilium et Flashback géopolitiques

 

 

 

 

 

 

Sloterdijk

Les sphères de Peter Sloterdijk : esthétique, éthique politique de la philosophie

Contre la « fiscocratie » ou repenser l’impôt

Les Lignes et les jours. Notes 2008-2011

Elégie des grandeurs de la France

Archéologie de l’écologie politique

 

 

 

 

 

 

Smith Adam

Pourquoi je suis libéral

Tempérament et rationalisme politique

 

 

 

 

 

 

Sofsky

Violence et vices politiques

 

 

 

 

 

 

Sollers

Vie divine de Sollers et guerre du goût

Sollersd-vers-le-paradis-dante

 

Somoza

Daphné disparue et les Muses dangereuses

Les monstres de Croatoan et de Dieu mort

 

 

 

 

 

 

Sonnets

A une jeune Aphrodite de marbre

Barrett Browning et autres sonnettistes 

Marteau : Ecritures  

Pasolini : Sonnets du tourment amoureux

Phénix, Anthologie de sonnets

Seth : Golden Gate, roman en vers

Shakespeare : Six Sonnets traduits

Traduire les Sonnets de Shakespeare

Haushofer : Sonnets de Moabit

Sonnets autobiographiques

Sonnets de l'Art poétique

 

 

 

 

 

 

Sorokine

Science-fiction politique rabelaisienne : Le Lard bleu, La Glace, Telluria

 

 

 

 

 

 

Sorrentino

Ils ont tous raison, déboires d'un chanteur

Sorrentino

 

Sôseki

Rafales d'automne sur un Oreiller d'herbes

Poèmes : du kanshi au haïku

 

 

 

 

 

 

Sport

Vulgarité sportive, de Pline à 0rwell

 

 

 

 

 

 

Staël

Libertés politiques et romantiques

 

 

 

 

 

 

Starobinski

De la Mélancolie, Rousseau, Diderot

Starobinski 1

 

Steiner

Oeuvres : tragédie et réelles présences

De l'incendie des livres et des bibliothèques

Steiner

 

Stendhal

Julien lecteur bafoué, Le Rouge et le noir

L'échelle de l'amour entre Julien et Mathilde

Les spectaculaires funérailles de Julien

 

 

 

 

 

 

Stevenson

La Malle en cuir ou la société idéale

Stevenson

 

Stifter

L'Arrière-saison des paysages romantiques

 

 

 

 

 

 

Strauss Leo

Pour une éducation libérale

 

 

 

 

 

 

Strougatski

Stalker, nucléaire et métaphysique

Stalker

 

Szentkuthy

Le Bréviaire de Saint Orphée, Europa minor

 

 

 

 

 

 

Tartt

Le Chardonneret, Le maître des illusions

Tartt Illusions

 

Tavares

Un Voyage en Inde et en vers

 

 

 

 

 

 

Tejpal

La Vallée des masques, communauté sectaire

Tejpal 1

 

Temps, horloges

Landes : L'Heure qu'il est ; Ransmayr : Cox

 

 

 

 

 

 

Tesich

Price et Karoo, revanche des anti-héros

Karoo

 

Texier

Le démiurge de L’Alchimie du désir

Texier page 106

 

Théâtre et masques

Masques & théâtre, Fondation Bodmer

 

 

 

 

 

 

Thoreau

Journal, Walden et Désobéissance civile

 

 

 

 

 

 

Tocqueville

Française tyrannie, actualité de Tocqueville

Au désert des Indiens d’Amérique

 

 

 

 

 

 

Tolstoï

Sonate familiale chez Sofia & Léon Tolstoi, chantre de la désobéissance politique

 

 

 

 

 

 

Totalitarismes

Ampuero : la faillite du communisme cubain

Arendt : banalité du mal et de la culture

« Hommage à la culture communiste »

De Mein Kampf à la chambre à gaz

Karl Marx, théoricien du totalitarisme

Lénine et Staline exécuteurs du totalitarisme

Mussolini et le fascisme

Muses Academy : Polymnie ou la tyrannie

Tempérament et rationalisme politique 

Tejpal : La Vallée des masques

Meerbraum, Mandelstam, Yousafzai

 

 

 

 

 

 

Trias de Bes

Encre, un conte symbolique

Encre

 

Trollope

L’Ange d’Ayala, satire de l’amour

Trollope ange

 

Trump

Entre tyrannie et rhinocérite, éloge et blâme

 

 

 

 

 

 

Tsvetaeva

Poèmes, Carnets, Chroniques d’un goulag

Tsvetaeva Clémence Hiver

 

Ursin

Jean Ursin : La prosopopée des animaux

 

 

 

 

 

 

Utopie, dystopie, uchronie

Etat et utopie de Thomas More

Zamiatine, Nous et l'Etat unitaire

Huxley : Meilleur des mondes, Temps futurs

Orwell, un novlangue politique

Margaret Atwood : La Servante écarlate

Hitlérienne uchronie : Lewis, Burdekin, K.Dick, Roth, Scheers, Walton

Utopies politiques radieuses ou totalitaires : More, Mangel, Paquot, Caron

Dyschroniques, dystopies, écofictions

Histoire des pandémies littéraires

A. Waberi : Aux Etats-unis d'Afrique

Alan Moore : V for vendetta, Jérusalem

L'hydre de l'Etat : Karlsson, Sinisalo

 

 

 

 

 

 

 

Valeurs, relativisme

De Nathalie Heinich à Raymond Boudon

 

 

 

 

 

 

 

Vargas Llosa

Vargas Llosa, romancier des libertés

Aux cinq rues Lima, coffret Pléiade

Le Héros discret de la culture : la civilisation de la littérature contre la Civilisation du spectacle

Le rêve du Celte, colonialisme et nationalisme

Arguedas ou l’utopie archaïque : Awar Fiesta, El Sexto

Vargas-Llosa-alfaguara

 

Verne

Colonialisme : de Las Casas à Jules Verne

 

 

 

 

 

 

Vesaas

Le Palais de glace

 

 

 

 

 

 

Vigolo

La Virgilia, un amour musical et apollinien

Vigolo Virgilia 1

 

Vila-Matas

Vila-Matas écrivain-funambule

 

 

 

 

 

 

Vin et culture alimentaire

Histoire du vin et de la bonne chère de la Bible à nos jours

 

 

 

 

 

 

Visage

Hans Belting : Faces, histoire du visage

 

 

 

 

 

 

Vollmann

Le Livre des violences

Central Europe, La Famille royale

Vollmann famille royale

 

Volpi

A la recherche de Klingsor

Des cendres du XX°aux cendres du père

Volpi Busca 3

 

Voltaire

Tolérer Voltaire, retrouver notre sens politique : Fanatisme, Traité sur la tolérance

Espmark : Le Voyage de Voltaire

 

 

 

 

 

 

Vote

De l’humiliation électorale

Front Socialiste National et antilibéralisme

 

 

 

 

 

 

Voyage, villes

Villes invisibles et imaginaires : Calvino, Anderson

Flâneurs, voyageurs : Benjamin, Woolf, Deville

 

 

 

 

 

 

Wagner

Tristan und Isolde et l'antisémitisme

 

 

 

 

 

 

Walcott

Royaume du fruit-étoile, Heureux voyageur

Walcott poems

 

Walton

Morwenna, Mes vrais enfants

 

 

 

 

 

 

Welsh

Drogues et sexualités : Trainspotting, La Vie sexuelle des soeurs siamoises

 

 

 

 

 

 

Whitman

Nouvelles et Feuilles d'herbes

 

 

 

 

 

 

Wideman

Trilogie de Homewood, Projet Fanon

Le péché de couleur : Mémoires d'Amérique

Wideman Belin

 

Williams

Stoner, drame d’un professeur de littérature

Williams Stoner939

 

Winterson

Winterson ou l'autobiographie féministe

Winterson Oranges Couleur

 

Wolfe

Le Règne du langage

 

 

 

 

 

 

Yeats

Derniers poèmes, Nôs irlandais, Lettres

 

 

 

 

 

 

Wordsworth

Poésie en vers et poésie en prose

 

 

 

 

 

 

Zamiatine

Nous : le bonheur terrible de l'Etat unitaire

 

 

 

 

 

 

Zao Wou-Ki

Le peintre passeur de poètes

 

Zimler

Les Anagrammes du ghetto de Varsovie

 

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